Part 4
»Je suis instruit que des familles d'émigrés soustraient leurs enfants à la conscription, et les retiennent dans une fâcheuse et coupable oisiveté. Il est de fait que les familles anciennes et riches qui ne _sont pas dans le système_ sont évidemment contre. Je désire que vous fassiez dresser une liste de dix de ces principales familles par département, et de cinquante pour Paris, en faisant connaître l'âge, la fortune, et la qualité de chaque membre. Mon intention est de prendre un décret pour envoyer à l'école militaire de Saint-Cyr les jeunes gens appartenant à ces familles, âgés de plus de seize ans et de moins de dix-huit. Si l'on fait quelque objection, il n'y a pas d'autre réponse à faire sinon que cela est mon bon plaisir. La génération future ne doit point souffrir des haines et des petites passions de la génération présente. Si vous demandez aux préfets des renseignements, faites-le dans ce sens.»]
[Note en marge: Premiers mouvements de troupes.]
Sans vouloir commettre encore aucun acte d'hostilité, car jusqu'ici l'Autriche ne s'en était point permis, il crut cependant utile de rapprocher ses troupes du théâtre supposé de la guerre, ce qui devait avoir le double avantage de les conduire sans fatigue vers les points de concentration, et de donner à l'Autriche un avertissement significatif, qui peut-être la ferait rentrer en elle-même, et lui inspirerait de sages réflexions. En conséquence il ordonna à la division Dupas de quitter les bords de la mer Baltique, pour se rapprocher de Magdebourg. Il fit remplacer par les troupes saxo-polonaises tout ce qu'il avait encore de détachements français à Dantzig, Stettin, Custrin, Glogau. Il prescrivit au maréchal Davout de s'acheminer de la Saxe vers la Franconie, de fixer son quartier général à Wurzbourg, et de diriger sur Bayreuth l'une de ses divisions. Il enjoignit au général Oudinot de se transporter, avec le consentement du roi de Bavière, de Hanau à Augsbourg, aux divisions Carra Saint-Cyr et Legrand de se rendre des environs de Paris aux environs de Metz, aux divisions Boudet et Molitor de s'avancer de Lyon sur Strasbourg. Ces trois points de rassemblement, Wurzbourg, Augsbourg, Strasbourg, devaient être pour l'Autriche d'une haute signification. Il recommanda au prince Eugène, non de faire camper ses troupes, ce que la saison ne comportait pas encore, mais de réunir successivement vers le Frioul ses quatre premières divisions, son matériel d'artillerie, sa cavalerie, de manière à pouvoir présenter en vingt-quatre heures une cinquantaine de mille hommes en bataille. Il renouvela l'ordre à Murat de reporter ses forces vers Rome, afin de rendre disponible la division Miollis. Il décida l'armement de toutes les places d'Italie, et l'achèvement des travaux les plus urgents à Osopo, Palma-Nova, Venise, Mantoue, Alexandrie. Enfin il envoya au général Marmont, qui commandait en Dalmatie, l'ordre de concentrer son armée sur Zara, en ne laissant aux bouches du Cattaro et dans quelques postes intéressants que les garnisons indispensables; de construire à Zara un camp retranché qui serait approvisionné pour un an, de s'y préparer ainsi ou à tenir tête pendant plusieurs mois à des forces considérables, ou à marcher en avant pour se joindre à l'armée d'Italie.
[Note en marge: Ordre au général Andréossy de quitter Vienne.]
À ces manifestations militaires qui ne constituaient pas encore des actes offensifs, Napoléon ajouta une manifestation diplomatique: il ordonna au général Andréossy, ambassadeur à Vienne, de quitter cette capitale, non point en demandant ses passe-ports, ce qui eût ressemblé à une déclaration de guerre, mais en alléguant un congé anciennement sollicité, et récemment obtenu. Napoléon trouvait dans ce rappel dissimulé, outre l'avantage de témoigner son mécontentement, celui de supprimer une cause d'irritation entre les deux cabinets, car le général Andréossy éprouvait pour la cour de Vienne une haine que cette cour lui rendait. Il avait ordre de parcourir en revenant tous les cantonnements autrichiens, pour être à même de donner à son retour des renseignements précis sur les moyens militaires de l'ennemi. Ces dispositions si actives, si prévoyantes, prouvent du reste que Napoléon mettait à prévenir la guerre autant de soin qu'à la préparer. Malheureusement sa politique ambitieuse lui avait fait de la guerre une nécessité fatale, quand ses goûts ne lui en faisaient plus un plaisir.
