Part 56
La faute de vouloir dominer, asservir, transformer le monde en quelques années, une fois commise, Napoléon y avait ajouté toutes les fautes découlant de la première; il y avait ajouté le goût de tout faire à la fois en Espagne, comme il voulait tout faire à la fois en Europe, puis, ce qui suit ordinairement les entreprises exorbitantes, le besoin de se faire illusion, de se tromper lui-même pour s'excuser ou s'étourdir, puis après les illusions, les ordres vagues, sans accord avec les faits, puis enfin des négligences, presque des distractions, trahissant le génie épuisé de fatigue, qui succombe sous les efforts d'une ambition déréglée. Ainsi après la faute de vouloir asservir une nation comme la nation espagnole, que cependant on aurait pu dompter si on y avait employé le temps et les forces nécessaires, après cette faute il aurait fallu au moins que l'exécution ne ressemblât pas à la conception, et qu'on ne voulût pas soumettre tout à la fois, le Nord et le Midi, Valence, l'Andalousie et le Portugal! En 1810, avec les forces dont la paix de Vienne permettait de disposer, il aurait fallu d'abord courir aux Anglais, tourner contre eux toutes les armées de la Péninsule, et les poursuivre en Portugal jusqu'à ce qu'on les eût précipités à la mer. Mais l'espoir d'enlever l'Andalousie, tandis qu'on allait envahir le Portugal, et de conquérir ainsi tout le midi d'un seul coup, fut cause qu'on dispersa de Grenade à Badajoz 80 mille hommes, les meilleurs que la France possédât, et que l'armée de Portugal, privée des secours sur lesquels elle avait compté, ne put accomplir sa tâche. Bientôt à cette dispersion de ressources se joignirent les illusions, car le premier besoin qu'on éprouve après les fautes, c'est de ne pas se les avouer, et aux illusions s'ajouta inévitablement le défaut d'à-propos dans des ordres donnés de trop loin et en dehors de la réalité des choses. Certes avec sa profonde expérience, avec son pénétrant génie, Napoléon savait bien l'effroyable déchet que subissent les armées par suite des marches, des fatigues, des combats, des chaleurs de l'été, des froids de l'hiver, il le savait parce qu'il en avait été témoin sous des climats moins dévorants cependant que ceux de l'Espagne, et néanmoins il ne voulait pas admettre que les 80 mille hommes du maréchal Soult fussent réduits à 36 mille; il ne voulait pas admettre qu'au lieu de 70 mille hommes, Masséna n'en eût que 50 mille d'abord, puis 45, puis 30. Il le croyait quelquefois, puis cessait de le croire, et soit par besoin de se tromper, soit pour s'autoriser à exiger davantage de ses lieutenants, il prenait pour base de ses plans des nombres qu'il savait ou qu'il soupçonnait être faux d'un quart ou d'un tiers, et il n'en ordonnait pas moins comme si les moyens qu'il supposait avaient véritablement existé! Et encore s'il eût ordonné avec son énergie ordinaire, peut-être l'exigence même injuste de ses ordres eût quelquefois vaincu certains obstacles, ceux par exemple qui venaient de la mauvaise volonté, de la faiblesse ou de l'extrême prudence. Ainsi, s'il avait prescrit formellement au général Drouet de marcher avec ses deux divisions au secours de l'armée de Portugal, s'il avait prescrit au maréchal Soult de tout sacrifier, même l'Andalousie, pour secourir cette armée sur laquelle reposait le destin de l'Espagne et de l'Europe, peut-être le grand but de la guerre, celui d'expulser les Anglais de la Péninsule, eût été atteint. Mais avec les doutes qu'il avait conservés sur la réalité des forces qu'il attribuait à ses généraux, à la distance où il était d'eux, Napoléon n'osait pas donner des ordres absolus, sachant que peut-être il commanderait des désastres en ordonnant de loin ce qui sur les lieux serait reconnu impossible. Il recommandait alors à Drouet de secourir Masséna, mais sans perdre ses communications; il recommandait au maréchal Soult de secourir Masséna, mais sans le lui imposer sous peine de désobéissance, sans l'autoriser surtout aux sacrifices qui auraient rendu ce secours possible, et alors il laissait à la mauvaise volonté ou à la timidité le moyen d'éluder des ordres trop peu formels, donnés à travers le vague des distances et du temps écoulé; car ces ordres, quand ils arrivaient à cinq cents lieues, et à deux mois de leur date, portaient le plus souvent avec eux la dispense de leur exécution. C'est ainsi que ce génie si net, si précis, si vaste, se complaisait lui-même dans des incertitudes qui lui étaient pourtant antipathiques, qui ruinaient ses affaires, et dont il sortait par des emportements contre ses généraux, que bien des fois au fond de son âme il savait fort innocents de ce qu'il leur reprochait.
