Histoire des ducs de Normandie, suivie de: Vie de Guillaume le Conquérant
Part 29
Jules César, qui, avec mille vaisseaux passa deux [p. 429] fois dans la Bretagne (l’Angleterre se nommait ainsi autrefois), n’y fit pas de si grandes choses la première fois; et quoique, selon la coutume de son pays, il eût fortifié des châteaux, il n’osa pas s’avancer loin du rivage, ni y demeurer long-temps. Il y passa à la fin de l’été, et en revint peu de temps avant l’équinoxe. Ses légions furent saisies d’une grande frayeur, une partie de leurs vaisseaux ayant été brisés par les flots de la mer, et les autres, faute d’agrès, étant devenus inutiles pour la navigation. Quelques villes aimant mieux vivre en repos que de soutenir les attaques du peuple romain, que la renommée rendait redoutable par tout le monde, donnèrent à César des otages. Cependant toutes ces villes, à l’exception de deux, manquèrent à lui envoyer sur le continent les otages qu’il avait demandés, quoiqu’elles sussent qu’il hivernait dans la Belgique avec une armée innombrable. La seconde fois il se transporta dans la Bretagne avec environ cent mille hommes de pied et cavaliers romains, accompagné de beaucoup des principaux des villes de la Gaule avec leur suite. Que fit-il donc cette fois de comparable, pour la gloire, aux actions de celui dont nous écrivons la vie? Les cavaliers et les conducteurs de chariots des Bretons lui ayant livré bataille avec la plus grande intrépidité dans une plaine, lui firent éprouver une grande défaite. Les Anglais, effrayés par Guillaume, se cachaient dans les montagnes. Les Bretons attaquèrent souvent César: Guillaume en un seul jour écrasa tellement les Anglais qu’ensuite ils n’osèrent plus combattre avec lui. Comme ledit César conduisait son armée dans le pays de Cassivellon, qui lui faisait la guerre, arrivé [p. 430] au fleuve de la Tamise, il trouva les ennemis rangés en bataille sur l’autre rive du fleuve, pour lui en disputer le passage. Les soldats romains n’ayant que la tête hors de l’eau passèrent les gués avec beaucoup de peine. Le duc des Normands étant arrivé dans le même pays, les habitans des cités et des villes allèrent au devant de lui pour implorer sa clémence. S’il lui eût plu de l’ordonner, ils eussent sans délai dressé un pont sur le fleuve pour ses chevaliers. César répandit, pour ravager les champs par le fer et le pillage, ses cavaliers, que Cassivellon empêcha de s’étendre au loin en envoyant contre eux des hommes habiles à combattre du haut des chars. Guillaume, ordonnant la paix aux habitans, les conserva pour lui, ainsi que le pays qu’il aurait pu détruire promptement. César défendit, contre les attaques de Cassivellon, Mandtubratius et sa ville, dont il lui rendit le commandement. Guillaume délivra à jamais toute la nation de la tyrannie d’Hérald, et s’empara lui-même du trône, en sorte qu’il gouverna seul des régions soumises autrefois à un grand nombre de rois. Les Romains, parmi les grands de la Bretagne, ne prirent que Cingetorix. Les Normands, s’ils l’eussent voulu, eussent jeté dans les fers mille des plus illustres de cette nation. Autant dans ce pays les Romains ont fait de conquêtes dans l’été, autant en ont fait les Normands en hiver; et l’on sait que cette saison est moins favorable à la guerre que l’été. C’était assez pour la gloire ou les intérêts de César de livrer bataille aux Bretons comme aux Gaulois par ses ordres seulement; rarement il combattit de sa personne; car c’était là une coutume commune aux [p. 431] généraux de l’antiquité, comme l’attestent les Commentaires écrits par lui même. Mais le roi Guillaume aurait cru n’agir ni honorablement ni utilement, en ne remplissant, dans ce combat où il défit les Anglais, que l’office de commandant et non le devoir de tout chevalier; et c’était ainsi qu’il avait coutume de se conduire dans tous les combats. Dans chaque bataille où il se trouvait il était ordinairement le premier, ou un des premiers, à combattre de son épée. Si vous examinez avec attention les actions du Romain et celles de notre prince, vous conviendrez avec raison que le premier avait trop de confiance en la fortune, tandis que le second était un homme plein de prudence qui dut ses succès à sa sagesse supérieure plutôt qu’au hasard. Enfin César, après avoir soumis quelques villes, reçu des otages de Cassivellon, et imposé à la Bretagne l’obligation