Histoire des Montagnards

Chapter 64

Chapter 643,633 wordsPublic domain

On était arrivé devant la maison où logeait Maximilien; les énergumènes qui suivaient le cortége obligèrent les exécuteurs d'arrêter. Un groupe de furies exécuta une danse autour de la charrette où était Robespierre. En ce moment, une larme se forma lentement au bord de son oeil sec. Le souvenir de la vie douce et presque pastorale qu'il avait menée dans cette maison, l'idée de ses hôtes qu'il entraînait dans sa perte venait de lui ouvrir le coeur. On allait se remettre en marche: alors une femme, vêtue avec une certaine recherche, fend la foule, saisit avec vivacité d'une main les barreaux de la charrette et de l'autre, menaçant Robespierre, lui crie: «Monstre! ton supplice m'enivre de joie; je n'ai qu'un regret, c'est que tu n'aies pas mille vies, pour jouir du plaisir de te les voir tontes arracher l'une après l'autre. Va, scélérat, descends au tombeau avec les malédictions de tontes les épouses et de toutes les mères de famille.» Robespierre tourna languissamment les yeux sur elle et leva les épaules.

La classe moyenne affichait publiquement son triomphe par les insultes et les transports de joie qu'elle faisait éclater tout le long de la route. Le peuple, qui était personnifié dans Robespierre, était au contraire peu nombreux et morne. Il se disait que, cet homme mourant, la République allait mourir. Aussi gardait-il, sur le passage du fatal cortége, un silence consterné.

Les proscrits, au nombre de vingt-deux, étaient tous mutilés. En cherchant eux-mêmes la mort, ils n'avaient rencontré que la souffrance et des contusions horribles qui les défiguraient.

Seul l'intrépide Saint-Just était debout, promenant sur la foule un oeil tranquille.

Au moment où les charrettes débouchèrent sur la place de la Révolution, la multitude sembla retenir son haleine pour voir le dénouement de cette procession tragique. Les charrettes s'arrêtèrent au pied de l'échafaud.

Henriot, cet ivrogne barbouillé de lie et de sang, dont la conduite insensée avait perdu la cause du peuple, était le seul qui ne méritât point, dans cette journée, les honneurs du sacrifice. Un de ses yeux était sorti de son orbite et ne tenait plus que par des filaments. Avant qu'il montât sur la guillotine, un des valets du bourreau lui arracha brutalement cet oeil; ce qui le fit frémir de douleur.

Ils tombèrent tous, l'un après l'autre, sans faiblesse et en silence.

Robespierre jeune, toujours impassible et serein, même envers la mort, présenta fièrement sa tête au couteau et sa pensée à l'avenir.

Couthon, qui n'avait plus que la tête et le coeur de vivants, mourut tout entier sans pâlir.

Maximilien voyait d'un côté les feuillages des Champs-Elysées où murmurait pour lui un souffle d'amour, et de l'autre le jardin des Tuileries où il avait harangué le peuple le jour de la fête de l'Être suprême. Il avait montré tout le long de la route et conserva devant l'instrument du supplice un courage inflexible. Le bourreau, avant de l'étendre sur la planche où il allait recevoir la mort, lui arracha brusquement l'appareil qui couvrait sa blessure. Alors Robespierre jeta un cri. On entendit un coup sourd: sa tête venait de tomber. La joie féroce des spectateurs éclata.

Saint-Just alors parut, les pieds dans le sang, la tête dans le ciel, grave sur l'échafaud comme à la tribune ou sur les champs de bataille. On n'avait jamais vu tant de beauté ni de génie luire sous le reflet de la hache. Il avait vingt-six ans. Il croyait à la vertu, à la probité, au dévouement; il mourut égorgé par l'intrigue et par un vil égoïsme.

Tous ces hommes n'avaient commis qu'un crime, celui de tirer le glaive contre les ennemis du peuple; ils périrent aussi par le glaive. Peut-être devaient-ils cette dernière satisfaction à la justice sociale, pour que, les trouvant acquittés de la dette qu'ils avaient contractée envers la mort, le monde pût se prosterner un jour devant la mémoire de ces martyrs qui ont défendu la cause du genre humain souffrant, sauvé le territoire de l'invasion étrangère et préparé à leurs descendants des destinées meilleures.

