Part 26
Toutes les femmes dissolues s'accordaient à honorer la Madeleine comme leur patronne, sans s'inquiéter de faire un choix entre les différentes saintes que la légende leur offrait sous ce nom. Il paraît qu'elles rendaient aussi un culte à sainte Marie l'Égyptienne, qui fut, avant sa conversion, une célèbre prostituée. Une tradition presque contemporaine nous permet de certifier que la chapelle dédiée à cette sainte, dans la rue qui est devenue celle de la Jussienne, au lieu de l'_Égyptienne_ ou de la _Gippecienne_, était la paroisse attitrée des femmes publiques, depuis sa fondation au douzième siècle: elles fréquentaient cette chapelle, elles y faisaient dire des messes, elles y brûlaient des cierges, elles y apportaient leurs offrandes, la dîme de leur honteux métier; c'était là qu'elles venaient en pèlerinage, de tous les points de la ville, et rien n'était plus étrange que leurs ex-voto et leurs bouquets artificiels suspendus autour de l'image de leur patronne. En 1660, le curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui avait cette chapelle dans sa dépendance, en fit enlever une verrière qu'on y voyait depuis plus de trois siècles et qui était un objet de scandale pour les personnes pieuses. Cette verrière représentait la sainte sur un bateau, relevant sa robe et se préparant à payer son passage au batelier, avec cette inscription, qui est sans doute rajeunie de langage: «Comment la sainte offrit son corps au batelier pour son passage.» On devine, d'après cette anecdote, pourquoi les bateliers de la Seine avaient adopté la même patronne que les prostituées. Il est probable que la confrérie des ribaudes fut transférée de l'église de la Madeleine dans la chapelle de Sainte-Marie l'Égyptienne, quand la grande confrérie de la vierge Marie _Notre-Dame aux seigneurs, prêtres, bourgeois et bourgeoises de la ville de Paris_ fut établie en 1168 dans cette église, peut-être à l'occasion de l'outrage qu'une fille de joie avait imprimé sur le front d'une fille de France en lui donnant le baiser de paix ou en le recevant d'elle. Le roi et la reine étaient, de fondation, membres de cette confrérie de Notre-Dame, qu'on est surpris de voir placée sous les auspices de la Madeleine. Quant à la chapelle de Sainte-Marie l'Égyptienne, elle fut érigée hors des murs, aux environs du cimetière des Saints-Innocents, qui était alors un des centres les plus mal famés de la Prostitution errante.
Quand Louis IX monta sur le trône, sa première pensée ne fut pas de proscrire absolument dans son royaume la Prostitution légale qui y était tolérée, sinon permise; mais il essaya de la combattre et de la diminuer avec les armes de la religion et les ressources de la charité. «Jamais, dit Sauval, il n'y a eu tant de femmes de mauvaise vie, qu'au commencement du treizième siècle dans le royaume, et jamais néanmoins on ne les a punies avec plus de rigueur.» Guillaume de Seligny, évêque de Paris, convoqua celles de Paris et les fit rougir de leur ignoble métier; les unes y renoncèrent, pour embrasser une vie honnête et pour se marier; les autres demandèrent à se cloîtrer pour expier leurs péchés. Guillaume alla trouver le jeune roi qui venait de succéder à son père Louis VIII et qui avait l'âme toute pleine des pieux enseignements de sa mère, la vertueuse reine Blanche. Ce prince fut émerveillé des belles conversions que l'évêque avait faites, et, pour n'en pas laisser perdre le fruit, il s'empressa de fonder une maison de refuge destinée aux pécheresses que la grâce avait touchées. Il faillit ouvrir cette maison dans un clos situé rue Saint-Jacques et appartenant à son confesseur et chapelain Robert Sorbon, qu'il voulait mettre à la tête de cette communauté de pénitentes; mais il se ravisa, en pensant que les Écoles de la rue du Fouarre donneraient des voisins menaçants à ces nouvelles converties. Il les mit donc à distance des écoliers, dans la campagne, de l'autre côté de la ville, et il leur concéda un vaste terrain où il fit élever pour elles une église, des cloîtres, des dortoirs et divers bâtiments enfermés dans une enceinte de bons murs. Ce monastère, qui fut plus tard un hôpital, occupait tout l'espace où le quartier du Caire a été construit depuis la révolution. Il y avait des jardins et des vergers dans cette espèce de forteresse qu'on appelait, dit Joinville, la _maison des Chartriers_. On ne sait pas d'où lui vient le nom de _maison des Filles-Dieu_, qui lui resta, et l'on doit croire que ce fut une malice du peuple, qui baptisa ainsi ces religieuses que le démon avait soumises à un apprentissage peu édifiant. Quoi qu'il en soit, ce nom des _Filles-Dieu_, qui n'avait été d'abord qu'une épigramme, fut pris au sérieux, même par celles qui le portaient.
