Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 04 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française

Part 45

Chapter 452,470 wordsPublic domain

Félicitations adressées au Premier Consul par tous les cabinets, à l'occasion du Consulat à vie. -- Premiers effets de la paix en Angleterre. -- L'industrie britannique demande un traité de commerce avec la France. -- Difficulté de mettre d'accord les intérêts mercantiles des deux pays. -- Pamphlets écrits à Londres par les émigrés contre le Premier Consul. -- Rétablissement des bons rapports avec l'Espagne. -- Vacance du duché de Parme, et désir de la cour de Madrid d'ajouter ce duché au royaume d'Étrurie. -- Nécessité d'ajourner toute résolution à ce sujet. -- Réunion définitive du Piémont à la France. -- Politique actuelle du Premier Consul à l'égard de l'Italie. -- Excellents rapports avec le Saint-Siége. -- Contestation momentanée à l'occasion d'une promotion de cardinaux français. -- Le Premier Consul en obtient cinq à la fois. -- Il fait don au Pape de deux bricks de guerre, appelés _le Saint-Pierre_ et _le Saint-Paul_. -- Querelle promptement terminée avec le dey d'Alger. -- Troubles en Suisse. -- Description de ce pays et de sa Constitution. -- Le parti unitaire et le parti oligarchique. -- Voyage à Paris du landamman Reding. -- Ses promesses au Premier Consul, bientôt démenties par l'événement. -- Expulsion du landamman Reding, et retour au pouvoir du parti modéré. -- Établissement de la Constitution du 29 mai, et danger de nouveaux troubles par suite de la faiblesse du gouvernement helvétique. -- Efforts du parti oligarchique pour appeler sur la Suisse l'attention des puissances. -- Cette attention exclusivement attirée par les affaires germaniques. -- État de l'Allemagne à la suite du traité de Lunéville. -- Principe des sécularisations posé par ce traité. -- La suppression des États ecclésiastiques entraîne de grands changements dans la Constitution germanique. -- Description de cette Constitution. -- Le parti protestant et le parti catholique; la Prusse et l'Autriche; leurs prétentions diverses. -- Étendue et valeur des territoires à distribuer. -- L'Autriche s'efforce de faire indemniser les archiducs dépouillés de leurs États d'Italie, et se sert de ce motif pour s'emparer de la Bavière jusqu'à l'Inn et jusqu'à l'Isar. -- La Prusse, sous prétexte de se dédommager de ce qu'elle a perdu sur le Rhin, et de faire indemniser la maison d'Orange, aspire à se créer un établissement considérable en Franconie. -- Désespoir des petites cours, menacées par l'ambition des grandes. -- Tout le monde en Allemagne tourne ses regards vers le Premier Consul. -- Il se décide à intervenir, pour faire exécuter le traité de Lunéville, et pour terminer une affaire qui peut à chaque instant embraser l'Europe. -- Il opte pour l'alliance de la Prusse, et appuie les prétentions de cette puissance dans une certaine mesure. -- Projet d'indemnité arrêté de concert avec la Prusse et les petits princes d'Allemagne. -- Ce projet communiqué à la Russie. -- Offre à cette cour de concourir avec la France à une grande médiation. -- L'empereur Alexandre accepte cette offre. -- La France et la Russie présentent à la diète de Ratisbonne, en qualité de puissances médiatrices, le projet d'indemnité arrêté à Paris. -- Désespoir de l'Autriche abandonnée de tous les cabinets, et sa résolution d'opposer au projet du Premier Consul les lenteurs de la Constitution germanique. -- Le Premier Consul déjoue ce calcul, et fait adopter par la députation extraordinaire le plan proposé, moyennant quelques modifications. -- L'Autriche, pour intimider le parti prussien, que la France appuie, fait occuper Passau. -- Prompte résolution du Premier Consul, et sa menace de recourir aux armes. -- Intimidation générale. -- Continuation de la négociation. -- Débats à la diète. -- Le projet entravé un moment par l'avidité de la Prusse. -- Le Premier Consul, pour en finir, fait une concession à la maison d'Autriche, et lui accorde l'évêché d'Aichstedt. -- La cour de Vienne se rend, et adopte le conclusum de la diète. -- Recès de février 1803, et règlement définitif des affaires germaniques. -- Caractère de cette belle et difficile négociation. 1 à 161

LIVRE SEIZIÈME.

RUPTURE DE LA PAIX D'AMIENS.

