Part 24
On pourrait, sans tomber dans un excès de paradoxe, soutenir que c'est l'Europe qui a doté l'Amérique d'une maladie à laquelle le climat des Antilles convenait mieux que celui de Naples; on pourrait mettre en avant d'assez bonnes raisons pour démontrer que les aventuriers espagnols qui avaient pris du service dans l'armée du roi de Naples retournèrent dans leur patrie gâtés par la contagion vénérienne, et s'embarquèrent pour les Antilles, sans avoir été guéris. On sait quelle terrible influence a toujours eue le changement d'air et d'habitudes sur cette maladie inexplicable, que la chaleur endort et que le froid réveille avec un surcroît de fureur. Enfin, il restera probable, sinon avéré, que le mal vénérien, tel qu'il éclata en Europe vers 1494, n'était qu'un infâme produit de la lèpre et de la débauche. Tous les médecins reconnurent très-tard que le mal n'était peut-être pas aussi nouveau qu'on l'avait cru d'abord, et ils jugèrent que la lèpre, et surtout l'éléphantiasis, avait plus d'une similitude avec cette affection virulente qui s'entourait de symptômes inusités, mais dont le principe ne variait pas. La voix populaire parlait assez haut d'ailleurs, pour que la médecine l'entendît. On doit s'étonner de ce que les plus hardis fondateurs de la science se soient bornés à répéter les bruits qui circulaient sur les origines syphilitiques, sans en déduire tout un système qu'il eût été facile d'appuyer sur des preuves et sur des expériences. Mais, dans les premiers temps de cette épidémie, qu'on regardait comme une plaie envoyée du ciel et odieuse à la nature (ce sont les termes dont se sert Joseph Grundbeck, qui fit le plus ancien traité qu'on possède sur cette matière), les médecins et les chirurgiens se tenaient à l'écart et refusaient de soigner les malades qui réclamaient des secours: «Les savants, dit Gaspard Torrella, évitaient de traiter cette maladie, étant persuadés qu'ils n'y entendaient rien eux-mêmes. C'est pourquoi les vendeurs de drogues, les herboristes, les coureurs et les charlatans se donnent encore aujourd'hui pour être ceux qui la guérissent véritablement et parfaitement.» Ulrich de Hutten s'exprime avec plus de vivacité encore, en avouant que le mal fut abandonné à lui-même et à ses forces mystérieuses, avant que la médecine et la chirurgie eussent repris courage: «Les médecins, dit-il, effrayés de ce mal, non-seulement se gardèrent bien de s'approcher de ceux qui en étaient attaqués, mais ils en fuyaient même la vue, comme de la maladie la plus désespérée.... Enfin, dans cette consternation des médecins, les chirurgiens s'ingérèrent à mettre la main à un traitement si difficile.» Ces circonstances expliquent suffisamment pourquoi les premières périodes de la lèpre vénérienne sont demeurées si obscures et si mal étudiées dans tous les pays où ce mal apparut presque à la fois.
On tenait pourtant la clef de l'énigme, et il n'aurait fallu que consulter les traditions des Cours des Miracles et des lieux de débauche, pour apprendre de quelle façon s'engendrait et se décuplait, sous l'influence de la Prostitution, le monstre, le Protée de la syphilis. La vérité scientifique se trouvait sans doute renfermée dans ces anecdotes, que de grands médecins ne dédaignèrent pas de ramasser parmi les carrefours où elles avaient traîné. Jean Manardi, de Ferrare, dans une lettre adressée vers 1525 à Michel Santanna, chirurgien qui se mêlait de traiter les vénériens, lui dit que l'opinion la plus ancienne et la mieux établie place le commencement de la vérole à l'époque où Charles VIII se préparait à la guerre d'Italie (vers 1493): «Cette maladie, dit-il, éclata d'abord à Valence en Espagne, par le fait d'une fameuse courtisane qui, pour le prix de cinquante écus d'or, accorda ses faveurs à un chevalier qui était lépreux; cette femme, ayant été gâtée, gâta à son tour les jeunes gens qui la voyaient, et dont plus de quatre cents furent infectés en peu de temps. Quelques-uns d'eux ayant suivi le roi Charles en Italie, y portèrent celle cruelle maladie.» Manardi se borne à rapporter le fait, de même que le savant médecin naturaliste Pierre-André Mathiole, qui ne fait que changer les personnages et le lieu de la scène: «Quelques-uns, dit-il, ont écrit que les Français avaient gagné ce mal par un commerce impur avec des femmes lépreuses, lorsqu'ils traversaient une montagne d'Italie (voy. son traité _De Morbo gallico_).» L'identité de la syphilis avec la lèpre était clairement indiquée dans ces simples réminiscences du bon sens populaire; mais les hommes de l'art les recueillaient, en fermant les yeux devant ces renseignements lumineux qui leur montraient la route. Un autre médecin de Ferrare, Antoine Musa Brassavola, admettait probablement la préexistence des maux vénériens et du virus qui les communique, quand il raconte le fait suivant, dans son livre sur le _Mal français_: «Au camp des Français devant Naples, dit-il, il y avait une courtisane très-fameuse et très-belle, qui avait un ulcère sordide à l'orifice de la matrice. Les hommes qui avaient commerce avec elle, contractaient une affection maligne qui ulcérait le membre viril. Plusieurs hommes furent bientôt infectés, et ensuite beaucoup de femmes, ayant habité avec ces hommes, gagnèrent aussi le mal, dont elles firent à leur tour présent à d'autres hommes.» Ainsi, selon Antoine Musa Brassavola, le mal de Naples n'était qu'une complication accidentelle du mal vénérien qui aurait existé isolément chez quelques individus, avant d'être épidémique et d'avoir acquis sa prodigieuse activité.
