Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 4 / 10)

Part 28

Chapter 283,573 wordsPublic domain

Turner, _The History of England, during the middle ages_ (ed. 1830), vol. III, p. 96.--On assurait récemment que le clergé anglican avait encore aujourd'hui un revenu supérieur à celui de tout le clergé de l'Europe. Ce qui est sûr, c'est que l'archevêque de Cantorbéry a un revenu _quinze_ fois plus grand que celui d'un archevêque français, _trente_ fois plus grand que celui d'un cardinal à Rome. (_Statistics of the Church of England_, 1836, p. 5.) V. aussi trois Lettres de Léon Faucher (_Courrier français_, juillet, août 1836).

159--page 232, note--_Le droit d'aînesse en Angleterre..._

Le 12 avril 1836, M. Ewart voulait présenter un bill statuant que, au moins dans les successions ab intestat, les propriétés foncières seraient partagées également entre les enfants; sir John Russel a parlé contre, et la motion a été rejetée à une forte majorité.

160--page 237--_Shakespeare ennemi des sectaires de tout âge..._

Shakespeare a fait de rares allusions aux puritains naissants, toutes malveillantes. Voir entre autres celle qui se trouve dans _Twelfth Night_, act. III, scène II.--Quant à Falstaff, j'aurai occasion d'y revenir.

161--page 239, note--_L'examen d'Oldcastle par l'archevêque de Cantorbéry_, etc.

«Dominus Cantuariensis gratiose se obtulit, et paratum fore promisit ad absolvendum eum; sed ille... petere noluit... Cui compatiens dominus Cant. dixit: Caveatis... Unde dominus Cant. sibi compatiens... Cui archiepiscopus affabiliter et suaviter... Consequenter dominus Cant. suavi et modesto modo rogavit... Quibus dictis dominus Cant. flebili vultu eum alloquebatur... Ergo, cum magna cordis amaritudine, processit ad prolationem sententiæ.» (Walsingham, p. 384.)--Elmham célèbre en prose et en vers les exécutions et les processions. «Rege jubente... Regia mens gaudet.» (Turner, vol. III, p. 142.)

162--page 240--_Henri V écrivit aux prélats..._

De arraiatione cleri: «Prompti sint ad resistendum contra malitiam inimicorum regni, ecclesiæ, etc.» (Rymer, 3e éd., vol. IV, pars I, p. 123; 28 mai 1415.)

163--page 240--_Il complétait ses préparatifs..._

Traité pour avoir des vaisseaux de Hollande, 18 mars 1415. Presse des navires, 11 avril; des armuriers (operariis arcuum, etc., _tam intra libertates quam extra_), le 20; presse des matelots, le 3 mai; recherche de charrettes, le 16; achat de clous et de fers de chevaux, le 25; achat de boeufs et vaches, le 4 juin; ordre pour cuire du pain et brasser de la bière, le 27 mai; presse des maçons, charpentiers, serruriers, etc;--5 juin, négociations avec le Gallois Owen Glendour; 24 juillet, testament du roi; défense de la frontière d'Écosse; négociations avec l'Aragon, avec le duc de Bretagne, _avec le duc de Bourgogne_, 10 août; Bedford nommé gardien de l'Angleterre, 11 août; au maire de Londres, 12, etc. (Rymer, t. IV, p. I, p. 109-146.)

164--page 242--_Le roi réunit la plus forte armée_, etc.

Tels sont les nombres indiqués par Monstrelet, t. III, p. 313. Lefebvre dit: huit cents bâtiments. Rien n'est plus incertain que les calculs de ce temps. Lefebvre croit que le roi de France avait deux cent mille hommes devant Arras, en 1414; Monstrelet en donne cent cinquante mille aux Français à la bataille d'Azincourt. Je crois cependant qu'il a été mieux instruit sur le nombre réel de l'armée anglaise à son départ.

165--page 246--_Un prêtre anglais nous apprend_, etc.

Ms. cité par sir Harris Nicolas, dans son _Histoire de la bataille d'Azincourt_ (1832), p. 129. Ce remarquable opuscule offre toute l'impartialité qu'on devait attendre d'un Anglais judicieux, qui d'ailleurs n'a pas oublié l'origine française de sa famille. Qu'il me soit permis de faire remarquer en passant que beaucoup d'étrangers distingués descendent de nos réfugiés français: sir Nicolas, miss Martineau, Savigny, Ancillon, Michelet de Berlin, etc.

