Histoire des Plus Célèbres Amateurs Étrangers Espagnols, Anglais, Flamands, Hollandais et Allemands et de leurs relations avec les artistes

Part 30

Chapter 303,705 wordsPublic domain

Bien qu'il eût refusé d'aller vivre à Berlin, Winckelmann n'avait pas renoncé au plaisir de revoir la Saxe, Dresde et Nöthenitz en particulier. Au mois de février 1768, il croyait pouvoir annoncer à Franken l'époque où il comptait aller le «surprendre un beau matin.» Il avait même informé de son départ le prince d'Anhalt-Dessau, qu'il devait également visiter. Mais il fut obligé de retirer sa parole, ayant été forcé de rester à Rome pour le passage du grand-duc et de la grande-duchesse de Toscane, qui retournaient dans leurs États, après avoir conduit à Naples la future reine des Deux-Siciles. Il commençait donc à craindre de ne jamais revoir sa patrie; d'autant plus qu'il lui serait difficile de quitter, pour une année qu'exigeait ce voyage, son maître et éternel ami, le cardinal Albani, au grand âge qu'il avait. En outre, on prévoyait la mort du pape Benoît XIV, et comme tous les voeux paraissaient se réunir en faveur du cardinal Stoppani, bienfaiteur de notre savant, il ne pouvait pas s'éloigner de Rome sans porter préjudice à ses intérêts[579].

Cependant, vers la fin de mars 1768, Winckelmann changea encore de résolution: mettant de côté tous les obstacles qui s'opposaient à son voyage, il écrivit à Franken pour lui annoncer sa prochaine arrivée à Nöthenitz; il comptait partir au commencement d'avril, suivant la permission qu'il en avait obtenue de son maître et du Pape. Il se proposait de presser sa marche jusqu'à sa première étape, qui serait chez le prince d'Anhalt-Dessau: il avait l'intention de ne passer qu'en courant par Dresde, pour se rendre à Dessau, où il devait attendre son ami Stosch, afin de gagner Brunswick, où il était attendu par le prince héréditaire; il se proposait ensuite de pousser jusqu'à Berlin. Son âme n'avait jamais été plus satisfaite qu'en annonçant à son ami sa prochaine arrivée[580].

Winckelmann quitta Rome, qu'il ne devait plus revoir, le 10 avril 1768, accompagné du sculpteur Cavaceppi, qui entreprenait ce voyage, tant par amitié pour lui, qu'afin de rétablir sa santé. Il prit la route du Tyrol, qui l'avait amené à Rome douze années auparavant. Mais, en s'éloignant de cette patrie d'adoption, ses idées devenaient sombres, et il cédait comme à un accès de noire mélancolie. Il paraissait hésiter à continuer son voyage, et parlait de revenir.--«_Torniamo a Roma._» Retournons à Rome, répétait-il à son compagnon de route, qui nous a conservé un journal de ce voyage, depuis leur départ de Rome, jusqu'au moment où ils se séparèrent à Vienne[581].

La réception enthousiaste qui lui fut faite à Munich, ainsi que dans la capitale de l'Autriche, les honneurs dont il fut entouré, ne purent triompher de sa tristesse. Ses pensées se reportaient constamment vers Rome, où il avait joui pendant si longtemps d'une félicité parfaite: agité par un secret pressentiment, il craignait de ne plus revoir cette ville. Cavaceppi raconte, que le prince de Kaunitz ayant, adressé à Winckelmann les paroles les plus affectueuses, pour le dissuader de retourner en Italie, ces instances ne servirent qu'à le confirmer dans sa résolution.--«Nous ne voulûmes plus lui en parler davantage, dit-il, ayant remarqué qu'il avait les yeux d'un mort.» Il fut donc décidé qu'il renoncerait à Dresde, Berlin et Hanovre, et, qu'après un court séjour à Vienne, il serait libre de repartir pour l'Italie. Rassuré par cette détermination, qui comblait ses voeux les plus ardents, il mit à profit le temps qu'il dut passer à Vienne, pour examiner la bibliothèque et la galerie impériale, celle du prince de Lichtenstein, et d'autres collections particulières. Il revit avec soin le manuscrit de la seconde édition de son _Histoire de l'art_, qu'il préparait depuis longtemps, et s'occupa de la traduction française, qui devait paraître en même temps que le texte.

