Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 4 / 10)
Part 25
Voy. au t. XIV du Froissart édité par M. Buchon, le poème français sur la déposition de Richard II (p. 322-466), écrit par un gentilhomme français qui était attaché à sa personne.--Voir aussi la publication de M. Thomas Wright: _Alliterative Poem on the deposition of king Richard II_.--Richardi Maydiston _de Concordia inter Ricardum II et civitatem London_, 1838.--La lamentation de Richard est très touchante dans Jean de Vaurin: «Ha, Monseigneur Jean-Baptiste mon parrain, je l'ai tiré du gibet,» etc. (_Bibl. royale_, mss., 6756, t. IV, partie 2, folio 246.)
46--page 67--_Lancastre fut obligé par les siens de leur laisser tuer Richard..._
«Si fut dit au roi: «Sire, tant que Richard de Bordeaux vive, vous ni le pays ne serez à sûr état.» Répondit le roi: «Je crois que vous dites vérité, mais tant que à moi je ne le ferai jà mourir, car je l'ai pris sus. Si lui tiendrai son convenant (promesse) tant que apparent me sera que fait ne aura trahison.» Si répondirent ses chevaliers: «Il vous vaudroit mieux mort que vif; car tant que les Français le sauront en vie, ils s'efforceront toujours de vous guerroyer, et auront espoir de le retourner encore en son État, pour la cause de ce que il a la fille du roi de France.» Le roi d'Angleterre ne répondit point à ce propos et se départit de là, et les laissa en la chambre parler ensemble, et il entendit à ses fauconniers, et mit un faucon sur son poing, et s'oublia à le paître.» (Froissart, t. XIV, c. LXXXI, p. 258.)
47--page 68--_Sa science était dans un livre merveilleux qui s'appelait Smagorad..._
Ce passage du Religieux de Saint-Denis ne peut trouver son explication que dans les auteurs qui ont traité de la Kabbale. Voir les travaux de M. Franck, si remarquables par la précision et la netteté.
48--page 69--_Le pauvre prince sentit l'approche de la frénésie..._
«Sequenti die, mente se alienari sentiens, jussit sibi cultellum amoveri et avunculo suo duci Burgundiæ præcepit, ut sic omnes facerent curiales. Tot angustiis pressus est illa die, quod sequenti luce, cum præfatum ducem et aulicos accersisset, eis lachrimabiliter fassus est, quod mortem avidius appetebat quam taliter cruciari, omnesque circumstantes movens ad lachrimas, pluries fertur dixisse: Amore Jesu Christi, si sint aliqui conscii hujus mali, oro ut me non torqueant amplius, sed cito diem ultimum faciant me signare.» (Religieux de Saint-Denis, ms. Baluze.)
49--page 69--_Un roi si débonnaire..._
Le Religieux donne une preuve remarquable de la douceur de Charles VI: «Cum in itinere... adolescens... dextrarium... urgeret calcaribus, ut eum ad superbiam excitaret, recalcitrando calce tibiam ejus graviter vulneravit et inde cruor fluxit largissimus. Inde... circumstantes cum in actorem delicti animadvertere conarentur, id rex manu et verbis levibus, etc.» (_Ibid._, folio 736.)
50--page 69--_Il saluait tout le monde, les petits comme les grands..._
«Tanta affabilitate præminebat, ut etiam contemptibilibus personis ex improviso et nominatim salutationis dependeret affatum, et ad se ingredi volentibus vel occurrentibus passim mutuæ collocutionis aut offerret ultro commercium aut postulantibus non negaret... Quamvis beneficiorum et injuriarum valde recolens, non tamen naturaliter neque magnis de causis sic ad iracundiam pronus fuit, ut alicui contumelias aut improperia proferret. Carnis lubrico contra matrimonii honestatem dicitur laborasse, ita tamen ut nemini scandalum fieret, nulli vis, nulli enormis infligeretur injuria. Prædecessorum morem etiam non observans, raro et cum displicentia habitu regali, epitogio scilicet et talari tunica utebatur, sed indifferenter, ut decuriones cæteri, holosericis indutus, et nunc Boemannum nunc Alemannum se fingens, etiam... post unctionem susceptam hastiludia et joca militaria justo sæpius exercebat.» (_Ibid._, folio 141.)