166--page 246--_Tous les habitants d'Harfleur furent chassés de la ville..._

Le chapelain rapporte les lamentations de ces pauvres gens, et il ajoute, avec une bien singulière préoccupation anglaise, qu'après tout ils regrettaient une possession à laquelle _ils n'avaient pas droit_: «For the loss of their accustomed, _though unlawful_, habitations.» V. Sir Nicolas, p. 214.

167--page 247--_Henri V déclara que d'Harfleur il irait jusqu'à Calais..._

Cette expédition a été racontée par trois témoins oculaires qui tous trois étaient dans le camp anglais: Hardyng, un chapelain d'Henri V, et Lefebvre de Saint-Remy, gentilhomme picard, du parti bourguignon, qui suivit l'armée d'Henri. Il n'y a qu'un témoin de l'autre parti, Jean de Vaurin, qui n'ajoute guère au récit des autres. Je suivrai volontiers les témoignages anglais. L'historien français qui raconte ce grand malheur national doit se tenir en garde contre son émotion, doit s'informer de préférence dans le parti ennemi.

168--page 248--_Le duc de Lorraine à lui seul amenait cinquante mille hommes..._

Lettre du gouverneur de Calais Bardolf, au duc de Bedford: «Plaise à vostre Seigneurie savoir, que par les entrevenans divers et bonnes amis, repairans en ceste ville et marche, aussi bien hors des parties de Fraunce, comme _de Flaundres_, me soit dit et rapporté plainement que sans faulte le Roi nostre Seigneur... ara bataille... au plus tarde, deins quinsze jours... que le duc de Lorenne ait assembleie... bien _cinquant mille_ hommes, et que, mes qu'ils soient tous assemblées, ilz ne seront moins de _cent mille_ ou pluis.» (Rymer, t. IV, p. I, p. 147, 7 octobre 1415.)

169--page 249--_Des Picards se joignirent aux Anglais, et peut-être les guidèrent..._

Lorsqu'on voit un de ces Picards, l'historien Lefebvre de Saint-Remy, après avoir combattu pour les Anglais à Azincourt, devenir le confident de la maison de Bourgogne, la servir dans les plus importantes missions (Lefebvre, prologue, t. VII, p. 258), et enfin vieillir dans cette cour comme héraut de la Toison d'or, on est bien tenté de croire que Lefebvre, quoique jeune alors, fut l'agent bourguignon près d'Henri V. Il ne vint pas seulement pour voir la bataille; les détails minutieux qu'il donne (p. 499) portent à croire qu'il suivit l'armée anglaise, dès son entrée en Picardie. V. sur Lefebvre la Notice de mademoiselle Dupont (_Bulletin de la Société de l'histoire de France_, tome II, 1re partie). La savante demoiselle a refait toute la vie de Lefebvre; elle a prouvé qu'il avait généralement copié Monstrelet; il me paraît toutefois qu'en copiant il a quelque peu modifié le récit des faits dont il avait été témoin oculaire.

170--page 250--_Un homme du pays vint dire_, etc.

Les deux Bourguignons Monstrelet et Lefebvre ne disent rien de ceci. Ce sont les Anglais qui nous l'apprennent: «But suddenly, in the midst of their despondency, _one of the villagers_ communicated to the king the invaluable information...» (Turner, t. II, p. 423.)

171--page 251--_Le duc de Berri voulait que les partis d'Orléans et de Bourgogne envoyassent chacun cinq cents lances..._

Il avait d'abord fait écrire en ce sens aux deux ducs, avec défense de venir en personne; c'est ce qu'assure le duc de Bourgogne dans la lettre au roi. (Juvénal des Ursins, p. 299.)

172--page 253--_Bataille d'Azincourt..._

Lefebvre, t. VIII, p. 511.--Religieux, ms., 945 verso.--Jehan de Vaurin, _Chroniques d'Angleterre_, vol. V, partie I, chap. IX, folio 15, verso; ms. de la Bibliothèque royale, nº 6756.--Jean de Vaurin était à la bataille, comme Lefebvre, mais de l'autre côté: «Moy, acteur de ceste euvre, en sçay la vérité, car en celle assemblée estoie du costé des François.»

173--page 260--_Alors survinrent les Anglais_, etc.

«Ictus reiterabant mortales, inusitato etiam armorum genere usi quisque eorum in parte maxima clavam plumbeam gestabant, quæ capiti alicujus afflicta mox illum præcipitabat ad terram moribundum.» (Religieux de Saint-Denis, ms., fol. 950.)

