Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 06 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française

Part 41

Chapter 413,140 wordsPublic domain

[En marge: Mort de M. Fox.]

Le courrier porteur de ces nouvelles arriva le 3 septembre à Paris, au moment même où les armements de la Prusse occupaient toute l'Europe, et où l'on demandait à Napoléon de tirer M. d'Haugwitz et le roi Frédéric-Guillaume d'embarras, en faisant rétrograder les troupes françaises. Napoléon à son tour sentit naître en lui de profondes défiances, et se figura qu'il était trahi. Le souvenir de la conduite de l'Autriche l'année précédente, le souvenir de ses armements, si souvent et si opiniâtrement niés, alors même que ses troupes étaient en marche, ce souvenir revenant à son esprit, lui persuada qu'il en serait de même cette fois, que les armements soudains de la Prusse n'étaient qu'une perfidie, et qu'il courait le danger d'être surpris en septembre 1806, comme il avait failli l'être en septembre 1805. Il était donc peu disposé à retirer ses troupes de la Franconie, position militaire fort importante, ainsi qu'on le verra bientôt, pour une guerre contre la Prusse. Une autre circonstance le portait à croire à une coalition. M. Fox, malade depuis deux mois, venait de mourir. Ainsi, dans la même année, les fatigues d'un long pouvoir avaient tué M. Pitt, et les premières épreuves d'un pouvoir redevenu nouveau pour lui avaient hâté la fin de M. Fox. M. Fox emportait avec lui la paix du monde, et la possibilité d'une alliance féconde entre la France et l'Angleterre. Si l'Angleterre avait fait dans M. Pitt une grande perte, l'Europe et l'humanité en faisaient une immense dans M. Fox. Celui-ci mort, le parti de la guerre allait triompher du parti de la paix dans le sein du cabinet britannique.

[En marge: À la mort de M. Fox, lord Lauderdale est chargé de présenter à Paris les conditions de la Russie.]

Toutefois, ce cabinet n'osa pas changer notablement les conditions de paix précédemment envoyées à Paris. Lord Yarmouth avait abandonné la négociation par dégoût. Lord Lauderdale était resté seul. On lui ordonna de Londres de présenter les demandes de la Russie, consistant à réclamer la Sicile et la Dalmatie pour la cour de Naples, les Baléares pour le roi de Piémont. Lord Lauderdale, en présentant ces nouvelles conditions, agit au nom des deux cours et comme ayant les pouvoirs de l'une et de l'autre. Ainsi, pour attendre l'effet des ratifications de Saint-Pétersbourg, Napoléon avait manqué l'occasion décisive d'avoir la paix. Les méprises arrivent aux plus grands esprits dans le champ de la politique comme dans le champ de la guerre.

[En marge: L'irritation que Napoléon ressent du refus de la Russie, et des nouvelles conditions signifiées à Paris, ne le dispose pas favorablement pour la paix.]

[En marge: Audience donnée par Napoléon à M. de Knobelsdorf.]

Napoléon en ressentit une sorte d'irritation qui le porta davantage encore à supposer l'existence d'une conspiration européenne. Il était donc beaucoup plus enclin à en appeler encore une fois aux armes, qu'à céder. Il reçut à cette époque M. de Knobelsdorf, qui était venu en toute hâte remplacer M. de Lucchesini. Il lui fit un accueil personnellement obligeant, lui affirma positivement qu'il n'avait aucun projet contre la Prusse, qu'il ne comprenait pas ce qu'elle voulait de lui, car il ne voulait rien d'elle, si ce n'est l'exécution des traités; qu'il ne songeait à lui rien enlever, que tout ce qu'on avait publié à cet égard était faux; et il faisait allusion par ces paroles aux rapports de M. de Lucchesini, qui avait présenté le même jour ses lettres de rappel. Usant ensuite d'une franchise digne de sa grandeur, il ajouta qu'il y avait dans les faux bruits répandus une seule chose véritable, c'est ce qu'on disait du Hanovre; qu'en effet il avait écouté à ce sujet l'Angleterre; que voyant la paix du monde attachée à cette question, il avait eu le projet de s'adresser à la Prusse, de lui exposer la situation dans toute sa vérité, de lui donner le choix entre la paix générale, achetée par la restitution du Hanovre, sauf dédommagement, et la continuation de la guerre contre l'Angleterre, mais de la guerre à outrance, et après explication toutefois sur le degré d'énergie que le roi Frédéric-Guillaume entendrait y apporter. Il affirma en outre que, dans tous les cas, il n'aurait arrêté aucune résolution sans s'en être ouvert franchement et complétement avec la Prusse.

