Part 46
Situation de l'Espagne pendant les événements qui se passaient à Bayonne. -- Esprit des différentes classes de la nation. -- Sourde indignation près d'éclater à chaque instant. -- Publication officielle des abdications arrachées à Ferdinand VII et à Charles IV. -- Effet prodigieux de cette publication. -- Insurrection simultanée dans les Asturies, la Galice, la Vieille-Castille, l'Estrémadure, l'Andalousie, les royaumes de Murcie et de Valence, la Catalogne et l'Aragon. -- Formation de juntes insurrectionnelles, déclaration de guerre à la France, levée en masse, et massacre des capitaines généraux. -- Premières mesures ordonnées par Napoléon pour la répression de l'insurrection. -- Vieux régiments tirés de Paris, des camps de Boulogne et de Bretagne. -- Envoi en Espagne des troupes polonaises. -- Le général Verdier comprime le mouvement de Logroño, le général Lasalle celui de Valladolid, le général Frère celui de Ségovie. -- Le général Lefebvre-Desnoette, à la tête d'une colonne composée principalement de cavalerie, disperse les Aragonais à Tudela, Mallen, Alagon, puis se trouve arrêté tout à coup devant Saragosse. -- Combats du général Duhesme autour de Barcelone. -- Marche du maréchal Moncey sur Valence, et son séjour à Cuenca. -- Mouvement du général Dupont sur l'Andalousie. -- Celui-ci rencontre les insurgés de Cordoue au pont d'Alcolea, les culbute, enfonce les portes de Cordoue, et y pénètre de vive force. -- Sac de Cordoue. -- Massacre des malades et des blessés français sur toutes les routes. -- Le général Dupont s'arrête à Cordoue. -- Dangereuse situation de la flotte de l'amiral Rosily à Cadix, attendant les Français qui n'arrivent pas. -- Attaquée dans la rade de Cadix par les Espagnols, elle est obligée de se rendre après la plus vive résistance. -- Le général Dupont, entouré d'insurgés, fait un mouvement rétrograde pour se rapprocher des renforts qu'il a demandés, et vient prendre position à Andujar. -- Inconvénients de cette position. -- Ignorance absolue où l'on est à Madrid de ce qui se passe dans les divers corps de l'armée française, par suite du massacre de tous les courriers. -- Inquiétudes pour le maréchal Moncey et le général Dupont. -- La division Frère envoyée au secours du maréchal Moncey, la division Vedel au secours du général Dupont. -- Nouveaux renforts expédiés de Bayonne par Napoléon. -- Colonnes de gendarmerie et de gardes nationales disposées sur les frontières. -- Formation de la division Reille pour débloquer le général Duhesme à Barcelone. -- Réunion d'une armée de siége devant Saragosse. -- Composition d'une division de vieilles troupes sous les ordres du général Mouton, pour contenir le nord de la Péninsule et escorter Joseph. -- Marche de Joseph en Espagne. -- Lenteur de cette marche. -- Tristesse qu'il éprouve en voyant tous ses sujets révoltés contre lui. -- Événements militaires dans les pays qu'il traverse. -- Inutile attaque sur Saragosse. -- Réunion des forces insurrectionnelles du nord de l'Espagne sous les généraux Blake et de la Cuesta. -- Mouvement du maréchal Bessières vers eux. -- Bataille de Rio-Seco, et brillante victoire du maréchal Bessières. -- Sous les auspices de cette victoire Joseph se hâte d'entrer dans Madrid. -- Accueil qu'il y reçoit. -- Événements militaires dans le midi de l'Espagne. -- Campagne du maréchal Moncey dans le royaume de Valence. -- Passage du défilé de Las Cabreras. -- Attaque sans succès contre Valence. -- Retraite par la route de Murcie. -- Importance des événements dans l'Andalousie. -- La division Gobert envoyée à la suite de la division Vedel pour secourir le général Dupont. -- Situation de celui-ci à Andujar. -- Difficulté qu'il éprouve à vivre. -- Chaleur étouffante. -- Vedel vient prendre position à Baylen après avoir forcé les défilés de la Sierra-Morena. -- Gobert s'établit à la Caroline. -- Obstination du général Dupont à demeurer à Andujar. -- Les insurgés de Grenade et de l'Andalousie, après avoir opéré leur jonction, se présentent le 15 