51--page 70--_On lui mettait dans son lit une petite fille..._
«Filia cujusdam mercatoris equorum... quæ quidem competenter fuit remunerata, quia sibi fuerunt data duo maneria pulchra cum suis omnibus pertinentiis, situata unum a Creteil, et aliud a Bagnolet, et ipsa vulgariter vocabatur palam et publice _Parva Regina_, et secum diu stetit, suscepitque ab eo unam filiam, quam ipse rex matrimonialiter copulavit cuidam nuncupato Harpedenne, cui dedit dominium de Belleville in Pictavia, filiaque vocabatur domicella de Belleville.»--Je ne retrouve plus la source d'où j'ai tiré cette note. Elle est ou du Religieux de Saint-Denis, ou du ms. Dupuy, _Discours et Mémoires meslez_, coté 488.
52--page 72, note--_Les cartes étaient connues avant Charles VI, mais peu en usage..._
On en trouve la première mention dans le _Renart contrefait_, dont l'auteur anonyme nous apprend qu'il a commencé son poème en 1328 et l'a fini en 1341. M. Peignot a donné une curieuse bibliographie de tous les auteurs qui ont traité ce sujet. (Peignot, _Recherches sur les danses des morts et sur les cartes à jouer_.)--Les uns font les cartes d'origine allemande, les autres d'origine espagnole ou provençale. M. Rémusat remarque que nos plus anciennes cartes à jouer ressemblent aux cartes chinoises. (Abel Rémusat, _Mém. Acad._, 2e série, t. VII, p. 418.)
53--page 72--_Les cartes étaient peintes d'abord; mais cela étant trop cher, on s'avisa de les imprimer..._
En 1430, Philippe-Marie Visconti, duc de Milan, paya quinze cents pièces d'or pour un jeu de cartes _peintes_.--En 1441, les cartiers de Venise présentent requête pour se plaindre du tort que leur font les marchands étrangers par les cartes qu'ils _impriment_. (_Ibid._, p. 218, 247.)
54--page 73--_Charles VI appelle ceux qui jouaient les Mystères de la Passion «ses amés et chers confrères»._
_Ordonnances_, t. VIII, p. 555, déc. 1402.--Dans une lettre bien antérieure, Charles VI assigne «quarante francs à certains chapelains et clercs de la Sainte-Chapelle de nostre Palais à Paris, lesquels jouerent devant nous le jour de Pasques nagaires passé les jeux de la Résurrection Nostre Seigneur.» 5 avril 1390. (Bibliothèque royale, ms., Cabinet des titres.)
55--page 78--_Louis d'Orléans_, etc.
Voir le Religieux de Saint-Denis à l'année 1405, et le portrait qu'il fait du duc d'Orléans, année 1407, ms. Baluze, folio 553.--Voy. aussi les complaintes et autres pièces sur la mort de Louis d'Orléans. (Bibl. royale, mss. Colbert 2403, Regius 9681-5.)
56--page 79--_Les vieilles barbes de l'Université se troublaient à ses vives saillies..._
Voy. la réponse qu'il leur fit en 1405. Toutefois ordinairement il leur parlait avec douceur: «Ipsum vidi elegantiorem respondendo... quam fuerant proponendo... mitissime alloqui, et si uspiam errassent, leniter admonere.» (Religieux de Saint-Denis, ms., 553, verso.)
57--page 80, note 1--_L'éducation d'un jeune chevalier par les femmes..._
Les histoires de Saintré, de Fleuranges, de Jacques de Lalaing, ne sont guère autre chose. L'homme y prend toujours le petit rôle; il trouve doux d'y faire l'enfant. Tout au contraire de la _Nouvelle Héloïse_, dans les romans du quinzième siècle, la femme enseigne, et non l'homme, ce qui est bien plus gracieux. C'est ordinairement une jeune dame, mais plus âgée que _lui_, une dame dans la seconde jeunesse, une grande dame surtout, d'un rang élevé, inaccessible, qui se plaît à cultiver le petit page, à l'élever peu à peu. Est-ce une mère, une soeur, un ange gardien? Un peu tout cela. Toutefois, c'est une femme... Oui, mais une dame placée si haut! Que de mérite il faudrait, que d'efforts, de soupirs pendant de longues années!... Les leçons qu'elle lui donne ne sont pas des leçons pour rire: rien n'est plus sérieux, quelquefois plus pédantesque. La pédanterie même, l'austérité des conseils, la grandeur des difficultés, font un contraste piquant et ajoutent un prix à l'amour... Au but, tout s'évanouit; en cela, comme toujours, le but n'est rien, la route est tout. Ce qui reste, c'est un chevalier accompli, le mérite et la grâce même.--Voir l'_Histoire du Petit Jehan de Saintré_, 3 vol. in-12, 1724; le _Panégyric du chevalier sans reproche_ (La Trémouille), 1527, etc., etc. (Note de 1840).--Voir _Renaissance_, notes de l'Introduction (1855).
