Jeanne La Fileuse Episode De L Emigration Franco Canadienne Aux

Chapter 16

Chapter 16597 wordsPublic domain

Voici l'état statistique qui nous a été transmis sur la population canadienne des frontières de l'État de New-York: 1--sur le lac Champlain, Champlain et Corbeau 800 familles canadiennes, Plattsburgh et Keeseville 800 également, à Morristown, Fort-Henri et Ticonderoga 1,000 à 1,200 âmes; 2--sur la rive du Saint-Laurent et à la tête du lac Ontario, à Ogdensburgh 500 familles, dans Wexport, Blackbrook, la Fourchette, Lewis et Boquette; on comptait 2,700 communiants canadiens, ce qui peut supposer 6,000 âmes; enfin au cap Vincent et à Rosière, sur le lac Ontario, il peut s'en trouver 8 ou 900. Un peu plus dans l'intérieur des terres il se trouve encore quelques villages où l'on compte encore un assez grand nombre de Canadiens, comme à Malone, Châteauguay, etc. «Les Canadiens, ajoute M. l'abbé Mignaut, conservent à l'étranger leur langue, leurs usages, et le précieux trésor de la foi, presque aussi bien qu'au foyer paternel, mille fois j'en ai été témoin depuis les quarante-deux ans que j'ai soin des missions qui avoisinent le Canada.»--p. 334.

Nous avons vu qu'en 1850 il y avait au moins 64,000 émigrants canadiens aux États-Unis; depuis lors, en considérant le grand nombre d'émigrants de 1850 à 1855 (voir note 1, chap. XI), il n'y a rien d'exagéré à supposer, d'une part, que ce chiffre s'est élevé à 100,000 par 36,000 émigrants canadiens nouveaux; et d'autre part, que ces 100,000 émigrants, tous jeunes en général, doivent s'être doublés aujourd'hui, ci: 200,000 individus.--Les 20,000 Canadiens laissés dans l'ouest en un laps de cent ans peuvent bien être pris en ligne de compte pour cinq fois leur chiffre primitif (les Canadiens restés dans leur pays s'étant presque décuplés deux fois dans ce même laps de temps), ci: 100,000 individus.--Enfin les 35,000 coureurs de bois, traitants, voyageurs, dispersés ou perdus dans l'ouest avant 1760, représenteraient certainement aujourd'hui, ne se fussent-ils doublés que tous les trente ans, au moins 350,000 âmes.--On voit donc que, même en tenant un large compte des Franco-Canadiens déjà comptés par nous sur les frontières, notre calcul est extrêmement modéré quand nous évaluons à 500,000 individus la déperdition éprouvée par la population canadienne, chiffre dont elle bénéficierait aujourd'hui si elle n'avait pas été constamment décimée par des émigrations de toute nature.--p. 336.

{5} Ce document emprunté à un journal de l'époque, était signé par MM. L. O. Loranger, président, et Alfred LaRocque, fils, secrétaire du comité d'organisation.

{6} Cet appel, daté du 17 mars 1874 et publié dans plusieurs journaux, notamment dans _L'Écho du Canada_ du 4 avril 1874 (vol. 1, 38) est reproduit ici de façon incomplète puisqu'il se terminait ainsi: «Un comité composé de Rév. J.B. Primeau, de MM. A.G. Lalime, Ferd. Gagnon et Fred. Houle, a été chargé de se mettre en rapport avec vous, à ce sujet, et de prendre toutes les mesures nécessaires pour organiser le mouvement aux États-Unis. Le Comité d'organisation, MM. L. Loranger, Président, MM. G.-A. Drolet, J.O. Joseph, Benoit Bastien, Dr. Lachapelle, C. Beausoleil, André Lapierre, Guill. Boivin, Jos. Loranger, H.A.A. Brault, M. Maire, T. Crevier, Dr W. Mount, A. Dansereau, Adolphe Ouimet, L. O. David, J. Perrault, Chs Desmarteaux, L.O. Taillon, Dr. L. Desrosiers, Narcisse Valois, P.A.A. Dorion. Pour copie conforme, Alfred LaRocque, Fils, Secrétaire du Comité d'Organisation.

{7} À propos de cette association, consulter la chronique à la date du 11 avril 1874.

{8} L'Écho du Canada était alors publié à Fall River sous la direction de l'auteur. [L'article qui suit est tiré en partie de L'Écho du Canada, 26 septembre 1874, vol. 2, no. 62. N.d.É]