Histoire de Marie-Antoinette Nouvelle édition revue et augmentée
Part 32
[604: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. II.--Le _Martyre de la Reine de France_, 1822, dit que la Reine fut d'abord gardée quelques jours dans le logement de Richard, puis dans une pièce commode. La brochure raconte une visite des administrateurs de la police à la date du 8 septembre, qui privent Marie-Antoinette du service de la citoyenne Florel, et prennent le 11 septembre l'arrêté suivant: «Un nouveau local servira ce jour même à la détention de la veuve Capet. Elle sera placée dans une chambre basse faisant partie de la pharmacie de la prison; le pharmacien Antoine Lacour enlèvera de ce local les boiseries et les vitres qui en dépendent; la grande croisée qui donne sur la cour des femmes sera bouchée par une tolle de fer jusqu'au cinquième barreau de travers; le surplus de ladite croisée sera grillé en mailles très serrées; la seconde fenêtre sera condamnée en totalité par une forte tolle en fer; la petite ouverture sur le corridor sera bouchée en maçonnerie ainsi que la gargouille qui existe pour l'écoulement des eaux. Deux portes de forte épaisseur seront établies et toutes les deux seront garnies de fortes serrures de sûreté et de deux verrous à l'extérieur. La veuve Capet restera dans ce local jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné.»]
[605: Archives de l'Empire.]
[606: Archives nationales. _Revue rétrospective_, 2e série, vol. II.]
[607: Quand la mort s'approcha de la Reine, cette torture eut comme une pudeur. Du linge fut accordé à celle qu'on appelait «la veuve Capet». Nous trouvons le témoignage de ce reste d'humanité dans ce document funèbre et glacial, conservé aux Archives de l'Empire et publié par nous pour la première fois.
_Du 26 du premier mois de l'an second de la République._
«Est comparu le citoyen Bault, concierge de la maison de justice de la Conciergerie, accompagné de deux gendarmes et de l'officier du poste, lequel a déclaré: Dans la chambre ci-devant occupée par la veuve de Louis Capet, décédée le jour d'hier, se sont trouvés les effets dont la description suit:
Quinze chemises de toile fine garnies de petite dentelle. Un mantelet de raz de Saint-Maur. Deux déshabillés complets de pareille étoffe. Un fourreau à collet et un jupon de bazin des Indes à grandes rayes. Deux jupons de bazin à petites rayes. Cinq corsets de toile fine. Une robe à collet en toile de coton. Une camisole à collet de pareille toile.
_Linges à blanchir._
Quatre mouchoirs de batiste. Un jupon de bazin à petites rayes. Une serviette. Une paire de draps. Deux paires de poches de coton. Et onze chaufoirs. Une serviette de toille de coton grise. Vingt-quatre mouchoirs de batiste. Six fichus de linon. Une coiffe de linon. Deux paires de bas de soye noire. Une paire de gants aussi de soye noire. Une paire de bas de filoselle noire. Une paire de bas de fil. Une paire de chaussons. Une paire de crespe. Un petit fichu de mousseline. Une autre fichu de crespe. Six serviettes de batiste. Une grosse éponge fine. Une petite corbeille d'osier. Une paire de souliers neufs. Et deux paires de vieux. Une boete à poudre de bois. Et une houpe de cygne. Une petite boete de pomade de fer blan.
«Lesquels effets il a à l'instant déposés au greffe et requis acte dudit dépot à lui octroyé et a signé avec nous greffier soussigné.
«Bault, N. D. Fabricius.» ]
[608: _Récit exact des derniers moments de la captivité de la Reine_, par la dame Bault. Paris, 1817.]
[609: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. II.]
[610: _Le père Duchêne_, n° 268.]
[611: _Dernières années de captivité_, par Hüe.]
[612: «Cette pièce se trouve au dépôt du ci-devant Comité de sûreté générale de la Convention nationale.» _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. II]
[613: _Le père Duchêne_, n° 296.]
[614: _Récit exact_, par la dame Bault.]
[615: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoie, vol. II.]
[616: _Bulletin du tribunal criminel révolutionnaire._ 4{e} partie, n° 46.]
[617: _Mémoires sur Louis XVII_, par Eckard.]
[618: _Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État._ Paris, 1831? vol. II.]
