Histoire de la vie et de l'administration de Colbert
Chapter 50
[177] _Lettres et négociations entre M. Jean de Witt, conseiller pensionnaire et garde des sceaux des provinces de Hollande et de West-Frise, et messieurs les plénipotentiaires des provinces unies des Pays-Bas aux cours de France, d'Angleterre, de Suède, de Danemarck, de Pologne, etc., depuis l'année 1652 jusqu'à l'an 1669 inclus._ Amsterdam 1625, 4 vol. 12.
[178] _La richesse de la Hollande_; 2 vol. in-8º sans nom d'auteur; Londres, 1778. Ouvrage plein de documents historiques très-précieux sur le développement et la décadence du commerce de la Hollande, t. I, p. 37.
[179] _La Richesse de la Hollande_, t. I, p. 42.
[180] Biblioth. roy., Mss. _Lettres concernant le commerce pendant l'année 1669_, nº 204. Les originaux des lettres adressées par Colbert à M. de Pomponne pendant les années 1669 et 1670 se trouvent à la bibliothèque de l'Arsenal. Quelques-unes de ces lettres ont subi, après avoir été copiées, des corrections de la main même de Colbert.
Il résulte pourtant d'une pièce faisant partie des manuscrits de Colbert, pièce citée par M. Eugène Sue dans son _Histoire de la Marine_, sans indication du registre, que la marine marchande française possédait, en 1664, deux mille trois cent soixante-huit navires. Dans l'incertitude, et bien que ce chiffre soit plus vraisemblable que l'autre, j'ai dû adopter celui de la lettre du 21 mars 1669, qui a un caractère officiel. Il est probable pourtant que Colbert diminuait dans cette lettre l'importance de notre marine, afin de donner plus de hardiesse à M. de Pomponne. C'est une tactique diplomatique qui lui était familière, et toujours usitée.
[181] Valeur du florin: environ 2 livres 3 sous.
[182] Articles V, VI, VIII, XIV, XV et XVI du traité de Munster. Voyez _Corps diplomatique_, par Dumont.
[183] De 1684 à 1720, la moyenne fut de 27 1/2 pour 100; de 1720 à 1756, de 20 1/2; de 1757 à 1781, de 10 pour 100.
[184] _La Richesse de la Hollande_, t. I, _passim_.
[185] _Histoire financière de la France_, par M. Bailly, année 1659.
[186] Les édits concernant ce droit ne sont pas dans la _Collection des lois anciennes_, par M. Isambert. J'ai trouvé les dates et les détails qui s'y rattachent dans un manuscrit de la Bibliothèque royale, intitulé: _Mémoires sur le commerce et les finances de la France, des colonies, de l'Angleterre et de l'Espagne_, 1 vol. in-fol., supplément français, 1792. Ces Mémoires paraissent avoir été écrits de 1706 à 1710, en vue des négociations que l'on prévoyait devoir s'établir prochainement pour le rétablissement de la paix, et pour être mis sous les yeux d'un ministre. Quelques annotations à la main confirment cette hypothèse.
[187] _Lettres et négociations_, etc. Lettres de Van-Beuningen des 19 novembre et 31 décembre 1660; des 4 janvier, 4 juin et 21 juin 1661.
[188] _Lettres et négociations_, etc. Lettre du 9 juillet 1661.
[189] Allusion à l'_Acte pour encourager et augmenter la marine et la navigation, passé en Parlement le 23 septembre 1660_, autrement dit l'_acte de Navigation_.
[190] _Lettres et négociations_, etc., lettre à Jean de Witt, du 4 janvier 1661.
[191] Lettre à Jean de Witt du 15 septembre 1661.
[192] _Leurs hautes puissances_; c'est ainsi qu'on désignait l'assemblée des représentants des Provinces-Unies.
[193] Lettre à Jean de Witt du 9 novembre 1661.
[194] _Recueil des traités de commerce et de navigation de la France avec les puissances étrangères depuis la paix de Westphalie_, par MM. d'Hauterive et de Cussy, Ire partie, t. II, p. 276.
[195] Lettre à Jean de Witt du 27 avril 1662.
[196] Lettre de Jean de Witt du 6 octobre 1662.
[197] Lettre au même du 5 janvier 1663.
[198] Lettre au même du 4 mai 1663.
[199] Lettre au même du 26 avril 1663.
