Histoire de la caricature au moyen âge et sous la renaissance
Part 13
Cette version n'est pas absolument exacte. _Perinde ac_ n'a jamais eu le sens que lui donne ici M. Lacroix. _Perinde_ signifie quasi, comme avec; pour rendre le sens de la phrase latine de Rabelais, il faut traduire que l'érudit dépeignait de sa plume les monuments romains _comme avec_ un crayon.
Ce passage de la lettre de Rabelais au cardinal du Bellay doit donc être retiré du débat, et il ne reste véritablement comme document, dans l'instruction relative aux _Songes drolatiques_, que la mention des arts du dessin dans les chapitres sur l'éducation, ce qui n'est pas suffisant.
Je cherche d'autres moyens d'élucider la question, et c'est de l'essence même des images que je tâcherai de faire sortir la vérité. Elles offrent le fait particulier que, datées de 1565, ces figures ne paraissent se rattacher à aucune publication française du même ordre, et qu'elles semblent une création, une trouvaille dans l'ordre comique.
Un éditeur, M. Tross, qui a donné une bonne reproduction des _Songes drolatiques_, dit que les illustrations des _Devises héroïques_ de Claude Paradin et de la _Vita e Metamorfoseo d'Ovidio_, deux ouvrages publiés à Lyon en 1557 par le libraire Ian de Tournes, ne furent pas sans influence sur les _Songes drolatiques_.
Dans les figures sur bois des _Métamorphoses d'Ovide_, attribuées par les uns à Salomon Bernard, par les autres à José Amman, de Nuremberg, je ne vois que des encadrements de pages composés d'arabesques au milieu desquelles se jouent des Pygmées, qui n'offrent pas avec les Songes de Pantagruel cette «ressemblance des plus frappantes» dont parle M. Tross.
Ces figurines, en tant que jalons des caprices au seizième siècle, n'en sont pas moins curieuses; et sur les trois entourages différents qui, à diverses reprises, sont répétés dans l'_Ovide_, j'en donne un qui sert économiquement de frontispice aux _Devises héroïques_ du même libraire lyonnais.
Si les figures des _Songes drolatiques_ parurent originales en France en 1565, date de leur publication, il n'en dut pas être de même à l'étranger. Celui qui dessina ces caprices avait dû voir les images flamandes sorties du magasin de Cock, l'éditeur breveté de toutes sortes d'estampes[90].
[Note 90: _H. Cock excud. cum gratia et privilegio_, telle est la légende reproduite au bas de la plupart des gravures de ce marchand.]
Un graveur, dont le monogramme PME n'a pu faire découvrir le véritable nom, travaillait pour Cock et vulgarisait avec son burin les tableaux de «Hieronimus Bos» et de «P. Bruegel». Or, les diableries de Jérôme Bosch et de Pierre Breughel, surtout celles de ce dernier, popularisées par la gravure et publiées antérieurement aux _Songes drolatiques_, devaient avoir une réelle influence sur le dessinateur de ces caprices.
Il ne faut, pour s'en assurer, que confronter les figures attribuées à Rabelais et les compositions symboliques de celui qu'on a surnommé avec raison Breughel le drôle.
Le vieux maître flamand a fait preuve d'une grande imagination dans ses compositions fantastiques, et quoique sa pensée soit souvent obscure, elle se rattache à la symbolisation satirique des vices et des passions.
Dans les _Songes drolatiques_ attribués à Rabelais, les personnages ne se mêlent pas à une action déterminée: ces types bizarres, dont quelques-uns semblent la caricature de personnages connus, ont un parfum néerlandais; en les regardant, un ressouvenir d'anciennes gravures hollandaises se présentait à mon esprit. Ce sont bien là des fantaisies du Nord, épaisses et lourdes, qui ne se rattachent qu'indirectement à l'art de la Renaissance en France.
Je remarque combien de poissons, dans les _Songes drolatiques_, viennent se mêler aux grotesques et danser des rondes autour d'eux. Ces détails se présentent fréquemment au souvenir des vieux maîtres néerlandais, et comme les peintres, gens souvent de peu d'imagination, se servent volontiers des objets et des choses qui les entourent, le poisson joue un grand rôle dans les accessoires des maîtres flamands et hollandais.
