Jeux et exercices des jeunes filles
Chapter 5
Le renard est représenté par un pion d'une couleur, et les poules par treize pions d'une autre couleur, rangés à un bout de cette sorte de damier. Quelquefois on peut se servir de deux renards, qui sont placés à l'autre extrémité du damier. Le renard va en avant, en arrière et de côté. Les poules ne peuvent aller qu'en arrière et de côté. Le but du jeu est de poursuivre le renard et de l'enfermer de telle sorte qu'il ne puisse s'en aller. Le renard a le droit de prendre toutes les poules qui ont une case vide derrière elles.
LE SOLITAIRE.
Le solitaire est le plus paisible et le plus silencieux de tous les jeux, il est composé d'une petite planche de forme octogone, percée de trente-sept trous. Dans ces trous on place trente-six petits pions d'ivoire, et le jeu consiste à faire passer un pion par-dessus un autre, en enlevant celui-ci. Il faut ne jamais franchir un espace vide, ne jamais franchir deux pions à la fois, et enfin n'aller jamais en biais. A la fin du jeu, il ne doit rester qu'un pion _solitaire_, ce qui est assez difficile à obtenir.
LE SPHINX.
Ce jeu prend son nom d'un animal fabuleux, qui dévorait, dit-on, ceux qui ne pouvaient deviner une énigme. Il se compose de petites plaques de carton ou d'ivoire, portant chacune une lettre de l'alphabet et avec lesquelles on forme des mots que l'on donne à deviner aux autres joueurs après les avoir brouillés d'abord. Ce jeu amuse les grandes personnes, et il peut encore servir à enseigner la lecture aux petits enfants.
LE TOTON.
Nous voudrions bien dire _tonton_, comme les enfants, mais l'étymologie du mot s'y refuse. On sait que le véritable _toton_ est une sorte de petit dé qui a des lettres gravées sur quatre faces et qui est traversé par un pivot sur lequel on le fait tourner aussi longtemps que possible. Les chances du jeu sont déterminées par la lettre qu'il présente au moment où il se couche sur le côté. Nous allons donner l'explication de chacune de ces lettres, qui est l'initiale d'un mot latin. La lettre P est l'initiale de _pone_, qui signifie _mettez_. Il faut mettre un jeton au jeu. La lettre A veut dire _accipe_, en français _recevez_. On reçoit un jeton. La lettre D, en latin _da_, en français _donnez_, a le même effet que _pone_. Enfin la lettre T, qui est le mot latin _totum_, en français _tout_, gagne les jetons. C'est celle qui donne son nom à ce jeu très-simple.
Il y a des _totons_ qui ont un plus grand nombre de faces, ce qui varie les hasards du gain et de la perte. Le toton à douze faces a presque la forme d'une boule; aussi le fait-on rouler avec la main. Les faces sont numérotées de 1 à 12. Celui qui amène le plus haut point gagne la partie.
LE VOLANT.
Il nous semble inutile de donner la description de ce jeu, qui ne paraît pas remonter au delà du quinzième siècle. Le volant et la raquette sont d'un usage si général qu'il doit suffire de les indiquer. C'est un exercice très-salutaire à la santé, très-amusant et où l'on peut, avec de la pratique devenir d'une grande habileté.
Si l'espace manque pour jouer avec une raquette, on peut se servir de cornets de bois et de volants légers. Deux joueurs d'égale force peuvent faire des parties si longues qu'elles ne cesseront que par leur volonté et non par la chute du volant.
On raconte que Nicole et Arnault, ces deux grands solitaires de Port-Royal, se délassaient de leurs travaux sérieux par d'éternelles parties de volant, comptant au delà de mille coups sans s'arrêter. On cite beaucoup de célèbres personnages qui n'ont pas dédaigné cet amusement.
TROISIÈME PARTIE.
LES RONDES.
Les rondes sont ou de petits poëmes mis en action et chantés sur un air simple, ou des chansons répétées en choeur, tandis que les enfants, se tenant par la main, dansent _en rond_.
