Histoire de la vie et de l'administration de Colbert
Chapter 53
[411] Cependant en Angleterre, vers la même époque, c'est-à-dire de 1689 à 1764, non-seulement la loi permit l'exportation des grains, mais elle accorda une prime d'exportation de 5 schillings par _quarter_ (un peu moins de trois hectolitres). Voici comment un écrivain anglais contemporain, John Nichols, décrit les résultats de cette mesure: «Tant que l'Angleterre n'a songé à cultiver que pour sa propre subsistance, elle s'est trouvée souvent au-dessous de ses besoins, obligée d'acheter des blés étrangers; mais depuis qu'elle s'en est fait un objet de commerce, sa culture en a tellement augmenté qu'une bonne récolte peut la nourrir cinq ans.» (_Revue des deux mondes_, 1er décembre 1845; _Question des céréales_, par M. C. Coquelin.) Toutefois, cette exportation avec prime n'était autorisée, en Angleterre, que lorsque le prix des grains avait atteint un chiffre déterminé par la loi. (_Théorie du Commerce_, par Ustaritz, chap. XXVIII.)
[412] Vauban, _la Dîme royale_, p. 34 et 35 des _Économistes financiers de XVIIIe siècle_; édition Guillaumin.
[413] _Lettre à M..., sur l'imputation faite à M. Colbert_, etc., etc.
[414] _Arch. curieuses de l'hist. de France_, par MM. Cimber et Danjou. Ire série; t. XIV; Règne de Henri IV.--Voici le titre de la brochure qui renferme le procès-verbal très-sommaire de cette assemblée: _Recueil présenté au Roy de ce qui s'est passé en l'assemblée du commerce, au Palais, à Paris_; faict par Laffemas, controlleur général du dit commerce. Paris, 1604.--Il y a dans le même recueil plusieurs autres opuscules de Laffemas sur le commerce.
[415] _Recherches sur les finances_, etc., années 1607, 1626 et 1700.
[416] _Recherches sur les finances_, etc., année 1670.
[417] Biblioth. roy., Mss. _Registre des despesches_, année 1669, nº 204.--_Recherches sur les finances_, année 1669.
[418] _Esprit des Lois_, liv. XX, chap, xxi.
[419] _Recherches sur les finances_, années 1669 et 1701.--_Collection des anciennes lois françaises_, etc.
[420] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, année 1670.--On a dû trouver étrange de voir Colbert écrire à des premiers présidents, à des archevêques, à des évêques, pour des affaires purement commerciales. Ces renversements d'attributions se présentent très-fréquemment lorsqu'on parcourt sa volumineuse correspondance. Sans doute, Colbert choisissait dans chaque province, dans chaque localité, le fonctionnaire le plus intelligent, le plus dévoué, et c'est à lui qu'il s'adressait pour toutes les affaires, quelle qu'en fût la nature, au succès desquelles il portait un intérêt particulier.
[421] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.
[422] _Recherches sur les finances_, années 1673 à 1678.--_Histoire financière de la France_, par M. Bailly, année 1666.
[423] _Recherches sur les finances_, années 1673 à 1678.
[424] _Histoire financière_, etc., année 1666.
[425] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1670.
[426] _Ibidem._
[427] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, année 1670.
[428] Voir, pour le commerce de la France avec l'Espagne, une instruction de Colbert, du 29 septembre 1681, à M. de Vauguyon, ambassadeur extraordinaire à Madrid. _Pièces justificatives_; pièce nº IX.
[429] Rien de plus variable, au surplus, que les évaluations de ce genre. Ainsi, dans la _Statistique de la France_, M. Moreau de Jonnès a estimé le numéraire actuel de la France à 2,860,000,000, dont un tiers en or, deux tiers en argent, et 52 millions de francs en cuivre. J'ai adopté le chiffre de 4 milliards, parce qu'il m'a paru se rapprocher davantage de la vérité. C'est Forbonnais qui a évalué le capital circulant de la France en 1683 à 500 millions. En 1690, le financier Gourville l'estimait dans ses Mémoires à 400 millions seulement. Suivant lui, il y avait aussi à cette époque pour 100 millions de vaisselle et d'orfévrerie dans Paris et autant dans les provinces. Il paraît qu'anciennement, et même encore vers le milieu du XVIIe siècle, la monnaie d'or était très-abondante relativement à celle d'argent. Un des articles de l'édit sur les _carrosses à cinq sols_, rendu en janvier 1662, invita le public à ne pas payer avec de l'or, afin de ne pas retarder le service par l'obligation de changer. Il est vrai que la pistole valait alors 11 livres et l'écu d'or 5 livres 14 sous. On lit en outre dans une lettre de l'ambassadeur de Hollande à Paris, du 3 avril 1663, à Jean de Witt; «Il y a ici un grande disette d'espèces, surtout de celles d'argent, _en sorte que l'on ne paie qu'en or_.» (_Lettres et négociations entre Jean de Witt_, etc.) On expliquait cette abondance par la faiblesse du titre de la monnaie d'or.
