Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 5 de 5)

Part 3

Chapter 33,855 wordsPublic domain

[Note 5: _Dombey and son_, t. I, p. 41.]

[Note 6: Yoho, among the gathering shades; making of no account the deep reflections of the trees, but scampering on through light and darkness, all the same, as if the light of London fifty miles away, were quite enough to travel by, and some to spare. Yoho, beside the village-green, where cricket-players linger yet; and every little indentation made in the fresh grass by bat or wicket, ball or player's foot, sheds out its perfume on the night. Away with four fresh horses from the Bald-faced Stag, where topers congregate about the door admiring; and the last team with traces hanging loose; go roaming off towards the pond; until observed and shouted after by a dozen throats, while volunteering boys pursue them. Now with a clattering of hoofs and striking out of fiery sparks, across the old stone bridge, and down again into the shadowy road, and through the open gate, and far away, away, into the world. Yoho!

Yoho, behind there, stop that bugle for a moment! Come creeping over the front, along the coach-roof, guard, and make one at this basket! Not that we slacken in our pace the while, not we: we rather put the bits of blood upon their mettle, for the greater glory of the snack. Ah! it is long since this bottle of old wine was brought into contact with the mellow breath of night, you may depend, and rare good stuff it is to wet a bugler's whistle with. Only try it. Don't be afraid of turning up your finger, Bill, another pull! Now, take your breath, and try the bugle, Bill. There's music! There's a tone! "Over the hills and far away," indeed. Yoho! The skittish mare is all alive to-night. Yoho! Yoho!

See the bright moon? High up before we know it: making the earth reflect the objects on its breast like water. Hedges, trees, low cottages, church steeples, blighted stumps and flourishing young slips, have all grown vain upon the sudden, and mean to contemplate their own fair images till morning. The poplars yonder rustle, that their quivering leaves may see themselves upon the ground. Not so the oak; trembling does not become _him_; and he watches himself in his stout old, burly steadfastness, without the motion of a twig. The moss-grown gate, ill-poised upon its creaking hinges, crippled and decayed, swings to and fro before its glass, like some fantastic dowager; while our own ghostly likeness travels on, Yoho! Yoho! through ditch and brake, upon the ploughed land and the smooth, along the steep hill-side and steeper wall, as if it were a phantom Hunter.

Clouds too! And a mist upon the Hollow! Not a dull fog that hides it, but a light airy gauze-like mist, which in our eyes of modest admiration gives a new charm to the beauties it is spread before: as real gauze has done ere now, and would again, so please you, though we were the Pope. Yoho! Why! now we travel like the Moon herself. Hiding this minute in a grove of trees; next minute in a patch of vapour; emerging now upon our broad clear course; withdrawing now, but always dashing on, our journey is a counterpart of hers. Yoho! A match against the Moon. Yoho! Yoho!

The beauty of the night is hardly felt, when Day comes leaping up. Yoho! Two stages, and the country-roads are almost changed to a continuous street. Yoho, past market-gardens, rows of houses, villas, crescents, terraces, and squares; past waggons, coaches, carts; past early workmen, late stragglers, drunken men, and sober carriers of loads; past brick and mortar in its every shape, and in among the rattling pavements, where a jaunty seat upon a coach is not so easy to preserve! Yoho, down countless turnings, and through countless mazy ways, until an old inn-yard is gained, and Tom Pinch, getting down, quite stunned and giddy, is in London!

(_Martin Chuzzlewit_, t. II, p. 155.)]