58--page 81--_Christine de Pisan..._
Nous devons à M. Thomassy de pouvoir apprécier enfin ce mérite si longtemps méconnu. (_Essai sur les écrits politiques de Christine de Pisan_, 1838.) M. de Sismondi la traite encore assez durement. Gabriel Naudé, ce grand chercheur, avait eu l'idée de tirer ses manuscrits de la poussière. (_Naudæi Epistolæ_, epist. XLIX., p. 369.)
59--page 81--_Christine n'eut de rapport avec le duc d'Orléans_, etc.
Elle dédia au duc d'Orléans son _Débat des deux amants_ et d'autres ouvrages. Du reste, elle fait entendre qu'elle ne le vit qu'une fois, et pour solliciter sa protection: «Et ay-je veu de mes yeulx, comme j'eusse affaire aucune requeste d'ayde de sa parolle, à laquelle, de sa grâce, ne faillis mie. Plus d'une heure fus en sa présence, où je prenoye grant plaisir de veoir sa contenance, et si agmodérément expédier besongnes, chascune par ordre; et moi mesmes, quant vint à point, par luy fus appellée, et fait ce que requeroye...»--Elle dit encore du duc d'Orléans: «N'a cure d'oyr dire deshonneur de femmes d'autruy, à l'exemple du sage, (et dit de telles notables parolles: «Quant on me dit mal d'aucun, je considère se celluy qui le dit a aucune particulière hayne à celluy dont il parle)», ne de nelluy mesdire, et ne croit mie de legier mal qu'on lui rapporte.» (Christine de Pisan, collection Petitot, t. V, p. 393.)
60--page 82--_Monstrelet est sujet et serviteur de la maison de Bourgogne..._
M. Dacier n'a pas réussi, dans la préface de son _Monstrelet_, à établir l'impartialité de ce chroniqueur. Monstrelet omet ou abrège ce qui est défavorable à la maison de Bourgogne, ou favorable à l'autre parti. Cela est d'autant plus frappant qu'il est ordinairement d'un bavardage fatigant. «Plus baveux qu'un pot à moutarde», dit Rabelais.
61--page 84--_Charles V rendit aux Flamands Lille et Douai, la Flandre française..._
Il est curieux de voir comment Philippe-le-Hardi eut l'adresse de se conserver cette importante possession que Charles V avait cru, ce semble, ne céder que temporairement, pour gagner les Flamands et faciliter le mariage de son frère. Celui-ci obtint, sous la minorité de Charles VI, qu'on lui laisserait Lille, etc., pour sa vie et celle de son premier hoir mâle. Il savait bien qu'une si longue possession finirait par devenir propriété. V. les _Preuves de l'Hist. de Bourgogne_, de D. Plancher, 16 janvier 1386, t. III, p. 91-94.
62--page 84--_La langue française et wallone ne gagna pas un pouce de terrain sur le flamand..._
C'est ce qui résulte de l'important mémoire de M. Raoux; il prouve par une suite de témoignages que depuis le onzième siècle la limite des deux langues est la même. Rien n'a changé dans les villes même que les Français ont gardées un siècle et demi. (_Mémoires de l'Académie de Bruxelles_, t. IV, p. 412-440.)
63--page 85--_Pierre Dubois se fit pirate_, etc.
Meyeri, _Annales Flandriæ_, folio 208, et Altemeyer, _Histoire des relations commerciales et politiques des Pays-Bas avec le Nord, d'après les documents inédits_; ms.
64--page 89--_Le duc d'Orléans jeta le gant à Henri IV pour venger Richard II..._
Lettre des ambassadeurs anglais contre le duc d'Orléans, etc.: «Le roi d'Angleterre, alors duc, étant revenu en Angleterre demander justice, a été poursuivi par le roi Richard, lequel est mort en cette poursuite, _ayant auparavant résigné son royaume audit duc_; il n'est pas nouveau qu'un roi, comme un pape, puisse résigner son État.» 24 septembre 1404. (_Archives_, _Trésor des chartes_, J, 645.)
65--page 91--_Si l'on en croyait une tradition conservée par Meyer_, etc.