[430] _Dictionnaire de la noblesse_.--_Histoire de la Marine_, par M. Eugène Sue.--Biblioth. roy., Mss.
[431] C'est, celui qui avait d'abord été chevalier de Malte, puis grand'croix de l'ordre et général des galères. Suivant Sandraz de Courtilz, «il aurait mal rempli les devoirs de cette dignité; car, un jour, ayant trouve en calme trois vaisseaux de Tripoli, il n'osa les attaquer avec sept galères qu'il commandait; ce qui l'aurait perdu, si le crédit du marquis de Seignelay, son frère, ne l'eût tiré d'affaire. Il quitta depuis le service de mer et tâcha si bien de réparer cet affront qu'il se fit tuer à la tête du régiment de Champagne dont il était colonel.» (_Vie de J.-B. Colbert._)
[432] _Dictionnaire de la noblesse_; article _Colbert_.
[433] _Histoire de la Marine_, etc.--Biblioth. roy., Mss, _Inventaire fait après le décedz de monseigneur Colbert_, Fonds dit _suite de Mortemart_, 34.--_Mémoires de l'abbé de Choisy_; liv. II.
[434] Dans ses _Recherches sur les finances_, année 1670, Forbonnais a publié l'instruction pour le voyage de Rochefort et celle que le marquis de Seignelay rédigea pour lui-même avant d'entreprendre le voyage d'Angleterre et de Hollande. De son côte, M. Eugène Sue a publié, dans son _Histoire de la Marine_, l'instruction de Colbert à son fils _pour bien faire la commission de sa charge_. L'_Instruction pour le voyage en Italie_ est inédite. Elle se trouve à la Biblioth. roy., Mss. _Colbert et Seignelay_; cote 16, pièce 1, et aux Archives de la marine, _Registre des despesches_, etc., année 1671, t. I, p. 59 et suiv., à la date du 31 janvier.--Le mémoire pour le voyage de Rochefort est reproduit en entier aux pièces justificatives; pièce nº X.
[435] En même temps, Colbert lui remit un mémoire, dont l'original existe à la Bibliothèque royale. Il est intitulé: _Mémoire pour mon fils, à son arrivée en Angleterre_. Il se compose de 6 pages manuscrites, en entier de la main de Colbert. (_Colbert et Seignelay_; cote 16, pièce 6). Le mémoire, très-détaillé, contient l'énoncé de tous les différents points relatifs à la marine qui devaient fixer l'attention et l'examen de son fils, tant sur le personnel que sur le matériel.
[436] L'instruction pour le voyage en Italie est reproduite en entier aux pièces justificatives; pièce Nº XI.
[437] Colbert entendait par là les diverses fonctions dont il était chargé, celles de contrôleur général exceptées. On verra un peu plus loin en quoi elles consistaient.--Cette _instruction_ appartient à la Bibliothèque royale; Mss.; _Colbert et Seignelay_, _côte_ 16, pièce nº 17. C'est un cahier de douze pages très-serrées, écrites en entier à mi-marge de la main de Colbert et d'une écriture extrêmement difficile à lire. M. Eugène Sue a donné cette pièce avec l'orthographe actuelle. Je rétablis ici textuellement l'orthographe du manuscrit.--Cette instruction est reproduite en entier aux pièces justificatives; pièce nº XII.
[438] M. de Marca était un prélat très-savant, fort estimé de Colbert, qui le fit nommer de l'archevêché de Toulouse à celui de Paris, où il mourut peu de temps après.
