Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 2 de 5)
Part 15
The single and peculiar life is bound, With all the strength and armour of the mind, To keep itself from 'noyance; but much more That spirit, upon whose weal depend and rest The lives of many. The cease of majesty Dies not alone, but, like a gulf, doth draw What's near it, with it: it is a massy wheel, Fix'd on the summit of the highest mount, To whose huge spokes ten thousand lesser things Are mortis'd and adjoin'd, which, when it falls, Each small annexment, petty consequence, Attends the boist'rous ruin. Never alone Did the king sigh, but with a general groan.]
[Note 217:
A station like the herald Mercury New lighted on a heaven-kissing hill.]
[Note 218:
Such an act, that blurs the grace and blush of modesty; Calls virtue, hypocrite; takes off the rose From the fair forehead of an innocent love, And sets a blister there; makes marriage vows As false as dicers' oaths: O such a deed As from the body of contraction plucks The very soul; and sweet religion makes A rhapsody of words: Heaven's face doth glow; Yea, this solidity and compound mass, With tristful visage, as against the doom, Is thought sick at the act.]
[Note 219: C'est pourquoi, aux yeux d'un écrivain du dix-septième siècle, le style de Shakspeare est le plus obscur, le plus prétentieux, le plus pénible, le plus barbare et le plus absurde qui fut jamais.]
[Note 220: Le Dictionnaire de Shakspeare est le plus abondant de tous. Il comprend environ 15000 mots, et celui de Milton 8000.]
[Note 221: _Voy._ dans _Hamlet_ le discours de Laërtes à sa soeur, et de Polonius à Laërtes. Le style est hors de la situation, et on voit là à nu le procédé naturel et obligé de Shakspeare.]
III
Recomposons ce monde en cherchant en lui l'empreinte de son créateur. Un poëte ne copie pas au hasard les moeurs qui l'entourent; il choisit dans cette vaste matière, et transporte involontairement sur la scène les habitudes de coeur et de conduite qui conviennent le mieux à son talent. Supposez le logicien, moraliste, orateur, tel qu'un de nos grands tragiques du dix-septième siècle: il ne représentera que les moeurs nobles, il évitera les personnages bas; il aura horreur des valets et de la canaille; il gardera au plus fort des passions déchaînées les plus exactes bienséances; il fuira comme un scandale tout mot ignoble et cru; il mettra partout la raison, la grandeur et le bon goût; il supprimera la familiarité, les enfantillages, les naïvetés, le badinage gai de la vie domestique; il effacera les détails précis, les traits particuliers, et transportera la tragédie dans une région sereine et sublime où ses personnages abstraits, dégagés du temps et de l'espace, après avoir échangé d'éloquentes harangues et d'habiles dissertations, se tueront convenablement et comme pour finir une cérémonie. Shakspeare fait tout le contraire, parce que son génie est tout l'opposé. Sa faculté dominante est l'imagination passionnée délivrée des entraves de la raison et de la morale; il s'y abandonne et ne trouve dans l'homme rien qu'il veuille retrancher. Il accepte la nature et la trouve belle tout entière; il la peint dans ses petitesses, dans ses difformités, dans ses faiblesses, dans ses excès, dans ses déréglements et dans ses fureurs; il montre l'homme à table, au lit, au jeu, ivre, fou, malade; il ajoute les coulisses à la scène. Il ne songe point à ennoblir, mais à copier la vie humaine, et n'aspire qu'à rendre sa copie plus énergique et plus frappante que l'original.
De là les moeurs de ce théâtre, et d'abord le manque de dignité. La dignité vient de l'empire exercé sur soi-même; l'homme choisit dans ses actions et dans ses gestes les plus nobles, et ne se permet que ceux-là. Les personnages de Shakspeare n'en choisissent aucun et se les permettent tous. Ses rois sont hommes et pères de famille, le terrible jaloux Léontès, qui va ordonner le meurtre de sa femme et de son ami[222], joue comme un enfant avec son fils; il le caresse, il lui donne tous les jolis petits noms d'amitié que disent les mères; il ose être trivial; il est bavard comme une nourrice, il en a le langage et il en prend les soins.
.... As-tu mouché ton nez?--On dit qu'il ressemble au mien. Allons, capitaine,--il faut que nous soyons propres, bien propres, mon capitaine[223]....--Venez ici sire page.--Regardez-moi avec vos yeux bleus. Cher petit coquin!--cher mignon! En regardant--les traits de ce visage, il m'a semblé que je reculais--de vingt-trois ans, et je me voyais sans culottes,--avec ma cotte de velours vert, ma dague muselée,--de peur--qu'elle ne mordit son maître.--Combien alors je ressemblais à cette mauvaise herbe,--à ce polisson, à ce monsieur!... Mon frère,--gâtez-vous là-bas votre jeune prince--comme nous avons l'air de gâter le nôtre[224]?
POLYXÈNE.
Quand je suis chez moi, sire,--il fait toute mon occupation, toute ma gaieté, tout mon souci;--tantôt mon ami de coeur, et tantôt mon ennemi juré;--mon parasite, mon soldat, mon homme d'État, mon tout;--il rend un jour de juillet aussi court qu'un jour de décembre,--et, avec ses enfantillages sans fin, me guérit--de pensées qui gèleraient mon sang[225].
Il y a dans Shakspeare vingt morceaux semblables. Les grandes passions, chez lui comme dans la nature, sont précédées ou suivies d'actions frivoles, de petites conversations, de sentiments vulgaires. Les fortes émotions sont des accidents dans notre vie; boire, manger, causer de choses indifférentes, exécuter machinalement une tâche habituelle, rêver à quelque plaisir bien plat ou à quelque chagrin bien ordinaire, voilà l'emploi de toutes nos heures. Shakspeare nous peint tels que nous sommes; ses héros saluent, demandent aux gens de leurs nouvelles, parlent de la pluie et du beau temps, aussi souvent et aussi vulgairement que nous-mêmes, juste au moment de tomber dans les dernières misères ou de se lancer dans les résolutions extrêmes. Hamlet veut savoir l'heure, trouve le vent piquant, cause des festins et des fanfares que l'on entend dans le lointain, et cette conversation si tranquille, si peu liée à l'action, si remplie de petits faits insignifiants, que le hasard seul vient d'amener et de conduire, dure jusqu'au moment où le spectre de son père, se levant dans les ténèbres, lui révèle l'assassinat qu'il doit venger.
La raison commande aux moeurs d'être mesurées; c'est pourquoi les moeurs que peint Shakspeare ne le sont pas. La pure nature est violente, emportée; elle n'admet pas les excuses, elle ne souffre pas les tempéraments, elle ne fait pas la part des circonstances, elle veut aveuglément, elle éclate en injures, elle a la déraison, l'ardeur et les colères des enfants. Les personnages de Shakspeare ont le sang bouillant et la main prompte. Ils ne savent pas se contenir, ils s'abandonnent tout d'abord à leur douleur, à leur indignation, à leur amour, et se lancent éperdument sur la pente roide où leur passion les précipite. Combien en citerai-je? Timon, Léonatus, Cressida, toutes les jeunes filles, tous les principaux personnages des grands drames; Shakspeare peint partout l'impétuosité irréfléchie du premier mouvement. Capulet annonce à sa fille Juliette que dans trois jours elle épousera le comte Paris, et lui dit d'en être fière: elle répond qu'elle n'en est point fière, et que cependant elle remercie le comte de cette preuve d'amour. Comparez la fureur de Capulet à la colère d'Orgon, et vous mesurerez la différence des deux poëtes et des deux civilisations:
Comment! comment, la belle raisonneuse? Qu'est-ce que cela?--«Fière.» Et puis «je vous remercie,» et «je ne vous remercie pas,»--et «je ne suis pas fière.» Jolie mignonne;--plus de ces remercîments, plus de ces fiertés;--mais décidez vos gentils petits pieds, jeudi prochain,--à venir avec Paris à l'église de Saint-Pierre,--ou je t'y traînerai sur une claie!--Hors d'ici, effrontée! carogne! belle pâlotte que vous êtes!--figure de cire!
JULIETTE.
Mon bon père, je vous supplie sur mes genoux,--ayez seulement la patience de me laisser dire un mot.
CAPULET.
Qu'on te pende, jeune gueuse que tu es! désobéissante coquine!--Je te le dis: Va à l'église jeudi,--ou ne me regarde plus jamais en face.--Ne parle pas, ne réplique pas, ne réponds pas.--La main me démange.
LADY CAPULET.
Vous êtes trop vif....
CAPULET.
Sainte hostie! Cela me rend fou. Jour et nuit, matin et soir,--chez moi, dehors, seul, en compagnie,--veillant ou dormant, mon seul soin a été--de la marier, et maintenant que j'ai trouvé--un gentilhomme de race princière--de belles façons, jeune, noblement élevé,--fait comme un coeur pourrait le souhaiter...,--voir une misérable folle larmoyante,--une poupée pleurnicheuse, à cette offre de sa fortune,--répondre: «Je ne veux pas me marier! je ne saurais l'aimer!--Je suis trop jeune; je vous prie, pardonnez-moi!»--Eh bien! si vous ne voulez pas vous marier, je vous pardonnerai, moi!--Allez paître où vous voudrez, vous ne resterez pas sous mon toit.--Regardez-y, pensez-y, je ne plaisante pas.--Jeudi est proche. La main sur votre coeur, avisez.--Si vous êtes ma fille, je vous donnerai à mon ami;--si vous ne l'êtes pas, allez vous faire pendre; mendiez, jeûnez, mourez dans les rues,--car, sur mon âme, je ne te reconnais plus[226].
Cette manière d'exhorter sa fille au mariage est propre à Shakspeare et au seizième siècle. La contradiction est pour ces hommes ce que la vue du rouge est pour les taureaux: elle les rend fous.
On devine bien que dans ce temps et sur le théâtre la décence est chose inconnue. Elle gêne parce qu'elle est un frein, et on s'en débarrasse parce qu'elle gêne. Elle est un don de la raison et de la morale, comme la crudité est un effet de la nature et de la passion. Les paroles dans Shakspeare sont crues au delà de ce qu'on peut traduire. Ses personnages appellent les choses par leurs noms sales, et traînent la pensée sur les images précises de l'amour physique. Les conversations des gentilshommes et des dames sont pleines d'allusions scabreuses, et il faudrait chercher un cabaret de bien bas étage pour en entendre de pareilles aujourd'hui[227].
Ce serait aussi dans un cabaret qu'il faudrait chercher les rudes plaisanteries et le genre d'esprit brutal qui fait le fond de ces entretiens. La politesse bienveillante est le fruit tardif d'une réflexion avancée; elle est une sorte d'humanité et de bonté appliquée aux petites actions et aux discours journaliers; elle ordonne à l'homme de s'adoucir à l'égard des autres et de s'oublier pour les autres; elle contraint la pure nature, qui est égoïste et grossière. C'est pourquoi elle manque aux moeurs de ce théâtre. Vous voyez les charretiers par gaieté et vivacité s'asséner des taloches; telle est à peu près la conversation des seigneurs et des dames qui veulent plaisanter, par exemple celle de Béatrice et de Bénédict[228], personnes fort bien élevées pour le temps, ayant une grande renommée d'esprit et de politesse, et dont les jolies répliques font la joie des assistants. «Ces escarmouches d'esprit» consistent à se dire en termes clairs: Vous êtes un poltron, un glouton, un imbécile, un bouffon, un libertin, une brute!--Vous êtes une sotte, une langue de perroquet, une folle, une.... (le mot y est[229]).--On juge du ton qu'ils prennent lorsqu'ils sont en colère. «Un mendiant ivre, dit Émilie dans _Othello_, ne jetterait pas de pires injures à sa concubine[230].» Ils ont un vocabulaire de gros mots aussi complet que celui de Rabelais, et ils l'épuisent. Ils prennent la boue à pleines mains et la lancent à leur adversaire sans croire se salir.
Les actions répondent aux paroles. Ils vont sans pudeur ni pitié jusqu'à l'extrémité de leur passion. Ils assassinent, ils empoisonnent, ils violent, ils incendient, et la scène n'est remplie que d'abominations. Shakspeare met sur son théâtre toutes les actions atroces des guerres civiles. Ce sont les moeurs des loups et des hyènes. Il faut lire[231] la sédition de Jack Cade pour prendre une idée de ces folies et de ces fureurs. On croit voir des animaux révoltés, la stupidité meurtrière d'un loup lâché dans une bergerie; la brutalité d'un pourceau qui se soûle et se roule dans l'ordure et dans le sang. Ils détruisent, ils tuent, ils se tuent entre eux; les pieds dans le meurtre, ils demandent à manger et à boire; ils plantent les têtes au bout des piques, ils les font s'entre-baiser, et ils rient[232].
Allez, dit Jack Cade, brûlez toutes les archives du royaume; ma bouche maintenant sera le parlement d'Angleterre.... Le plus orgueilleux pair du royaume ne portera sa tête sur ses épaules qu'après m'avoir payé tribut. Et il n'y aura pas une fille mariée qui ne me donne d'abord en payement son pucelage.... À présent, en Angleterre, on vendra deux sous sept pains d'un sou. Il n'y aura plus d'argent. Tous boiront et mangeront à mes frais, et je les habillerai tous avec la même livrée.... Comme me voilà ici, assis sur la pierre de Londres, j'ordonne et commande que le conduit au pissat ne verse plus que du bordeaux, cette première année de notre règne, et cela aux frais de la ville.... Et à présent toutes les choses seront en commun.... Qu'est-ce que tu peux répondre à Ma Majesté pour avoir livré la Normandie à Monsieur Basimecu, le dauphin de France? (_On apporte les têtes de lord Say et de son gendre._) Voilà qui est mieux: Qu'ils se baisent entre eux, car ils s'aimaient bien de leur vivant.
