Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 2 / 10)
Part 38
34--page 72--_L'aimable sentimentalité de la Bourgogne_, etc...
N'oublions pas non plus la pittoresque et mystique petite ville de Paray-le-Monial, où naquit la dévotion du Sacré-Coeur, où mourut madame de Chantal. Il y a certainement un souffle religieux sur le pays du traducteur de la _Symbolique_ et de l'auteur de l'_Histoire de la Liberté de conscience_, MM. Guigniaut et Dargaud.
35--page 74--_La coutume de Troyes déclare que_ «_le ventre anoblit_»...
Cette noblesse de mère se trouve ailleurs aussi en France, et même sous la première race (Voy. Beaumanoir). Charles V (15 novembre 1370) assujettit les nobles de mère au droit de franc fief. À la deuxième rédaction de la Coutume de Chaumont, les nobles de pères réclament contre; Louis XII ordonne que la chose reste en suspens.--La Coutume de Troyes consacrait l'égalité de partage entre les enfants; de là l'affaiblissement de la noblesse. Par exemple, Jean, sire de Dampierre, vicomte de Troyes, décéda, laissant plusieurs enfants qui partagèrent entre eux la vicomté. Par l'effet des partages successifs, Eustache de Conflans en posséda un tiers, qu'il céda à un chapitre de moines. Le second tiers fut divisé en quatre parts, et chaque part en douze lots, lesquels se sont divisés entre diverses maisons et les domaines de la ville et du roi.
36--page 76--_Les histoires allégoriques et satiriques de Renard et Isengrin..._
L'esprit railleur du nord de la France éclate dans les fêtes populaires.
En Champagne et ailleurs, _roi de l'aumône_ (bourgeois élu: pour délivrer deux prisonniers, etc.); _roi de l'éteuf_ (ou de la balle) (Dupin, Deux-Sèvres); _roi des arbalétriers_ avec ses chevaliers (Cambry, Oise, II); _roi des guétifs_ ou pauvres, encore en 1770 almanach d'Artois, 1770; _roi des rosiers_ ou des jardiniers, aujourd'hui encore en Normandie, Champagne, Bourgogne, etc.--À Paris, _fêtes des sous-diacres_ ou _diacres soûls_, qui faisaient un évêque des fous, l'encensaient avec du cuir brûlé; on chantait des chansons obscènes; on mangeait sur l'autel.--À Évreux, le 1er mai, le jour de Saint-Vital, c'était la _fête des cornards_; on se couronnait de feuillages, les prêtres mettaient leur surplis à l'envers, et se jetaient les uns aux autres du son dans les yeux; les sonneurs lançaient des _casse-museau_ (galettes).--À Beauvais, on promenait une fille et un enfant sur un âne... à la messe, le refrain chanté en choeur était _hihan!_-À Reims, les chanoines marchaient sur deux files, traînant chacun un hareng, chacun marchant sur le hareng de l'autre...--À Bouchain, fête du _prévôt des étourdis_; à Chalon-sur-Saône, des _gaillardons_; à Paris, des _enfants sans-souci_, du _régiment de la calotte_, et de la _confrérie de l'aloyau_.--À Dijon, procession de la _mère folle_.--À Harfleur, au mardi gras, _fête de la scie_. (Dans les armes du président Cossé-Brissac, il y avait une scie.) Les magistrats baisent les dents de la scie. Deux masques portent le _bâton friseux_ (montants de la scie). Puis on porte le _bâton friseux_ à un époux qui bat sa femme.--Dès le temps de la conquête de Guillaume existait l'association de la _chevalerie d'Honfleur_.
37--page 81--_Plus on avance au nord dans cette grasse Flandre_, etc...
Voy. les _Coutumes du comté de Flandre_, traduites par Legrand, Cambrai. 1719, Ier vol. Coutume de Gand, p. 149, rub. 26: Niemandt en sal bastaerdi wesen van de moeder: _Personne ne sera bâtard de la mère_; mais ils succéderont à la mère avec les autres légitimes (non au père). Ceci montre bien que ce n'est pas le motif religieux ou moral qui les exclut de la succession du père, mais le doute de la paternité. Dans cette Coutume, il y a communauté, partage égal dans les successions, etc.
_La Flandre est une Lombardie prosaïque..._
Vous y retrouvez la prédilection pour le cygne, qui, selon Virgile, était l'ornement du Mincius et des autres fleuves de Lombardie. Dès l'entrée de l'ancienne Belgique, Amiens, la petite Venise, comme l'appelait Louis XIV, nourrissait sur la Somme les cygnes du roi. En Flandre, une foule d'auberges ont pour enseigne le cygne.
