Ivan le terrible; ou, La Russie au XVIe siècle
Part 29
--J'en avais un, Sire, qui n'était pas mauvais, mais je l'ai quelque peu ébréché sur les crânes des Sibériens.
--Prends dans ma salle d'armes le plus beau sabre que tu pourras trouver, ne te gêne pas, choisis-en un à ton gré; je crois, du reste, que je n'ai pas besoin de te recommander de ne pas te gêner.
Les yeux de l'ataman brillèrent de joie.--Père, s'écria-t-il, de toutes les faveurs celle-ci est la plus grande! Ce serait un péché de se faire prier lorsqu'il s'agit d'un pareil don. Je te promets de prendre le plus beau de tes sabres.--Mais, Sire, ajouta Koltzo après un moment de réflexion, du moment que tu fais le sacrifice du meilleur sabre, permets-moi de le porter de ta part à Iermak.
--Ne t'inquiète pas de lui, je ne l'oublierai pas. Mais si tu crains que je ne sache pas le contenter, choisis deux sabres, l'un pour toi, l'autre pour Iermak.
--Que Dieu te prête longue vie! s'écria Koltzo enthousiasmé. Sois sûr que ces deux sabres travailleront pour toi.
--Mais les sabres ne suffisent pas, reprit Ivan, il faut encore de bonnes armures. Je saurai bien en trouver de ta taille; mais, n'ayant pas vu Iermak, je pourrais me tromper. De quelle taille est-il?
--Mais à peu près de la mienne, seulement il a les épaules plus larges. Tiens, il est à peu près de la taille de ce gars, dit Koltzo, en désignant un de ses compagnons, solide gaillard qui, après avoir apporté une masse d'armes et l'avoir jetée par terre, se tenait derrière cet amas de ferrailles, bouche béante, en extase devant le costume du Tzar et celui des courtisans qui environnaient le trône. Il avait même essayé d'entrer en conversation avec l'un d'eux pour savoir s'ils n'étaient pas tous des Tzarévitchs, mais le courtisan le regarda d'un air tellement rébarbatif qu'il n'osa pas lui renouveler sa question.
--Qu'on m'apporte la grande armure, ordonna le Tzar, celle qui est surmontée d'un aigle et se trouve à la place d'honneur; nous allons l'essayer sur ce lourdaud.
On apporta une lourde cotte de mailles avec une garniture de cuivre autour du cou, des manches et des pans, ornée d'une aigle dorée à deux têtes, sur la poitrine et sur le dos. La cotte était forgée en perfection et provoqua un murmure d'admiration dans l'assemblée.--Essaie-la, marsouin, dit le Tzar.
Le gars obéit, mais, malgré tous ses efforts, il ne put y entrer: ses bras ne parvinrent qu'à la moitié des manches.
A cette vue, un vague souvenir se réveille dans la mémoire d'Ivan.
--Assez, dit Koltzo qui suivait d'un oeil attentif les efforts de son compagnon, tu vas, satané ours, faire crever la cotte de mailles du Tzar.
Et se tournant vers celui-ci, il lui dit: Sire, l'armure est excellente et ira comme un gant à Iermak; si ce gaillard ne peut y entrer, c'est qu'il a les poings trop forts; il n'y a que lui pour avoir des poings pareils.
--Montre-moi tes poings, dit Ivan, en l'examinant avec curiosité.
Le gaillard regarda le Tzar d'un air indécis, comme s'il ne comprenait pas ce qu'on lui demandait.
--Entends-tu, imbécile, répéta Koltzo, montre ton poing au Tzar.
--Et s'il me fait couper la tête pour cela? répondit le gars d'une voix traînante, avec un visage exprimant une terreur idiote.
Le Tzar se mit à rire et tous les assistants eurent de la peine à n'en pas faire autant.
--Imbécile! dit Koltzo avec dépit, tu es né sot et tu mourras sot.
--Et, l'ayant débarrassé de la cotte de mailles, il le traîna jusqu'au pied du trône et montra au Tzar sa grosse main qui ressemblait plus à la patte d'un ours qu'à un membre humain.
--Ne lui en veux pas, Sire, il est bête en paroles et bon à l'action. C'est lui qui a fait prisonnier le Tzarévitch Mametkoul.
--Comment t'appelles-tu, demanda Ivan en regardant avec une attention redoublée le compagnon de Koltzo.
--Je m'appelle Mitka, répondit-il naïvement.