174--page 260--_Puis, c'est le duc d'Alençon_, etc.

Cet embellissement est de la façon de Monstrelet, t. III, p. 355. Il le place hors du récit de la bataille, après la longue liste des morts. Lefebvre, témoin oculaire, n'a pu se décider à copier ici Monstrelet.

175--page 262--_Le lendemain le vainqueur prit ou tua ce qui pouvait rester en vie..._

Lefebvre, t. VIII, p. 16-17.--Monstrelet, t. III, p. 347. Je ne sais d'après quel auteur M. de Barante a dit: «Henri V fit cesser le carnage et relever les blessés.» (_Hist. des ducs de Bourgogne_, 3e édit., t. IV, p. 250.)

176--page 262, note 3--_Le connétable d'Albret_...

Le Religieux revient fréquemment (fol. 940, 946, 948) sur ces bruits de trahison, qui probablement circulaient surtout à Paris, sous l'influence secrète du parti bourguignon.--Nulle part ces accusations ne sont exprimées avec plus de force que dans le récit anonyme qu'a publié M. Tailliar: «Charles de Labrech, connétable de Franche, alloit bien souvent boire et mangier avec le Roi en l'ost des Englès... Li connétables se tenoit en ses bonnes villes et faisoit défendre de par le roi de Franche que on ne le combattesit nient.» Cette dernière accusation, si manifestement calomnieuse, ferait soupçonner que cette pièce est un bulletin du duc de Bourgogne. Au reste, l'auteur confond beaucoup de choses; il croit que c'est Clignet de Brabant qui pilla le camp anglais, etc. Dans la même page, il appelle Henri V tantôt roi de France, tantôt roi d'Angleterre. (_Archives du nord de la France et du midi de la Belgique_ (Valenciennes), 1839.)

177--page 263--_Le fils du duc de Bourgogne fit à tous les morts la charité d'une fosse..._

Monstrelet, t. III, p. 358. Selon le récit anonyme publié par M. Tailliar, on ne put jamais savoir le vrai nombre des morts; ceux qui les avaient enfouis, jurèrent de ne point le révéler. (_Archives du nord de la France_ (Valenciennes), 1839.)

178--page 266--_Les Français nourrirent les Anglais..._

«De suis victualibus refecerunt.» (Walsingham, p. 342.)--Walsingham ajoute une observation de la plus haute importance: «Nempe mos est utrique genti, Angliæ scilicet atque Galliæ, licet sibimet in propriis sint infesti regionibus, in remotis partibus _tanquam fratres_ subvenire, et fidem ad invicem inviolabilem observare.» (Walsingham, _ibid._)--C'est qu'en effet, ce sont des frères ennemis, mais après tout des _frères_.

179--page 266--_... des vers charmants, pleins de bonté et de douceur d'âme..._

Malgré cette douceur de caractère, Charles d'Orléans avait eu quelques pensées de vengeance après la mort de son père. Les devises qu'on lisait sur ses joyaux, d'après un inventaire de 1409, semblent y faire allusion: «Item une verge d'or, ou il a escript, _Dieu le scet_.--Item une autre verge d'or où il est escript, _il est loup_.--Item une autre verge d'or plate en laquelle est escript, _Souviegne vous de_.--Item deux autres verges d'or es quelles est escript, _Inverbesserin_.--Item ung bracelet d'argent esmaillié de vert et escript, _Inverbesserin_. (Inventaire des joyaulx d'or et d'argent, que monseigneur le duc d'Orléans a pardevers lui, fait à Blois en la présence de mondit seigneur, par monseigneur de Gaule et par monseigneur de Chaumont, le IIIe jour de décembre, lan mil CCCC et neuf, et escript par moy Hugues Perrier, etc.» Cette pièce curieuse a été trouvée dans les papiers des Célestins de Paris. _Archives du royaume_, L, 1539.)

180--page 266--_Charles d'Orléans passa de longues années à Pomfret, traité honorablement..._

V. le détail curieux d'un achat de quatorze lits pour les principaux prisonniers: oreillers, traversins, couvertures, plume, satin, toile de Flandre, etc. (Rymer, 3e édit., t. IV, p. I, p. 155, mars 1416.)