juillet devant Andujar, et canonnent cette position sans résultat sérieux. -- Vedel, intempestivement accouru de Baylen à Andujar, est renvoyé aussi mal à propos d'Andujar à Baylen. -- Pendant que Baylen est découvert, le général espagnol Reding force le Guadalquivir, et le général Gobert, voulant s'y opposer, est tué. -- Celui-ci remplacé par le général Dufour. -- Sur un faux bruit qui fait croire que les Espagnols se sont portés par un chemin de traverse aux défilés de la Sierra-Morena, les généraux Dufour et Vedel courent à la Caroline, et laissent une seconde fois Baylen découvert. -- Conseil de guerre au camp des insurgés. -- Il est décidé dans ce conseil que les insurgés, ayant trouvé trop de difficulté à Andujar, attaqueront Baylen. -- Baylen, attaqué en conséquence de cette résolution, est occupé sans résistance. -- En apprenant cette nouvelle, le général Dupont y marche. -- Il y trouve les insurgés en masse. -- Malheureuse bataille de Baylen. -- Le général Dupont, ne pouvant forcer le passage pour rejoindre ses lieutenants, est obligé de demander une suspension d'armes. -- Tardif et inutile retour des généraux Dufour et Vedel sur Baylen. -- Conférences qui amènent la désastreuse capitulation de Baylen. -- Violation de cette capitulation aussitôt après sa signature. -- Les Français qui devaient être reconduits en France, avec permission de servir, sont retenus prisonniers. -- Barbares traitements qu'ils essuient. -- Funeste effet de cette nouvelle dans toute l'Espagne. -- Enthousiasme des Espagnols et abattement des Français, -- Joseph, épouvanté, se décide à évacuer Madrid. -- Retraite de l'armée française sur l'Èbre. -- Le général Verdier, entré dans Saragosse de vive force, et maître d'une partie de la ville, est obligé de l'évacuer pour rejoindre l'armée française à Tudela. -- Le général Duhesme, après une inutile tentative sur Girone, est obligé de se renfermer dans Barcelone, sans avoir pu être secouru par le général Reille. -- Contre-coup de ces événements en Portugal. -- Soulèvement général des Portugais. -- Efforts du général Junot pour comprimer l'insurrection. -- Empressement du gouvernement britannique à seconder l'insurrection du Portugal. -- Envoi de plusieurs corps d'armée dans la Péninsule. -- Débarquement de sir Arthur Wellesley à l'embouchure du Mondego. -- Sa marche sur Lisbonne. -- Brillant combat de trois mille Français contre quinze mille Anglais à Roliça. -- Junot court avec des forces insuffisantes à la rencontre des Anglais. -- Bataille malheureuse de Vimeiro. -- Capitulation de Cintra, stipulant l'évacuation du Portugal. -- De toute la Péninsule il ne reste plus aux Français que le terrain compris entre l'Èbre et les Pyrénées. -- Désespoir de Joseph, et son vif désir de retourner à Naples. -- Chagrin de Napoléon, promptement et cruellement puni de ses fautes. 1 à 237
LIVRE TRENTE-DEUXIÈME.
ERFURT.
La capitulation de Baylen parvient à la connaissance de Napoléon pendant qu'il voyage dans les provinces méridionales de l'Empire. -- Explosion de ses sentiments à la nouvelle de ce malheureux événement. -- Ordre de faire arrêter le général Dupont à son retour en France. -- Napoléon tient la parole qu'il avait donnée de visiter la Vendée, et y est accueilli avec enthousiasme. -- Son arrivée à Paris le 14 août. -- Irritation et audace de l'Autriche provoquées par les événements de Bayonne. -- Explication avec M. de Metternich. -- Napoléon veut forcer la cour de Vienne à manifester ses véritables intentions avant de prendre un parti définitif sur la répartition de ses forces. -- Obligé de retirer d'Allemagne une partie de ses vieilles troupes, Napoléon consent à évacuer le territoire de la Prusse. -- Conditions de cette évacuation. -- Nécessité pour Napoléon de s'attacher plus que jamais la cour de Russie. -- Voeu souvent exprimé par l'empereur Alexandre d'avoir une nouvelle entrevue avec Napoléon, afin de s'entendre directement sur les affaires d'Orient. -- Cette entrevue fixée à Erfurt et à la fin de