Histoire de Jane Grey

Part 24

Chapter 243,666 wordsPublic domain

L'auguste captive agréa les excuses que balbutiait Bridges et se montra disposée à tout. Il franchit alors la porte et s'avança le premier avec deux autres officiers. La prisonnière venait immédiatement, appuyée sur une de ses femmes, qui sanglotaient toutes deux. Ses gardes fermaient l'escorte. Jane arriva par de sombres corridors et de tortueux escaliers à la grande cour. Ni les cloches qui sonnaient, ni l'appareil sinistre de la forteresse, ni les postes armés, ni les licteurs féodaux qui la précédaient, ni la hache ni le bourreau qu'elle apercevait au loin ne la troublèrent un instant. Mais sa sérénité l'abandonna entièrement à quelque distance du gazon de la Tour où son échafaud était dressé. Un incident plus lugubre mille fois que cet échafaud la secoua soudainement comme la bise secoue une feuille. Elle rencontra le char ruisselant et recouvert d'un drap rouge qui ramenait à la chapelle de Saint-Pierre les restes mutilés de lord Guildford! Il y eut une courte halte que la princesse interrompit en accélérant le pas d'un mouvement convulsif. La voiture roula lentement vers la chapelle, tandis que Jane se hâtait vers la pelouse où sont maintenant les cailloux noirs vis-à-vis de la tour blanche. «Cher Guildford, s'écria Jane, je vais te rejoindre. Ce vil char ne contient que la plus infime partie de toi-même. La meilleure est en Dieu. Il me convie, ce grand Dieu, à des noces éternelles, et nul ne séparera ce qu'il aura réuni dans son sein.»

Jane, par un puissant effort et par la certitude prompte du sépulcre, retrouva son calme héroïsme. Elle qui avait gravi tremblante les degrés du trône, elle monta en souriant les degrés de l'échafaud.

Elle rassembla et concentra ses pensées. Elle accoutuma peu à peu ses yeux à tout ce qui l'entourait, aux tentures, à la paille du parquet, aux gardes, à la hache, au billot, à l'exécuteur, aux formes sinistres du monument féodal, enfin aux privilégiés, soit de l'aristocratie, soit du peuple, dont on n'avait pas déçu la curiosité. Son auditoire était moins vaste dans l'intérieur de la Tour que ne l'avait été celui de Guildford à l'Esplanade.

Avant de s'adresser à cet auditoire très-redoutable, quoiqu'il ne fût pas tumultueux, Jane se tourna vers Bridges et lui dit: «M'est-il permis de parler?—Oui, madame, et à votre gré,» répondit le vétéran.

Lady Jane alors affronta l'auditoire attentif.

«Mylords, et vous bon peuple, ma sentence est équitable, non pas que j'aie usurpé l'autorité royale volontairement; mais j'ai consenti par entraînement à un acte coupable. En cela j'ai violé la loi et je mérite d'être punie par la loi. Mes juges ont présumé que j'avais adhéré librement. J'ai péché, il est vrai, en vivant selon les vanités du monde et Dieu m'inflige la mort avec justice. Je ne me plains pas; je remercie au contraire mon Rédempteur de m'avoir ménagé le temps d'expier mes fautes.»

La princesse fit une pause, pressa fortement son livre de piété en joignant les mains et reprit à plus haute voix:

«Mylords, et vous bon peuple, je vous conjure d'être mes témoins que je meurs en chrétienne, déclarant que j'ai la confiance d'être sauvée par la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, et non par mes propres œuvres. Et à cette heure que je suis en vie et en repentir, je vous supplie de prier avec moi et pour moi.»

Quand elle eut ainsi déchargé sa conscience trop scrupuleuse, lady Jane sembla transfigurée. Elle renoua en elle-même sa prière habituelle; et cette prière était un chant. Elle chantait, la noble princesse, à la manière des cygnes qui, étant devins, selon l'antiquité, chantent dans l'agonie parce qu'ils savent où ils iront.

Le courage de Jane Grey croissait à mesure que l'aiguille courait sur le cadran. Elle n'avait pas encore dix-sept ans révolus. Elle était belle d'un éclat de beauté matinale. Ses traits étaient d'une distinction exquise. Son teint avait la fleur de l'adolescence. Elle brûlait d'un amour légitime, elle ne doutait pas de l'immortalité. Elle croyait fermement que le trépas allait lui rendre pour l'éternité tout ce qu'elle avait aimé et perdu ici-bas. L'ardeur de ces grands sentiments et de ces grandes idées donnait à son visage une expression si radieuse, que d'après la tradition, la Tour, cette forteresse ténébreuse, en resplendit toute de la base au sommet.