II

Le lecteur prévoit déjà quelles violentes émotions ce genre d'imagination va produire. La manière de concevoir règle en l'homme la manière de sentir. Quand l'esprit, à peine attentif, suit les contours indistincts d'une image ébauchée, la joie et la douleur l'effleurent d'un attouchement insensible. Quand l'esprit, avec une attention profonde, pénètre les détails minutieux d'une image précise, la joie et la douleur le secouent tout entier. Dickens a cette attention et voit ces détails; c'est pourquoi il rencontre partout des sujets d'exaltation. Il ne quitte point le ton passionné; il ne se repose jamais dans le style naturel et dans le récit simple; il ne fait que railler ou pleurer; il n'écrit que des satires et des élégies. Il a la sensibilité fiévreuse d'une femme qui part d'un éclat de rire ou qui fond en larmes au choc imprévu du plus léger événement. Ce style passionné est d'une puissance extrême, et on peut lui attribuer la moitié de la gloire de Dickens. Le commun des hommes n'a que des émotions faibles. Nous travaillons machinalement et nous bâillons beaucoup; les trois quarts des objets nous laissent froids; nous nous endormons dans l'habitude, et nous finissons par ne plus remarquer les scènes de ménage, les minces détails, les aventures plates qui sont le fond de notre vie. Un homme vient qui, tout d'un coup, les rend intéressantes; bien plus, il en fait des drames; il les change en objets d'admiration, de tendresse et d'épouvante. Sans sortir du coin du feu ou de l'omnibus, nous voilà tremblants, les yeux pleins de larmes ou secoués par les accès d'un rire inextinguible. Nous nous trouvons transformés, notre vie est doublée; notre âme végétait; elle sent, elle souffre, elle aime. Le contraste, la succession rapide, le nombre des sentiments ajoutent encore à son trouble; nous roulons pendant deux cents pages dans un torrent d'émotions nouvelles, contraires et croissantes, qui communique à l'esprit sa violence, qui l'entraîne dans des écarts et des chutes, et ne le rejette sur la rive qu'enchanté et épuisé. C'est une ivresse, et sur une âme délicate l'effet serait trop fort; mais il convient au public, et le public l'a justifié.

Cette sensibilité ne peut guère avoir que deux issues: le rire et les larmes. Il y en a d'autres; mais on n'y arrive que par la haute éloquence; elles sont le chemin du sublime, et l'on a vu que pour Dickens il est fermé. Cependant il n'y a pas d'écrivain qui sache mieux toucher et attendrir; il fait pleurer, cela est à la lettre; avant de l'avoir lu, on ne se savait pas tant de pitié dans le coeur. Le chagrin d'une enfant qui voudrait être aimée de son père et que son père n'aime point, l'amour désespéré et la mort lente d'un pauvre jeune homme à demi imbécile, toutes ces peintures de douleurs secrètes laissent une impression ineffaçable. Les larmes qu'il verse sont vraies, et la compassion est leur source unique. Balzac, George Sand, Stendhal ont aussi raconté les misères humaines; est-il possible d'écrire sans les raconter? Mais ils ne les cherchent pas, ils les rencontrent; ils ne songent point à nous les étaler; ils allaient ailleurs, ils les ont trouvées, sur leur route. Ils aiment l'art plutôt que les hommes. Ils ne se plaisent qu'à voir jouer les ressorts des passions, à combiner de grands systèmes d'événements, à construire de puissants caractères; ils n'écrivent point par sympathie pour les misérables, mais par amour du beau. Quand vous finissez _Mauprat_, votre émotion n'est pas la sympathie pure; vous ressentez encore une admiration profonde pour la grandeur et la générosité de l'amour. Quand vous achevez _le Père Goriot_, vous avez le coeur brisé par les tortures de cette agonie; mais l'étonnante invention, l'accumulation des faits, l'abondance des idées générales, la force de l'analyse, vous transportent dans le monde de la science, et votre sympathie douloureuse se calme au spectacle de cette physiologie du coeur. Dickens ne calme jamais la nôtre; il choisit les sujets où elle se déploie seule et plus qu'ailleurs, la longue oppression des enfants tyrannisés et affamés par leur maître d'école, la vie de l'ouvrier Stephen, volé et déshonoré par sa femme, chassé par ses camarades, accusé de vol, languissant six jours au fond d'un puits où il est tombé, blessé, dévoré par la fièvre, et mourant quand enfin on arrive à lui. Rachel, sa seule amie, est là, et son égarement, ses cris, le tourbillon de désespoir dans lequel Dickens enveloppe ses personnages ont préparé la douloureuse peinture de cette mort résignée. Le seau remonte un corps qui n'a presque plus de forme, et l'on voit la figure pâle, épuisée, patiente, tournée vers le ciel, tandis que la main droite, brisée et pendante, semble demander qu'une autre main vienne la soutenir. Il sourit pourtant et dit faiblement: «Rachel!» Elle vient et se penche jusqu'à ce que ses yeux soient entre ceux du blessé et le ciel, car il n'a pas la force de tourner les siens pour la regarder. Alors, en paroles brisées, il lui raconte sa longue agonie. Depuis qu'il est né, il n'a éprouvé que misère et injustice: c'est la règle; les faibles souffrent et sont faits pour souffrir. Ce puits où il est tombé a tué des centaines d'hommes, des pères, des maris, des fils qui faisaient vivre des centaines de familles. Les mineurs ont prié et supplié les hommes du parlement, par l'amour du Christ, de ne point permettre que leur travail fût leur mort, et de les épargner à cause de leurs femmes et de leurs enfants, qu'ils aiment autant que les _gentlemen_ aiment les leurs: tout cela pour rien. Quand le puits travaillait, il tuait sans besoin; abandonné, il tue encore. Stephen dit cela sans colère, doucement, simplement, comme la vérité. Il a devant lui son calomniateur; il ne s'indigne pas, il n'accuse personne; il charge seulement le père de démentir la calomnie tout à l'heure, quand il sera mort. Son coeur est là-haut, dans le ciel où il a vu briller une étoile. Dans son tourment, sur son lit de pierres, il l'a contemplée, et le tendre et touchant regard de la divine étoile a calmé, par sa sérénité mystique, l'angoisse de son esprit et de son corps. «J'ai vu plus clair, dit-il, et ma prière de mourant a été que les hommes puissent seulement se rapprocher un peu plus les uns des autres, que lorsque moi, pauvre homme, j'étais avec eux.--Ils le soulevèrent, et il fut ravi de voir qu'ils allaient l'emporter du côté où l'étoile semblait les conduire. Ils le portèrent très-doucement, à travers les champs et le long des sentiers, dans la large campagne, Rachel tenant toujours sa main dans les siennes. Ce fut bientôt une procession funèbre. L'étoile lui avait montré le chemin qui mène au Dieu des pauvres, et son humilité, ses misères, son oubli des injures, l'avaient conduit au repos de son rédempteur[7].»

