Part 24
Ces pauvres filles n’étaient pas traitées partout avec autant de rigueur, et si elles ne figuraient pas dans les armées des réformés, elles menaient joyeuse vie dans les armées catholiques. Ainsi, Brantôme décrit complaisamment la belle arrière-garde, que le duc d’Albe, dans son expédition, contre les _Gueux_ de Flandres, pouvait passer en revue, avec ses dix mille hommes de vieilles troupes. C’étaient, dit Brantôme, «quatre cents courtisanes à cheval, belles et braves comme princesses, et huit cents à pied, en point aussi.» Il y avait là un gentilhomme français, messire François Le Poulchre, seigneur de la Motte Messemé, chevalier de l’ordre du roi et capitaine de cinquante hommes d’armes des ordonnances de Sa Majesté. Ce qu’il admira le plus dans cette expédition militaire, ce furent les douze cents courtisanes _en bon point_, qui semblaient être chargées de sauvegarder l’honneur des filles et des femmes sur le théâtre de la guerre. Voici comment il parle de ces créatures, dans les sept livres de ses _Honnêtes Loisirs_, dédiés au roi Henri III (Paris, Marc Ourry, 1587, in-12):
Il les entretenoit, qui vouloit, tout le jour; Mais, avec un respect plein de cérémonie, Le barisel-major leur tenoit compagnie. Or, ces dames avoient tous les soirs leur quartier, Du maréchal de camp, par les mains du fourrier, Et n’eût-on pas osé leur faire une insolence.
Leur vanité s’en accrut tellement, qu’elles finirent par faire de la femme honnête et qu’elles taxèrent leurs faveurs à un prix trop élevé pour la bourse des soudards. Il fallut que le duc d’Albe intervînt et fît crier dans son camp, par ses hérauts d’armes:
Qu’entre elles ne fust pas une qui osast Refuser désormais soldat qui la priast De luy payer sa chambre à cinq sols par nuictée.
On ne saurait prendre le taux fixé par le duc d’Albe, pour le prix courant de la Prostitution populaire à cette époque. Cependant il est permis de supposer, d’après le chapitre de Rabelais intitulé: _Comment Panurge enseigne une manière bien nouvelle de bastir les murailles de Paris_, que le relâchement des mœurs publiques avait singulièrement fait tort au métier impudique des prostituées de carrefour. «Je voy, dit Panurge, que les callibristris des femmes de ce pays sont à meilleur marché que les pierres: d’yceulx fauldroit bastir les murailles, en les arrangeant par bonne symétrie d’architecture et mettant les plus grands aux premiers rancz, et puys, en talvant à dos d’asne, arranger les moyens et finablement les petits.» Cette sale bouffonnerie de Panurge renferme assurément un indice de l’avilissement du prix des _denrées_ de la débauche. La fermeture des mauvais lieux ne diminua pas le nombre des femmes _de bonne volonté_. Pierre l’Estoile, dans son _Journal de Henri III_, à la date du 26 mai 1575, caractérise ainsi la corruption qu’il voyait régner autour de lui, dans la bourgeoisie et le peuple de Paris: «Ce dont se plaint le prophète Jérémie, chapitre III des _Filles de Sion_, qui estoient eslancées, cheminant le col estendu et les yeux affettés, se guindant et branslant et faisant resonner leurs pas, se pouvoit, à aussi bon tiltre et meilleur, dire, en ce temps, des femmes de Paris et filles de la cour. Dont ne se faut esbahir, si le Seigneur, selon la menace qu’il en fait au lieu mesme par son prophete, descheveloit leurs testes et leurs parties honteuses, par ces folatres faiseurs de pasquils, dont la ville de Paris et la cour estoient remplies. Brief, le desbordement, sans parler de pis, estoit que la caballe du cocuage estoit un des plus clairs revenus de ce temps.» (Voy. l’édition publiée par MM. Champollion père et fils, d’après le ms. original de P. l’Estoile, dans la collect. des _Mém. pour servir à l’histoire de France_.)