[200] _Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations_, par Adam Smith, avec les commentaires de Buchanan, Mac Culloch, Malthus, Blanqui, etc., édit. Guillaumin, t. II. liv. IV, chap. 2.
[201] _Ibidem_, t. II, liv. IV, chap. 2, p. 48, _commentaire_.
[202] Voici le préambule de l'_Acte de Navigation_: «Le Seigneur ayant voulu, par une bonté particulière pour l'Angleterre, que sa richesse, sa sûreté et ses forces consistassent dans sa marine, le Roi, les seigneurs et les communes assemblées en Parlement ont ordonné que, pour l'augmentation de la marine et de la navigation, l'on observera dans tout le royaume les règlements suivants, à partir des premiers jours de décembre 1660, etc.» (L'Acte de Navigation se trouve en entier dans la _Théorie et pratique du Commerce et de la Marine_ de G. Ustariz, traduction de Forbonnais. 1 vol. in-4º, chap. 30.)
[203] Biblioth. roy., Mss. _Mémoires sur le commerce et les finances de la France, de la Hollande, des Colonies, etc._, Suppl. franc. 1792.
[204] Dans son _Histoire de la Marine française_, 1re édit., 5 vol. in-8º, M. Eugène Sue a publié un grand nombre de pièces justificatives qui donnent beaucoup de force à cette opinion.
[205] _Particularités sur les ministres des finances célèbres_, 1 vol. in-8º par M. de Montyon article _Colbert_. M. de Montyon a fait deux fois le même ouvrage; la première fois en 3 vol. in-12, sous le titre de _Vies des Surintendants et ministres des finances_; la seconde fois en 1 vol. in-8º beaucoup plus curieux, plus spécial, et riche en anecdotes. Il est fâcheux qu'il n'en indique pas la source, ce qui est cause qu'on ne sait quel degré de confiance on peut leur accorder.
[206] On lit dans les _Mémoires_ de l'abbé de Choisy, liv. II: «Jean-Baptiste Colbert avait le visage naturellement renfrogné. Ses yeux creux, ses sourcils épais et noirs lui faisaient une mine austère et lui rendaient le premier abord sauvage et négatif; mais dans la suite, en l'apprivoisant, on le trouvait assez facile, expéditif et d'une sûreté inébranlable. Il était persuadé que la bonne foi dans les affaires en était le fondement solide. Une application infinie et un désir insatiable d'apprendre lui tenaient lieu de science. Plus il était ignorant, plus il affectait de paraître savant, citant quelque fois hors de propos des passages latins qu'il avait appris par coeur et que ses docteurs à gages lui avaient expliqués. Nulle passion _depuis qu'il avait quitté le vin_; fidèle dans la surintendance où, avant lui, on prenait sans compter et sans rendre compte...»
Enfin, Sandras de Courtilz donne sur les moeurs privées de Colbert d'autres détails encore plus intimes et dont je lui laisse l'entière responsabilité. Suivant lui, «bien que Colbert déférât beaucoup à sa femme, il ne laissa pas de donner quelque chose à son inclination et il se laissa toucher par les charmes de Françoise de Godet, veuve de Jean Gravay, sieur de Launay. Cette dame avait la taille avantageuse, le port majestueux, etc., etc. Colbert l'introduisit chez la reine et chez le cardinal Mazarin, avec qui il la faisait jouer, et il lui fit épouser Antoine de Brouilly, marquis de Pierre, chevalier des ordres et gouverneur de Pignerol... Colbert rendit aussi ses soins à Marguerite Vanel, femme de Jean Coiffier, maître des comptes, jeune personne, petite, mais toute mignonne, et de qui l'esprit était enjoué et brillant. Il allait souvent souper chez elle, parce qu'il était l'ami particulier de son beau-père et qu'il prenait des leçons de politique du mari au sujet du traité de Munster, dont il savait parfaitement toutes les négociations, ayant été secrétaire de l'ambassade sous Abel de Servien. Mais la coquetterie de cette dame le rebuta bientôt, etc., etc.» (_Vie de J.-B. Colbert_.)
[207] _Arch. curieuses de l'hist. de France_, IIe série, t. VIII; _Portraits de la Cour_, p. 411.
[208] En 1675, après la mort de Turenne, on nomma huit maréchaux de France parmi lesquels figuraient MM. d'Estrades, de Navailles, de Duras, de Lafeuillade, etc., etc. Madame Cornuel dit de cette promotion que _c'était la monnaie de M. de Turenne_. (_Abrégé chronologique_ du président Hénault, année 1675).
