Histoire de la vie et de l'administration de Colbert

Chapter 55

Chapter 553,735 wordsPublic domain

[559] _Documents inédits sur l'histoire de France_, par M. Champollion-Figeac, t. III.--On trouve dans une lettre de Colbert, du 31 décembre 1672, à son frère ambassadeur à Londres, quelques détails pleins d'intérêt sur la famille du ministre. J'en extrais ce qui suit: «Je ne puis m'empescher de vous dire que je ne suis pas tout à fait content de ma belle-soeur, veu qu'il me semble qu'elle doibt estre persuadée que les consultations que je ferois faire ici seroient aussi bonnes pour le moins que celles qui passent par d'autres canaux. J'espère qu'elle aura un peu plus de confiance en l'advenir aux soins que je pourrois prendre de faire les consultations moy-mesme de votre mal, soit de les faire faire par mon lieutenant, c'est-à-dire par ma femme qui en prendroit autant de soin que moy.» Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1672.

[560] _Documents inédits_, etc.

[561] _Documents inédits_, etc.

[562] _Mémoires_, etc., t. XIV.

[563] _Soupirs de la France esclave_, etc. XIe mémoire.

[564] _OEuvres de Louis XIV_, passim t. III, p. 412.--On comprend après cela que Louis XIV ait pu dire le mot célèbre qui lui a été si souvent reproché: _l'État, c'est moi_. Voici, au surplus, sur cette personnification absolue, exclusive, de l'État dans la Royauté, à cette époque, un nouveau et très-curieux passage des _Soupirs de la France esclave_; «Autrefois l'État entroit partout; on ne parloit que des intérêts de l'_État_, de la conservation de l'_État_, du service de l'_État_. Aujourd'huy parler ainsi seroit au pied de la lettre un crime de lèze-majesté. Le Roi a pris la place de l'État. C'est le service du _Roi_, c'est l'intérêt du _Roi_. C'est la conservation des provinces et des biens du _Roi_. Et ce ne sont pas seulement des paroles et des termes, ce sont des réalitez. On ne connoist plus à la cour de France d'autre intérêt que l'intérêt personnel du Roi, c'est-à-dire, sa grandeur et sa gloire. C'est l'idole à laquelle on sacrifie les princes, les grands, les petits, les maisons, les provinces, les villes, les finances et généralement tout. Ce n'est donc pas pour le bien de l'État que se font ces horribles exactions, car d'_État_ il n'y en a plus. Ce n'est pas non plus pour les besoins de l'_État_. Car jamais la France n'en a eu moins excepté depuis quelques mois. _Depuis trente ans, elle n'a eu d'ennemis que ceux qu'elle s'est faits de gayeté de coeur_ (XIe _Mémoire_).

[565] _Ibidem_.

[566] _Mémoires de Charles Perrault_, liv. IV.

[567] On me permettra de rappeler ces vers du sonnet que le poëte Hénault lui avait adressé après la condamnation de Fouquet:

Sa chute quelque jour te peut être commune; Crains ton poste, ton rang, la cour et la fortune; _Nul ne tombe innocent d'où l'on te voit monté_...

[568] _OEuvres de Lemontey_, t. V: _Notice sur Colbert_. Lemontey est le seul auteur qui parle de ce plan, et il n'indique pas son autorité.

[569] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, etc., année 1772.

[570] _Vie de J.-B. Colbert_, etc., année 1680.--La Fontaine, _poëme sur le quinquina_.

[571] M. Montyon donne pour preuve de cette sévérité de Louvois la lettre suivante que ce ministre écrivit à M. de Ménars, beau-frère de Colbert et intendant de Paris: «Je Vois, par votre dernière lettre, que les fusils de la milice ont coûté 18 francs; faites mettre en prison celui qui les a vendus, car ils n'en valent que 15.» (_Particularités sur les ministres des finances_, etc.) Cette lettre dénote en effet un administrateur intègre et sévère; mais n'y avait-il pas là-dessous quelque rancune contre Colbert?

[572] _Particularités sur les ministres_, etc., article _Colbert_. Il est vraiment fâcheux que M. Montyon n'ait pas indiqué à quelle source il avait recueilli ces curieux détails, ainsi que ceux qui suivent, sur les derniers moments de Colbert.

[573] _Vie de J.-B. Colbert_, etc., année 1683.

