Part 34
Il était sombre, préoccupé, dur pour l'amiral Decrès, sur le visage duquel il semblait voir toutes les opinions qui avaient ébranlé Villeneuve, et il était sans cesse sur le rivage de la mer, cherchant à l'horizon quelque apparition inattendue. Des officiers de marine, placés avec des lunettes sur les divers points de la côte, étaient chargés d'observer toutes les circonstances de mer, et de lui en rendre compte. Il passa ainsi trois jours, dans une de ces situations incertaines qui répugnent le plus aux âmes ardentes et fortes, aimant les partis décidés. Enfin l'amiral Decrès, sans cesse interrogé, lui déclara que, dans son opinion, vu le temps écoulé, vu les vents qui avaient régné sur la côte, depuis le golfe de Gascogne jusqu'au détroit de Calais, vu les dispositions morales de Villeneuve, il était persuadé que les flottes avaient fait voile vers Cadix.
[Note en marge: Manière dont Napoléon conçoit et dicte le plan de la campagne d'Austerlitz.]
Ce fut avec une profonde douleur, mêlée de violentes explosions de colère, que Napoléon renonça enfin à l'espérance de voir arriver sa flotte dans le détroit. Son irritation fut telle qu'un homme qu'il aimait d'une manière particulière, le savant Monge, qui presque chaque matin faisait un déjeuner tout militaire avec lui, au bord de la mer, dans la baraque impériale, Monge, en le voyant dans cet état, se retira discrètement, jugeant sa présence importune. Il alla auprès de M. Daru, alors principal commis de la guerre, et lui raconta ce qu'il avait vu. Au même instant M. Daru fut appelé lui-même, et dut se rendre auprès de l'Empereur. Il le trouva agité, parlant seul, semblant ne pas apercevoir les personnes qui arrivaient. À peine M. Daru était-il entré, debout, silencieux, attendant des ordres, que Napoléon venant à sa rencontre, et s'adressant à lui comme s'il avait été instruit de tout:--Savez-vous, lui dit-il, savez-vous où est Villeneuve? Il est à Cadix!--Puis il se livra à une longue diatribe sur la faiblesse, sur l'incapacité de tout ce qui l'entourait, se dit trahi par la lâcheté des hommes, déplora la ruine du plan le plus beau, le plus sûr qu'il eût conçu de sa vie, et montra dans toute son amertume la douleur du génie abandonné par la fortune. Tout à coup, revenu de cet emportement, il se calma d'une manière soudaine, et, reportant son esprit avec une surprenante facilité de ces routes fermées de l'Océan vers les routes ouvertes du continent, il dicta pendant plusieurs heures de suite, avec une présence d'esprit, une précision de détail extraordinaires, le plan qu'on va lire dans le livre suivant. C'était le plan de l'immortelle campagne de 1805. Il n'y avait plus trace d'irritation ni dans sa voix, ni sur son visage[28]. Chez lui les grandes conceptions de l'esprit avaient dissipé les douleurs de l'âme. Au lieu d'attaquer l'Angleterre par la voie directe, il allait la combattre par la longue et sinueuse route du continent, et il allait trouver sur cette route une incomparable grandeur, avant d'y trouver sa ruine.
[Note 28: J'extrais ce récit d'un fragment de Mémoires écrit par M. Daru, dont la copie est actuellement en ma possession par un acte d'obligeance de son fils.]
[Note en marge: Quelles chances présentait le projet de descente?]
Aurait-il plus sûrement atteint le but par la voie directe, c'est-à-dire par la descente? C'est là ce qu'on se demandera souvent dans le présent et dans l'avenir, et ce qu'on aura peine à décider. Cependant, si Napoléon eût été une fois transporté à Douvres, ce n'est pas offenser la nation britannique que de croire qu'elle pouvait être vaincue par l'armée et le capitaine qui en dix-huit mois ont vaincu et soumis l'Autriche, l'Allemagne, la Prusse et la Russie. Il n'y avait, en effet, pas un homme de plus dans cette même armée de l'Océan qui a battu à Austerlitz, à Iéna et à Friedland les huit cent mille soldats du continent. Il faut même le dire; l'inviolabilité territoriale dont jouit l'Angleterre n'a pas façonné son coeur au danger de l'invasion, ce qui ne diminue pas la gloire de ses escadres et de ses armées régulières. Il est dès lors peu probable qu'elle eût osé tenir devant les soldats de Napoléon, non encore épuisés par la fatigue, non encore décimés par la guerre. Une résolution héroïque de son gouvernement, se réfugiant en Écosse, par exemple, et laissant ravager l'Angleterre jusqu'à ce que Nelson vînt, avec toutes les escadres anglaises, fermer le retour à Napoléon vainqueur, et l'exposer à être prisonnier dans sa propre conquête, aurait amené sans doute de singulières combinaisons; mais elle était hors de toutes les vraisemblances. Nous sommes fermement persuadé que, Napoléon parvenu à Londres, l'Angleterre aurait traité.