On ne peut guère admettre ces caprices maritimes dans les _Songes drolatiques_ publiés à Paris, qu'en se disant qu'un graveur flamand a passé par là. Ce sont des minuties. Un juge d'instruction s'inquiète des plus petits faits, et tout commentateur doit contenir un juge d'instruction.
On voit souvent, dans les prétendus dessins de Rabelais, des personnages coiffés de larges feutres, dans la lisière desquels sont passés des couteaux ou des cuillers à pot, détail qui se retrouve également dans mainte composition de maîtres flamands. C'est l'arme du paysan, du pêcheur, toujours prêts à éventrer les quelques poissons apportés par les flots sur la plage: en une seconde, le poisson est jeté dans la marmite. L'homme n'a pas besoin d'un grand attirail de cuisine pour se mettre à table: une cuiller à pot lui suffit.
L'auteur des _Songes drolatiques_ s'est plu à représenter des personnages enserrés dans des tonneaux ou des pâtés au travers desquels ils passent leurs bras armés de couteaux et de scies pour en fendre la croûte: on retrouve certains gestes et actes analogues dans les pêcheurs du maître de Breughel, Jérôme Bosch, et dans Breughel lui-même, qui a représenté des gens avalés par des poissons et se frayant un passage avec leur couteau, en coupant à même de l'animal des tranches de chair.
Ces analogies deviennent plus marquées dans la planche _Invidia_ qui fait partie de la série des péchés capitaux peints par Pierre Breughel. Ici des détails tout à fait identiques ont été empruntés par le graveur des _Songes drolatiques_.
Breughel imagine une tente terminée par deux jambes bottées s'agitant en l'air.
Une semblable jambe avec la même botte est représentée formant le chapeau d'une des figures pantagruéliques (la cinquième du recueil).
Toujours dans la planche flamande: _Invidia_. Petit personnage fantastique dont la figure est formée par un pot servant de perchoir à des oiseaux. _Songes drolatiques_, même détail[91].
[Note 91: Pot encapuchonné qui porte plusieurs plumes d'oiseau de paradis, «allusion à la triple couronne papale,» dit un commentateur plein d'imagination.]
Le hasard seul a-t-il pu faire que deux détails de la même planche se retrouvent dans les caprices attribués à Rabelais?
Ce n'est pas tout. Au nombre des personnages symboliques qui figurent dans la composition de l'_Avaritia_ de Breughel, on remarque un homme dont la figure est entièrement cachée par un grand feutre dans la lisière duquel est passé un couteau. Du haut de ce chapeau s'échappent des nuages de fumée qui semblent avoir une relation avec un soufflet accolé à la panse de ce fantastique personnage. Quoique le titre, _Avaritia_, indique que chaque figure doit représenter l'amour de l'argent, le sens de ce personnage m'échappe absolument. Ce ne peut être la représentation d'un alchimiste avec son soufflet. Breughel n'eût pas manqué d'y adjoindre soit un matras, soit une cornue.
Quelle que soit la portée de ce symbole, le graveur des _Songes drolatiques_ l'a reprise à son compte. Trait pour trait il a copié cette figure, y ajoutant seulement un essaim de mouches, une ganse de chapeau de cardinal flottant au chapeau, sur l'épaule un stylet et une coquille de pèlerin. Et c'est là que pourraient être mis au pied du mur les commentateurs qui prétendent tout expliquer.
Sans hésiter M. Éloi Johanneau dit que «ce personnage ténébreux est le pape Jules II. Le tourbillon de flammes et l'essaim de mouches qui lui sortent de la tête, ainsi que le triple soufflet, figurent l'humeur de ce pape ambitieux et le feu de la guerre qu'il soufflait partout[92].»
[Note 92: _Œuvres de Rabelais_, édition variorum, augmentées d'un nouveau commentaire historique et philologique par Esmangart et Éloi Johanneau. Dalibon, 1823, t. IX, in-8.]
L'éditeur a annoncé en tête de son Rabelais un nouveau commentaire; en effet, il est de toute nouveauté.
«Quant à la scie qu'on voit ici dans un tourbillon de flammes, ajoutent MM. Esmangart et Johanneau, je la crois une allusion aux malheurs de Bentivoglio, dont la scie était l'emblème, et que Jules II a chassé de Bologne.»