[574] Biblioth. roy., Mss. _Inventaire fait après le décedz de monseigneur Colbert_.

[575] _Lettres de Mme de Maintenon_, t. II, p. 388.--De toutes les charges de son père, le marquis de Seignelay n'eut que la marine, dont la survivance lui avait été donnée dès 1672, et c'était assez. Louvois obtint la surintendance des bâtiments, et Le Pelletier fut nammé contrôleur général des finances.

[576] _Vie de J.-B. Colbert_, etc., année 1669.--_Testament politique de M. Colbert_, etc., chap. iv.

[577] L'exaspération du peuple de Paris contre les restes de Colbert est constatée dans la note d'une épitaphe de ce ministre, insérée au _Recueil Maurepas_. (Voir, plus loin, p. 411, note I.)

[578] _Mémoires_, etc., par l'abbé de Choisy, etc., liv. II.

[579] Ce libelle, de 65 pages in-32, est probablement fort rare. Il appartient à la Bibliothèque de l'Arsenal. Il a pour second titre: _le Catéchisme des partisans, composé par M. Colbert, ministre de France, avec des vers sur la mort du mesme ministre_; à Cologne, chez Pierre du Marteau.--Il ne porte ni date ni nom d'auteur, et ne paraît pas avoir été imprimé à Cologne; il est plus probable qu'il sortit d'une imprimerie clandestine de Paris. Au _Catéchisme_ succède le _Pater noster de M. Colbert_. Les deux versets suivants en donneront une idée:

«Grand Dieu, je confesse mon crime, Je sçais qu'il faut le condamner, Qu'il mérite le noir abysme Et je n'ose plus vous nommer _Pater noster_...

«Et quoique le bien des provinces Remplissait tous mes coffres d'or, Jamais je ne voyois mon prince Sans dire: il me faudrait encor _Regnum tuun...»

On a vu, au chapitre 1er, p. 78, note 2, la description d'une caricature ornée de quatrains et représentant Colbert occupé à compter _ses thrésors_. Enfin, si l'on était, par hasard, bien aise de connaître la plupart des épigrammes qui ont été faites contre ce ministre, on les trouverait réunies dans un recueil d'anecdotes ayant pour titre: _Nouveau Siècle de Louis XIV_, par Sautreau de Marsy, 4 vol. in-8º, article _Colbert_. Il existe un autre ouvrage en apparence relatif à Colbert et intitulé: _Entretiens de M. Colbert, ministre secrétaire d'Estat, avec Bouin, fameux partisan, sur plusieurs affaires curieuses, entr'autres sur le partage de la succession d'Espagne, fait par le roy d'Angleterre et les Hollandois_. 1 vol. in-8º, Cologne, 1701, chez Pierre Marteau. Je n'y ai absolument rien trouvé concernant l'administration de Colbert.

[580] Colbert possédait à Sceaux une maison de campagne où il eut l'honneur de recevoir louis XIV.

[581] On trouve aussi plusieurs épitaphes de Colbert dans le _Recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autres vers satiriques et historiques, avec des remarques curieuses, depuis 1589 jusqu'en 1747_; 35 vol. in-4º. Biblioth. roy., Mss.--Ce recueil, histoire galante de la cour de France pendant près de quatre siècles, ne comporte nullement l'impression; mais il renferme, sur la plupart des anciennes familles, une foule de particularités quelquefois très-piquantes. Il est désigné habituellement sous le titre de _Recueil de Maurepas_, du nom de l'ancien ministre de Louis XV et de Louis XVI, qui en eut l'idée, le fit copier à grands frais, et se chargea sans doute lui-même des notes explicatives et rectificatives jointes à chacune des pièces qui le composent.--Je citerai l'épitaphe suivante de Colbert, à cause des notes qui l'accompagnent.

ÉPITAPHE DE COLBERT.

Cy gist qui peu dormit et beaucoup travailla{a} Pendant son fâcheux ministère{b}; Que ne fit-il tout le contraire, Et que ne dormit-il tout le temps qu'il veilla?

{a} M. Colbert étoit l'homme du monde le plus laborieux (Note du Recueil Maurepas).