Maintenant, qu'aux fautes du maître se joignissent souvent les fautes des lieutenants, qui peut s'en étonner, qui aurait le droit de s'en plaindre? Ainsi Masséna manqua de suite, de tenue dans le commandement, commit une faute à Busaco qu'il aurait pu tourner, une faute sur le Tage qu'il aurait pu franchir; ainsi encore il n'aperçut pas assez tôt à Fuentès d'Oñoro le vrai point d'attaque; ainsi le maréchal Ney fit manquer l'établissement sur le Mondego, après avoir contribué à faire abandonner celui de Santarem; ainsi Drouet fut méticuleux et plus nuisible qu'utile; ainsi le maréchal Soult ne sut pas dégarnir Grenade au profit de l'Estrémadure, et fut compagnon d'armes peu dévoué en ne voulant pas braver un péril pour aller au secours du maréchal Masséna: mais quel miracle que des hommes même distingués, même bons citoyens, même courageux, fussent quelquefois ou insouciants, ou inattentifs, ou désunis, ou jaloux! Napoléon, dans son âme si grande, n'avait-il pas vu se produire ces choses, la jalousie, la rancune, la colère, l'ébranlement, l'erreur! et comment pouvait-il trouver étonnant que toutes ces misères du coeur et de l'esprit se rencontrassent chez d'autres? Bien aveugle, bien imprévoyant, bien sévère, est celui qui ne sait pas deviner ces faiblesses, et baser même sa conduite sur leur certitude. Une politique est jugée lorsqu'elle ne peut supporter les fautes de ses agents sans périr.
Si donc la grande question européenne, qu'il était souverainement imprudent d'avoir transportée en Espagne, mais qu'il était possible d'y résoudre, ne fut pas résolue en 1810 et 1811, malgré d'immenses moyens, il faut en accuser non pas le génie, mais la politique de Napoléon, qui engendra les fautes militaires de ses agents et les siennes. Après avoir manqué cette solution en Espagne, il voulut la chercher au Nord (ce qui sera le sujet de nos récits dans les volumes suivants), et on verra quelle solution Napoléon y trouva. Mais comme à toutes ses fautes le génie ajoute souvent celle de ne pas vouloir les reconnaître, et de les rejeter sur autrui, Napoléon s'en prit à Masséna, et le rappela, en frappant d'une sorte de disgrâce ce vieux compagnon d'armes, qui lui avait rendu tant de services, qui devait lui faire faute un jour, et qui dans cette campagne, quoique malheureuse, avait déployé de rares qualités de caractère et d'esprit, et n'avait succombé que devant la force des choses, soulevée contre l'entreprise dont il s'était fait l'instrument trop passif.
[En marge: Injuste disgrâce de Masséna.]
Le vieux guerrier rentra en France l'âme navrée, sentant sa gloire obscurcie, et voyant les lâches flatteurs de sa prospérité s'éloigner de lui, pour aller répéter partout qu'il était usé, privé d'énergie, incapable désormais de commander. Napoléon, juge infaillible quand il voulait être juste, au lieu de le frapper, aurait dû le regarder avec attendrissement, et dans sa destinée lire la sienne, car Masséna était la première victime de la fortune, et il devait, lui, être la seconde, avec cette différence que Masséna n'avait pas mérité son sort, et que Napoléon allait bientôt mériter le sien. En effet, ces desseins gigantesques qui devaient attirer sur leur auteur une si terrible punition de la fortune, Masséna n'en était que l'instrument, et l'instrument improbateur, Napoléon, au contraire, en était l'auteur véritable, qui, sans les approuver tout à fait, s'y laissait entraîner par une complaisance fatale pour ses propres passions. Cependant ajoutons que Masséna aussi avait mérité une partie de ce châtiment, non pour quelques fautes légères, mais pour avoir consenti à exécuter ce que son bon sens lui faisait désapprouver. Mais tel est l'ordinaire inconvénient du pouvoir illimité et non contredit: par l'habitude de la soumission il supprime jusqu'à la pensée de la résistance, même chez les esprits les plus éclairés et les plus fermes.
