Part 20
Deux mois après la reddition de Bobastro, le sultan se rendit en personne dans cette ville. Il voulait la voir de ses propres yeux, cette forteresse orgueilleuse, qui, pendant un demi-siècle, avait bravé les attaques sans cesse renouvelées de quatre sultans. Quand il y fut arrivé; quand, du haut des remparts, il attacha ses regards sur les bastions crénelés et les tours colossales; quand il mesura de l’œil la hauteur de la montagne taillée à pic sur laquelle elle était assise, et la profondeur des précipices qui l’entouraient, alors il s’écria qu’elle n’avait pas sa pareille au monde, et, rempli de reconnaissance envers l’Eternel qui la lui avait livrée, il s’agenouilla, se répandit en actions de grâces, et pendant toute la durée de son séjour, il observa un jeûne rigoureux. Malheureusement pour sa gloire, il eut la faiblesse de se laisser arracher une concession qu’il aurait dû refuser. Voulant voir, eux aussi, la ville redoutable qui avait été le boulevard d’une religion qu’ils avaient en horreur, les faquis s’étaient mis à sa suite, et à Bobastro ils ne lui laissèrent point de repos qu’il ne leur eût permis d’ouvrir les tombeaux d’Omar ibn-Hafçoun et de son fils Djafar. Puis, les voyant enterrés à la manière chrétienne, ils n’eurent pas honte de troubler le repos de ceux qui dormaient du sommeil éternel, et, ayant retiré leurs corps de la sépulture, ils les envoyèrent à Cordoue avec l’ordre de les clouer à des poteaux. «Ces corps, s’écrie un chroniqueur du temps dans sa joie barbare, ces corps devinrent ainsi un avertissement salutaire pour les gens mal intentionnés, et un doux spectacle pour les regards des vrais croyants.»
Les places qui se trouvaient encore au pouvoir des chrétiens ne tardèrent pas à se rendre. Le sultan les fit raser toutes, à l’exception de quelques-unes qu’il laissa subsister parce qu’il les jugeait nécessaires pour contenir le pays dans l’obéissance, et il fit transporter à Cordoue les hommes les plus influents et les plus dangereux[416].
La Serrania était donc pacifiée; mais avant qu’elle le fût, le sultan avait déjà dompté la rébellion sur plusieurs autres points. Dans les montagnes de Priégo, les fils d’Ibn-Mastana avaient dû lui céder leurs châteaux; dans la province d’Elvira, les Berbers de la famille des Beni-Mohallab avaient été obligés de mettre bas les armes[417]. Monte-Rubio, sur les frontières de Jaën et d’Elvira, avait été pris. Bâtie sur une montagne colossale et fort escarpée, cette forteresse avait longtemps inspiré au gouvernement de sérieuses alarmes. Un grand nombre de chrétiens s’y étaient nichés, qui descendaient à chaque instant de leur aire pour piller les hameaux du voisinage, ou pour dévaliser et massacrer les voyageurs. En 922, ce repaire avait été assiégé sans succès par le sultan pendant tout un mois; il ne fut pris que quatre ans plus tard[418]. En 924, plusieurs rebelles du pays valencien furent forcés de se soumettre[419]. Dans la même année, le sultan fut à même d’interdire la frontière supérieure à tous les Beni-Casî[420], qui s’étaient affaiblis par les guerres qu’ils s’étaient livrées entre eux et par celles qu’ils avaient eu à soutenir contre le roi de Navarre, et il les contraignit de s’enrôler dans son armée[421]. Deux années plus tard, le général Abd-al-hamîd ibn-Basîl fit une campagne fort heureuse contre les Beni-Dhî-’n-noun[422].