Et voilà pourquoi votre fille est muette! Jamais ces critiques ne sont embarrassés: ce grotesque, c'est Louis XII; cet autre, Henri II; celui-ci, le cardinal de Lorraine; celui-là, le cardinal du Bellay, etc.
Il n'y a que les commentateurs pour ne douter de rien. «Ils ont les premiers, disent d'eux-mêmes MM. Esmangart et Johanneau, rattaché au texte de _Gargantua_ et de _Pantagruel_ les caricatures des _Songes drolatiques_, où l'on admire le cachet de l'auteur, sa folie et son originalité, jointes à l'esprit et à la malignité du burin de Callot, et où l'on voit reparaître, sous les figures les plus grotesques, tous les personnages tant réels qu'allégoriques de ces deux romans; ils ont _prouvé_ que les sujets en étaient tirés, et qu'ils servaient comme de pièces justificatives à ce commentaire historique, qui révèle _enfin_ au grand jour ce qui était resté jusqu'ici couvert, sinon d'un voile épais, au moins d'incertitudes.»
Les annotateurs de l'édition de 1823 n'eussent-ils pas rabattu fortement de leurs affirmations si on leur eût montré les _emprunts_ faits aux compositions de Pierre Breughel?
M. Paul Lacroix, qui, dans ces dernières années, a donné une nouvelle édition des _Songes drolatiques_[93], est un peu moins affirmatif.
[Note 93: In-8. Genève, Gay, 1868.]
«Il y a, dit-il, dans les figures de ce recueil tant de physionomies expressives et caractérisées qu'on les reconnaîtrait sans doute parmi les contemporains de l'auteur. Ce seraient alors des portraits grotesques, tout à fait distincts de ceux qui forment la galerie de personnages du _Gargantua_ et du _Pantagruel_.
«Ainsi la figure 106 ressemble beaucoup à François Ier.
«La figure 108, qui représente un ouvrier emprisonné dans une fontaine et taillant une pièce de bois avec une doloire, pourrait être Étienne Dolet ou Charles Fontaine.
«Par des motifs analogues, nous serions disposé à reconnaître Geoffroy Tory dans la figure 78, dont la tête est coiffée d'un pot cassé,» etc.
La découverte des emprunts faits à un graveur de 1558[94] par un graveur de 1565, l'impossibilité pour deux dessinateurs de se rencontrer dans l'attifement de semblables figures, la possibilité pour les érudits de trouver de nouvelles traces d'imitations aussi flagrantes, me paraissent devoir arrêter les recherches des commentateurs en ce qui touche les personnages.
[Note 94: La série des _Vices_, d'après Breughel, publiée par Cock, est datée de 1558.]
Le premier éditeur, du reste, avertissait les gens de ne pas trop s'en préoccuper:
«Ce sont, disait-il, figures d'une aussi estrange façon qu'il s'en pourroit trouver par toute la terre.» Suivant le libraire Richard Breton, ces inventions étaient bonnes «tant pour faire crotestes que pour établir mascarades»; mais quant aux noms et qualités des personnages, l'éditeur s'en tirait habilement: «J'ai laissé ce labeur à ceux qui ont versé en ceste faculté et y sont plus suffisants que moy: voire pour en déclarer le sens mystique ou allégorique, aussi pour leur imposer les noms qui à chacun seroient convenables.»
Pour qui sait lire, ceci signifie qu'il n'y a ni sens mystique ni allégorique dans ces figures; que chacun peut les baptiser à sa fantaisie, mais qu'il en résultera un «_labeur_» considérable. Ce qui est arrivé.
Il résulte toutefois de l'examen de quelques-unes de ces figures grotesques une allusion à des princes, à des dignitaires de la cour papale. On entrevoit des satires confuses, des sortes de cauchemars qui prennent une vague configuration de cardinaux. A quoi bon mettre un nom au bas de ces silhouettes grimaçantes? Toute une armée de commentateurs s'est ruée sur le texte même de Rabelais et a échoué à en faire jaillir la lumière; le crayon est resté plus mystérieux encore que le roman.
Il faut attendre la Réforme pour faire parler à ses partisans un langage plus net, plus grossier, plus cru. C'est ce que je montrerai dans le prochain volume. Rabelais est le plus utile trait-d'union entre le moyen âge et les manifestations luthériennes. Aussi devais-je étudier avec détails quelle était la part de Rabelais dans ces caprices? J'ai donné les raisons prouvant qu'il comprenait l'utilité des arts du dessin. De là à dessiner de semblables figures il y a un grand pas.
Celui qui, avec son crayon, a donné naissance à ces images burlesques était un artiste habile. Ce que le graveur rêvait a été rendu par son crayon sans hésitation, et déjà dans le harnachement bizarre de ces figures apparaît une certaine adresse de main. Les détails sont présentés d'une façon burlesque, mais ingénieuse. L'auteur n'a pas voulu rendre autre chose, et c'est déjà beaucoup que de l'énoncer clairement avec le crayon. Sans doute les emprunts sont visibles, et je crois l'avoir montré suffisamment, mais tout en empruntant il faut avoir beaucoup dessiné pour arriver à ce résultat, et les études profondes et diverses, les connaissances multiples de Rabelais, surtout sa probité de conteur, ne me semblent l'avoir prédisposé ni à acquérir une telle adresse de main, ni surtout à piller les compositions d'un maître étranger.
TABLE ANALYTIQUE
PRÉFACE.--L'Université et l'art satirique du moyen âge.--Timidité des spiritualistes de profession.--Figures des comédies de Térence.--Pensée confuse du peuple.--Trilogie: le diable, la Danse des Morts, Renart.--Opinion de M. César Daly.--Utilité des _ineptiarum_ 3
CHAPITRE PREMIER
VANITÉ DU SYMBOLISME
Trait d'union de l'art entre l'antiquité et le moyen âge.--Abus de la symbolique chrétienne.--L'imagination prête ses visées à la pierre.--Orphée et le Christ.--Lettre de saint Nil à Olympiodore.--Art apocalyptique des premiers siècles.--Remontrances de saint Bernard.--Les sculptures des cathédrales furent-elles commandées par l'Église pour châtier les vices ou sont-elles de purs caprices d'ouvriers?--Lettre du père Cahier.--Enseignement des ouvriers qui concoururent à la construction des églises.--Symbolisme prémédité.--Prophéties de l'an 1000.--Le facétieux abbé de Saint-Germain d'Auxerre.--Sceau de l'évêque de Pinon.--Symbolisation des pierres, de la chaux, du sable, suivant Guillaume Durand.--L'_explet de la pélégrination humaine_, par Guille de Guyeville.--Mason Neable et Webb, fanatiques catholiques anglais.--Ils ne permettent pas l'emploi de l'ogive aux protestants.--L'abbé Aubert et l'église de Poitiers.--Ce que c'est que le symbolisme à outrance.--M. de Bastard et les miniatures.--Le Christ, le tireur d'arbalète et le limaçon.--Le limaçon de M. de Bastard et le lymasson du Grand-Compost.--Notions architecturales de Claude Villette sur la hauteur des fenêtres et leurs vitres, sur les barres de fer et les clavettes.--Singulière miniature d'un livre d'Heures; sa réelle signification.--Le renard et les poules à l'église Saint-Fiacre, au Faouet.--Faut-il regarder ce bas-relief comme le triomphe de la foi sur l'hérésie? 17
CHAPITRE II
LES ANIMAUX MUSICIENS
Pline et les naturalistes de la Renaissance.--Marco-Polo.--Bestiaire fantastique de l'antiquité.--Singulière pénurie intellectuelle des artistes.--Parodies des musiciens de profession.--L'âne, animal biblique.--L'âne qui vielle, l'âne qui lyre, l'âne harpant.--Sa fête.--Analogie avec les kermesses hollandaises.--Écrivains pieux, écrivains voltairiens 49
CHAPITRE III
LA FÊTE DE L'ANE
Prose de l'âne.--Manuscrit de Sens.--Opinion de M. Clément.--L'âne est-il le symbole de Jésus-Christ?--Ce que pensait Mérimée des sculptures du moyen âge.--Le _Psalterium glossatum_.--Hauteur, largeur, longueur d'une cathédrale, c'est espérance, charité, persévérance.--Les enfants de l'Angoumois et leurs chansons.--Que signifient les oreilles de l'âne?--Si le toit d'une cathédrale symbolise la figure d'un intendant fidèle, pourquoi la queue de l'âne ne représenterait-elle pas le goupillon du curé?--Gauloise conclusion des enfants terribles de l'Angoumois 61
CHAPITRE IV
DANSES DANS LES ÉGLISES ET LES COUVENTS
L'évêque d'Erfurth danse trop pour sa santé.--Peintures de pieux manuscrits, accablantes pour les moines.--Instructions des conciles, ordonnances royales, décrets des facultés de théologie contre les danses.--Analogie avec les gaietés provinciales des messes de minuit.--Opinion de M. Villemain 71
CHAPITRE V
LE DIABLE.