[En marge: Napoléon refuse de retirer les troupes françaises, et ne veut pas donner d'autres explications que celles qu'il a données à M. de Knobelsdorf.]

[En marge: Silence ordonné à M. de Laforest.]

Une si loyale explication aurait dû bannir tous les doutes. Mais il fallait plus pour la Prusse, il fallait un acte de déférence qui sauvât son orgueil. Napoléon s'y serait prêté peut-être, s'il n'avait été en ce moment plein de défiance, et s'il n'avait cru à une nouvelle coalition, qui n'existait pas encore, quoiqu'elle dût exister bientôt. Mais dans cette excitation d'esprit que les événements provoquent, on ne peut pas toujours juger à coup sûr ce qui se passe chez ses adversaires. En conséquence il enjoignit à M. de Laforest de se tenir sur la réserve, de dire à M. d'Haugwitz que la Prusse n'aurait pas d'autres explications que celles qu'il avait données, à MM. de Knobelsdorf et de Lucchesini, que quant à la demande relative aux armées, il répondait par une demande exactement semblable, et que si la Prusse contremandait ses armements, il prenait l'engagement de faire immédiatement repasser le Rhin aux troupes françaises. Il ordonna ensuite à M. de Laforest de se taire, et d'attendre les événements.--Dans une situation pareille, lui écrivit-il, on n'en doit pas croire les protestations, quelque sincères qu'elles puissent paraître. Nous avons été trompés trop de fois. Il faut des faits: que la Prusse désarme, et les Français repasseront le Rhin, mais point avant.--

M. de Laforest exécuta fidèlement les ordres de son souverain, n'eut pas de peine à convaincre M. d'Haugwitz, qui était convaincu d'avance, mais dominé par les événements; et puis il se tut. Ce n'était pas assez pour le cabinet prussien d'être éclairé sur les intentions de Napoléon; il lui fallait une explication palpable à donner à l'opinion publique, et à lui aussi des faits, mais des faits clairs et positifs, c'est-à-dire la retraite des Français. Encore les imaginations excitées se seraient-elles payées difficilement même d'un acte rassurant. L'orgueil prussien réclamait une satisfaction. On a autant et même plus besoin de satisfaction lorsqu'on a tort que lorsqu'on a raison.

[En marge: Effet du silence gardé par M. de Laforest.]

[En marge: Après avoir attendu quelques jours des explications qui n'arrivent pas, le roi de Prusse part pour l'armée.]

[En marge: La guerre est résolue entre la Prusse et la France.]

Le roi et M. d'Haugwitz laissèrent écouler quelques jours encore, pour voir si Napoléon ne manderait pas quelque chose de plus explicite, de plus satisfaisant.--Ce silence perd tout, répétait M. d'Haugwitz à M. de Laforest.--Mais le sort en était jeté: la Prusse, par des tergiversations qui lui avaient aliéné la confiance de Napoléon, la France, par des procédés trop peu ménagés, devaient être amenées l'une et l'autre à une guerre funeste, d'autant plus regrettable, que dans l'état du monde c'étaient les deux seules puissances dont les intérêts fussent conciliables. Le silence ordonné à M. de Laforest fut invariablement gardé par lui, mais la douleur sur le visage, douleur expressive, et suffisamment significative, si la cour de Prusse avait voulu la comprendre, et se conduire d'après ce qu'elle aurait compris. Il n'en était plus ainsi ni du roi Frédéric-Guillaume, ni de son ministère. Tous les jours des régiments traversaient Berlin, en chantant des airs patriotiques, que répétait le peuple ameuté dans les rues. De toutes parts on demandait quand le roi partirait pour l'armée, et s'il serait vrai qu'il restât à Potsdam, dans l'intention de revenir sur sa première détermination. Le cri devint tel qu'il fallut obéir à l'opinion. L'infortuné Frédéric-Guillaume partit le 21 septembre pour Magdebourg. C'était le signal de la guerre qu'on attendait en Allemagne, et que Napoléon attendait à Paris. Dès ce jour elle était inévitable. On en verra, dans le livre suivant, les terribles vicissitudes, les désastreuses conséquences pour la Prusse, et les résultats glorieux pour Napoléon, résultats qui nous inspireraient une satisfaction sans mélange, si la politique eût été d'accord avec la victoire.

FIN DU VINGT-QUATRIÈME LIVRE ET DU TOME SIXIÈME.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LE TOME SIXIÈME.

LIVRE VINGT-DEUXIÈME.

ULM ET TRAFALGAR.

