Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 4 / 10)
Part 24
9--page 18--_Les compagnons de Rouen avaient fait roi un drapier._
«Ducenti et eo amplius insolentissimi viri, vino forsitan temulenti, et qui publicis officinis mechanicis inserviebant artibus, quemdam burgensem simplicem, locupletem tamen, venditorem pannorum, ob pinguedinem nimiam Crassum ideo vocatum, angarientes, ut ejus autoritate uterentur in agendis... regem super se illico statuerunt. Hunc in sede, more regis, præparata super currum levaverunt, quem per villæ compita perducentes, et laudes regias barbarisantes, cum ad principale forum rerum venalium pervenissent, ut plebs maneret libera ab omni subsidiorum jugo postulant et assequuntur... Sedens pro tribunali, audire omnium oppositiones coactus est.» (Religieux de Saint-Denis, t. I, page 130.)
10--page 19--_Les gentilshommes attaqués partout en même temps_, etc.
«Encore se tenoit le roi de France sur le mont de Ypres, quand nouvelles vinrent que les Parisiens s'étoient rebellés et avoient eu conseil, si comme on disoit, entre eux là et lors pour aller abattre le beau chastel de Beauté qui sied au bois de Vincennes, et aussi le chasteau du Louvre et toutes les fortes maisons d'environ Paris, afin qu'ils n'en pussent jamais être grevés.--(Mais Nicolas _le Flamand_ leur dit): Beaux seigneurs, abstenez-vous de ce faire tant que nous verrons comment l'affaire du roi notre sire se portera en Flandre: si ceux de Gand viennent à leur entente, ainsi que on espère qu'ils y venront, adonc sera-t-il heure du faire et temps assez.
«Or, regardez la grand'diablerie que ce eût été, si le roi de France eût été déconfit en Flandre et la noble chevalerie qui étoit avecques lui en ce voyage. On peut bien croire et imaginer que toute gentillesse et noblesse eût été morte et perdue en France et autant bien ens ès autre pays: ni la Jacquerie ne fut oncques si grande ni si horrible qu'elle eût été. Car pareillement à Reims, à Châlons en Champagne, et sur la rivière de Marne, les vilains se rebelloient et menaçoient jà les gentilshommes et dames et enfants qui étoient demeurés derrière; aussi bien à Orléans, à Blois, à Rouen, en Normandie et en Beauvoisis, leur étoit le diable entré en la tête pour tout occire, si Dieu proprement n'y eût pourvu de remède.» (Froissart, VIII, 319-320.)
«Tous prenoient pied et ordonnance sur les Gantois, et disoient adonc les communautés par tout le monde, que les Gantois étoient bonnes gens et que vaillamment ils se soutenoient en leurs franchises; dont ils devoient de toutes gens être aimés et honorés.» (Froissart, VIII, 103.)
«Les gentilshommes du pays... avoient dit et disoient encore et soutenoient toujours que si le commun de Flandre gagnoit la journée contre le roi de France, et que les nobles du royaume de France y fussent morts, l'orgueil seroit si grand en toutes communautés, que tous gentilshommes s'en douteroient, et jà en avoit-on vu l'apparent en Angleterre.» (Froissart, VIII, 367-8.)
11--page 19--_La rivalité des villes de Gand et de Bruges..._
«Quand les haines et tribulations vinrent premièrement en Flandre, le pays étoit si plein et si rempli de biens que merveilles serait à raconter et à considérer; et tenoient les gens des bonnes villes si grands états que merveilles seroit à regarder, et devez savoir que toutes ces guerres et haines murent par orgueil et par envie que les bonnes villes de Flandre avoient l'une sur l'autre... Et ces guerres commencèrent par si petite incidence, que, au justement considérer, si sens et avis s'en fussent ensoignés (mêlés), il ne dut point avoir eu de guerre; et peuvent dire et pourront ceux qui cette matière liront ou lire feront, que ce fut une oeuvre du diable; car vous savez et avez ouï dire aux sages que le diable subtile et attire nuit et jour à bouter guerre et haine là où il voit paix, et court au long de petit en petit pour voir comment il peut venir à ses ententes.» (Froissart, VII, 215-46.)
