Hokousaï L'art japonais au XVII Siècle
Chapter 14
Kwakou Shighi, le ministre populaire de la Chine, le ministre a la plus nombreuse famille de tous les ministres de la terre, représenté assis sur une chaise tournante, la tête penchée vers sa femme, et entouré de plus de vingt-quatre enfants.
Un kakémono d'une facture dure, mais avec un effort chez Hokousaï de faire plus portrait qu'il ne fait d'ordinaire, dans ces têtes d'enfants, au ton rose de la pêche, et avec des rehauts de blanc sur le nez et les paupières. Signé: _Manji, vieillard fou de dessin, autrefois Hokousaï changé de nom, vulgairement Nakashima Tetzouzô Fouji-wa-no Tamékazou, à l'âge de 88 ans_. H. 100.--L. 43.
Le même sujet vers 1807, plus ancien de 40 ans. H. 61.--L. 55.
Ces deux compositions font partie de la collection Hayashi.
«Le Lever.» Femme habillée d'une robe grise semée de fleurettes blanches, tenant en main un _yutô_, une cafetière en laque semée de pétales de fleurs d'oranger, servant au transport de l'eau chaude, qu'elle s'apprête à verser dans un bol de porcelaine décoré de paysages bleus, posé sur un plateau à pied, près d'une brosse à dents en bois. Signé: _Hokousaï_. H. 114.--L. 44.
«Le Coucher.» Femme qui va se coucher, en train de changer le papier de son oreiller, sa tête sortant du rose de sa robe de dessous, et son corps flottant dans les plis d'une robe de dessus d'un gris mauve, sillonné de petits oiseaux de mer appelés au Japon _miyakodori_. Même signature et même dimension que le _Lever_.
Ces deux kakémonos font partie de la collection de M. Hayashi. Un troisième kakémono: la moustiquaire de cette série, est chez M. Gonse.
Tchôriô, conseiller d'État, rencontrant sur un pont Kosékikô, vieillard mystérieux qui lui remet un rouleau avec l'étude duquel il met en état le prince, son maître, de renverser l'Empereur qui a fait la grande muraille de la Chine. Dessin de premier jet, avec quelques légères colorations dans le barbotage de l'encre de Chine. Signé: _Sur la demande de Yeisai Soshû; Hokousaï Sôri a fait ce dessin_. Le dessin n'est pas signé, mais porte un cachet où il y a le nom de _Tokimasa_ (vers 1798). H. 115.--L. 47. Collection Hayashi.
Sur un fond brunâtre, une grande branche tortillarde de prunier en fleurs, rien qu'à l'encre de Chine avec les fleurs gouachées de blanc: un kakémono d'un relief extraordinaire, où le noueux, l'excorié, le liégeux d'un vieux bois, sont rendus d'une manière miraculeuse. Signé: _Katsoushika Hokousaï_ (1806-1807). H. 126.--L. 52.
Trois grandes lanternes posées l'une à côté de l'autre. De la peinture décorative enlevée rapidement. Non signé. H. 118.--L. 51.
Ces deux kakémonos appartiennent à M. Hayashi. Ils faisaient partie d'un paravent de six feuilles, dont deux maintenant sont en possession de M. Vever, et deux en possession de M. Monnet, paysagiste.
Femme lisant une pièce de théâtre, dans un mouvement de tête abaissée, au cou cassé. Coloration de la figure avec le blanc d'une face de pierrot, mais une robe aux tons changeants, semés de fleurettes de _lespedèze_, sur laquelle tranche le ton d'une ceinture verdâtre aux dessins jaune d'or. Un oiseau volant au-dessus de la tête de la liseuse. Signé: _Hokousaï_. H. 119.--L. 51. Collection Hayashi.
Femme de profil tournée à droite, à la tête de face surmontée de l'étoilement des épingles de sa chevelure, et avec le délicat ovale de sa figure sortant du rose d'une robe de dessous. Un dessin d'une grâce contournée charmante; la robe ayant aux épaules comme le renflement d'un dolman et se creusant à la rentrée des reins sous la ceinture, toute bouffante en avant et se répandant et s'étalant aux pieds en un large ondoiement. Des colorations, comme si le papier _buvard_ sur lequel elles sont posées trempait dans l'eau; et un noir assoupi des cheveux, et un incarnat du visage, pour ainsi dire imperceptible, et un nuageux des plis de la robe qui semble impossible à obtenir. Un des plus désirables kakémonos d'Hokousaï. Signé: _Taïto_ (1887). H. 107.--L. 29. Collection Hayashi.