La question était donc tout entière dans le passage du détroit. Bien que la flottille pût le franchir en été par le calme, en hiver par la brume, ce passage était hasardeux. Aussi Napoléon avait songé au secours d'une flotte pour protéger l'expédition. La question était ramenée, dira-t-on, à la difficulté première, celle d'être supérieur aux Anglais sur mer. Non, car il ne s'agissait ni de les surpasser, ni même de les égaler. Il s'agissait uniquement de faire arriver, par une combinaison habile, une flotte dans la Manche, en profitant des hasards de la mer et de son immensité, qui rend les rencontres difficiles. Le plan de Napoléon, si souvent remanié, reproduit avec tant de fécondité, avait toute chance de réussir aux mains d'un homme plus ferme que Villeneuve. Sans doute Napoléon retrouva ici, sous une autre forme, les inconvénients de son infériorité maritime; Villeneuve, sentant vivement cette infériorité, en fut déconcerté; mais il le fut trop, il le fut même d'une manière qui compromet son honneur devant l'histoire. Après tout, sa flotte s'était bien battue au Ferrol; et, si l'on suppose qu'il eût livré devant Brest la désastreuse bataille qu'il livra peu de temps après à Trafalgar, Ganteaume serait sorti; et, à la perdre, ne valait-il pas mieux la perdre pour assurer le passage de la Manche? Pourrait-on, même dans ce cas, dire qu'elle a été perdue? Villeneuve eut donc tort, bien qu'on l'ait trop décrié, selon l'usage pratiqué envers ceux qui sont malheureux. Homme de métier, oubliant qu'avec du dévouement on supplée souvent à ce qui manque sous le rapport matériel, il ne sut pas s'élever à la hauteur de sa mission, et faire ce que Latouche-Tréville eût certainement fait à sa place.
L'entreprise de Napoléon n'était donc pas une chimère; elle était parfaitement réalisable, telle qu'il l'avait préparée; et peut-être, aux yeux des bons juges, cette entreprise, qui n'a pas eu de résultat, lui fera-t-elle plus d'honneur que celles qui ont été couronnées du plus éclatant succès. Elle ne fut pas non plus une feinte, comme l'ont imaginé certaines gens, qui veulent chercher des profondeurs où il n'y en a pas: quelque mille lettres des ministres et de l'Empereur ne laissent à cet égard aucun doute. Ce fut une entreprise sérieuse, poursuivie pendant plusieurs années avec une passion véritable. On a prétendu également que, si Napoléon n'eût pas repoussé Fulton venant lui offrir la navigation à vapeur, il aurait franchi le détroit. Le rôle de la navigation à vapeur est impossible à prédire aujourd'hui dans les événements futurs. Qu'elle donne des forces de plus à la France contre l'Angleterre, cela est probable. Qu'elle rende le détroit plus facile à traverser, cela dépendra des efforts que la France saura faire pour s'assurer la supériorité dans l'emploi de cette puissance toute nouvelle; cela dépendra de son patriotisme et de sa prévoyance. Mais ce qu'il est permis d'affirmer touchant le refus de Napoléon, c'est que Fulton lui apporta un art dans son enfance, et qui dans le moment ne lui aurait été d'aucun secours. Napoléon fit donc tout ce qu'il put. Il n'y a pas en cette circonstance une seule faute à lui reprocher. La Providence sans doute ne voulait pas qu'il réussît. Et pourquoi? Lui qui n'a pas toujours eu raison avec ses ennemis, avait cette fois le droit de son côté.
FIN DU LIVRE VINGT ET UNIÈME
ET DU CINQUIÈME VOLUME.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES
DANS LE TOME CINQUIÈME.
LIVRE DIX-NEUVIÈME.
L'EMPIRE.