Ce même écrivain est le plus railleur, le plus comique et le plus bouffon de tous les écrivains anglais. Singulière gaieté du reste! C'est la seule qui puisse s'accorder avec cette sensibilité passionnée. Il y a un rire qui est voisin des larmes. La satire est soeur de l'élégie: si l'une plaide pour les opprimés, l'autre combat contre les oppresseurs. Blessé par les travers et par les vices, Dickens se venge par le ridicule. Il ne les peint pas, il les punit. Rien de plus accablant que ces longs chapitres d'ironie soutenue où le sarcasme s'enfonce à chaque ligne plus sanglant et plus perçant dans l'adversaire qu'il s'est choisi. Il y en a cinq ou six contre les Américains, contre leurs journaux vendus, contre leurs journalistes ivrognes, contre leurs spéculateurs charlatans, contre leurs femmes auteurs, contre leur grossièreté, leur familiarité, leur insolence, leur brutalité, capable de ravir un absolutiste, et de justifier ce libéral qui, revenant de New-York, embrassa les larmes aux yeux le premier gendarme qu'il aperçut sur le port du Havre. Fondations de sociétés industrielles, entretiens d'un député avec ses commettants, instructions d'un député à son secrétaire, parade des grandes maisons de banque, inauguration d'un édifice, toutes les cérémonies et tous les mensonges de la société anglaise sont gravés avec la verve et l'amertume de Hogarth. Il y a des morceaux où le comique est si violent, qu'il a l'air d'une vengeance, par exemple le récit de Jonas Chuzzlewit. Le premier mot qu'épela cet excellent jeune homme fut «gain.» Le second (quand il arriva aux dissyllabes) fut «argent.» Cette belle éducation avait produit par hasard deux inconvénients; l'un, c'est qu'habitué par son père à tromper les autres, il avait pris insensiblement le goût d'attraper son père; l'autre, c'est qu'instruit à considérer tout comme une question d'argent, il avait fini par regarder son père comme une sorte de propriété, qui serait très-bien placée dans le coffre-fort appelé bière. «Voilà mon père qui ronfle, dit M. Jonas. Pecksniff, ayez donc la bonté de marcher sur son pied. C'est celui qui est contre vous qui a la goutte.» Il entre en scène par cette attention: vous jugez du reste. Dickens est triste au fond comme Hogarth; mais, comme Hogarth, il fait rire aux éclats par la bouffonnerie de ses inventions et par la violence de ses caricatures. Il pousse ses personnages dans l'absurde avec une intrépidité rare. Son Pecksniff invente des phrases morales et des actions sentimentales si grotesques qu'il en est extravagant. Jamais on n'a entendu de telles monstruosités oratoires. Sheridan a déjà peint un hypocrite anglais, Joseph Surface; mais celui-là diffère autant de Pecksniff qu'un portrait du dix-huitième siècle diffère d'une vignette du _Punch_. Dickens fait l'hypocrisie si difforme et si énorme, que son hypocrite cesse de ressembler à un homme; on dirait une de ces figures fantastiques dont le nez est plus gros que le corps. Ce comique outré vient de l'imagination excessive. Dickens emploie partout le même ressort. Pour mieux faire voir l'objet qu'il montre, il en crève les yeux du lecteur; mais le lecteur s'amuse de cette verve déréglée; la fougue de l'exécution lui fait oublier que la scène est improbable, et il rit de grand coeur en entendant l'entrepreneur des pompes funèbres, M. Mould, énumérer les consolations que la piété filiale, bien munie d'argent, peut trouver dans son magasin. Quelle douleur n'adouciraient pas les voitures à quatre chevaux, les tentures de velours, les cochers en manteaux de drap et en bottes à revers, les plumes d'autruche teintes en noir, les acolytes à pied habillés dans le grand style, portant des bâtons garnis de cuivre? Oh! ne disons pas que l'or est une boue, puisqu'il peut acheter des choses comme celles-là? «Que de bénédictions, s'écrie M. Mould, que de bénédictions j'ai versées sur l'humanité au moyen de mes quatre grands chevaux caparaçonnés, que je ne caparaçonne jamais à moins de 10 livres 10 shillings la course[8]!»