Handaka, un disciple de Bouddha, élevant en l'air un bol d'où sort une fumée qui se change en dragon. Dessin d'un déchiquetage personnel à Hokousaï, et où les étoffes ont l'air de lanières volantes, comme si cette animation un peu exagérée, que l'artiste met dans les corps, il voulait la porter dans les étoffes. Lavis à l'encre de Chine sur un ton rosâtre. Signé: _Hokousaï Taïto_ (1815). H. 100.--L. 43. Collection Hayashi.
Un prêtre shintoïste tenant un arc auquel sont attachées des poésies. Facture tout à fait grossière, barbouillage inharmonique. Signé: _Manji, vieillard de 85 ans_ (1844). H. 95.--L. 29. Collection Hayashi.
Un aigle, au moment où il se pose sur le rocher d'un écueil. Un des kakémonos d'Hokousaï, à la coloration la plus puissante, et qui porte en haut cette curieuse note: «L'année dernière, le 28 du 11e mois, l'oiseau était vu à Kazousa et, le 18 du mois suivant, il fut pris à Sounamoura, et l'ordre de le dessiner fut donné à Hokousaï, 6e mois 1848.» Signé: _Manji autrefois Hokousaï, vieillard fou de dessin, vulgairement Nakashima Tétsouzô_ (et en vérité) _Foujivara no Tamékazou, à l'âge de 88 ans_. H. 123.--L. 52. Collection Hayashi.
Kakémonos des six Poètes, panneaux détachés d'un paravent:
Ariwara no Narihira, Ohtomo no Kouronoushi, Boun-ya no Yasouhidé, Sôjô Hénjô.
Peintures décoratives enlevées d'un pinceau rapide. Signé _Katsoushika Hokousaï_ (1806-1812). H. 130.--L. 53. Collection Hayashi.
Omono Komati, Kisén Hosshi.
Ces deux panneaux complétant les six Poètes, et de la même dimension, et portant la même signature que les quatre autres, nous les retrouvons dans la collection de M. Vever.
Un _Katsouo_ (poisson ressemblant au maquereau), dont une tranche a été enlevée, posé sur une tige d'oeillet; un autre avec un navet: ce poisson se mangeant avec du navet râpé. Signé: _I-itsou Hokousaï_ (vers 1823). H. 92.--L. 27. Collection Hayashi.
Un vol de pluviers au-dessus d'un cours d'eau, par un jour de neige. Kakémono d'une exécution poussée au fini. Signé: _Hokousaï Tokimasa_ (1799-1800). H. 110.--L. 26. Collection Hayashi.
Un shôjô, un petit génie du saké, à la chevelure rouge envolée derrière lui, soulevant de ses deux bras en l'air un barillet de saké. Signé: _Hokousaï, fou de dessin_ (1801-1805). H. 84.--L. 26. Collection Hayashi.
Apparition de monstres. Une tête énorme, à côté d'une tête de vieille femme, au long cou d'un serpent, sortant d'une boîte. Non signé. H. 31.--L. 57. Collection Hayashi.
Apparition. Derrière une lanterne de tombeaux, décorée de feuilles de nénuphar (un symbole bouddhique), une femme, d'une main appuyée sur un bâton, la tête enveloppée d'une chevelure épaisse, les yeux creux, le nez décharné, les dents se détachant en blanc d'un trou noir, les chairs livides éclairées par la blafarde lueur de la lanterne. Dessin fait pour une audition de Hayashiya Shôzô, conteur d'histoires de revenants, au moment où l'on éteignait les lumières et où ne restait éclairé que le dessin d'épouvante. Signé: _Manji, vieillard fou de dessin, à l'âge de 80 ans_ (1839). H. 56.--L. 27. Collection Hayashi.
Deux têtes coupées, aux traits contractés, au blanc de l'oeil injecté de sang, attachées par une cordelette à une tige de bambou. Peinture qu'on sent faite d'après nature, sur un morceau de soie entièrement recouverte de gouache, et qui joue la peinture à l'huile. Signé: _Manji, vieillard de 88 ans_ (1847). H. 32.--L. 53.