Nous trouverions sans doute, dans les œuvres des poëtes du seizième siècle, une foule de passages qui se rapporteraient à notre sujet, et qui nous permettraient de faire une peinture fidèle et même minutieuse des mœurs de la Prostitution; mais nous avons hâte de sortir de cet impur treizième siècle, où la débauche italienne est le dernier cloaque où vient se salir et s’éteindre la branche royale des Valois; nous craindrions d’être entraîné dans une trop longue digression, en feuilletant ces poëtes libertins qui se plaisaient à fonder le Parnasse de Priape, et qui n’avaient pas de muse plus inspiratrice que la Vénus des carrefours. Certes, les poëtes étaient d’avance autorisés à tous les désordres de la poésie érotique, quand ils rencontraient chez les prostituées les plus grands seigneurs de la cour, des princes de l’Église et des magistrats vénérables. Le cardinal Charles de Lorraine n’allait-il pas, comme l’eût fait un jeune écolier, passer la nuit, hors de son hôtel, dans le logis d’une femme perdue? Louis Regnier, sieur de la Planche, nous raconte, dans son _Histoire de François II_, que ce prélat débauché, «sortant un grand matin de la maison de la belle Romaine, courtisane renommée du temps de Henry, logée en la Cousture de Saincte Catherine, avoit failli d’estre maltraité par certains ruffians qui cerchent volontiers les chappes cheutes à l’entour de telles proyes.» Cette Romaine, qui rivalisait en beauté et en libertinage avec la Grecque, tant exaltée par Brantôme, nous paraît être le type de cette courtisane, que Joachim Dubelloy a mise en scène dans un poëme fameux, intitulé tantôt _la Maquerelle ou la Vieille courtisane de Rome_, et tantôt _la Courtisane repentie_. Ce poëme nous offre quantité de traits qui peuvent servir à faire le portrait des courtisanes à la mode du seizième siècle. C’est elle-même qui raconte sa vie et qui, son bon temps passé, essaye de consoler ses ennuis,
Par les soupirs d’une complainte vaine.
Dès l’âge de seize ans, corrompue par le mauvais exemple d’_une impudique mère_, elle laissa cueillir sa fleur par un _serf_; mais ce fut chose si secrète, que personne au monde, excepté sa mère, ne pût soupçonner cet accident:
Bientôt après, je vins entre les mains De deux ou trois gentilshommes romains, Desquels je fus aussi vierge rendue, Comme j’avois pour vierge esté vendue. De main en main je fus mise en avant, A cinq ou six, vierge comme devant.
Un prélat l’achète ensuite _comme pucelle_; elle apprend alors à chanter, à danser, à pincer du luth et à _proprement parler_; puis, à se farder et à se parer. Ce prélat l’aimait assez pour ne lui refuser aucune preuve de tendresse: il l’enrichit, et il finit par la marier à un gentilhomme qui la dépouilla, sitôt la noce faite, de tout ce qu’elle avait apporté en dot; elle se trouve tout à coup ruinée:
Et rejetant toute vergogne et honte, J’ouvre boutique; et faite plus savante, Vous mis si bien ma marchandise en vente, Subtilement affinant les plus fins, Qu’en peu de temps fameuse je devins. Lors, me voyant de Rome assez connue Pour n’estre au rang de squaldrine tenue, De deux ou trois à poste je me mis, Lesquels étoient mes plus fermes amis, Et tous les mois me donnoient pour salaire Un chacun d’eux trente écus d’ordinaire.
Elle ne se contentait pas de ce salaire, et elle employait toutes sortes de ruses pour mettre à contribution ses trois _amis_, en faisant accroire à chacun d’eux qu’elle l’aimait plus que les autres. Ils n’étaient pas jeunes ni beaux, mais ils étaient crédules et généreux; elle fuyait, d’ailleurs, _plus que peste_
Ces jeunes gens, lesquels, sans débourser, A tout propos, pour beaux veulent passer, Nous pensant bien payer d’une gambade, D’une chanson, d’un lut ou d’une aubade.
Elle connaissait tous les mystères de la vie des courtisanes, et elle les employait à son avantage, quoiqu’elle se donnât des airs d’honnêteté et même de pruderie:
J’avais aussi une soigneuse cure, De n’endurer sur mon corps une ordure, De boire peu, de manger sobrement, De sentir bon, me tenir proprement, Fût en public ou fût dedans ma chambre, Où l’eau de naffe, et la civette et l’ambre, Le linge blanc, le pennage éventant, Et le sachet de poudre bien sentant, Ne manquoient point: surtout, je prenois garde (Ruse commune à quiconque se farde) Qu’on ne me pût surprendre le matin. Bref, tout cela qu’enseigne l’Arétin, Je le savois, et savois mettre en œuvre Tous les secrets que son livre descœuvre, Et d’abondant, mille tours inconnus Pour éveiller la dormante Vénus.