Un poëte satirique de ce temps-là, Rutebeuf, se moque des Filles-Dieu et de leur nom assez mal approprié à leurs antécédents; mais on pourrait induire de ces vers de Rutebeuf, que les pénitentes de Guillaume de Seligny avaient été d'abord nommées _Femmes-Dieu_:
Diex a non de filles avoir, Mès je ne poy oncques savoir Que Diex eust fame en sa vie!...
Rutebeuf comprend sous la dénomination de _lignage de Marie_, en sous-entendant _Madeleine_, tout le personnel de la Prostitution, parmi lequel saint Louis avait trouvé ses Filles-Dieu: «Et fist mettre, raconte Joinville, grant multitude de femmes en l'hostel, qui par povreté estoient mises en pechié de luxure, et leur donna quatre cens livres de rente pour elles soustenir.» Cette dotation de quatre cents écus de rente était considérable, en raison de la valeur énorme de l'argent, et tout le monde s'étonna que les Filles-Dieu eussent été mieux traitées que les Quinze-Vingts, qui n'avaient que trois cents livres de revenu. Les Filles-Dieu n'étaient que deux cents dans l'origine, mais elles recueillaient dans leur maison hospitalière les femmes perdues que le repentir arrachait à la débauche. Ce monastère avait pour _maître proviseur et gouverneur_ un prêtre que l'évêque de Paris appelait son _bien-aimé en Jésus-Christ_ et que les religieuses nommaient leur _père en Dieu_. Ce ne fut pas la seule fondation du même genre que le saint roi encouragea de ses conseils et de ses deniers: «Et fist mettre, rapporte Joinville, en plusieurs liex de son royaume mesons de beguines, et leur donna rentes pour elles vivre, et commanda l'en que en y receust celles qui voudroient fere contenance à vivre chastement.»
Louis IX avait beau détourner ainsi le torrent de la Prostitution, il ne parvenait pas à réformer les moeurs, que les croisades avaient encore perverties davantage, car les croisés imitaient les musulmans et entretenaient de véritables harems, remplis d'esclaves achetées dans les bazars de l'Asie. «Le commun peuple se prist aux foles femmes,» dit Joinville, avouant ainsi la principale cause des désastres de la croisade où le roi fut fait prisonnier par les infidèles. Ce sage prince savait à quoi attribuer ses désastres; aussi, en recouvrant sa liberté, congédia-t-il plusieurs des officiers de sa maison, parce qu'il avait été averti que ces libertins _tenoient leur bordiau_ à un jet de pierre de sa tente. Vainement il s'efforça de bannir de son camp la débauche et la paillardise; ses arrêts les plus sévères ne firent que mieux ressortir l'impuissance de ses chastes efforts contre le déchaînement de la luxure. Pendant qu'il était à Césarée, il jugea, selon les lois du pays, un chevalier qui avait été surpris _au bordel_. Le coupable avait à opter entre deux partis également déshonorants: la ribaude, avec laquelle on l'avait trouvé en flagrant délit, devait le mener en chemise, une corde liée aux _genetaires_ (génitoires), par tout le camp; sinon, il abandonnerait son cheval et son armure au bon plaisir du roi et se verrait chassé de l'armée. Le chevalier préféra ce dernier châtiment et s'en alla. Louis IX, quoi qu'il fît pour inspirer à ses serviteurs la noble passion du devoir, gémissait d'être témoin des progrès de la démoralisation sociale. Enfin, après son retour de Palestine, comme pour rendre un hommage solennel à la mémoire de sa pieuse mère qu'il pleurait encore, il voulut détruire la Prostitution, en la prohibant, sans aucune exception ni réserve, par tout son royaume, dans les provinces du nord comme dans celles du midi (le _Languedoc_ et le _Languedoil_).