[209] Lettre du 24 décembre 1673.
[210] Lettre du 18 novembre 1676.--On trouve l'aventure suivante dans la _Vie de J.-B. Colbert_, par Sandras de Courtuz. «Le grand accablement des affaires dont il (Colbert) était chargé lui fatiguait tellement l'esprit que, tout sérieux qu'il était, il fit un jour une turlupinade pour se délivrer des importunités d'une femme de grande qualité qui le pressait de lui accorder une chose qu'il ne jugeait pas faisable. Cette dame, voyant qu'elle ne pouvait rien obtenir, se jeta à ses pieds dans la salle d'audience en présence de plus de cent personnes, et comme elle lui disait, fondant en larmes: _Je prie Votre Grandeur au nom de Dieu de ne me refuser pas cette grâce_, il se mit en même temps à genoux devant elle et lui dit sur le même ton plaintif: _Je vous conjure au nom de Dieu, Madame, de me laisser en repos_.»
[211] _Recueil des arrêtés M. le premier président de Lamoignon_, t. I, p. XXVIII de la vie de M. de Lamoignon.
[212] _Documents inédits sur l'histoire de France_, par M. de Champollion-Figeac, t. III.--Les éditeurs des _OEuvres de Louis XIV_ avaient classé cette lettre à l'année 1673.
[213] Lettre du 13 février 1671.
[214] _OEuvres de Louis XIV_, t. V. p. 576. La différence entre l'orthographe de cette lettre et de la précédente s'explique par la raison que j'ai donnée dans l'avertissement.--M. de Montespan avait un procès à Paris, et l'on voit par un billet de Colbert au roi, du 24 mat 1678, que le ministre n'avait pas osé prendre sur lui de recommander ce procès à M. de Novion avant d'y être autorisé par Louis XIV.--Enfin, on lit dans les _OEuvres de Louis XIV_, t. V, p. 533 et 536, des lettres du roi à Colbert dans lesquelles il est dit: «_Madame de Montespan m'a mandé que vous lui demandez toujours ce qu'elle désire; continuez à faire ce que je vous ai ordonné là-dessus, comme vous avez fait jusqu'à cette heure_, etc., etc.
[215] _Mémoires de Saint-Simon_, t. XIII, p. 92.
[216] _Encyclopédie méthodique._ Finances, art. _Octroi_. Édit du 21 décembre 1647.
[217] _Une Province sous Louis XIV_, etc.; _les Communes_.--Ce livre, auquel j'ai déjà fait plusieurs emprunts, est un excellent travail historique, plein de recherches très-consciencieuses et très-intéressantes. Il serait bien à désirer que les archives de chaque province fussent étudiées avec cette intelligence. Ce seraient là de précieux matériaux pour l'histoire générale de cette grande époque si imparfaitement connue jusqu'à ce jour.
[218] _Une Province sous Louis XIV_, etc., p. 246. dit du 18 juin 1668.
[219] _Encyclopédie méthodique._ Finances, art. _Octroi_. Édit de décembre 1663.
[220] _Recherches sur les finances_, etc.
[221] _Une Province sous Louis XIV_, etc., _les Communes_; p. 257.
[222] _Encyclopédie méthodique._ Finances, art. _Noblesse_.--_Collection des anciennes lois françaises_, etc.
[223] _Collection des anciennes lois françaises_, etc., (édit de septembre 1664.)--Il aurait fallu, après cet édit, ne plus faire de nobles moyennant finance; c'est ce qui n'eut pas lieu, et l'on en créa huit cents nouveaux de 1696 à 1711. Il est vrai qu'un édit de 1715 supprima tous les anoblissements accordés depuis 1699. Excellents moyens, comme on voit, pour relever la noblesse et le pouvoir!
[224] _Une Province sous Louis XIV_, 1re partie; _les États généraux_, p. 120.
[225] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, etc., année 1670.
[226] Les noms de tous les usurpateurs de la noblesse en Provence se trouvent à la suite de quelques exemplaires de la _Critique du nobiliaire de Provence_. Mss. in-fol. de 600 pages.