de payer chaque année un léger tribut au peuple romain, ramena à grand’peine son armée en Belgique en deux traversées; car ses vaisseaux avaient besoin d’être radoubés, et il lui en restait moins qu’il n’en avait amené, des tempêtes en ayant diminué le nombre. Guillaume n’éprouva pas de tels embarras; les habitans à ses ordres lui eussent équipé des navires en aussi grand nombre et de la forme qu’il aurait voulu, ils les eussent même décorés de métaux précieux, ornés de voiles de pourpre, et munis d’habiles rameurs et de pilotes choisis. Combien son retour fut glorieux! il n’emmenait pas comme les Romains de vulgaires prisonniers; il avait à sa suite et à ses ordres le primat des évêques de toute la Bretagne, de puissans abbés de plusieurs monastères d’outre-mer, et des [p. 432] fils d’Anglais dignes du nom de roi par leur noblesse et leurs richesses. Il remporta d’Angleterre non un léger tribut, et quelque butin, mais de l’or et de l’argent en si grande abondance, qu’on aurait de la peine à en recueillir autant dans les trois Gaules; et il l’avait reçu à très-bon droit, et se proposait de le dépenser honorablement, selon que l’exigerait l’occasion. Ce pays l’emporte de beaucoup sur la terre de France par l’abondance des métaux précieux; car de même qu’il devait être dit grenier de Cérès à cause de l’abondance de ses grains, de même, par l’abondance de son or, il pouvait passer pour le trésor de l’Arabie.
Mais laissons là ce récit sur Jules César qu’on trouvera peut-être déplacé. C’était un excellent général, instruit par la connaissance de la discipline militaire des Grecs; qui, depuis sa jeunesse commanda avec gloire les armées romaines, et par son courage obtint le consulat de la ville. Il termina avec succès et célérité beaucoup de guerres avec beaucoup de nations belliqueuses, et enfin soumit, par les armes, à sa domination Rome, maîtresse de l’Afrique, de l’Europe, de l’Asie.
Jamais l’Italie n’accueillit avec plus de joie Titus, fils de Vespasien, qui mérita d’être appelé l’amour du monde, tant il aima ardemment la justice, que n’en montra la Normandie à l’arrivée du roi Guillaume son prince. C’était pendant le temps de l’hiver consacré à la rigoureuse pénitence du carême; cependant on passa ces jours comme les jours d’une grande fête. Le soleil brillait avec cette sérénité qui n’appartient d’ordinaire qu’aux jours plus longs de l’été. Les habitans des moindres lieux, des endroits les plus éloignés, [p. 433] accouraient en foule dans les villes ou autres lieux où ils pouvaient voir le roi. Lorsque Guillaume entra dans Rouen, la métropole de ses Etats, il trouva les vieillards, les enfans, les matrones et tous les citoyens s’avançant pour le voir; ils saluaient son retour avec des acclamations, en sorte que toute la ville retentissant d’applaudissemens ressemblait à Rome lorsqu’autrefois elle fit éclater ses transports de joie au retour du grand Pompée. Les monastères et le clergé disputaient à qui montrerait le plus de zèle à l’arrivée de leur très-cher défenseur; on n’omettait rien de ce qu’on a coutume de faire en de telles solennités; et même on ajouta tout ce qu’on put inventer de nouveau. Combien il récompensa sur-le-champ cette piété par d’innombrables dons, gratifiant les autels et les serviteurs du Christ de manteaux d’or et autres magnifiques présens! Nulle part nous ne voyons qu’aucun roi ni aucun empereur eût jamais mis dans ses offrandes une plus grande largesse. Ses dons allèrent visiter les églises qu’il ne put honorer de sa présence. Il apporta à la basilique de Caen, fondée, comme nous l’avons dit plus haut, en l’honneur de saint Etienne, premier martyr, et construite d’une manière et avec des dépenses admirables, divers dons précieux par la matière et le travail, et dont la gloire doit subsister jusqu’à la fin des siècles. Il serait trop long de décrire et même de nommer chacun de ces présens. Leur vue est un délice pour les plus nobles voyageurs qui ont souvent vu les trésors de riches églises. Les femmes de l’Angleterre sont très habiles aux travaux d’aiguille et aux tissus d’or, et les [p. 434] hommes se distinguent dans tous les arts. C’est pour cela que ceux des Allemands qui sont très-habiles dans ces arts ont coutume d’aller habiter parmi eux. Ils ont des marchands qui vont par mer dans des régions lointaines, et en rapportent des ouvrages savamment travaillés.