{b} Le ministère de M. Colbert fut très-fâcheux pour la réforme qu'il fut obligé de faire dans les finances, attendu le mauvais estat des affaires du Roy qui estoient obérées lorsqu'il en prit connoissance; car sans parler de la Chambre de justice qu'il fit établir pour juger M. Fouquet, et qui ruina aussi un grand nombre de particuliers, il obligea Sa Majesté à faire banqueroute à tous ses créanciers qui luy avoient presté de l'argent de bonne foi dans les désordres et les pressantes nécessitez de l'État. Il fut l'auteur de l'imputation, c'est-à-dire que le Roy à qui on avoit presté de l'argent à un denier plus haut que le denier vingt imputoit sur le capital ce qu'il avoit payé d'intérest plus haut que le denier 20. Il fit faire une déclaration qui portoit que le Roy seroit toujours le premier créancier partout où il auroit intérest. Il créa un grand nombre de nouveaux droits, augmenta les anciens, et se rendit ainsy l'exécration du royaume au point que, lorsqu'on le porta enterrer à Saint-Eustache, sa paroisse, où l'on voit son tombeau, le peuple de Paris l'auroit déchiré en pièces si l'on n'eût eu la précaution d'assembler tous les archers de la ville pour garder son corps. Au surplus, il était laborieux, pénètrant, hardy, vif, clairvoyant, et le meilleur serviteur et le plus fidelle qui ait jamais esté.....(Note du Recueil Maurepas).

[582] «C'est un Sully, faisons-en un Biron,» disaient les paysans à ce sujet (_Journal de l'Estoile_). Le même auteur parle de plusieurs caricatures qui furent faites contre Sully lorsqu'il tomba en disgrâce après la mort de Henri IV, et ajoute que «cette disgrâce fut plainte de peu de personnes.»

[583] Ceci est une grave erreur de Thomas. Non-seulement on ne peut reprocher à Colbert de n'avoir pas assez ménagé le crédit, c'est-à-dire d'en avoir abusé, mais ce ministre tomba dans l'excès contraire. Forbonnais, M. Bailly, M. d'Audiffret, tous les écrivains financiers sont d'accord à ce sujet. Si, pendant les nécessités de la guerre, au lieu d'établir, comme on l'a vu, des impôts odieux, Colbert eût emprunté quelques millions de plus, il se fût épargné, il le savait très-bien, les malédictions que ces déplorables expédients lui attirèrent. Ce qui le retint, sans doute, c'est la crainte que, de la part de Louis XIV, la facilité de se procurer des ressources momentanées par la voie beaucoup plus facile, mais ruineuse des emprunts, ne dégénérât en habitude. On peut désapprouver la marche que Colbert a suivie, mais on ne saurait disconvenir que les deux milliards de dette laissés par louis XIV n'aient que trop bien justifié ses appréhensions. Dans tous les cas, le reproche fait par Thomas à se ministre porte complètement à faux.

[584] Il ne faut pas oublier, pour être dans le vrai, la funeste augmentation du tarif en 1667, augmentation qui ruina l'agriculture française et fut une des causes principales de la guerre de 1672.

[585] _OEuvres de Thomas_; _Éloge de Sully_, cité dans l'_Histoire de Colbert_, par M. A. de Serviez.

[586] _Mémoires_, etc., liv. II.

[587] _OEuvres de Lemontey_, t. V: _Notice sur Colbert_.

[588] Extrait des volumes 17, 18 et 19 du _Recueil général des anciennes lois françaises_[*], par MM. Isambert, Decrusy et Taillandier. Cette collection donne le préambule et les dispositions des édits ou arrêtés les plus importants. Quant aux autres, elle renvoie avec toutes les indications nécessaires, soit aux Archives du royaume, soit aux divers recueils spéciaux.--Un grand nombre d'autres édits, notamment en ce qui concerne la marine, furent rendus pendant l'administration de Colbert et sont mentionnés dans la _Collection des anciennes lois françaises_. J'ai seulement indiqué ici les principaux.

[*] C'est par erreur que, dans le cours de ce volume, cet ouvrage a été désigné sous le titre de _Collection des anciennes lois françaises_.

[589] Autrement dits les carrosses à cinq sols. Leur organisation était la même que celle de nos omnibus sauf la fréquence des départs. M. de Monmerqué a publié, chez M. Firmin Didot, une brochure curieuse sur l'établissement de ces carrosses.