[227] Voici comment cette réforme de Colbert fut appréciée dans une série de mémoires imprimés en 1689 et 1690, à Amsterdam, sous ce titre: _Soupirs de la France esclave qui aspire après sa liberté_. «M. Colbert a fait un projet de réformation des finances et l'a fait exécuter à la rigueur. Mais en quoi consiste cette réformation? Ce n'est pas à diminuer les impôts pour le soulagement du peuple: c'est à les augmenter de beaucoup en les répandant sur tous ceux qui s'en mettaient à couvert par leur crédit et par celui de leurs amis. Le gentilhomme n'a plus de crédit pour obtenir la diminution de la taille à sa paroisse; ses fermiers paient comme les autres, et plus. Les officiers de justice, les seigneurs et autres gens du caractère n'ont plus aujourd'hui de crédit au préjudice des deniers du roi. _Tout paie. Voilà un grand air de justice_; mais qu'est-ce que cette belle justice a produit? Elle a ruiné tout le monde... Ceux qui avaient de la protection n'en ayant plus, ils portent le fardeau à leur tour, et, par cette voie, tout est ruiné sans exception. Voilà à quoi en revient cette habileté qu'on a tant vantée dans feu M. Colbert.» (XIe _mémoire_.) L'auteur convient bien qu'auparavant les gens sans protection et sans amis étaient tout à fait misérables, mais au moins il restait dans le royaume des gens à leur aise et qui _faisaient honneur à l'État_.
Ces pamphlets, naïve expression des rancunes féodales et parlementaires contre l'envahissement du pouvoir royal, sont très-curieux à consulter, et j'aurai occasion d'y revenir, toutes réserves faites sur l'esprit qui les a dictés. Ils sont attribués à Jurieu ou à Levassor par Barbier dans son _Dictionnaire des Anonymes_. La Bibliothèque royale les a catalogués à l'article _Jurieu_. Lemontey raconte qu'avant la révolution le gouvernement faisait rechercher et détruire tous les exemplaires de cet ouvrage. C'est évidemment le premier cri de révolte qui ait été nettement formulé contre l'organisation despotique de l'ancien gouvernement, et ces précautions du pouvoir étaient d'autant plus fondées que le pamphlet dont il s'agit n'était pas seulement d'une extrême violence, mais qu'il s'étayait de preuves historiques bien capables de faire impression sur les esprits. L'auteur proposait pour remède au despotisme de Louis XIV de revenir à l'ancienne forme du gouvernement français, ou de constituer le pouvoir comme il l'était en Angleterre et en Hollande. On peut dire que le germe de la révolution de 1789 est là.
[228] Cahier du tiers-état en 1614; _Recherches sur les finances_, par Forbonnais, années 1614 et 1615.
[229] Voici ce qu'on lit dans une de ces requêtes adressée en 1659 au cardinal Mazarin: «La douane de Valence, tant de fois reconnue pour être la ruine du commerce de nos provinces, s'est accrue de telle manière qu'il y a telle marchandise qui la paye jusqu'à trois fois. _Une balle de soye venant d'Italie la paye au pont de Beauvoisin; la même balle allant de Lyon à Nantua pour être ouvrée paye une seconde fois au bureau de Montluel; et pour la troisième fois, en revenant à Lyon pour être manufacturée._ Aussi, de _vingt mille balles_ de soye qui venaient à notre douane, année commune, il n'en arrive plus _trois mille_..... Avant 1620, une balle de soye du Levant ne payoit que _seize livres_..... aujourd'hui elle paye en tout _cent douze livres_... avant que de pouvoir être employée en ouvrages. Les soyes grèges d'Italie ne payoient que _dix-huit livres_ et les ouvrées que _vingt-six_; les unes payent actuellement _cent vingt-six_ et les autres _cent quarante-trois livres_.....» (_Recherches sur les finances_, par Forbonnais, année 1661.) Le même auteur cite deux curieux exemples de la fiscalité de la douane de Valence. Les Provençaux envoyaient les moutons en Dauphiné pendant l'été. Au retour, les commis de la douane exigeaient un droit à raison de deux livres de laine par mouton tondu en Dauphiné, sans déduction pour les moutons qui étaient morts ou que les loups avaient dévorés. Pour échapper à ces absurdes prétentions, les Provençaux prirent le parti de tondre leurs moutons au moment du départ pour le Dauphiné, c'est-à-dire avant que la laine eût atteint sa maturité. L'autre fait est plus étrange. Les commis de la douane voulaient faire payer au clergé de Vienne la dîme des vignes situées sur la territoire de Sainte-Colombe. Pour se soustraire à ce droit, dit Forbonnais, les ecclésiastiques allèrent processionnellement avec croix et bannière chercher leur vendange, qui depuis a toujours passé librement. (_Recherches_, année 1621.)