Il y a des grands qui font aux saints des largesses qu’ils ont acquises injustement, et la plupart augmentent par ces dons leur gloire dans ce monde, et leurs fautes devant Dieu; ils dépouillent des églises pour en enrichir d’autres de ces rapines. Mais le roi Guillaume n’acquit jamais que par sa bonté une légitime renommée, et ne donna jamais que ce qui lui appartenait réellement. Il dirigeait son esprit vers l’espérance d’une récompense infinie, et non vers une gloire méprisable. Les nombreuses églises d’outre-mer lui firent volontiers, pour transporter en France, quelques présens qu’il racheta par beaucoup d’autres dons. Il trouva, dans l’état qu’il desirait, son pays chéri de lui autant que son royaume, surtout parce qu’il connaissait ses habitans comme honnêtes, fidèles à leurs princes terrestres, et très-zélés pour le culte du Christ. Notre maîtresse Mathilde, déjà appelée du nom de reine, quoiqu’elle ne fût point encore couronnée, s’était très-bien conduite dans le gouvernement de la Normandie. Sa sagesse avait été aidée par des hommes de très-utile conseil, parmi lesquels tenait le premier rang Roger de Beaumont, fils du très-vaillant homme Honfroy, plus propre par son expérience et par son âge aux affaires domestiques. Les fonctions guerrières étaient confiées à son jeune fils, sur le courage [p. 435] duquel nous avons dit quelques mots, dans le combat livré contre Hérald; mais nous pensons aussi que, si les voisins n’osèrent faire aucune incursion dans la Normandie, lorsqu’ils la savaient presque vide de chevaliers, on doit l’attribuer à la crainte du retour du roi.
Il célébra la Pâque du Seigneur dans le monastère de la Sainte-Trinité de Fécamp, fêtant avec un grand respect la résurrection du Rédempteur, au milieu d’une foule de vénérables évêques et abbés. Humblement placé dans les chœurs des ordres religieux, il força la foule des chevaliers et du peuple d’interrompre ses jeux, et de se rendre aux divins offices. A sa cour se trouvait le puissant comte Raoul, beau-père du roi des Français, et un grand nombre de nobles de France. Ils regardaient avec curiosité, ainsi que les Normands, les chevaliers enfans des contrées occidentales: les plus beaux jeunes gens de la Gaule chevelue auraient envié leur beauté, qui ne le cédait pas à celle des jeunes filles. A la vue des vêtemens couverts et chamarrés d’or du roi et de ses compagnons, tout ce qu’ils avaient vu auparavant leur parut vil. Ils admiraient aussi les vases d’argent ou d’or, sur le nombre et l’éclat desquels on pourrait rapporter des choses vraiment incroyables. Dans un grand repas donné aux Français, on ne but que dans des vases de cette sorte, ou dans des cornes de bœuf ornées aux deux extrémités des mêmes métaux. Enfin ils remarquèrent beaucoup de choses de cette sorte, convenables à la magnificence royale, et dont à leur retour chez eux ils firent le récit à cause de la rareté de ces objets. En outre, ils trouvèrent l’honnêteté du [p. 436] roi beaucoup plus remarquable et plus mémorable que tout cela. Guillaume passa tout cet été, tout l’automne et une partie de l’hiver en deçà de la mer, accordant tout ce temps à son affection pour la patrie, qui n’eut pas à se plaindre que ses richesses eussent souffert de son absence, ni de l’expédition de l’année précédente; car telle était la modération et la sagesse de Guillaume qu’il fournissait abondamment aux dépenses des chevaliers et des étrangers; mais il ne permettait à personne de rien enlever. Dans les provinces, les bêtes et troupeaux paissaient en sûreté, soit dans les champs, soit dans les étables; les moissons intactes attendaient la faux du laboureur; elles n’avaient pas été foulées aux pieds par l’orgueilleuse prodigalité des chevaliers, ni par les fourrageurs. L’homme faible ou sans armes monté sur son cheval, allait chantant où il lui plaisait, sans trembler à la vue des bataillons des chevaliers.