[Note en marge: Moyens financiers créés par Napoléon pour suffire à la dépense de ses préparatifs militaires.]
À ces vastes préparatifs, il fallait adapter les moyens financiers. On a déjà présenté l'affligeante remarque que la guerre d'Espagne, en diminuant désastreusement les forces militaires de la France par leur dispersion, diminuait à un degré égal ses ressources financières, par la multiplication excessive des causes de dépense. Bien que la double création de la caisse de service et du trésor de l'armée mît Napoléon à l'abri de toute gêne actuelle, les ressources commençaient pourtant à être moins abondantes, et il était facile d'en prévoir le terme, comme celui de la puissance de la France, si on ne s'arrêtait bientôt dans cette carrière d'entreprises exorbitantes.
[Note en marge: État des budgets.]
Les budgets maintenus rigoureusement dans les bornes assignées, ce qui était facile, puisque les seuls excédants possibles provenant de l'état de guerre étaient couverts par des prélèvements sur le trésor de l'armée, tendaient à se liquider sans déficit. Les exercices antérieurs à 1806, soldés au moyen des bons de la caisse d'amortissement (lesquels n'étaient, comme on s'en souvient, qu'une lente aliénation de biens nationaux), marchaient vers leur apurement définitif. Ceux de 1806 et 1807, fixés à 730 millions pour les dépenses générales, à 40 pour les dépenses départementales, ce qui formait avec les 120 des frais de perception, un total de 890 ou 900 millions, n'inspiraient aucune inquiétude pour leur liquidation, surtout les armées au delà du Rhin continuant à être payées sur les contributions de la Prusse. Il n'en était pas de même pour l'exercice 1808. Il avait été fixé comme les autres à 730 millions de dépenses générales, 40 de dépenses spéciales, l'armée du Rhin étant toujours payée jusqu'au 31 décembre par les contributions de guerre. Mais si l'équilibre entre les besoins et les ressources n'était pas rompu par l'élévation de la dépense, il allait l'être par un mouvement rétrograde dans les recettes, jusqu'alors inconnu sous le règne de Napoléon. Ce mouvement ne se faisait remarquer ni dans les contributions indirectes, ni dans l'enregistrement, ce qui aurait accusé une diminution de prospérité intérieure, mais dans les douanes, et les aliénations de domaines nationaux. L'importation des denrées exotiques avait été singulièrement réduite par les décrets de Milan, et on était fondé à craindre une diminution de 25 millions dans cette branche des revenus publics. Les à-compte dus et non acquittés par les acquéreurs de domaines nationaux, les ventes de ces domaines sensiblement ralenties, avaient encore privé le Trésor d'une quinzaine de millions. Un excédant espéré et non obtenu sur le budget de 1807, lequel cependant avait été porté en recette pour 3 à 4 millions en 1808, une insuffisance de quelques millions sur les postes, sur les poudres et salpêtres, sur les recettes extérieures d'Italie, élevaient le déficit total à 47 ou 48 millions pour l'année 1808, qui venait de se terminer.
[Note en marge: Déficit de 90 millions sur 1808.]