[230] _Mémoires concernant les impositions et droits_, par Moreau de Beaumont. 4 vol. in-4, 1769. Le premier traite des impositions chez les diverses nations de l'Europe, les trois autres de celles de la France.--_Recherches sur les finances_, par Forbonnais, années 1621 et 1661.--_Encyclopédie méthodique._ Finances: articles _Douane_, _Droits_, _Tarifs_.
[231] Cette dénomination avait été adoptée dès 1598, pour certaines provinces, attendu que les droits qui s'y levaient composaient alors cinq fermes particulières (Encyclopédie méthodique, _Finances_, art. _Cinq grosses Fermes_).
[232] _Mémoires sur les impositions_, par Moreau de Beaumont, t. III, p. 504 et suiv.
[233] _Histoire du tarif de_ 1664. 2 vol. in-4, par Dufresne de Francheville, t. I. Ces deux volumes font partie de l'_Histoire générale des finances_ par le même auteur. Cette histoire, qui devait avoir environ quarante volumes in-4, a été malheureusement suspendue au troisième. Les précieux documents recueillis par Dufresne de Francheville dans son _Histoire du tarif de_ 1664 et dans l'_Histoire de la Compagnie des Indes_ (3e volume de l'_Histoire générale_) font regretter vivement que ce grand ouvrage ait été si tôt interrompu. C'est sous le nom de Dufresne de Francheville, dont il était l'ami, que Voltaire fit paraître la première édition du _Siècle de Louis XIV_.
[234] _Mémoires sur les impositions_, par Moreau de Beaumont, t. III.
[235] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.--Un grand nombre d'ordonnances contre le luxe avaient été publiées à diverses époques et presque sous tous les règnes; la dernière était de 27 novembre 1660. Outre la défense de porter des aiguillettes ou broderies, d'or vrai ou faux, elle prohibait la vente des passements, dentelles, points de Gênes, broderies de fil, découpures et autres ouvrages de fils quelconques faits aux pays étrangers, ni autres passements ou dentelles de France, que de la hauteur d'un pouce au plus sous peine de confiscation et de 1,500 livres d'amende. Il est à remarquer que, postérieurement à la déclaration de juin 1663, il ne fut plus pris de mesure contre le luxe pendant l'administration de Colbert.
[236] _Lettres et négociations de Jean de Witt_, etc., etc., année 1664, _passim_.
[237] Édit portant établissement de la Compagnie des Indes occidentales, en quarante-trois articles, du 25 mai 1661 (_Collection des anciennes lois françaises_, etc.).
[238] _Discours d'un fidèle sujet pour l'établissement de la nouvelle Compagnie des Indes orientales_, par M. Charpentier, de l'Académie française; cité dans l'_Histoire de la Compagnie des Indes_, par Dufresne de Francheville.
[239] Biblioth. roy., Mss. _Journal du M. d'Ormesson_, année 1664.
[240] _Histoire de la Compagnie des Indes_, par Dufresne de Francheville; pièces justificatives; édit du mois d'août 1664.
[241] _De la Puissance américaine_, par Guillaume-Tell Poussin. M. le major Poussin attribue le succès des colonies hollandaises et américaines à l'adoption d'un système tout contraire et à la faculté laissée aux colons de se gouverner d'après des lois spéciales appropriées à leur état social et se modifiant avec lui, t. I.
[242] Règlement du 6 octobre 1664. Voyez _Histoire de la Compagnie des Indes_.
[243] _Histoire de la Compagnie des Indes_, etc.
[244] _Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes_, liv. IV.
[245] Arch. de la mar., _Registre des dépêches_, années 1670 et 1671.
[246] _Ibidem_, année 1670.
[247] _Ibidem_., _Registre des ordres du roy_.--Cette lettre se trouve également dans l'_Histoire de la Compagnie des Indes_, p. 560 et suiv. Ce Caron était un Hollandais qui avait longtemps séjourné aux Indes, et dont Colbert s'était engoué lorsqu'il vint lui offrir son expérience et ses services, Forbonnais dit qu'il fit échouer l'entreprise dont on lui avait confié la direction, parce que le succès de la compagnie française aurait porté un coup funeste à la Hollande. C'est aussi l'opinion de Raynal, qui, dans son langage un peu pompeux, appelle ce Hollandais _le perfide Caron_. _Histoire philosophique_, etc., liv. IV.