N’ayant maintenant plus rien à craindre du côté du Midi, le sultan fut à même de tourner toutes ses forces contre les rebelles des autres provinces. Les succès qu’il remporta furent aussi rapides que décisifs. En 928, il envoya des troupes contre le chaikh Aslamî, le seigneur d’Alicante et de Callosa, dans la province de Todmîr. Cet Arabe, qui était un brigand et un débauché de la pire espèce, avait toujours affecté une grande dévotion. Lorsqu’il se faisait vieux, il avait abdiqué en faveur de son fils Abdérame, ne voulant, disait-il, songer désormais qu’à son salut; et de fait, il assistait avec la plus grande régularité à tous les sermons et à toutes les prières publiques; mais cette piété apparente ne l’empêchait pas d’aller encore de temps en temps marauder sur les terres de ses voisins; et quand son fils eut été tué en combattant contre les royalistes, il reprit le commandement. Il ne le garda pas longtemps; le général Ahmed ibn-Ishâc prit ses forteresses l’une après l’autre, et, l’ayant forcé à se soumettre, il le fit transporter à Cordoue avec toute sa famille[423]. Vers la même époque, Mérida et Santarem se rendirent, sans que les troupes que le sultan avait envoyées contre elles, eussent besoin de tirer l’épée[424]. L’année suivante, Béja se rangea aussi à l’obéissance, après avoir fait pendant quinze jours une résistance opiniâtre[425]. Puis le sultan tourna ses armes contre Khalaf ibn-Becr, le prince d’Ocsonoba; mais ce renégat lui fit dire qu’il était prêt à payer tribut, et que, s’il ne l’avait pas fait auparavant, l’éloignement de sa province devait lui servir d’excuse. Il était fort aimé de ses sujets, pour lesquels lui et ses prédécesseurs avaient toujours été bons princes, et le monarque comprit que s’il persistait dans son dessein de le réduire, il pousserait les habitants de l’Algarve à prendre une résolution désespérée. Contre sa coutume, il conclut donc une transaction: il consentit à ce que Khalaf ibn-Becr devînt, non pas son sujet, mais son vassal, son tributaire; le prince d’Ocsonoba devait s’engager seulement à payer un tribut annuel et à ne point donner asile aux insurgés[426].
La réduction de Badajoz, où régnait encore un descendant d’Ibn-Merwân le Galicien, demanda le plus d’efforts. Cette ville ne se rendit qu’après avoir soutenu un siége pendant toute une année (930)[427].
Pour être maître de l’héritage de ses aïeux, Abdérame n’avait plus que Tolède à réduire.
Il commença par y envoyer une députation de faquis, chargés de représenter aux habitants que, tout le royaume s’étant soumis, ce serait folie de leur part que de continuer à se donner des airs de république. Cette tentative fut inutile. Pleins d’amour pour la liberté dont ils avaient joui pendant quatre-vingts ans, tantôt sous la protection des Beni-Casî, tantôt sous celle des rois de Léon, les Tolédans donnèrent une réponse, sinon hautaine, du moins évasive. Se voyant donc forcé d’en venir aux moyens extrêmes, le monarque prit ses mesures avec la promptitude et la fermeté qui le caractérisaient. Dès le mois de mai de l’année 930, et avant que la grande armée qu’il comptait opposer aux rebelles fût rassemblée, il envoya contre Tolède un de ses généraux, le vizir Saîd ibn-Mondhir, en lui ordonnant de commencer le siége. Dans le mois de juin, il marcha lui-même contre la ville avec le gros de ses forces, et, ayant établi son camp sur les bords de l’Algodor, près du château de Mora, il somma le renégat tolédan qui y commandait, de l’évacuer. Cette simple sommation suffit. Sentant l’impossibilité de se défendre contre la nombreuse armée du sultan, le renégat se hâta d’abandonner la forteresse. Abdérame y mit une garnison; puis il alla établir son camp près de Tolède, sur une montagne qui portait alors le nom de Djarancas. Laissant errer ses regards sur les jardins et les vignes, il fut d’avis que le cimetière près de la porte serait l’endroit qui conviendrait le mieux pour en faire le quartier général. Ayant donc fait marcher ses troupes vers ce cimetière, il fit couper les blés et les arbres fruitiers des alentours, ordonna d’incendier les villages, et attaqua les Tolédans avec la plus grande vigueur. Le siége, toutefois, dura plus de deux années. Le sultan, que rien ne décourageait, fit bâtir une ville sur la montagne de Djarancas, et la ville d’al-Fath (la Victoire), élevée en quelques jours, apprit aux Tolédans que le siége ne serait jamais levé. Ils comptaient encore sur le secours du roi de Léon, mais son armée fut repoussée par les royalistes[428]. Enfin, pressés par la famine, ils ouvrirent leurs portes. La joie qu’Abdérame éprouva quand il prit possession de la ville, fut presque aussi grande que celle qu’il avait ressentie au moment où il était devenu maître de Bobastro, et il la montra par les ferventes actions de grâces qu’il adressa au Tout-Puissant[429].