Le diable, antithèse de Dieu.--Noire livrée du diable.--Poil, cornes, pattes, griffes empruntés à l'antiquité.--Le diable et le renard.--Opinion de M. Viollet-le-Duc.--La pèse des âmes.--Le malin triche.--_Ecce diabolus!_--Diable et femme.--Messe de saint Martin.--La femme, quelquefois acolyte, quelquefois adversaire du diable.--Comment Luther recommandait d'empoisonner le diable 85
CHAPITRE VI
LA DANSE DES MORTS
Principe égalitaire.--De quoi ricanent les têtes de mort?--Réponse de Maupertuis.--Impression plus réconfortante qu'assombrissante.--Grave leçon aux puissants et aux riches.--Erreurs de certains historiens.--La danse des morts de 1424.--Rien de commun avec l'asservissement de Paris par les Anglais.--Prétentieux _repeints_ de l'époque actuelle.--La danse des antithèses.--Noël du Fail.--Sent-on battre le cœur de la France dans la danse des morts?--Leber et Langlois s'élèvent contre ces imaginations.--Les Anglais emportent dans leur île un «battement du cœur de la France».--Reliquaires bretons.--La mort du pont de Lucerne.--La mort de Bâle.--Sensation désagréable des rois, des moines, des usuriers, des avares, des grands seigneurs, des courtisanes en voyant arriver la mort.--Le grave et satirique Holbein.--Humanité de la mort.--_Mors melior vita._--La Danse macabre du père Honoré 107
CHAPITRE VII
RENART
Fabliau du renard et de la cigogne.--Le renard s'empare du froc des moines.--Réprimande de Gauthier de Coinsy.--_Aventures de maître Renard_, de M. Paulin-Paris.--M. Lenient et la _Satire française au moyen âge_.--Observation des mœurs du renard, par Richard de Fournival.--Rôle du renard dans le blason.--Admiration des sculpteurs et des peintres pour l'animal.--Ce que veut dire _escorcher le regnard_.--Métonymies populaires.--Curieux bas-relief de Saint-Fiacre, au Faouet.--Tradition de la langue conservée par le peuple.--_Missale Ambaniensis_ de la Haye.--Représentation du renard en France et en Angleterre.--Enseigne du renard prêchant, à Strasbourg.--Excessif enthousiasme des Allemands pour le _Roman de Renart_ 137
CHAPITRE VIII
CONSÉQUENCES DU ROMAN DE RENART SOUS LOUIS XV
Procession burlesque, sculptée sur un chapiteau de la cathédrale de Strasbourg.--L'antiquaire Tschernein.--Fête-Dieu de 1728.--Le cardinal de Rohan et les images luthériennes.--Réquisitoire contre d'anciennes sculptures.--Condamnation de Tschernein.--De la tolérance moderne 157
CHAPITRE IX
LE ROMAN DE FAUVEL
Torcher-Fauvel, proverbe.--Le courtisan Fauvel, inférieur à Renart indépendant.--La littérature de cour et la littérature du peuple 169
CHAPITRE X
LE NOBLE, LE MOINE, LE SERF
Néo-symbolisme religieux et néo-symbolisme révolutionnaire.--Discours sur les dissolutions du clergé, au concile de Sienne.--Les cochons mitrés et l'extase de sainte Brigitte.--Robes de moines et robes de femmes: graisse et feu.--_Chansons des ordres_, de Rutebœuf.--Mot d'Érasme.--Bible historiale, peu favorable aux moines.--L'avarice à Saint-Pierre-sous-Vézelay.--Les patenôtres de l'usurier.--Symbole de l'ivrognerie en Bretagne.--La dispute de la culotte.--Le serf-cariatide.--Riches imaginations archéologiques.--La peau d'un prince ne vaut pas plus que celle d'un charretier.--Le _Roman de la Rose_.--Clergé, noblesse, peuple 173
CHAPITRE XI