Mais comme elle excellait à cacher sa profession! Elle était _honneste en ses propos_, elle savait _deviser_ de la vertu, et se déguisait si bien,
Que rien qu’honneur ne sortoit de ma bouche, Sage au parler et folâtre à la couche.
Ce fut par de tels moyens, qu’elle _acquit faveur_ à Rome et à Paris, en sorte que les gentilshommes n’étaient pas estimés, qui ne pouvaient se vanter de lui _faire l’amour_,
Au demeurant, fût de nuit ou de jour.
On devine qu’elle n’avait rien à redouter des lois de police relatives aux courtisanes subalternes:
Je ne craignois d’aller sans ma patente, Car j’étois franche et de tribut exempte, Je n’avois peur d’un gouverneur fâcheux, D’un barisel ou d’un sbire outrageux, Ni qu’en prison on retînt ma personne... N’ayant jamais faute de la faveur D’un cardinal ou autre grand seigneur Dont on voyoit ma maison fréquentée, Ce qui faisoit que j’estois respectée.
Elle avait fait ce _beau ménage_ pendant six ou sept ans, lorsqu’elle commença, se sentant vieillir, à éprouver de la honte et du repentir; un sermon, qu’elle entendit un jour, acheva de lui faire comprendre le scandale de sa vie passée. Elle sentit tout ce qu’il y avait d’amertume dans les plaisirs décevants de la Prostitution:
Car, quel plaisir, hélas! me pouvoit estre, Bien que je prisse à dextre et à senestre, D’avoir soumis mes membres éhontés A l’appétit de tant de volontés, Et d’imiter le vivre d’une beste Pour m’enrichir par un gain déshonneste!.... Outre la peur (gesne perpétuelle!) D’une vérole ou d’une pellarelle, Et tout cela dont se trouve héritier Qui longuement exerce un tel mestier!
Elle entra donc dans un couvent pour y faire pénitence et se laver de ses souillures dans la pratique d’une austère dévotion; elle avait légué au couvent les _acquets_ du vice, et elle croyait n’avoir plus besoin des biens de la terre. Mais l’ennui ne tarde pas à la prendre; elle se repent _de s’être repentie_, jette le froc aux buissons, et veut recommencer son ancien train de vie: il était trop tard! Adieu les grands seigneurs et les amours parfumés! Voici venir, avec la _vérole gouteuse_,
La denterelle et pelade honteuse,
voici venir le bourreau, qu’elle reçoit dans son lit, _au lieu d’un gentilhomme_, et qui la récompense, de ses faveurs, en la fustigeant lui-même sur la place publique!
FIN DU TOME CINQUIÈME.
TABLE DES MATIÈRES DU CINQUIÈME VOLUME.
_FRANCE._
CHAPITRE XXI. Page 3
SOMMAIRE. —Symptômes de la syphilis, d’après Fracastor. —Affaiblissement et transformation du virus, à partir de l’année 1526. —Traitement italien par le mercure. —Traitement français par le bois de gaïac. —Arrêt du parlement de Paris contre le mal de Naples, en 1497. —Premiers hôpitaux vénériens à Paris. —Ordonnances du prévôt de Paris et mesures de police, sous Louis XII, François Ier et Henri II. —Invasion de la syphilis dans les provinces depuis 1494. —Les médecins refusent de soigner les malades. —Le _Triumphe de très-haute et très-puissante dame Vérole_. —Ce livre rarissime, attribué à Rabelais, sous le pseudonyme de Martin Dorchesino. —-Citation d’un passage du _Pantagruel_. —La _gorre_ de Rouen. —Les syphilitiques admis à l’Hôtel-Dieu de Paris. —L’hôpital de l’Ourcine. —Disparition des léproseries en France.