[439] C'est toujours la même préoccupation et la même erreur. Colbert voulait que la France produisît _absolument tout ce qui lui était nécessaire_, qu'elle n'eût besoin de personne. Rien de mieux sans doute pour les manufacturiers privilégiés. Mais que devenaient, à ce compte, les propriétaires, principalement ceux des pays de vignobles? Ils furent ruinés, et avec eux, par suite des représailles et de la guerre qui s'en suivit, la France entière. Il en est des peuples et des royaumes, comme des individus; les uns et les autres ont leurs aptitudes, leurs facultés naturelles. Demander à _tout_ peuple, indistinctement, qu'il suffise à _toutes_ ses consommations, c'est vouloir en quelque sorte que _tout_ homme puisse être également bon médecin, géomètre, statuaire, mécanicien, etc., etc., à volonté. En résumé, Colbert a sacrifié, sans le vouloir, les manufactures naturelles de la France, c'est-à-dire ses terres à blés et à vignes, à un certain nombre d'industries parasites, artificielles, dont l'acclimatation dans le royaume, à grand renfort de tarifs, fut cause que les États d'où nous tirions précédemment, avec des avantages réciproques, les produits de ces industries, ne voulurent plus ni de nos blés ni de nos vins, ou les frappèrent, à leur tour, de tarifs à peu près prohibitifs.
[440] Biblioth. roy., Mss. _Colbert et Seignelay; cote 16, pièce 20_. Ce mémoire a été aussi publié par M. Eugène Sue, mais avec l'orthographe actuelle. Quelques mots, très-difficiles à lire, avaient été mal rendus; je les ai rétablis conformément au manuscrit, sauf deux passages complètement illisibles (_Voir plus bas_).
[441] M. de Terron (Colbert de Terron) était cousin du ministre et intendant de marine à Rochefort.
[442] Il semble résulter de cette pièce que, postérieurement à l'instruction de Colbert, et dans l'intervalle du temps où elle fut rédigée à l'époque où fut fait le mémoire du marquis de Seignelay, le travail avec le roi pour les affaires qui concernaient la marine, aurait eu lieu deux fois par semaine, le lundi et le vendredi.
[443] Lorsqu'une lettre était écrite par Colbert lui-même, on l'indiquait sur les _Registres des despesches_ par les mots en marge: _De la main de Monseigneur_. Tous ces registres portent également, en marge de chaque lettre, le visa de Colbert ou de son fils.
[444] Ce ne sont pas les mots textuels; mais il est impossible de rendre de cette phrase autre chose que le sens.
[445] Même observation que pour la note précédente; seulement, ici, le sens même n'est pas très-clair.
[446] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, 1672.
[447] Biblioth. Roy., Mss. _Colbert et Seignelay_; cote 17, pièce 7.--Cette lettre n'est pas de la main même de Colbert, mais elle est signée de lui.--Il y a, dans la cote 17 et dans les suivantes, plusieurs autres lettres sur le même objet.
[448] Manuscrit autographe de Colbert, cité en entier dans un travail intitule _Cromwell et Mazarin_, par M. P. Grimblot; _Revue nouvelle_, numéro du 15 novembre 1845.--J'en reproduis ici les passages les plus importants.
[449] _Recueil des traités de commerce et de navigation_, etc., etc., par MM. de Hauterive et de Cussy, t. II; _France--Angleterre_, p. 9 et suiv.
[450] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1672, p. 93 et suiv.
[451] _Lettres et négociations entre J. de Witt_, etc., etc., t. III, p. 71.
[452] Biblioth. roy., _Registre des despesches concernant le commerce_, année 1669, nº 204. Les autres lettres dont il est question un peu plus haut se trouvent dans le même registre, aux dates indiquées.
[453] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1670.
[454] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, année 1671, t. II, p. 50 et suiv., année 1672, t. 1, p. 93 et suiv. _Mémoire du Roy servant de réponse au projet de traité de Commerce entre la France et l'Angleterre, mis entre les mains du sieur Colbert, ambassadeur de Sa Majesté près du Roy de la Grande-Bretagne, par milord Arlington.--Éclaircissements sur les demandes faites par les commissaires du Roy de la Grande-Bretagne pour le traicté de commerce, du 4 avril 1672._
[455] Biblioth. roy., Mss. _Mémoires sur le commerce et les finances de la France, des Colonies, de l'Angleterre et de l'Espagne_. 1 vol. in-fol. suppl. fr., nº 1792.--Voir, au sujet du ce manuscrit, la note 2 de la p. 136, chap. IV.