Meyer ne nomme pas cet auteur, qui nous apprend seulement dans le passage cité qu'il a vu souvent Charles VII et causé familièrement avec lui. Il prétend que Jean-sans-Peur voulait, dès le vivant de son père, tuer le duc d'Orléans; que dès qu'il lui succéda, il demanda à ses conseillers quel était le moyen d'en venir à bout avec moins de danger. N'ayant pu changer sa résolution, ils lui conseillèrent d'attendre qu'il eût perdu son ennemi dans l'esprit du peuple: «Id autem hoc modo efficere posset, si Parisiis præcipue et similiter in aliis quibusque regni nobilioribus civitatibus, per biennium vel triennum ante per impositas personas ubique disseminari faceret: «Se maxime regnicolis compati et condolere, quod tot tributis, et variis, et multiplicibus vectigalibus premerentur. Seque totis eniti conatibus ut, regno ad antiquas suas libertates atque immunitates restituto, omnibus hujus modi molestissimis gravissimisque exactionibus populus levaretur; sed ne sui optimi ac piissimi voti et affectus quem ad regnum et regnicolas gerebat, fructum assequeretur, ipsius Aurelianensis ducis vires et conatus semper obstitisse et continuo obstare, qui omnium hujus modi imponendorum et in dies excrescentium novorum tributorum atque vectigalium author et defensor maximus existeret ac semper extitisset.» Hoc igitur rumore per omnes pene civitates et provincias regni aures mentesque popularium occupante, tanta invidia apud plebem (quæ hujusmodi gravamina vectigalium atque exactionum altius sentit atque suspirat) conflata fuit adversus præfatum Aurelianensium ducem, tantus vero amor, gratia atque favor omnium duci Burgundionum arcesserunt, ut...» (Meyer, 224, verso.)
66--page 92--_Le duc de Bourgogne déclara_, etc.
«Compatiendo regnicolis... Affirmans, quod si... consensisset, inde ducenta millia scuta auri, sibi promissa, percepisset.» (Religieux de Saint-Denis, ms., folio 392.)
_Il envoya dans toutes les villes des commissaires_, etc.
«Qui de usurariis dolosisque contractibus et specialiter de illis qui ultra medietatem justi pretii aliquid vendidissent inquirerent, et ab eis secundum demerita, pecunias extorquerent. (_Ibid._, folio 394.)
67--page 95--_Les Anglais pensionnaient le capitaine de Paris..._
Le Religieux paraît croire pourtant qu'il était innocent; le Parlement le jugea tel. Il était Normand et fortement soutenu par les nobles de Normandie. (_Ibid._, folio 424.) «Et disoient les Anglais... qu'il n'y avoit chose si secrète au conseil du roy que tantost après ils ne sceussent.» (Juvénal, p. 162.)
68--page 95--_Jean-sans-Peur conclut une trêve marchande avec les Anglais..._
En 1403, le duc de Bourgogne n'osant négocier avec les Anglais, laissa les villes de Flandre traiter avec eux. (Rymer, editio tertia, t. IV, p. 38.)--Il se fit ensuite autoriser par le roi à conclure une trêve marchande. Cette trêve fut renouvelée par sa veuve et son successeur. 29 août 1403, 19 juin 1404. (_Archives_, _Trésor des chartes_, J, 573.)
69--page 95--_L'habile et heureux fondateur de la maison de Bourgogne_, etc.
Voy. l'excellent jugement que Le Laboureur porte sur le caractère de Philippe-le-Hardi. (Introd. à l'_Hist. de Charles VI_, p. 96.)
70--page 97--_La cession de biens au moyen âge..._
_Glossaire de Laurière_, t. I, p. 206.--Michelet, _Origines du droit_, p. 395: «Se desceindre», c'est le signe de la cession de biens. En certaines villes d'Italie, celui qui fait cession a payé pour toujours, «s'il frappe du cul sur la pierre en présence du juge».
71--page 97, note 3--_La renonciation de la veuve..._
Michelet, _Origines_, p. 42: «La clef était un des principaux symboles usités dans le mariage...»--En France «lorsqu'on ostoit les clefs à sa femme, c'étoit le signe du divorce.» (Godet.)--«C'est une coutume chez les François que les veuves déposent leurs clefs et leur ceinture sur le corps mort de leur époux, en signe qu'elles renoncent à la communauté des biens.» (_Le Grand Coutumier._)
72--page 98--_La duchesse de Bourgogne accomplit bravement la cérémonie..._
«Et là (à Arras), la duchesse Marguerite, sa femme (femme de Philippe-le-Hardi), renonça à ses biens meubles par la doute qu'elle ne trouvât trop grands dettes, en mettant sur sa représentation sa ceinture avec sa bourse et les clefs, comme il est de coutume, etc.» (Monstrelet.)
