Histoire de la vie et de l'administration de Colbert
Chapter 49
[109] Cette lettre a été réimprimée pour la première fois par M. Eugène Sue dans son _Histoire de la Marine française_ (1re édition en cinq volumes), d'après un exemplaire que possède la Bibliothèque royale.
[110] Le cardinal de Richelieu avait été pendant quelque temps aumônier-intendant de la reine mère, position que Colbert considérait sans doute comme analogue à la sienne près de Mazarin.
[111] Voir ci-dessus, page 82, la lettre du cardinal Mazarin à la princesse Palatine.
[112] Colbert de Mauleuvrier.
[113] Colbert de Croissy.
[114] Colbert du Terron.
[115] Ainsi l'on organisait la maison de la _reine à venir_ cinq ans avant le mariage de Louis XIV! L'abbé de Choisy raconte que le cardinal vendit toutes les charges de la maison de la reine, à l'exception de celle dont il gratifia Colbert. Au commencement de 1661, celui-ci jugea à propos de s'en défaire. «Brisacier, à qui on venoit de rembourser la moitié de sa charge d'intendant des finances, la lui acheta 500,000 livres et 20,000 livres de pot-de-vin à madame Colbert, croyant faire sa cour au cardinal et à Colbert, qui bientôt après lui en témoigna sa profonde reconnaissance en lui ôtant, d'un trait de plume, plus de 50,000 livres de rente qu'il avait en bon bien sur le roi, et trouva le moyen, en ne lui faisant payer que 100,000 écus, de le rembourser pleinement par ses imputations (_Mémoires de l'abbé de Choisy_, liv. II).
[116] Cette résistance est une pure fiction. Voir ci-dessus la lettre du 19 juin 1654 par laquelle Colbert sollicite du cardinal une abbaye de quatre mille livres de pente. Il y a dans le recueil des lettres originales de Mazarin plusieurs demandes de ce genre, postérieures à celle du 19 juin.
[117] Biblioth. roy. Mss. _Lettres du Mazarin_, Baluze, arm. XI.
[118] _Ibidem_.
[119] _Tableau du ministère de Colbert_, note 7, page 119. Cet ouvrage, sans nom d'auteur, porte ces mots pour épigraphe: _Mens agitat molem_. Il est attribué à M. de Bruny, directeur de la Compagnie des Indes, en 1774. Il concourut avec celui de Necker, qui remporta le prix de l'Académie Française, en 1773. Après les savantes recherches de Forbonnais sur l'administration de Colbert, à laquelle cet écrivain a consacré près d'un volume in-4º, le modeste ouvrage de M. de Bruny suivi de notes étendues, précieuses, est un de ceux qui, malgré les erreurs économiques qu'on pourrait y relever, donnent l'idée la plus complète des travaux de ce ministre.
[120] Colbert fut de retour probablement vers les premiers mois de 1660. Je n'ai pu découvrir aucune pièce authentique sur cette mission, et on ne la voit mentionnée que dans les notes de M. de Bruny, qui ne cite pas son autorité.
[121] Le _Testament du cardinal Mazarin_, se trouve dans les _OEuvres de Louis XIV_, t. VI, pièces justifiatives.--_Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV_, par l'abbé de Choisy, liv. II.
[122] _Histoire de Louis XIV_, par l'abbé de Choisy.
[123] _Mémoires de Gourville_, LII, p. 529.
[124] _Recherches sur les finances_, par Forbonnais, années 1660 et 1661.
[125] «Un malheureux journalier qui ne possède aucun bien-fonds dans une paroisse, qui y manque de travail, ne peut aller dans une autre où il trouve une existence, sans payer la taille en deux endroits pendant deux ans, et pendant trois, s'il passe dans une autre élection.» (_Recherches sur les finances_, année 1664).
[126] _La Chasse aux larrons_, par I. Bourgoin. Paris, 1616. C'est un pamphlet in-8º de quatre-vingt-seize pages pleines de lamentations et déclamations sur les _pilleries, voleries et forceneries des financiers_. Il y a sur le frontispice un dessin assez caractéristique. Sur le premier plan on voit trois juges auxquels l'auteur présente sa demande d'établissement d'une Chambre de justice; au-dessus, Louis XIII, enfant, est assis sur un nuage d'où il lance des foudres; en face de lui deux financiers pendus à un gibet complètent cet agréable tableau. _La Chasse aux larrons_ fait partie d'un volume appartenant à la Bibliothèque royale et indiqué sous ce titre: _Chambre de justice de 1661_, F. 2,953-2 sous chiffre. Ce volume renferme une grande partie des arrêts de la Chambre de justice et quelques manuscrits dont j'aurai occasion de parler plus loin, entre autres la liste de toutes les personnes qui ont été taxées par la Chambre, avec le montant de leur taxe, et un monologue, parodie du Cid, intitulé _le Cid enragé_. Le Cid n'est autre que Colbert. Voir aux pièces justificatives, pièce n. 5.