CHAPITRE XXII. Page 41
SOMMAIRE. —Les poëtes de la Prostitution, au treizième siècle. —Corruption obscène de la langue. —Christine de Pisan fait la guerre aux vilains mots. —Influence du _Roman de la Rose_ sur les mœurs. —L’_Art d’aimer_ de Guillaume de Lorris et de Jean de Meung. —Les femmes _putes_. —Vengeance des dames. —Les antagonistes du _Roman de la Rose_. —Projet de réforme des filles publiques. —Le _Champion des dames_. —Les _Puys d’amour_ de Picardie et de Hainaut. —Le jargon des _galloises_. —Guillaume Coquillart, official de Reims. —Les _Droits nouveaux_, code du libertinage. —_Facio ut des._ —Tromperie sur la qualité de la marchandise. —Stellionat amoureux. —Le _Plaidoyer d’entre la Simple et la Rusée_. —Ne rien prendre sans payer. —Portrait d’une vieille _courtière_. —Nomenclature des _mignonnes_ de Reims, avec leurs sobriquets. —Olive de Gâte-Fatras. —Marion de Traîne-Poetras. —Mort de Coquillart. —Son épitaphe. —Digression sur ses _coquilles_.
CHAPITRE XXIII. Page 65
SOMMAIRE. —La vie des mauvais garçons et des filles de joie au quinzième siècle. —La jeunesse de François Villon. —Ses _villonneries_. —Ses procès. —Son _Petit Testament_. —Cabarets en renom. —Son épitaphe. —Son _Grand Testament_. —La belle Heaulmière. —_Folles femmes_ des corporations de métier. —_Parler un peu poictevin._ —_Saint-Genou_ et _Brisepaille_, en Poitou. —_Enné_, juron des filles. —Tableau du ménage d’un _compagnon_ ou _francgontier_. —Ballade _à ceux de mauvaise vie_. —Les truies et les pourceaux. —Villon crie merci. —Ses _Repues franches_. —La _diablerie_ de Montfaucon. —Les joueurs de farces. —-Les Enfants-sans-souci. —La _verde jeunesse_ de Clément Marot. —La _Légende de maistre Pierre Faifeu_. —Macée la devote et la fille _attournée_.
CHAPITRE XXIV. Page 87
SOMMAIRE. —De la philologie érotique. —Le jargon ou l’argot de la Prostitution. —Origines de ce jargon. —Un vieux conte sur _hic_ et _hoc_. —Le Commentaire de Leduchat sur Rabelais. —Les _Erotica verba_ de l’abbé de l’Aulnaye. —Le _Dictionnaire comique_ de Leroux. —Richesse de la langue érotique, au seizième siècle. —Noms anciens des filles publiques. —Synonymes formés du grec, du latin, de l’italien, etc. —Synonymes empruntés à des noms d’animaux. —Synonymes relatifs à la vie errante des prostituées. —Ceux relatifs à leur métier. —Ceux qui les classent par catégories. —Périphrases et jeu de mots licencieux. —Noms de saintes, déguisés et corrompus. —Additions à la nomenclature de l’abbé De l’Aulnaye. —Les _Femmes au court talon_. —Proverbes moraux tirés de la Prostitution. —Diminutif de _Catherine_. —Anciens noms des mauvais lieux: étymologies. —Anciens noms des parasites de la Prostitution: étymologies. —Anciens noms des entremetteuses: étymologies. —Portrait d’une vieille proxénète, par François Rabelais. —La Sibylle de Panzoust et la Macette de Regnier.
CHAPITRE XXV. Page 108
SOMMAIRE. —La Prostitution légale comparée, par un moraliste, aux «parties secrètes du corps social.» —Derniers vestiges et transformations de la Prostitution religieuse. —Le manichéisme, la _vauderie_ et la sorcellerie. —Métamorphose diabolique de la Prostitution hospitalière. —Les incubes et les succubes remplacent les dieux lares et les demi-dieux agrestes. —Les Dusiens ou Druses des Gaulois. —Saint Augustin affirme et saint Jean Chrysostome nie. —Rêveries des rabbins juifs, adoptées par les docteurs de l’Église. —Adam et ses diablesses. —Multiplication surnaturelle des premiers hommes. —Variétés du cauchemar. —Opinion de Guibert de Nogent. —Sentiment du père Costadau. —Étymologie d’_incube_ et de _succube_. —Le préfet Mummolus. —Les succubes de l’évêque Éparchius. —L’incube de la mère de Guibert de Nogent. —Le bâton et l’exorcisme de saint Bernard. —Décision du pape Innocent VIII. —La vie ascétique prédisposait aux attentats des éphialtes. —Doctrine des casuistes sur les songes impurs. —Armelle Nicolas. —Angèle de Foligno. —Correspondance de sœur Gertrude avec Satan. —Le démon et les vierges. —Jeanne Herviller, de Verberie. —Les incubes chauds et les incubes froids. —Aveux de leurs victimes. —Puanteur du diable. —Enfants nés du démon. —Distinction entre l’incubisme et la sorcellerie. —Agrippa et Wier. —Les incubes et les succubes discutés en pleine Académie, au dix-septième siècle. —Leurs faits et gestes expliqués par la science et la raison.