181--page 267--_Notre Béranger du quinzième siècle..._

Pour compléter un Béranger de ce temps-là, il faudrait joindre à Charles d'Orléans Eustache Deschamps. Il représente Béranger par d'autres faces, par ses côtés patriotique, satirique, sensuel, etc. V. la pièce: «Paix n'aurez jà, s'ils ne rendent Calais», p. 71.--Il s'élève quelquefois très haut. Dans la ballade suivante, il semble comprendre le caractère titanique et satanique de la patrie de Byron. V. mon _Introduction à l'Histoire universelle_:

Selon le Brut, de l'isle des Géans, Qui depuis fut Albions appelée, Peuple maudit, tar dis en Dieu créans, Sera l'isle de tous poins désolée. Par leur orgueil vient la dure journée Dont leur prophète Merlin Pronostica leur dolereuse fin, Quant il escript: _Vie perdrez et terre_. Lors monstreront estrangiez et voisins: _Au temps jadis estoit cy Angleterre_. . . . . . . . . . . . . . . . . . Visaige d'ange portez (_angli angeli_), mais la pensée De diable est en vous tou dis sortissans À Lucifer. . . . . Destruîz serez; Grecs diront et Latins: _Au temps jadis estoit cy Angleterre_.

182--page 267--_Le sourire y est près des larmes..._

«Fortune, vueilliez-moi laisser», p. 170 (_Poésies_ de Charles d'Orléans, éd. 1803).--«Puisque ainsi est que vous allez en France, Duc de Bourbon, mon compagnon très-cher», p. 206.--«En la forêt d'ennuyeuse tristesse», p. 209.--«En regardant vers le pays de France», p. 323.--«Ma très doulce Valentinée, Pour moy fustes-vous trop tôt née», p. 269.

C'est l'inspiration des vers de Voltaire:

Si vous voulez que j'aime encore, Rendez-moi l'âge des amours...

Et celle de Béranger:

Vous vieillirez, ô ma belle maîtresse, Vous vieillirez, et je ne serai plus...

183--page 268, note 1--_Il y a pourtant un vif mouvement de passion_, etc.

Le pauvre prisonnier eut encore un autre malheur: il fut toujours amoureux; bien des vers furent adressés par lui à une belle dame de ce côté-ci du détroit. Les Anglaises, probablement meilleures pour lui que les Anglais, n'en ont pas gardé rancune, s'il est vrai qu'en mémoire de Charles d'Orléans et de sa mère Valentine, elles ont pris pour fête d'amour la Saint-Valentin. V. _Poésies_ de Charles d'Orléans, éd. 1803.

184--page 268--_C'est l'alouette, rien de plus..._

Le temps a quitté son manteau De vent, de froidure et de pluie... (_Idem_, p. 257.)

Ces jolis chants d'alouette font penser à la vieille petite chanson, incomparable de légèreté et de prestesse:

J'étais petite et simplette Quand à l'école on me mit Et je n'y ai rien appris... Qu'un petit mot d'amourette... Et toujours je le redis, Depuis qu'ay un bel amy.

185--page 271--_Moururent en quelques mois... le dauphin_, etc.

«Ce dit jour Mons. Loiz de France, ainsné filz du Roy, notre Sire, Dauphin de Viennoiz et duc de Guienne, moru, de laage de vint ans ou environ, bel de visaige, suffisamment grant et gros de corps, pesans et tardif et po agile, voluntaire et moult curieux à magnificence dabiz et joiaux _circa cultum sui corporis_, désirans grandement grandeur, oneur de par dehors, grant despensier à ornemens de sa chapelle privée, à avoir ymages grosses et grandes dor et dargent, qui moult grant plaisir avoit à sons dorgues, lesquels entre les autres oblectacions mondaines hantoit diligemment, si avoit-il musiciens de bouche ou de voix, et pour ce avoit chapelle de grant nombre de jeune gent; et si avoit bon entendement, tant en latin que en françois, mais il emploioit po, car sa condicion estoit demploier la nuit à veiller et po faire, et le jour à dormir; disnoit à III ou IV heures après midi, et soupoit à minuit, et aloit coucher au point du jour et à soleil levant souvant, et pour ce estoit aventure qu'il vesquit longuement.» (_Archives du royaume, Registres du Parlement, Conseil_, XIV, f. 39, verso, 19 décembre 1415.)

186--page 271, note 3--_Les Anglais chantaient des_ Te Deum _et des ballades._

As the King lay musing on his bed, He thought himself upon a time, Those tributes due from the French King, That had not been paid for so long a time Fal, lal, lal, lal, laral, laral, la. He called unto his lovely page, His lovely page away came he..., etc.

(Ballade citée par Sir Harris Nicolas, Azincourt, p. 78.)