Pendant ce temps Eudes, évêque de Bayeux, et Guillaume, fils d’Osbern, administraient l’un et l’autre d’une manière digne d’éloges les parties du royaume confiées à leur gouvernement, agissant tantôt ensemble, tantôt séparément. Lorsque la nécessité l’exigeait, l’un portait à l’autre un prompt secours. Leur sage vigilance fut soutenue par l’accord amical et sincère qui régna entre leurs volontés. Ils s’aimaient mutuellement, et chérissaient également le roi; ils étaient animés d’un semblable zèle pour maintenir en paix le peuple Chrétien, et déféraient volontiers à leurs mutuels avis. Selon la recommandation du roi, ils agissaient avec beaucoup de justice, afin de corriger par là et d’adoucir des [p. 437] hommes barbares et ennemis. De même, chacun des commandans d’un rang inférieur gouvernait avec vigilance la forteresse où il avait été placé. Mais les Anglais ne pouvaient être contraints, ni par les bienfaits, ni par la crainte, à préférer un paisible repos aux changemens et aux troubles. Ils n’osaient prendre ouvertement les armes, mais ils tramaient d’exécrables conspirations, et s’efforçaient de nuire par la ruse. Ils envoyèrent des députés vers les Danois ou d’autres peuples dont ils espéraient quelque secours. Quelques-uns s’exilèrent d’eux-mêmes, afin d’échapper par la fuite au pouvoir des Normands, ou de revenir contre eux appuyés de secours étrangers.
Dans ce temps, Eustache, comte de Boulogne, se montrait ennemi du roi; il avait, avant cette guerre, remis son fils en Normandie comme otage de sa foi. Les habitans de la province de Kent lui conseillèrent d’attaquer le château de Douvres, lui promettant leur secours, et disant que, s’il s’emparait de ce château très-fortifié et de son port, sa puissance s’étendrait plus loin, et qu’ainsi celle des Normands irait en diminuant; car comme ils haïssaient les Normands, ils furent bientôt d’accord avec Eustache, leur ennemi acharné. D’ailleurs ils connaissaient par expérience son habileté et ses succès à la guerre. Ils aimaient mieux, s’il devaient ne pas obéir à un compatriote, être soumis à un homme connu d’eux et leur voisin. Il arriva que les circonstances leur firent espérer le succès qu’ils desiraient. Les premiers gardiens de la dite forteresse, l’évêque de Bayeux et Hugues de Montfort, étaient allés au delà de la Tamise, et avaient emmené avec eux la plus grande [p. 438] partie des chevaliers. Eustache, en ayant été instruit par les Anglais, passa vers eux avec les siens pendant le calme de la nuit, afin de surprendre la garnison qui ne se tenait pas sur ses gardes. Il amena une flotte munie de chevaliers d’élite, qui, à l’exception d’un petit nombre, avaient quitté leurs chevaux. Tout le voisinage était en armes, et le nombre des troupes aurait été augmenté de ceux qui habitaient plus avant, si les hommes d’Eustache se fussent arrêtes au siége pendant deux jours. Mais ils trouvèrent la garnison moins tranquille et plus en état de se défendre qu’ils ne l’espéraient. Ils échappèrent par la rapidité de leurs chevaux, la connaissance des sentiers, et au moyen d’un navire tout prêt à les recevoir. Un très-noble jeune homme, neveu d’Eustache, et qui faisait ses premières armes, fut fait prisonnier. Les Anglais s’échappèrent d’autant plus facilement par plusieurs sentiers détournés, qu’il n’était pas facile pour les gens du château, vu leur petit nombre, de les poursuivre de différens côtés. Ce fut avec justice que ce déshonneur et cet échec arrivèrent à Eustache. Si je lui exposais les motifs qui auraient dû l’empêcher de se révolter, je le convaincrais qu’il a bien mérité de perdre la faveur du roi, et les bienfaits dont il avait été comblé. Ce fut à juste titre que les Anglais et les Français s’accordèrent à le déclarer grandement coupable; mais je sens qu’il faut épargner un homme illustre, un comte fameux qui, maintenant réconcilié avec le roi, est honoré comme un de ses plus familiers.