38--page 84 et note 1--_Cette frontière des races et des langues..._
La Marche, ou marquisat d'Anvers, créée par Othon II, fut donnée par Henri IV au plus vaillant homme de l'Empire, à Godefroi de Bouillon.--C'est au Sas de Gand qu'Othon fit creuser, en 980, un fossé qui séparait l'Empire de la France. À Louvain, dit un voyageur, la langue est germanique, les moeurs hollandaises et la cuisine française.--Avec l'idiome germanique commencent les noms astronomiques (_Al-ost, Ost-ende_); en France, comme chez toutes les nations celtiques, les noms sont empruntés à la terre (Lille, _l'île_).
_Les hommes poussent vite, multiplient à étouffer..._
Avant l'émigration des tisserands, en Angleterre, vers 1382, il y avait à Louvain cinquante mille tisserands. (Forster, I, 364.) À Ypres (sans doute en y comprenant la banlieue), il y en avait deux cent mille en 1342.--En 1380, «ceux de Gand sortirent avec trois armées. (Oudegherst, _Chronique de Flandre_, folio 301.)--Ce pays humide est dans plusieurs parties aussi insalubre que fertile. Pour dire un homme blême, on disait: «Il ressemble à la mort d'Ypres.»--Au reste, la Belgique a moins souffert des inconvénients naturels de son territoire que des révolutions politiques. Bruges a été tuée par la révolte de 1492; Gand, par celle de 1540; Anvers, par le traité de 1648, qui fit la grandeur d'Amsterdam en fermant l'Escaut.
39--page 90--_... dans les chefs-lieux des clans galliques, Bourges_, etc...
Bourges était aussi un grand centre ecclésiastique. L'archevêque de Bourges était patriarche, primat des Aquitaines, et métropolitain. Il étendait sa juridiction comme patriarche sur les archevêques de Narbonne et de Toulouse, comme primat sur ceux de Bordeaux et d'Auch (métropolitain de la 2me et 3me Aquitaine); comme métropolitain, il avait anciennement onze suffragants, les évêques de Clermont, Saint-Flour, le Puy, Tulle, Limoges, Mende, Rodez, Vabres, Castres, Cahors. Mais l'érection de l'évêché d'Albi en archevêché ne lui laissa sous sa juridiction que les cinq premiers de ces sièges.
40--page 91--_La tour des Coucy..._
La tour de Coucy a cent soixante-douze pieds de haut, et trois cent cinq de circonférence. Les murs ont jusqu'à trente-deux pieds d'épaisseur. Mazarin fit sauter la muraille extérieure en 1652, et, le 18 septembre 1692, un tremblement de terre fendit la tour du haut en bas.--Un ancien roman donne à l'un des ancêtres des Coucy neuf pieds de hauteur. Enguerrand VII, qui combattit à Nicopolis, fit placer aux Célestins de Soissons son portrait et celui de sa première femme, de grandeur colossale.--Parmi les Coucy, citons seulement: Thomas de Marle, auteur de la _Loi de Vervins_ (législation favorable aux vassaux), mort en 1130; Raoul Ier, le trouvère, l'amant, vrai ou prétendu, de Gabriel de Vergy, mort à la croisade en 1191; Enguerrand VII, qui refusa l'épée de connétable et la fit donner à Clisson, mort en 1397.--On a prétendu à tort qu'Enguerrand III, en 1228, voulut s'emparer du trône pendant la minorité de saint Louis. (_Art de vérifier les dates_, XII, 219, sqq.)
41--page 92 et note 3--_L'Artois..._
Arras est la patrie de l'abbé Prévost. Le Boulonnais a donné en un même homme un grand poète et un grand critique, je parle de Sainte-Beuve.
42--page 103--_Le monde devait finir avec l'an 1000..._
Concil. Troslej., ann. 909 (Mansi, XVIII, p. 266): «Dum jamjamque adventus imminet illius in majestate terribili, ubi omnes cum gregibus suis venient pastores in conspectum pastoris æterni, etc.»--Trithemii Chronic., ann. 960: «Diem jamjam imminere dicebat (Bernhardus, eremita Thuringiæ) extremum, et mundum in brevi consummandum.»--Abbas Floriacensis, ann. 990 (Gallandius, XIV, 141): «De fine mundi coram populo sermonem in ecclesia Parisiorum audivi, quod statim finito mille annorum numero Ante-christus adveniret, et non longo post tempore universale judicium succederet.»--Will. Godelli chronic., ap. Scr. fr. X, 262: «Ann. Domini MX, in multis locis per orbem tali rumore audito, timor et moeror corda plurimorum occupavit, et suspicati sunt multi finem sæculi adesse.»--Rad. Glaber, l. IV, ibid. 49: «Æstimabatur enim ordo temporum et elementorum præterita ab initio moderans secula in chaos decidisse perpetuum, atque humani generis interitum.»