Enfin, un des plus grands hommes qui aient porté le flambeau dans les ténèbres de l'art médical, Théophraste Paracelse, décréta toute une doctrine nouvelle au sujet des maladies vénériennes, quand il proclama leur affinité avec la lèpre, dans sa _Grande Chirurgie_ (liv. I, ch. 7): «La vérole, dit-il avec cette conviction que le génie peut seul donner, a pris son origine dans le commerce impur d'un Français lépreux avec une courtisane qui avait des bubons vénériens, laquelle infecta ensuite tous ceux qui eurent affaire à elle. C'est ainsi, continue cet habile et audacieux observateur, c'est ainsi que la vérole provenue de la lèpre et du bubon vénérien, à peu près comme la race des mulets est sortie de l'accouplement d'un cheval et d'une ânesse, se répandit par contagion dans tout l'univers.» Il y a, dans ce passage de la _Grande Chirurgie_, plus de logique et plus de science que dans tous les écrits des quinzième et seizième siècles, concernant la maladie vénérienne, dont aucun médecin n'avait deviné la véritable origine. Paracelse considérait donc la vérole de 1494 comme un genre nouveau dans l'antique famille des maladies vénériennes.
FIN DU TOME QUATRIÈME.
TABLE DES MATIÈRES DU QUATRIÈME VOLUME.
_FRANCE._
CHAPITRE VIII. Page 7
SOMMAIRE. --Le roi des ribauds. --Recherches sur les prérogatives, le rang et la charge de cet officier de la maison royale. --Définition de ses attributions. --Analogie des _ministeriales palatini_ de Charlemagne, avec les rois des ribauds. --Attributions des _ministeriales palatini_. --_Ribaldus_ ou _ribaud_. --Philippe-Auguste organise les ribauds en corps de troupes soldées. --Témoignages de bravoure et d'intrépidité de ces hordes pillardes et débauchées. --Le _roi des ribauds_. --Avantages honorifiques et lucratifs de cette charge. --_Nu comme un ribaud._ --Diminution successive d'importance de la _royauté_ des ribauds. --La _ribaudie_. --Appréciation de la charge du roi des ribauds dans l'intérieur de la maison du roi. --Recherches sur les gages du roi des ribauds. --Crasse Joë, roi des ribauds de Philippe le Long. --Jean Guérin, roi des ribauds du duc de Normandie et d'Aquitaine, fils de Charles V. --Droits d'exécution et d'aubaine du roi des ribauds sur certains patients. --Jean Boulart et Pernette la Basmette. --Le roi des ribauds devait être un fidèle et incorruptible défenseur de la personne du roi. --Coquelet. --Preuves de dévouement de Jean Talleran, seigneur de Grignaux, roi des ribauds de François Ier. --Redevance hebdomadaire des _vassales_ du roi des ribauds. --Dernière transformation de l'office du roi des ribauds à la cour de France. --Les _dames des filles de joie suivant la cour_. --Olive Sainte. --Cécile de Viefville. --Des _rois des ribauds_ relevant de celui de l'hôtel du roi. --Colin-Boule, roi des ribauds de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. --Le curé de Notre-Dame d'Abbeville, _roi des ribauds_. --Balderic, roi des ribauds de Henri II, roi d'Angleterre et duc de Normandie. --Attributions des rois des ribauds des villes de province. --Antoine de Sagiac, commissaire du roi des ribauds de Mâcon, et Colette, femme de Pierre Talon.