septembre. -- Tout est disposé pour lui donner le plus grand éclat possible. -- En attendant, Napoléon fait ses préparatifs militaires dans toutes les suppositions. -- État des choses en Espagne pendant que Napoléon est à Paris. -- Opérations du roi Joseph. -- Distribution que Napoléon fait de ses forces. -- Troupes françaises et italiennes dirigées du Piémont sur la Catalogne. -- Départ du 1er et du 6e corps de la Prusse pour l'Espagne. -- Marche de toutes les divisions de dragons dans la même direction. -- Efforts pour remplacer à la grande armée les troupes dont elle va se trouver diminuée. -- Nouvelle conscription. -- Dépense de ces armements. -- Moyens employés pour arrêter la dépréciation des fonds publics. -- Effet sur les différentes cours des manifestations diplomatiques de Napoléon. -- L'Autriche intimidée se modère. -- La Prusse accepte avec joie l'évacuation de son territoire, en invoquant toutefois un dernier allégement de ses charges pécuniaires. -- Empressement de l'empereur Alexandre pour se rendre à Erfurt. -- Opposition de sa mère à ce voyage. -- Arrivée des deux empereurs à Erfurt le 27 septembre 1808. -- Extrême courtoisie de leurs relations. -- Affluence de souverains et de grands personnages civils et militaires venus de toutes les capitales. -- Spectacle magnifique donné à l'Europe. -- Idées politiques que Napoléon se propose de faire prévaloir à Erfurt. -- À la chimère du partage de l'empire turc, il veut substituer le don immédiat à la Russie de la Valachie et de la Moldavie. -- Effet de ce nouvel appât sur l'imagination d'Alexandre. -- Celui-ci entre dans les vues de Napoléon, mais en obtenant moins, il veut obtenir plus vite. -- Son ardeur à posséder les provinces du Danube surpassée encore par l'impatience de son vieux ministre, M. de Romanzoff. -- Accord des deux empereurs. -- Satisfaction réciproque et fêtes brillantes. -- Arrivée à Erfurt de M. de Vincent, représentant de l'Autriche. -- Fausse situation qu'Alexandre et Napoléon s'appliquent à lui faire. -- Après s'être entendus, les deux empereurs cherchent à mettre par écrit les résolutions arrêtées verbalement. -- Napoléon, désirant que la paix puisse sortir de l'entrevue d'Erfurt, veut que l'on commence par des ouvertures pacifiques à l'Angleterre. -- Alexandre y consent, moyennant que la prise de possession des provinces du Danube n'en soit point retardée. -- Difficulté de trouver une rédaction qui satisfasse à ce double voeu. -- Convention d'Erfurt signée le 12 octobre. -- Napoléon, pour être agréable à Alexandre, accorde à la Prusse une nouvelle réduction de ses contributions. -- Première idée d'un mariage entre Napoléon et une soeur d'Alexandre. -- Dispositions que manifeste à ce sujet le jeune czar. -- Contentement des deux empereurs, et leur séparation le 14 octobre, après des témoignages éclatants d'affection. -- Départ d'Alexandre pour Saint-Pétersbourg et de Napoléon pour Paris. -- Arrivée de celui-ci à Saint-Cloud le 18 octobre. -- Ses dernières dispositions avant de se rendre à l'armée d'Espagne. -- Rassuré pour quelque temps sur l'Autriche, Napoléon tire d'Allemagne un nouveau corps, qui est le 5e. -- La grande armée convertie en armée du Rhin. -- Composition et organisation de l'armée d'Espagne. -- Départ de Berthier et de Napoléon pour Bayonne. -- M. de Romanzoff laissé à Paris pour suivre la négociation ouverte avec l'Angleterre au nom de la France et de la Russie. -- Manière dont on reçoit à Londres le message des deux empereurs. -- Efforts de MM. de Champagny et de Romanzoff pour éluder les difficultés soulevées par le cabinet britannique. -- L'Angleterre, craignant de décourager les Espagnols et les Autrichiens, rompt brusquement les négociations. -- Réponse amère de l'Autriche aux communications parties d'Erfurt. -- D'après les manifestations des diverses cours, on peut prévoir que Napoléon n'aura que le temps de faire en Espagne une courte campagne. -- Ses combinaisons pour la rendre décisive. 238 à 363
LIVRE TRENTE-TROISIÈME.
SOMO-SIERRA.