Cette manière de danser en se tenant par la main doit remonter à la plus haute antiquité. Les Grecs avaient des danses semblables. Dans l'une de celles que l'on cite le plus souvent, et dont ils ont conservé la tradition jusqu'à nos jours, ils étaient censés représenter les détours du labyrinthe de Crète et la chasse donnée au Minotaure. Les mêmes inspirations se retrouvent dans un grand nombre de ces antiques rondes que nos enfants chantent et dansent, sans se douter qu'ils perpétuent le souvenir d'un fait historique ou une coutume locale maintenant oubliée. Nous rappellerons ces origines lorsqu'elles se présenteront à nous avec quelque circonstance digne d'être mentionnée, et nous ne pouvons mieux faire que de placer ici quelques lignes extraites d'une nouvelle de M. Ch. Nodier, qui seront une introduction à ce petit recueil de naïves poésies.
«Comme il faisait très-beau, les jeunes filles ne manquèrent pas d'arriver à leur rendez-vous du soir, et de former autour du vieil orme où j'étais assis par hasard leurs danses accoutumées, en chantant en choeur des airs de ronde qui m'étonnaient par leur simplicité et leur grâce, parce que l'exil et la guerre m'avaient privé de trop bonne heure de ces innocentes joies de l'enfance.............. Je ne me rappelle pas bien l'air et les paroles de ces chansons-là, mais il me semble qu'elles ne vibreraient jamais à mon oreille sans que mon coeur en tressaillît, tant elles me révélaient de choses charmantes. Cependant, ce n'était rien en soi, ou plutôt cela serait impossible à exprimer à ceux qui n'ont pas senti la même chose. C'était, si je m'en souviens, une belle qui s'était endormie au bord d'une fontaine, et que son père et son fiancé cherchaient sans la trouver. C'étaient des filles de roi, chassées de leurs palais, qui se réveillaient dans la forêt un jour de bataille.... C'étaient les regrets des bergères qui s'affligent de ne plus aller au bois, parce que les lauriers sont coupés, et qui aspirent après la saison qui doit ramener leurs danses.»
NOUS N'IRONS PLUS AU BOIS.
Ce qui précède nous engage à commencer par cette ronde, composée, dit-on, par la marquise de Pompadour, qui la faisait danser sous les ombrages de Choisy-le-Roi ou de Bellevue, aux courtisans de Louis XV.
[Musique:
Nous n'irons plus au bois, Les lauriers sont cou-pés; La bel-le que voi-là Vien-dra les ra-mas-ser. Entrez dans la dan-se, Voyez comme on dan-se; Sau-tez, Dan-sez, Embrassez cell' que vous aimez. ]
Nous n'irons plus au bois, Les lauriers sont coupés.
La belle que voilà La lairons-nous danser? Entrez dans la danse, Voyez comme on danse. Sautez, Dansez, Embrassez cell' que vous aimez.
La belle que voilà La lairons-nous danser? Mais les lauriers du bois Les lairons-nous faner? Entrez dans la danse, etc.
Mais les lauriers du bois Les lairons-nous faner? Non, chacune à son tour, Ira les ramasser. Entrez, etc.
Non, chacune à son tour, Ira les ramasser. Si la cigale y dort, Ne faut pas la blesser. Entrez, etc.
Si la cigale y dort, Ne faut pas la blesser Le chant du rossignol La viendra réveiller. Entrez, etc.
Le chant du rossignol La viendra réveiller. Et aussi la fauvette Avec son doux gosier Entrez, etc.
Et aussi la fauvette Avec son doux gosier. Et Jeanne la bergère Avec son blanc panier. Entrez, etc.
Et Jeanne la bergère Avec son blanc panier. Allant cueillir la fraise Et la fleur d'églantier. Entrez, etc.
Allant cueillir la fraise Et la fleur d'églantier. Cigale, ma cigale, Allons, il faut chanter. Entrez, etc.
Cigale, ma cigale, Allons, il faut chanter, Car les lauriers du bois Sont déjà repoussés. Entrez, etc.
Cette fraîche pastorale est une simple ronde, dont une jeune fille se détache; et après avoir, du milieu du cercle, fait un choix parmi une de ses compagnes, qu'elle embrasse, reprend la place de celle-ci, qui va prendre la sienne, tandis qu'on tourne autour d'elle, et de même à chaque couplet.
LA BOULANGÈRE.