CHAPITRE IX. Page 37
SOMMAIRE. --État de la Prostitution, après l'ordonnance de 1254. --Institution de la police des moeurs. --Les _confrairies_ des filles publiques. --Ordonnance de 1256. --Assimilation des tavernes aux _bordeaux_. --Les taverniers. --Organisation des filles publiques par Louis IX. --Les juifs. --Ordonnances somptuaires concernant les femmes de mauvaise vie. --Statuts des barbiers. --Les baigneurs-étuvistes. --Statuts des bouchers. --Mort de saint Louis. --Philippe le Hardi. --Ordonnance de 1272. --Les _aiguillettes_ et les _ceintures dorées_. --L'_enseigne_ des filles publiques de Toulouse. --_Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée._ --_Courir l'aiguillette_ et _courir le guilledou_. --Les trois brus de Philippe le Bel. --La tour de Nesle. --Philippe et Gautier de Launay. --Jean Buridan. --L'_âne de Buridan_. --État des moeurs après les croisades. --_Hic_ et _hoc_. --Les Templiers.
CHAPITRE X. Page 65
SOMMAIRE. --Les mauvais lieux de Paris. --Topographie de la Prostitution parisienne au moyen âge. --La rue _de la Plâtrière_. --La rue _du Puon_. --La rue _des Cordèles_. --La _petite ruellette de Saint-Sevrin_. --La rue _de l'Ospital_. --La rue _Saint-Syphorien_. --La rue _de la Chaveterie_. --La rue _Saint-Hilaire_. --Le _clos Burniau_. --La rue _du Noyer_. --La rue _du Bon-Puits_. --La rue _de l'École_. --La rue _Cocatrix_. --La rue _Charoui_. --La _ruelle Sainte-Croix_. --La rue _Gervese-Laurens_. --La rue _du Marmouset_. --La rue _de Chevez_. --Le _Val d'amour_. --La rue _Saint-Denis de la Chartre_. --La rue _des Lavandières_. --La _place aux Pourceaux_. --La rue _Béthisy_. --La rue _de l'Arbre-Sec_. --La rue _de Maître-Huré_. --La rue _Biaubourc_, etc.
CHAPITRE XI. Page 91
SOMMAIRE. --Le cabaret du _Char doré_. --La rue de Glatigny. --La rue du _Fumier_. --La rue d'_Enfer_. --La cour _Ferry_. --La maison de Cocatrix. --Le _Caignard_. --Les voûtes de la Calandre et du Marché-Palu. --L'île _de Gourdaine_. --Le _Terrain_ ou _la Motte aux Papelards_. --Les faubourgs. --Le _Champ Gaillard_. --Les quatre tavernes _méritoires_. --Le _Château-de-Paille_. --La taverne de la Mule. --Les _lupanaires_ de l'Université. --Le _Champ-d'Albiac_. --La rue _Gracieuse_. --Les Champs de la _Boucherie_, _Petit_ et de l'_Allouette_. --La rue de l'_Aronde_. --La rue _Gît-le-Coeur_. --La rue _Sac-à-Lie_. --La rue _Bordet_. --Les Cours des Miracles. --Etc., etc.
CHAPITRE XII. Page 119
SOMMAIRE. --Le Livre de la Taille de Paris. --Le roi des ribauds _de la royne Marie_. --Ysabiau _l'Espinète_. --Jehanne _la Normande_. --Edeline _l'Enragiée_. --Aaliz _la Bernée_. --Aaliz _la Morelle_. --_La Baillie_ et _la Perronnelle-aux-chiens_. --Perronèle _de Sirènes_. --Anès _l'Alellète_. --Jehanne _la Meigrète_. --Marguerite _la Galaise_. --Geneviève _la Bien-Fêtée_. --Jehanne _la Grant_. --Ysabiau _la Camuse_. --Maheut _la Lombarde_. --Marguerite _la Brete_. --Ysabiau _la Clopine_. --Anès _la Pagesse_. --Juliot _la Béguine_. --Jehanne _la Bourgoingne_. --Maheut _la Normande_. --Gile _la Boiteuse_. --Mabile _l'Escote_. --Agnès _aux blanches mains_. --Jehanette _la Popine_. --Ameline _la Petite_. --Ameline _la Grasse_. --Marie _la Noire_. --Anès _la Grosse_. --Jehanne _la Sage_, etc., etc.