Jane ayant épuisé les préliminaires du supplice, s'agenouilla et récita dévotement le psaume: _Miserere nobis, Domine_. Dès qu'elle se fut relevée, elle refusa le secours du bourreau pour se déshabiller à demi et elle accorda à ce meurtrier légal le pardon qu'il sollicitait d'elle. La princesse, s'étant retirée un peu à l'écart, accepta l'aide de ses deux compagnes et dénoua sa robe, raconte un contemporain, comme pour aller dormir. Elle ôta ensuite ses gants, qu'elle donna avec son mouchoir, son collier et son fichu à mistress Tylney. Se rapprochant alors du bourreau, elle tendit son livre à Thomas Bridges, frère du lieutenant, et s'agenouilla de nouveau sur la paille fraîche dont l'échafaud était semé. Elle eut une minute de vertige. Ce billot, qui offusquait probablement sa dernière prière lui fut en horreur. Elle s'informa auprès de l'exécuteur s'il ne pourrait pas l'écarter un instant. «Non, madame, répondit l'homme, cela ne se fait pas.—Que la volonté de Dieu s'accomplisse donc sur moi!» dit-elle, et se bandant les yeux elle-même, elle dit encore en cherchant au hasard le billot: «Où est-il?» Quelqu'un le poussa à sa portée. Elle le toucha, dit au bourreau: «Dépêchez-moi vite!» et à Dieu: «Me voici, Seigneur; je remets mon esprit entre vos mains.» Puis elle posa humblement dans l'échancrure du billot son cou flexible. Le bourreau l'abattit sous l'acier. Les assistants, et parmi eux Antoine de Noailles, ambassadeur de France, furent étonnés de l'abondance de sang qui courut sur l'échafaud (12 février 1554).

L'émotion fut profonde, mais silencieuse. Un mot, un geste, un soupir, eussent été notés comme des attentats. L'effroi étouffa dans les poitrines la douleur universelle.

Sur le soir, le corps de la princesse, transporté aussi dans un char à la chapelle de Saint-Pierre, fut descendu près de celui de lord Guildford, au fond d'un tragique caveau nuptial, tandis que les deux âmes nageaient ensemble parmi les étoiles du ciel de Dieu.

Onze jours après, le duc de Suffolk, père de Jane Grey, puis successivement lord Thomas Grey, son oncle, sir Thomas Wyatt et un grand nombre de leurs partisans furent exécutés. Mais tous ces supplices ne consternèrent pas autant l'Europe que le supplice de Jane.

Ce ne fut qu'un cri dans toutes les cours.

La duchesse de Vendôme pleura entre le fauteuil de son père Henri d'Albret et le berceau de son fils Henri IV. La duchesse de Valentinois, Diane de Poitiers, ne fut pas moins attendrie. Elle écrivit à Mme de Montaigu une lettre que le premier j'ai publiée dans l'Histoire de Marie Stuart et qui manifeste dans Diane le don du style autant que le don des larmes. «Madame, dit-elle, l'on me vient d'apporter la relation de la pauvre jeune reine Jane, et ne me suis pu empescher de pleurer à ce doux et résigné langage qu'elle leur a tenu à ce supplice. Jamais fut-il si accomplie princesse? Hélas! voyez ce que c'est souvent de monter au dernier degré, qui ferait croire que l'abîme est en haut.»

La France, l'Allemagne, la Suisse s'indignèrent; l'Angleterre, livrée à la réaction espagnole et catholique, gémit. Les juges de Jane Grey subirent toutes les tortures mystérieuses de la conscience. Morgan, qui les avait présidés, revoyait nuit et jour le fantôme sanglant de la princesse. Il expira sous cette vision obstinée, dans un désespoir entrecoupé de folie.

Jane n'eut pas le temps, mais elle aurait eu l'intelligence et la volonté de fonder l'Angleterre en lui donnant pour loi le protestantisme, pour politique le gouvernement parlementaire, pour carrière immense l'industrie, pour messagère et pour sauvegarde la marine, une marine ailée et armée sur toutes les mers, une marine supérieure elle seule aux marines du monde entier! Ce sera l'œuvre d'Élisabeth. Moins femme que Jane Grey, d'une nature moins féconde et moins noble, Élisabeth eut pour compensation la fortune, qui suffira à faire d'elle la plus grande reine et même le plus grand roi de l'Angleterre.

Jane, elle, n'appartient pas uniquement à son île: par la variété de ses prestiges, par la jeunesse, par la grâce, par la science, par la beauté, par les revers, par la tendresse, par les hautes faveurs et par les tragiques retours du sort, elle appartient à l'humanité tout entière. Elle reporte l'imagination à ces jeunes têtes sur qui s'amoncelèrent les espérances et qui tombèrent prématurément. Drusus, Marcellus, Germanicus et ce fils de Vespasien, les délices trop rapides des peuples: voilà ce que Jane Grey rappelle invinciblement. Aussi, comment ne pas s'écrier avec Aylmer, lorsqu'il apprit l'affreux supplice: «Joanna, breves «et infaustos «_generis humani_» amores!» Jane, les courtes et malheureuses amours du genre humain!

Tel est, ciselé d'avance par Tacite lui-même, le cadre antique où brillera désormais et à toujours la figure immortelle de Jane Grey.

Le sang de cette princesse a rejailli sur Marie Tudor, qui en est demeurée plus hideuse dans tous les siècles. Ce n'est que justice. Marie Tudor, qui tua sa cousine comme hérétique et comme séditieuse, avait défendu de prier pour Henri VIII son père, sous prétexte qu'il était schismatique. Voilà ses sentiments de famille. Elle qui fit trancher tant de têtes échappa au talion: elle ne fut pas décapitée. Mais le châtiment la visita par des voies indirectes. Elle ne fut pas mère. Épouse et reine, elle fut méprisée et abhorrée. Délaissée, presque répudiée, les exécutions des bourreaux furent ses seuls et amers plaisirs. Son unique théâtre était la Tour de Londres, Cirque odieux des Tudors, Colisée gothique dont la hache fut la bête féroce infatigable et insatiable. Dédaignée de Philippe II, Marie régna vieille fille plutôt que femme, dans la fête des supplices et dans les tourments de sa couche vide. Elle ne fut aimée de personne.

Lady Jane Grey, au contraire, fut adorée. Elle reçoit une sorte de culte à plus d'un foyer de son île et du monde. Ses portraits sous les cottages, ses statues au milieu des parcs, multiplient son souvenir et le conservent, comme je voudrais l'avoir sculpté ici, dans sa blancheur inviolée. Nulle mort ne surpassa en grandeur la mort de cette princesse; nulle vie n'égala sa vie en pureté, en poésie, en droiture, en élévation intellectuelle et morale.

Jane Grey représenta, dans la Renaissance, par un doux génie et une intime vertu le protestantisme et la philosophie. Elle fut une muse aristocratique, chrétienne et platonicienne, avant d'être une sainte du martyre. Elle montra, aussi bien qu'un sage, quelle chose fortifiante est la foi en Dieu, à l'heure suprême, et comment le spiritualisme peut faire d'un billot un bon chevet pour mourir.

FIN.

DOCUMENTS

DOCUMENTS FIGURÉS.

—Tableaux d'Holbein à Windsor, à Hampton-Court, partout en Angleterre. Notre Louvre ne possède que huit toiles parmi lesquelles: les portraits d'Anne de Clèves, de Thomas Morus, de Guillaume Warham et d'Érasme.

Hans Holbein est né à Ausbourg et non à Bâle, en 1498. Il est mort à Londres, en 1554, la même année que Jane Grey.

Il ne faut pas confondre ce grand artiste avec ses frères Sigismond et Ambros, ni avec son père, trois peintres médiocres.

Hans à lui seul est un musée. Il a reproduit tous les personnages principaux des quatre règnes auxquels j'ai touché. Il était le grand peintre de la cour, le peintre à la mode. Toute l'aristocratie venait à lui. Il ne refusait personne et traçait rapidement l'esquisse des figures au crayon rouge ou à l'huile. Ses élèves copiaient ces figures et les achevaient; d'autres aussi que ses élèves s'en mêlèrent, ajoutant les accessoires, le costume, les parures. Ce n'était plus Holbein et cependant ce l'était au fond.

Tels sont les modèles divers qu'a reproduits Bartolozzi. Ils remontent tous ou presque tous à Holbein. Bartolozzi était un graveur laborieux. Né à Venise en 1725, il s'établit près de Londres en 1764, et il mourut dans la grande capitale, en 1819, à quatre-vingt-quatorze ans. Je connais de lui soixante et quinze figures qui laissent beaucoup à désirer au point de vue de l'art,—mais au point de vue historique, elles sont d'un prix inestimable; car ce sont des figures vraies, des portraits authentiques.

De toutes les collections que j'ai consultées pour cette histoire, la plus précieuse est celle qui se compose des esquisses primitives d'Holbein au crayon de couleur. Ces esquisses qu'il avait gardées passèrent, longtemps après sa mort, à M. le marquis de Liancourt. Un collectionneur couronné, Charles Ier, eut le bonheur de les obtenir du marquis. Il les échangea avec lord Pembroke contre le saint Michel de Raphaël. Plus tard, le comte d'Arundel les acquit de lord Pembroke, et, à la mort du comte d'Arundel, ils furent définitivement achetés par le gouvernement.

George III les fit relier en deux beaux volumes de maroquin, les plus curieux peut-être de Windsor, où je les ai feuilletés, et que le prince Albert comptait avec orgueil parmi les chefs-d'œuvre du palais.

Ces deux volumes renferment quatre-vingt-sept portraits, entre autres ceux de Jeanne Seymour, d'Edouard VI, d'Anne Boleyn, de Catherine Howard, du duc et de la duchesse de Suffolk, de la marquise de Dorset, de Thomas Morus, de Thomas Wyatt, de lady Audley et de lady Butts.

—M. Fourniols, alors à Londres et maintenant à New York York, m'a introduit dans sa galerie où j'ai pu admirer les portraits de Henri VIII, de Jane Grey et de Catherine Parr. M. Gigoux et M. Alfred Dumesnil m'ont ouvert aussi leurs cartons avec une complaisance inépuisable. Je les prie de recevoir ici l'expression de ma reconnaissance.

DOCUMENTS ÉCRITS.

—Les actes publics d'Angleterre recueillis par Thomas Rymer. (Tomes XIII, XIV, XV.)

—Art de vérifier les dates par un religieux de la congrégation de Saint-Maur. (In-fol.)

—Histoire du règne de Henri VII traduite du latin de messire François Bacon.

—Bayle, Dictionnaire historique. (In-fol.)

—Du Bellay, seigneur de Langey, Mémoires.

—Brantôme, les Vies des Hommes illustres et grands capitaines.

—Bossuet, Histoire des Variations.

—Burnet, Histoire de la Réforme de l'Église en Angleterre. Traduction de M. de Rosemond.

—Le Grand, Histoire du divorce de Henri VIII.

—Cavendish, the Negociations of Thomas Wolsey, the great cardinal of England, containing the life and death. (1 vol. in-4.)

—Erasmi Epistolæ.

—Les dix-sept lettres de Henri VIII à sa maîtresse. Ces lettres, volées dans la cassette d'Anne Boleyn, furent envoyées à Rome où elles sont encore, dans la bibliothèque du Vatican.

—Gaillard, Histoire de François Ier.

—Godwin, Annales des choses les plus mémorables arrivées tant en Angleterre qu'ailleurs, sous les règnes de Henri VIII, d'Édouard VI et de Marie, traduites par le sieur de Loigny.

—Gueudeville, Abrégé de la vie de Thomas Morus.

—Heylin, the History of the Reformation of the church of England.

—Histoires de France de Daniel, Mezeray, Anquetil, Sismondi, Martin.—Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations.—Guizot, H. de la civilisation en Europe.

—Histoires d'Angleterre de Rapin de Thoyras, de Hume, du docteur Lingard.

—Journals of the House of lords beginning anno primo Henrici octavi. (Grand in-fol.)

—Le père d'Orléans, Histoire des Révolutions d'Angleterre.

—Papiers Granvelle.

—Roscoë, Vie et Pontificat de Léon X.

—Strickland's (miss Agnes) Lives of the Queens of England.

—Strype's (John) Ecclesiastical Memorials relating chiefly to Religion and the Reformation of it.

—Strype's (John) Memorials of the most reverend Father in God, Thomas Cranmer.

—De Thou, Histoire universelle.

—Turner (Sharon) the History of the Reign of Henri the VIII.—The History of the Reigns of Edward the VI, Mary and Élisabeth.

—Fragments littéraires de lady Jane Grey, traduits en français et précédés d'une Notice par Édouard Frère. Nous avons presque adopté cette version pour les trois lettres à Bullinger.

—J. M. Audin, Histoire de Henri VIII.

—Ascham (Roger): Epistolæ.

—Fox (Jean), de Joanna Graia, filia ducis Suffolcensis.

—Holinshed, Chronicles of England, Scotland and Ireland.

—Noailles, Ambassades en Angleterre.