--C'est bien cela, s'écria Ivan, en reconnaissant enfin le gros gaillard; c'est toi qui t'es battu à la Sloboda pour Morozof et qui as tué Khomiak d'un coup de timon.
Mitka sourit bêtement.
--Je ne te remettais pas au premier moment, mais maintenant je te reconnais parfaitement.
--Eh bien! moi je t'ai reconnu tout de suite, répondit Mitka d'un air enchanté; tu étais alors assis sur une estrade qui touchait au champ-clos.
A cette naïveté tous les assistants partirent d'un éclat de rire.
--Je suis fort sensible à ce souvenir, repartit Ivan, mais dis-moi comment t'es-tu pris pour faire prisonnier Mametkoul?
--Je me suis étalé sur lui, répondit Mitka, ne concevant pas pourquoi tout le monde se remettait à rire.
--Oui, dit Ivan en regardant Mitka, lorsqu'un pareil ours se couche sur quelqu'un, il ne doit pas être aisé de s'en dégager. Je me souviens comment il a écrasé Khomiak. Mais, dis-moi, comment as-tu quitté alors si brusquement la Sloboda et es-tu parvenu en Sibérie?
L'ataman poussa Mitka du coude pour l'engager à la prudence, mais celui-ci interpréta ce signe dans un sens tout opposé.
--C'est lui qui m'a emmené, dit-il, en montrant l'ataman du doigt.
--Ah! c'est lui qui t'a emmené! répéta Ivan en se tournant avec étonnement du côté de Koltzo. Comment cela se fait-il donc? tu viens de m'assurer que tu n'as jamais été dans ces parages! mais, Dieu me pardonne; il me semble aussi que nous sommes d'anciennes connaissances. N'est-ce pas toi qui m'as raconté la _Légende des pigeons_! c'est bien cela, je te remets parfaitement. C'est aussi toi qui as enlevé Sérébrany de la prison. Dis-moi donc, homme de Dieu, comment as tu vécu depuis? quels pèlerinages as-tu fait? devant quelles reliques t'es-tu agenouillé?
Jouissant de l'embarras de Koltzo, le Tzar dardait sur lui son regard investigateur et perçant.
Koltzo avait les jeux attachés à terre.
--Ce qui est fait est fait, dit enfin le Tzar, ce qui est passé est couvert par l'herbe qui a poussé dessus. Dis-moi seulement pourquoi n'es-tu pas venu à la Sloboda avec les autres brigands après la bataille de Rézan?
--Sire, répondit Koltzo en appelant tout son courage à son secours, à ce moment je n'avais pas encore mérité ta clémence. J'avais honte de me présenter devant toi. Lorsque le prince Nikita t'amena mes compagnons, je retournai retrouver Iermak au Volga dans l'espoir de t'être un jour utile.
--Et en attendant tu t'es amusé à piller les barques qui transportaient mon trésor et à arrêter les ambassadeurs de Kizilbek qui venaient à Moscou.
L'expression de la figure d'Ivan était plutôt moqueuse que sévère. Depuis l'insolente tentative de Persten ou de Koltzo, dix-sept années s'étaient écoulées; la rancune du Tzar ne durait pas si longtemps lorsqu'elle n'était pas tenue en éveil par son amour-propre. Koltzo lut sur sa figure le désir de se récréer de son embarras; il baissa la tête, se gratta la nuque, retenant sur ses lèvres un sourire involontaire et répondit à demi-voix:--Il y a du vrai dans tout cela, Sire, je suis bien coupable devant toi.
--C'est bien, dit Ivan. Iermak et toi vous avez racheté vos fautes et je veux les oublier; mais, si je t'avais tenu alors, tu aurais passé un mauvais quart d'heure...
Koltzo ne répondit rien; il se contenta de dire en lui-même: «c'est précisément pour cela que je me suis dispensé de me présenter devant toi, grand monarque.»
--Mais voyons, dit Ivan, ton ancien ami doit être ici? Dites-donc, continua-t-il en s'adressant aux courtisans, est-il ici ce chef d'aventuriers? j'ai déjà oublié son nom... ah! oui, Nikita Sérébrany.
Un murmure parcourut la foule, il se fit un mouvement mais personne ne sortit des rangs.
--Vous entendez, répéta Ivan en haussant la voix, je demande s'il est ici ce Nikita Sérébrany qui m'avait demandé d'aller à Jizdra avec les voleurs?