La postérité, qui déjà danse sur les cadavres des vaincus et des victimes, dira: Il y eut un peuple qui, en moins de deux années, jugea son roi, refit son gouvernement, changea ses moeurs, écrasa dans son sein toutes les factions, soutint le poids d'un continent tout entier devenu son ennemi, dispersa ses anciens maîtres, détruisit les nouveaux ambitieux ou les anarchistes, pour remonter par ses propres forces à la justice, à la morale, et ressaisir sa souveraineté. Ce peuple avait à sa tête des hommes intègres, désintéressés, inflexibles, qui s'écroulèrent avec leur rêve.

Paix à ces ombres terribles!

XXVII

La seconde Terreur.--Désintéressement des Montagnards.--Jugement de Barère sur Robespierre.--Billaud-Varennes à Cayenne.--Ses paroles.--Les lettres de sa femme.--Sa mort.--Considérations générales sur les Montagnards.

La Terreur allait finir; les coeurs s'ouvraient à la pitié; les pavés teints en rouge se soulevaient dans nos faubourgs contre le mouvement de la charrette qui servait aux exécutions, quand le 9 thermidor vint ramasser dans le sang de Robespierre et de Saint-Just le glaive émoussé qu'ils voulaient détruire.

La hache se retourna furieuse.

Les débris de la faction des modérés se vengèrent cruellement.

La justice du peuple avait été inflexible, celle de ses ennemis fut atroce.

Il y eut une seconde Terreur, mille fois plus sanguinaire et plus implacable que l'autre. Des calculs exacts portent à huit ou dix mille le nombre des ennemis de l'égalité qui tombèrent sur l'échafaud avant le 9 thermidor; selon des rapports faits par les contre-révolutionnaires eux-mêmes, trente-cinq mille Robespierristes furent égorgés, après le 9 thermidor, dans quatre départements. On voit déjà de quel côté fut la violence. Il ne faut pas s'en étonner: les premiers terroristes frappaient avec le fer d'une conviction et au nom d'un principe social, tandis que les seconds assassinèrent avec l'arme de l'égoïsme et de la peur.

Les Montagnards eurent, presque tous, une vertu civile qui rachète bien des fautes, le désintéressement. Ceux-ci n'étaient du moins ni des sangsues du peuple ni des voleurs.

Robespierre ne laissa pas un sou après sa mort.

Saint-Just, noble et riche, avait abandonné tout son bien à la commune de Blérancourt.

Envoyé en mission, l'abbé Grégoire réduisait ses dépenses, pour ménager les deniers de l'État: «Devinez, écrivait-il à madame Dubois, combien mon souper de chaque jour coûte à la Nation: juste deux sous; car je soupe avec deux oranges.» Il rapporta au Trésor public le fruit de ses économies, une petite somme épargnée sur ses frais de voyage et nouée dans un coin de son mouchoir.

Cahors, père d'une famille nombreuse et membre de la Convention à l'époque la plus florissante de cette assemblée, mourut, sans rien dire, de misère... oui, de misère.

Les députés de la Montagne qui survécurent à la Terreur thermidorienne parvinrent presque tous à l'extrême vieillesse. Aucun d'eux ne se reprocha le sang de Louis XVI; mais ils auraient voulu laver leurs mains et leur conscience du sang de Robespierre.

M. David (d'Angers) aborde un jour Barère sur son lit de douleur et lui témoigne l'intention de couler en bronze le portrait des hommes les plus célèbres de la Révolution française; il lui nomme d'abord Danton... Barère se lève brusquement sur son séant; et, le visage inspiré par la fièvre, il lui dit en faisant un geste d'autorité: «Vous n'oublierez pas Robespierre, n'est-ce pas? Car c'était un homme pur, intègre, un vrai et sincère républicain; ce qui l'a perdu, c'était son irascible susceptibilité et son injuste défiance envers ses collègues... Ce fut un grand malheur!» Après avoir dit, sa tête retomba sur sa poitrine et il resta longtemps enseveli dans ses réflexions.

Billaud-Varennes, déporté à Cayenne, pauvre, vieux et _devenu doux comme une jeune fille,_ [Note: Expression des femmes noires qui lui ont fermé les yeux.] se reprochait le 9 thermidor, qu'il appelait sa déplorable faute.