[456] Relativement à cette conséquence naturelle et pour ainsi dire forcée de l'augmentation des droits, on trouve dans la correspondance de Colbert les assertions les plus contradictoires. Je me bornerai à en signaler quelques-unes.
Le 30 août 1669, Colbert écrit à l'intendant de Rochefort: «_Il ne faut pas estre trop exigeant avec les Anglois, au sujet des droits sur les marchandises. Il ne faut pas obliger les étrangers à chercher les moyens de se passer de nos vins_.»
Le 13 septembre 1669, à M. de Pomponne: «_La diminution du commerce dont se plaint M. de Witt est la même partout_.»
Le 19 décembre 1669, au même: «_Il s'est plus enlevé de vin que jamais dans le mois de novembre_.»
Le 27 décembre 1669, au même: «_A l'égard du commerce, je ne trouve point qu'il diminue en France, en sorte que je vois clairement la diminution de celui de Hollande, ce qui est une matière de consolation_.»
Le 19 mars 1671, au même: «_Les efforts des États pour se passer de nos vins et eaux-de-vie n'ont eu d'autre effet que de faire enchérir de 10 livres, depuis un mois, la barrique d'eau-de-vie, c'est-à-dire qu'avant leurs défenses on ne la vendait que 46 livres et qu'elle en vaut 56, et même il s'en charge beaucoup plus, avec cette différence que les vaisseaux sont anglois, danois ou hambourgeois_.»
Puis, huit jours après cette lettre, le 27 mars 1671, Colbert écrit à un de ses agents à Bordeaux: «_Pourvu que la diminution qu'il y a cette année de l'enlèvement des vins et eaux-de-vie ne provienne que de la stérilité de la dernière année, il y a lieu de s'en consoler... J'ai peine à croire que les Hollandois se puissent passer de nos vins et eaux-de-vie, ni puissent en diminuer l'achat_.» (Biblioth. roy. et Arch. de la mar., _Colbert et Seignelay_, cote 7, pièce 27; _Registre des despesches_, etc., années 1669 et 1671.) Convaincu de la bonté de son système, Colbert se débattait contre les faits qui le contrariaient, les attribuait à d'autres causes; à plus forte raison cherchait-il à faire prendre le change aux instruments de ses desseins, afin qu'ils le servissent mieux. On a déjà vu plusieurs preuves du cette tactique; ici, la contradiction est patente et résulte du texte même de sa correspondance. D'ailleurs, il est évident que l'élévation des droits d'entrée dont les draps de Hollande et d'Angleterre avaient été frappés en 1667 ne pouvait avoir pour résultat, comme il l'assurait à M. de Pomponne, d'augmenter le débit de nos eaux-de-vie et de nos vins.
[457] Biblioth. roy. Mss, _Mémoires sur le commerce_, etc.
[458] Ces idées de liberté dataient, au surplus, de beaucoup plus loin. On en jugera par le titre d'une brochure publiée, il y a plus de deux siècles, sous ce titre: _le Nouveau Cynée ou Discours des occasions et moyens d'establir une paix générale et la liberté du commerce par tout la monde_, Em.Cr.P. Paris, 1623. (Biblioth. roy., Mss.) Cette brochure, très-curieuse, se trouve dans le _Portefeuille Fontanieu_, nos 580 et 581. L'extrait suivant de la table des matières donnera une idée de la tournure d'esprit de l'auteur, dont l'abbé de Saint-Pierre n'a fait, en quelque sorte, que développer le thème principal.
«Assemblée générale de tous les souverains nécessaire pour maintenir la paix.
«Guerriers sont d'un naturel turbulent; il est plus dangereux de les trop estimer que de les abaisser.
«Vanité de l'homme des armes reconnue enfin par ceux qui en font profession.
«_Justice vaut mieux que vaillance_.
«_Labourage est un mestier honorable_; idem, _Marchandise et trafic_.
«_Mariages doivent estre recommandez_.
«_Médecine et mathématiques plus nécessaires que toute autre science_.
«_Monnoye doit estre partout d'une mesme loy et poids_.
«Paix générale ne peut abastardir la valeur.
«Pauvres doivent estre nourris aux dépens du public.