Conséquences de la réunion de Gênes à l'Empire. -- Cette réunion, quoiqu'elle soit une faute, a cependant des résultats heureux. -- Vaste champ qui s'ouvre aux combinaisons militaires de Napoléon. -- Quatre attaques dirigées contre la France. -- Napoléon s'occupe sérieusement d'une seule, et, par la manière dont il entend la repousser, se propose de faire tomber les trois autres. -- Exposition de son plan. -- Mouvement des six corps d'armée des bords de l'Océan aux sources du Danube. -- Napoléon garde un profond secret sur ses dispositions, et ne les communique qu'à l'électeur de Bavière, afin de s'attacher ce prince en le rassurant. -- Précautions qu'il prend pour la conservation de la flottille. -- Son retour à Paris. -- Altération de l'opinion publique à son égard. -- Reproches qu'on lui adresse. -- État des finances. -- Commencement d'arriéré. -- Situation difficile des principales places commerçantes. -- Disette de numéraire. -- Efforts du commerce pour se procurer des métaux précieux. -- Association de la compagnie des _Négociants réunis_ avec la cour d'Espagne. -- Spéculation sur les piastres. -- Danger de cette spéculation. -- La compagnie des _Négociants réunis_ ayant confondu dans ses mains les affaires de la France et de l'Espagne, rend communs à l'une les embarras de l'autre. -- Conséquences de cette situation pour la Banque de France. -- Irritation de Napoléon contre les gens d'affaires. -- Importantes sommes en argent et en or envoyées à Strasbourg et en Italie. -- Levée de la conscription par un décret du Sénat. -- Organisation des réserves. -- Emploi des gardes nationales. -- Séance au Sénat. -- Froideur témoignée à Napoléon par le peuple de Paris. -- Napoléon en éprouve quelque peine, mais il part pour l'armée, certain de changer bientôt cette froideur en transports d'enthousiasme. -- Dispositions des coalisés. -- Marche de deux armées russes, l'une en Gallicie pour secourir les Autrichiens, l'autre en Pologne pour menacer la Prusse. -- L'empereur Alexandre à Pulawi. -- Ses négociations avec la cour de Berlin. -- Marche des Autrichiens en Lombardie et en Bavière. -- Passage de l'Inn par le général Mack. -- L'électeur de Bavière, après de grandes perplexités, se jette dans les bras de la France, et s'enfuit à Würzbourg avec sa cour et son armée. -- Le général Mack prend position à Ulm. -- Conduite de la cour de Naples. -- Commencement des opérations militaires du côté des Français. -- Organisation de la grande armée. -- Passage du Rhin. -- Marche de Napoléon avec six corps, le long des Alpes de Souabe, pour tourner le général Mack. -- Le 6 et le 7 octobre, Napoléon atteint le Danube vers Donauwerth, avant que le général Mack ait eu aucun soupçon de la présence des Français. -- Passage général du Danube. -- Le général Mack est enveloppé. -- Combats de Wertingen et de Günzbourg. -- Napoléon à Augsbourg fait ses dispositions dans le double but d'investir Ulm, et d'occuper Munich, afin de séparer les Russes des Autrichiens. -- Erreur commise par Murat. -- Danger de la division Dupont. -- Combat de Haslach. -- Napoléon accourt sous les murs d'Ulm, et répare les fautes commises. -- Combat d'Elchingen livré le 14 octobre. -- Investissement d'Ulm. -- Désespoir du général Mack, et retraite de l'archiduc Ferdinand. -- L'armée autrichienne réduite à capituler. -- Triomphe inouï de Napoléon. -- Il a détruit en vingt jours une armée de 80 mille hommes, sans livrer bataille. -- Suite des opérations navales depuis le retour de l'amiral Villeneuve à Cadix. -- Sévérité de Napoléon envers cet amiral. -- Envoi de l'amiral Rosily pour le remplacer, et ordre à la flotte de sortir de Cadix afin d'entrer dans la Méditerranée. -- Douleur de l'amiral Villeneuve, et sa résolution de livrer une bataille désespérée. -- État de la flotte franco-espagnole et de la flotte anglaise. -- Instructions de Nelson à ses capitaines. -- Sortie précipitée de l'amiral Villeneuve. -- Rencontre des deux flottes au cap Trafalgar. -- Attaque des Anglais formés en deux colonnes. -- Rupture de notre ligne de bataille. -- Combats héroïques du _Redoutable_, du _Bucentaure_, du _Fougueux_, de l'_Algésiras_, du _Pluton_, de _l'Achille_, du _Prince des Asturies_. -- Mort de Nelson, captivité de Villeneuve. -- Défaite de notre flotte après une lutte mémorable. -- Affreuse tempête à la suite de la bataille. -- Les naufrages succèdent aux combats. -- Conduite du gouvernement impérial à l'égard de la marine française. -- Silence ordonné sur les derniers événements. -- Ulm fait oublier Trafalgar. 1 à 184

LIVRE VINGT-TROISIÈME.

AUSTERLITZ.

Effet produit par les nouvelles venues de l'armée. -- Crise financière. -- La caisse de consolidation suspend ses payements en Espagne, et contribue à accroître les embarras de la compagnie des _Négociants réunis_. -- Secours fournis à cette compagnie par la Banque de France. -- Émission trop considérable des billets de la Banque, et suspension de ses payements. -- Faillites nombreuses. -- Le public alarmé se confie en Napoléon, et attend de lui quelque fait éclatant qui rétablisse le crédit et la paix. -- Continuation des événements de la guerre. -- Situation des affaires en Prusse. -- La prétendue violation du territoire d'Anspach fournit des prétextes au parti de la guerre. -- L'empereur Alexandre en profite pour se rendre à Berlin. -- Il entraîne la cour de Prusse à prendre des engagements éventuels avec la coalition. -- Traité de Potsdam. -- Départ de M. d'Haugwitz pour le quartier général français. -- Grande résolution de Napoléon en apprenant les nouveaux dangers dont il est menacé. -- Il précipite son mouvement sur Vienne. -- Bataille de Caldiero en Italie. -- Marche de la grande armée à travers la vallée du Danube. -- Passage de l'Inn, de la Traun, de l'Ens. -- Napoléon à Lintz. -- Mouvement que pouvaient faire les archiducs Charles et Jean pour arrêter la marche de Napoléon. -- Précautions de celui-ci en approchant de Vienne. -- Distribution de ses corps d'armée sur les deux rives du Danube et dans les Alpes. -- Les Russes passent le Danube à Krems. -- Danger du corps de Mortier. -- Combat de Dirnstein. -- Combat de Davout à Mariazell. -- Entrée à Vienne. -- Surprise des ponts du Danube. -- Napoléon veut en profiter pour couper la retraite au général Kutusof. -- Murat et Lannes portés à Hollabrunn. -- Murat se laisse tromper par une proposition d'armistice, et donne à l'armée russe le temps de s'échapper. -- Napoléon rejette l'armistice. -- Combat sanglant à Hollabrunn. -- Arrivée de l'armée française à Brünn. -- Belles dispositions de Napoléon pour occuper Vienne, se garder du côté des Alpes et de la Hongrie contre les archiducs, et faire face aux Russes du côté de la Moravie. -- Ney occupe le Tyrol, Augereau la Souabe. -- Prise des corps de Jellachich et de Rohan. -- Départ de Napoléon pour Brünn. -- Essai de négociation. -- Fol orgueil de l'état-major russe. -- Nouvelle coterie formée autour d'Alexandre. -- Elle lui inspire l'imprudente résolution de livrer bataille. -- Terrain choisi d'avance par Napoléon. -- Bataille d'Austerlitz, livrée le 2 décembre. -- Destruction de l'armée austro-russe. -- L'empereur d'Autriche au bivouac de Napoléon. -- Armistice accordé sous la promesse d'une paix prochaine. -- Commencement de négociation à Brünn. -- Conditions imposées par Napoléon. -- Il veut les États vénitiens pour compléter le royaume d'Italie, le Tyrol et la Souabe autrichienne pour agrandir la Bavière, les duchés de Baden et de Wurtemberg. -- Alliances de famille avec ces trois maisons allemandes. -- Résistance des plénipotentiaires autrichiens. -- Napoléon, de retour à Vienne, a une longue entrevue avec M. d'Haugwitz. -- Il reprend ses projets d'union avec la Prusse, et lui donne le Hanovre, à condition qu'elle se liera définitivement à la France. -- Traité de Vienne avec la Prusse. -- Départ de M. d'Haugwitz pour Berlin. -- Napoléon, débarrassé de la Prusse, devient plus exigeant à l'égard de l'Autriche. -- La négociation transférée à Presbourg. -- Acceptation des conditions de la France, et paix de Presbourg. -- Départ de Napoléon pour Munich. -- Mariage d'Eugène de Beauharnais avec la princesse Auguste de Bavière. -- Retour de Napoléon à Paris. -- Accueil triomphal. 185 à 369

LIVRE VINGT-QUATRIÈME.

CONFÉDÉRATION DU RHIN.