«Je le répète, disait-il, la révolution puritaine a été perdue ce jour-là; depuis, combien de fois j'ai déploré d'y avoir agi de colère! Pourquoi ne laisse-t-on pas ces intempestives passions et toutes les vulgaires inquiétudes aux portes du pouvoir?»

Il disait encore: «Nous avions besoin de la dictature du Comité de salut public pour sauver la France. Aucun de nous n'a vu alors les faits, les accidents, très-affligeants sans doute, que l'on nous reproche! Nous avions les regards portés trop haut pour voir que nous marchions sur un sol couvert de sang. Parmi ceux que nos lois condamnèrent, vous ne comptez donc que des innocents? Attaquaient-ils, oui ou non, la Révolution, la République? Oui! Hé bien! nous les avons écrasés comme des égoïstes, comme des infâmes. Nous avons été _hommes d'État_, en mettant au-dessus de toutes les considérations le sort de la cause qui nous était confiée.... Nous, du moins, nous n'avons pas laissé la France humiliée et nous avons été grands au milieu d'une noble pauvreté. N'avez-vous pas retrouvé au Trésor public toutes nos confiscations?»

Un profond chagrin pesait néanmoins sur le coeur de Billaud. Après sa condamnation, sa jeune femme, qu'il avait adorée et qu'il aimait peut-être encore, profitant de la loi du divorce, s'était remariée en France. Elle avait alors vingt ans, un nom terrible à porter et la misère pour toute ressource. Un homme vieux et riche, touché de cette situation déplorable, s'offrit à l'épouser en secondes noces: elle consentit. Il mourut. Héritière d'une grande fortune et touchée sans doute de remords, cette femme, qui était encore très-belle, se souvint de Billaud qui vivait à Cayenne. Elle voulut consacrer sa richesse et ses soins à l'adoucissement d'un exil si amer. Un sentiment qui ne s'était jamais effacé de son coeur la ramenait, disait-elle, auprès de son premier mari. Elle lui écrivit lettre sur lettre, mais sans obtenir de réponse. S'étant rendue elle-même sur les lieux, elle demanda, par la bouche d'un intermédiaire, la grâce de soulager la noble infortune de M. Billaud-Varennes. Le vieux et fier républicain écouta l'envoyé de sa femme avec une attention soutenue, laissa même échapper quelques larmes, et ce fut tout. Il repoussa les services que venaient lui offrir ces mains tendres, mais profanées. «Il est, dit-il, des fautes irréparables. J'ai déchiré toutes ses lettres sans les lire.»

Une négresse, nommée Virginie, prit soin de sa vieillesse et de son malheur.

Billaud rendit le dernier soupir en confessant, avec l'exaltation de la fièvre, que, loin de se repentir, il mourait fier de l'utilité et du désintéressement de sa vie. Ses lèvres bleues et livides se fermèrent en murmurant ces paroles terribles du dialogue d'Euchrate et de Sylla: _Mes ossements du moins reposeront sur une terre qui veut la liberté; mais j'entends la voix de la postérité qui me reproche d'avoir trop ménagé le sang des tyrans de l'Europe_.

Acceptons tout de ces hommes, moins le sang! La France rayonne encore dans le monde de l'éclat de leur dictature et de leurs batailles. La démocratie renaîtra tôt ou tard de leur cendre par la réforme des moeurs et par la diffusion des lumières. Leur mémoire est la colonne de feu qui guide les générations errantes et indécises à la recherche d'une nouvelle terre promise. Le 9 thermidor ensevelit la République dans un orage. La montagne se changea en volcan. Ce volcan a jeté les membres palpitants de la Convention dans toutes les parties de la terre et jusque dans les contrée les plus sauvages. J'interroge alors l'univers qui a été témoin des dernières années de leur vie, et l'univers me répond: «Le monde n'en a jamais vu ni n'en reverra jamais de semblables; ils sont tous morts convaincus et résignés. On aurait dit des êtres supérieurs à l'espèce humaine.»