—Gauthier de Costes, seigneur de la Calprenède, Jeanne d'Angleterre, tragédie.

—Nicholas Rowe, Lady Jane Grey, tragédie.

—Young (Edward), the Force of Religion.

—Chalmers (Alexander), the general biographical Dictionary.

—Madame de Staël, Réflexions sur le suicide.—Jane Grey, tragédie en cinq actes et en vers.

—Bullinger, ses Œuvres.

—Doin, Notice sur Jane Grey.

—Harris Nicolas, the literary remains of lady Jane Grey, with a memoir of her live.

TABLE DES CHAPITRES.

CHAPITRE I.

Origine de cette histoire.—Visite à Bradgate.—Naissance de Jane Grey.—Ses ancêtres.—Marie, sœur de Henri VIII et femme de Louis XII, la grand'mère de Jane.—Henri VII.—Élisabeth d'York.—Veuve de Louis XII, Marie Tudor épouse Brandon qui est créé duc de Suffolk.—Ils ont une fille qu'ils unissent à Henri Grey, marquis de Dorset, et qui donne le jour à Jane Grey.—Éducation de Jane à Bradgate.—John Aylmer.—Henri VIII.—Esprit de rénovation au seizième siècle.—Noces de Henri VIII et de Catherine d'Aragon, veuve d'Arthur.—Difficultés théologiques.—Avénement de Henri VIII.—Caractère du nouveau roi.—Henri et Catherine sacrés à Westminster.—Agitation du roi.—Il interprète son serment par une clause singulière 1

CHAPITRE II.

Le précepteur de Henri VIII, John Skelton.—Les humanistes d'Angleterre.—Leur faveur et leur influence.—Érasme.—Son portrait par Holbein.—Wolsey.—Henri VIII se déclare contre Luther et reçoit de Léon X le titre de _défenseur de la foi_.—Ambition de Wolsey.—Il console le roi des insultes de Luther.—Attaques de Skelton contre Wolsey et contre le clergé.—Henri, tout en les blâmant, s'amuse des satires du poëte.—Anne Boleyn.—Son séjour en France.—Son retour en Angleterre.—Sa beauté, sa grâce, son esprit.—Elle devient fille d'honneur de Catherine d'Aragon.—Elle est aimée de lord Percy et l'aime.—Portrait d'Anne.—Lord Percy épouse Marie Talbot.—Anne quitte la cour.—Elle y revient.—Amour croissant de Henri VIII.—Diplomatie d'Anne Boleyn.—Le roi la veut pour femme légitime.—Plan de divorce.—Négociation avec la cour de Rome.—Wolsey nommé légat.—Clément VII désigne un second légat, le cardinal Campeggio.—Système de temporisation entre les légats et le pape contre Henri VIII 27

CHAPITRE III.

La peste en Angleterre sous le nom de _suette_.—Relation du cardinal du Bellay.—Situation de la cour pendant la suette.—Henri VIII.—Anne Boleyn.—Wolsey.—Lettres, courriers du roi.—Visite de Henri à sa maîtresse (sept. 1528).—Le roi plus amoureux que jamais après le fléau.—Il poursuit son divorce.—Campeggio à Londres et Clément VII à Rome se jouent de Henri VIII.—Wolsey cherche vainement à concilier l'inconciliable.—Procès du divorce à Blakfriars.—Entrevue des légats et de Catherine d'Aragon à Bridewell.—La reine leur apprend son appel au pape.—Fureur de Henri VIII.—Traité de Clément VII et de Charles-Quint.—Voyage de Henri à Grafton.—Commencement des disgrâces de Wolsey.—Le docteur Cranmer à Waltham-Abbey.—Il trouve la solution des difficultés du roi.—Henri le confie au vicomte de Rochefort, père d'Anne Boleyn.—Cranmer conspire théologiquement contre la reine et contre le pape 55

CHAPITRE IV.