Arabes, Espagnols, Berbers, tous avaient été vaincus, tous avaient été forcés de fléchir le genou devant le pouvoir royal, et le principe de la monarchie sans limites fut proclamé plus rudement que jamais au milieu d’un silence universel. Mais les pertes essuyées par les différents partis dans cette longue lutte n’étaient pas égales. Le parti qui avait été maltraité le plus, c’était incontestablement celui qui représentait l’indépendance individuelle, comme les Germains le faisaient en France et en Italie, c’est-à-dire l’aristocratie arabe. Obligée de subir un gouvernement plus absolu et beaucoup plus fort que celui qu’elle avait tâché de renverser, un gouvernement qui lui était hostile par sa nature et qui s’appliquait systématiquement à lui ôter toute influence sur la marche des affaires, elle était condamnée à s’en aller tout doucement à la dérive, perdant à chaque règne de son éclat et de sa fortune. Et voilà justement ce qui était une consolation pour les Espagnols et ce qu’ils regardaient comme une espèce de victoire. Ayant pris les armes, bien moins par haine contre le sultan que par haine contre la noblesse, ils pouvaient se dire que, jusqu’à un certain point, ils avaient réussi, puisqu’à défaut d’une autre satisfaction, ils avaient du moins celle d’être dorénavant à l’abri des dédains, des insultes et de l’oppression de la noblesse. Ils ne formaient plus un peuple à part, un peuple de parias mis au ban de la société. Le but qu’Abdérame III s’était proposé d’atteindre et que par laps de temps il atteignit en effet, c’était la fusion de toutes les races de la Péninsule en une nation véritablement une[430]. Les anciennes distinctions avaient donc cessé; elles tendaient du moins à disparaître de plus en plus, pour faire place à celles des rangs, des classes et des états. Cette égalité n’était, il est vrai, que l’égalité dans la sujétion; mais aux yeux des Espagnols elle était un bien immense, et pour le moment ils demandaient à peine autre chose. Au fond, leurs idées sur la liberté étaient encore fort vagues; la monarchie absolue et le despotisme administratif ne leur étaient pas antipathiques; au contraire, cette forme de gouvernement était pour eux une vieille tradition; ils n’en avaient pas connu d’autre, ni sous la domination des rois visigoths, ni sous celle des empereurs romains, et la preuve qu’ils n’en imaginaient pas encore une meilleure, c’est que, même pendant la guerre qu’ils avaient soutenue pour reconquérir l’indépendance, ils n’avaient en général fait que de faibles efforts pour fonder la liberté.
FIN DU TOME DEUXIÈME.
NOTES
Note A, p. 32.
Les Arabes écrivent le nom de Carteya exactement comme ils écrivent celui de Carthagène. C’est que déjà au VIIIe siècle on semble avoir dit Carteyana au lieu de Carteya. Au XVIIe, on voyait encore sur les ruines de Carteya une tour qu’on appelait Carteyana ou Cartagena; aujourd’hui on l’appelle Torre del Rocadillo. Voyez Caro, _Antiguedades de Sevilla_, fol. 123, col. 4; _España sagrada_, t. IV, p. 24, et Barrantes Maldonado, _Illustraciones de la casa de Niebla_ (dans le _Memorial histórico español_, t. IX, p. 369).