[Musique:
La bou-lan-gère a des é-cus Qui ne lui cou-tent guè-re, La bou-lan-gère a des é-cus Qui ne lui cou-tent guè-re, Oui, elle en a, je les ai vus, J'ai vu la bou-lan-gè-re, j'ai vu, J'ai vu la bou-lan-gè-re. La bou-lan]
On continue le refrain en quittant la ronde générale pour tourner deux par deux, jusqu'à ce que chacune ait tourné successivement; puis on reprend la chaîne, en recommençant le couplet.
LE LAURIER DE FRANCE.
[Musique:
J'ai un beau lau-rier de Fran-ce; Mon jo-li lau-rier dan-se, Mon jo-li lau--rier.]
J'ai un beau laurier de France. Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.
Mademoiselle, entrez en danse, Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.
Faites-nous trois révérences; Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.
Maint'nant le tour de la danse Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.
Embrassez vot' ressemblance; Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.
Le dénoûment de presque toutes ces rondes est le même. Les jeunes filles s'embrassent ou se poursuivent.
IL ÉTAIT UNE BERGÈRE.
[Musique:
Il é-tait un' ber-gè-re, Et ron, ron, ron, pe-tit pa-ta-pon; Il é-tait un' ber-gè-re Qui gardait ses mou-tons, ron, ron, Qui gardait ses mou-tons. ]
Il était un' bergère, Et ron, ron, ron, petit patapon; Il était un' bergère, Qui gardait ses moutons, Ron, ron, Qui gardait ses moutons.
Elle fit un fromage, Et ron, ron, ron, petit patapon; Elle fit un fromage, Du lait de ses moutons, Ron, ron, Du lait de ses moutons.
Le chat qui la regarde, Et ron, ron, ron, petit patapon Le chat qui la regarde, D'un petit air fripon, Ron, ron, D'un petit air fripon.
«Si tu y mets la patte, Et ron, ron, ron, petit patapon; Si tu y mets la patte, Tu auras du bâton, Ron, ron, Tu auras du bâton.»
Il n'y mit pas la patte, Et ron, ron, ron, petit patapon; Il n'y mit pas la patte, Il y mit le menton, Ron, ron, Il y mit le menton.
La bergère en colère, Et ron, ron, ron, petit patapon; La bergère en colère, Tua son p'tit chaton, Ron, ron, Tua son p'tit chaton.
Elle fut à son père, Et ron, ron, ron, petit patapon; Elle fut à son père, Lui demander pardon, Ron, ron, Lui demander pardon.
«Mon père je m'accuse, Et ron, ron, ron, petit patapon; Mon père je m'accuse, D'avoir tué mon chaton, Ron, ron, D'avoir tué mon chaton.
--Ma fill', pour pénitence. Et ron, ron, ron, petit patapon; Ma fill', pour pénitence, Nous nous embrasserons, Ron, ron, Nous nous embrasserons.
--La pénitence est douce, Et ron, ron, ron, petit patapon; La pénitence est douce, Nous recommencerons, Ron, ron, Nous recommencerons.»
GIROFLÉ, GIROFLA.
[Musique:
Que t'as de bel-les fil-les! Gi-ro-flé, gi-ro-fla; Que t'as de bel-les fil-les! L'amour m'y compt'ra.]
Que t'as de belles filles! Giroflé, girofla; Que t'as de belles filles! L'amour m'y compt'ra (_ou_ m'y prendra).
Ell's sont bell's et gentilles, Giroflé, girofla, Ell's sont bell's et gentilles, L'amour m'y compt'ra.
Donnez-moi-z'en donc une, Giroflé, girofla, Donnez-moi-z'en donc une, L'amour m'y compt'ra.
Pas seul'ment la queue d'une, Giroflé, girofla Pas seul'ment la queue d'une, L'amour m'y compt'ra.
J'irai au bois seulette, Giroflé, girofla; J'irai au bois seulette, L'amour m'y compt'ra.
Quoi faire au bois seulette? Giroflé, girofla; Quoi faire au bois seulette L'amour m'y compt'ra.
Cueillir la violette, Giroflé, girofla; Cueillir la violette, L'amour m'y compt'ra.