[127] C'est le nom que l'on donnait à ceux qui prenaient _en parti_, c'est-à-dire affermaient les _traites_ ou douanes de l'État.
[128] Biblioth. roy. _Chambre de justice 1661_, F. 2,955-1 sous chiffre. Il y a à la Biblioth. roy. deux volumes renfermant des pièces relatives à la Chambre de justice de 1661. On trouve dans celui-ci plusieurs pièces qui ne sont pas dans celui dont j'ai déjà parlé, notamment deux curieux _Monitoires publiés dans les paroisses de Paris_ relativement aux opérations de la Chambre. _Voir plus loin_.
[129] La Chambre de justice fut composée comme il suit: MM. Lamoignon, premier président du Parlement de Paris; de Nesmond, second président; Phelipeaux Pontchartrain, président à la Chanbre des comptes; Poncet, d'Ormesson, Voisin et Bernard de Rézé, maîtres des requêtes ordinaires; Renard, Catinat, de Brillac et Fayet, conseillers au Parlement de Paris; Mazenau, conseiller au Parlement de Toulouse; Francon, conseiller à Grenoble; du Verdier, conseiller à Bordeaux; de la Thoison, conseiller à Dijon; Sainte-Héleine, conseiller à Rouen; Roquesante, conseiller à Aix; Ayrault, conseiller à Rennes; Noguez, conseiller à Pau; de Fériol, conseiller à Metz; de Gisancourt, conseiller au grand-conseil; de Moussy et de Bossu-le-Iau, maîtres en la Chambre des comptes; le Ferron et de Bausson, conseillers à la cour des aides; Denis Talon, procureur général, et Joseph Foucault, secrétaire et greffier. En tout, vingt-sept personnes (COMMISSION DU ROY, _contenant les noms des juges et officiers qui composent la Chambre de justice_).
[130] _Chambre de justice de 1661_, F. 2,593-1.
[131] _Chambre de justice de 1661_, F. 2,953-1. Ce monitoire se termine par une exhortation en latin; en voici la partie principale: «UT IPSI et eorum quilibet infra novem dies proxime venturos. postquam hæ nostræ præsentes litteræ ad eorum notitiam devenerint, et quidquid de præmissis viderint, fecerint, vel dici audiverint, dicant, declarent, revelent et not ficent dicto domino conquerenti (_le procureur général_) aut præsentium publicatori, seu eoram notario piblico et testibus fide dignis, ita ut dictus dominus conquerens, si de hujusmodi revelationibus juvare possit et valeat in judicio et extra. Alioquin dictis novem dicbus elapsis, illos omnes et singulos malefactores, præmissa scientes et non revelantes, eorumque adjutores et fautores, his inscriptis, auctoritate apostolica, qua fungimur in hac parte, EXCOMMUNICAVIMUS. Quam excommunicationis sententiam si per alios novem dies sustinuerint ipsos AGGRAVAMUS. Si vero præfatas excommunicationis et aggravationis sententias per alios novem dies præfatos octodecim immediate sequentes corde et animo induratis, sustinnerint (quod absit), ipsos REAGGRAVAMUS, etc.» Des monitoires de ce genre furent lus dans toutes les paroisses du royaume. (_Arrests de la Chambre de justice du 11 août 1662_.)
[132] On lit dans le journal de M. d'Ormesson, mois d'avril 1664, que ces messieurs se plaignaient vivement de ne pouvoir boire à la glace dans leur prison.