Il ne faut pas lâcher l'homme; on ne sait quelles convoitises et quelles fureurs peuvent couver sous une apparence unie. Jamais la nature n'a été si laide; et cette laideur est la vérité.
Ces moeurs de cannibales ne se rencontrent-elles que chez la canaille? Les princes font pis. Le duc de Cornouailles commande de lier sur une chaise le vieux duc de Glocester, parce que c'est grâce à lui que le roi Lear s'est échappé.
CORNOUAILLES.
.... Tenez la chaise.--Je vais mettre le pied sur ces yeux que voilà. (_On tient Glocester pendant que Cornouailles lui arrache un oeil et met son pied dessus._)
GLOCESTER.
Que celui de vous qui veut vivre vieux--me donne secours. Ô cruel! ô vous, dieux!
RÉGANE (_fille de Lear_).
Un côté serait jaloux de l'autre. L'autre aussi.
CORNOUAILLES (_riant_).
Si maintenant tu peux voir ta vengeance....
UN SERVITEUR.
Arrêtez votre main, monseigneur.--J'ai commencé à vous servir quand j'étais encore enfant;--mais je ne vous aurai jamais rendu de plus grand service--que de vous dire d'arrêter.
CORNOUAILLES.
Comment, misérable chien!
LE SERVITEUR.
Si vous aviez une barbe au menton,--j'irais vous l'arracher dans une querelle pareille.
CORNOUAILLES.
Ah! mon drôle! (_Il tire son épée et court sur lui._)
LE SERVITEUR.
Eh bien! venez, et courez la chance de votre colère! (_Il tire son épée. Ils se battent. Cornouailles est blessé._)
RÉGANE (_à un autre serviteur_).
Donne-moi ton épée.--Un paysan qui s'attaque à nous! (_Elle arrache l'épée, vient par derrière et l'en perce._)
LE SERVITEUR.
Oh! je suis tué!... Monseigneur, il vous reste un oeil--pour voir le sang que je lui ai tiré. Oh! (_Il meurt._)
CORNOUAILLES.
Il n'en verra pas davantage, je l'en empêcherai. (_Il met le doigt sur l'oeil de Glocester._)--Dehors, sale gelée!--Où est ton lustre à présent? (_Il arrache l'autre oeil de Glocester et le jette par terre._)
GLOCESTER.
Tout est ténèbres et désolation. Où est mon fils?
RÉGANE.
Allez, jetez-le hors des portes, et qu'il flaire sa route--jusqu'à Douvres[233].
Telles sont les moeurs de ce théâtre. Elles sont sans frein comme celles du temps et comme l'imagination du poëte. Copier les actions plates de la vie journalière, les puérilités et les faiblesses où s'abaissent incessamment les plus grands personnages, les emportements qui les dégradent, les paroles crues, dures ou sales, et les actions atroces où se déploient la licence, la brutalité, la férocité de la nature primitive, voilà l'oeuvre de l'imagination libre et nue. Copier ces laideurs et ces excès avec un choix de détails si familiers, si expressifs, si exacts, qu'ils font sentir sous chaque mot de chaque personnage une civilisation tout entière, voilà l'oeuvre de l'imagination concentrée et toute-puissante. Cette nature des moeurs et cette énergie de la peinture indiquent une même faculté, unique et excessive, que le style a déjà montrée.
[Note 222: _Winter's Tale_, acte I, scène I.]
[Note 223: Il y a ici un calembour intraduisible.]
[Note 224:
What, hast smutch'd thy nose?-- They say it's a copy out of mine. Come, captain, We must be neat; not neat, but cleanly, captain:... Come, sir page, look on me with your welkin eye: sweet villain! Most dear'st! my collop! Looking on the lines Of my boy's face, methought, I did recoil Twenty-three years, and saw myself unbreech'd In my green velvet coat, my dagger muzzled Lest it should bite its master.... How like, methought, I then was to this kernel, This squash, this gentleman:... My brother, are you so fond of your prince, As we do seem to be of ours?]
[Note 225:
POLYXENES.
If at home, sir, He's all my exercise, my mirth, my matter: Now my sworn friend, and then mine enemy; My parasite, my soldier, statesman, all! He makes a July's day short as December; And, with his varying childness, cures in me Thoughts that would thick my blood.]