Lanterne de cimetière avec la planchette de prière; un serpent sortant de la lanterne renversée. Non signé. H. 32.--L. 53.
Ces deux kakémonos, qui appartiennent à Hayashi, faisaient partie d'un paravent de 18 feuilles, que, sauf ces deux sujets, Hayashi a refusé d'acheter: les seize autres représentant des cadavres en liquéfaction.
Femme habillée d'une robe à l'imitation d'une queue de paon et sur laquelle neige un prunier en fleurs.
Peinture à la gouache, jouant la peinture à l'huile, sur une planchette destinée à être attachée par un clou à un pilastre ou à une colonne. Non signé. Collection Hayashi.
Un homme, un masque de Téngou, sur la figure, dansant et chantant, mène le branle de trois petits Japonais, aux joyeuses gambades. Dessin du faire le plus léger et le plus spirituel. Signé: _Manji, vieillard fou de dessin_ (80 ans). H. 91.--L. 29. Collection Hayashi.
Daïkokou et Yebisou en voyage. Dessin caricatural en une aquarelle très pochée. Signé: _Hokousaï, fou de dessin_. H. 75.--L. 28. Collection Hayashi.
Paysage représentant, très modifiée, la vue de Tsou-kouba du _Shashin_. Non signé, mais portant le cachet d'Hokousaï. H. 29.--L. 45. Collection Hayashi.
Shôki en marche, un chapeau-parasol sur son sombre visage, les mains croisées sous ses larges manches. Un dessin à l'encre de Chine sur un fond brunâtre, qui a quelque chose de farouche dans sa noire tonalité. Signé: _Manji, vieillard de 88 ans_. H. 67.--L. 26. Collection Hayashi.
La poétesse Seishônagon, la première romancière du roman d'amour au Japon, et qui a écrit, au VIIIe siècle, LE CAHIER DE L'OREILLER. Elle est représentée, ainsi que toutes les femmes de la noblesse dont sont sorties les poétesses, avec les deux mouches à l'encre de Chine sur le front, appelées, je crois, _hòshi_ et les cheveux épars sur le dos, lisant un rouleau sur une petite table devant laquelle elle est accroupie. Signé: _Hokousaï Taïto_ (1817). H. 99.--L. 39. Collection Hayashi.
Yébisou rapportant un _taï_ dans un panier accroché derrière son dos. Dessin à l'encre de Chine avec quelques colorations rouges et bleues: gai dessin aux traits spirituels et au lavage léger. Signé: _Sôri_ (1795-1798). H. 91.--L. 25.
Shôki, en train de lire, derrière le dos d'une femme, la lettre qu'elle vient de recevoir. Même facture que le kakémono précédent. H. 85.--L. 27.
Ces deux kakémonos font partie de la collection Hayashi.
Cascade de Nounobiki (de la Toile accrochée), chute d'eau dont les ondes ont les ondulations horizontales d'une toile mollement suspendue en l'air, et qui sont dans le dessin rehaussées de gouache, avec la poussière de l'eau sur les rochers rendue dans une imitation parfaite par une poussière de blanc d'argent. Signé: _Hokousaï_ (1800). H. 102.--L. 27. Collection Hayashi.
Une _guésha_ en promenade, de profil, tournée à gauche, une lanterne derrière elle. Elle est habillée d'une robe noire ocellée de plumes de paon. Signé: _Gwakiôjin Hokousaï_. H. 82.--L. 28. Collection Bing.
Une vieille blanchisseuse, son panier sous le bras. Lavis à l'encre de Chine. H. 86.--L. 27. Collection Bing.
Un bord de rivière. Encre de Chine. Signé: _Hokousaï_ H. 34.--L. 56. Collection Bing.
Diable à la figure verte, accroupi devant une pipe et une tasse de saké. Aquarelle. Signé: _Manji à 88 ans_. H. 18.--L. 15. Collection Bing.
Une femme versant du saké à un vieillard. Kakémono à la finesse d'un sourimono. Signé: _Gwakiôjin_. H. 38.--L. 38. Collection Bing.
Un Shôski en pied, tout peint à l'encre rouge, sauf les yeux, et le trait serpentant de la bouche. Ces peintures sont, je crois, considérées au Japon comme des préservatifs des maladies. Signé: _I-itsou à 75 ans_. H. 64.--L. 27. Collection Bing.
