Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 4 de 5)

Part 32

Chapter 322,976 wordsPublic domain

And all was stillness, save the sea bird's cry, And dolphin's leap, and little billow crost By some low rock or shelve, that made it fret Against the boundary it scarcely wet.

.... And thus they wander'd forth, and, hand in hand, Over the shining pebbles and the shells, Glided along the smooth and hardened sand; And in the worn and wild receptacles Work'd by the storms, yet work'd as it were plann'd, In hollow halls, with sparry roofs and cells They turn'd to rest; and each clasp'd by an arm, Yielded to the deep twilight's purple charm.

They look'd up to the sky whose floating glow Spread like a rosy Ocean, vast and bright; They gazed upon the glittering sea below, Whence the broad moon rose circling into sight; They heard the wave's splash, and the wind so low; And saw each other's dark eyes darting light Into each other--and beholding this, Their lips drew near, and clung into a kiss.]

[Note 368:

.... They were alone, but not alone as they Who shut in chambers think it loneliness; The silent Ocean, and the starlight bay The twilight glow, which momently grew less, The voiceless sands, and drooping caves, that lay Around them, made them to each other press, As if there were no life beneath the sky Save theirs, and that their life could never die.]

[Note 369:

.... Haidée spoke not of scruples, ask'd no vows, Nor offered any.... She was all which pure ignorance allows, And flew to her young mate like a young bird....]

[Note 370:

Alas! They were so young, so beautiful, So lonely, loving, helpless, and the hour Was that in which the heart is always full, And, having o'er itself no further power, Prompts deeds eternity cannot annul....]

[Note 371: «Il y a dix fois plus de vérité, disait Byron, dans _Don Juan_ que dans _Childe Harold_. C'est pour cela que les femmes n'aiment pas _Don Juan_.»]

[Note 372:

I hope it is no crime To laugh at _all_ things. For I wish to know _What_, after _all_, are _all_ things--but a _show_? (Ch. VII, stance 2.)]

[Note 373:

.... Sooner shall earth resolve itself to sea, Than I resign thine image, oh, my fair! (Here the ship gave a lurch, and he grew sea-sick.) Oh Julia! what is every other woe?-- (Here he fell sicker)...................... (For God's sake let me have a glass of liquor; Pedro, Baptista, help me down below.) Julia, my love! (You rascal, Pedro, quicker)-- Oh, Julia!--(this curst vessel pitches so) Beloved Julia, hear me still beseeching! (Here he grew inarticulate with retching.)]

[Note 374:

.... Love's a capricious power.... Against all noble maladies he's bold; But vulgar illnesses don't like to meet; .... Shrinks from the application of hot towels, And purgatives are dangerous to his reign, Sea-sickness death....]

[Note 375:

.... 'Tis melancholy, and a fearful sign Of human frailty, folly, also crime, That love and marriage rarely can combine; Although they both are born in the same clime; Marriage from love, like vinegar from wine-- A sad, sour, sober beverage.-- .... An honest gentleman, at his return May not have the good fortune of Ulysses;.... .... The odds are that he finds a handsome urn To his memory--and two or three young misses Born to some friend, who holds his wife and riches And that _his_ Argus bites him by--the breeches.--]

[Note 376:

.... Let us have wine and women, mirth and laughter, Sermons and soda-water the day after. Man, being reasonable, must get drunk; The best of life is but intoxication....]

[Note 377:

.... And next they thought upon the master's mate, As fattest; but he saved himself, because, Besides being much averse from such a fate, There were some other reasons: the first was, He had been rather indisposed of late; And that which chiefly proved his saving clause, Was a small present made to him at Cadiz, By general subscription of the ladies.]

[Note 378: Il avait sous les yeux une douzaine de descriptions authentiques.]

[Note 379: Chant VII, 6, 7.

Dogs, or men!--for I flatter you in saying That ye are dogs--Your betters far--Ye may Read, or read not, what I am now essaying To show ye what ye are in every way.]

[Note 380: Voyez _Vision of Judgment_.]