Efforts du Premier Consul pour rétablir la grandeur coloniale de la France. -- Esprit de l'ancien commerce. -- Ambition de toutes les puissances de posséder des colonies. -- L'Amérique, les Antilles et les Indes orientales. -- Mission du général Decaen dans l'Inde. -- Efforts pour recouvrer Saint-Domingue. -- Description de cette île. -- Révolution des noirs. -- Caractère, puissance, politique de Toussaint Louverture. -- Il aspire à se rendre indépendant. -- Le Premier Consul fait partir une expédition pour assurer l'autorité de la métropole. -- Débarquement des troupes françaises à Santo-Domingo, au Cap et au Port-au-Prince. -- Incendie du Cap. -- Soumission des noirs. -- Prospérité momentanée de la colonie. -- Application du Premier Consul à restaurer la marine. -- Mission du colonel Sébastiani en Orient. -- Soins donnés à la prospérité intérieure. -- Le Simplon, le mont Genèvre, la place d'Alexandrie. -- Camp de vétérans dans les provinces conquises. -- Villes nouvelles fondées en Vendée. -- La Rochelle et Cherbourg. -- Le Code civil, l'Institut, l'administration du clergé. -- Voyage en Normandie. -- La jalousie de l'Angleterre excitée par la grandeur de la France. -- Le haut commerce anglais plus hostile à la France que l'aristocratie anglaise. -- Déchaînement des gazettes écrites par les émigrés. -- Pensions accordées à Georges et aux chouans. -- Réclamations du Premier Consul. -- Faux-fuyants du cabinet britannique. -- Articles de représailles insérés au _Moniteur_. -- Continuation de l'affaire suisse. -- Les petits cantons s'insurgent sous la conduite du landamman Reding, et marchent sur Berne. -- Le gouvernement des modérés obligé de fuir à Lausanne. -- Demande d'intervention refusée d'abord, puis accordée par le Premier Consul. -- Il fait marcher le général Ney avec trente mille hommes, et appelle à Paris des députés choisis dans tous les partis, pour donner une constitution à la Suisse. -- Agitation en Angleterre; cris du parti de la guerre contre l'intervention française. -- Le cabinet anglais, effrayé par ces cris, commet la faute de contremander l'évacuation de Malte, et d'envoyer un agent en Suisse pour soudoyer l'insurrection. -- Promptitude de l'intervention française. -- Le général Ney soumet l'Helvétie en quelques jours. -- Les députés suisses réunis à Paris sont présentés au Premier Consul. -- Discours qu'il leur adresse. -- Acte de médiation. -- Admiration de l'Europe pour la sagesse de cet acte. -- Le cabinet anglais est embarrassé de la promptitude et de l'excellence du résultat. -- Vive discussion dans le Parlement britannique. -- Violences du parti Grenville, Windham, etc. -- Nobles paroles de M. Fox en faveur de la paix. -- L'opinion publique un moment calmée. -- Arrivée de lord Withworth à Paris, du général Andréossy à Londres. -- Bon accueil fait de part et d'autre aux deux ambassadeurs. -- Le cabinet britannique, regrettant d'avoir retenu Malte, voudrait l'évacuer, mais ne l'ose pas. -- Publication intempestive du rapport du colonel Sébastiani sur l'état de l'Orient. -- Fâcheux effet de ce rapport en Angleterre. -- Le Premier Consul veut avoir une explication personnelle avec lord Withworth. -- Long et mémorable entretien. -- La franchise du Premier Consul mal comprise et mal interprétée. -- Exposé de l'état de la République, contenant une phrase blessante pour l'orgueil britannique. -- Message royal en réponse. -- Les deux nations s'adressent une sorte de défi. -- Irritation du Premier Consul, et scène publique faite à lord Withworth, en présence du corps diplomatique. -- Le Premier Consul passe subitement des idées de paix aux idées de guerre. -- Ses premiers préparatifs. -- Cession de la Louisiane aux États-Unis, moyennant quatre-vingts millions. -- M. de Talleyrand s'efforce de calmer le Premier Consul, et oppose une inertie calculée à l'irritation croissante des deux gouvernements. -- Lord Withworth le seconde. -- Prolongation de cette situation. -- Nécessité d'en sortir. -- Le cabinet britannique finit par avouer qu'il veut garder Malte. -- Le Premier Consul répond par la sommation d'exécuter les traités. -- Le ministère Addington, de peur de succomber dans le Parlement, persiste à demander Malte. -- On imagine plusieurs termes moyens qui n'ont aucun succès. -- Offre de la France de mettre Malte en dépôt dans les mains de l'empereur Alexandre. -- Refus de cette offre. -- Départ des deux ambassadeurs. -- Rupture de la paix d'Amiens. -- Anxiété publique tant à Londres qu'à Paris. -- Causes de la brièveté de cette paix. -- À qui appartiennent les torts de la rupture? 162 à 343

LIVRE DIX-SEPTIÈME.