Enfin, comblé d'honneurs et de présents, il se hâta de se remettre en route pour sa patrie de prédilection. Il avait eu d'abord l'intention de se diriger sur Venise par la Carniole, mais il changea son itinéraire, et résolut de rentrer en Italie par Trieste. Il y arriva dans les premiers jours de juin 1768.

À peu de distance de cette ville, voyageant à petites journées, selon l'usage de ce temps, il avait rencontré un Italien, qui n'eut pas de peine à découvrir son faible: affectant lui-même un grand amour pour les antiquités, il arracha bientôt au trop confiant voyageur l'énumération des riches et nombreux cadeaux qu'il avait reçus, ainsi que des monnaies et médailles en or et en argent, qu'il remportait en Italie. Ce misérable, nommé Francesco Archangeli, était un repris de justice, condamné à mort précédemment pour ses méfaits, mais dont la peine avait été commuée en celle du bannissement perpétuel. En arrivant à Trieste, il était déjà dans la confiance de Winckelmann, qui lui montra, sans aucun soupçon, ses médailles et autres objets précieux.

Notre antiquaire voulait s'embarquer à Trieste pour Ancône, et, en attendant le vaisseau sur lequel il devait traverser l'Adriatique, il occupait ses loisirs, dans l'hôtellerie où il était descendu, à relire son vieil Homère, le seul livre qu'il eût emporté avec lui. Dans ses moments de méditation et de repos, il s'amusait à jouer avec un enfant de son hôte, qui annonçait beaucoup d'intelligence. Le 8 juin, tandis qu'il était occupé à écrire à une petite table, Archangeli entra dans sa chambre. Après lui avoir exprimé ses regrets d'être obligé de le quitter pour se rendre à Venise, où l'appelaient des affaires importantes, il le pria de lui montrer une dernière fois ses médailles, afin qu'il pût en conserver un souvenir plus présent. Winckelmann, sans aucune méfiance, y consentit de bonne grâce; et comme il se tenait baissé pour ouvrir le coffre dans lequel elles étaient renfermées, le scélérat le pousse et le fait tomber, selon les uns, en lui pressant la tête entre le couvercle et le fond du coffre, selon d'autres, en essayant de l'étrangler avec un lacet. La victime crie et résiste: alors, pour étouffer ses cris, l'assassin lui plonge, à cinq reprises différentes, un stylet dans le ventre. Il l'aurait certainement achevé, si l'enfant, dont nous avons parlé, n'était venu frapper à la porte de la chambre.

Ce bruit fait fuir Archangeli, sans même lui laisser le temps de voler les médailles[582]. On s'empresse d'accourir au secours du pauvre blessé; mais il était frappé à mort, et il ne tarda pas à expirer, après sept heures d'affreuses souffrances, sans avoir perdu sa présence d'esprit, après avoir pardonné à son meurtrier, dicté ses dernières volontés, et reçu les sacrements de l'Église. Par son testament, il institua le cardinal Albani son légataire universel, et laissa 350 sequins à son graveur Mogali, et 100 autres à l'abbé Pirani.

Ainsi mourut, à cinquante ans et quelques mois, dans toute la force de son talent, un des hommes qui ont le plus contribué à remettre en honneur l'étude de l'antique, si décriée dans la première moitié du dernier siècle.

À Rome, le cardinal Albani, inconsolable de la perte de son ami, voulut lui faire élever un tombeau digne de sa mémoire, mais l'exécution de ce projet fut empêchée par le grand âge du prélat, qui mourut en 1779, à près de quatre-vingt-huit ans. Ce fut un autre ami de l'historien de l'art, le conseiller Reiffenstein, qui se chargea du soin pieux de lui ériger, à ses frais, dans le Panthéon, un monument composé d'un médaillon en marbre, d'après son portrait par Raphaël Mengs, et d'une inscription latine. Dans les premières années de ce siècle, ce médaillon a été transféré, ainsi que presque tous ceux qui étaient à la Rotonde, dans le musée des hommes illustres, au Capitole.