Ouvrier nettoyant la neige sur un tonneau, se détachant d'un ciel d'hiver, tout _ouateux_ de neige[29]. [Note 29: Kakémono qui a été reproduit dans une petite impression en couleur.] Signé: _Hokousaï Taïto_. H. 98.--L. 30. Collection Bing.
Réunion d'une tortue de longévité, de la perle sacrée, d'une lettre de bonheur: dessin d'un groupement plein de style. Signé: _Manji_. H. 95.--L. 33. Collection Bing.
Le pèlerin Saïghiô, ayant quitté la cour, assis sur un tertre, et contemplant la campagne avec des yeux contemplatifs d'ascète. Signé: _Hokousaï_. H. 64.--L. 27. Collection Bing.
Un prunier en fleurs, sous le clair de lune. Encre de Chine qui a l'admirable papillotage de la lumière sur ces arbres, en leur floraison. H. 136.--L. 21. Collection Bing.
Une langouste dessinée avec la science ichthyologique du Maître. Signé: _Hokousaï_. H. 85.--L. 29. Collection Bing.
Un vieillard, fait avec le lavage brutal des vieilles années du peintre. Signé: _Hokousaï_,--bien certainement une signature fausse sur un dessin vrai, mais du temps où Hokousaï signe _Manji_. H. 74.--L. 20. Collection Bing.
_Guésha_, habillée d'une robe noire, aux transparences de la plus grande habileté, et marchant de profil tournée à gauche, ainsi que presque toutes ses études de courtisanes. H. 119.--L. 29. Collection Bing.
Un kakémono, divisé en trois compartiments. Entre une poésie chinoise et une poésie japonaise, dans la bande étroite du milieu, un paon, la tête soulevée pour attraper une araignée, pendant au bout d'un fil. Une aquarelle extraordinaire, où le maître a rendu la vie remuante de la plume: l'un des plus merveilleux kakémonos d'Hokousaï que j'aie vus. Signé: _Gwakiôjin Hokousaï_. Collection Bing.
Diables s'abritant sous le chapeau de Shôki. Peinture aux anatomies fragmentées, et aux colorations brutales non fondues, et ressemblant à des morceaux de mosaïque: peinture typique du _faire_ des dernières années d'Hokousaï. Signé: _Manji_. H. 80.--L. 55. Collection Gonse.
Un faucon sur une branche de sapin. Aquarelle. Signé: _Manji_. Mais je crois le dessin antérieur à cette signature, qui y aurait été postérieurement apposée. H. 68.--L. 21. Collection Gonse.
Un coq et une poule. Aquarelle de la plus grande intensité. Signé: _Gwakiô rôjin, à l'âge de 80 ans_. H. 36.--L. 56. Collection Gonse.
Hotei couché à terre, enfonçant les mains dans son sac. Peinture d'un grand relief, aux délicats détails du costume vert et bleu perdus dans la masse, et aux belles lignes du sac. Non signé. H. 29.--L. 46. Collection Gonse.
Tige de bambou où vont se poser deux moineaux: la tige de bambou à l'encre de Chine, les moineaux pochés de ces rougeâtres et brunâtres taches qui font des moineaux d'Hokousaï de petites oeuvres de la plus grande maîtrise.
Ce kakémono, qui vient de la vente de l'atelier de Kiôsaï, et qui est signé: _Katsoushika-tiyémon, à l'âge de 85 ans_, a, en tête, une lettre d'envoi autographe du peintre, avec un croqueton de salutation semblable à ceux qu'il jette en tête de ses lettres à ses éditeurs, et l'envoi est fait à un ami habitant près du pont de Nakabashi, qu'il appelle dans sa lettre: _Fleur de Nakabashi_. H. 90.--L. 33. Collection Gonse.
Femmes ramassant des coquillages et les portant dans un bateau. Amusante scène se détachant de profonds lointains, mais d'un faire un peu miniaturé, un peu petit. Signé: _Hokousaï Katsoushika_. H. 42.--L. 45. Collection Gonse.
Kiyomasa, en son costume de guerre précieusement travaillé, sous son casque à cornes, se voit superbement piété, une main appuyée sur le manche de son sabre, dans l'enveloppement turgide de ses épaulières. Signé: _Hokousaï I-itsou_. H. 70.--L. 27. Collection Gonse.