FIN DU LIVRE QUARANTIÈME
ET DU DOUZIÈME VOLUME.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES
DANS LE TOME DOUZIÈME.
AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR. I à XXXIX
LIVRE TRENTE-HUITIÈME.
BLOCUS CONTINENTAL.
Situation de l'Empire après le mariage qui unit les cours de France et d'Autriche. -- Napoléon veut profiter de la paix pour apaiser les esprits en Europe, et pour terminer en même temps la guerre avec l'Espagne et avec l'Angleterre. -- Il se hâte de distribuer à ses alliés les territoires qui lui restent entre le Rhin et la Vistule, afin d'évacuer prochainement l'Allemagne. -- Répartition des armées françaises en Illyrie, en Italie, en Westphalie, en Hollande, en Normandie, en Bretagne, dans le triple intérêt du blocus continental, de la guerre d'Espagne, et de l'économie. -- Difficultés financières. -- Napoléon veut faire supporter à l'Espagne une partie des dépenses dont elle est l'occasion. -- Le projet de Napoléon est de forcer les Anglais à la paix par un grand revers dans la Péninsule et par le blocus continental. -- État de la question maritime, et rôle difficile des Américains entre l'Angleterre et la France. -- Loi américaine de l'_embargo_, et arrestation de tous les navigateurs de l'Union dans les ports de l'Empire. -- Mesures de Napoléon pour fermer à l'Angleterre les rivages du continent. -- Ses exigences à l'égard de la Hollande, des villes anséatiques, du Danemark, de la Suède, de la Russie. -- Résistance de la Hollande. -- Tout en se livrant à ces divers travaux, Napoléon s'occupe de mettre fin aux querelles religieuses. -- Faute de quelques cardinaux à l'occasion de son mariage, et rigueurs qui en sont la suite. -- Situation du clergé et du Pape. -- Efforts pour créer une administration provisoire des églises, et résistance du clergé à cette administration. -- Caractère et conduite du cardinal Fesch, du cardinal Maury, et de MM. Duvoisin et Émery. -- Établissement que Napoléon destine à la papauté au sein du nouvel empire d'Occident. -- Envoi de deux cardinaux à Savone pour négocier avec Pie VII, et, en cas de trop grandes difficultés, projet d'un concile. -- Suite des affaires avec la Hollande. -- Napoléon veut que la Hollande ferme tout accès au commerce britannique, et qu'elle lui prête plus efficacement le secours de ses forces navales. -- Le roi Louis se refuse à tous les moyens qui pourraient assurer ce double résultat. -- Ce prince songe un moment à se mettre en révolte contre son frère, et à se jeter dans les bras des Anglais. -- Mieux conseillé, il y renonce, et se rend à Paris pour négocier. -- Vaines tentatives d'accommodement. -- Napoléon n'espérant plus rien ni de la Hollande ni de son frère, est disposé à la réunir à l'Empire, et s'en explique franchement. -- Cependant arrêté par le chagrin de son frère, il imagine un plan de négociation secrète avec le cabinet britannique, consistant à proposer à ce dernier de respecter l'indépendance de la Hollande s'il consent à traiter de la paix. -- M. Fouché intervient dans ces diverses affaires, et indique M. de Labouchère comme l'intermédiaire le plus propre à remplir une mission à Londres. -- Voyage de M. de Labouchère en Angleterre. -- Le cabinet britannique ne veut point agiter l'opinion publique par l'ouverture d'une négociation qui ne serait pas sérieuse, et renvoie M. de Labouchère avec la déclaration formelle que toute proposition équivoque restera sans réponse. -- La négociation, à demi abandonnée, est reprise secrètement par M. Fouché sans la participation de Napoléon. -- Le roi Louis se soumet aux volontés de son frère, et signe un traité en vertu duquel la Hollande cède à la France le Brabant septentrional jusqu'au Wahal, consent à laisser occuper ses côtes par nos troupes, abandonne le jugement des prises à l'autorité française, et s'engage à réunir une flotte au Texel pour le 1er juillet. -- Retour du roi Louis en