CHAPITRE XXVI. Page 143
SOMMAIRE. —De la Prostitution dans la sorcellerie. —Origines du sabbat. —Courses nocturnes de Diane et d’Hérodiade. —Capitulaire contre les stryges. —Lois ecclésiastiques. —La plus ancienne description du sabbat. —Les œuvres du démon, d’après les interrogatoires des procès de sorcellerie. —Arrivée des sorcières au sabbat. —Adoration de bouc. —Affreux sacrifices au diable. —Le péché _sur-contre-nature_. —La ronde de sabbat. —Divers témoignages à l’appui. —Physiologie obscène de Satan. —Sabbat de la Vauderie d’Arras. —Sabbat de Gaufridi. —Impureté des sorciers et sorcières. —Castration magique. —Les vieilles sorcières. —Marques diaboliques. —Les sorciers de Sodome. —Supplice des sodomites dans l’enfer. —Incestes du sabbat. —Accusation de bestialité. —Les serpents de la caverne de Norcia. —Le chien des religieuses de Cologne et de Toulouse. —Conséquences de la démonomanie. —La vérité sur les actes de Prostitution de la sorcellerie. —Justification de la jurisprudence du moyen âge.
CHAPITRE XXVII. Page 181
SOMMAIRE. —La Prostitution dans l’hérésie au moyen âge. —Homogénéité de l’hérésie et du sensualisme. —Le manichéisme reparaît dans toutes les hérésies. —Assemblées secrètes. —Leur but et leur usage. —Les _Bulgares_ ou _bougueres_. —Leur doctrine. —Leur destruction en France. —La _bouguerie_. —_Patares_ et _cathares_. —Étymologie de ces différents noms. —Stadings, Fratricelles, Begghards. —Les Flagellants. —Leurs réunions impudiques. —Avantages moraux de la flagellation selon les casuistes. —Abus qu’en faisait aussi le libertinage. —Portrait d’un flagellant par Pic de la Mirandole. —Flagellations publiques en France. —Procession des _Battus_ sous Henri III. —Les nouveaux Adamites. —Leur prophète Picard. —Cérémonial du mariage des Picards. —Les Turlupins. —Origine de ce nom. —Leur costume indécent. —_Fraternité des pauvres._ —Jehanne Dabentonne brûlée vive au Marché-aux-Pourceaux. —La _Vauderie_ d’Arras. —Les Anabaptistes. —Leurs dogmes de Prostitution. —Bayle s’en moque, et les combat par le ridicule. —Les bons et les mauvais hérétiques. —Les réformés calomniés à cause de leurs assemblées. —La cour de Rome, dite _la Grande Prostituée_. —L’hérésie déclare la guerre à la Prostitution.
CHAPITRE XXVIII. Page 203
SOMMAIRE. —Les vieux sermonnaires font l’histoire de la Prostitution de leur temps. —Selon Dulaure, la Prostitution était un vice de gouvernement. —Selon Henri Estienne, tout va de mal en pis. —Olivier Maillard, Michel Menot, Jean Clerée, Guillaume Pepin et autres prêchaient pour le petit peuple. —Leurs auditeurs ordinaires. —Les vendeurs dans le temple. —Nombre des filles publiques à Paris au quinzième siècle. —Admiration du poëte Antoine Astezani. —Les amoureux à l’église. —Les sermons étaient-ils débités en latin ou en français? —Olivier Maillard à Saint-Jean en Grève. —Extraits de ses sermons et de ceux de Michel Menot, relatifs aux mauvais lieux, aux prostituées, aux proxénètes des deux sexes, et aux débauchés. —Ces citations prouvent que la Prostitution s’était énormément accrue sous Louis XI, Charles VIII et Louis XII. —Les mères qui vendent leurs filles, et les filles qui gagnent leur dot. —Style macaronique de Menot. —Le courtier d’amour et les cinq femmes. —Débordements des ecclésiastiques. —Les concubines _à pain et à pot_. —Mystères des couvents, d’après Théodoric de Niem. —Les jeux de mots, en chaire, de l’Italien Barletta. —Causes des progrès de la Prostitution.