MINIATURES DE MANUSCRITS
La truie qui file.--Le monde renversé.--Travaux de MM. Champollion-Figeac et Ed. Fleury.--Tournois grotesques.--Manuscrit de Soissons et hôtel de Jacques Cœur.--Étude des manuscrits.--Libre érudition peu encouragée.--Prêches contre la toilette des femmes.--Enfants paresseux au treizième siècle.--Des croquis et des faits.--Mieux vaut dessiner qu'épiloguer.--L'Annonciation et le fou malséant.--Opinion de M. Le Roux de Lincy 191
CHAPITRE XII
ARCHITECTURE RELIGIEUSE.--LA MAISON DES TEMPLIERS A METZ
Découverte importante de M. de Saulcy.--La poutre historiée du magasin à poudre de Metz.--Animaux parodiant les actions de l'homme.--Analogie avec certains papyrus égyptiens.--Les Templiers ont-ils rapporté d'Égypte des motifs satiriques? 211
CHAPITRE XIII
ARCHITECTURE MILITAIRE.--LA TOUR DESCH
Rareté des caprices ornementatifs en architecture militaire.--Canonnières de la tour Desch, décrites par M. Lorédan Larchey.--Le guerrier malséant.--Guimbarde des Lorrains 218
CHAPITRE XIV
FIGURES SATIRIQUES ET FACÉTIEUSES DES MONUMENTS CIVILS
L'Hôtel de Ville de Saint-Quentin.--Description des figurines.--Singulier corbeau de l'Hôtel de Ville de Noyon.--Ce que voyait Anne de Bretagne aux fenêtres du château de Blois.--Fâcheuses odeurs d'une femme sans pudeur.--La morale du quinzième siècle et celle du dix-neuvième siècle.--Une commère de Saint-Quentin trop chiffonnée.--L'homme à la broche.--Énigme du chanoine Ch. de Boyelles.--Il est temps de gratter le badigeon du symbolisme 222
CHAPITRE XV
LES STALLES DES ÉGLISES
Ce que coûtait l'œuvre de hucherie d'une cathédrale.--Les sculpteurs de poupées.--D'où vient le mot _miséricorde_, en tant qu'appliqué aux stalles?--Les compagnons flamands faisant leur tour de France.--Histoire du moine Pigiere.--Ce qu'enseignait le chevalier de La Tour Landry à ses filles.--Recherches archéologiques souhaitables dans le Poitou.--Stalles de l'église de Mortain.--Analogie de détails avec Breughel.--Stalles de la collégiale de Champeaux.--Le Lai d'Aristote, à Rouen.--Stalles de Saint-Martin-aux-Bois.--Miséricorde de l'église de Saint-Spire de Corbeil.--Stalles de Saints-Gervais-et-Protais.--Miséricordes en Angleterre et en Allemagne 232
CHAPITRE XVI
LA CATHÉDRALE AU MOYEN AGE
Pensée qui décida de l'érection des cathédrales.--Protestation contre la féodalité.--Opinion de M. Viollet-le-Duc.--Destination de la cathédrale.--Singulière sculpture de la cathédrale souterraine de Bourges.--Brochure de M. de Salies.--Le moine de L'abbaye de Gué-de-Launay fréquente les cabarets 256
CHAPITRE XVII
DÉROUTE DU SYMBOLISME
Aberration de la Symbolique.--Gobineau de Montluisant et la science hermétique appliquée à l'architecture.--Magot, gog et magog.--Les pères Cahier et Martin.--Lumière et réalité 265
CHAPITRE XVIII
LES FOUS
Érasme et l'_Éloge de la Folie_.--Des fous de cour et de leur utilité.--Cul-de-lampe sculpté de l'hôtel de Jacques Cœur, à Bourges.--Légende romanesque à ce sujet.--Le rôle des fous dans les fêtes religieuses.--Description d'un Fol par Clément Marot.--Médailles satiriques des réformés contre la cour papale.--La Folie triomphe de la Mort.--La _Nef des Fous_, de Sébastien Brandt.--Sermons de Geiler de Keyserberg 270
CHAPITRE XIX
ÉRASME ET L'ÉLOGE DE LA FOLIE