VI

Ainsi vécut et finit ce malheureux grand homme; la maladie du siècle n'a pas eu de plus illustre proie. Autour de lui, comme une hécatombe, gisent les autres, blessés aussi par la grandeur de leurs facultés et l'intempérance de leurs désirs, les uns éteints dans la stupeur ou l'ivresse, les autres usés par le plaisir ou le travail, ceux-ci précipités dans la folie ou le suicide, ceux-là rabattus dans l'impuissance ou couchés dans la maladie, tous secoués par leurs nerfs exaspérés ou endoloris, les plus forts portant leur plaie saignante jusqu'à la vieillesse, les plus heureux ayant souffert autant que les autres, et gardant leurs cicatrices, quoique guéris. Le concert de leurs lamentations a rempli tout le siècle, et nous nous sommes tenus autour d'eux, écoutant notre coeur qui répétait leurs cris tout bas. Nous étions tristes comme eux, et enclins comme eux à la révolte. La démocratie instituée excitait nos ambitions sans les satisfaire; la philosophie proclamée allumait nos curiosités sans les contenter. Dans cette large carrière ouverte, le plébéien souffrait de sa médiocrité et le sceptique de son doute; le plébéien, comme le sceptique, atteint d'une mélancolie précoce et flétri par une expérience prématurée, livrait ses sympathies et sa conduite aux poëtes, qui disaient le bonheur impossible, la vérité inaccessible, la société mal faite, et l'homme avorté ou gâté. De ce concert, une idée sortit, centre de la littérature, des arts et de la religion du siècle: c'est qu'il y a quelque disproportion monstrueuse entre les pièces de notre structure, et que toute la destinée humaine est viciée par ce désaccord.

Quel conseil nous ont-ils donné pour y remédier? Ils ont été grands, ont-ils été sages? «Fais pleuvoir en toi les sensations véhémentes et profondes; tant pis si ensuite ta machine craque!»--«Cultive ton jardin, resserre-toi dans un petit cercle, rentre dans le troupeau, deviens bête de somme.»--«Redeviens croyant, prends de l'eau bénite, abandonne ton esprit aux dogmes et ta conduite aux manuels.»--«Fais ton chemin, aspire au pouvoir, aux honneurs, à la richesse.» Ce sont là les diverses réponses des artistes et des bourgeois, des chrétiens et des mondains. Sont-ce des réponses? Et que proposent-elles, sinon de s'assouvir, de s'abêtir, de se détourner et d'oublier? Il y en a une autre plus profonde que Goëthe a faite le premier, que nous commençons à soupçonner, où aboutissent tout le travail et toute l'expérience du siècle, et qui sera peut-être la matière de la littérature prochaine: «Tâche de te comprendre et de comprendre les choses.» Réponse étrange, qui ne semble guère neuve, et dont on ne connaîtra la portée que plus tard. Longtemps encore les hommes sentiront leurs sympathies frémir au bruit des sanglots de leurs grands poëtes. Longtemps ils s'indigneront contre une destinée qui ouvre à leurs aspirations la carrière de l'espace sans limites pour les briser à deux pas de l'entrée contre une misérable borne qu'ils ne voyaient pas. Longtemps ils subiront comme des entraves les nécessités qu'ils devraient embrasser comme des lois. Notre génération, comme les précédentes, a été atteinte par la maladie du siècle, et ne s'en relèvera jamais qu'à demi. Nous parviendrons à la vérité, non au calme. Tout ce que nous pouvons guérir en ce moment, c'est notre intelligence; nous n'avons point de prise sur nos sentiments. Mais nous avons le droit de concevoir pour autrui les espérances que nous n'avons plus pour nous-mêmes, et de préparer à nos descendants un bonheur dont nous ne jouirons jamais. Élevés dans un air plus sain, ils auront peut-être une âme plus saine. La réforme des idées finit par réformer le reste, et la lumière de l'esprit produit la sérénité du coeur. Jusqu'ici, dans nos jugements sur l'homme, nous avons pris pour maîtres les révélateurs et les poëtes, et comme eux nous avons reçu pour des vérités certaines les nobles songes de notre imagination et les suggestions impérieuses de notre coeur. Nous nous sommes liés à la partialité des divinations religieuses et à l'inexactitude des divinations littéraires, et nous avons accommodé nos doctrines à nos instincts et à nos chagrins. La science approche enfin, et approche de l'homme; elle a dépassé le monde visible et palpable des astres, des pierres, des plantes, où, dédaigneusement, on la confinait; c'est à l'âme qu'elle se prend, munie des instruments exacts et perçants dont trois cents ans d'expérience ont prouvé la justesse et mesuré la portée. La pensée et son développement, son rang, sa structure et ses attaches, ses profondes racines corporelles, sa végétation infinie à travers l'histoire, sa haute floraison au sommet des choses, voilà maintenant son objet, l'objet que depuis soixante ans elle entrevoit en Allemagne, et qui, sondé lentement, sûrement, par les mêmes méthodes que le monde physique, se transformera à nos yeux comme le monde physique s'est transformé. Il se transforme déjà, et nous avons laissé derrière nous le point de vue de Byron et de nos poëtes. Non, l'homme n'est pas un avorton ou un monstre; non, l'affaire de la poésie n'est point de le révolter ou de le diffamer. Il est à sa place et achève une série. Regardons-le naître et grandir, et nous cesserons de le railler ou de le maudire. Il est un produit comme toute chose, et à ce titre il a raison d'être comme il est. Son imperfection innée est dans l'ordre, comme l'avortement constant d'une étamine dans une plante, comme l'irrégularité foncière de quatre facettes dans un cristal. Ce que nous prenions pour une difformité est une forme; ce qui nous semblait le renversement d'une loi est l'accomplissement d'une loi. La raison et la vertu humaines ont pour matériaux les instincts et les images animales, comme les formes vivantes ont pour instruments les lois physiques, comme les matières organiques ont pour éléments les substances minérales. Quoi d'étonnant si la vertu ou la raison humaine, comme la forme vivante ou comme la matière organique, parfois défaille ou se décompose, puisque comme elles, et comme tout être supérieur et complexe, elle a pour soutiens et pour maîtresses des forces inférieures et simples qui, suivant les circonstances, tantôt la maintiennent par leur harmonie, tantôt la défont par leur désaccord? Quoi d'étonnant si les éléments de l'être, comme les éléments de la quantité, reçoivent de leur nature même des lois indestructibles qui les contraignent et les réduisent à un certain genre et un certain ordre de formations? Qui est-ce qui s'indignera contre la géométrie? Surtout qui est-ce qui s'indignera contre une géométrie vivante? Qui, au contraire, ne se sentira ému d'admiration au spectacle de ces puissances grandioses qui, situées au coeur des choses, poussent incessamment le sang dans les membres du vieux monde, éparpillent l'ondée dans le réseau infini des artères et viennent épanouir sur toute la surface la fleur éternelle de la jeunesse et de la beauté? Qui enfin ne se trouvera ennobli en découvrant que ce faisceau de lois aboutit à un ordre de formes, que la matière a pour terme la pensée, que la nature s'achève par la raison, et que cet idéal auquel se suspendent, à travers tant d'erreurs, toutes les aspirations de l'homme, est aussi la fin à laquelle concourent, à travers tant d'obstacles, toutes les forces de l'univers? Dans cet emploi de la science et dans cette conception des choses il y a un art, une morale, une politique, une religion nouvelles, et c'est notre affaire aujourd'hui de les chercher.