«Punir les meschants; appointer honorablement leurs parents.
«Religion gist principalement en la recognoissance d'un Dieu.
«Rois tyranniques ne peuvent estre attaqués légitimement par leurs subjects.
«Sauvages doivent estre tenus comme des bestes.
«Soldats se glorifient de peu de chose; de tout temps ont esté plus estimez que le reste des hommes; ne doivent estre trop honorez.
«_Tuer et nuire sont choses faciles_.
Que l'on écarte quelques idées déraisonnables, absurdes, et l'on sera forcé de convenir qu'il y avait tout à la fois bien de la hardiesse et de la justesse dans ce penseur de 1623.
[459] _Histoire de la Marine_, par M. Eugène Sue, 1re édition en 5 volumes. Voir aux pièces justificatives, t. II, p. 264 et 265, le traité secret signé, à cette occasion, entre Louis XIV et Charles II par l'influence de Madame, soeur de Charles II, et de Mlle de Kerouel, une de ses demoiselles d'honneur, qui devint maîtresse de Charles II sous le titre de duchesse de Portsmouth. Par ce traité, signé à Douvres le 22 mai 1670, Louis XIV donnait à Charles II: 1º 2 millions de livres, et il s'engageait en outre à lui fournir six mille hommes de pied pour lui faciliter les moyens de _se réconcilier avec l'Église romaine aussitôt que le bien des affaires de son royaume le permettrait_; 2º 3 millions de livres pour faire la guerre à la Hollande avec au moins cinquante gros vaisseaux et dix brûlots, afin, dit l'article V du traité, _de mortifier l'orgueil des états généraux et d'abattre la puissance d'une nation qui s'est si souvent noircie d'une extrême ingratitude envers ses fondateurs, laquelle même a l'audace de se vouloir ériger en souverains arbitres et juges de tous les autres potentats_, etc., etc. Telles furent les principales conditions du traité secret de Douvres. En 1671, il y eut ce qu'on appelle un traité _simulé_, en tout conforme au traité de Douvres, sauf la clause dite de _Catholicité_, qui demeura secrète entre les deux rois, et dont ni leurs ambassadeurs, ni le Parlement anglais n'eurent connaissance.
[460] _Recueil des traités de commerce_, etc., t. II. _France-Angleterre_.
[461] _Recherches sur les finances_, année 1683.
[462] _Recueil des traités de commerce_, etc., t. II; _France-Hollande_.
[463] _Siècle de Louis XIV_, chap. X.
[464] _Siècle de Louis XIV_, chap. X.
[465] Biblioth. roy. Mss. _Lettre de M. Conrard Van Beuningen à M. de La Volpilière, docteur en théologie_. Après la campagne de 1672, ce dernier avait publié un recueil d'odes intitulé: _La Hollande aux pieds du Roi_. Voici le titre et le premier vers de la pièce qui ouvre le volume: _La Hollande aux pieds du Roi. Elle lui demande la paix, et, se confessant coupable, tâche de rentrer en grâce auprès de lui_.
_Ce ministre orgueilleux qui m'attire la guerre_, etc...
Ce ministre est Van Beuningen, qui fit peindre un soleil avec cette parole de Josué: _Sta, sol_. (_Note de La Volpilière._) Le même poëte traitait Van Beuningen d'_orgueilleux Phaéton_, de _faux Josué_, de _faux devin_, etc. La lettre de celui-ci, dans laquelle respire d'un bout à l'autre une ironie froide, calme, et en quelque sorte diplomatique, réduit à leur juste valeur ces sottes accusations. (_Manuscrit des Blancs Manteaux_, nº 63; _Histoire de la marine_, par M. Eugène Sue; pièces justificatives.)
[466] _Dictionnaire des finances_, article _Tarif_. Au surplus, je dois dire que l'_Encyclopédie_ désapprouve les Hollandais d'avoir élevé les droits d'entrée sur nos vins et eaux-de-vie, alors que, de 1664 à 1667, Colbert avait presque triplé les droits sur leurs draps.--_Histoire de l'économie politique_, par M. Blanqui; t. II, chap. XVI.