[248] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, année 1671.
[249] _Ibidem._ Lettre du 7 mai.
[250] _Ibidem._
[251] _Ibidem_.--La première assemblée générale, dit Raynal, eut lieu en 1675. Toutes les ventes effectuées jusqu'alors par la Compagnie ne s'élevèrent qu'à 4,700,000 livres. Des 5 millions versés par les actionnaires et des 4 millions prêtés par le gouvernement, il ne restait plus que 2,500,000 livres. C'étaient 6,500,000 livres de perte en neuf ans. Pour rassurer les esprits, le roi fit don de tout ce qu'il avait avancé. (_Hist. philosoph._, liv. IV.)
[252] _Recherches sur les finances_, par Forbonnais, année 1679. Colbert avait d'abord donné 10 livres par tête de nègre à tous ceux qui voudraient faire la traite; mais, dit Forbonnais, il revint bientôt aux idées d'_exclusif_ qui dominaient alors dans les têtes et fonda la Compagnie du Sénégal. En 1675, nouveau privilège pour la côte de la Guinée, depuis la rivière de Gambie, à condition de porter tous les ans huit cents nègres aux colonies. L'inexécution du contrat le fit casser, et le privilège passa à la Compagnie du Sénégal, qui eut dès lors deux mille nègres à transporter tous les ans avec la même prime de 13 livres.
[253] Biblioth. roy., Mss. _Colbert et Seignelay_, t. V, cote 14, pièce 3.
[254] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, années 1670 et 1671.--_Recherches sur les finances_, année 1679.
[255] Biblioth. roy. _Registre des despesches_, année 1669.--Voir, à la fin du volume, l'_Édit de nomination de la Compagnie du Nord_; pièce justificative, n. VII.
[256] Biblioth. roy., _Registre des despesches_, etc., année 1669.--Arch. de la mar., _Registre des despêches_, etc., année 1671.
[257] Arch. de la mar., _Registre de 1672_.--Cette compagnie fut bientôt obligée de se dissoudre. Ce n'était pourtant pas une compagnie privilégiée, c'est-à-dire jouissant d'un privilège exclusif; mais entre autres avantages qui lui furent faits, Colbert lui avait prêté 200,000 livres pendant deux ans sans intérêt, et il lui était accordé une prime de 10 livres par pièce de drap qu'elle transporterait dans le Levant. Malgré cela, elle ne put soutenir la concurrence particulière et liquida en perte. (_De la balance du commerce et des relations commerciales de la France dans toutes les parties du globe, particulièrement à la fin du règne de louis XIV et au moment de la Révolution_; par Arnould, sous-directeur du bureau de la balance du commerce; 3 vol., dont un de tableaux. Paris, 1791, t. 1, p. 247.)
[258] _Histoire de la Compagnie des Indes_; pièces justificat.--_Hist. phil._, etc., liv. IV.
[259] _Documents authentiques et détails curieux sur les dépenses de Louis XIV_, par Gabriel Peignot.--Il y dans ce volume deux lettres très-curieuses et très-humbles de Mézerai à Colbert, au sujet de la réduction de sa Pension.
[260] Chapelain ne s'oublia pas dans la sienne; il y dit de lui que, «s'il ne s'était point renfermé dans le dessein du poëme héroïque de _la Pucelle_, qui occupe toute sa vie, il ne ferait peut-être pas mal l'histoire de laquelle il sait assez bien les conditions» (_Documents authentiques_, etc., etc.). Dans la première satire de Boileau, qui parut en 1667, il y avait d'abord huit vers concernant la mission donnée par Colbert à Chapelain. Ils commençaient ainsi:
Enfin je ne saurais, pour faire un juste gain, Aller, bas et rampant, fléchir sous Chapelain...
Ces vers furent supprimés dans l'édition de 1674, année où Boileau obtint une pension. Le satirique s'humanisait.
[261] Desmaretz était auteur de deux poëmes ayant pour titre _Clovis_, _Magdelaine_, etc. Costar l'appelait aussi _le plus ingénieux des poëtes français, l'Ovide de son temps_. La _camaraderie_ littéraire date de loin.