[Note 226:
How now! how now, chop-logic? What is this? Proud,--and I thank you,--and I thank you not;-- And yet not proud:--mistress minion, you, Thank me no thankings, nor proud me no prouds; But settle your fine joints 'gainst Thursday next, To go with Paris to Saint Peter's church, Or I will drag thee on a hurdle thither. Out, you green sick carrion! out, you baggage, You tallow-face!
JULIET.
Good father, I beseech you on my knees, Hear me with patience but to speak a word.
CAPULET.
Hang thee, young baggage! disobedient wretch! I tell thee what,--get thee to church o'Thursday, Or never after look me in the face: Speak not, reply not, do not answer me; My fingers itch. . . .
LADY CAPULET.
You are too hot.
CAPULET.
God's bread! it makes me mad. Day, night, early, At home, abroad, alone, in company, Waking, or sleeping, still my care hath been To have her match'd: and having now provided A gentleman of princely parentage; Of fair demesnes, youthful, and nobly train'd, Stuff'd (as they say) with honourable parts, Proportion'd as one's heart could wish a man,-- And then to have a wretched puling fool, A whining mammet, in her fortune's tender, To answer, "I'll not wed,--I cannot love,-- I am too young,--I pray you pardon me;--" But, an you will not wed, I'll pardon you: Graze where you will, you shall not house with me; Look to't, think on 't, I do not use to jest. Thursday is near; lay hand on heart, advise: An you be mine, I'll give you to my friend; An you be not, hang, beg, starve, die i' the streets, For, by my soul, I'll never acknowledge thee.]
[Note 227: _King Henri VIII_, acte II, scène III, etc.]
[Note 228: _Much ado about nothing_. _Voy._ la façon dont Henri V fait la cour à Catherine de France.]
[Note 229:
BENEDICT.
I will go to the antipodes... rather than bold three words' conference with this harpy.... I cannot endure my lady Tongue.
DON PEDRO.
You have put him down, lady, you have put him down.
BEATRICE.
So I would not he should do me, my lord, but I should prove the mother of fools.]
[Note 230:
He call'd her whore; a beggar, in his drink, Could not have laid such terms upon his callet.]
[Note 231: _Henri VI_, 2e part., acte IV, scène III.]
[Note 232: JAKE CADE.
There shall be in England seven half-penny loaves sold for a penny.... There shall be no money: all shall eat and drink on my score, and I will apparel them all in our livery.
And here, sitting upon London-stone, I charge and command, that, of the city's cost, the pissing-conduit run nothing but claret-wine this first year of our reign.... Away, burn all the records of the realm; my mouth shall be the parliament of England.... And henceforth all things shall be held in common.... What canst thou answer to my majesty for giving up of Normandy unto Monsieur Basimecu, the dauphin of France?
The proudest peer of the realm shall not wear a head on his shoulders unless he pays me tribute; there shall not be a maid married, but she shall pay to me her maidenhead ere they have it. (_Re-enter rebels with the heads of Lord_ SAY _and his son-in-law._) But is not this braver? Let them kiss one another, for they loved well when they were alive.]
[Note 233:
Fellows, hold the chair: Upon these eyes of thine I'll set my foot.
(_Gloster is held down in the chair, while Cornwall plucks out one of his eyes, and sets his foot on it._)
GLOSTER.
He that will think to live till he be old, Give me some help:--O cruel! O ye gods!
REGAN.
One side will mock another; the other too.
CORNWALL.
If you see vengeance....
SERVANT.
Hold your hand, my lord. I have serv'd you ever since I was a child: But better service have I never done you, Than now to bid you hold.
CORNWALL.
How now, you dog?
SERVANT.
If you did wear a beard upon your chin, I'd shake it in this quarrel: What do you mean?
CORNWALL.
My villain! (_Draws, and runs at him._)
SERVANT.
Nay, then come down, and take the chance of anger. (_Draws; they fight; Cornwall is wounded._)
REGAN.
Give me thy sword. (_To another servant._) A peasant stand up thus! (_Snatches a sword, comes behind, and stabs him._)
SERVANT.
O, I am slain! My lord! you have one eye left To see some mischief in him:--O! (_Dies._)
CORNWALL.
Lest it see more, prevent it:--Out, vile jelly: Where is thy lustre now?
(_Tears out Gloster's other eye, and throws it on the ground._)
GLOSTER.
All dark and comfortless. Where's my son?...
REGAN.
Go, thrust him out at gates, and let him smell His way to Dover....]
IV