Insurrections et guerre des barricades dans les grandes villes par le général de brigade Roguet

Part 9

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126. Les troupes de ligne fournissent habituellement le service dans ou près de leur arrondissement de casernement ou de combat, de manière à ce que les gardes puissent être plus facilement appuyées, rappelées ou relevées s'il y a lieu.

127. Les troupes agissent, autant que possible, dans la subdivision militaire où elles sont casernées, concurremment avec la garde nationale du quartier, à l'aide de l'assistance des autorités municipales et des agents de police dudit arrondissement.

Ainsi, elles sont constamment sur leurs positions de combat, et convenablement approvisionnées de vivres, de munitions; elles n'ont même pas besoin d'ordres et de temps pour les occuper et les défendre.

128. Les troupes casernées _extrà muros_ ou sur les lignes de chemin de fer composent la majeure partie de la réserve générale, des réserves divisionnaires et des subdivisions _extrà muros_ le plus à leur proximité.

129. Les commandements militaires de division et de subdivision sont permanents quant à la troupe, aux quartiers et positions que celle-ci doit défendre, aux gardes nationales et aux agents municipaux ou de police avec lesquels elle doit opérer constamment.

130. Les sections hors rang, les malades, les officiers et sous-officiers comptables, les caporaux d'ordinaire et les cuisiniers laissés dans les casernes; les postes journaliers, les patrouilles pour aller aux vivres sont, ainsi, autant de détachements inutiles aux corps casernés sur leurs positions de combat.

Ceux-ci restent d'autant plus compacts et forts; il y a moins de chances d'échecs partiels, et pour la révolte plus d'impossibilités.

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131. Les officiers, sous-officiers et soldats de passage, en congé, en non-activité ou en retraite, dont l'état nominatif ou numérique doit constamment être tenu dans chaque arrondissement, se réunissent au premier rappel, à la mairie de leur quartier; on prend note de leur présence, on les embrigade, on les utilise.

Les autres militaires, employés à des services spéciaux dans la capitale, se rendent, avec leur chef, au quartier général divisionnaire ou principal.

Tous peuvent être employés utilement; aucuns ne doivent être, en apparence, livrés à de mauvaises excitations.

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132. Les meilleures dispositions pour l'établissement des mairies et casernes juxta-posées, au point de jonction de plusieurs rues, de manière à en faire des centres d'action complets et des magasins d'approvisionnements de tous genres, pour la lutte la plus sérieuse, sont:

1° Une place uniquement formée par la mairie, une caserne et des établissements publics, de telle sorte que ceux-ci se trouveraient naturellement protégés sans qu'il soit besoin d'y faire des détachements et qu'aucun bâtiment de la place ne puisse tomber à la disposition des émeutiers.

2° Un carrefour au centre duquel est une mairie isolée; à l'un des coins de rue en face est la caserne; toutes les fenêtres extérieures du rez-de-chaussée sont grillées.

3° Une cour commune de communication pour la mairie et la caserne; chacun de ces établissements fait façade sur l'une des deux rues parallèles ou concourantes.

4° La caserne et la mairie aux deux côtés opposés d'une rue; un de ces établissements possède un second débouché, derrière, sur une rue parallèle.

133. Dans ces centres, il y a une réserve de munitions et d'approvisionnement en vivres de campagne, pour quatre jours, et pour chaque soldat.

En outre, des mesures sont prises avec des bouchers, marchands de vins, boulangers et grènetiers voisins, pour la fourniture, pendant la lutte, des rations de viande, de vin, de pain et de fourrages journellement nécessaires.

Dans le quartier militaire, et en sus des approvisionnements d'arrondissement, des mesures analogues sont prises, à l'effet de pourvoir aux besoins journaliers de toute l'armée, en vivres et en munitions, au cas où celle-ci viendrait à s'y concentrer.

Des moyens de transport suffisants y sont rassemblés. Il y a, dans les magasins, une autre réserve d'approvisionnement de quatre jours en vivres de campagne et en munitions de combat.

Ainsi le pouvoir, la force armée et chacune de ses subdivisions ou spécialités sont constamment mobiles et en mesure pour toutes circonstances.

§ II.

DIVISIONS ET SUBDIVISIONS MILITAIRES.

134. Le ministre de la guerre, ou un général en chef délégué, commande directement toutes les forces, sans être gêné ou retardé dans son action par les commandements parallèles ou spéciaux de la division ou subdivision territoriale, de la garde nationale ou urbaine.

Il a, sous ses ordres, les commandants des divisions et subdivisions militaires de la capitale _intrà_ et _extrà muros_.

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135. Des généraux de division commandent chacun l'un des grands quartiers de la capitale, de 600 à 1800 hectares d'étendue, de 150 à 400,000 âmes de population, ainsi que les subdivisions _extrà muros_ attenantes.

Leurs quartiers généraux, espacés entre eux de 1500m, à 1000 ou 1500m au plus de distance du centre, à proximité des grandes communications intérieures de la capitale, à 6000m des centres extérieurs d'action _extrà muros_, sont éloignés de 1000m au plus des quartiers généraux subdivisionnaires _intrà muros_ et des mairies qui en dépendent.

136. Il y a, à l'avance, dans chaque centre tertiaire, si un établissement public convenable le permet, une réserve d'approvisionnement de vivres, de munitions et de matériel.

137. Ces généraux ont avec eux, comme réserve, des troupes de ligne de toutes armes en grande partie casernées _extrà muros_.

138. La circonscription du commandement des généraux de division a une grande étendue et une haute importance:

Ces chefs ne peuvent que coordonner, d'un quartier général, les opérations secondaires des généraux de brigade dans leurs arrondissements, et les appuyer à propos, à l'aide d'une partie de la réserve dont ils disposent.

139. Un de ces généraux de division commande exclusivement le _quartier militaire_ centre de défense, d'approvisionnement de toutes espèces et des moyens administratifs ou de gouvernement sur la plus vaste échelle.

Il dispose de transports considérables pour toutes les éventualités.

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140. Chaque subdivision intérieure ou arrondissement municipal de 200 à 600 hectares d'étendue, de 60 à 120,000 âmes de population, d'une défense indépendante ou au moins limitée par de grandes lignes de communication, est sous les ordres permanents d'un général de brigade.

Le quartier général est à la mairie, où se trouvent, en tous temps, les approvisionnements nécessaires de vivres et de munitions de réserve.

141. Ce général, outre la légion et le peloton de cavalerie du quartier, dispose d'une réserve de 2 à 3 bataillons de ligne casernés en face de la mairie ou, au moins, à proximité.

142. Les généraux de subdivision intérieure doivent comprimer l'émeute dans l'étendue ordinaire d'une grande ville de province.

Leur commandement est encore très important: ils ont une responsabilité qui exige une certaine initiative ou latitude.

143. Dans chaque subdivision intérieure, les centres offensifs ont, pour l'action et le logement des troupes, des débouchés, des enceintes, des locaux convenables.

Ils sont près d'établissements publics à préserver, de carrefours ou de défilés importants, sur des lignes de communications ou de séparations principales.

144. Les passages sur les rivières, canaux, vieilles enceintes, escarpements, seront défendus, de manière à maintenir constamment séparées les diverses insurrections; à empêcher les transports d'armes, de poudre de l'une à l'autre, et à conserver cependant, pour la troupe, tous ces avantages décisifs.

Suivant la force de la garnison, et le concours plus ou moins efficace de la garde nationale, l'on occupera également, dans les quartiers importants, les dépôts de grains et de farines, les maisons de boulangers, d'armuriers, d'artificiers, les imprimeries, les caisses publiques et particulières, les églises et clochers où l'on pourrait sonner le tocsin, ainsi que les maisons, qui protégent le débouché sur les places.

Tous les petits postes ordinaires, autres que ceux ci-dessus mentionnés, se replieront promptement sur les corps-de-garde les plus rapprochés non abandonnés.

145. Ces dispositions résultent d'ailleurs de l'exécution intelligente du principe général suivant.

Les arrondissements militaires en pleine insurrection, bientôt et successivement renforcés par une portion des réserves de la division dont ils font partie, et au besoin par une fraction de la réserve générale, font occuper, à 600m autour de leur quartier général, cinq à six centres d'action tertiaires, espacés de 600m les uns des autres, et gardés, chacun, par un demi-bataillon de garde nationale avec 2 à 4 compagnies de ligne.

Ces points d'appui offensifs sont principalement établis au noeud des communications, aux défilés importants, sur les principales artères; là où se rend ordinairement la foule des promeneurs, des curieux, des émeutiers; au centre des quartiers populeux ou mécontents.

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146. Les subdivisions _extrà muros_, avec les gardes nationales des faubourgs et de la banlieue, avec de l'infanterie, de l'artillerie et la majeure partie de la cavalerie, successivement appelées dans la capitale, sont chacune sous les ordres d'un général de brigade.

Elles surveillent, interceptent les avenues de la ville, la banlieue, les barrières, les chemins de fer, les passages des malles, diligences et courriers.

147. S'il y a un mur d'octroi, les petites barrières sont fermées.

Les barrières principales, espacées de 1500m en 1500m, sont gardées par des détachements de ligne qu'appuient les gardes nationales des faubourgs et des provinces.

148. Les quartiers généraux des subdivisions militaires _extrà muros_, au nombre de trois ou de quatre, sont à une distance de l'enceinte au moins égale à la moitié du rayon de celle-ci; leur écartement entre eux peut être quatre fois plus grand: chacun est le chef-lieu d'un arrondissement administratif, où existent les réserves d'approvisionnements de vivres et de munitions nécessaires.

Ces quartiers généraux commandent les avenues et les cours d'eau principaux, ainsi que toutes les positions intermédiaires; au besoin, ils assurent les mouvements, convois et communications par la banlieue; ils arrêtent les insurgés, rallient les secours qui viennent du dehors.

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149. On se récriera contre ce nombre de divisions et de subdivisions militaires; contre les intermédiaires, les lenteurs qui peuvent en résulter pour l'exécution des ordres. On dira que c'est créer, pour une capitale, à l'intérieur, en pleine paix apparente, une véritable armée.

Cependant l'effectif des forces, l'étendue, la complication du théâtre des opérations, les péripéties imprévues que chaque heure y fait succéder, la difficulté des communications, la durée probable de la lutte, son acharnement, ses conséquences peuvent exiger désormais, quelque part en Europe, tout ce surcroît de sous-divisions dans les hauts commandements, cette hiérarchie de responsabilité pour des mesures ou des événements la plupart hors de la portée du général en chef.

Ne faut-il pas une véritable armée organisée en permanence, d'une manière complète, avec les accessoires les plus puissants, pour une lutte qui durerait plusieurs jours, dans laquelle cent mille gardes nationaux ou soldats, répartis sur un dédale immense, au milieu de l'ouragan des révolutions, consommeraient des millions de cartouches et des milliers de coups de canon; perdraient plusieurs milliers d'hommes et autant de généraux que les plus grandes, les plus meurtrières journées de l'époque impériale en ont vus périr?

Outre ces pertes cruelles et les quelques millions engloutis pour dévastations; outre la capitale transformée pendant plusieurs mois en un hôpital de blessés et de mourants, la société peut enfin y voir ses dernières journées.

Certes, voilà des motifs suffisants pour prendre, à l'avance, de sérieuses dispositions.

150. Aucun champ de bataille n'est plus vaste, plus difficile, plus voilé, plus mystérieux, plus inquiétant pour une seule responsabilité; aucun n'exige, pour chaque grade, fraction de troupe ou position occupée, autant de latitude et de spontanéité d'action dans de certaines limites.

Napoléon lui-même, avec toutes ses puissantes facultés, y réclamerait encore le concours complet des admirables agents de combat qui le suppléèrent si heureusement, dans les opérations secondaires de ces champs de bataille immortels, dont l'immensité ne pouvait néanmoins rien dérober à son génie.

151. Telles sont désormais les nécessités malheureuses de pareilles luttes: chaque général divisionnaire ou sous-divisionnaire doit irrévocablement s'attacher à son centre d'action pour y défendre les dernières murailles avec le dernier soldat. Ce centre a, dans le plan général adopté, une latitude en rapport avec l'importance des forces dont on y dispose et du grade élevé qui les dirige; lié au quartier militaire et aux centres voisins dans de certaines limites, il reste indépendant au-dessous de ces limites.

Mieux vaut, sous quelques rapports et dans une juste mesure, plusieurs grandes défenses individuelles efficaces par leur responsabilité et leur influence réelles sur les événements; mieux vaut toute l'action du général en chef exclusivement consacrée à coordonner, soutenir, rallier ces défenses individuelles, selon le plan général de défense adopté, qu'une direction unique et impossible si elle doit dominer jusqu'aux détails des opérations secondaires.

Un instant critique, qu'il faut prévoir, pourrait tout à coup étonner, déconcerter, jeter dans l'isolement et l'impuissance le commandement le plus actif ainsi compromis.

152. D'ailleurs, ce nombre de divisions et de subdivisions militaires, tant intérieures qu'extérieures, résulte de la nécessité désormais évidente de coordonner partout, d'une manière intime et complète, en vue d'une répression énergique, l'action des troupes de ligne, des légions de garde nationale, des autorités municipales d'arrondissement et des agents de sûreté, de telle sorte que, dans chaque centre de résistance, il y ait unité forte de tous les concours, de tous les moyens répressifs et approvisionnements indispensables.

Ce nombre résulte aussi de la nécessité également évidente d'utiliser les légions de garde nationale dans leur arrondissement, avec le chiffre des bataillons de ligne, qui seuls peuvent leur donner la consistance et la valeur désirables.

Il résulte enfin de l'étendue même du champ de bataille, du nombre des positions capitales qui, à différents degrés d'importance, le subdivisent inévitablement; celles-ci exigent, dans de certaines limites, des forces ou des approvisionnements de toute nature, indépendants et assurés.

Voilà bien des motifs, et cependant nous avons encore à donner le plus important, celui qui seul dominerait dans une pareille question: la nécessité de préserver l'humanité de jours sanglants et néfastes, en rendant, par un surcroît de moyens répressifs ou préventifs, toute tentative de lutte impossible à l'anarchie.

En définitive, il faut également centraliser et élever la direction générale, multiplier et localiser l'action.

* * * * *

153. Le chiffre relatif des réserves divisionnaires est réglé d'après l'étendue, l'importance de leurs circonscriptions, des craintes qu'elles donnent; les différentes armes y entrent dans la proportion présumée utile, en raison de la nature des localités.

Ensuite, on fait ultérieurement, au fur et à mesure des nouvelles nécessités, à l'aide de la réserve générale et des troupes disponibles dans les arrondissements restés tranquilles, les modifications exigées par les événements.

154. La répartition des forces entre les subdivisions intérieures, celles _extrà muros_, les quartiers généraux divisionnaires et la réserve centrale, a lieu, autant que possible, conformément au tableau ci-contre.

DIVISIONS ET SUBDIVISIONS MILITAIRES. 191

+------------------------------------------------------------------+ | LIGNE. | +----------------------+----------+----------+------------+--------+ | |Infanterie| Cavalerie| Artillerie | Génie | +----------------------+----------+----------+------------+--------+ | Subdivisions intrà | | | | | | muros. | 10/20 | » | » | » | +----------------------+----------+----------+------------+--------+ | Subdivisions extrà | | | | | | muros. | 3/20 |8 à 10/20 | 8 à 10/20 | 2/20 | +----------------------+----------+----------+------------+--------+ | Quartiers généraux | | | | | | divisionnaires. | 5/20 |10 à 8/20 | 10/20 | 10/20 | +----------------------+----------+----------+------------+--------+ | Quartier général | | | | | | central. | 2/20 | 2 à 3/20 | 2 à 4/20 | 8/20 | |__________________________________________________________________|

+------------------------------------------------------------------+ | GARDES. | +----------------------------------+-------------------------------+ | Nationale. | Urbaine. | +----------------------------------+-------------------------------+ | 8/12 des légions. | » | +----------------------------------+-------------------------------+ | Toute la banlieue. | » | +----------------------------------+-------------------------------+ | 3/12 des légions. | » | +----------------------------------+-------------------------------+ | 1/12 des légions. | tout le corps. | |__________________________________|_______________________________|

155. Les autorités civiles et militaires sont responsables du maintien de l'ordre dans l'étendue de leur circonscription.

Elles y logent, ainsi que les officiers des corps de ligne casernés dans ledit quartier.

156. Chaque centre d'action principal ou secondaire lance incessamment des patrouilles mixtes de garde nationale et de troupe de ligne vers les centres voisins, les grands carrefours environnants, les défilés au travers des rivières, canaux, escarpements, vieilles enceintes; vers les noyaux de rassemblement ou établissements à surveiller.

On ne détache, en permanence, des fractions de ces centres qu'aux points les plus importants, non assurés convenablement par les patrouilles, et cependant indispensables comme postes intermédiaires.

Ainsi, l'on conserve le plus possible de forces réunies autour de chaque centre d'action.

Partout la garde nationale assiste la troupe de ligne de sa force morale, de la connaissance qu'elle a des localités, des individus et de la situation.

* * * * *

157. La proportion la plus avantageuse des différentes armes paraît être, à l'intérieur d'une grande ville, 1 escadron, 3 bataillons, 1 pièce 1/2 et 25 sapeurs du génie: c'est-à-dire, infanterie 177/200, cavalerie 12/200, artillerie 8/200, sapeurs du génie 3/200.

Dans les arrondissements _extrà muros_, on peut adopter la proportion, 1 bataillon, un escadron, 1 pièce et une escouade de sapeurs.

La proportion moyenne, pour toute la garnison, paraît être celle établie par les chiffres suivants: 10 bataillons, 6 escadrons, 6 pièces et 1 compagnie de sapeurs.

158. Le calcul moyen des troupes de ligne nécessaires pour un pareil système de défense, dans une ville dont P représenterait le chiffre de population, est détaillé dans les deux tableaux ci-dessous.

Ces chiffres, ceux que nous avons déjà donnés ou que nous établirons ultérieurement, ne sont que des moyennes approximatives; selon les circonstances morales ou politiques, ils peuvent beaucoup différer des chiffres véritables.

_Nombre de bataillons nécessaires._

|--------------------------------------|---------------------| | Désignation des commandements. | Bataillons. | |--------------------------------------|---------------------| | P/100,000 arrondissements intérieurs | 30 P/1,000,000 | | ou mairies à 3 bataillons | | | ou P/66,000 à 2 bat. | | | | | | 1/3 du chiffre précédent pour les | 10 P/1,000,000 | | arrondissements _extrà muros_. | | | | | | 1/2 du même chiffre pour les | 15 P/1,000,000 | | quartiers généraux divisionnaires. | | | | | | 1/5 pour le quartier général | 6 P/1,000,000 | | principal. |_____________________| | | | | Total des bataillons de ligne | P/10,000 | | nécessaires. | | |--------------------------------------|---------------------|

_Troupes de lignes nécessaires._

|------------------------------------------------------------------| | Désignation des armes. | Nombre | | | d'hommes. | |-----------------------------------------------|------------------| | P/16,000 bataillons de ligne à 700 h. | 700 P/16,000 | | | | | 1/10 de l'effectif précédent pour les | 70 P/16,000 | | escadr. | | | | | | 1/60 id. pour les pièces. | 11 P/10,000 | | | | | 8 sapeurs du génie par bataillon d'infanterie.| 8 P/16,000 | | | | | Garde urbaine, pompiers. | 56 P/16,000 | | |__________________| | | | | Total général de la garnison nécessaire. | P/20 hommes. | |-----------------------------------------------|------------------|

§ III.

OBSERVATIONS.

159. Une direction unique, ferme et modérée, non exclusivement militaire, mais telle que le concours complet de tous soit assuré, part du centre même du gouvernement, autour duquel sont réunis le commandant en chef et tous les agents ou principaux moyens d'action nécessaires.

Le chef de l'administration civile, celui de la police, le commandant des gardes nationales, une imprimerie, des courriers, une réserve générale, composée de partie des gardes nationales des provinces, des milices urbaines et des troupes de ligne, appelées successivement dans la capitale, restent disponibles.

160. Les ordres généraux pour la prise d'armes, indiquant les positions principales, secondaires et tertiaires à occuper, sont concertés d'avance entre les autorités militaires ou civiles et le chef de la garde nationale.

Ils sont rédigés, pour chaque fraction de corps logée ou devant prendre position séparément, de manière à pouvoir être expédiés et exécutés de suite.