[133] _Arrest de la Chambre de justice qui déclare un service de vermeil doré, appartenant au sieur Boylesve, accusé défaillant, acquis et confisqué au profit du Roy_ (Chambre de justice de 1661, F. 2,953-1). Il y a dans le volume (Chambre de justice de 1661, F. 2,953-2) une justification de M. de Boylesve, intitulée: _Défenses pour Monsieur de Boylesve, cy-devant intendant des finances_. Cet intendant cherche à établir que, dans un grand nombre de circonstances pressantes dont il donne le détail, il a prêté des sommes considérables au roi sur les vives instances du cardinal et du surintendant. Il est vrai, dit-il, qu'il possède environ 4 millions, mais il a plus de 3 millions de dettes, et ses biens mêmes ne pourront suffire à tout payer, car déjà la justice y a établi des garnisaires, on a saisi les effets, les terres, les baux; enfin, les procureurs y vont mettre les mains et la misère s'ensuivra. Le Mémoire de M. de Boylesve est surtout curieux en ce qu'il donne une idée des embarras et de l'inconcevable pénurie d'argent où se trouva le gouvernement de 1650 à 1660. Sous ce rapport, on peut dire que les financiers lui avaient rendu d'immenses services, et il y avait au moins de l'ingratitude à profiter du moment où leurs avances n'étaient plus nécessaires, pour les poursuivre en raison des intérêts usuraires qu'ils avaient exigés au jour du besoin et du danger.
[134] _Mémoire pour l'éclaircissement des demandes formées par M. le procureur général en la Chambre de justice contre les intéressez aux fermes générales des gabelles de France, sous les noms de Philippe Hamel et Jacques Datin_ (Chambre de justice de 1661).
[135] _Arrest de la Chamtre de justice du 9 décembre 1661, leu et publié à son de trompe et cry public en tous les carrefours ordinaires et extraordinaires de cette ville et faux-bourgs de Paris_.
[136] _Arrest de la Chambre de justice de condamnation de mort contre Pierre Sergent et Jean Chailly de la ville d'Orléans, portant règlement général contre les sergents, huissiers et porteurs de contraintes, du 26 février 1661, exécuté à Orléans, le mardy gras, 26 du mois de février_ (Chambre de justice de 1661, F. 2,953-1). Cet arrêt fut rendu par appel _a minima_ devant la Chambre de justice de Paris. Le subdélégué d'Orléans avait condamné l'un des accusés à faire amende honorable, «nud, en chemise, avec une torche ardente du poids de trois livres, et l'autre à être battu et fustigé de verges, à nud, par l'exécuteur de la haute justice, sur la place du Martroy.» Comme, à la suite des exactions qui leur étaient reprochées, les accusés avaient commis un meurtre sur une pauvre femme de campagne, il y eut appel, et la Chambre de justice les condamna à mort.
[137] _Chambre de justice de_ 1661, F. 2, 953-2.
[138] Grâce à la précaution qu'il avait prise de brûler, avant le voyage de Nantes, tous les papiers qui auraient pu le compromettre, Gourville ne fut inquiété qu'environ un an après la disgrâce de Fouquet. Il raconte même que, peu de jours après cet événement, Colbert lui ayant demandé 500,000 livres à emprunter, il les lui prêta volontiers dans l'espoir de se le rendre favorable; mais il ne fut remboursé que du tiers de cette somme. C'est ce qui explique sans doute pourquoi il ne fut pas taxé à une somme plus élevée.
[139] Chambre de justice de 1661: _Edict du Roy portant révocation de la Chambre de justice, vérifié en Parlement le 13 août 1669_.
[140] Le roi, en ce temps-là, avoit supprimé un quartier des rentes. _Note de Despréaux_.--En 1664, le roi supprima un quartier des rentes constituées sur l'Hôtel-de-ville. Le chevalier de Cailly fit alors cette épigramme dont M. Despréaux faisait cas:
De nos rentes, pour nos péchés, Si les quartiers sont retranchés, Pourquoi s'en émouvoir la bile? Nous n'aurons qu'à changer de lieu: Nous allions à l'Hôtel-de-Ville, Et nous irons à l'Hôtel-Dieu. (_Note de Brossette_.)
[141] Biblioth. roy., _Recueil de déclarations, édits et arrêts du Conseil sur les rentes_, 1 vol. in-4º, F. 2, 752-2.
[142] _Déclaration du Roy du 4 décembre 1664, portant réduction et modération des restitutions dues à Sa Majesté, à cause des remboursements de rentes, offices, droits et de debtes, remboursez par sadite Majesté depuis le 1er janvier 1630; avec confirmation desdits remboursements et décharge de toutes recherches pour raisons d'iceux. (Recueil de déclarations, édits et arrêts du Conseil sur les rentes).--Estat de l'évaluation des restitutions dues à Sa Majesté, etc., etc._ (Même Recueil).