Ordinairement Dickens reste grave en traçant ses caricatures. L'esprit anglais consiste à dire en style solennel des plaisanteries folles. Le ton et les idées font alors contraste; tout contraste donne des impressions fortes. Dickens aime à les produire, et son public à les éprouver.

Si parfois il oublie de donner les verges au prochain, s'il essaye de s'amuser, s'il se joue, il n'en est pas plus heureux. Le fond du caractère anglais, c'est le manque de bonheur. L'ardente et tenace imagination de Dickens se prend trop fortement aux choses pour glisser légèrement et gaiement sur leur surface. Il appuie, il pénètre, il enfonce, il creuse; toutes ces actions violentes sont des efforts, et tous les efforts sont des souffrances. Pour être heureux, il faut être léger comme un Français du dix-huitième siècle, ou sensuel comme un Italien du seizième; il ne faut point s'inquiéter des choses ou en jouir. Dickens s'en inquiète et n'en jouit pas. Prenez un petit accident comique, comme on en rencontre dans la rue, un coup de vent qui retrousse les habits d'un commissionnaire. Scaramouche fera une grimace de bonne humeur; Lesage aura le sourire d'un homme amusé; tous deux passeront et n'y songeront plus. Dickens y songe pendant une demi-page. Il voit si bien tous les effets du vent, il se met si complétement à sa place, il lui suppose une volonté si passionnée et si précise, il tourne et retourne si fort et si longtemps les habits du pauvre homme, il change le coup de vent en une tempête et en une persécution si grandes, qu'on est pris de vertige, et que tout en riant on se trouve en soi-même trop de trouble et trop de compassion pour rire de bon coeur.

C'était un endroit aéré, qui bleuissait le nez, qui rougissait les yeux, qui faisait venir la chair de poule, qui gelait les doigts du pied, qui faisait claquer les dents, que l'endroit où Toby Veck attendait en hiver, et Toby Veck le savait bien. Le vent arrivait en se démenant autour du coin,--principalement le vent d'est,--comme s'il était parti des confins de la terre pour tomber sur Toby. Et souvent on aurait dit qu'il arrivait sur lui plus tôt qu'il n'avait pensé, car tournant d'un bond autour du coin et dépassant Toby, il revenait soudain sur lui-même en tourbillonnant, comme s'il criait: Ah! le voilà! À l'instant, son tablier blanc était relevé par dessus sa tête, comme la blouse d'un enfant méchant, et l'on voyait sa faible petite canne lutter et s'agiter inutilement dans sa main; ses jambes subissaient une agitation terrible, et Toby lui-même tout courbé, faisant face tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, était si bien souffleté et battu, et rossé, et houspillé, et tiraillé, et bousculé, et soulevé de terre, que c'était presque positivement un miracle s'il n'était pas enlevé en chair et en os en haut de l'air, comme l'est parfois une colonie de grenouilles, ou d'escargots, ou d'autres créatures portatives, pour tomber en pluie, au grand étonnement des indigènes, dans quelque coin reculé du monde où l'espèce des commissionnaires est inconnue[9].