12--page 19--_Bruges empêchait les ports d'avoir des entrepôts._
En 1358, le comte de Flandre «accorda à ceux de Bruges et leur promist que jamais il ne mettroit sus aucun estaple de biens ou marchandises en autre ville que audit Bruges, mesmes qu'il priveroit de leurs offices les baillis et eschevins de l'eaue à l'Escluse, toutes les fois qu'ils seroyent trouvez avoir fait contre ledict droict d'estaple, et qu'il en apparut par cinc eschevins de Bruges.» (Oudegherst, folio 273, éd. in-4º.)--«Puis (ceux de Bruges, Gand, Ypres et Courtrai) alèrent à l'Escluse, par acord, et y abatirent plusieurs maisons, qui estoient sus le port, en une rue en laquelle on vendoit et acheptoit marchandises, sans égard; et disoient les Flamans de Bruges et autres que c'estoit au préjudice des marchands et d'eux, et pour ce les abatirent.» (_Chronique de Sauvage_, p. 223.)
_... les campagnes de fabriquer..._
«Interdictum petitione Brugensium (1384), ne post hac Franconates per pagos suos lanificium faciant.» (Meyer, p. 201.)--Aussi: «Ceux du Franc ont toujours esté de la partie du comte plus que tout le demeurant de Flandre.» (Froissart, VII, 439.)
13--page 19--_Liège, Bruxelles, etc., encourageaient les Gantais..._
«Ceux de Brabant, et par spécial ceux de Bruxelles leur étoient moult favorables, et leur mandèrent ceux de Liège pour eux reconforter en leur opinion: «Bonnes gens de Gand, nous savons bien que pour le présent vous avez moult affaire et êtes fort travaillés de votre seigneur le comte et des gentilshommes et du demeurant du pays, dont nous sommes moult courroucés; et sachez que si nous étions à quatre ou à six lieues près marchissans (limitrophes) à vous, nous vous ferions tel confort que on doit faire à ses frères, amis et voisins, etc.» (Froissart, VII, 450. Voir aussi Meyer.)
14--page 20--_Pierre Dubois décida les Gantais à faire un tyran..._
Dubois va trouver Philippe Artevelde et lui dit: «Et saurez-vous bien faire le cruel et le hautin? car un sire entre commun (peuple), et par spécial à ce que nous avons à faire, ne vaut rien s'il n'est crému et redouté et renommé à la fois de cruauté; ainsi veulent Flamands être menés, ni on ne doit tenir entre eux compte de vies d'hommes, ni avoir pitié non plus que d'arondeaulx (hirondelles) ou de alouettes qu'on prend en la saison pour manger.--Par ma foi, dit Philippe, je saurai tout ce faire.--Et c'est bien, dit Piètre, et vous serez, comme je pense, souverain de tous les autres.» (Froissart, VII, 479.)
15--page 20--_Les Gantais entrent dans Bruges..._
Ils rapportèrent à Gand, pour humilier Bruges, le grand dragon de cuivre doré que Baudoin de Flandre, empereur de Constantinople, avait pris à Sainte-Sophie et que les Brugeois avaient placé sur leur belle tour de la halle aux draps.--Cette tradition contestée est discutée et finalement adoptée dans l'intéressant _Précis des Annales de Bruges_, de M. Delpierre, p. 10, 1835.
16--page 21, note--_Les Gantais réclamèrent aux Anglais les sommes que la Flandre avait autrefois prêtées à Édouard III..._
«Quant les seigneurs orent ouï cette parole et requête, ils commencèrent à regarder l'un l'autre, et les aucuns à sourire... Et les consaulx d'Angleterre sur leurs requêtes étoient en grand différent, et tenoient les Flamands à orgueilleux et présumpcieux, quand ils demandoient à ravoir deux cent mille vielz écus de si ancienne date que de quarante ans.» (Froissart, VIII, 250-1.)
17--page 22--_Bataille de Roosebeke..._
«Ces Flamands qui descendoient orgueilleusement et de grand volonté, venoient roys et durs, et boutoient en venant de l'épaule et de la poitrine, ainsi comme sangliers tout forcenés, et étoient si fort entrelacés ensemble qu'on ne les pouvoit ouvrir ni dérompre... Là fut un mons et un tas de Flamands occis moult long et moult haut; et de si grand bataille et de si grand'foison de gens morts comme il y en ot là, on ne vit oncques si peu de sang issir, et c'étoit au moyen de ce qu'ils étoient beaucoup d'éteints et étouffés dans la presse, car iceux ne jetoient point de sang.» (Froissart, VII, 347-354.)--«Et y heubt en Flandres après la bataille grant orreur et pugnaisie en le place où le bataille avoit esté, des mors dont le place duroit une grande lieue... et les mangeoient les chiens et maint grant oisel qui furent veu en icelle place, dont le peuple avoit grant merveille. (Chronique inédite, ms. 801, D. de la Bibliothèque de Bourgogne (à Bruxelles), folio 153.) Cette chronique curieuse n'est pas celle que Sauvage a rajeunie; d'ailleurs elle va plus loin.