187--page 274--_Plutôt que de recevoir les Gascons, Rouen tua son bailli_, etc.

M. Chéruel a trouvé des détails curieux dans les archives de Rouen. (Chéruel, _Histoire de Rouen sous la domination anglaise_, p. 19. Rouen, 1840.)

188--page 276--_Le roi d'Angleterre exceptait de la capitulation quelques-uns des assiégés_, etc.

«Ut rei læsæ majestatis.» (Religieux, ms., folio 79.) Ce point de vue des légistes anglais qui suivaient le roi est mis dans son vrai jour au siège de Meaux. (_Ibid._, folio 176.)

189--page 277, note 2--_Armagnac persévérait dans son attachement à Benoît XIII..._

V. la déclaration de la reine contre lui. (_Ordonnances_, t. X, p. 436.)

190--page 279--_Un Lambert commença à pousser le peuple au massacre des prisonniers..._

Le Bourgeois devient poète tout à coup, pour parer le massacre de mythologie et d'allégories: «Le dimanche ensuivant, 12 jour de juing, environ onze heure de nuyt, on cria alarme, comme on faisoit souvent alarme à la porte Saint-Germain, les autres crioient à la porte de Bardelles. Lors s'esmeut le peuple vers la place Maubert et environ, puis après ceulx de deçà les pons, comme des halles, et de Grève et de tout Paris, et coururent vers les portes dessus dites; mais nulle part ne trouvèrent nulle cause de crier alarme. Lors se leva la Déesse de Discorde, qui estoit en la tour de Mauconseil, et esveilla Ire la forcenée, et Convoitise, et Enragerie et Vengeance, et prindrent armes de toutes manières, et boutèrent hors d'avec eulx Raison, Justice, Mémoire de Dieu... Et n'estoit homme nul qui, en celle nuyt ou jour, eust osé parler de Raison ou de Justice, ne demander où elle estoit enfermée. Car Ire les avoit mise en si profonde fosse, qu'on ne les pot oncques trouver toute celle nuyt, ne la journée ensuivant. Si en parla le Prévost de Paris au peuple, et le seigneur de L'Isle-Adam, en leur admonestant pitié, justice et raison; mais Ire et Forcennerie respondirent par la bouche du peuple: Malgrebieu, Sire, de vostre justice, de vostre pitié et de vostre raison: mauldit soit de Dieu qui aura la pitié de ces faulx traistres Arminaz Angloys, ne que de chiens; car par eulz est le royaulme de France destruit et gasté, et si l'avoient vendu aux Angloys.» (_Journal du Bourgeois de Paris_, t. XV, p. 234.)

191--page 280--_Seize cents personnes périrent_, etc.

Monstrelet, t. IV, p. 97.--Le greffier dit moins: «Jusques au nombre de huit cens personnes et au-dessus, comme on dit.» (_Archives, Registres du Parlement, Conseil_, XIV, f. 139.)

192--page 281--_Tout est tué au petit Châtelet..._

«Tuèrent bien trois cens prisonniers.» (Monstrelet, t. IV, p. 120.) «Durant laquelle assemblée et commocion, furent tuez et mis à mort environ de quatre-vingt à cent personnes, entre lesquelles y ot trois ou quatre femmes tuées, si comme on disoit...» (_Archives, Registres du Parlement, Conseil_, XIV, folio 142, verso, 21 août.)

193--page 283--_Un traité récent avec les Anglais ne permettait pas au duc de Bourgogne d'appeler les Flamands..._

Le traité probablement ne concernait que la Flandre. Tout le monde croyait que dans une entrevue avec Henri V à Calais il s'était allié à lui. Il existe un traité d'alliance et de ligue, où le duc reconnaît les droits d'Henri à la couronne de France, mais cet acte ne présente ni date précise ni signature. Il est probable que Jean-sans-Peur fit entendre au roi d'Angleterre que, s'il l'aidait activement, c'en était fait du parti bourguignon en France, qu'il servirait mieux les Anglais par sa neutralité que par son concours. (Rymer, 3e éd., t. IV, pars I, p. 177-178, octobre 1416.)

194--page 285--_Chacun des princes prisonniers n'eut qu'un serviteur français..._

Selon le Religieux. Mais Rymer indique un plus grand nombre.

195--page 287--_Alain Blanchard..._

Sur Alain Blanchard, V. la notice publiée par M. Auguste Le Prévôt, en 1826, l'_Histoire de Rouen sous les Anglais_, par M. Chéruel (1840), et l'_Histoire du privilège de Saint-Romain_, par M. Floquet, t. II, p. 548.