Ce n'était là qu'une partie de la difficulté. Les exercices antérieurs de 1807, 1806, 1805, pouvaient être considérés comme en équilibre à la condition de compter comme valeurs effectives des valeurs bonnes sans doute, mais d'une réalisation éloignée, telles, par exemple, que le débet des négociants réunis qui était encore de 18 ou 19 millions, l'emprunt pour l'Espagne, qu'on avait supposé de 25 millions, et qui n'avait pas été poussé au delà de 7 ou 8, les encaisses à Bayonne qui n'avaient dû être que provisoires et qui devenaient permanents comme la guerre au delà des Pyrénées, enfin les avances pour les troupes russes et napolitaines, qui montaient de 2 à 3 millions et n'avaient pas été remboursées. L'ensemble de ces sommes faisait un total de rentrées arriérées d'une quarantaine de millions, et constituait avec les 47 à 48 millions d'insuffisance de recettes sur 1808, un déficit général d'environ 90 millions. Nous devons ajouter que pour mettre les corps en état d'exécuter leurs préparatifs de guerre, il avait fallu leur payer plus tôt que de coutume les sommes restant dues sur 1808, d'où il résultait que cet exercice était à la fois en arrière sur les recettes, et en avance sur les dépenses, ce qui doublait la difficulté du moment.
[Note en marge: Ressources qu'offre la caisse de service.]
L'embarras du reste n'avait rien de sérieux pour le présent, car la caisse de service et la caisse de l'armée étaient parfaitement capables d'y suffire. On se souvient sans doute de la création de la caisse de service imaginée par M. Mollien, et du principe de cette création. Au lieu de charger ou la Banque, ou une compagnie de financiers, d'escompter les obligations des receveurs généraux, le Trésor avait institué une caisse, dans laquelle les receveurs généraux étaient obligés de verser leurs fonds dès qu'ils les recevaient, alors même que d'après les règlements ils ne les devaient pas encore[5]. On leur en payait l'intérêt jusqu'au jour où l'impôt que représentaient ces fonds était dû, et on les remboursait avec leurs obligations échues. Cette opération avait dispensé d'escompter les obligations. Toutefois comme il y en avait tous les ans pour plus de 125 millions, qui n'étaient payables que dans les quatre ou cinq premiers mois de l'année suivante, on n'aurait pas pu éviter d'en escompter une partie, si Napoléon n'avait prêté au Trésor, au nom du trésor de l'armée, 84 millions qui s'y trouvaient déposés. De la sorte, la caisse avec les avances qu'elle obtenait des receveurs généraux, avec les 84 millions qu'on lui avait prêtés, avait pu s'abstenir d'escompter les 125 millions d'obligations échéant l'année suivante, et celles-ci conservées en portefeuille avaient cessé de figurer sur la place. Les capitalistes n'ayant plus la ressource de ces obligations pour employer leurs capitaux, venaient prendre les billets de la caisse de service, qui remplaçaient ainsi les obligations, à beaucoup meilleur marché pour le Trésor, avec plus d'ordre, avec l'avantage surtout d'avoir amené les comptables à verser les fonds de l'impôt à l'instant même où ils les recevaient. Cette caisse était parvenue à se procurer par là des ressources considérables, et n'était pas embarrassée de faire face à une insuffisance actuelle d'une cinquantaine, et même d'une centaine de millions. S'il y avait, par exemple, pour 40 millions de valeurs d'une rentrée différée sur les budgets antérieurs, la caisse y pouvait suppléer moyennant un intérêt pendant la durée de cette avance. S'il y avait 48 à 50 millions d'insuffisance de recette sur 1808, elle pouvait encore y pourvoir, moyennant que l'on créât bientôt une valeur correspondante. Napoléon n'y manqua pas en effet, et il fit chercher, soit dans les domaines nationaux de France, soit dans les domaines nationaux de Piémont et de Toscane, des biens pour une cinquantaine de millions, dont l'aliénation, confiée à la caisse d'amortissement, et exécutée avec lenteur, devait couvrir la somme pour laquelle les recettes de 1808 restaient en arrière des prévisions. Ainsi la caisse de service fournissait la ressource immédiate, les biens nationaux de France et d'Italie la ressource définitive, pour combler le déficit du budget de 1808.