Soyez donc tranquilles et fiers dans vos tombeaux, ossements épars; l'heure de la résurrection politique du globe avance. Vous serez enfin jugés! Mais aujourd'hui que l'arme de la terreur est tombée de leurs mains et que le regard peut les considérer sans effroi, ces hommes nous apparaissent déjà comme des géants. L'ébauche de démocratie qu'ils nous ont laissée ressemble, toute noircie qu'elle est par la foudre, à une de ces pierres druidiques qu'on rencontre dans les champs de la vieille Bretagne. Jeunes gens, oublions les pertes et les blessures de nos familles, pour ne plus voir que le résultat acquis à la cause du peuple; n'imitons pas leurs excès, car les excès font reculer la liberté. Vous-mêmes, ombres des victimes de la Révolution, maintenant que, dégagées des liens du corps et des intérêts de la vie, vous jugez plus sainement les questions humaines, reconnaissez que votre, mort a été utile au progrès des générations futures, et réjouissez-vous par delà le tombeau!

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

I. Mes Témoins. II. Les Girondins.

CHAPITRE PREMIER.

Préludes de la Révolution française.

I

Du sentiment religieux.--Principaux événements de notre histoire.--Comment les faits s'enchainaient les uns aux autres pour amener un changement dans l'ordre poétique et social.-- Affranchissement des communes.--Luther et Calvin.--La Saint-Barthélemy.--Richelieu.--Louis XIV.--Louis XV.

II

La Révolution en germe dans la cabale.--La franc-maçonnerie.--Les mystiques.--Les inventeurs.

III

Les prisons d'État.--Le Prévôt de Beaumont.--Décadence de l'ancien régime.

IV

La Révolution pouvait-elle être évitée?--Louis XVI et Marie-Antoinette.--Affaire du collier.--Personne ne voit de salut que dans la convocation des États généraux.

V

Le clergé, la noblesse et le tiers état.--La mission de la France, et pourquoi elle devait tomber aux mains des Montagnards.

CHAPITRE DEUXIÈME.

L'Assemblée constituante.

I

Les élections.--Convocation des États généraux.--Serment du Jeu-de-Paume.

II

La séance royale.--Paroles de Mirabeau.--Necker.--Troubles à Paris.--Conduite des députés.--Prise de la Bastille.

III

État des esprits.--Première émigration.--La disette.--Mort de Foulon et de Berthier.--Conduite du clergé français dans les premiers temps de la Révolution.

IV

Troubles et soulèvements dans les campagnes.--Henri de Belzunce.--Un épisode de la Révolution à Caen.

V

Suite de l'émotion populaire.--La détente.--Nuit du 4 août.--Quelle est sa portée.--Abolition des dîmes.--Conduite du roi et de la cour.

VI

Adoucissement des moeurs.--Le journalisme.--Marat et Camille Desmoulins.--Déclarations des droits de l'homme et du citoyen.--La prérogative royale et le véto.--Système des deux Chambres.--Obstacles que rencontrait le travail de la Constitution.--Brissot et Danton.

VII

Orgles des gardes-du-corps.--La contre-révolution secondée par les déesses de la cour.--Le peuple meurt de faim.--Il va chercher le roi à Versailles.--Les femmes de Paris.--Le sang coule.--Le roi et la reine au balcon.--Lafayette.--Réconciliation.--Retour à Paris.

VIII

L'Assemblée nationale à Paris.--Ses travaux.--Régénération des moeurs.--Un assassinat.--Le marc d'argent.--Le docteur Guillotin.--Opinion de Marat sur la peine de mort.--Robespierre grandit.

IX

Apparition des Clubs.--Les Jacobins.--Les Cordeliers.--Poursuites exercées centre les journaux démocratiques.--Marat raconté par lui-même.--Favras.--Les biens de l'Église.--Projets des émigrés.--L'Ami du peuple.--Abolition des titres de noblesse.--Opinion de Marat à cet égard.--Division de la France en 83 départements.--Les juifs, les protestants et les comédiens.

X

Constitution civile du clergé.--Fêtes de le Fédération.

XI

Le parti des Indifférents.--Marat éclate.--Camille Desmoulins dénoncé par Malouet.--Apparition de Saint-Just.--Désorganisation de l'année.--Mort de Loustalot.--Une séance du club des Jacobins. --Mariage de Camille Desmoulins.--Mort de Mirabeau.

XII

Les fédérations.--La bulle du pape.--Le clergé réfractaire.--Marat et Robespierre royalistes.--Doctrines sociales de la Révolution.--Les chevaliers du poignard.--Ce qui se passait au château des Tuileries.--Théroigne de Méricourt.