Effet produit en Europe par la mort du duc d'Enghien. -- La Prusse, prête à former une alliance avec la France, se rejette vers la Russie, et se lie à cette dernière puissance par une convention secrète. -- Quelle était en 1803 la véritable alliance de la France, et comment cette alliance se trouve manquée. -- La conduite de MM. Drake, Smith et Taylor dénoncée à tous les cabinets. -- Le sentiment qu'elle inspire atténue l'effet produit par la mort du duc d'Enghien. -- Sensation éprouvée à Pétersbourg. -- Deuil de cour pris spontanément. -- Conduite légère et irréfléchie du jeune empereur. -- Il veut réclamer auprès de la Diète de Ratisbonne contre la violation du territoire germanique, et adresse des notes imprudentes à la Diète et à la France. -- Circonspection de l'Autriche. -- Celle-ci ne se plaint pas de ce qui s'est passé à Ettenheim, mais profite des embarras supposés du Premier Consul pour se permettre en Empire les plus grands excès de pouvoir. -- Spoliations et violences dans toute l'Allemagne. -- Énergie du Premier Consul. -- Réponse cruelle à l'empereur Alexandre, et rappel de l'ambassadeur français. -- Indifférence méprisante pour les réclamations élevées à la Diète. -- Expédient imaginé par M. de Talleyrand pour faire aboutir ces réclamations à un résultat insignifiant. -- Conduite équivoque des ministres autrichiens à la Diète. -- Ajournement de la question. -- Signification à l'Autriche de cesser ses violences dans l'Empire. -- Déférence de cette cour. -- Suite du procès de Georges et Moreau. -- Suicide de Pichegru. -- Agitation des esprits. -- Il résulte de cette agitation un retour général vers les idées monarchiques. -- On considère l'hérédité comme un moyen de consolider l'ordre établi, et de le mettre à l'abri des conséquences d'un assassinat. -- Nombreuses adresses. -- Discours de M. de Fontanes à l'occasion de l'achèvement du Code civil. -- Rôle de M. Fouché dans cette circonstance. -- Il est l'instrument du changement qui se prépare. -- M. Cambacérès oppose quelque résistance à ce changement. -- Explication du Premier Consul avec celui-ci. -- Démarche du Sénat préparée par M. Fouché. -- Le Premier Consul diffère de répondre à la démarche du Sénat, et s'adresse aux cours étrangères, pour savoir s'il obtiendra d'elles la reconnaissance du nouveau titre qu'il veut prendre. -- Réponse favorable de la Prusse et de l'Autriche. -- Conditions que cette dernière cour met à la reconnaissance. -- Disposition empressée de l'armée à proclamer un Empereur. -- Le Premier Consul, après un assez long silence, répond au Sénat en demandant à ce corps de faire connaître sa pensée tout entière. -- Le Sénat délibère. -- Motion du tribun Curée ayant pour objet de demander le rétablissement de la monarchie. -- Discussion sur ce sujet dans le sein du Tribunat, et discours du tribun Carnot. -- Cette motion est portée au Sénat, qui l'accueille, et adresse un message au Premier Consul, pour lui proposer de revenir à la monarchie. -- Comité chargé de proposer les changements nécessaires à la Constitution consulaire. -- Changements adoptés. -- Constitution impériale. -- Grands dignitaires. -- Charges militaires et civiles. -- Projet de rétablir un jour l'empire d'occident. -- Les nouvelles dispositions constitutionnelles converties en un sénatus-consulte. -- Le Sénat se transporte en corps à Saint-Cloud, et proclame Napoléon Empereur. -- Singularité et grandeur du spectacle. -- Suite du procès de Georges et Moreau. -- Georges condamné à mort, et exécuté. -- MM. Armand de Polignac et de Rivière condamnés à mort, et graciés. -- Moreau exilé. -- Sa destinée et celle de Napoléon. -- Nouvelle phase de la Révolution française. -- La République convertie en monarchie militaire. 1 à 153
LIVRE VINGTIÈME.
LE SACRE.