[467] _Siècle de Louis XIV_, chap. IX. Voilà du moins ce que raconte Voltaire, et il date cette fière répartie du 2 mai 1668. On remarquera qu'une telle réponse n'eût pas été seulement impertinente, mais très-maladroite, surtout à la cour de France, avec le caractère que l'on connaissait au roi. Évidemment, un apprenti diplomate n'eût pas commis la faute reprochée à cet ambassadeur. Qui sait, au surplus, si, dès que la ruine de la Hollande fut résolue, on n'exagéra pas, pour faire sa cour au roi, _l'inflexibililé républicaine_ qui l'avait choqué en lui. Il suffit, d'ailleurs, de lire la correspondance de Van Beuningen pour se convaincre qu'il était incapable de la maladresse et de la grossièreté qu'on lui attribuait.
[468] Lettre de M. d'Estrades au roi, du 17 septembre 1665, citée dans l'_Hist. de la Mar_., etc.
[469] _Lettres et négociations entre M. Jean de Witt_, etc., t. IV.--Voir, pour les trois lettres suivantes, le même volume aux dates indiquées.
[470] Biblioth. roy. Mss. _Registre des despesches_, etc., nº 204.--Voir, pour les lettres suivantes, ce volume ou ceux des Archives de la marine, aux dates indiquées.
[471] Biblioth. roy. Mss. _Registre des despesches_, etc., année 1669. Lettre à M. de Pomponne, du 21 mars 1669.
[472] Biblioth. roy. et Arch. de la mar. Lettres au même du 25 nov. 1669 et du 30 janvier 1671.
[473] Huit mois auparavant, le Parlement anglais avait augmenté les droits sur nos vins, et la Hollande s'en était réjouie en attendant qu'elle suivit cet exemple. Il est curieux de lire ce que Colbert écrivit à ce sujet à M. de Pomponne, le 28 mars 1670: «La joie que l'on tesmoigne en Hollande des nouvelles impositions que le Parlement d'Angleterre a mis sur nos vins ne sera pas de longue durée, parce que tout ce qui en peut arriver est que, dans le commencement de cet establissement, il pourra causer quelque diminution dans la consommation qui s'en fait, mais il y a bien de l'apparence que dans la suitte elle sera considérablement augmentée, _veu que nous trouvons partout que le vin ne se consomme avec tant d'abondance en aucun lieu qu'en ceux où il est le plus cher_, estant d'ailleurs bien difficile, voire mesme impossible, que les Anglois se passent de boire nos vins; néanmoins, il faut laisser repaistre les Hollandois de ces apparences, tandis que nous jouissons en effect d'une augmentation considérable de commerce.» (Archiv. de la mar., _Registre_, etc. année 1670.)
[474] _Siècle de Louis XIV_, chap. X et XI.--_Docum. inéd. sur l'histoire de France; Documents relatifs à la succession d'Espagne; Guerre et négociations de Hollande en 1672_, par M. Mignet, t. III. «Cet homme (Louvois) sans mesure et sans habileté, qui, malgré l'avis de Turenne et de Condé, avait fait commettre la faute militaire de disséminer l'armée et de ralentir l'invasion, fit alors commettre, malgré l'avis du ministre des affaires étrangères, la faute politique de refuser d'aussi belles offres et de compromettre cette fois, non plus le moyen, mais le résultat même de l'invasion.»--Une histoire de l'administration de Louvois écrite d'après les documents que possèdent sans doute les Archives du ministère de la guerre et d'après les ouvrages spéciaux, jetterait probablement beaucoup de jour sur un grand nombre de décisions importantes se rattachant à cette époque, et rectifierait peut-être sur quelques points les opinions émises sur le caractère de ce ministre, par le duc de Saint-Simon, appréciateur souvent très-partial et très-passionné.
[475] _Recueil des traités de commerce_, etc., t. II, _France-Hollande_.
[476] _Ibidem_.
[477] _Recherches sur les finances_, etc., année 1672.
[478] Ces trois sommes étaient le prix de l'appui que nous prêtaient plusieurs princes d'Allemagne, l'Angleterre et la Suède. Tant que Louis XIV eut des alliés, il les paya, et fort cher.
[479] Dix ans après, en 1682, ces dépenses avaient plus que doublé. Voici les chiffres:
Comptant ès mains du roi 2,217,000 liv. Ordonnances de comptant pour gratifications 1,972,147 Affaires secrètes 2,267,787 Bâtiments 5,987,926 Récompenses 137,613