Telle fut la vie et la mort du savant amateur, qui a le mieux connu et le mieux apprécié la langue et l'art des Grecs. Rien que son _Histoire des arts du dessin chez les anciens_ ne soit pas exempte d'erreurs, ainsi qu'il le reconnaît lui-même avec modestie[583]; bien que la partie consacrée aux Égyptiens, aux Phéniciens, aux Perses, aux Étrusques et aux autres peuples de la Péninsule italique, soit devenue fort incomplète, depuis les nouvelles découvertes faites dans ces contrées, et les beaux travaux de Lanzi et des autres savants modernes, l'histoire de l'art grec n'a rien perdu de son importance et de sa valeur. C'est toujours à cette histoire qu'il faudra recourir, lorsqu'on voudra connaître à fond l'essence de l'art et l'idée du beau chez les anciens; les attributs et les formes de leurs divinités; le costume des dieux, des héros, des athlètes et des personnages célèbres; les moyens mécaniques employés par la statuaire antique; les progrès et le déclin de cet art chez les Grecs, depuis son origine jusqu'à la domination romaine en Grèce; chez les Romains, depuis la république jusqu'à son entière décadence sous les derniers empereurs.

L'influence de Winckelmann sur l'esthétique de l'art a été immense; bien avant notre David, il dirigea souvent Raphaël Mengs dans la voie que le peintre des _Horaces_, du _Combat de Romulus et Tatius_, et du _Léonidas_, a suivie après lui encore de plus près. En Allemagne, son exemple a ramené des écrivains de premier ordre au goût et à l'étude de l'art classique. C'est ainsi, par exemple, que le _Laocoon_ de Lessing[584] a été composé, suivant les idées émises quelques années avant par Winckelmann, dans son premier ouvrage de l'_Imitation des artistes grecs_. C'est également dans les oeuvres de Winckelmann, que le savant Heyne puisa l'idée de ses dissertations sur la mythologie, qui ont eu tant de retentissement dans le monde des érudits. L'illustre Goethe lui-même n'a pas échappé à l'influence de notre antiquaire, et son ouvrage, _Winckelmann et son siècle_, publié en 1805, prouve l'impression profonde produite, sur les intelligences les plus élevées, par les idées du grand amateur saxon. Enfin, l'art allemand, tel que l'entendaient et le pratiquaient les peintres et les sculpteurs de ce pays, dans la dernière moitié du siècle précédent, jusqu'au commencement du nôtre, a dû à Winckelmann ses plus puissantes inspirations[585].

Aujourd'hui, son influence a beaucoup diminué dans sa patrie; la nouvelle école allemande affecte de mépriser l'art des Grecs, pour mettre à sa place un art purement germanique. L'avenir dira si l'originalité de ces tentatives aura réussi à faire oublier les divinités et les héros de Phidias, de Praxitèle et de Lysippe. Quant à nous, sans critiquer ces oeuvres nouvelles, dont quelques-unes sont marquées au coin d'un véritable talent, aux forêts d'Odin, aux vieilles forteresses féodales, aux rois et aux guerriers des Niebelungen, nous préférons le Parnasse, le Taygète, les Ruines d'Athènes, l'Apollon du Belvédère, le Laocoon, la Niobé, la Vénus de Milo, l'Amazone blessée, le Lutteur, le Gladiateur mourant, et nous appliquerons à l'art des Grecs, ce qu'un de nos poëtes a si bien dit du vieil Homère, dans ces vers que Winckelmann n'aurait pas désavoués:

«Trois mille ans ont passé sur le tombeau d'Homère, Et depuis trois mille ans, Homère respecté, Est jeune encor de gloire et d'immortalité.»

FIN.