Wolsey se sépare à Londres de Campeggio, son collègue.—Le légat romain fouillé à Douvres et insulté par la police.—Wolsey accusé devant le parlement et absous.—Malgré son acquittement, le cardinal découragé, déchu.—Le roi le dépouille peu à peu, lui donne et lui retire l'espérance.—William Cavendish.—Patch.—Norris.—Russel.—Butts.—Wolsey à Esher, à Richmond, à Peterborough, à Newark, à Cawood.—Le _Minster_ d'York.—Wolsey arrêté à Cawood par le comte de Northumberland et sir Walter Walsh.—Il est conduit à Sheffield.—Kingston, le constable de la Tour, joint le cardinal à Sheffield et l'escorte avec vingt-quatre gardes jusqu'à l'abbaye de Leicester.—Cette abbaye, voisine de Bradgate, le château des Grey.—Maladie de Wolsey.—Sa mort.—Sa légende.—Bonté du marquis de Dorset.—Douleur énigmatique du roi.—Thomas Morus.—Suffolk, Norfolk.—Lady Anne Boleyn, Clément VII, Henri VIII, Catherine d'Aragon, Charles-Quint.—Cranmer et son livre.—Ambassade du père de lady Anne auprès du pape et de l'empereur.—Thomas Cromwell et la question du divorce.—Le clergé et le Parlement cèdent.—Henri VIII relègue Catherine d'Aragon à Ampthill.—Anne Boleyn installée à sa place 89

CHAPITRE V.

Diplomatie d'Anne Boleyn.—Elle supplante Wolsey et Catherine d'Aragon.—L'orthodoxie décline en Angleterre.—Thomas Cromwell vient en aide à Henri VIII.—Morus donne sa démission de chancelier.—Audley le remplace.—Anne Boleyn, pairesse du royaume, marquise de Pembroke.—Elle décide l'ambassadeur de France, le cardinal Jean du Bellay, à solliciter entre les deux rois, soit à Boulogne, soit à Calais, un rendez-vous où seraient la marquise de Pembroke avec Henri VIII, la reine de Navarre avec François Ier.—Du Bellay échoue.—Le rendez-vous a lieu, mais la reine de Navarre n'y est pas.—Bal à Calais.—Retour en Angleterre.—Grossesse de la marquise de Pembroke.—Son mariage à York-Palace.—Thomas Cromwell, le légiste de Henri VIII.—Cranmer, archevêque de Cantorbéry.—Catherine d'Aragon vainement sommée de comparaître à Dunstable.—Arrêt qui casse son mariage.—Autre arrêt qui valide le mariage de la marquise de Pembroke avec Henri VIII.—Le couronnement.—Notification des sentences à Catherine.—La nouvelle reine accouche à Greenwich d'Élisabeth.—Excommunication.—Henri VIII.—L'archevêque de Cantorbéry.—Son portrait.—Le schisme 121

CHAPITRE VI.

Premières victimes du pape Henri VIII: Élisabeth Barton, ses instigateurs et ses complices.—La suprématie du roi.—Statut, serment.—Fisher et Morus.—Leur refus d'adhésion.—Emprisonnement de Fisher.—Son portrait.—Son dénûment, son courage, son exécution.—Morus à la Tour.—Sa gaieté avec Kingston.—Sa fermeté.—Ses extraits des Psaumes.—Tendresse de sa fille, Marguerite Roper.—Condamnation de Morus.—Ses épreuves.—Sa famille.—Son supplice.—Ses portraits.—Marguerite Roper recueille la tête de son père.—Cranmer pour la clémence, Cromwell contre.—Henri VIII impitoyable.—Cromwell vicaire général.—Désorganisation des couvents.—Confiscations.—Mort de Catherine d'Aragon.—Joie d'Anne Boleyn.—Amour de Henri VIII pour Jeanne Seymour.—La reine Anne est certaine de son malheur.—Sa jalousie.—Ses anxiétés 153

CHAPITRE VII.

La réforme menacée en même temps qu'Anne Boleyn.—État du protestantisme en Angleterre.—Rumeurs contre la reine.—La vicomtesse de Rochefort.—Dénonciation.—Le vicomte de Rochefort.—Norris, Brereton, Weston.—Mark Smeaton.—Joutes de Greenwich.—Explosion de Henri VIII.—La reine, prisonnière à Greenwich, puis à la Tour.—La vicomtesse de Rochefort espionne après avoir calomnié.—Lettre d'Anne à Henri.—Le vicomte de Rochefort, Norris, Brereton, Weston décapités.—Mark Smeaton pendu.—Jugement de la reine.—Incidents de la Tour.—Le Bourreau de Calais.—Lettre de Kingston.—Marie Wyatt.—Lettre de la reine.—Son exécution.—Ses juges.—L'un d'eux, son oncle Norfolk; l'autre, le comte de Wiltshire, son père.—Conduite de tous les Boleyn avec Henri VIII.—Élisabeth, solution du problème.—Mariage du roi et de Jeanne Seymour.—Portrait de Jeanne.—Portrait de Henri 185

CHAPITRE VIII.