Note B, p. 70.
Il est fort singulier que les historiens arabes diffèrent sur la date d’un événement aussi important que la révolte du faubourg méridional de Cordoue contre Hacam Ier. Tous s’accordent pour dire qu’elle eut lieu dans le mois de Ramadhân; mais les uns la placent dans l’année 198 de l’Hégire, les autres dans l’année 202. Ibn-Adhârî et Ibn-Khaldoun la placent en 202; Nowairî la raconte bien sous l’année 198, mais il ajoute que d’autres la mettent en 202; enfin, Ibn-al-Abbâr donne non-seulement l’année 202, mais aussi le jour de la semaine et le quantième du mois; la révolte commença, dit-il, le mercredi, treize jours après le commencement de Ramadhân.
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Malgré ces témoignages, respectables à coup sûr, j’ai cru devoir adopter la date de 198, et voici pourquoi:
1º. D’après Ibn-al-Abbâr et Ibn-Adhârî, une partie considérable des révoltés alla chercher un asile à Tolède, «cette ville étant alors en révolte contre Hacam.» Ce renseignement s’applique très-bien à l’année 198, car à cette époque Tolède était réellement en insurrection, mais non à l’année 202, puisque, dans l’année 199, Hacam s’était rendu maître de Tolède (voyez Ibn-Adhârî, t. II, p. 76), et que, pendant le reste du règne de ce prince, cette ville demeura dans l’obéissance.
2º. La date 198, sous laquelle Nowairî raconte la révolte, est confirmée par un historien fort ancien et fort respectable, Ibn-al-Coutîa. Cet auteur ne nomme point d’année, mais il dit que l’entrevue de Hacam avec Tâlout eut lieu un an après la révolte, et qu’après cette entrevue, Hacam fut attaqué d’une maladie qui mina ses forces pendant sept années, et qui finit par l’emporter dans la tombe. Il place donc la révolte huit années avant la mort de Hacam, laquelle arriva, d’après tous les historiens, en 206.
3º. La date de 198 est aussi confirmée par le témoignage de Macrîzî, historien qui travaillait, non sur des documents arabes-espagnols, mais sur des chroniques égyptiennes. Macrîzî fait venir les Andalous à Alexandrie en 199; dans cette même année, le gouverneur de la ville, qu’ils avaient destitué, les attaque; vers la fin de l’année 200, Abdalazîz marche contre eux. Il est impossible que toutes ces dates soient erronées.
Note C, p. 280.
D’après la règle établie par le concile de Nicée, la solennité pascale, dans l’année 891, aurait dû avoir lieu le 4 avril; mais comme les chroniqueurs arabes placent la bataille de Polei dans l’année 278 de l’Hégire, laquelle commença le 15 avril 891, il est probable que les Andalous auront célébré leur Pâques d’après le système de leur compatriote Migetius, système que le pape Adrien Ier mentionne et condamne dans une lettre adressée à l’évêque Egila. Voyez cette lettre dans l’_España sagrada_, t. V, p. 532, c. 6.
Note D, p. 324.
En 896, pendant le siége de Velez, plusieurs cavaliers et piétons de l’armée du sultan, attirés par l’espérance d’une paye plus forte, passèrent à l’ennemi. Ibn-Haiyân, fol. 88 v.--Pendant le siége de Lorca, il y eut de nombreuses désertions dans l’armée du sultan et dans celle de Daisam. Le même, fol. 89 r.--En 897, douze soldats de Tanger, qui servaient sous Ibn-Hafçoun, vinrent offrir leurs services au général du sultan. Le même, fol. 91 v.--Dans la dernière année du règne d’Abdallâh, les régiments de Tanger que ce prince avait à son service, désertèrent en masse (apparemment parce que leur solde était arriérée) pour aller se ranger sous les drapeaux d’Ibn-Hafçoun et sous ceux de son allié, Saîd ibn-Hodhail de Monteleon. Bientôt après, ils eurent à Bobastro et à Monteleon une violente querelle avec leurs nouveaux camarades. On en vint aux mains, et presque tous les Berbers furent massacrés. Ceux qui survécurent à cette catastrophe retournèrent dans le camp du sultan et obtinrent leur pardon. Le même, fol. 107 r.; Arîb, t. II, p. 152.