ACHEVÉ D'IMPRIMER SUR LES PRESSES OFFSET DE L'IMPRIMERIE REDA S. A. À CHÊNE-BOURG (GENÈVE), SUISSE

AOÛT 1973

Rémipression de l'édition de Paris, 1860

* * * * *

NOTES:

[1] Mariette, dans une lettre à Bottari, insérée au tome VI des _Lettere pittoriche_, éd. di Ticozzi, p. 9, affirme que Mendoza ne s'appelait pas Diego. Néanmoins, dans les titres de ses poésies, publiées à Madrid en 1610, l'éditeur ne le désigne que sous ce seul prénom. Mais D. Gregorio Mayans, dans la vie de ce personnage, placée en tête de l'édition donnée à Valence en 1776, de la _Guerra de Granada_, le nomme _D. Diego Hurtado de Mendoza_, et c'est ainsi qu'il est désigné dans le catalogue de la calcographie du musée de Madrid.

[2] Voy. l'_Histoire des plus célèbres amateurs italiens_, p. 211 et suivantes.

[3] _Le Meraviglie dell'arte, vita di Tiziano_, édit. de 1648, in-4, p. 153 et suiv.

[4] Ridolfi, _ut suprà_, p. 165-166.

[5] Ridolfi, _ut suprà_, p. 168, la rapporte en espagnol: nous la traduisons ici pour la première fois en français.

[6] _Vita di Tiziano_, p. 171.

[7] Ridolfi, _Vita di Tiziano_, p. 171-173.

[8] Le catalogue de cette collection indique _quarante-trois_ tableaux de Titien.

[9] _Vivimus morituri, morimur victuri._

[10] Pag. 240 et suiv.

[11] Ridolfi, _ibid._ p. 154, 158.

[12] _Catalogue du musée du Louvre_, écoles d'Italie, p. 228. Troisième édit., 1852.

[13] _Catalogo de los cuadros del real Museo._ Madrid, 1850, p. 191, num. 821.

[14] Lettre à Bottari, dans le tome VI des _Lettere pittoriche_, édit. di Ticozzi. Milan, 1822, in-18, p. 13-14.

[15] Ridolfi, _Vita di Tiziano_, p. 188.

[16] Voy. l_'Histoire des plus célèbres amateurs français_, Mariette, p. 57.

[17] Imprimée dans ses _Poésies_, publiées à Venise en 1552, in-8, et en 1572, in-4.

[18] _Vida de don Diego Hurtado de Mendoza_, par don Gregorio Mayans, en tête de l'édition qu'il a donnée à Valence en 1776, in-4, de la _Guerra de Granada_; réimprimée dans la même ville par don Benito Montfort, 1830, in-12, de la p. 1re à 16, _passim._

[19] Voy. _l'Histoire des plus célèbres amateurs français_. Mariette, p. 57 et suiv.

[20] Dans son ouvrage intitulé: _Venezia città nobilissima e singolare descritta in XIIII libri, in Venezia appresso Giacomo Sansovino._ 1581.

[21] _Per vedere i sudori mirabili del Sansovino; lettere dell'Aretino._ T. II, p. 120.

[22] _D'en haut_,--fonctionnaires d'un ordre supérieur, choisis dans la plus haute noblesse.--Voy. _la Ville et la république de Venise_, par le sieur de Saint-Didier. Amsterdam, Daniel Elzevier, 1680, petit in-18, p. 134, 135, 136 et suiv.--Voy. aussi l'_Histoire de Venise_, par M. Daru, t. VII, p. 292, édit. in-18. Didot. 1826.

[23] «_Che giova nelle fata dar di cozzo?_»--Inferno, c. IX, v. 97.

[24] _Lettere di P. Bembo_, t. V, p. 488, dans l'édition des _Classiques italiens_, de Milan, in-8, 1820; t. IX des _OEuvres complètes de Bembo_.

[25] _Vita di Jacopo Sansovino, scultore ed achitetto chiarissimo, scritta da Tommaso Temanza in Venezia_, 1751. In-4, de la page 19 à la page 33.--Ridolfi, dans la _Vie d'Andréa Schiavone_, dit que Titien fit assigner à ce peintre les trois premières lunettes de la voûte (_tondi_) du côté du campanile ou clocher de Saint-Marc; et il donne une description détaillée de ces peintures.