[590] La ville de Dunkerque fut rachetée des Anglais par traité des 17 et 27 octobre 1662, moyennant 4,674,000 fr. Voir, quant au chiffre du rachat, qui est communément porté à cinq millions, aux _Archives du royaume_, carton K. 123.

[591] Il parut postérieurement, sous l'administration de Colbert, plusieurs autres règlements concernant les tailles.

[592] Cet édit, un des plus importants rendus pendant l'administration de Colbert, ne fait pas partie de la _Collection des anciennes lois françaises_. On le trouve en entier dans les _Recherches sur les finances_, par Forbonnais, et dans l'_Histoire du tarif de 1664_, par Dufresne de Francheville.

[593] Cet édit, au bénéfice duquel les protestants ne participèrent pas, fut révoqué en 1683. Le même édit accordait en outre mille livres de pension aux gentilshommes qui auraient dix enfants «nés en loyal mariage, non prestres, religieux et religieuses;» deux mille livres à ceux qui en auraient douze, et moitié somme aux habitants des villes franches, bourgeois non taillables ou à leurs femmes.

[594] Cette ordonnance, dit le président Hénault, fut préparée et discutée dans un conseil composé comme il suit: Le chancelier Seguier, le maréchal de Villeroi, Colbert, d'Aligre, d'Ormesson, de Lézeau, de Machault, de Sève, Menardeau, de Morangis, Poncet, Boucherat, de La Marguerie, Pussort, Voisin, Hotman, et Marin. Les séances commencèrent le jeudi 28 octobre 1666 et continuèrent toutes les semaines, quelquefois plusieurs jours, jusqu'au 10 février suivant.

Le 24 janvier 1667, louis XIV écrivit au premier président et au procureur général, avec ordre au premier président et aux autres présidents, à quatre conseillers de la grand'chambre et aux cinq anciens présidents de chambres des requêtes, avec les doyens des mêmes chambres, à l'ancien président des requêtes du palais, au doyen de la première chambre et aux avocats et procureurs généraux de s'assembler incessamment chez le premier président pour conférer avec lui et les commissaires du Conseil sur les articles préparés par ces commissaires.

Les conférences s'ouvrirent le 28 janvier 1667, et se terminèrent le 17 mars suivant après avoir occupé quinze séances.

L'ordonnance civile de 1667 a été en vigueur jusqu'à la promulgation du code de procédure actuel.

[595] Cette ordonnance, a dit M. Roy, dans son rapport à la chambre des Pairs sur le code forestier (1827), fut modifiée et préparée pendant huit années par Colbert et par les hommes les plus habiles que l'on put réunir dans toutes les parties du royaume.

[596] Cette déclaration ne se trouve pas dans la _Collection des anciennes lois françaises_. Voir Forbonnais, _Recherches sur les finances_, année 1670.

[597] Les commissaires du Conseil et les députés du Parlement qui prirent part à cette ordonnance, sont: le chancelier Séguier, d'Aligre, de Morangis, d'Estampes, de Sève, Poncet, Pussort, Voisin et Hotman, conseillers d'État; le premier président de Lamoignon et les présidents de Maisons, de Novion, de Mesmes, de Coigneux, de Bailleul, Molé de Champlâtreux, de Nesmond; les conseillers de la grand'chambre de Catinat, de Brillat, Fayer, de Refuges, Paris, Roujault; les députés des enquêtes, Potier de Blanc-Mesnil, de Bragelogne, de Fourcy, Lepelletier, Maupeou et Charton; les conseillers de Bermond, Mandat, Faure, Levasseur, Malo et Leboult; Talon, premier avocat général; de Harlai, procureur général, et Bignon, second avocat général.

[598] Le préambule de cette déclaration porte que la même défense avait été faite par édit du mois d'avril 1667 «laquelle grâce avait produit un grand fruit dans le public.» Cet édit n'est pas cité dans la _Collection des lois anciennes_. La même déclaration fut renouvelée le 6 novembre 1683, quinze jours après la mort de Colbert, et sans contredit d'après des ordres qu'il avait lui-même donnés.

[599] Cet édit portait que les généraux, lieutenants généraux, maréchaux de camp, intendants et autres officiers, même volontaires, de quelque condition et qualité qu'ils fussent, ne pourraient avoir plus de deux services de viandes et un de fruits qui feraient trois services en tout; qu'il n'y aurait nulles assiettes volantes, que les plats d'un même service seraient de pareille grandeur et qu'il n'y aurait en aucun d'iceux, soit de viande ou de fruits, des mets différents, mais seulement d'une même sorte, à la réserve des plats de rôts où il pourrait être mis différentes espèces de viandes, pourvu qu'il n'y en eût point qui fussent l'une sur l'autre.--Ainsi, au ministère de la guerre, comme dans toutes les autres branches de l'administration, la manie des règlements était la même, et on la retrouvait jusque dans les détails qui semblaient le plus devoir y échapper.

[600] Cette déclaration, dit d'Aguesseau (_OEuvres_, t. 14, p. 145 et 155), réduisit les Parlements à ne pouvoir faire éclater leur zèle par leurs remontrances, qu'après avoir prouvé leur soumission par l'enregistrement pur et simple des lois qui leur seraient adressées.

Les remontrances que le Parlement essaya à cette occasion furent regardées alors, dit d'Aguesseau, comme _le dernier cri de la liberté mourante_...

[601] Cet édit fut révoqué au mois d'avril 1674.

[602] Biblioth. roy., Mss. _Collection de Genée de Brochot_; 3e carton.--Mémoire _original_ de Colbert, contenant 14 feuillets, grand papier, écrits en entier de sa main, à mi-marge, au _recto_ et au _verso_. Ce mémoire est écrit extrêmement serré, par abréviations, d'une écriture très-difficile à lire, et l'on n'y avance en quelque sorte que mot par mot. C'est avec une peine infinie que je suis parvenu à en reproduire les extraits qui suivent, non sans être obligé de laisser, par intervalles, quelques lacunes qu'il m'a été impossible de combler.--J'ai eu soin, d'ailleurs, de faire imprimer en _italique_ les mots douteux ou remplacés par d'autres, et d'indiquer par quelques points les membres de phrase qui ont été omis. Ce mémoire a dû être écrit par Colbert pour Louis XIV. C'est le manuscrit le plus considérable de ce ministre et son premier jet, ainsi que l'indiquent quelques ratures et des renvois en marge. Il comprend l'histoire des finances et de l'administration depuis 1648 jusqu'au commencement de 1663; mais il renferme surtout des renseignements très-étendus sur les opérations financières et les réformes administratives, effectuées dans les années 1660, 1661, 1662 et 1663.

[603] Peut-être n'y a-t-il que 8 millions. Le chiffre est très-douteux. Dans son réquisitoire, le procureur-général Talon, porta les dépenses faites à Vaux à 9 millions.

[604] Voir, à ce sujet, les justifications de Fouquet; p. 56 de ce volume.

[605] Si les choses se passèrent exactement comme le dit Colbert, il faut avouer que l'intrigue fut ourdie de main de maître. Il est curieux de lire, après ce passage, le texte même de la nomination de Fouquet. Voir p. 4 et 5 de ce volume.

[606] La lettre que Mazarin écrivit à Colbert à cette occasion ne dit rien de tout cela. (Voir page 14 de ce volume.) Il est très-important d'opposer cette lettre, dont l'original existe à la Bibliothèque royale, à la version de Colbert. Ces deux pièces se contrôlant l'une par l'autre, et la lettre de Mazarin, méritant plus de confiance que le mémoire de Colbert, il s'en suivrait qu'il y a beaucoup de passion et d'animosité dans les assertions de ce dernier en tout ce qui concerne Fouquet.

[607] Quelque bienfaisants que dussent être les résultats de la chute de Fouquet, il n'en est pas moins étrange de voir Colbert faire intervenir le doigt de Dieu pour le succès de l'intrigue à laquelle des raisons d'État obligèrent d'avoir recours.

[608] On accusa en effet Fouquet d'avoir entretenu des agents secrets dans les principales cours de l'Europe. L'envoyé à Rome dont il est ici question, était l'abbé de Maucroix, ami de La Fontaine.

[609] Le chef naturel de la Chambre de justice était M. de Lamoignon, en sa qualité de premier président du parlement de Paris; mais bientôt, il cessa d'y aller, et toutes les affaires importantes, notamment celle de Fouquet, furent dirigées par le chancelier Séguier. Il est curieux de comparer le portrait du premier président fait par Colbert à celui que M. de Lamoignon a laissé de ce ministre. Voir, page 151 de ce volume, _Histoire de Colbert_, chap. V. De son côté, le _Journal d'Ormesson_, accuse durement M. de Lamoignon d'un excès de faiblesse à l'égard de Colbert.