Vers le même temps, le comte Coxon, aimé des Normands, comme nous l’avons dit succomba par une mort qu’il ne méritait pas, et qui doit être [p. 439] transmise à la mémoire. Pour que sa gloire vive éternellement, et que son innocence soit pour la postérité un exemple, je juge à propos de rapporter ici cette mort. Anglais par sa naissance et son pouvoir, Coxon fut plus grand par l’honnêteté et la sagesse singulières de son esprit. Il favorisait beaucoup le roi et son parti; mais ses hommes ne partageaient pas ses sentimens; c’étaient les plus exécrables fauteurs et complices des factions. Essayant de le détourner de son devoir, ils l’avertissaient souvent, comme par zèle pour son honneur, de défendre la liberté que lui avaient transmise ses ancêtres, et le priaient et suppliaient, au nom de la chose publique, d’abandonner le parti des étrangers, et de suivre les projets des meilleurs hommes de sa nation et de sa famille. Pendant long-temps ils lui donnèrent ces conseils, et d’autres de cette sorte, employant pour le décider diverses ruses; mais ne pouvant ébranler son esprit, fermement attaché au bien, ils excitèrent contre lui la haine de sa province, afin de le forcer à abandonner le parti du roi. Leur méchanceté croissant de jour en jour, comme Coxon aimait mieux souffrir la haine et tous les outrages du peuple que de violer sa foi, ils le firent périr par des embûches. Ainsi cet excellent homme témoigna par sa mort que la domination de son seigneur devait être respectée.
Quelques évêques étaient pleins de zèle pour le service du roi, surtout Edelred, primat d’York ... h
FIN DE LA VIE DE GUILLAUME-LE-CONQUÉRANT.
Notes:
* La signature « F. G. » figurant à la fin de la « Notice sur Guillaume le Conquérant » [p. viij] et à la fin de la « Notice sur Guillaume de Poitiers » [p. 323] est celle de François GUIZOT. La notice de la Bibliothèque nationale de France (https://gallica.bnf.fr/) concernant cet auteur est la suivante: « Historien et homme d’Etat, François GUIZOT (1787–1874) exerce d’importantes responsabilités politiques sous la monarchie de Juillet. Occupant des fonctions de ministre puis de chef du gouvernement, il généralise l’enseignement primaire, crée la Société d’histoire de France et le service des monuments historiques ».
1 Histoire littéraire de la France, tom. VII, pag. 168.
2 Charles-le-Chauve.
3 On suppose que l’historien a voulu désigner Athelstan, qui ne monta sur le trône qu’en 925. A l’époque dont il s’agit ici, c’est-à-dire en 876, Alfred-le-Grand régnait en Angleterre.
4 Probablement l’île de Walcheren.
5 Désigné plus haut sous le nom d’Alstem.
6 Comte de Coutances.
7 Le comte de Poitou.
8 Dans le Vermandois.
9 Le 10 septembre 954.
10 En 956.
11 En 960.
12 Voyez la Vie de Bouchard, comte de Melun, tom. VII de notre Collection.
13 Ou Herlotte.
14 Un autre manuscrit porte pollinctores, embaumeurs, ceux qui ensevelissent les morts.
15 Nous avons conservé l’ortographe véritable de ce mot, qu’aujourd’hui on écrit Tillières.
16 Roger et Raoul du Ternois, sont appelés Toëni, dans Orderic Vital.
17 Ce lieu est inconnu.
18 Avant ce mariage, Henri avait épousé Mathilde, fille de l’empereur Conrad. La fille de Jaroslas, czar de Russie, qu’il épousa plus tard, et qui seule lui donna des fils, se nommait Anne et non Mathilde.
19 Sarrasins.
20 Dans Orderic Vital, il est appelé Turstin Citel.
21 Nous croyons convenable de rappeler ici au lecteur ce que nous avons dit ailleurs; le nom d’Harold est écrit, dans les divers historiens, tantôt Hérold, Hérald, Harald ou Harold.
22 Ou Tostig.
23 Ou Dermot.
24 Ou Brienn; voyez Orderic Vital, tom. II, p. 181.
25 Et le huitième de l’Histoire des Normands, selon le titre du manuscrit de Duchesne.
26 Aujourd’hui, ras de Catteville.
27 Mathilde n’était pas fille de Baudouin-le-Barbu, mais de Baudouin-le-Débonnaire, son fils.
28 Gael ou Montfort.
29 La fin de ce chapitre, les chapitres suivans, XVIII, XIX et XX, et le commencement du chapitre XXI manquent, même dans le manuscrit de l’abbaye de Jumiège.