[26] Ridolfi, _Vita di Tiziano_, p. 152.

[27] Don Gregorio Mayans, _ut supra_, p. 14.

[28] Loc. cit., p. 152-153.

[29] _Storia della letteratura italiana_, t. VII, p. 1514, édit. des Classiques, de Milan, 1824, in-8.

[30] Bottari, _Lettere pittoriche_, t. V, p. 140-146, _ad notam_.

[31] _Vida de don D. H. de Mendoza_, p. 38, 39.

[32] _Vida de don D. H. de Mendoza_, p. 46.

[33] _Cartas de santa Teresa de Jesus_, T. 1er, _carta_ 11.

[34] _Vida de don D. H. de Mendoza, ut suprà_, de la p. 38 à la p. 51.

[35] Bibliothèque impériale de Paris, Y, n. 6256.

[36] _Vida de don D. H. de Mendoza_, p. 51.

[37] Cette pièce commence ainsi (p. 114):

Estoy en una prision En un fuego y confusion Sin pensallo. Que aunque me sobra razon Para dezir mi passion Sufro y callo.

[38] _Quintas a una despedida_, p. 141:

Yo parto, y muero en partirme, Yo lo procure, yo lo pago. No me dexcys en el trago, Señora, del despedirme, Por el servicio que os hago.

[39] Il est rapporté en tête du volume publié à Madrid en 1610, et se trouve au verso du feuillet qui contient l'approbation de l'ouvrage et le permis d'imprimer donné par l'inquisition.

[40] Dans le catalogue des meilleures estampes du musée de Madrid, on trouve cité le portrait de don D. H. de Mendoza, parmi ceux des cent quatorze personnages illustres de la nation espagnole.--P. 7. _Cuaderno_, 6º.

[41] Du 31 mars 1621 au 17 septembre 1665.

[42] _OEuvres de Voiture_, édit. de M. Ubicini, 2 vol. in-12, chez Charpentier. 1855, t. II, p. 271 et suivantes.

[43] À Cologne, chez Pierre Van Egmondt, à la Sphère, 1673; petit in-16.--Bibliothèque impériale, nº 1963.

[44] Par exemple, après avoir dit du comte-duc: «_Andò alla corte e vi andò addottrinato, non vi andò ignorante_, il ajoute: _La corte non è una scuola di grammatica_; _ella non da i primi alimenti e non insegna e primi elementi_; _il di lui cibo non è latte_; _di rado produce_, _raffina_, etc. Telle est la manière du marquis, pleine de recherche, et au fond très-vide.--Le passage ci-dessus est extrait, p. 14, de son ouvrage intitulé: _Il ritratto del privato politico cristiano, estratto dall'originale d'alcune attioni del co-duca di san Lucar_; dédié à Philippe IV, Bologne, 1635, _presso Giacomo Monti_, etc., in-8º de 135 pag., plus l'Introduction.--Le marquis Malvezzi a composé un autre livre à la louange de Philippe IV et de son ministre, sous ce titre: _Introduttione al raconta de' principali successi accaduti sotto il commando del potentissimo Re Philippo quarto_.--_Roma_, 1651, in-8º de 107 pages, plus le bref d'Innocent X, la dédicace au roi d'Espagne et l'avertissement. Les deux ouvrages sont à la Bibliothèque impériale, contenus dans le même volume, avec la _Caduta del conte Olivarès_, l'_anno_ 1643, du père Camillo Guidi, _in Ivrea_, 1644,--0,388.--L'_Histoire d'Olivarès_ a encore été écrite en italien par D. J.-J. d'Ischia, Udine, 1653, in-24, et par le comte Ferrante Pallavicini, _opere scelte_.

[45] Gil Blas, t. III, liv. XI, chap. II, p. 238-9; édit. in-8º des _Classiques latins_, de Lefebvre.

[46] _Ibid._, chap. V, p. 249-250.

[47] _La caduta del conte d'Olivarès_, p. 33-4. Bibliothèque impériale, 0,388, à la fin du volume.