Retard apporté à l'expédition d'Angleterre. -- Motifs et avantages de ce retard. -- Redoublement de soins dans les préparatifs. -- Moyens financiers. -- Budget des années XI, XII et XIII. -- Création des contributions indirectes. -- Ancienne théorie de l'impôt unique sur la terre. -- Napoléon la réfute, et fait adopter un impôt sur les consommations. -- Première organisation de la régie des droits réunis. -- L'Espagne paye son subside en obligations à terme. -- Une association de financiers se présente pour les escompter. -- Premières opérations de la compagnie dite _des négociants réunis_. -- Toutes les ressources disponibles consacrées aux escadres de Brest, de Rochefort et de Toulon. -- Napoléon prépare l'arrivée d'une flotte française dans la Manche, afin de rendre certain le passage de la flottille. -- Première combinaison à laquelle il s'arrête. -- L'amiral Latouche-Tréville chargé d'exécuter cette combinaison. -- Cet amiral doit quitter Toulon, tromper les Anglais en faisant fausse route, et paraître dans la Manche, en ralliant dans le trajet l'escadre de Rochefort. -- La descente projetée pour juillet et août, avant la cérémonie du couronnement. -- Les ministres des cours en paix avec la France remettent à Napoléon leurs lettres de créance. -- L'ambassadeur d'Autriche seul en retard. -- Départ de Napoléon pour Boulogne. -- Inspection générale de la flottille, bâtiment par bâtiment. -- La flottille batave. -- Grande fête au bord de l'Océan, et distribution à l'armée des décorations de la Légion-d'Honneur. -- Suite des événements en Angleterre. -- Extrême agitation des esprits. -- Renversement du ministère Addington par la coalition de MM. Fox et Pitt. -- Rentrée de M. Pitt au ministère, et ses premières démarches pour renouer une coalition sur le continent. -- Soupçons de Napoléon. -- Il force l'Autriche à s'expliquer, en exigeant que les lettres de créance de M. de Cobentzel lui soient remises à Aix-la-Chapelle. -- Il rompt les relations diplomatiques avec la Russie, en laissant partir M. d'Oubril. -- Mort de l'amiral Latouche-Tréville, et ajournement de la descente à l'hiver. -- L'amiral Latouche-Tréville remplacé par l'amiral Villeneuve. -- Caractère de ce dernier. -- Voyage de Napoléon sur les bords du Rhin. -- Grande affluence à Aix-la-Chapelle. -- M. de Cobentzel y remet ses lettres de créance à Napoléon. -- La cour impériale se transporte à Mayence. -- Retour à Paris. -- Apprêts du sacre. -- Difficile négociation pour amener Pie VII à venir sacrer Napoléon. -- Le cardinal Fesch ambassadeur. -- Caractère et conduite de ce personnage. -- Terreurs qui saisissent Pie VII à l'idée de se rendre en France. -- Il consulte une congrégation de cardinaux. -- Cinq se prononcent contre son voyage, quinze pour, mais avec des conditions. -- Long débat sur ces conditions. -- Consentement définitif. -- La question du cérémonial laissée en suspens. -- L'évêque Bernier et l'archichancelier Cambacérès choisissent dans le Pontifical romain et dans le Pontifical français les cérémonies compatibles avec l'esprit du siècle. -- Napoléon refuse de se laisser poser la couronne sur la tête. -- Prétentions de famille. -- Départ du Pape pour la France. -- Son voyage. -- Son arrivée à Fontainebleau. -- Sa joie et sa confiance en voyant l'accueil dont il est l'objet. -- Mariage religieux de Joséphine et de Napoléon. -- Cérémonie du sacre. 154 à 268
LIVRE VINGT ET UNIÈME.
TROISIÈME COALITION.
Séjour du Pape à Paris. -- Soins de Napoléon pour l'y retenir. -- Les flottes n'ayant pu agir en décembre, Napoléon emploie l'hiver à organiser l'Italie. -- Transformation de la République italienne en un royaume vassal de l'Empire français. -- Offre de ce royaume à Joseph Bonaparte, et refus de celui-ci. -- Napoléon se décide à poser la couronne de fer sur sa tête, en déclarant que les deux couronnes de France et d'Italie seront séparées à la paix. -- Séance solennelle au Sénat. -- Second couronnement à Milan fixé au mois de mai 1805. -- Napoléon trouve dans sa présence au delà des Alpes un moyen de mieux cacher ses nouveaux projets maritimes. -- Ses ressources navales se sont accrues par une soudaine déclaration de guerre de l'Angleterre à l'Espagne. -- Forces navales de la Hollande, de la France, de l'Espagne. -- Projet d'une grande expédition dans l'Inde. -- Hésitation d'un moment entre ce projet et celui d'une expédition directe contre l'Angleterre. -- Préférence définitive pour ce dernier. -- Tout est préparé pour exécuter la descente dans les mois de juillet et d'août. -- Les flottes de Toulon, de Cadix, du