[610] Biblioth. roy.; département des imprimés. _Chambre de justice de 1661_. F. 2,953. B, sous chiffre.--Cette curieuse parodie des stances du _Cid_ est manuscrite. Elle est intercalée entre des pièces imprimées. Je ne pense pas qu'elle ait jamais été publiée, Le P. Lelong; dans sa _Bibliothèque historique_, l'indique comme existant en manuscrit dans une bibliothèque particulière de Dijon, sous le titre de _Colbert enragé_. J'en ai supprimé cinq stances tout à fait insignifiantes.

[611] Vers le milieu du procès, M. de Chamillart avait remplacé M. Talon, que l'on accusait de ne pas pousser l'affaire assez vivement.

[612] Sainte-Hélène, qui espérait être nommé premier président du parlement de Rouen.

[613] Biblioth. roy., Mss. Mélanges du cabinet du Saint-Esprit. Notes et pièces concernant Fouquet, prisonnier d'État.--Ces pièces proviennent d'un registre in-folio, ayant appartenu à la bibliothèque de l'ordre du Saint-Esprit. Leur pagination dans ce registre était de 2,169 à 2,191. Elles renferment:

1º _La copie figurée de l'escrit trouvé dans le cabinet appelé secret de la maison de Monsieur Foucquet, à Saint-Mandé_, écrit que j'ai donné en entier dans l'étude sur Fouquet.

2º Un monitoire lu dans toutes les églises de Paris, après la condamnation de Fouquet pour inviter les fidèles à dénoncer _tous ceux qui retiennent et dissimulent des biens_ qui lui appartenaient.--C'est une pièce originale et signée.

3º L'analyse sommaire, manuscrite, _des Ordres du Roy et lettres de M. Louvois à M. de Saint-Mars concernant la prison de M. Fouquet dans la citadelle de Pignerol_.--Ces ordres et ces lettres dont j'ai donné quelques extraits existent aux Archives du royaume, section historique, carton K, 129, et ils ont été publiés postérieurement par M. Delort, dans son _Histoire de la détention des philosophes et des gens de lettres, précédée de celle de Fouquet, de Pélisson et de Lauzun_.

4º Enfin, le psaume de David, traduit par Fouquet, que je donne textuellement. Cette pièce, de trois pages in-4º, est écrite en entier de sa main. Seulement, on lit dans la marge gauche de la 1re page, ces mots d'une autre main et d'une écriture plus récente: «Par M. Fouquet, surintendant des finances, prisonnier à Pignerol où il mourut.» Il y a, en regard de chaque verset, dans la marge gauche du manuscrit, également de la main de Fouquet, le texte latin que je n'ai pas cru nécessaire de reproduire en entier.

[614] On lit en regard du titre, à droite, de la main de Fouquet:

«J'ay mis isy quelques nottes pour ceux qui n'entendent pas le latin auquel je me suis assujetty, réduïsant chaque verset latin du pseaume à 4 vers sans mesloigner du sens du prophète.

«Dans les 1ers versets il exhorte tout le monde à louer la miséricorde de Dieu, et comme il repète la pluspart des mesmes mots, j'ay creü au moins debvoir repéter le mot de bonté.

«Il convie dans le 1er verset indifféremment tout le monde.

«Dans le 2e il descend en particulier au peuple d'Israël qui estoit la fin de leglise et comprend tous les chrestiens.

«Dans le 3e il passe aux prestres et gens deglise exprimés par la famille d'Aaron.

«Dans le 4e il excite ceux qui font profession plus particulière de la perfection à louer la bonté divine.»

[615] Voici le texte latin de ce verset: _Dominus mihi adjutor, non timebo quid faciat mihi homo_.

[616] Texte latin: _Meliùs est confidere in Domino quàm confidere in principe_.

[617] Texte latin: _Meliùs est sperare in Domino quàm sperare in principibus_.

[618] Note marginale de la main de Fouquet: «Je me suis assujetty à répéter le mesme vers dans les deux versets suivants pour imiter le latin ou ces mesmes termes sont aussy répétés trois fois.

[619] Note marginale de Fouquet: «Ces deux comparaisons des mouches et du feu despine estant dans le latin, on n'a pas pu les supprimer.»