Hollande. -- Voyage de Napoléon avec l'Impératrice en Flandre, en Picardie et en Normandie. -- Grands travaux d'Anvers. -- Napoléon découvre en route que la négociation avec l'Angleterre a été reprise en secret et à son insu par M. Fouché. -- Disgrâce et destitution de ce ministre. -- Conduite du roi Louis après son retour en Hollande. -- Au lieu de chercher à calmer les Hollandais, il les excite par l'expression publique des sentiments les plus exagérés. -- Son opposition patente à la livraison des cargaisons américaines, à l'établissement des douanes françaises, à l'occupation de la Nort-Hollande, et à la formation d'une flotte au Texel. -- Fâcheux incident d'une insulte faite à l'ambassade française par le peuple d'Amsterdam. -- Napoléon, irrité, ordonne au maréchal Oudinot d'entrer à Amsterdam enseignes déployées. -- Le roi Louis, après avoir fait de vains efforts pour empêcher l'entrée des troupes françaises dans sa capitale, abdique la couronne en faveur de son fils, et place ce jeune prince sous la régence de la reine Hortense. -- À cette nouvelle Napoléon décrète la réunion de la Hollande à l'Empire, et convertit ce royaume en sept départements français. -- Ses efforts pour rétablir les finances et la marine de ce pays. -- Vaste développement du système continental à la suite de la réunion de la Hollande. -- Nouveau régime imaginé pour la circulation des denrées coloniales, et permission de les faire circuler accordée à tous les détenteurs moyennant un droit de 50 pour 100. -- Perquisitions ordonnées pour les soumettre à ce droit. -- Invitation aux États du continent d'adhérer au nouveau système. -- Tous y adhèrent, excepté la Russie. -- Immenses saisies en Espagne, en Italie, en Suisse, en Allemagne. -- Terreur inspirée à tous les correspondants de l'Angleterre. -- Rétablissement des relations avec l'Amérique à condition que celle-ci interrompra ses relations avec l'Angleterre. -- Situation du commerce général à cette époque. -- Efficacité et péril des mesures conçues par Napoléon. 1 à 199
LIVRE TRENTE-NEUVIÈME.
TORRÈS-VÉDRAS.
Vicissitudes de la guerre d'Espagne pendant la fin de l'année 1809. -- Retraite des Anglais après la bataille de Talavera et leur longue inaction en Estrémadure. -- Déconsidération de la junte centrale et réunion des cortès espagnoles résolue pour le commencement de 1810. -- Événements dans la Catalogne et l'Aragon. -- Habiles manoeuvres du général Saint-Cyr en Catalogne pour couvrir le siége de Girone. -- Longue et héroïque défense de cette place par les Espagnols. -- Disgrâce du général Saint-Cyr et son remplacement par le maréchal Augereau. -- Conduite du général Suchet en Aragon depuis la prise de Saragosse. -- Combats d'Alcanitz, de Maria, de Belchite. -- Occupation définitive de l'Aragon et habile administration du général Suchet dans cette province. -- Développement inquiétant des bandes de guérillas dans toute l'Espagne, et particulièrement dans le nord. -- Au lieu de s'en tenir à ce genre de guerre, les Espagnols veulent recommencer les grandes opérations, malgré le conseil des Anglais, et s'avancent sur Madrid. -- Bataille d'Ocaña livrée le 19 novembre, et dispersion de la dernière armée espagnole. -- Épouvante et désordre à Séville. -- Projet de la junte de se retirer à Cadix. -- Commencements de l'année 1810. -- Plans des Français pour cette campagne. -- Emploi des nombreux renforts envoyés par Napoléon. -- Situation de Joseph à Madrid. -- Sa cour. -- Son système politique et militaire opposé à celui de Napoléon. -- Joseph veut profiter de la victoire d'Ocaña pour envahir l'Andalousie, dans l'espérance de trouver de grandes ressources dans cette province. -- Malgré sa détermination de réunir toutes ses forces contre les Anglais, Napoléon consent à l'expédition d'Andalousie, dans la pensée de reporter ensuite ses troupes de l'Andalousie vers le Portugal. -- Marche de Joseph sur la