CHAPITRE XIII. Page 147
SOMMAIRE. --Ordonnances somptuaires de Philippe-Auguste. --Législation des rois de France contre la _dissolution_ et la _superfluité_ des habillements. --Les _reines de ribaudie_. --Défenses des prévôts de Paris et arrêts du parlement. --Arrêt du 26 juin 1420. --Ordonnance du roi Henri VI, roi d'Angleterre. --Arrêt du parlement du 17 avril 1426, prohibant les _ornements que portent les damoiselles_. --Les _reines et princesses d'amour_. --L'_Ordinaire de Paris_. --Jehannette, veuve de Pierre Michel, Jehannette la Neufville et Jehannette la Fleurie. --Les ceintures d'argent. --Inventaires des défroques de Marguerite, femme de Pierre de Rains, et de damoiselle Laurence de Villers, femme amoureuse. --Jehanne la Paillarde et Agnès la Petite. --Ordonnance de Henri II. --Jehanneton du Buisson. --De ceux et celles qui vivaient du produit du _maquerellage_, tenaient _bordiaux_, louaient _bouticles au péché_, ou gouvernaient _clapier_ de filles publiques. --Le _marché aux Pourceaux_. --Supplice des _gueuses_.
CHAPITRE XIV. Page 177
SOMMAIRE. --État de la Prostitution légale dans les provinces de l'ancienne France. --_Coutumes du Beauvoisis._ --La Prostitution dans le duché d'Orléans. --Le _Livre de jostice et de plet_. --Les provinces du Nord. --Organisation de la débauche publique à Toulouse, Montpellier, Narbonne, etc. --Coutume de Bayonne. --Coutume de Marseille. --Coutume du comté de Montfort, de Rodez, de Nîmes, de Beaucaire, etc. --Les femmes _légères_ de Bagnols et de Saint-Saturnin. --Bordeaux. --Supplice de l'_accabussade_. --Marseille. --Sisteron. --Avignon. --Lyon. --Genève. --Coutumes diverses. --Les _Lombards_ et les prostituées. --Troyes, Amiens, Laon, Meaux, etc. --Rues _sans chef_, affectées à la Prostitution légale.
CHAPITRE XV. Page 203
SOMMAIRE. --Provinces centrales de la France. --La Champagne. --La Touraine. --Le Berry. --Le Bourbonnais. --Le Poitou. --L'Orléanais. --Les femmes mariées de Montluçon assimilées aux prostituées. --L'_Adveu_ de la terre du Breuil. --Servitudes bouffonnes et facétieuses. --La _chaussée de l'étang de Souloire_. --Le seigneur de Poizay et les _denrées_ des filles amoureuses. --Le roi de France et les ribaudes de Verneuil. --Les _femmes folles_ de Provins, etc., etc.
CHAPITRE XVI. Page 235
SOMMAIRE. --Influence des moeurs et des usages de l'Italie sur la Provence et le Languedoc au moyen âge. --La _Grant-Abbaye_ de la rue de Comenge, à Toulouse. --_Enseigne_ des pensionnaires de la _Grant-Abbaye_. --Le quartier des Croses. --La maison du _Châtel-Vert_. --Vicissitudes de la Prostitution légale à Toulouse jusqu'à la fin du seizième siècle. --_Hospice_ de la Prostitution légale à Montpellier. --Les entrepreneurs du _Bourdeau_ de Montpellier. --Clare Panais. --Guillaume de la Croix et les deux fils de Clare Panais. --La _maison_ de Paullet Dandréa. --Le _bourdeou_ privilégié d'Avignon. --_Statuts_ de Jeanne de Naples. --De la Prostitution à Avignon antérieurement aux statuts de 1347. --Etc., etc.
CHAPITRE XVII. Page 267
SOMMAIRE. --La Prostitution légale et la Prostitution libre. --De l'influence de la Chevalerie sur l'honnêteté publique. --L'_Enfant d'honneur_ de la _Dame des Belles-Cousines_. --Le vrai chevalier, _destructeur de la corruption_. --L'envoi de la _Camise_. --Le châtelain de Coucy et la dame de Fayel. --_Principalia amoris præcepta_ de maître André, chapelain de Louis VII. --Les _Cours d'amour_ et les _Parlements de gentillesse_. --La jurisprudence amoureuse. --Arrêts d'amour. --Le _maire des Bois-Verts_, le _baillif de Joye_, le _viguier d'amours_, etc. --Les Jongleurs. --Etc., etc.