[Note 5: Ceci pourra paraître obscur aux lecteurs qui ne se rappellent pas ce qui a été dit dans les volumes précédents, ou qui sont étrangers à la connaissance des finances. Ils se demanderont comment les receveurs peuvent avoir à verser des fonds qu'ils ne doivent pas encore. Voici l'explication de cette apparente singularité. Les contributions directes, qui constituent en France la principale branche du revenu public, sont dues par mois, c'est-à-dire par douzièmes. Or certains contribuables payent six mois, un an à l'avance, tandis que d'autres demeurent en retard. Les receveurs de l'État balancent l'arriéré des uns par les avances des autres, et de plus on les intéresse à l'exactitude des rentrées en leur donnant à eux-mêmes, sous le nom de bonifications, deux ou trois mois de délai, ce qui constitue pour eux une jouissance d'intérêts. C'est ce qui explique comment ils pouvaient avoir en caisse des fonds qu'ils ne devaient pas encore. Ce sont ces fonds qu'ils furent obligés de verser à la caisse des services, moyennant l'intérêt jusqu'au jour où ils les devraient.]
[Note en marge: Budget de 1809.]
[Note en marge: Situation du trésor de l'armée.]
Le budget de 1809 fut fixé au même chiffre que ceux de 1808 et 1807, c'est-à-dire à 730 millions de dépenses générales, 40 de dépenses départementales, ce qui faisait 890 avec les frais de perception. Mais, en 1807 et 1808, les troupes au delà du Rhin avaient été payées par le trésor de l'armée. Il fallait qu'il en fut de même en 1809. Nous avons déjà dit que toutes les dépenses de nos armées d'Allemagne étant soldées jusqu'au 31 décembre 1808, il restait environ 300 millions au trésor de l'armée, dont 20 millions provenant de la guerre d'Autriche, 280 de la guerre de Prusse. Depuis, Napoléon avait réduit la contribution de la Prusse de 20 millions, à la demande de l'empereur Alexandre: diverses rectifications avaient relevé d'autres produits, et l'actif total du trésor de l'armée se trouvait fixé définitivement en janvier 1809, à 292 millions, dont 84 prêtés au Trésor et représentés par pareille somme de rentes, 10 millions en excellents immeubles provenant de la liquidation des négociants réunis, 24 en espèces ou en recouvrement, 64 échéant dans l'année 1809, 106 dans les années 1810 et 1811, et 3 ou 4 prêtés à diverses personnes que Napoléon avait désiré secourir. C'étaient donc des valeurs, ou bien placées, ou liquides, ou prochainement recouvrables. Les 24 millions en espèces ou en recouvrement, joints aux 64 millions échéant en 1809, constituaient une ressource immédiate de 88 millions, sur laquelle Napoléon avait déjà fait certaines dispositions. Il avait donné récemment 4 millions en gratifications à certains corps, payé 1 million aux villes qui avaient fêté l'armée, prêté 800,000 francs à la ville de Bordeaux, 2,500,000 aux propriétaires de vignobles de la Gironde, 8 millions à la ville de Paris, 1 million à l'Université. Il avait en outre consacré 1 million à seconder les expéditions maritimes, 10 millions à acquérir le canal du Midi, 12 millions à racheter des rentes pour soutenir les cours, enfin quelques centaines de mille francs à créer des bourses dans les lycées. La plupart de ces emplois constituaient de très-bons placements, qui, tout en rendant service aux établissements sur lesquels on avait placé, ou au crédit du Trésor, permettaient de doter les membres de l'armée que Napoléon voulait récompenser. Néanmoins ils réduisaient à une cinquantaine de millions les ressources de l'année. Il n'en fallait pas davantage, il est vrai, pour les besoins immédiats de la guerre. En continuant à solder sur le trésor de l'armée les troupes qui se trouvaient en Allemagne, il aurait fallu à Napoléon, pour ne pas constituer en déficit le budget de 1809, qui avait bien assez à faire de payer les armées d'Espagne et d'Italie, 77 millions pour l'année, dont 22 à prélever sur les vastes magasins qui nous étaient restés, 55 sur les valeurs en argent. Napoléon se contenta de prendre de quoi entretenir trois mois l'armée du Rhin, ce qui exigeait environ 20 millions. Il se borna donc à tirer immédiatement du trésor de l'armée ces 20 millions, qui, avec les sommes avancées aux divers corps sur le budget ordinaire, devaient les mettre tous à leur aise. Napoléon pensait que dans les premiers mois de 1809 ses troupes seraient sur le territoire ennemi, où elles vivraient grassement et gratuitement, que la victoire rouvrirait la source des contributions de guerre, et dédommagerait amplement le trésor de l'armée des sacrifices qu'il était obligé de lui imposer. Sur les 12 millions de rentes (en capital, bien entendu) récemment achetés, il distribua sur-le-champ 7 millions à ses généraux, voulant leur procurer quelques satisfactions avant de les mener de nouveau à la mort.