[48] _Il ritratto del privato politico_, etc., _ut suprà_, p. 41.

[49] _Conoscendo che questa ambasciaria era un fermarsi, non la volle accettare._--_Ut suprà_, p. 15.

[50] Il était né le 8 avril 1605.

[51] _Ut suprà_, p. 16.

[52] T. II, p. 272, édit. de M. Ubicini.

[53] _L'histoire du ministère du comte-duc_, etc., p. 6-7.

[54] _Las vidas de los pintores y estatuarios eminentes Españoles, que con sus heroycas obras han illustrado la nacion_, etc. Londres, 1742, un vol. in-8, p. 37, nº 57.--Ce livre n'est qu'un abrégé du grand ouvrage de Palomino.

[55] _Catalogo_, 1850, nº 27, p. 18.

[56] _La Tragedia mas lastimosa, el conde de Sex_;--_Dar la vida por su dama_, etc. Voyez à ce sujet: Ochoa, _Tesoro del teatro español_, 5 vol. in-8. Paris, 1838, t. V, p. 98.

[57] Jean de Butron, _Discursos apologeticos en que se defiende la ingenuidad del arte de la pintura_. In-4, Madrid, 1626.

[58] _Velasquez and his Works_, _London_, 1855, in-12, avec le portrait eau-forte de Velasquez; excellente biographie, à laquelle je ferai plus d'un emprunt; elle est extraite d'un ouvrage plus considérable du même auteur: _Annals of the artists of Spain_, _London_, 1848.

[59] Palomino, p. 18-19, nº 30.

[60] _Notizie de' professori di disegno, decennale III, dal 1600 al 1640._ In-4, p. 313, _Vº. Vincenzio Carducci_, t. V.

[61] _Dialogo_ 7.

[62] Baldinucci, _ut suprà_, p. 315.

[63] Palomino, p. 36, nº 55, _Vº. Patricio Caxes._ Le catalogue du _real Museo_ n'indique qu'un seul tableau de cet artiste, sous le nº 162, la _Vierge avec l'enfant Jésus_.

[64] Pag. 53, nº 73, _Eugenio Caxes_.

[65] _Catalogo_, nº 151.

[66] Pag. 74, nº 102.

[67] _Arte de la pintura, su antiguedad y grandezas, etc.; par Francisco Pacheco, Vezino de Sevilla, año 1649_; petit in-4º, p. 101 et suivantes.--Bibliothèque impériale, V. 1737.

[68] Palomino, p. 77, nº 106 (abrégé de son grand ouvrage; Londres, 1742, in-8º) veut que Velasquez ait été d'abord élève de Francisco Herrera le vieux. Mais nous trouvons dans le même auteur, p. 66, nº 91, que «Francisco Herrera, nommé le Vieux, peintre, architecte et sculpteur en bronze, fut natif et habitant de Séville, et élève de Francisco Pacheco;» et, p. 68, qu'il mourut à la cour en 1656: il était donc à peu près de même âge que Velasquez, et par conséquent, il n'aurait pu lui servir de maître. Aussi, le catalogue du _real museo_ de Madrid (édit. de 1850) indique Velasquez seulement comme élève de Pacheco.--Ce dernier, de son côté, dans son _Arte de la Pintura_, réclame pour lui seul la gloire d'avoir formé un tel disciple. Voici le passage où il revendique cet honneur (p. 171, § 2): «Diego de Silva Velasquez, mon gendre, occupe la troisième place (parmi les artistes qui ont le plus honoré la peinture); c'est à lui, qu'après cinq années d'éducation et d'enseignement, j'ai donné ma fille, déterminé par sa vertu, sa douceur, ses excellentes qualités, et par les espérances que me faisaient concevoir son bon naturel et son grand génie: L'honneur d'avoir été son maître étant plus grand que celui d'être son beau-père, il m'a paru juste de refréner l'audace de celui qui voudrait s'attribuer cette gloire, m'enlevant ainsi la couronne de mes dernières années.»

[69] Pag. 566, _Arte de la Pintura_.

[70] _Ut suprà_, p. 60, nº 84.