C'est dans une ordonnance du mois de décembre 1254, qu'il introduisit cet article mémorable qui, caché parmi d'autres moins importants, prononçait d'une manière définitive la suppression des lieux de débauche et le bannissement des femmes de mauvaise vie: «Item soient boutées hors communes ribaudes, tant de champs comme de villes; et, faites les monitions ou défenses, leurs biens soient pris par les juges des lieux ou par leur autorité, et si soient dépouillées jusqu'à la cote ou au pélicon; et qui louera maison à ribaude ou recevra ribaude en sa maison, il soit tenu de payer au bailly du lieu, ou au prevost, ou au juge, autant comme la pension (le loyer) vaut en un an.» Mais saint Louis ne tarda pas à s'apercevoir que la Prostitution était un fléau nécessaire pour arrêter de plus grands maux dans l'ordre social.
FIN DU TOME TROISIÈME.
TABLE DES MATIÈRES DU TROISIÈME VOLUME.
_SECONDE PARTIE._
ÈRE CHRÉTIENNE.--INTRODUCTION.
CHAPITRE PREMIER. Page 7
SOMMAIRE. --Le mariage chrétien. --Épîtres de saint Paul aux Romains sur leurs abominables vices. --La sentine de la population des faubourgs de Rome aux prédications de saint Paul. --Le mariage conseillé par saint Paul comme dernier préservatif contre les tentations de la chair. --_Fornicatio_, _immunditia_, _impudicitia_ et _luxuria_. --Prédications de saint Paul contre la Prostitution. --Les philosophes païens ne recommandaient la tempérance qu'au point de vue de l'économie physique. --La chasteté religieuse chez les païens et le célibat chrétien. --Triomphe de la virginité chrétienne. --Guerre éclatante de la morale évangélique contre la Prostitution. --Les époux dans le mariage chrétien. --Sévérité de l'Église naissante à l'égard des infractions charnelles que la loi n'atteignait pas. --Pourquoi les païens infligèrent de préférence aux vierges chrétiennes le supplice de la Prostitution.
CHAPITRE II. Page 39
SOMMAIRE. --Raison de nécessité pour laquelle saint Paul et les apôtres durent imposer aux chrétiens l'abstinence charnelle et la pureté virginale. --Les _agapes_. --Les fossoyeurs des catacombes de Rome furent les premiers adorateurs du Christ. --Action régénératrice et consolante de la religion chrétienne sur les êtres dégradés voués au service de la Prostitution. --Les courtisanes martyres. --Histoire de Marie l'Égyptienne racontée par elle-même. --Légende de sainte Thaïs. --Comment s'y prit saint Ephrem pour convertir une femme de mauvaise vie. --Les deux solitaires et la prostituée. --Saint Siméon Stylite. --Conversion de Porphyre. --Sainte Pélagie. --Sainte Théodote. --Conversion et supplice de sainte Afra. --Prière de sainte Afra sur le bûcher, ou oraison des prostituées repentantes.