CONCLUSION.

Le passé et le présent.

I. Le passé. -- L'invasion saxonne. -- Comment elle a établi la race et fondé le caractère. -- La conquête normande. -- Comment elle a infléchi le caractère et établi la constitution. -- La Renaissance. -- Comment elle a manifesté l'esprit national. -- La Réforme. -- Comment elle a fixé le modèle idéal. -- La Restauration. -- Comment elle a importé la culture classique et dévié l'esprit national. -- La Révolution. -- Comment elle a développé la culture classique et redressé l'esprit national. -- L'âge moderne. -- Comment les idées européennes élargissent le moule national.

II. Le présent. -- Concordances de l'observation et de l'histoire. -- Le ciel. -- Le sol. -- Les produits. -- L'homme. -- Le commerce. -- L'industrie. -- L'agriculture. -- La société. -- La famille. -- Les arts. -- La philosophie. -- La religion. -- Quelles forces ont produit la civilisation présente et élaborent la civilisation future.

§ 1.

I

Arrivés au terme de cette longue revue, nous pouvons maintenant embrasser d'un regard l'ensemble de la civilisation anglaise; tout s'y tient: quelques puissances et quelques circonstances primitives ont produit le reste, et il n'y a qu'à suivre leur action continue pour comprendre la nation et son histoire, son passé et son présent. À l'origine, et au plus profond dans la région des causes, apparaît la race. Une nation entière, Angles et Saxons, a détruit, chassé ou asservi les anciens habitants, effacé la culture romaine, s'est établie seule et pure, et n'a trouvé parmi les derniers ravageurs danois qu'une recrue nouvelle et du même sang. C'est là le tronc primitif; de sa substance et de ses propriétés innées naîtra presque toute la végétation future. En ce moment, et comme les voilà, seuls dans leur île, ils atteignent un développement tel quel, fruste, brutal et pourtant solide. Ils mangent et boivent, bâtissent et défrichent, surtout pullulent: les peuplades éparses qui ont passé la mer sur des bateaux de cuir deviennent une forte nation compacte, trois cent mille familles, riche, pourvue de bétail, largement épanouie dans l'abondance de la vie corporelle, à demi assise dans la sécurité de la vie sociale, avec un roi, des assemblées respectées et fréquentes, avec de bonnes coutumes judiciaires; chez elle, parmi les fougues et les violences du tempérament barbare, la vieille fidélité germanique maintient les hommes en société, pendant que la vieille indépendance germanique maintient l'homme debout. Dans tout le reste, ils n'avancent guère. Quelques chants tronqués, une épopée où gronde encore l'exaltation guerrière de l'antique barbarie, des hymnes lugubres, une poésie âpre et furieuse, parfois sublime et toujours rude, voilà tout ce qui subsiste d'eux. En six siècles, ils ont fait à peine un pas hors des moeurs et des sentiments de leur inculte Germanie; le christianisme qui a trouvé prise sur eux par la grandeur de ses tragédies bibliques et la tristesse anxieuse de ses aspirations, ne leur apporte point la civilisation latine; elle demeure à la porte, à peine accueillie par quelques grands hommes, déformée, si elle entre, par la disproportion du génie romain et du génie saxon, toujours altérée et réduite, si bien que pour les hommes du continent, les hommes de l'île ne sont que des lourdauds illettrés, ivrognes et gloutons, en tout cas sauvages et lents par tempérament et par nature, rebelles à la culture et tardifs dans leur développement.