73--page 99--_La France était redevenue riche par la paix..._
Cela ressort d'une infinité de faits de détail. Un historien dont l'opinion est bien grave en ce qui touche l'économie politique, et que d'ailleurs on ne peut soupçonner d'oublier jamais la cause du peuple, M. de Sismondi a compris ceci comme nous: «L'agriculture n'était point détruite en France, quoiqu'il semblât qu'on eût fait tout ce qu'il fallait pour l'anéantir. Au contraire, les granges brûlées par les dernières expéditions des Anglais avaient été rebâties, les vignes avaient été replantées, les champs se couvraient de moissons. Les arts, les manufactures, n'étaient point abandonnés; au contraire, il paraît qu'ils employaient un plus grand nombre de bras dans les villes, à en juger par les statuts de corps de métiers qui se multipliaient dans toutes les provinces, et pour lesquels on demandait chaque année de nouvelles sanctions royales. La richesse, si bravement enlevée à ceux qui l'avaient produite, était bientôt recréée par d'autres; et il faut bien que ce fût avec plus d'abondance encore, car le produit des tailles et des impositions, loin de diminuer, s'était considérablement accru. Le roi levait plus facilement six francs par feu dans l'année qu'il n'aurait levé un franc cinquante ans auparavant.» (Sismondi, _Histoire des Français_, t. XII, p. 173.)
74--page 100--_On disait au peuple que la reine faisait passer en Allemagne_, etc.
«Cum regina ex illis sex equos oneratos auro monetato in Alemaniam mitteret, hoc in prædam venit Metensium (_de ceux de Metz_) qui a conductoribus didicerunt quod alias finantiam similem in Alemaniam conduxerant, unde mirati sunt multi, cum sic vellet depauperare Franciam ut Alemanos ditaret.» (Religieux de Saint-Denis, ms., folio 440.)
75--page 100--_Le grave historien du temps croit que la taxe précédente_, etc.
«Mihi pluries de summa sciscitanti responsum est, quod octies ad centum millia scuta auri venerat, quam tamen propriis deputaverant usibus.» (_Ibid._, folio 439.)
76--page 104--_On obtint de Charles VI qu'il appelât le duc de Bourgogne_, etc.
Monstrelet, t. I, page 163. Le greffier du Parlement, contre son ordinaire, raconte ce fait avec détail: «Ce dit jour, le roy estant malade en son hostel de Saint-Paul, à Paris, de la maladie de l'aliénation de son entendement (laquelle a duré des l'an mil CCCIIIIXX et XIII, hors aucuns intervalles de resipiscence telle quelle), et la royne et le duc d'Orliens Loys frère du roy estant à Meleun, où len menoit le dauphin duc de Guienne aagié de IX ans environ et sa femme aagiée de X ans ou environ, au mandement de la royne mère dudit dauphin, Jehan duc de Bourgoigne et contes de Flandres, cousin germain du roy et père de la femme dudit dauphin (qui venoit au roy comme len disoit pour faire hommage après le décès de Philippe son père, oncle du roi, jadis de ses terres, et pour le visiter et aviser comme len disoit du petit gouvernement de ce royaume) soupeconans comme len disoit que la royne n'eut mandé ledit dauphin pour sa venue, chevaucha hastivement et soudainement, à tout sa gent armée de Louvres en Parisis où il avoit gen, en passant par Paris environ VII heures au matin, et a consuit ledit dauphin san gendre qui avoit gen à Ville-Juyve à Genisy, et ledit dauphin interrogué après salus où il aloit et si voudroit pas bien retourner en sa bonne ville de Paris, a respondu que oy, comme len disoit, le ramena environ XII heures contre le gré du marquis du Pont, cousin germain du roy et dudit duc et contre le gré du frère de la royne qui le menoient, auquel dauphin alèrent au-devant le roy de Navarre, cousin germain, le duc de Berry et le duc de Bourbon, oncles du roy et plusieurs autres seigneurs qui estoient à Paris, et le menèrent au chasteau du Louvre pour être plus seurement; dont se tindrent mal contens lesdits duc d'Orliens et la royne, telement que _hinc inde_ s'assemblèrent à Paris du cousté dudit duc de Bourgogne le duc de Lambourt son frère à grand nombre de gens d'armes, et ou plat-paiz plusieurs de plusieurs paiz et à Meleun et ou paiz environ du costé du duc d'Orliens plusieurs, comme len disoit. Quil en avendra? Dieu y pourvoi, car en lui doit estre espérance et sience et «non in principibus nec in filiis hominum, in quibus non est salus». (_Archives_, _Registres du Parlement, Conseil_, vol. XII, folio 222. 19 août 1405.)