CHAPITRE III. Page 59
SOMMAIRE. --Pourquoi les gentils infligeaient aux femmes chrétiennes le supplice de la Prostitution publique. --Légende des _Sept vierges_ d'Ancyre. --Agonie d'une virginité vouée à l'outrage de l'impudicité païenne, dépeinte par le poëte Aurelius Prudentius. --Sainte Agnès est dénoncée comme chrétienne. --Jugement du préfet Symphronius. --Agnès est conduite dans une maison de débauche. --Mort miraculeuse du fils de Symphronius. --Particularités importantes pour l'histoire de la Prostitution. --Sainte Théodore, dénoncée comme chrétienne, est condamnée au supplice du lupanar. --Dévouement sublime de Didyme. --Décapitation de Théodore et de Didyme. --Fait analogue rapporté par Palladius. --Légende de sainte Théodote. --Sainte Denise livrée à deux libertins par ordre du proconsul Optimus. --Délivrance miraculeuse de sainte Denise. --Légende de sainte Euphémie.
CHAPITRE IV. Page 79
SOMMAIRE. --Les faux docteurs et les sectes blasphématrices. --Les _nicolaïtes_. --Atroces préceptes attribués au diacre Nicolas, fondateur de cette secte. --Les _phibionites_, les _stratiotiques_, les _lévitiques_ et les _borborites_. --Abominations de ces sectes, décrites par saint Épiphane. --Les hérésies du corps et celles de l'esprit. --Les _carpocratiens_ et les _valésiens_. --Épiphane. --Marcelline. --Les _caïnites_ et les _adamites_. --Impuretés corporelles auxquelles se livraient les caïnites. --L'_Ascension de saint Paul au ciel_. --Hérésie de Quintillia. --Prodicus. --Déréglements monstrueux du culte des adamites. --Réforme morale que subit cette secte après la mort de son fondateur. --Les _marcionites_. --Les _valentiniens_, etc.
CHAPITRE V. Page 103
SOMMAIRE. --La Prostitution sacrée et la Prostitution hospitalière, dans le christianisme. --Les ermites, les vierges et les premiers moines. --Tableau des souffrances physiques auxquelles se soumirent les Pères du désert. --Les filles et les femmes ermites. --Légende de saint Arsène et de la patricienne romaine. --Le jeune solitaire et le patriarche. --L'ermite et sa mère. --Légende populaire de saint Barlaam et du roi Josaphat. --Le démon de la luxure et de la convoitise. --Légende d'un vieil ermite qui eut ce démon à combattre. --La Prostitution hospitalière dans les agapes nocturnes et à travers les solitudes catholiques. --Les moines errants. --Les _sarabaïtes_. --Conduite impudente de ces moines dissolus. --Moeurs relâchées de certaines abbayes de femmes. --La Prostitution sacrée dans le culte des images. --Les saints apocryphes. --Culte obscène rendu en divers endroits jusqu'à la révolution française, par les femmes stériles, les maris impuissants et les _maléficiés_, aux saints Paterne, René, Prix, Gilles, Renaud, Guignolet, etc. --Légende de saint Guignolet. --L'oeil d'Isis et l'oie de Priape. --Statue indécente de saint Guignolet à Montreuil en Picardie. --Saint Paterne. --Saint Guerlichon. --Saint Gilles. --Saint René. --Saint Prix. --Saint Arnaud. --Les vestiges du paganisme dans le culte chrétien.
CHAPITRE VI. Page 135
SOMMAIRE. --Opinion de l'Église sur la Prostitution. --Sentiment de saint Augustin et de saint Jérôme à l'égard des prostituées. --Définition de la Prostitution légale par saint Jérôme. --Les Canons des Apôtres. --Constitutions apostoliques du pape Clément. --Avis de l'Église sur les ablutions corporelles. --Définition des principaux péchés de la chair. --Doctrine de l'Église sur le commerce illicite et criminel. --Le concile d'Évire ou d'Elne. --Des mères qui prostituent leurs filles. --De ceux qui pratiquent le lénocinium. --De celles qui violent leur voeu de virginité. --De celles qui n'ont pas gardé leur virginité après l'avoir vouée. --Des femmes que les évêques et les clercs peuvent avoir chez eux. --Des jeunes gens qui après le baptême sont tombés dans le péché d'impureté. --Des idoles domestiques. --Des prostituées qui contractent le mariage après avoir renoncé à leur métier. --Des femmes qui, grosses d'adultère, auront fait périr leur fruit. --Des femmes qui auront vécu dans l'adultère jusqu'à la mort. --Des gens qu'il est défendu de prendre à gages. --De ceux ou celles qui ne seront tombés qu'une seule fois dans l'adultère. --De la femme qui aura commis un adultère du consentement de son mari. --Des corrupteurs de l'enfance. --Le concile de Néocésarée. --Les eunuques malgré eux. --L'entrée du sanctuaire défendue aux femmes par le concile de Laodicée. --Le concile de Tyr. --Saint Athanase et la femme de mauvaise vie. --Le concile de Tolède. --Portrait miraculeux du patriarche Polémon. --Le concile de Carthage. --Le dix-septième canon du concile de Tolède. --Le douzième canon du concile de Rome. --Le concile de Bâle. --Chapitre unique dans l'histoire des conciles.