Ainsi, comme nous venons de le dire, le budget de 1808 allait trouver dans une aliénation de biens nationaux le dédommagement de la réduction des recettes; le budget de 1809 allait, de même que les budgets précédents, se décharger sur le trésor de l'armée de la dépense des troupes d'Allemagne; et quant aux facilités courantes, en attendant que les valeurs créées fussent réalisées, la caisse de service, qui jouissait du plus grand crédit, la caisse de l'armée, dans laquelle coulait incessamment le produit des contributions de guerre, allaient y pourvoir immédiatement. Mais si la gêne ne se faisait pas encore sentir, le terme des ressources se laissait déjà entrevoir, et il était temps de s'arrêter, si on ne voulait ruiner les finances aussi bien que l'armée. Napoléon en jugeait ainsi lui-même, car, tandis qu'il suspendait l'emprunt consenti envers l'Espagne, et donnait à son frère pour unique ressource le produit des laines prises en Castille, et quelques centaines de mille francs d'argenterie convertie en monnaie, il interrompait les achats de rentes, qui avaient été effectués, depuis août jusqu'à décembre 1808, dans l'intention de soutenir les cours. On en avait acheté 46 millions, dont 10 pour le compte de la Banque, 11 pour celui de la caisse de service, 25 pour celui de la caisse d'amortissement (celle-ci agissant tant pour elle que pour l'armée). Indépendamment de ces sommes, la Banque en avait déjà acquis 16 pour elle-même, ce qui portait à 62 millions les achats de cette année, somme énorme, si on la compare à la masse de rentes inscrites au grand-livre, qui était de 56 millions en 1809, au capital de 900 millions. Il avait fallu cet effort pour soutenir contre l'influence des événements d'Espagne la rente au taux de 80, que Napoléon appelait le taux normal sous son règne, aveu pénible à faire, car après Tilsit et avant Bayonne ce taux était à 94. En janvier 1809, les événements d'Autriche portant un nouveau coup au crédit, et la tendance à la baisse se produisant encore avec force, Napoléon ne voulut pas amoindrir ses ressources disponibles pour arrêter un discrédit qui n'était plus imputable à la guerre d'Espagne, mais à celle d'Autriche. Le mauvais effet, suivant lui, devait retomber sur des puissances parjures, qui vaincues lui promettaient la paix, et à peine remises de leur défaite recommençaient la guerre. Il se trompait, car tout le monde rattachait la guerre d'Autriche à la guerre d'Espagne, et il devenait responsable du discrédit actuel qu'il ne voulait plus combattre, comme de l'ancien qu'il avait su arrêter à force d'argent. Sa meilleure justification au surplus devait se trouver dans la victoire, et il ne négligeait rien en effet pour la rendre certaine, car, ainsi qu'on vient de le voir, les conscrits affluaient dans les dépôts, les nouveaux cadres s'organisaient, les principales armées s'avançaient elles-mêmes vers le Haut-Palatinat, la Bavière et le Frioul, pour obliger l'Autriche à réfléchir, ou pour l'accabler, si des menaces elle passait à l'action.
[Note en marge: Agitation d'esprit à Vienne, et motifs qui portent l'Autriche à la guerre.]
[Note en marge: Exaspération de l'Allemagne contre les Français.]