30 Le texte porte Colmiœ-Mons; peut-être faut-il traduire Colimer, ou mieux encore, Coulibœuf, Conlonge; ce sont autant de bourgs de Normandie.
31 Connue en France sous le nom de Sainte-Marie de Radinges.
32 Ou Fleitel.
33 Ce Richard, comte de Pembroke, et surnommé Strong-Bow, fut le premier qui conduisit les Anglais en Irlande.
a Histoire littéraire de la France, tom. VIII, pag. 194.
b Recueil des historiens Français, tom. XI, pag. 79 et 189.
c En 1035.
d En 1036.
e En 1046.
f Harold.
g Barking.
h Ici s’arrête le manuscrit.
TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME
GUILLAUME DE JUMIÈGE.
NOTICE sur Guillaume de Jumiège. [p. v]
LETTRE à Guillaume, roi orthodoxe des Anglais, sur les faits et gestes des ducs des Normands. [p. 1]
HISTOIRE DES NORMANDS, par Guillaume de Jumiège. [p. 5]
LIVRE PREMIER. COMMENT HASTINGS OPPRIMA LA NEUSTRIE AVANT L’ARRIVÉE DE ROLLON.
CHAPITRE PREMIER. Comment la vigueur des Francs s’affaiblit après avoir long-temps brillé avec éclat, en sorte qu’ils se trouvèrent moins en état de résister aux barbares Païens. [p. 5]
CHAP. II. Des trois parties du monde, de celle dans laquelle est située la Dacie, et de la position de ce pays. [p. 7]
CHAP. III. De l’origine des Goths, et des lieux où ils habitèrent d’abord. [p. 9]
CHAP. IV. Que les Danois sont descendans des Goths. — Pourquoi ils sont appelés Danois ou North-Manns, et comment cette race s’est autant multipliée. [p. 10]
CHAP. V. Comment Bier, fils de Lothroc, roi de Dacie, fut chassé de sa patrie, selon la coutume, avec Hastings son gouverneur. [p. 11]
CHAP. VI. Comment ils arrivèrent dans le royaume des Francs, et dévastèrent d’abord le pays du Vermandois. [p. 13]
CHAP. VII. De la dévastation de la Neustrie, qui s’étend en ligne transversale de la ville d’Orléans jusqu’à Lutèce, cité des Parisiens. [p. 14]
CHAP. VIII. Comment, furent détruites les villes de Paris, Beauvais, Poitiers, et d’autres villes voisines, à partir du rivage de l’Océan, en se dirigeant vers l’Orient, et jusqu’à la ville de Clermont en Auvergne. [p. 16]
CHAP. IX. Comment, après que la France eut gémi trente ans environ sous l’oppression des Païens, Hastings se rendant par mer à Rome pour la soumettre à la domination de Bier, fut jeté par une tempête auprès de Luna, ville d’Italie. [p. 17]
CHAP. X. Comment Hastings, croyant que la ville de Luna était Rome, et ne pouvant la prendre de vive force, la prit par artifice et la détruisit. [p. 18]
CHAP. XI. Comment les Païens, ayant découvert que cette ville n’était pas Rome, se divisèrent. — Bier voulant retourner en Danemarck, mourut dans la Frise. — Hastings ayant fait la paix avec le roi Charles, reçut de lui la ville de Chartres, à titre de solde, et y habita. [p. 20]
LIVRE SECOND. DES FAITS ET GESTES DE ROLLON, PREMIER DUC DE NORMANDIE.
CHAPITRE PREMIER. De la noblesse et valeur du père de Rollon, et comment les jeunes gens de la Dacie, qui avaient été désignés par ordre du roi pour en être expulsés, se rendirent auprès de Rollon et de Gurim son frère pour implorer leur secours contre le roi. [p. 21]
CHAP. II. Comment Rollon s’étant révolté contre le roi pendant cinq ans, le roi lui demande et obtient la paix frauduleusement. [p. 24]
CHAP. III. Comment le roi attaqua dans la nuit les villes de Rollon. — De la mort de Gurim son frère, et de l’arrivée de Rollon dans l’île de Scanza avec six navires. [p. 25]