CHAPITRE VII. Page 161
SOMMAIRE. --Les vestibules du lupanar. --La tragédie héroïque est remplacée par la comédie libertine. --L'Église ne pouvait laisser subsister le théâtre vis-à-vis de la chaire évangélique. --Son indulgence pour les auteurs et les complices des désordres scéniques. --Part de la Prostitution dans les habitudes du théâtre. --Les _dicélies_. --Les _magodies_. --Les _mimes_. --Les pantomimes. --Les atellanes. --Pantomime d'_Ariane et Bacchus_. --Les comédiennes. --Les danses érotiques de la Grèce. --L'_épiphallos_. --L'_hédion_ et l'_heducomos_. --La _brydalica_. --La _lamptrotera_. --Le _strobilos_. --Le _kidaris_. --L'_apokinos_. --Le _sybaritiké_. --Le _mothon_, etc. --Les danses romaines. --La _cordace_. --Les équilibristes et les funambules. --Immoralité théâtrale.
CHAPITRE VIII. Page 187
SOMMAIRE. --But du christianisme dans la réforme des moeurs publiques. --Du _vectigal_, ou _impôt lustral_, que payaient les prostituées dans l'empire romain. --Les _travaux de jour_ et les _travaux de nuit_. --Le vectigal obscène. --La taxe mérétricienne sous Héliogabale. --L'_aurum lustrale_. --Les percepteurs du vectigal de la Prostitution. --Épitaphe d'un agent de cette espèce. --Alexandre Sévère décide que l'_or lustral_ sera employé à des fondations d'utilité publique. --Suppression du droit d'exercice pour la Prostitution masculine. --Le _chrysargyre_. --La capitation lustrale limitée à cinq années. --Les collecteurs du _chrysargyre_. --Épitaphe du premier _lustral_ de l'empire. --Sa fille _Verecundina_, ou _Pudibonde_. --Dissertation sur l'origine du mot _lustral_. --Constantin le Grand n'est pas le créateur du chrysargyre. --Édits de cet empereur sur la _collation lustrale_. --Protestation des philosophes contre le tribut de la Prostitution. --Théodose II supprime la taxe des lénons dans la collation lustrale. --Les prolégomènes de sa novelle _De lenonibus_. --Les courtisanes restent tributaires du fisc. --Recensement des prostituées. --Explication de la constitution du chrysargyre, par Cédrénus. --Rigueurs des collecteurs des deniers du vectigal impur. --Comment s'y prenaient ces agents pour établir les rôles de la Prostitution. --L'empereur Anastase abolit le chrysargyre. --Projets des percepteurs et des fermiers de cet impôt pour en obtenir le rétablissement. --Comment Anastase s'y prit pour déjouer leurs espérances. --Le chrysargyre reparaît sous Justinien. --Indulgence de cet empereur pour les prostituées. --L'impératrice Théodora. --Maison de retraite et de pénitence pour les femmes publiques. --Les cinq cents recluses de l'impératrice.