Arrivée de Napoléon à Bayonne. -- Inexécution d'une partie de ses ordres. -- Comment il y supplée. -- Son départ pour Vittoria. -- Ardeur des Espagnols à soutenir une guerre qui a commencé par des succès. -- Projet d'armer cinq cent mille hommes. -- Rivalité des juntes provinciales, et création d'une junte centrale à Aranjuez. -- Direction des opérations militaires. -- Plan de campagne. -- Distribution des forces de l'insurrection en armées de gauche, du centre et de droite. -- Rencontre prématurée du corps du maréchal Lefebvre avec l'armée du général Blake en avant de Durango. -- Combat de Zornoza. -- Les Espagnols culbutés. -- Napoléon, arrivé à Vittoria, rectifie la position de ses corps d'armée, forme le projet de se laisser déborder sur ses deux ailes, de déboucher ensuite vivement sur Burgos, pour se rabattre sur Blake et Castaños, et les prendre à revers. -- Exécution de ce projet. -- Marche du 2e corps, commandé par le maréchal Soult, sur Burgos. -- Combat de Burgos et prise de cette ville. -- Les maréchaux Victor et Lefebvre, opposés au général Blake, le poursuivent à outrance. -- Victor le rencontre à Espinosa et disperse son armée. -- Mouvement du 3e corps, commandé par le maréchal Lannes, sur l'armée de Castaños. -- Manoeuvre sur les derrières de ce corps par l'envoi du maréchal Ney à travers les montagnes de Soria. -- Bataille de Tudela, et déroute des armées du centre et de droite. -- Napoléon, débarrassé des masses de l'insurrection espagnole, s'avance sur Madrid, sans s'occuper des Anglais, qu'il désire attirer dans l'intérieur de la Péninsule. -- Marche vers le Guadarrama. -- Brillant combat de Somo-Sierra. -- Apparition de l'armée française sous les murs de Madrid. -- Efforts pour épargner à la capitale de l'Espagne les horreurs d'une prise d'assaut. -- Attaque et reddition de Madrid. -- Napoléon n'y veut pas laisser rentrer son frère, et n'y entre pas lui-même. -- Ses mesures politiques et militaires. -- Abolition de l'inquisition, des droits féodaux et d'une partie des couvents. -- Les maréchaux Lefebvre et Ney amenés sur Madrid, le maréchal Soult dirigé sur la Vieille-Castille, pour agir ultérieurement contre les Anglais. -- Opérations en Aragon et en Catalogne. -- Lenteur forcée du siége de Saragosse. -- Campagne du général Saint-Cyr en Catalogne. -- Passage de la frontière. -- Siége de Roses. -- Marche habile pour éviter les places de Girone et d'Hostalrich. -- Rencontre avec l'armée espagnole et bataille de Cardedeu. -- Entrée triomphante à Barcelone. -- Sortie immédiate pour enlever le camp du Llobregat, et victoire de Molins-del-Rey. -- Suite des événements au centre de l'Espagne. -- Arrivée du maréchal Lefebvre à Tolède, du maréchal Ney à Madrid. -- Nouvelles de l'armée anglaise apportées par des déserteurs. -- Le général Moore, réuni, près de Benavente, à la division de Samuel Baird, se porte à la rencontre du maréchal Soult. -- Manoeuvre de Napoléon pour se jeter dans le flanc des Anglais, et les envelopper. -- Départ du maréchal Ney avec les divisions Marchand et Maurice-Mathieu, de Napoléon avec les divisions Lapisse et Dessoles, et avec la garde impériale. -- Passage du Guadarrama. -- Tempête, boues profondes, retards inévitables. -- Le général Moore, averti du mouvement des Français, bat en retraite. -- Napoléon s'avance jusqu'à Astorga. -- Des courriers de Paris le décident à s'établir à Valladolid. -- Il confie au maréchal Soult le soin de poursuivre l'armée anglaise. -- Retraite du général Moore, poursuivi par le maréchal Soult. -- Désordres et dévastations de cette retraite. -- Rencontre à Lugo. -- Hésitation du maréchal Soult. -- Arrivée des Anglais à la Corogne. -- Bataille de la Corogne. -- Mort du général Moore et embarquement des Anglais. -- Leurs pertes dans cette campagne. -- Dernières instructions de Napoléon avant de quitter l'Espagne, et son départ pour Paris. -- Plan pour conquérir le midi de l'Espagne, après un mois de repos accordé à l'armée. -- Mouvement du maréchal Victor sur Cuenca, afin de délivrer définitivement le centre de l'Espagne de la présence des insurgés. -- Bataille d'Uclès, et prise de la plus grande partie de l'armée du duc de l'Infantado, autrefois armée de Castaños. -- Sous l'influence de ces événements heureux, Joseph entre enfin à Madrid, avec le consentement de Napoléon, et y est bien reçu. -- L'Espagne semble disposée à se soumettre. -- Saragosse présente seule un point de résistance dans le nord et le centre de l'Espagne. -- Nature des difficultés qu'on rencontre devant cette ville importante. -- Le maréchal Lannes envoyé pour accélérer les opérations du siége. -- Vicissitudes et horreurs de ce siége mémorable. -- Héroïsme des Espagnols et des Français. -- Reddition de Saragosse. -- Caractère et fin de cette seconde campagne des Français en Espagne. -- Chances d'établissement pour la nouvelle royauté. 364 à 589
FIN DE LA TABLE DU NEUVIÈME VOLUME.