CAMP DE BOULOGNE.

Message du Premier Consul aux grands corps de l'État, et réponse à ce message. -- Paroles de M. de Fontanes. -- Violences de la marine anglaise à l'égard du commerce français. -- Représailles. -- Les communes et les départements, par un mouvement spontané, offrent au gouvernement des bateaux plats, des frégates, des vaisseaux de ligne. -- Enthousiasme général. -- Ralliement de la marine française dans les mers d'Europe. -- État dans lequel la guerre place les colonies. -- Suite de l'expédition de Saint-Domingue. -- Invasion de la fièvre jaune. -- Destruction de l'armée française. -- Mort du capitaine général Leclerc. -- Insurrection des noirs. -- Ruine définitive de la colonie de Saint-Domingue. -- Retour des escadres. -- Caractère de la guerre entre la France et l'Angleterre. -- Forces comparées des deux pays. -- Le Premier Consul se résout hardiment à tenter une descente. -- Il la prépare avec une activité extraordinaire. -- Constructions dans les ports et dans le bassin intérieur des rivières. -- Formation de six corps de troupes, depuis le Texel jusqu'à Bayonne. -- Moyens financiers. -- Le Premier Consul ne veut pas recourir à l'emprunt. -- Vente de la Louisiane. -- Subsides des alliés. -- Concours de la Hollande, de l'Italie et de l'Espagne. -- Incapacité de l'Espagne. -- Le Premier Consul la dispense de l'exécution du traité de Saint-Ildephonse, à condition d'un subside. -- Occupation d'Otrante et du Hanovre. -- Manière de penser de toutes les puissances, au sujet de la nouvelle guerre. -- L'Autriche, la Prusse, la Russie. -- Leurs anxiétés et leurs vues. -- La Russie prétend limiter les moyens des puissances belligérantes. -- Elle offre sa médiation, que le Premier Consul accepte avec un empressement calculé. -- L'Angleterre répond froidement aux offres de la Russie. -- Pendant ces pourparlers, le Premier Consul part pour un voyage sur les côtes de France, afin de presser les préparatifs de sa grande expédition. -- Madame Bonaparte l'accompagne. -- Le travail le plus actif mêlé à des pompes royales. -- Amiens, Abbeville, Boulogne. -- Moyens imaginés par le Premier Consul, pour transporter une armée de Calais à Douvres. -- Trois espèces de bâtiments. -- Leurs qualités et leurs défauts. -- Flottille de guerre et flottille de transport. -- Immense établissement maritime élevé à Boulogne par enchantement. -- Projet de concentrer deux mille bâtiments à Boulogne, quand les constructions auront été achevées dans les ports et les rivières. -- Préférence donnée à Boulogne sur Dunkerque et Calais. -- Le détroit, ses vents et ses courants. -- Creusement des ports de Boulogne, Étaples, Wimereux et Ambleteuse. -- Ouvrages destinés à protéger le mouillage. -- Distribution des troupes le long de la mer. -- Leurs travaux et leurs exercices militaires. -- Le Premier Consul, après avoir tout vu et tout réglé, quitte Boulogne, pour visiter Calais, Dunkerque, Ostende, Anvers. -- Projets sur Anvers. -- Séjour à Bruxelles. -- Concours dans cette ville des ministres, des ambassadeurs, des évêques. -- Le cardinal Caprara en Belgique. -- Voyage à Bruxelles de M. Lombard, secrétaire du roi de Prusse. -- Le Premier Consul cherche à rassurer le roi Frédéric-Guillaume par de franches communications. -- Retour à Paris. -- Le Premier Consul veut en finir de la médiation de la Russie, et annonce une guerre à outrance contre l'Angleterre. -- Il veut enfin obliger l'Espagne à s'expliquer, et à exécuter le traité de Saint-Ildephonse, en lui laissant le choix des moyens. -- Conduite étrange du prince de la Paix. -- Le Premier Consul fait une démarche auprès du roi d'Espagne, pour lui dénoncer ce favori et ses turpitudes. -- Triste abaissement de la cour d'Espagne. -- Elle se soumet, et promet un subside. -- Continuation des préparatifs de Boulogne. -- Le Premier Consul se dispose à exécuter son entreprise dans l'hiver du 1803. -- Il se crée un pied-à-terre près de Boulogne, au Pont-de-Briques, et y fait des apparitions fréquentes. -- Réunion dans la Manche de toutes les divisions de la flottille. -- Brillants combats des chaloupes canonnières contre des bricks et des frégates. -- Confiance acquise dans l'expédition. -- Intime union des matelots et des soldats. -- Espérance d'une exécution prochaine. -- Événements imprévus qui rappellent un moment l'attention du Premier Consul sur les affaires intérieures. 344 à 499

LIVRE DIX-HUITIÈME.