[71] _Arte de la Pintura_, pag. 66, 611.

[72] Palomino, p. 60, nº 84.

[73] _Arte de la Pintura_, p. 101.

[74] P. 116.

[75] Palomino, p. 75, nº 102.--Une taxe semblable a existé plus longtemps sur la vente des livres, et le traité de Pacheco sur la peinture fut taxé à _quatro maravedis, cada pliego_. Voy. à la seconde feuille après le titre.

[76] Voy. _l'Histoire des plus célèbres amateurs italiens_, p. 101.

[77] _Arte de la Pintura_, p. 165.

[78] Palomino, p. 27, nº 43.

[79] _Arte de la Pintura_, p. 471.

[80] _Arte de la pintura_, p. 471.

[81] _Ibid._, pages 593 et suivantes.

[82] _Ibid._, p. 605.

[83] C'est ainsi que Charles Le Brun a représenté Jésus-Christ, dans son tableau, gravé par G. Andran et Edelinck, où il le montre adoré par les anges, parmi lesquels on a voulu reconnaître, dans celui qui est à genoux au pied de la croix, le portrait de madame de la Vallière.

[84] _Ibid._, p. 100.

[85] _Arte de la Pintura_, p. 492, 567.

[86] _Ibid._, p. 163.

[87] _Cataloge_, nos 237, 238, 333, 388.

[88] Ces vers sont tirés du premier sonnet de Michel-Ange à la marquise de Pescaire, Vittoria Colonna: Voy. _Le rime di Michel-Agnolo Buonarroti, testo di lingua italiana_, in-8º, 1817, p. 1.

[89] Palomino, p. 77, nº 106.

[90] _Sumiller de cortina de su Magestad_, Pacheco; _Arte de la pintura_, p. 102.--C'était une sorte de chambellan, chargé de tirer le rideau, ou d'ouvrir et fermer les portières lorsque le roi d'Espagne entrait dans ses appartements ou en sortait.

[91] Ce portrait est au _Real museo, catalogo_, nº 527.

[92] Bouterwek, _Hist. de la littérature espagnole_, t. II, p. 91 et suivantes.

[93] P. 102.

[94] _Arte de la pintura,_ p. 102.

[95] _Arte de la pintura_, p. 102.

[96] _Anecdotes du ministère du comte duc d'Olivarès, tirées et traduites de l'italien de Mercurio Siri, par M. de Valdory_; Paris, 1722, in-12, p. 191:--Bibliothèque impériale, 0,700.

[97] _Ut suprà_, p. 112, 113.

[98] La _contractation_ était une junte siégeant à Séville, et qui était chargée d'enregistrer les cargaisons qui partaient de cette ville pour l'Amérique, ou venaient y aborder, et de faire payer les droits d'entrée et de sortie.

[99] _Ibid._, p. 113.

[100] Voy. Palomino, p. 24, nº 38, et p. 41, nº 59.

[101] _Arte de la pintura_, p. 96-97.

[102] P. 95.

[103] _Voyage d'Espagne_, t. III, p. 6-7.

[104] Voy. le chapitre XII.

[105] _Origen y dignidad de la Caça, etc._ Madrid, 1634, petit in-4º, avec le frontispice-portrait de l'auteur. Chapitres VIII, IX, XXVI, XXVII, XXXII, etc.

[106] _Catalogo_, nº 68.

[107] Mme d'Aulnoy, _Voyage d'Espagne_, t. I, p. 87.

[108] _Littérature espagnole_, t. II, p. 60.

[109] Voy. la notice sur cet amateur, chapitre XV et suiv.

[110] _Velasquez and his Works, by William Stirling_, p. 80-81.

[111] P. 102.

[112] P. 54, _ut supra_.

[113] Voy. le chapitre IX, liv. III, _Arte de la pintura_, p. 427 et suivantes.

[114] _Catalogo_, 299.

[115] P. 102.

[116] _Ibid._

[117] Lettre de Raphaël Mengs à D. Antonio Ponz, dans le _Recueil de Bottari_, 2e édition de Ticozzi, in-12, t. VI, p. 305.