A cette seconde question du Tzar s'avança un vieux boyard qui avait été autrefois voiévode de Kalouga.
--Sire, dit-il avec un profond salut, celui que tu demandes n'est pas ici. Il a été tué par les Tatars avec tout son détachement l'année même qu'il est allé à Jizdra.
--Vraiment? fit Ivan, je l'ignorais. Et moi qui voulais vous présenter l'un à l'autre, continua-t-il en s'adressant à Koltzo, pour voir comment vous vous seriez embrassés!
Une profonde tristesse se peignit sur la figure expressive de l'ataman.
--Tu regrettes ton confrère, dit Ivan en ricanant.
--Oui, sire, je le regrette vivement, répondit Koltzo, sans se soucier de l'impression que cette réponse pouvait produire sur le Tzar.
--C'est juste, dit Ivan avec dédain, cela ne pouvait être autrement: qui se ressemble, s'assemble.
Il eût été difficile de dire si Ivan ignorait réellement la mort de Sérébrany ou s'il en faisait semblant, afin de prouver à quel point il se préoccupait peu de ceux qui ne recherchaient pas ses faveurs; toujours est-il qu'il ne manifesta aucun signe de regret en apprenant cette nouvelle: son visage resta impassible et indifférent.
--Reste quelque temps avec nous, dit-il à Koltzo; lorsque le prince Bolkhovski sera prêt, vous partirez ensemble pour la Sibérie. Mais j'oublie que Bolkhovski prétend descendre de Rurik. Il n'est pas facile d'en venir à bout avec tous ces princes; ils finiront par prétendre se mesurer avec moi en généalogie! Tout le monde ne ressemble pas à Nikita qui a sollicité le titre d'aventurier. Aussi, afin que Bolkhovski ne se sente pas humilié de servir sous les ordres d'un ataman de Kosaques, j'élève dès aujourd'hui Iermak à la dignité de prince de Sibérie. Chichelkalof, dit le Tzar en s'adressant à un conseiller qui se tenait près du trône, prépare le rescrit qui investit Iermak du commandement suprême de toute la Sibérie, et quant à Mametkoul, qu'on l'amène à Moscou sous bonne escorte. Tu prépareras aussi les rescrits par lesquels j'octroie aux Strogonof pour leurs bons et utiles services: à Simon, les grandes et petites salines du Volga, à Nikita et à Maxime, le monopole et la franchise du commerce dans toutes les frontières et dans toutes les villes du royaume nouvellement conquis.
Les Strogonof saluèrent profondément le Tzar.
--Qui de vous, leur demanda-t-il, a guéri Boris du coup de bâton ferré que j'ai daigné lui appliquer?
--C'était mon frère aîné, Grégoire Anikine, répondit Simon; Dieu l'a appelé à lui l'an dernier.
--Pas Anikine, mais Anikiévitch, dit Ivan en appuyant sur la dernière syllabe; j'avais ordonné alors qu'il fut élevé d'un rang au dessus du commerçant et qu'il portât la syllabe patrimoniale complète. Je vous octroie à tous le droit d'ajouter le _vitch_ à votre nom patrimonial et vous enjoins de ne plus vous regarder comme des marchands, mais comme des gens de bonne maison.
Le Tzar passa l'inspection des pelleteries et autres présents envoyés par Iermak, puis il congédia Koltzo, après l'avoir encore plaisanté d'une manière très-bienveillante. Et peu à peu l'assemblée se dispersa.
Le même jour Koltzo dînait avec tous les Strogonof en brillante et nombreuse compagnie. Après avoir vidé des coupes à la santé du Tzar, du Tzarévitch, de toute la famille régnante et du métropolite, Godounof leva sa coupe d'or et proposa un toast à Iermak et à ses vaillants compagnons.
--Qu'ils vivent longtemps pour la gloire de la Russie! s'écrièrent tous les convives en se levant et en saluant Ivan Koltzo.
--Nous te saluons au nom du monde chrétien, dit Godounof avec un profond salut, et en ta personne nous saluons Iermak au nom de tous les princes et boyards, au nom de tous les commerçants, au nom de la Russie tout entière! Recevez l'expression de la reconnaissance de toute la nation russe pour l'éminent service que vous lui avez rendu.
--Que vos noms traversent les siècles! s'écrièrent les assistants, qu'ils vivent glorieux et admirés dans la mémoire de nos fils et de toute notre descendance, comme un exemple de l'amour de la patrie!