[619: Mémoire présenté au Directoire exécutif par le comte Rougeville sur la dénonciation de l'ex-conventionnel Guffroy. De la Grande-Force, ce 10 floréal an IV.]
[620: Jugement rendu par le tribunal criminel révolutionnaire dans l'affaire Michonis, le 29 brumaire an II de la République.]
[621: Extrait du second interrogatoire subi par la Reine à la Conciergerie le 4 septembre 1793. Notice sur J. B. C. Haret-Cléry.]
[622: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. II.--_Mémoires sur Louis XVII_, par Eckard.]
[623: _Récit exact_, par la dame Bault.]
[624: _Ibid._]
[625: _Journal des Débats et Décrets_, n° 352.]
[626: _Affaire de l'ex-conventionnel Courtois_, par Courtois fils. Paris, Delaunay, 1834.]
[627:_Journal des Débats et Décrets_, n° 380.
Je possède le décret rendu par la Convention dont la rédaction est celle-ci:
DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE du 3 octobre 1793, l'an second de la République française une et indivisible, _qui ordonne le prompt jugement de la veuve Capet au Tribunal révolutionnaire_.
La Convention nationale, sur la proposition d'un membre, décrète que le Tribunal révolutionnaire s'occupera, sans délai et sans interruption, du jugement de la veuve Capet.
Visé par l'inspecteur.
Signé: JOSEPH BECKER.
Collationné à l'original, par nous président et secrétaires de la Convention nationale. À Paris, le 4 octobre 1793, l'an second de la République une et indivisible. Signé L. J. Chartier, président; Pons (de Verdun) et G. Jagot, secrétaires.
Au nom de la République, le Conseil exécutif provisoire mande et ordonne à tous les corps administratifs et tribunaux, que la présente loi ils fassent consigner dans leurs registres, lire, publier et afficher et exécuter dans leurs départements et ressorts respectifs; en foi de quoi nous avons apposé notre signature et le sceau de la République. À Paris, le quatrième jour du mois d'octobre mil sept cent quatre-vingt-treize, l'an second de la République une et indivisible. Signé Destournelle. Contre-signé Gohier. Et scellée du sceau de la République.
_Certifié conforme à l'original._
[628: _Archives nationales_ (Armoire de fer). _Louis XVII_, par de Beauchesne, vol. II.]
[629: _La Quotidienne ou la Gazette universelle_, jeudi 17 et vendredi 18 octobre 1793.]
[630: _Journal universel_, par Audouin, n° 438.]
[631: _La Quotidienne_, vendredi 18 octobre 1793.]
[632: Suite du _Journal_ de Perlet, n° 339.]
[633: _Révélations ou Mémoires inédits de Sénart._ Paris, 1824.]
[634: Le dossier du Procès de la Reine, conservé aux Archives de l'Empire, contient la lettre suivante de Fouquier: «L'accusateur public du Tribunal révolutionnaire est passé pour prendre les pièces seulement qui ont été trouvées le 25 juin 1791 au château des Tuileries dans l'appartement de la ci-devant Reine. Comme son jugement est fixé à demain lundi neuf heures, le C. Baudin l'obligerait beaucoup de lui envoyer ces pièces demain à sept heures en son cabinet au Palais.»]
[635: _Archives nationales._]
[636: _Ibid._]
[637: _Révolutions de Paris_, par Prudhomme, n° 211.]
[638: _Journal des Débats et Décrets_, n° 393.]
[639: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_ (par Clément), 1793, 2e partie, n° 22.]
[640: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_, n° 22 et 23.]
[641: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_ du n° 22 au n° 33.]
[642: _Journal des Débats et des Décrets_, n° 393.]
[643: _Mémoires historiques et politiques_, par Soulavie, vol. II.]
[644: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_, n° 25.]
[645: Cette réponse textuelle se trouve au n° 25 du _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_ établi au Palais à Paris par la loi du 10 mars 1793 pour juger sans appel les conspirateurs (2e partie, 1793).]
[646: _Testament de Marie-Antoinette veuve Capet_. De l'imprimerie du véritable créole patriote.--Les débats commencèrent à 8 heures du matin, ils continuèrent sans interruption jusqu'à 4 heures de l'après-midi, furent suspendus jusqu'à 5 et reprirent jusqu'au lendemain 4 heures du matin, de manière que sauf, un instant de relâche, ils durèrent environ _vingt heures consécutives_. (_Note historique sur les procès de Marie-Antoinette et de Madame Élisabeth_, par Chauveau-Lagarde, Paris, 1816).]