[143] _Instruction sommaire du droit qu'a le Roy pour faire restituer les quartiers non ouverts sur les tailles_ (_Recueil sur les rentes_).
[144] Arch. du Roy. _Registres de l'Hôtel-de-Ville de Paris._ 13 juin 1661, p. 517.--On ne sait pas généralement combien cette importante collection, qui remonte à la fin du XVe siècle, est riche en précieux documents historiques. Quant à l'histoire de Paris, il ne paraît pas possible qu'on puisse l'écrire comme elle doit l'être jusqu'au jour où tous les volumineux registres de l'Hôtel-de-Ville auront été consciencieusement explorés. Ce serait là, au surplus, un beau et curieux travail, bien digne, sous tous les rapports, des encouragements du gouvernement.
[145] Édit de décembre 1663, arrêts des 22 mai et 11 juin 1664, déclaration du 9 décembre 1664 et du 30 janvier 1663.--_Histoire financière de la France_, par M. Bailly, année 1661.
[146] Biblioth. roy. Mss. _Journal de M. d'Ormesson._ «Les traitants furent taxés à 110 millions. On les imposait approximativement, eu égard à leurs biens présumés. Leurs créanciers furent en partie ruinés par cette mesure, l'hypothèque du roi ayant été déclarée en première ligne.»
[147a] Arrêts du Conseil des 12 mars 1663, 6 novembre 1664, 31 octobre et décembre 1665. _Histoire financière de la France_, par M. Bailly, année 1661.
[147b] _Arrest de la Chambre de justice qui ordonne que le Roy rentrera dans la propriété des octroys aliénez_, Chambre de justice de 1661, F. 2, 953-1.
[148] Arch. du Roy. _Registres de l'Hôtel de ville de Paris_, 20 mai 1661.
[149] _Registres de l'Hôtel de ville_, juin 1662.--De son côté, Colbert fit venir à Paris, de la Guyenne, vingt-cinq mille sacs de blé, mais ce ne fut pas sans difficulté. Le parlement de Bordeaux s'y opposait et il fallut que l'intendant sévit contre quelques communes récalcitrantes. Biblioth. roy. Mss. _Lettre de M. Hotman à Colbert, du 25 février 1662._
[150] Arch. du Roy. _Registres de l'Hôtel de ville de Paris_, 11 mai 1662.--_Lettres de Guy-Patin_, 1662, p. 294 et 303: «La moisson n'a pas été bonne; le blé sera encore cher toute l'année.... Le pain est si cher qu'on craint une sédition.»
[151] _Edict du Roy portant establissement de l'hôpital général pour le renfermement des pauvres mendians de la ville et faux-bourgs de Paris, donné à Paris au mois d'avril 1656 vérifié en Parlement le 1er septembre ensuivant._ Bibliothèque de l'Arsenal, _Recueil de pièces_, n. 9675 bis.
[152] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.
[153] Voici une naïve peinture de leurs moeurs d'après une brochure publiée en 1657, dans le but de réchauffer le zèle des Parisiens en faveur de l'Hôpital général: «Peut-on, doit-on souffrir des gens qui vivent en païens dans le christianisme, qui sont toujours en adultère, en concubinage, en meslange et communauté de sexes? qui n'ont point de baptesme ny aucune participation des sacremens, qui puisent l'abomination avec le laict, ont le larcin par habitide et l'impiété par nature? qui font commerce des pauvres enfans et font sur ces âmes innocentes des violences et des contorsions pour exciter la compassion des plus faibles et fléchir la dureté des autres? Les magistrats de police ont mesmes appris depuis peu de temps que parmy eux il n'y a plus d'intégrité du sexe, après l'âge de cinq à six ans, pensée qui donne de l'horreur et qui seule doit porter les âmes qui ont crainte de Dieu à soutenir cet oeuvre» (Bibliothèque de l'Arsenal, _Recueil de pièces_, n. 1,675 _bis_). Ne croirait-on pas, en lisant ces lignes, assister à la vie privée des Truands, dans la Cour des Miracles, au XIIe siècle? Et cela se passait en 1657! Je doute que les détracteurs du temps présent puissent reprocher à une classe entière d'hommes, même en descendant jusqu'à la population la plus infime de nos grandes villes manufacturières, des moeurs qui ressemblent à celles-là.