196--page 287--_Le peuple de Rouen sortait à la fois par toutes les portes..._

M. Chéruel, p. 46, d'après la chronique versifiée d'un Anglais qui était au siège. (_Archæologia Britannica_, t. XXI, XXII.) Ce curieux poème a été traduit par M. Potier, bibliothécaire de Rouen.

197--page 288--_Rouen était plein de nobles et croyait être trahi._

«Les Engloys descendirent à la Hogue de Saint-Vaast, dimence 1er jour d'aost 1416, adonc estoit le dalphin de Vyane à Rouen avec sa forche; et de là se partit à soy retraire à Paris, et laissa l'ainsné filz du comte de Harcourt, chapitaine du chastel et de la ville, et M. de Gamaches, bailly de la dicte ville, avenc grant quantité d'estrangiers qui gardoient la ville et la quidèrent pillier; mès l'en s'en aperchut, et y out sur ce pourvéanche. Mais nonostant tout, fut levé en la ville une taille de 16,000 liv. et un prest de 12,000, et tout poié dedens la my-aost ensuivant. Et fu commenchement de malvèse estrenche; et puis touz s'en alèrent au dyable. Et après euls y vint M. Guy le Bouteiller, capitaine de la ville, de par le duc de Bourgongne, avec 1,400 ou 1,500 Bourguégnons et estrangiers, pour guarder la ville contre les Engloys; mais ils estoient miez Engloys que Franchoiz; les quiez estoient as gages de la ville, et si destruioient la vitaille et la garnison de la ville.» (Chronique ms. du temps, communiquée par M. Floquet.)

198--page 290, note 1--_Détresse de Rouen..._

_Archæologia_, t. XXI, XXII.--M. Chéruel a trouvé un renseignement plus sérieux sur le prix des denrées; par délibération du 7 octobre 1418, le chapitre fait fondre une châsse d'argent, et paye, entre autres dettes, _soixante livres tournois_ (mille francs d'aujourd'hui?) _pour deux boisseaux de blé_. (M. Chéruel, _Rouen sous les Anglais_, p. 53, d'après les registres capitulaires, conservés aux Archives départementales de la Seine-Inférieure.) Cet excellent ouvrage donne une foule de renseignements non moins précieux pour l'histoire de la Normandie et de la France en général.

199--page 292--_Capitulation de Rouen_, etc.

«Item, estoit octroyé par ledit seigneur Roi, que tous et chacun pourroient s'en retourner..., excepté _Luc_, Italien, Guillaume de _Houdetot_, chevalier bailly, Alain _Blanchart_, Jehan _Segneult_, maire, maître Robin _Delivet_, et _excepté la personne qui_, de mauvaises paroles et déshonnêtes, _auroit parlé antiennement_, s'il peut être découvert, sans fraude ou mal engyn...» (Vidimus de la capitulation de Rouen, aux Archives de Rouen, communiqué par M. Chéruel). Rymer donne le même acte en latin (t. IV, p. II, p. 82, 13 januar. 1419).

200--page 292--_Rouen dut payer trois cent mille écus d'or..._

«Januarii instantis, februarii instantis.» Les articles suivants prouvent qu'il s'agit bien de 1418, et non 1419. (Rymer, t. IV, p. II, p. 82.)

201--page 294--_Henri V voulait marier en Allemagne son frère Bedford..._

«Super sponsalibus inter Bedfordium et filiam unicam Fr. burgravii Nuremburiensis, filiam unicam ducis Lotaringiæ, aliquam consanguineam imperatoris.» (Rymer, t. IV, p. II, p. 100, 18 mart. 1419.)

202--page 294--_Il voulait faire adopter son jeune frère, Glocester, à la reine de Naples_, etc.

«Cum Johanna, regina Apuleæ, de adoptione Johannis ducis Bedfordiæ. Dux mittat quinquaginta millia ducatorum, quousque fortalitia civitatis Brandusii erint ei consignata... Dux teneatur, intra octo menses, venire personaliter cum mille hominibus armatis, 2,000 sagittariis. Non intromittet se de regimine regni, _excepto ducatu Calabriæ_ quem gubernabit ad beneplacitum suum.» (_Ibid._, p. 98, 12 mart. 1419.)

203--page 295--_Il mettait d'accord contre lui les Aragonais et les Castillans..._