Retour de Napoléon à Paris. -- Joie publique. -- Distribution des drapeaux pris sur l'ennemi. -- Décret du Sénat ordonnant l'érection d'un monument triomphal. -- Napoléon consacre ses premiers soins aux finances. -- La compagnie des _Négociants réunis_ est reconnue débitrice envers le Trésor d'une somme de 141 millions. -- Napoléon, mécontent de M. de Marbois, le remplace par M. Mollien. -- Rétablissement du crédit. -- Trésor formé avec les contributions levées en pays conquis. -- Ordres relatifs au retour de l'armée, à l'occupation de la Dalmatie, à la conquête de Naples. -- Suite des affaires de Prusse. -- La ratification du traité de Schoenbrunn donnée avec des réserves. -- Nouvelle mission de M. d'Haugwitz auprès de Napoléon. -- Le traité de Schoenbrunn est refait à Paris, mais avec des obligations de plus, et des avantages de moins pour la Prusse. -- M. de Lucchesini est envoyé à Berlin pour expliquer ces nouveaux changements. -- Le traité de Schoenbrunn, devenu traité de Paris, est enfin ratifié, et M. d'Haugwitz retourne en Prusse. -- Ascendant dominant de la France. -- Entrée de Joseph Bonaparte à Naples. -- Occupation de Venise. -- Retards apportés à la remise de la Dalmatie. -- L'armée française est arrêtée sur l'Inn, en attendant la remise de la Dalmatie, et répartie entre les provinces allemandes les plus capables de la nourrir. -- Souffrance des pays occupés. -- Situation de la cour de Prusse après le retour de M. d'Haugwitz à Berlin. -- Envoi du duc de Brunswick à Saint-Pétersbourg, pour expliquer la conduite du cabinet prussien. -- État de la cour de Russie. -- Dispositions d'Alexandre depuis Austerlitz. -- Accueil fait au duc de Brunswick. -- Inutiles efforts de la Prusse pour faire approuver par la Russie et par l'Angleterre l'occupation du Hanovre. -- L'Angleterre déclare la guerre à la Prusse. -- Mort de M. Pitt, et avénement de M. Fox au ministère. -- Espérances de paix. -- Relations établies entre M. Fox et M. de Talleyrand. -- Envoi de lord Yarmouth à Paris, en qualité de négociateur confidentiel. -- Bases d'une paix maritime. -- Les agents de l'Autriche, au lieu de livrer les bouches du Cattaro aux Français, les livrent aux Russes. -- Menaces de Napoléon à la cour de Vienne. -- La Russie envoie M. d'Oubril à Paris, avec mission de prévenir un mouvement de l'armée française contre l'Autriche, et de proposer la paix. -- Lord Yarmouth et M. d'Oubril négocient conjointement à Paris. -- Possibilité d'une paix générale. -- Calcul de Napoléon tendant à traîner la négociation en longueur. -- Système de l'Empire français. -- Royautés vassales, grands-duchés et duchés. -- Joseph roi de Naples, Louis roi de Hollande. -- Dissolution de l'empire germanique. -- Confédération du Rhin. -- Mouvements de l'armée française. -- Administration intérieure. -- Travaux publics. -- La colonne de la place Vendôme, le Louvre, la rue Impériale, l'arc de l'Étoile. -- Routes et canaux. -- Conseil d'État. -- Création de l'Université. -- Budget de 1806. -- Rétablissement de l'impôt du sel. -- Nouveau système de trésorerie. -- Réorganisation de la Banque de France. -- Continuation des négociations avec la Russie et l'Angleterre. -- Traité de paix avec la Russie, signé le 20 juillet par M. d'Oubril. -- La signature de ce traité décide lord Yarmouth à produire ses pouvoirs. -- Lord Lauderdale est adjoint à lord Yarmouth. -- Difficultés de la négociation avec l'Angleterre. -- Quelques indiscrétions commises par les négociateurs anglais, au sujet de la restitution du Hanovre, font naître à Berlin de vives inquiétudes. -- Faux rapports qui exaltent l'esprit de la cour de Prusse. -- Nouvel entraînement des esprits à Berlin, et résolution d'armer. -- Surprise et méfiance de Napoléon. -- La Russie refuse de ratifier le traité signé par M. d'Oubril, et propose de nouvelles conditions. -- Napoléon ne veut pas les admettre. -- Tendance générale à la guerre. -- Le roi de Prusse demande l'éloignement de l'armée française. -- Napoléon répond par la demande d'éloigner l'année prussienne. -- Silence prolongé de part et d'autre. -- Les deux souverains partent pour l'armée. -- La guerre est déclarée entre la Prusse et la France. 370 à 568

FIN DE LA TABLE DU SIXIÈME VOLUME.