Sierra-Morena. -- Entrée à Baylen, Cordoue, Séville, Grenade et Malaga. -- La faute de ne s'être pas porté tout de suite sur Cadix permet à la junte et aux troupes espagnoles de s'y retirer. -- Commencement du siége de Cadix. -- Le 1er corps est destiné à ce siége; le 5e corps est envoyé en Estrémadure, le 4e à Grenade. -- Fâcheuse dissémination des troupes françaises. -- Pendant l'expédition d'Andalousie, Napoléon convertit les provinces de l'Èbre en gouvernements militaires, avec l'arrière-pensée de les réunir à l'Empire. -- Désespoir de Joseph, et envoi à Paris de deux de ses ministres pour réclamer contre la réunion projetée. -- Après de longs retards, on commence enfin les opérations de la campagne de 1810. -- Tandis que le général Suchet assiége les places de l'Aragon, et que le maréchal Soult assiége Cadix et Badajoz, le maréchal Masséna doit prendre Ciudad-Rodrigo et Alméida, et marcher ensuite sur Lisbonne à la tête de 80 mille hommes. -- Siége de Lerida. -- Le maréchal Masséna, ayant accepté malgré lui le commandement de l'armée de Portugal, arrive de sa personne à Salamanque en mai 1810. -- Triste état dans lequel il trouve les troupes destinées à agir en Portugal. -- Mauvais esprit de ses lieutenants. -- L'armée, qui devait être de 80 mille hommes, se réduit tout au plus à 50 mille au moment de l'entrée en campagne. -- Efforts du maréchal Masséna pour suppléer à tout ce qui lui manque. -- Siége et prise de Ciudad-Rodrigo et d'Alméida en juillet 1810. -- Après la conquête de ces deux forteresses, le maréchal Masséna se prépare à envahir le Portugal par la vallée du Mondego. -- Difficultés qu'il rencontre pour se procurer des vivres, des munitions, des moyens de transport. -- Passage de la frontière le 15 septembre. -- Sir Arthur Wellesley devenu lord Wellington. -- Ses vues politiques et militaires sur la Péninsule. -- Choix d'une position inexpugnable en avant de Lisbonne, pour résister à toutes les forces que Napoléon peut envoyer en Espagne. -- Lord Wellington se prépare à s'y retirer en détruisant toutes les ressources du pays sur les pas des Français. -- Retraite de l'armée anglaise sur Coimbre. -- Le maréchal Masséna poursuit les Anglais dans la vallée du Mondego. -- Difficultés de sa marche. -- Les Anglais s'arrêtent sur la Sierra d'Alcoba. -- Bataille de Busaco livrée le 26 septembre. -- Les Français n'ayant pu forcer la position de Busaco parviennent à la tourner. -- Retraite précipitée des Anglais sur Lisbonne. -- Poursuite énergique de la part des Français. -- Les Anglais entrent dans les lignes de Torrès-Védras les 9 et 10 octobre. -- Description de ces lignes fameuses. -- Le maréchal Masséna après en avoir fait une exacte reconnaissance désespère de les forcer. -- Il se décide à les bloquer jusqu'à l'arrivée de nouveaux renforts. -- En attendant il prend une solide position sur le Tage, entre Santarem et Abrantès, et s'applique à construire un équipage de pont afin de manoeuvrer sur les deux rives du fleuve, et de vivre aux dépens de la riche province d'Alentejo. -- Envoi du général Foy à Paris pour faire connaître à Napoléon les événements de la campagne, et pour solliciter à la fois des instructions et des secours. -- État de l'armée anglaise dans les lignes de Torrès-Védras. -- Démêlés de lord Wellington avec le gouvernement portugais; ses difficultés avec le cabinet britannique. -- État des esprits en Angleterre. -- Inquiétudes conçues sur le sort de l'armée anglaise, et tendance à la paix, surtout depuis les souffrances du blocus continental. -- Avénement du prince de Galles à la régence. -- Disposition de ce prince à l'égard des partis qui divisent le parlement. -- Le plus léger incident peut faire pencher la balance en faveur de l'opposition, et amener la paix. -- Voyage du général Foy à travers la Péninsule. -- Son arrivée à Paris, et sa présentation à l'Empereur. 200 à 430
LIVRE QUARANTIÈME.
FUENTÈS D'OÑORO.