CHAPITRE IX. Page 207
SOMMAIRE. --Législation des empereurs chrétiens concernant la Prostitution. --Le mérétricium est considéré comme un commerce légal. --La note d'infamie imposée aux filles des lénons et des lupanaires. --Le mérétricium antiphysique est retranché de l'impôt lustral. --Loi concernant l'enlèvement des filles nubiles. --Les maîtresses et servantes de cabaret sont exemptées des peines de l'adultère. --Prohibition de la vente des esclaves chrétiennes pour l'usage de la débauche. --Les péchés contre nature punis de mort. --Théodose le Jeune se fait le défenseur des victimes du lénocinium. --Le vectigal impur est aboli à l'instigation de Florentius, préteur de Constantinople. --L'empereur Justinien. --Sa novelle contre le lénocinium. --Tableau effrayant du commerce occulte des lénons à Constantinople. --Loi concernant les bains publics. --Les successeurs de Justinien. --Fin de l'introduction.
ÈRE CHRÉTIENNE.--FRANCE.
CHAPITRE PREMIER. Page 233
SOMMAIRE. --Les Galls et les Kimris avant la conquête de Jules César. --La Prostitution ne pouvait avoir chez eux une existence régulière et permanente. --De quelle manière les Germains traitaient les femmes convaincues de s'être prostituées. --Le mariage chez les Celtes. --Sénat féminin. --Supériorité accordée au sexe féminin par les Gaulois. --Épreuve de la paternité suspecte. --Le Rhin juge et vengeur du mariage. --Vie privée des femmes gauloises. --Principes régulateurs de leur conduite. --La vertueuse Chiomara. --Tribunal de femmes chargé de juger les causes d'honneur et de prononcer sur les délits d'injures. --Horreur des Germains et des Gaulois pour les prostituées. --L'hospitalité chez les Gaulois. --Druidisme, druides et druidesses. --Les femmes de l'île de Mona. --Les divinités secondaires des Gaulois. --Les _fées_. --Les _ogres_, les _gnomes_, les _ondins_, etc. --Théogonie gauloise. --La déesse Onouava. --L'_oeuf de serpent_. --Le dieu Gourm. --La déesse de l'amour physique. --Le dieu Maroun. --Les mairs ou nornes. --Moeurs des dieux gaulois. --Les _Gaurics_. --Les _Sulèves_. --Les _Thusses_ et les _Dusiens_. --Les incubes et les succubes. --Histoire de la belle Camma. --Dévouement d'Éponine à son mari Sabinus. --Moeurs dissolues des Gaulois. --Conquête de la Gaule par Jules César. --Destruction du druidisme et des druides. --Le paganisme dans les Gaules. --La Prostitution chez les Gallo-Romains. --Divinités du paganisme que les Gaulois choisirent de préférence pour remplacer Teutatès. --Corruption sociale des races celtiques. --La courtisane Crispa. --Invasion des Francs. --Pureté de moeurs de la nation franque. --La loi salique.
CHAPITRE II. Page 257
SOMMAIRE. --Les Francs. --Les femmes libres et les _serves_. --Condition des _ingénues_ ou femmes libres franques. --Condition des femmes serves. --La Prostitution légale n'existait pas chez les Francs. --Les concubines. --Vie privée des femmes libres. --La Prostitution sacrée était inconnue des Francs. --Débauches religieuses du mois de février. --Origine de la fête des Fous. --Les _stries_ ou sorcières. --L'hospitalité franque. --Condition des femmes veuves. --Prix de la virginité d'une Burgonde libre. --La pièce de mariage. --Loi protectrice de la pudeur des femmes. --_Sorcière_ et _mérétrice_. --_Valet de sorcière_ et _faussaire_. --Le code de Rotharis. --_Chouette_ et _corneille_. --L'attentat capillaire, l'attouchement libertin et les violences impudiques. --Le _marché de Prostitution_. --Rigueur de la loi des Ripuaires contre les auteurs de violences impures envers les femmes. --Les deux degrés du supplice de la castration. --Lois des barbares contre l'adultère. --Loi du Sleswig concernant l'inceste. --Jurisprudence des barbares, en matière de Prostitution. --Décret de Récarède, roi des Wisigoths.
CHAPITRE III. Page 281