CHAPITRE XXIX. Page 225
SOMMAIRE. —La cour est «l’enseigne des mœurs du peuple.» —Les petits imitent les grands. —La malice du vulgaire. —Blanche, mère de saint Louis, et son chevalier Thibaut, comte de Champagne. —Chanson des écoliers de Paris sur le Légat. —La cour de France sous les successeurs de Louis IX. —Chanson de la tour de Nesle. —La cour vertueuse de Charles V. —Dépravation de la cour de Charles VI. —Les _passes de lubricité_, au tournoi de Saint-Denis. —La chambre des portraits, à l’hôtel Barbette. —Usage des masques et des habits dissolus. —Le ballet des Ardents. —Les deux Augustins de l’hôtel des Tournelles. —Les sermons de Jacques Legrand. —Colère d’Isabeau de Bavière et de sa cour. —Punition de ses favoris et de ses complices. —La _petite reine_ Odette. —Les amours du duc d’Orléans. —Le sire de Canny et sa femme. —La cour de Charles VII et ses ébattements. —La demoiselle de Fromenteau. —Agnès Sorel sauve le roi et la France, par un bon conseil. —Quatrain de François Ier. —Les Parisiens insultent la concubine du roi. —Les mascarades de cour. —Le momon. —La fête des Fous et les Barbatoires. —Arrêts contre les masques. —La fête de Conardie. —Le jour des Innocents. —Usage original. —Une épigramme de Marot. —Libertinage d’esprit. —Les _Advineaux amoureux_. —Coutume indécente de la nuit des noces. —Le mariage d’Hercule d’Est avec Renée de France. —L’_honor della citadella_. —Le pilori du mariage.
CHAPITRE XXX. Page 255
SOMMAIRE. —Les Contes du roi Louis XI. —Vie privée des femmes au quinzième siècle. —Marguerite d’Écosse et Jamet de Tillay. —Les _commères_ de Louis XI. —Gages des _bonnes femmes_. —La _Chronique scandaleuse_. —La mule du cardinal la Balue. —Le serviteur d’Olivier Ledain. —Le duc d’Orléans et Madame de Beaujeu. —Charles VIII en Italie. —Sa continence. —Procès de Louis XII et de Jeanne de France, sa femme. —Citations de l’interrogatoire des parties. —Anne de Bretagne et la _Cour des dames_. —Louis XII en Italie. —L’_intendio_ de Thomassine Spinola. —Les Milanaises. —Le _Doctrinal des dames_, de Jean Marot. —Comparaison entre les Lombardes et les femmes de Paris.
CHAPITRE XXXI. Page 283
SOMMAIRE. —Les _Dames galantes_ de Brantôme. —Dédicace à la reine Marguerite. —La Prostitution sous les Valois. —François Ier, dit _le roi grand nez_. —Causes de sa première expédition en Italie. —Sa première maladie. —Éloge de la _cour des dames_. —Son origine et son usage. —L’exemple de la cour. —Le roi proxénète. —Le rut des cerfs. —Les dames en carême. —Indécence du langage et de la poésie. —La demoiselle de Tallard et les papes. —La _belle Helly_. —La comtesse de Châteaubriant. —Faveur de la duchesse d’Étampes. —La petite maison du roi, rue de l’Hirondelle. —Surprises nocturnes du logis du roi. —La Prostitution dans la clémence. —Diane de Poitiers et son père. —Jean de Brosse, mari de la duchesse d’Étampes. —La belle Ferronnière, etc.
CHAPITRE XXXII. Page 313
SOMMAIRE. —La Prostitution à la cour de Henri II. —Éloge des _belles Françoises_. —Diane de Poitiers, maîtresse du roi. —Les chiffres et la devise de Diane. —Brissac sous le lit. —Bonnivet dans la cheminée. —Horribles dépravations de la cour. —Les arts corrupteurs. —Description des tableaux et des statues dans les palais royaux. —La coupe obscène. —Les figures de l’Arétin. —Digression bibliographique sur ce recueil infâme, gravé par Marc Antoine. —Destruction des planches et des exemplaires du livre. —La _Somme_ de J. Bénédicti. —Miniatures dans le goût de l’Arétin. —La galerie du comte de Chateauvillain.
CHAPITRE XXXIII. Page 335