Ferrol, de Rochefort, de Brest, doivent se réunir à la Martinique, pour revenir en juillet dans la Manche, au nombre de soixante vaisseaux. -- Le Pape se dispose enfin à retourner à Rome. -- Ses ouvertures à Napoléon avant de le quitter. -- Réponses sur les divers points traités par le Pape. -- Déplaisir de celui-ci, tempéré toutefois par le succès de son voyage en France. -- Départ du Pape pour Rome, et de Napoléon pour Milan. -- Dispositions des cours de l'Europe. -- Leur tendance à une nouvelle coalition. -- État du cabinet russe. -- Les jeunes amis d'Alexandre forment un grand plan de médiation européenne. -- Idées dont se compose ce plan, véritable origine des traités de 1815. -- M. de Nowosiltzoff chargé de les faire agréer à Londres. -- Accueil qu'il reçoit de M. Pitt. -- Le plan de médiation est converti par le ministre anglais en un plan de coalition contre la France. -- Retour de M. de Nowosiltzoff à Pétersbourg. -- Le cabinet russe signe avec lord Gower le traité qui constitue la troisième coalition. -- La ratification de ce traité est soumise à une condition, l'évacuation de Malte par l'Angleterre. -- Afin de conserver à cette coalition la forme préalable d'une médiation, M. de Nowosiltzoff doit se rendre à Paris pour traiter avec Napoléon. -- Inutiles efforts de la Russie pour amener la Prusse à la nouvelle coalition. -- Efforts plus heureux auprès de l'Autriche, qui prend des engagements éventuels. -- La Russie se sert de l'intermédiaire de la Prusse, afin d'obtenir de Napoléon des passe-ports pour M. de Nowosiltzoff. -- Ces passe-ports sont accordés. -- Napoléon en Italie. -- Enthousiasme des Italiens pour sa personne. -- Couronnement à Milan. -- Eugène de Beauharnais déclaré vice-roi. -- Fêtes militaires et visites à toutes les villes. -- Napoléon invinciblement entraîné à certains projets par la vue de l'Italie. -- Il projette d'expulser un jour les Bourbons de Naples, et se décide immédiatement à réunir Gênes à la France. -- Motifs de cette réunion. -- Constitution du duché de Lucques en un fief impérial, au profit de la princesse Élisa. -- Après un séjour de trois mois en Italie, Napoléon se dispose à se rendre à Boulogne, afin d'exécuter la descente. -- Ganteaume à Brest n'a pu trouver un seul jour pour mettre à la voile. -- Villeneuve et Gravina, sortis heureusement de Toulon et de Cadix, sont chargés de venir débloquer Ganteaume, pour se rendre tous ensemble dans la Manche. -- Séjour de Napoléon à Gênes. -- Son brusque départ pour Fontainebleau. -- Tandis que Napoléon prépare la descente en Angleterre, toutes les puissances du continent préparent une guerre formidable contre la France. -- La Russie, embarrassée par le refus de l'Angleterre d'abandonner Malte, trouve dans la réunion de Gênes un prétexte pour passer outre, et l'Autriche une raison pour se décider sur-le-champ. -- Traité de subside. -- Armements immédiats obstinément niés à Napoléon. -- Celui-ci s'en aperçoit, et demande des explications, en commençant quelques préparatifs vers l'Italie et sur le Rhin. -- Persuadé plus que jamais qu'il faut aller couper à Londres le noeud de toutes les coalitions, il part pour Boulogne. -- Sa résolution de s'embarquer, et son impatience en attendant la flotte française. -- Mouvement des escadres. -- Longue et heureuse navigation de Villeneuve et de Gravina jusqu'à la Martinique. -- Premières atteintes de découragement chez l'amiral Villeneuve. -- Brusque retour en Europe, et marche sur le Ferrol pour débloquer ce port. -- Bataille navale du Ferrol contre l'amiral Calder. -- L'amiral français pourrait s'attribuer la victoire, s'il n'avait perdu deux vaisseaux espagnols. -- Il a rempli son but en débloquant le Ferrol, et en ralliant deux nouvelles divisions française et espagnole. -- Au lieu de prendre confiance, et de venir débloquer Ganteaume pour se rendre avec cinquante vaisseaux dans la Manche, Villeneuve déconcerté se décide à faire voile vers Cadix, en laissant croire à Napoléon qu'il marche sur Brest. -- Longue attente de Napoléon à Boulogne. -- Ses espérances en recevant les premières dépêches du Ferrol. -- Son irritation lorsqu'il commence à croire que Villeneuve a marché vers Cadix. -- Violente agitation et emportement contre l'amiral Decrès. -- Nouvelles positives des projets de l'Autriche. -- Brusque changement de résolution. -- Plan de la campagne de 1805. -- Quelles étaient les chances de succès de la descente, manquée par la faute de Villeneuve. -- Napoléon tourne définitivement ses forces contre le continent. 269 à 468
FIN DE LA TABLE DU CINQUIÈME VOLUME.