Princesse dans une tempête de neige, au bord de la mer, suivie de deux serviteurs, dont l'un tient un parapluie au-dessus de sa tête. Une magique représentation du floconnement de la neige dans l'air avec, dans un coin du ciel, la fonte lumineuse de fleurs roses de pruniers, sous cette tombée de blancheur. Ce serait la mise en scène de la légende de Komati réclamant du ciel la pluie. Non signé. H. 79.--L. 27. Collection Gonse.
Un chasseur qui vient de tuer un sanglier, en train de le lier avec une corde. Aquarelle au doux lavage, amorti, assoupi. H. 33.--L. 42. Collection Gonse
Guésha, la tête de trois quarts, baissée dans un penchement à gauche, et habillée d'une robe de soie noire brodée de fleurettes aux transparences rendues par la plus habile aquarelle. Signé: _Hokousaï_. H. 105.--L. 27. Collection Gonse.
Un prunier en fleurs. Lavis où l'arbuste est traité à l'encre de Chine, et les fleurs gouachées de blanc, de la plus parfaite exécution artistique. Signé: _Hokousaï Sôri_. H. 120.--L. 35. Collection Gonse.
Yoshitsouné, sous son casque à cornes, et revêtu d'une armure rouge, que dépassent derrière les flèches de son carquois et le manche d'un de ses deux sabres. Spécimen d'une des peintures les plus parfaites et les plus travaillées d'Hokousaï. Non signé. H. 81.--L. 40. Collection de M. Gonse, qui a donné le pendant au Louvre, faisant partie d'un paravent composé de trois compartiments.
Blanchisseuse agenouillée, battant le linge, dans un paysage montagneux. Signé: _Hokousaï Sôri_. H. 105.--L. 42. Collection Gonse.
Femme sous une moustiquaire, agenouillée, et d'une main tendue en l'air en train de brûler, avec une petite mèche enflammée, des moustiques, dans un mouvement de grâce qui dessine la molle et ressautante ligne de son dos. Très originale peinture où, dans la pénombre verdâtre de la moustiquaire, la femme en sa robe à fleurettes apparaît, ainsi que dans la coloration glauque d'un aquarium, au jour tombant, tandis que, comme opposition, se voit tout lumineux un petit morceau de sa robe fleurie, sur laquelle est relevée la moustiquaire. Signé: _Hokousaï Sôri_. H. 122.--L. 43. Collection Gonse.
Ce kakémono est le complément du «Lever» et du «Coucher», les deux kakémonos en possession de M. Hayashi.
Tête de Darma. Lavis d'une beauté tout à fait singulière. Une noyade d'encre de Chine où, dans le _flou_ du lavis, les traits du saint apparaissent avec quelque chose de la solidité d'une sculpture qu'on apercevrait au fond de l'eau. Non signé. H. 59.--L. 28. Collection Gonse.
La marchande de fagots. Un boeuf sur lequel est un abri en roseaux et que conduit par la bride une femme fumant sa pipette. Une aquarelle où, sur la massivité sombre de l'animal, se détache l'éclatant bariolage de la robe de la conductrice. Signé: _Taïto Hokousaï, changé de nom_. H. 85.--L. 31. Collection Gillot.
Un vieux marchand d'écumoires en bambou pour la poudre de thé, appelées en japonais _tchasén_, accroupi à terre, au milieu de l'étalage des objets de sa vente. Un barbouillage d'encre de Chine, rehaussé de blanc, avec un ton de chair sur la figure et les mains; et où les petits yeux écarquillés, le nez en point d'interrogation, la bouche égueulée du marchand, montrent, sous quatre coups de pinceau, toute la narquoiserie d'une physionomie japonaise. Signé: _Katsoushika Mousén hôshi, ou le prêtre sans le sou de Katsoushika, à 65 ans_ (1824). H. 65.--L. 35. Collection Gillot.
Sur un mortier du riz, un coq qui n'est pas l'éternel coq de profil d'Hokousaï, mais un coq de trois quarts, piété de côté dans une attitude batailleuse; un coq au rouge vineux de sa crête s'enlevant sur le noir de sa queue et de son poitrail: le coq le plus artistique des coqs du maître, et dont la pochade prend, à distance, le trompe-l'oeil de l'aquarelle la plus achevée. Signé: _Taïto, autrefois Hokousaï_. H. 80.--L. 29. Collection Gillot.