Si l'on veut maintenant se figurer d'un regard cette imagination si lucide, si violente, si passionnément fixée sur l'objet qu'elle se choisit, si profondément touchée par les petites choses, si uniquement attachée aux détails et aux sentiments de la vie vulgaire, si féconde en émotions incessantes, si puissante pour éveiller la pitié douloureuse, la raillerie sarcastique et la gaieté nerveuse, on se représentera une rue de Londres par un soir pluvieux d'hiver. La lumière flamboyante du gaz brûle les yeux, ruisselle à travers les vitres des boutiques, rejaillit sur les figures qui passent, et sa clarté crue, s'enfonçant dans leurs traits contractés, met en relief, avec un détail infini et une énergie blessante, leurs rides, leurs difformités, leur expression tourmentée. Si dans cette foule pressée et salie vous découvrez un frais visage de jeune fille, cette lumière artificielle le charge de tons excessifs et faux; elle le détache sur l'ombre pluvieuse et froide avec une auréole étrange. L'esprit est frappé d'étonnement: mais on porte la main à ses yeux pour les couvrir, et en admirant la force de cette lumière, on pense involontairement au vrai soleil de la campagne et à la tranquille beauté du jour.

[Note 7: "It ha' shined upon me," he said reverently, "in my pain and trouble down below. It ha' shined into my mind. I ha' lookn at't an thowt o' thee, Rachael, till the muddle in my mind have cleared away, above a bit, I hope. If soom ha' been wantin' in unnerstan'in me better, I, too, ha' been wantin' in unnerstan'in them better.

In my pain an trouble, lookin up yonder,--wi' it shinin' on me.--I ha' seen more clear, and ha' made it my dyin prayer that aw th' world may on'y coom toogether more, an get a better unnerstan'in o'one another, than when I were in't my own weak seln.

"Often as I coom to myseln, and found it shinin on me down there in my trouble, I thowt it were the star as guided to Our Saviour's home. I awmust think it be the very star!"

They carried him very gently along the fields, and down the lanes, and over the wide landscape; Rachael always holding the hand in hers. Very few whispers broke the mournful silence. It was soon a funeral procession. The star had shown him where to find the God of the poor; and through humility, and sorrow, and forgiveness, he had gone to his Redeemer's rest. (_Hard Times_, p. 345.)]

[Note 8: "It can give him," said Mr. Mould, waving his watch-chain slowly round and round, so that he described one circle after every item; "it can give him four horses to each vehicle; it can give him velvet trappings; it can give him drivers in cloth cloaks and top-boots; it can give him the plumage of the ostrich, dyed black; it can give him any number of walking attendants, drest in the first style of funeral fashion, and carrying batons tipped with brass; it can give him a place in Westminster Abbey itself, if he choose to invest it in such a purchase. Oh! do not let us say that gold is dross, when it can buy such things as these, Mrs. Gamp."

"Ay, Mrs. Gamp, you are right," rejoined the undertaker. "We should be an honoured calling. We do good by stealth, and blush to have it mentioned in our little bills. How much consolation may I--even I"--cried Mr. Mould, "have diffused among my fellow-creatures by means of my four longtailed prancers, never harnessed under ten pound ten!"

(_Martin Chuzzlewit_, p. 349.)]

[Note 9: And a breezy, goose-skinned, blue-nosed, red-eyed, stony-toed, tooth-chattering place it was, to wait in, in the winter-time, as Toby Veck well knew. The wind came tearing round the corner--especially the east wind--as if it had sallied forth, express, from the confines of the earth, to have a blow at Toby. And often-times it seemed to come upon him sooner than it had expected, for bouncing round the corner, and passing Toby, it would suddenly wheel round again, as if it cried: "Why, here he is!" Incontinently his little white apron would be caught up over his head like a naughty boy's garments, and his feeble little cane would be seen to wrestle and struggle unavailingly in his hand, and his legs would undergo tremendous agitation, and Toby himself all aslant, and facing now in this direction, now in that, would be so banged and buffeted, and touzled, and worried, and hustled, and lifted off his feet, as to render it a state of things but one degree removed from a positive miracle, that he wasn't carried up bodily into the air as a colony of frogs or snails or other portable creatures sometimes are, and rained down again, to the great astonishment of the natives, on some strange corner of the world where ticket-porters are unknown. (_Chimes_, p. 7.)]

§ 2.

LE PUBLIC.

Plantez ce talent dans une terre anglaise; l'opinion littéraire du pays dirigera sa croissance et expliquera ses fruits. Car cette opinion publique est son opinion privée; il ne la subit pas comme une contrainte extérieure, il la sent en lui comme une persuasion intime; elle ne le gêne pas, elle le développe, et ne fait que lui répéter tout haut ce qu'il se dit tout bas.

Voici les conseils de ce goût public, d'autant plus puissants qu'ils s'accordaient avec son inclination naturelle, et le poussaient dans son propre sens: