Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 5 de 5)

Part 18

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[Note 58: The night was rough. Hamilton and his troops made slow progress, and were long after their time. While they were contending with the wind and snow, Glenlyon was supping and playing at cards with those whom he meant to butcher before daybreak. He and lieutenant Lindsay had engaged themselves to dine with the old Chief on the morrow.

Late in the evening a vague suspicion that some evil was intended crossed the mind of the Chief's eldest son. The soldiers were evidently in a restless state; and some of them uttered strange cries. Two men, it is said, were overheard whispering. "I do not like this job:" one of them muttered, "I should be glad to fight the Macdonalds. But to kill men in their beds!"--"We must do as we are bid," answered another voice. "If there is anything wrong, our officers must answer for it." John Macdonald was so uneasy that, soon after midnight, he went to Glenlyon's quarters. Glenlyon and his men were all up, and seemed to be getting their arms ready for action. John, much alarmed, asked what these preparations meant. Glenlyon was profuse of friendly assurances. "Some of Glengarry's people have been harrying the country. We are getting ready to march against them. You are quite safe. Do you think that, if you were in any danger, I should not have given a hint to your brother Sandy and his wife?" John's suspicions were quieted. He returned to his house, and lay down to rest.]

CHAPITRE IV.

La philosophie et l'histoire. Carlyle.

§ 1.

SON STYLE ET SON ESPRIT.

Position excentrique et importante de Carlyle en Angleterre.

I. Ses bizarreries, ses obscurités, ses violences. -- Son imagination, ses enthousiasmes. -- Ses crudités, ses bouffonneries.

II. L'_humour_. En quoi elle consiste. Comment elle est germanique. -- Peintures grotesques et tragiques. -- Les dandies et les mendiants. -- Catéchisme des cochons. -- Extrême tension de son esprit et de ses nerfs.

III. Quelles barrières qui le contiennent et le dirigent. -- Le sentiment du réel et le sentiment du sublime.

IV. Sa passion pour le fait exact et prouvé. -- Sa recherche des sentiments éteints. -- Véhémence de son émotion et de sa sympathie. -- Intensité de sa croyance et de sa vision. -- _Past and Present. Cromwell's Letters and speeches._ -- Son mysticisme historique. -- Grandeur et tristesse de ses visions. -- Comment il figure le monde d'après son propre esprit.

V. Que tout objet est un groupe, et que tout l'emploi de la pensée humaine est la reproduction d'un groupe. -- Deux façons principales de le reproduire, et deux sortes principales d'esprit. -- Les classificateurs. -- Les intuitifs. -- Inconvénients du second procédé. -- Comment il est obscur, hasardé, dénué de preuves. -- Comment il pousse à l'affectation et à l'exagération. -- Duretés et outrecuidance qu'il provoque. -- Avantages de ce genre d'esprit. -- Il est seul capable de reproduire l'objet. -- Il est le plus favorable à l'invention originale. -- Quel emploi Carlyle en a fait.

§ 2.

SON RÔLE.

Introduction des idées allemandes en Europe et en Angleterre. -- Études allemandes de Carlyle.

I. De l'apparition des formes d'esprit originales. -- Comment elles agissent et finissent. -- Le génie artistique de la Renaissance. -- Le génie oratoire de l'âge classique. -- Le génie philosophique de l'âge moderne. -- Analogie probable des trois périodes.

II. En quoi consiste la forme d'esprit moderne et allemande. -- Comment l'aptitude aux idées universelles a renouvelé la linguistique, la mythologie, l'esthétique, l'histoire, l'exégèse, la théologie et la métaphysique. -- Comment le penchant métaphysique a transformé la poésie.

III. Idée capitale qui s'en dégage. -- Conception des parties solidaires et complémentaires. -- Nouvelle conception de la nature et de l'homme.

IV. Inconvénients de cette aptitude. -- L'hypothèse gratuite et l'abstraction vague. -- Discrédit momentané des spéculations allemandes.

V. Comment chaque nation peut les reforger. -- Exemples anciens: L'Espagne au seizième et au dix-septième siècle. -- Les puritains et les jansénistes au dix-septième siècle. -- La France au dix-huitième siècle. -- Par quels chemins ces idées peuvent entrer en France. -- Le positivisme. -- La critique.

VI. Par quels chemins ces idées peuvent entrer en Angleterre. -- L'esprit exact et positif. -- L'inspiration passionnée et poétique. -- Quelle voie suit Carlyle.

§ 3.

SA PHILOSOPHIE, SA MORALE ET SA CRITIQUE.

Sa méthode est morale, non scientifique. -- En quoi il ressemble aux puritains. -- _Sartor resartus._

I. Les choses sensibles ne sont que des apparences. -- Caractère divin et mystérieux de l'être. -- Sa métaphysique.

II. Comment on peut traduire les unes dans les autres les idées positivistes, poétiques, spiritualistes et mystiques. -- Comment chez Carlyle la métaphysique allemande s'est changée en puritanisme anglais.

III. Caractère moral de ce mysticisme. -- Conception du devoir. -- Conception de Dieu.

IV. Conception du christianisme. -- Le christianisme véritable et le christianisme officiel. -- Les autres religions. -- Limite et portée de la doctrine.

V. Sa critique. -- Quelle valeur il attribue aux écrivains. -- Quelle classe d'écrivains il exalte. -- Quelle classe d'écrivains il déprécie. -- Son esthétique. -- Son jugement sur Voltaire.

VI. Avenir de la critique. -- En quoi elle est contraire aux préjugés de siècle et de rôle. -- Le goût n'a qu'une autorité relative.

§ 4.

SA CONCEPTION DE L'HISTOIRE.

I. Suprême importance des grands hommes. -- Qu'ils sont des révélateurs. -- Nécessité de les vénérer.

II. Liaison de cette conception et de la conception allemande. -- En quoi Carlyle est imitateur. -- En quoi il est original. -- Portée de sa conception.

III. Comment la véritable histoire est celle des sentiments héroïques. -- Que les véritables historiens sont des artistes et des psychologues.

IV. Son histoire de Cromwell. -- Pourquoi elle ne se compose que de textes reliés par un commentaire. -- Sa nouveauté et sa valeur. -- Comment il faut considérer Cromwell et les puritains. -- Importance du puritanisme dans la civilisation moderne. -- Carlyle l'admire sans restriction.

V. Son histoire de la Révolution française. -- Sévérité de son jugement. -- En quoi il est clairvoyant et en quoi il est injuste.

VI. Son jugement sur l'Angleterre moderne. -- Contre le goût du bien-être et la tiédeur des convictions. -- Sombres prévisions pour l'avenir de la démocratie contemporaine. -- Contre l'autorité des votes. -- Théorie du souverain.

VII. Critique de ces théories. -- Dangers de l'enthousiasme. -- Comparaison de Carlyle et de Macaulay.

Lorsqu'on demande aux Anglais, surtout à ceux qui n'ont pas quarante ans, quels sont chez eux les hommes qui pensent, ils nomment d'abord Carlyle; mais en même temps ils vous conseillent de ne pas le lire, en vous avertissant que vous n'y entendrez rien du tout. Là-dessus, comme il est naturel, on se hâte de prendre les vingt volumes de Carlyle, critique, histoire, pamphlets, fantaisies, philosophie; on les lit avec des émotions fort étranges, et en démentant chaque matin son jugement de la veille. On découvre enfin qu'on est devant un animal extraordinaire, débris d'une race perdue, sorte de mastodonte égaré dans un monde qui n'est point fait pour lui. On se réjouit de cette bonne fortune zoologique, et on le dissèque avec une curiosité minutieuse, en se disant qu'on n'en retrouvera peut-être pas un second.

§ 1.

SON STYLE ET SON ESPRIT.

I

On est dérouté d'abord. Tout est nouveau ici, les idées, le style, le ton, la coupe des phrases et jusqu'au dictionnaire. Il prend tout à contre-pied, il violente tout, les expressions et les choses. Chez lui les paradoxes sont posés en principe; le bon sens prend la forme de l'absurde: on est comme transporté dans un monde inconnu dont les habitants marchent la tête en bas, les pieds en l'air, en habits d'arlequins, de grands seigneurs et de maniaques, avec des contorsions, des soubresauts et des cris; on est étourdi douloureusement de ces sons excessifs et discordants; on a envie de se boucher les oreilles, on a mal à la tête, on est obligé de déchiffrer une nouvelle langue. On regarde à la table des volumes qui doivent être les plus clairs, l'_Histoire de la Révolution française_, par exemple, et l'on y lit ces titres de chapitres: «Idéaux réalisés--Viatique--_Astræa redux_--Pétitions en hiéroglyphes--Outres--Mercure de Brézé--Broglie le dieu de la guerre.» On se demande quelles liaisons il peut y avoir entre ces charades et les événements si nets que nous connaissons tous. On s'aperçoit alors qu'il parle toujours en énigmes. «Hacheurs de logique[59],» voilà comme il désigne les analystes du dix-huitième siècle. «Sciences de castors,» c'est là son mot pour les catalogues et les classifications de nos savants modernes. «Le clair de lune transcendantal,» entendez par là les rêveries philosophiques et sentimentales importées d'Allemagne. Culte de la «calebasse rotatoire:» cela signifie la religion extérieure et mécanique[60]. Il ne peut pas s'en tenir à l'expression simple; il entre à chaque pas dans les figures; il donne un corps à toutes ses idées; il a besoin de toucher des formes. On voit qu'il est obsédé et hanté de visions éclatantes ou lugubres; chaque pensée en lui est une secousse; un flot de passion fumeuse arrive en bouillonnant dans ce cerveau qui regorge, et le torrent d'images déborde et roule avec toutes les boues et toutes les splendeurs. Il ne peut pas raisonner, il faut qu'il peigne. S'agit-il d'expliquer l'embarras d'un jeune homme obligé de choisir une carrière parmi les convoitises et les doutes de l'âge où nous vivons, il vous montre[61] «un monde détraqué, ballotté, et plongeant comme le vieux monde romain quand la mesure de ses iniquités fut comblée; les abîmes, les déluges supérieurs et souterrains crevant de toutes parts, et dans ce furieux chaos de clarté blafarde, toutes les étoiles du ciel éteintes. À peine une étoile du ciel qu'un oeil humain puisse maintenant apercevoir; les brouillards pestilentiels, les impures exhalaisons devenues incessantes, excepté sur les plus hauts sommets, ont effacé toutes les étoiles du ciel. Des feux follets, qui çà et là courent avec des couleurs diverses, ont pris la place des étoiles. Sur la houle sauvage du chaos, dans l'air de plomb, il n'y a que des flamboiements brusques d'éclairs révolutionnaires; puis rien que les ténèbres, avec les phosphorescences de la philanthropie, ce vain météore; çà et là un luminaire ecclésiastique qui se balance encore, suspendu à ses vieilles attaches vacillantes, prétendant être encore une lune ou un soleil,--quoique visiblement ce ne soit plus qu'une lanterne chinoise, composée surtout de papier, avec un bout de chandelle qui meurt mal-proprement dans son coeur.»

Figurez-vous un volume, vingt volumes composés de tableaux pareils, reliés par des exclamations et des apostrophes; l'histoire même, son _Histoire de la Révolution française_, ressemble à un délire. Carlyle est un _voyant_ puritain qui voit passer devant lui les échafauds, les orgies, les massacres, les batailles, et qui, assiégé de fantômes furieux ou sanglants, prophétise, encourage ou maudit. Si vous ne jetez pas le livre de colère et de fatigue, vous perdez le jugement; vos idées s'en vont, le cauchemar vous prend; un carnaval de figures contractées et féroces tourbillonne dans votre tête; vous entendez des hurlements d'insurrection, des acclamations de guerre; vous êtes malade: vous ressemblez à ces auditeurs des covenantaires que la prophétie remplissait de dégoût ou d'enthousiasme, et qui cassaient la tête au prophète, s'ils ne le prenaient pour général.

Ces violentes saillies vous paraîtront encore plus violentes si vous remarquez l'étendue du champ qu'elles parcourent. Du sublime à l'ignoble, du pathétique au grotesque, il n'y a qu'un pas pour Carlyle. Il touche du même coup les deux extrêmes. Ses adorations finissent par des sarcasmes. «L'univers est pour lui aussi bien un oracle et un temple qu'une cuisine et une écurie.» Il est à son aise dans le mysticisme comme dans la brutalité.

«Un silence de mort, dit-il en parlant d'un coucher de soleil au cap Nord[62]; rien que les roches de granit avec leurs teintes de pourpre et le pacifique murmure de l'Océan polaire soulevé par une ondulation lente, au-dessus duquel, dans l'extrême nord, pend le grand soleil, bas et paresseux, comme si, lui aussi, il voulait s'assoupir. Pourtant sa couche de nuages est tissue d'écarlate et de drap d'or; pourtant sa lumière ruisselle sur le miroir des eaux comme un pilier de feu qui vacille descendant vers l'abîme et se couchant sous mes pieds. En de tels moments, la solitude est sans prix; qui voudrait parler ou être vu, lorsque derrière lui gisent l'Europe et l'Afrique profondément endormies, et que devant lui s'ouvrent l'immensité silencieuse et le palais de l'Éternel, dont notre soleil est une lampe, une lampe du porche[63]?» Voilà les magnificences qu'il rencontre toutes les fois qu'il est face à face avec la nature. Nul n'a contemplé avec une émotion plus puissante les astres muets qui roulent éternellement dans le firmament pâle et enveloppent notre petit monde. Nul n'a contemplé avec une terreur plus religieuse l'obscurité infinie où notre pauvre pensée apparaît un instant comme une lueur, et tout à côté de nous le morne abîme où «la chaude frénésie de la vie» va s'éteindre. Ses yeux sont habituellement fixés sur ces grandes ténèbres, et il peint avec un frémissement de vénération et d'espérance l'effort que les religions ont fait pour les percer. «Au coeur des plus lointaines montagnes[64], dit-il, s'élève la petite église. Les morts dorment tous à l'entour sous leurs blanches pierres tumulaires, dans l'attente d'une résurrection heureuse. Ton âme serait bien morte, si jamais, à aucune heure, à l'heure gémissante de minuit, quand le spectre de cette église pendait dans le ciel, et que l'être était comme englouti dans les ténèbres; tu serais bien inerte, si elle ne t'a pas dit des choses indicibles qui sont allées jusqu'à l'âme de ton âme. Celui-là était fort qui avait une église, ce que nous pouvons appeler une église. Il se tenait debout par elle, quoique, au centre des immensités, au confluent des éternités; il se tenait debout comme un homme devant Dieu et devant l'homme. Le vaste univers sans rivage était devenu pour lui une ferme cité, une demeure qu'il connaissait[65].» Rembrandt seul a rencontré ces sombres visions noyées d'ombre, traversées de rayons mystiques; voilà l'Église qu'il a peinte[66]; voilà la mystérieuse apparition flottante pleine de formes radieuses qu'il a posée au plus haut du ciel, au-dessus de la nuit orageuse et de la terreur qui secoue les êtres mortels. Les deux imaginations ont la même grandeur douloureuse, les mêmes rayonnements et les mêmes angoisses. Et toutes les deux s'abattent aussi facilement dans la trivialité et la crudité. Nul ulcère, nulle fange n'est assez repoussante pour dégoûter Carlyle. À l'occasion il comparera la politique qui cherche la popularité[67] «au chien noyé de l'été dernier qui monte et remonte la Tamise selon le courant et la marée, que vous connaissez de vue, et aussi de nez, que vous trouvez là à chaque voyage, et dont la puanteur devient chaque jour plus intolérable.» Le saugrenu, les disparates abondent dans son style. Quand le cardinal de Loménie, si frivole, propose de convoquer une cour plénière, il le trouve semblable aux «serins dressés qui sont capables de voler gaiement avec une mèche allumée entre leurs pattes, et de mettre le feu à des canons, à des magasins de poudre[68].» Au besoin, il tourne aux images drolatiques. Il finit un dithyrambe par une caricature. Il éclabousse les magnificences avec des polissonneries baroques. Il accouple la poésie au calembour. «Le génie de l'Angleterre, dit-il à la fin de son livre sur Cromwell, ne plane plus les yeux sur le soleil, défiant le monde, comme un aigle à travers les tempêtes! Le génie de l'Angleterre, bien plus semblable à une autruche vorace tout occupée de sa pâture et soigneuse de sa peau, présente son _autre_ extrémité au soleil, sa tête d'autruche enfoncée dans le premier buisson venu, sous de vieilles chapes ecclésiastiques, sous des manteaux royaux, sous l'abri de toutes les défroques qui peuvent se trouver là; c'est dans cette position qu'elle attend l'issue. L'issue s'est fait attendre, mais on voit maintenant qu'elle est inévitable. Il n'y a pas d'autruche tout occupée de sa grossière pâture terrestre, et la tête enfoncée dans de vieilles défroques, qui ne soit éveillée un jour d'une façon terrible, _à posteriori_, sinon autrement[69].»

C'est par cette bouffonnerie qu'il conclut son meilleur livre, sans quitter l'accent sérieux, douloureux, au milieu des anathèmes et des prophéties. Il a besoin de ces grandes secousses. Il ne sait pas se tenir en place, n'occuper à la fois qu'une province littéraire. Il bondit par saccades effrénées d'un bout à l'autre du champ des idées; il confond tous les styles, il entremêle toutes les formes; il accumule les allusions païennes, les réminiscences de la Bible, les abstractions allemandes, les termes techniques, la poésie, l'argot, les mathématiques, la physiologie, les vieux mots, les néologismes. Il n'est rien qu'il ne foule et ne ravage. Les constructions symétriques de l'art et de la pensée humaine, dispersées et bouleversées, s'amoncellent sous sa main en un gigantesque amas de débris informes, au haut duquel, comme un conquérant barbare, il gesticule et il combat.

[Note 59: _Logick-choppers._]

[Note 60: Parce que les Kalmoucks mettent des prières dans une calebasse que le vent fait tourner, ce qui produit, à leur avis, une adoration perpétuelle. De même les moulins à prière du Tibet.]

[Note 61: A world all rocking and plunging, like that old Roman one, when the measure of its iniquities was full; the abysses, and subterranean and supernal deluges, plainly broken loose; in the wild dim lighted chaos all stars of heaven gone out. No star of heaven visible, hardly now to any man; the pestiferous fogs and foul exhalations grown continual, have, except on the highest mountain tops, blotted out all stars; will-o'-wisps, of various course and colour, take the place of stars. Over the wild-surging cahos, in the leaden air, are only sudden glares of revolutionary lightning; then mere darkness with philanthropistic phosphorescences, empty meteoric lights; here and there an ecclesiastical luminary still hovering, hanging on to its old quaking fixtures, pretending still to be a moon or sun, though visibly it is but a chinese lantern made of _paper_ mainly with candle-end foully dying in the heart of it. (_Life of Sterling_, p. 55).]

[Note 62: _Sartor resartus._]

[Note 63: "Silence as of death," writes he; "for midnight, even in the arctic latitudes, has its character: nothing but the granite cliffs ruddy-tinged, the peaceable gurgle of that slow-heaving polar Ocean, over which in the utmost North the great sun hangs low and lazy, as if he too were slumbering. Yet is his cloud-couch wrought of crimson and cloth of gold; yet does his light stream over the mirror of waters, like a tremulous fire-pillar, shooting downwards to the abyss, and hide itself under my feet. In such moments, solitude also is invaluable; for who would speak, or be looked on, when behind him lies all Europe and Africa, fast asleep, except the watchmen; and before him the silent immensity, and palace of the Eternal, whereof our sun is but a porch-lamp?"]

[Note 64: _French Revolution_, t. I, p. 13.]

[Note 65: In the heart of the remotest mountains rises the little kirk; the dead all slumbering round it, under their white memorial-stones, "in hope of happy resurrection." Dull wert thou, o reader, if never in any hour (say of moaning midnight, when such kirk hung spectral in the sky, and being was as if swallowed up of darkness), it spoke to thee things unspeakable that went to the soul's soul. Strong was he that had a church, what we can call a church; he stood thereby, though "in the centre of immensities, in the conflux of eternities," yet manlike toward God and man; the vague shoreless universe had become for him a firm city and dwelling which he knew.

(_History of the French Revolution_, chap. II.)]

[Note 66: Dans l'_Adoration des bergers_.]

[Note 67: _Latter day Pamphlets._]

[Note 68: _French Revolution_, t. I, p. 137.]

[Note 69: The genius of England no longer soars sunward, world defiant, like an eagle through the storms, "mewing his mighty youth," as John Milton saw her do; the genius of England, much liker a greedy ostrich intent on provender and a whole skin mainly, stands with its _other_ extremity sunward, with its ostrich-head stuck into the readiest bush, of old church-tippets, king-cloaks, or what other "sheltering fallacy" there may be, and so awaits the issue. The issue has been slow; but it is now seen to have been inevitable. No ostrich intent on gross terrene provender, and sticking its head into fallacies, but will be awakened one day in a terrible _a posteriori_ manner, if not otherwise.

(_Cromwell's Letters_, fin.)]

II