Quoi faire de la violette? Giroflé, girofla; Quoi faire de la violette? L'amour m'y compt'ra.
Pour mettre à ma coll'rette Giroflé, girofla; Pour mettre à ma coll'rette, L'amour m'y prendra.
Si le roi t'y rencontre? Giroflé, girofla; Si le roi t'y rencontre? L'amour m'y compt'ra.
J'lui ferai trois r'vérences, Giroflé, girofla; J'lui ferai trois r'vérences, L'amour m'y compt'ra.
Si la reine t'y rencontre? Giroflé, girofla; Si la reine t'y rencontre? L'amour m'y compt'ra.
J'lui ferai six r'vérences, Giroflé, girofla; J'lui ferai six r'vérences, L'amour m'y compt'ra.
Si le diable t'y rencontre? Giroflé, girofla; Si le diable t'y rencontre? L'amour m'y compt'ra.
Je lui ferai les cornes! Giroflé, girofla; Je lui ferai les cornes! L'amour m'y compt'ra.
Une des jeunes filles est seule, et les autres s'avancent vers elle, en se tenant par la main, puis se reculent. Celle qui est seule fait de même; en commençant elle dit le premier couplet; les autres répondent par le suivant, et dans l'intervalle où la jeune fille qui est seule ne chante pas, elle doit figurer l'action dont elle a parlé dans son couplet, cueillir la violette, faire les révérences, etc. Au dernier couplet, elle fait avec ses doigts les cornes à ses compagnes, qui s'enfuient à ce geste menaçant.
LE CIEL ET L'ENFER.
Les jeunes filles se tenant par la robe, à la suite l'une de l'autre, passent sous l'arc que forment les bras de deux de leurs compagnes. Celles-ci chantent: _Trois fois passera, la dernière y restera_, pendant que les premières défilent, et, au troisième tour, elles abaissent leurs bras et retiennent celle qui se trouve prise ainsi. Alors, elles lui demandent tout bas avec laquelle des deux elle veut rester. Quand elle a fait son choix, elle va se placer derrière celle qu'elle a désignée. L'une des deux représente le ciel, l'autre l'enfer, et celles qui ont fait un bon choix, quand le jeu est fini, poursuivent les autres en leur faisant les cornes, comme dans la ronde précédente. Ce geste, qui n'est ni gracieux ni bienveillant, se retrouve dans certains jeux d'enfants, et doit tirer son origine de quelque légende du moyen âge, époque où le diable avait toujours un rôle actif. Cette action de montrer les cornes avec les doigts est particulière à l'Italie, où les gens du peuple croient détourner un maléfice, qu'ils appellent le _mauvais oeil_ (_jettatura_), soit en présentant ainsi les doigts de la main, soit en portant sur eux quelque petit objet de métal ou de corail, tel qu'une épingle, façonnée en forme de main, dont deux doigts sont tendus en avant comme deux cornes menaçantes.
LA TOUR, PRENDS GARDE!
La marquise de Prie, pour amuser les Condé, avait composé le chant de: _la Tour prends garde!_ petit drame entre le duc de Bourbon, son fils, le capitaine et les gardes de Son Altesse.
[Musique:
La tour, prends gar-de, La tour, prends gar-de De te lais-ser a-bat-tre.]
LE CAPITAINE ET LE COLONEL.
La tour, prends garde (_bis_) De te laisser abattre.
LA TOUR.
Nous n'avons garde (_bis_) De nous laisser abattre.
LE COLONEL.
J'irai me plaindre (_bis_) Au duc de Bourbon.
LA TOUR.
Eh! va te plaindre (_bis_) Au duc de Bourbon.
LE COLONEL ET LE CAPITAINE.
Mon duc, mon prince (_bis_), Je viens à vos genoux.
LE DUC.
Mon capitaine, mon colonel (_bis_), Que me demandez-vous?
LE COLONEL ET LE CAPITAINE.
Un de vos gardes (_bis_) Pour abattre la tour.
LE DUC.
Allez, mon garde (_bis_), Pour abattre la tour.
LE COLONEL ET LE CAPITAINE AVEC LE GARDE.
La tour, prends garde (_bis_) De te laisser abattre.
LA TOUR.
Nous n'avons garde (_bis_) De nous laisser abattre.
LES OFFICIERS (_au duc_).
Mon duc, mon prince (_bis_), Je viens à vos genoux.
LE DUC.
Mon capitaine, mon colonel (_bis_), Que me demandez-vous?
LES OFFICIERS.
Deux de vos gardes (_bis_) Pour abattre la tour.
LE DUC.
Allez, mon garde (_bis_), Pour abattre la tour.
LES OFFICIERS (_à la tour_).
La tour prends garde (_bis_) De te laisser abattre.
LA TOUR.
Nous n'avons garde (_bis_) De nous laisser abattre.
LES OFFICIERS (_au duc_).
Mon duc, mon prince (_bis_), Je viens à vos genoux.
LE DUC.
Mon capitaine, mon colonel (_bis_), Que me demandez-vous?
LES OFFICIERS.
Votre cher fils (_bis_) Pour abattre la tour.
LE DUC.
Allez, mon fils (_bis_), Pour abattre la tour.
LE FILS ET LES OFFICIERS.
La tour, prends garde (_bis_) De te laisser abattre.
LA TOUR.
Nous n'avons garde (_bis_) De nous laisser abattre.
LES OFFICIERS (_au duc_)
Votre présence (_bis_) Pour abattre la tour.
LE DUC.
Je vais moi-même (_bis_) Pour abattre la tour.
L'action de cette ronde est facile à comprendre. Deux jeunes filles, qui se tiennent les mains, représentent la tour; une autre est assise, qui représente le duc de Bourbon avec son fils, et entouré de ses gardes. On voit que les officiers défient la tour, qui répond avec mépris à ce défi. Elle ne succombe que quand le duc arrive lui-même.
AH! MON BEAU CHATEAU
[Musique:
Ah! mon beau châ-teau, Ma tant' ti-re, li-re, li-re. Ah! mon beau châ-teau, Ma tant' ti-re, li-re, lo. Le nôtre est plus beau. Ma tant' ti-re, li-re, li-re Le nôtre est plus beau, Ma tant' ti-re, li-re, lo.]
Ah! mon beau château, Ma tant'tire, lire, lire. Ah! mon beau château, Ma tant'tire, lire, lo.
Le nôtre est plus beau. Ma tant'tire, lire, lire. Le nôtre est plus beau, Ma tant'tire, lire, lo.
Nous le détruirons, Ma tant' tire, lire, lire. Nous le détruirons, Ma tant' tire, lire, lo.
Laquell' prendrez-vous? Ma tant' tire, lire, lire. Laquell' prendrez-vous? Ma tant' tire, lire, lo.
Celle que voici, Ma tant' tire, lire, lire. Celle que voici, Ma tant' tire, lire, lo.
Que lui donn'rez-vous? Ma tant' tire, lire, lire. Que lui donn'rez-vous? Ma tant' tire, lire, lo.
De jolis bijoux, Ma tant' tire, lire, lire. De jolis bijoux, Ma tant' lire, lire, lo.
Nous en voulons bien, Ma tant' tire, lire, lire. Nous en voulons bien, Ma tant' tire, lire, lo.
Les jeunes filles, en nombre égal, forment deux rondes qui chantent alternativement un des couplets. A ce vers: _Celle que voici_, le groupe qui chante en désigne une qui se détache quand on chante:
_Nous en voulons bien_, et l'on recommence le tout, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une jeune fille qui vient se mettre au milieu du cercle agrandi.
Il nous semble que ce refrain: _tire, lire, lire_, veut imiter le chant de l'alouette, comme dans ces poésies du seizième siècle:
La gentille alouette, avec son tire, lire, Tire, lire, lirant, etc.
GENTIL COQUELICOT.
[Musique:
J'ai descen-du dans mon jar-din, J'ai des-cen-du dans mon jar-din Pour y cueil-lir du ro-ma-rin. Gen-til coqu'li-cot, Mesdames, Gentil coqu'li-cot Nouveau.]
J'ai descendu dans mon jardin (_bis_) Pour y cueillir du romarin, Gentil coqu'licot, Mesdames, Gentil coqu'licot Nouveau.
Pour y cueillir du romarin (_bis_). J' n'en avais pas cueilli trois brins Gentil coqu'licot, Mesdames, Gentil coqu'licot Nouveau.
J' n'en avais pas cueilli trois brins (_bis_), Qu'un rossignol vient sur ma main, Gentil coqu'licot, Mesdames, Gentil coqu'licot Nouveau.
Qu'un rossignol vient sur ma main (_bis_); Il me dit trois mots en latin, Gentil coqu'licot, Mesdames, Gentil coqu'licot Nouveau.
Il me dit trois mots en latin (_bis_), Que les hommes ne valent rien, Gentil coqu'licot, Mesdames, Gentil coqu'licot Nouveau.
Que les hommes ne valent rien (_bis_), Et les garçons encor bien moins, Gentil coqu'licot, Mesdames, Gentil coqu'licot Nouveau.
Et les garçons encor bien moins (_bis_); Des dames il ne me dit rien, Gentil coqu'licot, Mesdames, Gentil coqu'licot Nouveau.
Des dames il ne me dit rien (_bis_), Mais des d'moisell's beaucoup de bien, Gentil coqu'licot, Mesdames, Gentil coqu'licot Nouveau.
Cette ronde se chante seulement.
LA MÈRE BONTEMPS.
[Musique:
La mè-re Bon-temps Di-sait aux jeu-nes fillet-tes: Dan-sez, mes en-fants, Tan-dis que vous ê-tes jeunet-tes; La fleur de gaî-té, Passe a-vec l'été. Au prin-temps, com-me la ro-se, Cueil-lez-la dès qu'elle est é-clo-se. Dan-sez à quinze ans, Dan-sez à quinze ans; Plus tard, il n'est plus temps.]
La mère Bontemps Disait aux jeunes fillettes: «Dansez, mes enfants, Tandis que vous êtes jeunettes. La fleur de gaîté Passe avec l'été. Au printemps, comme la rose, Cueillez-la dès qu'elle est éclose. Dansez à quinze ans; Plus tard il n'est plus temps.
«Les jeux et les ris Dansèrent à mon mariage; Mais bientôt j'appris Les soins qu'il faut en ménage. Mon mari grondait, Mon enfant criait, Ne sachant auquel entendre, Sous l'ormeau je courais me rendre. Dansez à quinze ans; Plus tard, il n'est plus temps.
«L'instant arriva Où ma fille me fit grand'mère; Quand on en est là, Danser n'intéresse guère. On tousse en parlant, On marche en tremblant. Au lieu de sauter la gavotte, Dans un grand fauteuil on radote. Dansez à quinze ans; Plus tard, il n'est plus temps.
«Voyez les amours Danser auprès de Louise; Elle plaît toujours, Au bal elle est admise. Comme moi souvent, Sans cesse on l'entend Redire à toutes les fillettes Si jolies et si gentillettes: «Dansez à quinze ans; «Plus tard, il n'est plus temps.»
On peut simplement danser cette ronde, ou bien ajouter une petite pantomime à quelques passages, en imitant le mari qui gronde, l'enfant qui crie, la grand'mère qui tousse, etc. Il y a, sur le même air, une petite chanson très-connue, dont nous ne savons qu'un couplet que voici:
Je n'peux pas danser, Ma pantoufle est trop étroite; Je n'peux pas danser, Parce que j'ai trop mal au pied.
GUILLERI.
[Musique:
Il é-tait un p'tit hom-me Qui s'app'lait Guil-le-ri, Ca-ra-bi; Il s'en fut à la chas-se, A la chasse aux per-drix, Ca-ra-bi; Ti-ti ca-ra-bi, To-to ca-ra-bo. Com-pè-re Guil-le-ri, Te lair-ras-tu, Te lair-ras-tu, Te lair-ras-tu mou-ri?]
Il était un p'tit homme Qui s'app'lait Guilleri, Carabi; Il s'en fut à la chasse, A la chasse aux perdrix, Carabi, Titi carabi, Toto carabo, Compère Guilleri, Te lairras-tu (_ter_) mouri?
Il s'en fut à la chasse, A la chasse aux perdrix, Carabi; Il monta sur un arbre Pour voir ses chiens couri, Carabi, Titi carabi, etc.