XIII

Alarmes et soupçons.--Marat prophète.--Fuite du roi.--Lafayette risque d'être massacré sur la place de Grève.--Les armes et les insignes de la royauté sont arrachés et détruits.--Le peuple entre au château des Tuileries.--Robespierre aux Jacobins.

XIV

Arrestation du roi et de la famille royale.--Conduite de Drouet.--Fermeté de Sausse.--Retour à Paris.--La voie douloureuse.--Arrivée au château des Tuileries.--Translation des cendres de Voltaire au Panthéon.--Discussion, à l'Assemblée nationale, sur le sort de la royauté.--Les clubs.--Robespierre et Danton.--Devait-on restaurer Louis XVI sur le trône?

XV

Discussion sur la forme de gouvernement.--Réunion des citoyens au Champ-de-Mars.--Pétition signée sur l'autel de la patrie.--Déploiement de forces militaires.--La loi martiale et le drapeau rouge.--Lafayette et Bailly.--Massacres.--Conséquences de cette journée désastreuse.

XVI

Triomphe de la réaction.--Robespierre introduit dans la famille Duplay.--Sa manière de vivre.--Marat sous terre.--L'abolition de la peine de mort proposée par Robespierre, repoussée par la majorité conservatrice de l'Assemblée.--Fin de la Constituante.

CHAPITRE TROISIÈME.

Assemblée législative.

I

En quoi l'Assemblée législative différait de l'Assemblée constituante.--Le parti des Girondins.--Quels étaient alors les républicains.--Troubles excités dans tout le royaume par les prêtres réfractaires.--Menaces des émigrés.--Conduite ambiguë de Louis XVI.

II

Deux décrets: l'un contre les émigrés, l'autre contre les prêtres réfractaires.--D'où est parti le système de la Terreur.--Le roi tient pour le clergé non assermenté et pour la noblesse révoltée contre la nation.--Les désastres de Saint-Domingue.--Camille Desmoulins sans journal.--Les lettres et les arts en 91.--Danton est nommé procureur-adjoint de la Commune de Paris.--Son caractère et sa profession de foi.

III

La guerre.--Résistance de Robespierre à l'élan général.--L'avis de Danton.--Brissot se déclare ouvertement pour l'attaque.--Lutte entre lui et Robespierre.--Le sentiment martial l'emporte.--Les Marseillais marchent sur Arles.--Le bonnet rouge.--Les piques.--Ministère girondin.

IV

Influence des femmes sur la Révolution française.--Mme Roland et Théroigne.--La question religieuse aux Jacobins.--Massacres dans le midi de la France.--Entrevue de Robespierre et de Marat.--Déclaration de guerre.

V

La guerre débute mal.--Quelles étaient les causes de notre infériorité passagère.--Lettres de la commune de Marseille aux citoyens de Valence.--L'ennemi est a l'intérieur.--Décret contre les prêtres réfractaires.--Déclin des croyances religieuses.--Le véto royal.--Lettre de Roland.--Chute du ministère girondin.--Changements que la nécessité de vaincre amènent dans l'esprit public.

VI

Préludes de la journée du 20 juin.--Proposition de Danton au sujet de la reine.--Lettre de Lafayette à l'Assemblée.--Menaces d'un coup d'Etat.--Manifestation du peuple de Paris.--Il pénètre dans l'Assemblée.--Envahissement des Tuileries.--Conduite de Louis XVI.--A qui la victoire?--Fête du Champ-de-Mars.

VII

Lenteur calculée des opérations militaires.--Lafayette à la barre de l'Assemblée.--Manifeste de Brunswick,--Enrôlements volontaires.--Arrivée des fédérés marseillais.--Rôle de Danton.-- Angoisses et découragement des chefs populaires.--Le 10 août.--Une page du journal de Lucile.--Péripéties de la lutte.--Le roi se réfugie dans l'Assemblée législative.--Défaite et massacre des Suisses.--Théroigne et Sulean.--Résolutions votées par les représentants de la nation.

VIII

Direction nouvelle imprimée à la guerre.--La Commune de Paris.--Sa lutte avec l'Assemblée législative.--Marat à l'Hôtel de Ville.--Qui l'emportera de la vengeance ou de la justice?--Création du tribunal révolutionnaire.--Conduite de Danton.--Prise de Longwy.--Acquittement de Montmorin.--Formation d'un camp au Champ-de-Mars.--Provocations au massacre des royalistes.