[154] Bibliothèque de l'Arsenal, _Recueil de pièces_, n. 1,675 bis.
[155] Au mois de février 1659, le prix du muid de blé était de 158 liv. Dans l'année 1662, il se vendit, au mois de mars, 285 liv.; au mois de juin, 346 liv.; au mois de septembre, 339 liv. et au mois de décembre, 294 liv. Le muid de blé, mesure de Paris, pesaut 800 liv. équivaut à 18-72 hectol.--12 setiers composaient un muid.--Contenance du setier 1-56 hectol.
[156] Bibliothèque de l'Arsenal, _Recueil de pièces_, n. 1, 675 _bis_. _Procès-verbal sur les urgentes nécessités de l'Hôpital général, le 22 janvier_ 1663.
[157] _Discours chrétien sur l'establissement du bureau des pauvres de Beauvais._--Il existe au moins deux éditions de cette brochure extrêmement curieuse; l'une a été imprimée à Paris en 1655. Elle se trouve dans le Recueil de pièces de la Bibliothèque de l'Arsenal, n. 1, 675 _bis_. L'autre, imprimée à Rouen en 1676, fait partie des numéros 576-577 du _Portefeuille de Fontanieu_, Biblioth, roy., Mss.
[158] _Discours chrétien_, etc., etc., chap. II. Cette citation n'est pas tout à fait textuelle. Je me suis borné toutefois à resserrer certaines phrases et à supprimer quelques passages sans intérêt.
[159] Cette pièce et la suivante font partie du volume de la Bibliothèque de l'Arsenat, intitulé _Recueil de pièces_, n. 1,675 _bis_ et renfermant les arrêtés et procès-verbaux sur l'Hôpital général de Paris, dont j'ai parlé plus haut.
[160] Soit 650 livres le muid; l'écu valait alors environ 3 livres 5 sols. On a vu plus haut qu'à Paris, au plus fort de la disette, le blé se paya 346 livres. Le muid de blé coûtait donc 304 livres de plus à Blois qu'à Paris.
[161] _Recueil de pièces_, n. 1,675 _bis_.
[162] Édit du mois de juin 1662. _Collection des anciennes lois françaises_, etc., par MM. Isambert, etc.
[163] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.
[164] _Histoire du Consulat et de l'Empire_, par M. Thiers, t. I, liv. Ier, p. 39.
[165] Édit de mai et arrêt du Conseil du 16 août 1661.--Édit du 13 août 1669.--Arrêt du 4 février 1664, renouvelé plusieurs fois, notamment le 18 septembre 1683.--Déclaration des 6 mai et 22 septembre 1662.--_Comptes de Mallet._--_Recherches sur les finances_, par Forbonnais.--_Histoire financière de la France_, par M. Bailly.
J'ai dit que les pots-de-vin étaient regardés alors comme une chose naturelle et tout à fait permise. Voici qui lèvera tous les doutes que l'on pourrait avoir à ce sujet. On lit à la date du 16 mars 1661, dans le _Journal des bienfaits du Roy_, par M. Dangeau, Biblioth. roy. Mss. supplément français, 579.
«Le Roy, aïant reçeu 600,000 livres de pot-de-vin sur la ferme des Gabelles en donne:
A la reine mère 10 m. pistolles[A] A Monsieur 5 m. pistolles A Madame 5 m. pistolles A la demoiselle de Fouilloux pour se marier. 50 m. escus A la reine, le reste de la somme de 600 m. livres.»
Mademoiselle de Fouilloux, si magnifiquement traitée dans le journal officiel de M. Dangeau, était une fille d'honneur de la reine. Elle figure, ainsi que mademoiselle de La Vallière et madame de Montespan, sur une liste de trente-six dames de la cour, pour lesquelles Louis XIV donna, en 1664, une loterie de bijoux. Voir _OEuvres de Louis XIV_, t. V, p. 181; _Lettre du Roi à Colbert_.
[A] La pistole était une monnaie apportée d'Espagne en France après le mariage de Louis XIV et valant 10 livres. Plus tard, quand cette monnaie eut disparu, le mot resta et signifia toujours la même valeur.
[166] Arch. du Roy., K. 123. _Estat par abrégé des receptes, dépenses et maniment des finances pendant que MM. Colbert, Le Peletier et Pontchartrain ont esté contrôleurs généraux des finances._--C'est un magnifique registre qui paraît avoir appartenu à M. de Pontchartrain et où l'on a copié, avec une patience et un art admirables, mais certainement fort coûteux, tous les budgets depuis 1661 jusqu'en 1693. J'ai remarqué que ces budgets différaient souvent de plusieurs millions avec ceux donnés par Forbonnais, qui a malheureusement négligé d'indiquer les sources où il a puisé la plupart des nombreux documents dont il s'est servi dans ses _Recherches et considérations sur les finances_.
[167] _Edict du Roy portant révocation de la Chambre de justice de_ 1661, du 13 août 1669.
[168] _Observations de M. Necker sur l'avant-propos du Livre rouge._ Brochure de trente et une pages. Imprimerie royale, 1790.
[169] Arch. du Roy., carton K. 119.
[170] Desmarets était le premier commis et le neveu de Colbert. Après la mort de son oncle, il fut soupçonné de concussion et tomba en disgrâce. En 1708, M. de Chamillart ayant demandé instamment à quitter la direction des finances qu'il laissa dans la situation la plus déplorable; Desmarets, dont l'habileté était connue, fut appelé à le remplacer. La crise était affreuse. Il la traversa avec plus de bonheur qu'on n'en pouvait attendre, et fit preuve d'une grande fermeté en se résignant franchement, de prime abord, à des sacrifices reconnus indispensables, c'est-à-dire en annulant momentanément toutes les assignations données sur les revenus de l'année courante, en suspendant le paiement de tous les intérêts dus aux rentiers, et en convertissant les obligations de la Caisse des emprunts en rentes à 1 pour 100 non remboursables. C'était encore une fois la banqueroute, mais elle sauva l'État. On a de lui un rapport très-estimé sur la situation des finances depuis 1660 jusqu'au moment où il rendit compte lui-même de ses opérations comme contrôleur général.
[171] Archives du Royaume, carton K, 119.
[172] Les reçus de Racine et de Boileau sont demeurés joints à cet état du comptant, ce qui prouve que toutes les ordonnances du comptant n'étaient pas brûlées exactement. L'ordonnance délivrée au nom de _Despréaux_ est signée _Boileau_.
[173] Ainsi, outre son traitement et sa gratification annuelle qui étaient de 55,500 liv., Colbert touchait des gratifications extraordinaires très-considérables, mais plus rares sans doute. Les archives du royaume ne possèdent les états du comptant que pour trois ou quatre années, et cette gratification de 400,000 livres n'y figure qu'une fois. Colbert touchait aussi 12,000 livres à la marine et 3,000 livres comme secrétaire des commandements de la reine (Voir à la Biblioth. roy., Mss., l'_Inventaire fait après le décedz de monseigneur Colbert_, suite de Mortemart, 34). Il est dit dans le même inventaire que Colbert avait acheté sa charge de secrétaire d'État 700,000 livres et celle de surintendant des bâtiments, 242,500 livres. Enfin, il résulte du budget des États de Bourgogne qu'il était alloué à Colbert 6,000 livres par triennalité, en _raison des services qu'il pouvait rendre à la province_. Le vote des États de 1691 est ainsi conçu: «_Sur lesquelles 26,000 livres il sera donné 6,000 livres à M. de Pontchartrain, ainsi qu'elles ont été payées à MM. Colbert et Lepelletier._» (Voir _Une province sous Louis XIV, situation politique et administrative de la Bourgogne de 1661 à 1715, d'après les manuscrits et les documents inédits du temps_, 1 vol. in-8, par M. Alexandre Thomas, p. 202). Tous les pays d'États, la Bretagne, le Languedoc, la Provence, etc., etc., faisaient-ils de même? Dans ce cas, Colbert devait toucher plus de 200,000 liv. par an; il faut bien, au surplus, que ses appointements fussent considérables, car, à sa mort, après vingt-deux ans d'administration, il évalua lui-même sa fortune à dix millions. On a vu que Fouquet avait estimé le produit de ses deux charges à 550,000 livres par an.
[174] Arch. du Roy., K, 120. _Ordonnance de 107,000 livres au nom de M. du Vau, trésorier de la reyne_, du 18 septembre 1683.
[175] Arch. du Roy., K, 120. Le corps de cet ordre, à peine grand comme la moitié d'un billet de banque, n'est pas de la même écriture que la signature et le post-scriptum.
[176] Le _louis d'or_ ne valait, à cette époque, que 11 livres. Voyez _Traité des monnaies_, par Leblanc.