L'ataman se leva pour remercier de l'honneur qu'on lui faisait, mais sa physionomie expressive éprouva un changement subit. Son émotion était telle que ses lèvres tremblaient et, pour la première fois peut-être de sa vie, ses yeux hardis et brillants se voilèrent de larmes.
--Vive la nation russe! dit-il à demi-voix.
Et, après avoir salué toute l'assistance, il se rassit silencieux à sa place.
Godounof pria l'ataman de faire le récit de ses aventures en Sibérie. Koltzo, omettant de parler de lui-même, se mit à raconter avec une grande animation les traits de bravoure inouïs d'Iermak, en faisant valoir sa grande justice et sa bonté toute chrétienne envers ses ennemis vaincus.
--C'est avec sa bonté, conclut Koltzo, plus qu'avec son sabre qu'Iermak a triomphé. Lorsqu'une forteresse ou une ville tombait en notre pouvoir, il traitait ses habitants avec une grande bienveillance et leur faisait des cadeaux. Lorsque nous fîmes prisonnier Mametkoul, il ne savait comment honorer le jeune prince; il ôta sa pelisse et l'en revêtit. Aussi le bruit courut dans tout le pays qu'il était doux de se livrer à Iermak. Plusieurs princes sibériens vinrent spontanément se remettre entre nos mains en nous apportant leurs tributs. Nous vivions joyeusement, une seule chose me chagrinait: c'est que le prince Nikita Sérébrany n'était pas avec nous. Cela lui aurait convenu et sa présence nous aurait bien encouragés. Si je ne me trompe, tu étais son ami, Boris Féodorovitch, permets-moi de boire à sa mémoire!
--Que Dieu ait son âme! dit en soupirant Godounof, je pense souvent à lui.
--A sa mémoire! au repos de son âme! dit Koltzo en vidant sa coupe et, baissant la tête, il s'absorba dans ses souvenirs.
La conversation dura longtemps encore; lorsque le repas fut terminé, Godounof ne voulut pas laisser partir ses hôtes, il insista pour qu'ils se reposassent et achevassent chez lui la journée. Le festin recommença, les conversations devinrent de plus en plus animées; ce ne fut que fort tard dans la soirée, lorsque le guet eut déjà passé plus d'une fois en invitant à éteindre les feux, que les convives se séparèrent, fascinés par la cordialité de Boris Godounof.
* * * * *
Plus de trois siècles se sont écoulés depuis l'époque que nous venons de rappeler, et la Russie n'en garde qu'un vague souvenir. Quelques légendes subsistent encore qui peignent la gloire, le luxe, la cruauté du _Terrible_; on fredonne encore çà et là des chansons sur la condamnation du Tzarévitch, sur l'invasion tatare, sur la conquête de la Sibérie par Iermak, dont on peut voir le portrait, sans doute peu ressemblant, dans toutes les izbas sibériennes; mais dans toutes ces légendes et ces chansons la vérité est mêlée à l'invention, ce qui contribue à n'imprimer aux événements qu'une forme indécise: on ne les aperçoit plus qu'à travers un brouillard qui permet à l'imagination de les reconstituer à sa guise.
Ce qui rappelle d'une manière plus précise le caractère réel de ce règne, ce sont les édifices qui datent de cette époque, comme par exemple, l'église de Vasili Blajénoy dont les coupoles multicolores et les saillies ciselées donnent une idée de l'architecture capricieuse du palais d'Ivan dans la Sloboda d'Alexandrof, ou bien l'église de saint Trifon, construite par le fauconnier Trifon, en exécution de son voeu, où l'on voit encore une image de ce Saint représenté sur un cheval blanc, un faucon au poing.
Après le départ du Tzar de la Sloboda d'Alexandrof, cette résidence resta abandonnée comme un sombre souvenir de sa piété féroce. Elle ne se ranima qu'une seule fois, et pour un très-court espace de temps, lorsque, à l'époque troublée des faux Dmitri, Skopine-Chouisky, assisté du général suédois de la Gardie, y concentra son armée pour forcer le voiévode polonais Sapieha de lever le siége du monastère de saint Serge. La légende raconte que quelque temps après, durant un rude hiver, en plein janvier, un nuage noir s'abaissa, à l'extrême frayeur des habitants, sur le palais, éclata en foudre et réduisit toute la Sloboda en cendres. Et depuis lors, il ne reste aucun vestige du luxe et de la dépravation, des meurtres et des sacriléges dont ce lieu fut si longtemps le théâtre...
Que Dieu nous aide à effacer aussi de nos coeurs les dernières traces de cette effroyable époque, dont l'influence, comme une maladie héréditaire, a trop longtemps persisté dans nos moeurs à travers plusieurs générations! Pardonnons à l'ombre pécheresse du tzar Ivan, car la responsabilité de son règne ne doit pas peser sur lui seul: ce ne fut pas lui seul qui engendra l'arbitraire, les tortures, les supplices et la délation, devenus obligatoires et passés en habitude. Ces phénomènes révoltants avaient été préparés par les époques antérieures; ce fut la nation, tombée assez bas pour les supporter sans indignation, qui créa et perfectionna elle-même Ivan, de même que les Romains serviles, au temps de la décadence, avaient créé les Tibère, les Néron et les Caligula.
Parfois des figures comme celles de Morozof, de Sérébrany apparaissent comme des étoiles brillantes dans le ciel sombre de notre nuit russe; mais tout comme les plus éclatantes étoiles, elles étaient impuissantes à dissiper ses ténèbres, car elles brillaient isolées, ne recevant aucune impulsion d'un centre. Pardonnons donc à l'ombre pécheresse d'Ivan IV, soyons en même temps reconnaissants envers ceux qui, dépendants de lui, se maintinrent dans le droit chemin, car il est difficile de ne pas tomber à une époque où toutes les idées sont viciées, où la bassesse s'intitule vertu, où la délation est prescrite par la loi, où l'honneur et la dignité de l'homme sont considérés comme des infractions au devoir! Que vos âmes reposent en paix, hommes droits et intègres! Payant votre tribut aux opinions du siècle, vous voyiez dans Ivan l'expression de la colère divine, vous le supportiez avec résignation; mais vous ne déviiez pas de la droite route, ne redoutant ni la disgrâce ni la mort; aussi votre existence n'a-t-elle pas passé en vain, car rien ne se perd dans ce monde: chaque action, chaque parole, chaque pensée pousse et grandit comme un arbre et bien des choses, bonnes et mauvaises, qui comme autant d'énigmes subsistent dans les moeurs russes, cachent leurs racines dans les profonds et sombres abîmes du passé.
FIN
TABLE DES MATIÈRES
Pages. Introduction V Dédicace 17 Préface de l'auteur 19 Chapitres. I.--Les Opritchniks 21 II.--Les nouveaux compagnons 34 III.--Sorcellerie 39 IV.--Droujina Morozof et sa femme 45 V.--La rencontre 55 VI.--La réception 63 VII.--La Sloboda d'Alexandrof 77 VIII.--Le banquet 86 IX.--Le jugement 101 X.--Le père et le fils 113 XI.--Procession nocturne 119 XII.--Calomnie 129 XIII.--Vaniouka Persten et ses compagnons 137 XIV.--Le soufflet 147 XV.--La cérémonie du baiser 161 XVI.--L'enlèvement 173 XVII.--La plaie charmée 180 XVIII.--Une vieille connaissance 192 XIX.--Le russe n'oublie jamais un bienfait 198 XX.--Les joyeux compères 206 XXI.--Le conte 225 XXII.--Le monastère 212 XXIII.--La route 249 XXIV.--Révolte des brigands 257 XXV.--Les préparatifs du combat 271 XXVI.--Fraternisation 276 XXVII.--Basmanof 285 XXVIII.--La séparation 295 XXIX.--La confrontation 299 XXX.--L'ensorcellement du fer 308 XXXI.--Le jugement de Dieu 315 XXXII.--Le talisman de Viazemski 329 XXXIII.--Le talisman de Basmanof 331 XXXIV.--Le caftan du fou 337 XXXV.--Le supplice 346 XXXVI.--Le retour à la Sloboda 355 XXXVII.--Le pardon 365 XXXVIII.--Le départ de la Sloboda 372 XXXIX.--Une dernière entrevue 382 XL.--L'ambassade d'Iermak 391
NOTE DU TRANSCRIPTEUR
On a respecté l'orthographe de l'original, en corrigeant toutefois plusieurs centaines d'erreurs manifestement dues aux typographes.
On a conservé les variantes orthographiques en français (par exemple: gaîté, gaieté), mais on a tenté de résoudre les nombreuses divergences présentes dans les mots russes (par exemple: Grazny, Griazni, Griaznoy, Griazny).
Le texte en italique dans l'original est indiqué _comme ceci_.