77--page 105--_Le parti d'Orléans reprenait dix-huit petites places_, etc.
Le comte d'Armagnac prit d'abord _dix-huit_ petites places, selon le Religieux, ms., 469 verso: «Burdeganlensem adiit civitatem, ipsis mandans quod si exire audebant...»--Le connétable d'Albret et le comte d'Armagnac, employant tour à tour les armes et l'argent, se firent rendre _soixante_ forts ou villages fortifiés. (Religieux, 471, verso.)
78--page 108--_C'était le moment où le nouveau comte de Flandre_, etc.
Promesse de la duchesse de Bourgogne et du duc Jean, son fils, qui s'engagent à suivre l'instruction du roi pour régler le commerce des Flamands avec les Anglais, 19 juin 1404. (_Archives_, _Trésor des chartes_, J, 503.)
79--page 108--_Le duc de Bourgogne rassembla des munitions infinies, douze cents canons..._
Voyez le curieux travail de M. Lacabane sur l'_Histoire de l'artillerie au moyen âge_ (manuscrit en 1840).
80--page 109--_Les Gascons qui avaient appelé le duc d'Orléans se ravisèrent et ne l'aidèrent point..._
«Ferebatur capitaneos ad custodiam Aquitaniæ deputatos dominum ducem Aurelianensem antea sollicitasse, ut... aggrediendo armis patriam Burdegalensem..--Iter arripuit, quamvis minime ignoraret agilitatem Vasconum et quantis astuciis Francos reiteratis vicibus deceperunt ab antiquo.» (Religieux de Saint-Denis, ms., folio 490.)
81--page 109--_Le duc de Bourgogne accusait le duc d'Orléans_, etc.
Monstrelet dit que l'on avait abusé du nom du roi pour défendre aux capitaines de la Picardie et du Boulenois d'aider le duc de Bourgogne. (Monstrelet, t. I, p. 192.)--Le duc réclama des dédommagements. (V. _Compte des dépenses faites par le duc de Bourgogne pour le siège de Calais_, extrêmement important pour l'histoire de l'artillerie et en général du matériel de guerre. _Archives_, _Trésor des chartes_, J, 922.)
82--page 117--_Le testament du duc d'Orléans..._
On y voyait le goût et la connaissance familière des divines Écritures et des choses saintes. Durant sa vie, il avait été le plus magnifique des princes dans ses dons aux églises. Ses dernières volontés étaient plus libérales encore. Après le payement de ses dettes qu'il recommandait d'une façon expresse, commençait un merveilleux détail de toutes les fondations qu'il ordonnait, des prières et services funèbres qu'il prescrivait pour sa mémoire et dont les cérémonies étaient soigneusement déterminées. Il assignait des fonds pour construire une chapelle dans chaque église de Sainte-Croix d'Orléans, Notre-Dame de Chartres, Saint-Eustache et Saint-Paul de Paris. En outre, comme il avait une dévotion particulière pour l'ordre des religieux Célestins, il fondait une chapelle dans chacune des églises qu'ils avaient en France, au nombre de treize, sans parler des richesses qu'il laissait à leur maison de Paris. Il avait voulu y être inhumé en habit de l'ordre, porté humblement au tombeau sur une claie couverte de cendre, et que sa statue de marbre le représentât aussi vêtu de cette robe. Les pauvres et les hôpitaux n'étaient pas oubliés dans ses bienfaits; et son amour pour les lettres paraissait dans la fondation de six bourses au collège de l'Ave-Maria. (_Histoire des Célestins_, par le P. Beurrier.--M. de Barante, t. III, p. 95, 3e édition.) Voir l'acte original, inséré en entier par Godefroy, à la suite de Juvénal des Ursins, p. 631-646.
83--page 118--_Les Liégeois ayant chassé leur évêque_, etc.