18--page 23--_Lorsque le roi arriva à Paris, les bourgeois s'étalèrent en longues files..._
Sur tout ceci, voyez le récit du Religieux de Saint-Denis.--Le calcul de Froissart, différent en apparence, ne contredit point celui-ci: «Et estoient en la cité de Paris de riches et puissants hommes armés de pied en cap la somme de trente mille hommes, aussi bien arrés et appareillés de toutes pièces comme nul chevalier pourroit être; et avoient leurs varlets et leurs maisnies (suites) armés à l'avenant. Et avoient et portoient maillets de fer et d'acier, périlleux bastons pour effondrer heaulmes et bassinets; et disoient en Paris quand ils se nombroient que ils étoient bien gens, et se trouvoient par paroisses tant que pour combattre de eux-mêmes sans autre aide le plus grand seigneur du monde.» (Froissart, VIII, 183.)
19--page 25--_Il n'y avait plus de prévôt, plus de commune de Paris..._
«Statuentes ut officium præposituræ exerceret qui regis auctoritate et non civium fungeretur.--Confraternitates etiam ad devotionem ecclesiarum sanctorum, et earum ditationem introductas, in quibus cives consueverant convenire, ut simul gaudentes epularentur... censuerunt etiam suspendendas usque ad beneplacitum regiæ majestatis.» (Religieux de Saint-Denis, I, 242.--Ordonnance du 27 janvier 1382, t. VI du _Recueil des Ord._, p. 685.) Un mot de cette ordonnance fait entendre que les Parisiens avaient aidé indirectement les Flamands: «Ils ont empesché que nos charioz et ceux de nostre chier oncle, le duc de Bourgogne, et plusieurs autres choses fussent amenez par devers nous... où nous estions.»
20--page 25--_On traita à peu près de même Rouen_, etc.
La ville de Rouen fut fort maltraitée, sa cloche lui fut enlevée, et donnée aux panetiers du roi; c'est ce qui résulte d'une charte dont je dois la communication à l'amitié de M. Chéruel: «Comme par nos lettres patentes vous est apparu nous avoir donné à nos bien amés panetiers Pierre Debuen et Guillaume Heroval une cloche qui soulloit estre en la mairie de Rouen, nommée Rebel, laquelle fust confisquée à Rouen quand la commotion du peuple fust dernièrement en ladicte ville...» (Archives de Rouen, registre ms., côté A, folio 267.)
21--page 27--_Les Flamands prétendirent que le duc de Berri avait poignardé le comte de Flandre..._
Froissart dit qu'il mourut de maladie, t. IX, p. 10, édit. Buchon.--Le Religieux de Saint-Denis, ce grave et sévère historien, qui ne déguise aucun crime des princes de ce temps, n'accuse point le duc de Berri.--Meyer (lib. XIII, fol. 200) ne rapporte l'assassinat que d'après une chronique flamande du quinzième siècle, laquelle se réfute elle-même par la cause qu'elle assigne au fait. Le duc de Berri aurait pris querelle avec le comte de Flandre pour l'hommage du comté de Boulogne, héritage de sa femme. Or le duc de Berri n'épousa l'héritière de Boulogne que cinq ans après. (_Art de vérifier les dates, Comtes de Flandre_, ann. 1384, t. III, p. 21.)
22--page 29--_On rassembla tout ce qu'on put acheter, louer de vaisseaux..._
«Ils furent nombrés à treize cents et quatre-vingt-sept vaisseaux... Et encore n'y estoit pas la navie du connétable.» (Froissart, t. X, c. XXIV, p. 160.)--«Les pourvéances de toutes parts arrivoient en Flandre, et si grosses de vins et de chairs salées, de foin, d'avoine, de tonneaux de sel, d'oignons, de verjus, de biscuit, de farine, de graisses, de moyeux (jaunes) d'oeufs battus en tonneaux et de toute chose dont on se pouvoit aviser ni pourpenser, que qui ne le vit adoncques, il ne le voudra ou pourra croire.» (Froissart, _ibid._, p. 158.)
23--page 30--_Le duc de Berri arriva lorsque la saison rendait le passage à peu près impossible..._
Le duc de Berri répondait froidement aux reproches du duc de Bourgogne sur l'inutilité de ces prodigieuses dépenses: «Beau frère, si nous avons la finance et nos gens l'aient aussi, la greigneur partie en retournera en France; toujours va et vient finance. Il vaut mieux cela aventurer que mettre les corps en péril ni en doute.» (Froissart, t. X, p. 271.)
24--page 32, note 1--_Boulard pourvut aux approvisionnements..._
Il envoya ses agents avec cent mille écus d'or sur le Rhin; ils furent partout bien reçus, sur le renom de leur maître, «ob magistri notitiam.» Les mariniers du Rhin s'employèrent avec beaucoup de zèle à faire descendre ces provisions jusqu'aux Pays-Bas. (Religieux de Saint-Denis, l. IX, c. VII, p. 532.)
25--page 32--_Charles VI fut touché surtout des prières d'une grande dame du pays..._
«Quod acceptabilius regi fuit, insignis domina municipii _Amoris_, casto _amore_ succensa, ad eum personaliter accessit.» (Religieux de Saint-Denis, _ibid._, p. 358.)--V. les traités originaux des princes des Pays-Bas et leurs excuses au roi. (_Archives, Trésor des chartes_, J, 522.)
26--page 33--_L'affaire fut bien menée..._
Elle était préparée de longue date. On ne perdait pas une occasion d'indisposer le roi contre ses oncles: «... Leur en ay oy aucune foiz tenir leur consaulz, et dire au roy: Sire, vous n'avez mais à languir que six ans, et l'autre foiz que cinq ans, et ainsi chascune année, si comme le temps s'aprochoit...» (_Instruction de Jean de Berri_, dans les _Analectes hist._ de M. Le Glay, Lille, 1838, p. 159.)
27--page 36--_Les belles dames logèrent dans l'abbaye même de Saint-Denis..._
«Abbatia pro regina dominarumque insigni contubernio retenta...» (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 586.)--«Quarum si pulchritudinem attendisses... fictum dearum... ritum dixisses renovatum.» (_Ibid._, p. 594.)
28--page 37--_Serait-ce dans cette funeste nuit que le jeune duc d'Orléans_, etc.
Cette tradition ne se trouve que dans Mayer et autres auteurs assez modernes. Mais le contemporain y fait allusion: «Alias displicentiæ radices utique non sic cognitas quod scriptu dignas reputem.» (Religieux de Saint-Denis, ms., 388, verso.)--Juvénal, écrivant plus tard, est déjà plus clair: «Et estoit commune renommée que desdites joustes estoient provenues des choses deshonnestes en matière d'amourettes, et _dont depuis beaucoup de maux sont venus_.» (Juvénal des Ursins, p. 75, éd. Godefroy.)
29--page 37--_Le héros de Charles VI, Duguesclin_, etc.
Dans son testament, il lègue une somme considérable, trois cents livres, pour que l'on fasse des prières pour l'âme de Duguesclin, mort douze ans auparavant. (_Testament de Charles VI_, janvier 1393. _Archives, Trésor des chartes_, J, 404.)
30--page 40--_Charles VI ne permit pas à ses oncles de le suivre..._
Je suis sur ce point le Religieux de Saint-Denis, p. 618. Au reste, les contradictions des historiens sur ce voyage ne sont pas inconciliables.
31--page 44, note--_Flamel..._
D'abord, sans autre bien que sa plume et une belle main, Flamel, épousa une vieille femme qui avait quelque chose. Sous même enseigne, il fit plus d'un métier. Tout en copiant les beaux manuscrits qu'on admire encore, il est probable que, dans ce quartier de riches bouchers ignorants, de lombards et de juifs, il fit et fit faire bien d'autres écritures. Un curé, greffier du Parlement, pouvait encore lui procurer de l'ouvrage. Le prix de l'instruction commençant à être senti, les seigneurs à qui il vendait ces beaux manuscrits lui donnèrent à élever leurs enfants. Il acheta quelques maisons; ces maisons, d'abord à vil prix, par la fuite des juifs et par la misère générale du temps, acquirent peu à peu de la valeur. Flamel sut en tirer parti. Tout le monde affluait à Paris; on ne savait où loger. De ces maisons, il fit des _hospices_, où il recevait des locataires pour une somme modique. Ces petits gains, qui lui venaient ainsi de partout, firent dire qu'il savait faire de l'or. Il laissa dire, et peut-être favorisa ce bruit, pour mieux vendre ses livres.--Cependant ces arts occultes n'étaient pas sans danger. De là le soin extrême que mit Flamel à afficher partout sa piété aux portes des églises. Partout on le voyait en bas-relief agenouillé devant la croix, avec sa femme Pernelle. Il trouvait à cela double avantage. Il sanctifiait sa fortune et il l'augmentait en donnant à son nom cette publicité. Voir le savant et ingénieux abbé Vilain, _Histoire de Saint-Jacques-la-Boucherie_, 1758; et son _Histoire de Nicolas Flamel_, 1761.
32--page 44--_Arnauld de Villeneuve..._
Voy. ses _Oeuvres_, Lyon, 1504, et sa _Vie_ (par Haitze), Aix, 1719.
33--page 46--_Le bruit courut qu'on avait empoisonné les rivières..._
Selon le chroniqueur bénédictin, on accusa encore de ce crime les dominicains: «Veneficos ignorabant, sciebant tamen quod desuper habitum longum et nigrum, subtus vero album, ut religiosi, deferebant.» (Religieux de Saint-Denis, t. I, l. XI, c. V, p. 684.)
34--page 50, note--_Les oncles du roi ne tardèrent pas à obtenir la grâce de Craon..._
Lettres de rémission accordées à Pierre de Craon: «... Il ait esté par notre commandement et ordenance au saint Sépulcre, et depuis par nostre permission et licence et soubs nostre sauf-conduit soit venu en nostre royaume et en l'abbaye de Saint-Denis, où il a esté par l'espace de IIII mois et demi ou environ en espérance de cuidier trouver paix et accord avec ledit sire de Clicon,.. et avec ce ait esté nagueires banni de nostre royaume et entre autres choses condempné envers notre très chere et très amee tante la royne de Cécille par arrest de nostre Parlement, pour lesquels bannissement et autres condemnations lui, sa femme et ses enfants sont du tout déserts d'estat et de chevance, mesmement que de ses biens ne lui demoura autre chose... et leur a convenu... requerir leurs parents et amis pour vivre...--Voulans en ce cas pitié et miséricorde préférer à rigueur de justice et pour contemplation de nostre très-chère et très-amée fille Ysabelle royne d'Angleterre, qui sur ce nous a... supplié le jour de ses fiansailles et que ledit suppliant est de nostre lignaige, Nous par saine et meure délibération et de nos très chers et amés oncles et frère...» (_Archives, Trésor des chartes_, J, 37.)
35--page 52--_Comme il traversait la forêt, un homme de mauvaise mine_, etc.
«... Quemdam abjectissimum virum obviam habuit, qui eum terrait vehementer. Is nec minis nec terroribus potuit cohiberi, quin regi pertranseunti terribiliter clamando fere per dimidiam horam hæc verba reiteraret: Non progrediaris ulterius, insignis rex, quia cito perdendus es. Cui cito assensit ejus imaginatio jam turbata... Hoe furore perdurante, virps quatuor occidit, cum quodam insigni milite dicto de Polegnac de Vasconia, ex furtivo tamen concubitu oriundo.» (Le Religieux de Saint-Denis, folio 189, ms.)--M. Bellaguet ayant encore le manuscrit original entre les mains, et n'ayant pas encore publié cette partie, je me sers de l'excellente copie de Baluze (1839).
36--page 55--_Il soutenait qu'il n'était point marié, qu'il n'avait pas d'enfant..._
«Non solum se uxoratum liberosque genuisse denegabat, imo suimet et lituli regni Franciæ oblitus, se non nominari Carolum, nec deferre lilia asserebat; et quotiens arma sua vel reginæ exarata vasis aureis vel alicubi videbat, ea indignantissime delebat.» (Le Religieux de Saint-Denis, ms., anno 1393, folio 207.)--«Arma propria et reginæ si in vitreis vel parietibus exarata vel depicta percepisset, inhoneste et displicenter saltando hæc delebat, asserens se Georgium vocari, et in armis leonem gladio transforatum se deferre.»
37--page 58--_Gerson célèbre la paix, dans un de ces moments où l'on crut à la cession des deux papes..._
Toutefois Gerson doute encore. Si la cession s'opère, ce sera un don de Dieu, et non une oeuvre de l'homme; il y a trop d'exemples de la fragilité humaine: Ajax, Caton, Médée, les anges même, «qui tresbuchèrent du ciel», enfin les apôtres, et _notamment saint Pierre_, «qui à la voix d'une femelette renya Nostre-Seigneur.» (Gerson, édition de Du Pin, t. IV, p. 567.)
38--page 59--_Les Anglais ne voulaient point la paix..._
Sur les négociations antérieures, depuis 1380, voir entre autres pièces le _Voyage de Nicolas de Bosc, évêque de Bayeux_, imprimé dans le _Voyage littéraire de deux bénédictins_, partie seconde, p. 307-360.
39--page 59--_Richard II épousa une fille du roi, avec une dot de huit cent mille écus..._
Elle apporta, en outre, un grand nombre d'objets précieux. Voy. deux déclarations des joyaux, vaisselle d'or et d'argent, robes, tapisseries et objets divers pour la personne de madame Isabeau, pour sa chambre, sa chapelle et son écurie, panneterie, fruiterie, cuisine, etc. Nov. 1393, 23 juillet 1400. (_Archives, Trésor des chartes_, J, 643.)
40--page 59--_Croisade contre les Turcs..._
Comparer sur le récit de cette croisade nos historiens nationaux et les écrivains hongrois et allemands cités par Hammer, _Histoire de l'Empire Ottoman_. Ce grand ouvrage a été traduit sous la direction de l'auteur, par M. Hellert, qui l'a enrichi d'un atlas très utile.
41--page 61--_Élection de Pierre de Luna, Benoît XIII..._
Consulter sur tout ceci le récit hostile au pape qu'on trouve dans les actes du concile de Pise. (_Concilia_, éd. Labbe et Cossart, 1671, t. XI, part. 2, col. 2172, et seq.)
42--page 63--_Quand le sultan vit le champ de bataille_, etc.
Récit du Bavarois Schildberger, l'un des prisonniers, qui fut épargné, à la prière du fils du sultan. (Hammer, _Histoire de l'Empire Ottoman_, trad. de M. Hellert, t. I, p. 334.)
43--page 64--_Présents de Bajazet au roi de France..._
Le Religieux de Saint-Denis y ajoute: «Equus habens abscissas ambas nares, ut diutius ad cursum habilis redderetur.» (Ms., folio 330.)
44--page 67--_Tous quittèrent Richard, même son chien..._
«Le roi Richard avoit un lévrier lequel on nommait Math, très beau outre mesure; et ne vouloit ce chien connoître nul homme fors le roi; et quand le roi devoit chevaucher, cil qui l'avoit en garde le laissoit aller; et ce lévrier venoit tantôt devers le roi festoyer et lui mettoit ses deux pieds sur les épaules. Et or donc advint que le roi et le comte Derby parlant ensemble en mi la place de la cour du dit châtel et leur chevaux tous sellés, car tantôt ils devoient monter, ce lévrier nommé Math qui coutumier étoit de faire au roi ce que dit est, laissa le roi et s'en vint au duc de Lancastre et lui fit toutes les contenances telles que endevant il faisoit au roi, et lui assist les deux pieds sur le col, et le commença grandement à conjouir. Le duc de Lancastre, qui point ne connoissoit le lévrier, demanda au roi: «Et que veut ce lévrier faire?»--«Cousin, ce dit le roi, ce vous est une grand'signifiance et à moi petite.»--«Comment, dit le duc, l'entendez-vous?»--«Je l'entends, dit le roi, le lévrier vous festoie et recueille aujourd'hui comme roi d'Angleterre que vous serez, et j'en serai déposé; et le lévrier en a connoissance naturelle; si le tenez de lez (près) vous, car il vous suivra et il m'éloignera.» Le duc de Lancastre entendit bien cette parole et conjouit le lévrier, lequel oncques depuis ne voulut suivre Richard de Bordeaux, mais le duc de Lancastre; et ce virent et sçurent plus de trente mille.» (Froissart, t. XIV, c. LXXV, p. 205.)
45--page 67--_Abdication de Richard II..._