CONSPIRATION DE GEORGES.

Craintes de l'Angleterre à la vue des préparatifs qui se font à Boulogne. -- Ce que la guerre est ordinairement pour elle. -- Opinion qu'on se fait d'abord à Londres des projets du Premier Consul; terreur qu'on finit par en concevoir. -- Moyens imaginés pour résister aux Français. -- Discussion de ces moyens au Parlement. -- Rentrée de M. Pitt à la Chambre des Communes. -- Son attitude, et celle de ses amis. -- Force militaire des Anglais. -- M. Windham demande l'établissement d'une armée régulière, à l'imitation de l'armée française. -- On se borne à la création d'une armée de réserve, et à une levée de volontaires. -- Précautions prises pour la garde du littoral. -- Le cabinet britannique revient aux moyens anciennement pratiqués par M. Pitt, et seconde les complots des émigrés. -- Intrigues des agents diplomatiques anglais, MM. Drake, Smith et Taylor. -- Les princes réfugiés à Londres se réunissent à Georges et à Pichegru, et entrent dans un complot dont le but est d'assaillir le Premier Consul, avec une troupe de chouans, sur la route de la Malmaison. -- Afin de s'assurer l'adhésion de l'armée, dans la supposition du succès, on s'adresse au général Moreau, chef des mécontents. -- Intrigues du nommé Lajolais. -- Folles espérances conçues sur quelques propos du général Moreau. -- Premier départ d'une troupe de chouans conduits par Georges. -- Leur débarquement à la falaise de Biville; leur route à travers la Normandie. -- Georges, caché dans Paris, prépare des moyens d'exécution. -- Second débarquement, composé de Pichegru et de plusieurs émigrés de haut rang. -- Pichegru s'abouche avec Moreau. -- Il le trouve irrité contre le Premier Consul, souhaitant sa chute et sa mort, mais nullement disposé à seconder le retour des Bourbons. -- Désappointement des conjurés. -- Leur découragement, et la perte de temps que ce découragement entraîne. -- Le Premier Consul, que la police servait mal depuis la retraite de M. Fouché, découvre le danger dont il est menacé. -- Il fait livrer à une commission militaire quelques chouans récemment arrêtés, pour les contraindre à dire ce qu'ils savent. -- Il se procure ainsi un révélateur. -- Le complot dénoncé tout entier. -- Surprise en apprenant que Georges et Pichegru sont dans Paris, que Moreau est leur complice. -- Conseil extraordinaire, et résolution d'arrêter Moreau. -- Dispositions du Premier Consul. -- Il est plein d'indulgence pour les républicains, et de colère contre les royalistes. -- Sa résolution de frapper ceux-ci d'une manière impitoyable. -- Il charge le grand-juge de lui amener Moreau, pour tout terminer dans une explication personnelle et amicale. -- L'attitude de Moreau devant le grand-juge fait avorter cette bonne résolution. -- Les conjurés arrêtés déclarent tous qu'un prince français devait être à leur tête, et qu'il avait le projet d'entrer en France par la falaise de Biville. -- Résolution du Premier Consul de s'en saisir, et de le livrer à une commission militaire. -- Le colonel Savary envoyé à la falaise de Biville, pour attendre le prince, et l'arrêter. -- Loi terrible, qui punit de mort quiconque donnera asile aux conjurés. -- Paris fermé pendant plusieurs jours. -- Arrestation successive de Pichegru, de MM. de Polignac, de M. de Rivière, et de Georges lui-même. -- Déclaration de Georges. -- Il est venu pour attaquer le Premier Consul de vive force. -- Nouvelle affirmation qu'un prince devait être à la tête des conjurés. -- Irritation croissante du Premier Consul. -- Inutile attente du colonel Savary à la falaise de Biville. -- On est conduit à rechercher où se trouvent les princes de la maison de Bourbon. -- On songe au duc d'Enghien, qui était à Ettenheim, sur les bords du Rhin. -- Un sous-officier de gendarmerie est envoyé pour prendre des renseignements. -- Rapport erroné de ce sous-officier, et fatale coïncidence de son rapport avec une nouvelle déposition d'un domestique de Georges. -- Erreur, et aveugle colère du Premier Consul. -- Conseil extraordinaire, à la suite duquel l'enlèvement du prince est résolu. -- Son enlèvement et sa translation à Paris. -- Une partie de l'erreur est découverte, mais trop tard. -- Le prince, envoyé devant une commission militaire, est fusillé dans un fossé du château de Vincennes. -- Caractère de ce funeste événement. 500 à 613