[647: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. II.]
[648: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. II.]
[649: _Affaire des papiers de l'ex-conventionnel Courtois_ (par Courtois fils), Paris, Delaunay, 1834.]
[650: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. II.]
[651: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_, n° 31.]
[652: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. II.]
[653: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_, n° 31.]
[654: _Le Père Duchêne_, n° 298.]
[655: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_, n° 32.--_Gazette des tribunaux_ et _Mémorial des corps administratifs et municipaux_, vol. VIII, 1793.]
[656: Procès-verbal, _Archives nationales_.]
[657: Chauveau-Lagarde, dans sa note historique sur le procès de Marie-Antoinette, dit que la Reine eut comme une surprise du verdict prononcé par le Tribunal révolutionnaire. Elle traversait la salle ne paraissant rien voir, rien entendre, jusqu'à ce qu'elle fût arrivée contre la barrière où était le peuple. «Là, elle relevait la tête avec majesté.» Et l'avocat de la Reine admire ce courage se relevant sous le coup de la plus terrible désillusion.]
[658: _Le Magicien républicain_ s'exprime ainsi sous la plume du citoyen Rouy l'aîné, témoin oculaire «..._La procédure fut terminée à 4 heures et demie du matin par le jugement du Tribunal qui la condamne à la peine de mort; elle l'a écouté avec beaucoup de sang-froid, et elle est descendue à la chambre de justice d'un pas aussi léger qu'autrefois, lorsqu'elle se rendait dans les boudoirs de Saint-Cloud et de Trianon... Elle remit alors un anneau d'or et un paquet de ses cheveux à l'un de ses défenseurs pour les donner à une citoyenne nommée Hiary (_sic_), demeurant à Livry, chez la citoyenne Laborde, qu'elle a dit être son amie_.» Il s'agit de la boucle de cheveux et des deux anneaux d'or servant à la Reine de boucles d'oreille et remises par elle à Tronçon-Ducoudray pour Mme de Jarjayes.
À propos des deux boucles d'oreilles, disons qu'il existe un grand nombre de reliques fausses dont la possession a été attribuée à Marie-Antoinette. Et ici j'élèverai des doutes sur le fameux soulier du Musée des Souverains, provenant de la succession de M. de Guernon-Ranville, et ramassé, dit-on, par un homme du peuple au pied de l'échafaud au moment où la Reine y montait. Nous avons un témoignage de la surveillance exercée par la police ce jour-là; c'est le procès fait au gendarme Mingault qui passa au Tribunal révolutionnaire le 25 vendémiaire de l'an II de la République, pour avoir essuyé sous l'échafaud quelques gouttes du sang de la victime avec son mouchoir.]
[659: _Six journées passées au Temple_, par Moille. Paris, Dentre, 1820.]
[660: _Récit exact_, par la dame Bault.]
[661: L'original de cette dernière lettre de Marie-Antoinette, contre-signé Fouquier, Guffroy, Massieu, Legot, Lecointre, est conservé aux Archives de l'Empire. Son inspection attentive donnerait lieu de croire que la Reine a été brusquement interrompue au dernier mot... Par quoi? ou par qui?]
[662: _Récit exact_, par la dame Bault.]
[663: _Six journées au Temple_, par Moille.]
[664: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. I.]
[665: _Ibid._, vol. II.]
[666: _Mémoires au Roi sur l'imposture et le faux matériel de la Conciergerie_. Paris, 1825.]
[667: _Révolutions de Paris_, par Prudhomme, n° 210.]
[668: _Ibid._]
[669: _Six journées au Temple_, par Moille.]
[670: _Ibid._]
[671 _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_, n° 32.]
[672: _Le Père Duchêne_, n° 290.--«La plus grande joie de toutes les joies du père Duchêne, après avoir vu de ses propres yeux la tête du _Veto_ femelle séparée de son f... col de grue.»]
[673: _Récit_ du Vte Charles Desfossez. _Louis XVII_, par Beauchesne, vol. II.]
[674: _Histoire de Marie-Antoinette_, par Montjoye, vol. II.--_Bulletin du tribunal criminel révolutionnaire_, n° 32.]
[675: _Récit_ du Vte Charles Desfossez.]