FIN DES NOTES DU TOME DEUXIÈME.
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Erreurs corrigées:
l’audace inouïe du jeune moide=> l’audace inouïe du jeune moine {pg 151}
un action sensée=> une action sensée {pg 217}
secondé p le Berber-Bornos Djonaid=> secondé par le Berber-Bornos Djonaid {pg 244}
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Notes de bas de page:
[1] Salvien, _De Gubernatione Dei_, L. IV, p. 60 (éd. de Brême, 1688).
[2] Voyez les passages de Sidoine Apollinaire cités par Fauriel, _Hist. de la Gaule méridionale sous la domination des conquérants germains_, t. I, p. 387 et suiv. Nous ne possédons point de renseignements sur la manière de vivre des riches seigneurs espagnols de cette époque, mais tout porte à croire qu’elle ressemblait fort à celle des seigneurs de la province avoisinante.
[3] Voyez les travaux de MM. Savigny, Giraud, etc.
[4] Voyez Giraud, _Essai sur l’histoire du droit français au moyen âge_, t. I, p. 147 et suiv., et les travaux allemands et français qu’il cite.
[5] Voyez Pignori, _de Servis_ (dans la préface), dans Polenus, _Utriusque Thesauri antiquitatum nova supplementa_, t. III.
[6] Ammien Marcellin, XXVIII, 4, 16.
[7] Salvien, L. IV, p. 58.
[8] Salvien, L. V, p. 91, 92; _Querolus_, Act. I, Sc. 2, vs. 194-208 (p. 55 éd. Klinkhamer).
[9] Voyez les textes rapportés dans le tome Ier des _Script. rer. francic._ de D. Bouquet, p. 565, 572, 597, 609. Il est vrai que nous n’avons pas sur l’existence des Bagaudes en Espagne, des témoignages antérieurs à l’invasion des barbares; néanmoins je suis porté à croire que ces bandes y existaient déjà avant cette époque, car Idace, qui écrivait au Ve siècle et qui en parle le premier, ne semble nullement considérer leur existence en Espagne comme une nouveauté.
[10] Isidore, _Hist. Goth._, p. 493.
[11] Servulos tantum suos ex propriis prædiis colligentes ae vernaculis alentes sumtibus. Orose, VII, 40.
[12] Orose, VII, 40.
[13] Voyez Salvien, L. VI, p. 121--123. On peut fort bien appliquer aux Espagnols ce que cet auteur dit des Gaulois, car il assure qu’en Espagne la corruption des mœurs était encore plus grande que dans les Gaules. Voyez L. VII, p. 137.
[14] Idatii _Chron._, ad ann. 409 et 410.
[15] _Ibid._ ad ann. 425.
[16] Voyez Idatii _Chronicon_, _passim_.
[17] Orose, VII, 41.
[18] Salvien, L. V, p. 95.
[19] _Epist._ VII, 14.
[20] VII, 41.
[21] Voyez Orose, dans la dédicace; Salvien, L. VII, p. 130 etc.
[22] Voyez Claudien Mamert, _de Statu animæ_, II, 8.
[23] L. VI, p. 115; L. VII, p. 142.
[24] Salvien, L. IV, p. 74.
[25] Salvien, L. V, p. 86.
[26] Salvien, L. VII, p. 140, 142.
[27] Salvien, L. VII, p. 140.
[28] Voyez Braulionis _Epistolæ_, 38--41, dans l’_Esp. sagr._, t. XXX, p. 374--377.
[29] VIIIe concile de Tolède, dans le _Forum Judicum_, p. IV, col. 1.
[30] Voyez _Concil. Tolet._ IV.
[31] Voyez le même concile.
[32] Licet flagitiosus, tamen bene monitus, dit Isidore de Béja (c. 15) en parlant de Rékeswinth.
[33] Paulus Emeritensis, _De vita P. P. Emeritensium_, dans _l’Esp. sagr._, t. XIII, p. 359, 360, 382.
[34] Voyez les preuves chez Neander, _Denkwürdigkeiten aus der Geschichte des Christenthums_, t. II, p. 236-240, et chez Ozanam, _La civilisation au cinquième siècle_, t. II, p. 50--57.
[35] _Sentent._, L. III, c. 47: Aequus Deus ideo discrevit hominibus vītam, alios serves constituens, alios dominos, ut licentia male agendi servorum potestate dominantium restringatur.
[36] Voyez Muñoz, _Fueros_, p. 123-125.
[37] Voyez Muñoz, _Del Estado de las personas en los reinos de Asturias y Leon_.
[38] _For. Jud._, V, 4, 19: De non alienandis privatorum et curialium rebus.
[39] Voyez _Concil. Tolet._ VIII.
[40] Voyez le 8e article des actes du XVIIe concile de Tolède.
[41] Voyez les actes du XVIIe concile de Tolède; (_apud_ Mansi, t. XII, p. 94 et suiv.)
[42] _Forum Judicum_, L. IX, Tit. II, 9.
[43] C’est ainsi qu’on lit dans deux manuscrits latins du _Forum Judicum_ et dans la traduction espagnole de ce code.
[44] Voyez la note A, à la fin de ce volume.
[45] C’était le septième aïeul du célèbre Almanzor.
[46] Ibn-al-Contîa, fol. 4 r.; Ibn-Adhârî, t. II, p. 11, 273.
[47] Cette petite rivière porte aujourd’hui le nom de Salado; elle se jette dans la mer non loin du cap Trafalgar, entre Vejer de la Frontera et Conil. Voyez mes _Recherches_, t. I, p. 314-316.
[48] _Forum Judicum_, Lib. V, t. I, l. 2.
[49] Voyez mes _Etudes sur la conquête de l’Espagne par les Arabes_, dans le 1er volume de mes _Recherches_.
[50] Comparez Maccarî, t. II, p. 1.
[51] Le traité que Théodemir conclut avec Abdalazîz, le fils de Mousâ, se trouve dans Dhabbî. Casiri (t. II, p. 106) en a publié le texte.
[52] En évaluant le dirham à 12 sous de notre monnaie, ce tarif serait: fr. 28,80,--14,40,--7,20; mais comme au VIIIe siècle le pouvoir de l’argent était à sa force actuelle comme 11 est à 1 (voir Leber, _Essai sur l’appréciation de la fortune privée au moyen âge_), le tarif était en réalité: fr. 316,80,--158,40,--79,20.
[53] Leovigild, _De Habitu Clericorum_ (_Esp. sagr._, t. XI, p. 523).
[54] Comparez plus haut, L. I, chap. 10.
[55]
Urbs erat interea Francorum inhospita turmis, Maurorum votis adsociata magis,
dit Ermold Nigel (I, 67) en parlant de Barcelone.--M. Amari est aussi d’opinion que la condition des Siciliens sous les musulmans était meilleure que celle des peuples italiens qui vivaient sous la domination des Lombards ou des Francs (_Storia dei Musulmani di Sicilia_, t. I, p. 483).
[56] Maccari, t. II, p. 17.
[57] Voyez le 2e article des actes du XVIe concile de Tolède, tenu en 693.--Vers la fin du VIe siècle, Masone, évêque de Mérida, convertit beaucoup de païens. Paulus Emeritensis, _De vita P. P. Emeritensium_, p. 358.
[58] Un auteur espagnol qui écrivait au XVIIe siècle, sous le règne de Philippe IV, s’exprime à ce sujet en ces termes: «Il n’est pas étonnant que les habitants des Alpuxarres aient abandonné si facilement leur ancienne foi. Ceux qui demeurent à présent dans ces montagnes sont des _Christianos viejos_ (vieux chrétiens), ils n’ont pas dans leurs veines une goutte de sang impur, ils sont sujets d’un roi catholique, et cependant, faute de docteurs et par suite des oppressions auxquelles ils sont en butte, ils sont si ignorants de ce qu’ils devraient savoir pour obtenir le salut éternel, qu’il leur reste à peine quelques vestiges de la religion chrétienne. Croit-on que si aujourd’hui, ce qu’à Dieu ne plaise, les infidèles se rendaient maîtres de leur pays, ces gens-là tarderaient longtemps à abandonner leur foi et à embrasser les croyances des vainqueurs?» Pedraça, _Historia eclesiastica de Granada_, fol. 95 v.
[59] Voyez le 6e article des actes du XIIe concile de Tolède.
[60] Voyez _Vita Johannis Gorziensis_, c. 120.
[61] Marina, _Ensayo_. t. II, p. 5 et suiv.
[62] Samson, _Apolog._, L. II, c. 8.
[63] Voyez Alvaro, _Epist._ XIII, c. 3; Samson, _Apolog._, L. II, c. 2, 4.
[64] Samson, L. II, c. 2.
[65] Dans l’année 747, les chrétiens avaient encore la cathédrale; l’auteur de l’_Akhbâr madjmoua_ l’atteste formellement, fol. 74 v.
[66] Voyez Ibn-Batouta, t. I, p. 198.
[67] Voyez Içtakhrî, p. 33.
[68] Un million de francs; au pouvoir actuel de l’argent, onze millions.
[69] Râzî, _apud_ Maccarî, t. I, p. 368. Ibn-Adbârî (t. II, p. 244, 245) cite aussi ce passage, mais en l’abrégeant un peu. Comparez Maccarî, t. 1, p. 359, I. 2.
[70] Ibn-al-Coutîa, fol. 15 v.
[71] _Journ. asiat._, IVe série, t. XVIII, p. 515.
[72] Une fois, les chrétiens de Cordoue furent imposés extraordinairement à cent mille dinars, onze millions de francs au pouvoir actuel de l’argent.
[73] Abou-Ismâîl al-Baçrî, _Fotouh as-Chûm_, p. 124.
[74] Christiani occulti. Euloge, _Memor. Sanct._, L. II.
[75] Samson, _Apolog._, L. II, c. 5.
[76] Idem, _ibid._, L. II, c. 3.
[77] De Tocqueville.
[78] Voyez les vers que cite Ibn-Adhârî, t. II, p. 114, ceux qui se trouvent chez Ibn-Haiyân, fol. 64 v., et ceux que j’ai publiés dans mes _Notices sur quelques manuscrits arabes_, p. 258, 259. Il est remarquable que les Arabes n’appliquent jamais aux chrétiens cette épithète infamante.
[79] On nous permettra de donner ce nom tant aux renégats proprement dits, qu’à leurs descendants.
[80] Voyez le _Cartâs_, p. 23, l. 1.
[81] Anciennement Secunda. Voyez Maccarî, t. I, p. 899, dernière ligne.
[82] Voyez _Akhbâr madjmoua_, fol. 99 v.--100 v., Ibn-Adhârî, t. II, p. 68-70.
[83] Voyez Ibn-al-Khatib, man. P., fol. 213 v.--214 v., Ibn-al-Coutîa, fol. 15 r.
[84] Ibn-al-Coutîa, fol. 17 v.
[85] Abd-al-wâhid, p. 12; Ibn-al-Coutîa, etc.
[86] _Akhbâr madjmoua_, fol. 99 r.
[87] Voyez Ibn-al-Coutîa, fol. 18 v.
[88] Voyez Ibn-Khallicân, t. I, p. 615, éd. de Slane, et cf. Weil, t. II, p. 42, 43.
[89] Voyez Ibn-al-Coutîa, fol. 18 r., Maccarî, t. II, p. 154.