CHAPITRE XVIII. Page 299
SOMMAIRE. --Les moeurs publiques et privées à partir du onzième siècle. --Jean _Flore_, évêque d'Orléans. --Le _Goliath_ de la Prostitution. --Excentricités licencieuses du duc d'Aquitaine. --Les Croisades et les Croisés. --Les trois cents femmes franques. --Les concubines de l'_ost_ du roi. --L'_arrière-garde_ des armées en campagne. --Les mille prostituées du capitaine Garnier. --Jeanne d'Arc à Sancerre. --Ordonnance de cette héroïne contre les ribaudes de la milice. --Comment la chevalerie entendait l'hospitalité. --Décadence des moeurs chevaleresques. --Abominations du règne de Charles VI. --Anne Piedeleu. --Indulgence d'Ambroise de Loré, prévôt de Paris, pour les prostituées, etc.
CHAPITRE XIX. Page 331
SOMMAIRE. --Apparition des maladies vénériennes en France. --Origine de la syphilis ou _mal français_. --Ses progrès effrayants vers la fin du quinzième siècle. --Marche du mal vénérien à travers le moyen âge. --Ses noms différents. --L'éléphantiasis et les autres dégénérescences de la lèpre. --La mentagre et les dartres sordides. --_Lues inquinaria_ ou _inguinaria_. --Pèlerinages dans les lieux saints. --L'église de Notre-Dame de Paris. --Le _feu sacré_. --Vice des Normands. --Le _mal des ardents_. --Ses ravages effrayants. --Le _mal de saint Main_ et le _feu de saint Antoine_. --Invocations à saint Marcel et à sainte Geneviève. --La syphilis du quinzième siècle. --Les lépreux et les léproseries. --Les croisés et la _mésellerie_. --Rigoureuse police de salubrité, à laquelle on soumit les lépreux. --Du caractère le plus général de la lèpre, d'après Guy de Chauliac, Laurent Joubert, Théodoric, Jean de Gaddesden, etc., etc.
CHAPITRE XX. Page 363
SOMMAIRE. --Noms scientifiques de la syphilis, _morbus novus_, _pestilentialis scorra_, _pudendagra_, etc. --Ses surnoms populaires. --Les saints qui avaient le privilége de la guérir. --Coïncidence de son apparition en Italie avec l'expédition de Charles VIII. --Quelle est la date précise de cette apparition? --Les médecins et les historiens ne sont pas d'accord. --Traditions relatives à son origine. --Les conjonctions de planètes. --Le vin empoisonné avec du sang de lépreux. --Boucheries de chair humaine. --La bestialité punie par elle-même. --La jument et les singes. --La syphilis d'Europe n'est pas venue d'Amérique. --Les médecins refusent d'abord de traiter cette maladie. --Manardi, Mathiole, Brassavola et Paracelse disent que l'infection vénérienne est née de la lèpre et de la Prostitution.
FIN DE LA TABLE.
Note de transcription détaillée:
En plus des corrections des erreurs clairement introduites par le typographe, les erreurs suivantes ont été corrigées:
p. 7 et 385, «François 1er» harmonisé en «François Ier», p. 7, «des» corrigé en «de» («seigneur de Grignaux»), p. 71, «ia» corrigé en «i a» («Dame i a»), p. 111, suppression d'une virgule après «Les propriétaires lésés» comme dans les éditions suivantes du livre, p. 116, «archéologique» corrigé en «archéologie» («archéologie pornographique»), p. 132, «envahissemens» corrigé en «envahissements» («aux envahissements de la Prostitution»), p. 138, suppression d'une virgule après «cette espèce de femmes s'éloignait», p. 177 et 299, «Sommaire:» harmonisé en «Sommaire.», p. 205, «tuum» corrigé en «suum» («maritum suum verberante»), p. 258, «bayouno» corrigé en «baylouno» («lous samdès la baylouno»), p. 331, «solides» corrigé en «sordides» («les dartres sordides»), p. 331 et 351, «Gaddesen» corrigé en «Gaddesden» («Jean de Gaddesden»), p. 358, «Delamarre» corrigé en «Delamare».
Quand il subsistait un doute sur l'orthographe ou l'accentuation de l'époque, celle-ci n'a pas été corrigée: Champ Gaillard / Champ-Gaillard, maquerelage / maquerellage, Bois-Verts / bois verts, Colin-Boule / Colinboule, ...