L'empire de ce monde est à la force. Ils sont conquis pour toujours et à demeure, conquis par des Normands, c'est-à-dire par des Français plus habiles, plus vite cultivés et organisés qu'eux; là est le grand événement qui va achever leur caractère, décider de leur histoire et imprimer dans leur caractère et dans leur histoire, l'esprit politique et pratique qui les sépare des autres peuples germains. Opprimés, enserrés dans le réseau rigide de l'organisation normande, ils ont beau avoir été conquis, ils n'ont pas été détruits; ils sont sur leur sol, chacun avec ses amis et dans sa commune; ils font corps, ils sont encore vingt fois plus nombreux que leurs vainqueurs. Leur situation et leurs nécessités feront leurs habitudes et leurs aptitudes. Ils vont endurer, réclamer, lutter, résister ensemble et avec accord, faire effort aujourd'hui, demain, tous les jours, pour n'être pas tués ou volés, pour ramener leurs anciennes lois, pour obtenir ou extorquer des garanties, et par degrés ils vont acquérir la patience, le jugement, toutes les facultés et toutes les inclinations par lesquelles se maintiennent les libertés et se fondent les États. Par un bonheur singulier, les seigneurs normands les y aident; car le roi s'est fait une si grosse part, et se trouve si redoutable que pour réprimer le grand pillard, les petits pillards sont forcés de ménager leurs sujets saxons, de s'allier à eux, de les comprendre dans leurs chartes, de se faire leurs représentants, de les admettre au Parlement, de les laisser impunément travailler, s'enrichir, prendre de la fierté, de la force, de l'autorité, intervenir avec eux dans les affaires publiques. Voilà donc que peu à peu la nation anglaise, enfoncée sous terre par la conquête comme par un coup de masse, se dégage et se relève; cinq cents ans et davantage s'emploient à ce redressement. Mais pendant toute cette durée le loisir a manqué pour la fine et haute culture; il a fallu vivre et se défendre, piocher la terre, tisser la laine, s'exercer à l'arc, aller aux assemblées, au jury, payer et raisonner pour les affaires communes; l'homme important et estimé est celui qui sait bien se battre et faire de gros profits. Ce qui s'est développé ce sont les moeurs énergiques et militaires; ce qui a régné, c'est l'esprit actif et positif; ils ont laissé les lettres et les élégances aux nobles francisés de la cour. Quand le vaillant bourgeois saxon quittait son arc ou sa charrue, c'était pour festiner plantureusement ou pour chanter la ballade de Robin Hood. Il a vécu et agi; il n'a point réfléchi ni écrit; sa littérature nationale se réduit à des fragments et des rudiments, à des chansons de harpistes, à des épopées de taverne, à un poëme religieux, à quelques livres de réforme. En même temps, la littérature normande s'est desséchée; séparée de la tige, et sur un sol étranger, elle a langui dans les imitations; un seul grand poëte, presque Français d'esprit, tout Français de style, a paru, et après lui comme avant lui s'étale le radotage irrémédiable. Pour la seconde fois une civilisation de cinq siècles s'est trouvée stérile de grandes idées et de grandes oeuvres, celle-ci plus encore que ses voisines, et à double titre, parce qu'à l'impuissance universelle du moyen âge, s'y joint l'appauvrissement de la conquête, et que des deux littératures qui la composent, l'une, transplantée, avorte, et l'autre, mutilée, cesse de s'épanouir.

II