Un sanglier détalant dans la neige. Une merveille que ce déboulement galopant, où sont si bien dessinées les délicates pattes en mouvement, du lourd animal. Signé: _Manji, vieillard de 88 ans_ (1847). H. 32.--L. 32. Collection Gillot.
Le prêtre Saïguio, poète voyageur, regardant, sur un pont, une grue volante dans le haut du ciel. L'homme, la main appuyée sur un bâton, est penché à droite, la tête cachée par son chapeau. Un dessin aux dessous solides, ressentis, sous des colorations éteintes, où se voient une besace au vert joliment passé, une robe jaunâtre aux cassants des plis relevés de filées de gouache. Un des beaux kakémonos que j'aie vus et qui, exécuté dans les dernières années de sa vie, a le doux enveloppement du beau temps de son talent. Signé: _Manji, vieux de 85 ans_. H. 95.--L. 28. Collection Gillot.
Deux canards mandarins à l'aquarelle: l'un, la tête levée, l'autre fouillant la vase. Signé: _Manji_. H. 97.--L. 27. Collection Vever.
_Sékizoro_. Trois danseurs du Jour de l'An, tenant dans chacune de leurs mains un bâton. Un dessin à l'habile groupement, et où un danseur de face se voit entre deux danseurs de dos, comme dans une ascension pyramidale. Signé de la signature de ses derniers temps. H. 125.--L. 52. Collection Vever.
La poétesse Ono Komati, avec ses deux mouches au front des femmes de la noblesse et sa belle chevelure noire dépassant par derrière la traîne de sa robe, d'une main tenant un grand éventail qui lui masque la gorge et le bas du visage. Elle est vêtue d'une robe de dessous rouge, sur laquelle est jetée une robe de dessus à fleurettes. Non signé. H. 132.--L. 55. Collection Vever.
Le prêtre Kisén. Il est vu de dos, avec sa calvitie au milieu de la couronne de ses cheveux, et un bout de profil perdu qui ressemble à un profil de gorille. Appuyé sur un bâton, il est habillé d'une robe noire, sur laquelle est jetée comme une couverture à larges bandes, couleur de rouille. Non signé. H. 132.--L. 55. Collection Vever.
Ces deux kakémonos de Komati et du prêtre Kisén faisaient partie de la collection des six Poètes, dont quatre sont encore dans la collection de M. Hayashi.
Une chute de cascade, dans laquelle remontent deux carpes, avec des parties visibles et des parties noyées par la chute d'eau, dont le rejaillissement de l'écume est fait, à s'y tromper, au moyen de gouttelettes éclatées de gouache. Signé: _Gwakiôjin_. H. 109.--L. 48. Collection Vever.
Un piège à oiseau. Un baquet appuyé sur un bout de bambou que le moindre contact doit faire chuter et sous lequel il y a du grain. Vers le baquet descend une volée de moineaux dont l'un, sur le bord du baquet, est prêt à s'y glisser. Facture large. Signé: _Gwakiôjin_. H. 125.--L. 52. Collection Vever.
Sur la nuit noire d'un ciel dans lequel un éclair fait une éclaircie, le terrible Yorimasa, le général de Minamoto, contorsionné dans un mouvement de force qui dessine toute son anatomie herculéenne, tend un gigantesque arc dont la flèche va tuer le Nouyé, animal fantastique à la tête d'un tigre, au corps d'un taureau, à la queue d'un serpent. Signé du cachet: _Svastica_[30]. H. 100.--L.42. Collection Vever.
[Note 30: Svastica, un mot qui viendrait du sanscrit, et dont le signe est la représentation, en forme de tourniquet, du croisement de deux morceaux de bois, l'un sur l'autre, par allusion au feu des temps primitifs. Ce signe exprimerait le nombre dix mille, ou plutôt un nombre indéfini, que les Japonais prononcent _man_ ou _manji_--et ce signe, Hokousaï l'a adopté un temps pour sa signature.]
Au-dessus de feuilles de _momiji_, une théière suspendue au bout d'une longue attache de fer passant sur une inscription contenue dans la figuration d'une sorte de tablette appelée, au Japon, papier à poésie (_tansakou_).