IX

Massacres de septembre.--Le Comité de surveillance.--La prison de l'Abbaye.--Le président Maillard.--Les jugements.--Journiac de Saint-Méard.--Ce qui se passait dans l'intérieur de la prison et devant le tribunal.--Royalistes acquittés.--Mlle. Cazotte et Mlle. de Sombreuil.--L'abbé Sicard.--La princesse de Lamballe.--A qui revient la responsabilité des massacres?--Rôle de Danton.--Marat seul ose justifier les journées de septembre.

X

Effet moral produit par les massacres.--Lutte de Danton et de Marat.--Affaire Duport.--Échec de la Commune.--Les élections.--Fin de l'Assemblée législative.

CHAPITRE QUATRIÈME.

La Convention.

I

Physionomie de la Convention nationale.--Nomination du bureau.--Abolition de la royauté.--La situation politique jugée par Danton.--La propriété est déclarée inviolable.--Réforme judiciaire. --Les juges seront choisis indistinctement parmi tous les citoyens.--Vice original de la Convention.--Les Girondins ennemis de Paris.--Le parti qu'ils tirent des journées de septembre.--Présages d'une lutte à mort entre la Gironde et la Montagne.

II

Une proposition malheureuse.--Séance du 23 septembre.--Dénonciation de Lasource.--Discours de Danton.--Attaque contre Robespierre.--Sa défense.--Démenti donné à Barbaroux par Paris. Accusation contre Marat.--L'Ami du peuple à la tribune.--Conclusion de cette journée.--Défaite des Girondins.--Paris vengé.--La République une et indivisible.

III

Élan du la défense nationale.--La panique.--Détente.--La patrie n'est plus en danger.--Arrivée de Dumouriez à Paris.--Sa présence au club des Jacobins.--Habileté de Danton.--Une soirée chez Talma.--Rabat-Joie.

IV

Ce qu'étaient alors les Girondins.--Leur rôle dans la Convention.--Leurs préjugés contre Paris.--Encore l'affaire du _Mauconseil_ et du _Républicain_.--La population lasse des divisions personnelles.--Danton conciliateur et repoussé par les Girondins.--Son mot sur Mme. Roland.--On lui demande des comptes.--Sa défense.--La Commune de Paris.--Accusation contre Robespierre.--Séance du 5 novembre.--Déroute de la Gironde.--Robespierre et son frère chez Duplay.--Une promenade autour de Paris.--Marat dénoncé par Barboroux.--Réponse de Marat.--Éclaircie.--La bataille de Jemmapes.

V

Louis XVI au Temple.--Préliminaires de son procès.--Quels sont les hommes responsables de son jugement et de sa mort.--Saint-Just se révèle: son discours.--Les Conventionnels assaillis par le parti des femmes.--Marat et Mlle. Fleury.--La question religieuse sous la Convention.--La question des subsistances.--Opinion de Saint-Just.--Le procès du roi réclamé par les Montagnards, consenti par les Girondins.--Shakespeare parle du fond de sa tombe.--La forme du procès est résolue.

VI

Louis XVI et sa famille.--Procès-verbal d'Albertier.--Rapport du maire Cambon.--Récit de Barère.--L'ex-roi devant la Convention.--Son attitude et ses réponses.--Retour au Temple.--Nouvelles tentatives de séduction en faveur du roi.--Olympe de Gouges.--Vie privée de Louis XVI dans sa captivité.--La protestation de la vengeance.

VII

L'instruction primaire devant la Convention.--Gratuite et laïque.--Apparition de l'athéisme.--Sentiment de Robespierre sur la propriété.--Procès de Louis XVI.--Seconde comparation à la barre de l'Assemblée nationale.--Retour au Temple.--Conversation entre le roi, Cambon et Chaumette.--Agitation dans l'Assemblée.--Discours de Robespierre.--Discours de Saint-Just.--Appel nominal sur la question de culpabilité.--Discours de Danton.--Second appel nominal sur la ratification du jugement par le peuple.--Troisième appel nominal sur la peine à infliger.--Lettre de l'ambassadeur d'Espagne.--Sortie de Danton.--Le sursis.--Assassinat de Lepelletier de Saint-Fargeau.

VIII