[676: _Mémoires secrets et universels sur la Reine de France_, par Lafont d'Auxonne. Déclaration de Rosalie Lamorlière.]
[677: _Révolutions de Paris_, par Prudhomme, n° 210.]
[678: _Journal universel_ (par Audouin), n° 1423.]
[679: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_, n° 33.]
[680: _La Quotidienne ou la Gazette universelle_, n° 396.]
[681: _Mémoires secrets sur les malheurs et la mort de la Reine de France_, par Lafont d'Auxonne.]
[682: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_, n° 324.]
[683: _Révolutions de Paris_, par Prudhomme, n° 210.]
[684: _Journal universel_, (par Audouin), n° 1423.]
[685: Il existe de David un croquis de Marie-Antoinette sur la charrette. Je crains que dans ce croquis le peintre révolutionnaire n'ait un peu mis de sa passion, n'ait caricaturé la Reine en son _chemin de la croix_. Un triste détail, la Reine, qui avait eu de tout temps la vue très-basse et très-délicate, semble, d'après des dépositions authentiques, avoir perdu un œil par suite de l'humidité de son cachot de la Conciergerie.]
[686: _Récit_ du Vte Charles Desfossez.]
[687: _Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire_, n° 32.]
[688: _La Quotidienne ou la Gazette universelle_, n° 396.--Le citoyen Rouy l'aîné rend compte de l'exécution de Marie-Antoinette en ces termes dans le _Magicien républicain_: «À 11 heures 12 ou 15 minutes, elle sortit de la Conciergerie... Sa figure était pâle et très-abattue, par suite d'une perte qu'elle a eue dans sa prison, plutôt que par l'aspect du juste supplice qu'elle allait subir, car, malgré que son cœur paraissait oppressé, en montant sur la charrette, elle a conservé une tenue, une fierté, un air altier qui la peint... Arrivée à la place de la Révolution, ses yeux se sont fixés avec quelque sensibilité sur le château des Tuileries... La charrette s'étant arrêtée devant l'échafaud, elle est descendue avec légèreté et promptitude, sans avoir besoin d'être soutenue, quoique ses mains fussent toujours liées; elle est de même montée _à la bravade_ avec un air plus calme et plus tranquille encore qu'en sortant de prison. Sans parler au peuple ni aux exécuteurs, elle s'est prêtée aux apprêts de son supplice, ayant fait elle-même tomber sa bonnette de sa main. Son exécution et ce qui en formait l'affreux prélude, dura environ quatre minutes. À midi un quart précis sa tête tomba sous le fer vengeur des lois...» Voici le procès-verbal d'exécution de Marie-Antoinette, conservé aux Archives de l'Empire et publié par nous pour la première fois. «L'an deuxième de la République française, le vingt-cinquième jour du premier mois, à la requête de l'accusateur public près le Tribunal criminel extraordinaire et révolutionnaire, établi à Paris par la loi du 10 mars 1793, sans aucun recours au tribunal de cassation, lequel fait élection de domicile au greffe dudit tribunal séant au Palais, nous Eustache Nappier, huissier-audiencier audit Tribunal, demeurant à Paris, sous-signé, nous sommes transporté en la maison de justice dudit Tribunal, pour l'exécution du jugement rendu par le Tribunal, _ce jourd'hui_ contre _la nommée Marie-Antoinette_, veuve de _Louis Capet_, qui la condamne à la peine de mort, pour les causes énoncées audit jugement, et de suite l'avons remise à l'exécuteur des jugements criminels et à la gendarmerie qui l'ont conduite sur la place de la _Révolution de cette ville_, où sur un échafaud dressé sur ladite place, _ladite Marie-Antoinette, veuve Capet_, a en notre présence subi la peine de mort, et de tout ce que dessus nous avons fait et rédigé le présent procès-verbal, pour servir et valoir ce que de raison, dont acte.--_Nappier_.»]
[689: Ce Mémoire, possédé et communiqué par M. Fossé d'Arcosse, se termine ainsi: «Vu et arrêté par moi, président du Tribunal révolutionnaire, à la somme de deux cent soixante-quatorze livres, pour être touchée par Joly, fossoyeur de la Madeleine, à la Trésorerie nationale. À Paris, ce 11 brumaire l'an II de la République française.--_Herman_, prdt.»]