43--page 104--_Le diable lui disait_: «_Tu es damné!_»...
Raoul Glaber, I. V, c. I: «Astitit mihi ex parte pedum lectuli forma homunculi teterrimæ speciei. Erat enim statura mediocris, collo gracili, facie macilenta, oculis nigerrimis, fronte rugosa et contracta, depressis naribus, os exporrectum, labellis tumentibus, mento subtracto ac perangusto, barba caprina, aures hirtas et præacutas, capillis stantibus et incompositis, dentibus caninis, occipitio acuto, pectore tumido, dorso gibbato, clunibus agitantibus, vestibus sordidis, conatu æstuans, ac toto corpore præceps; arripiensque summitatem strati in quo cubabam, totum terribiliter concussit lectum.....»
44--page 105--_Calamités qui précèdent l'an 1000..._
Translatio S. Genulfi, ap. Scr. fr. X, 361.--Chronic. Ademari Cabannens, ibid. 147.
Page 106--_Plusieurs tirant de la craie du fond de la terre_, etc...
Chronic. Virdunense, ap. Scr. fr. X, 209. On sait que les sauvages de l'Amérique du Sud et les nègres de Guinée mangent habituellement de la glaise ou de l'argile pendant une partie de l'année. On la vend frite sur les marchés de Java.--Alex. de Humboldt, _Tableaux de la Nature_, trad. par Eyriès (1808), I, 200.
45--page 107--_La paix ou la trêve de Dieu..._
Glaber, l. V, c. 1: «On vit bientôt aussi les peuples d'Aquitaine et toutes les provinces des Gaules, à leur exemple, cédant à la crainte ou à l'amour du Seigneur, adopter successivement une mesure qui leur était inspirée par la grâce divine. On ordonna que, depuis le mercredi soir jusqu'au matin du lundi suivant, personne n'eût la témérité de rien enlever par la violence, ou de satisfaire quelque vengeance particulière, ou même d'exiger caution; que celui qui oserait violer ce décret public payerait cet attentat de sa vie, ou serait banni de son pays et de la société des chrétiens. Tout le monde convint aussi de donner à cette loi le nom de _treugue_ (trêve) _de Dieu_.»
46--page 113--_Capet..._
Quelques-uns ont cru que le mot de Capet était une injure, et venait de _Capito_, grosse tête. On sait que la grosseur de la tête est souvent un signe d'imbécillité. Une chronique appelle _Capet_ Charles-le-Simple (Karolus Stultus vel Capet. Chron. saint Florent., ap. Scr. fr. IX, 55).--Mais il est évident que Capet: est pris pour _Chapet_, ou _Cappatus_.--Plusieurs chroniques françaises, écrites longtemps après, ont traduit _Hue Chapet_ ou _Chappet_. (Scr. fr. X, 293, 303, 313.)--Chronic. S. Medard. Suess., ibid. IX, 56: Hugo, cognominatus _Chapet_. Voy. aussi Richard de Poitiers, ibid. 24, et Chronic. Andegav., X, 272, etc. Alberic. Tr.-Font. IX, 286: Hugo _Cappatus_, et plus loin: _Cappet_.--Guill. Nang.: IX, 82: Hugo _Capucii_.--Chron. Sith., VII, 269.--Chron. Strozz. X, 273: Hugo _Caputius_.--Cette dernière chronique ajoute que le fils d'Hugues, le pieux Robert, chantait les vêpres revêtu d'une chape.--L'ancien étendard des rois de France était la chape de saint Martin; c'est de là, dit le moine de Saint-Gall, qu'ils avaient donné à leur oratoire le nom de _Chapelle_: «Capella, quo nomine Francorum reges propter cappam S. Martini quam secum ob sui tuitionem et hostium oppressionem jugiter ad bella portabant, Sancta sua appellare solebant.» (L. I, c. IV.)
47--page 114--_La lettre où Gerbert appelle tous les princes au nom de la cité sainte..._
Gerberti epist. 107, ap. Scr. fr. X, 426: «Ea quæ est Hierosolymis, universali Ecclesiæ sceptris regnorum imperanti: «Cum bene vigeas, immaculata sponsa Domini, cujus membrum esse me fateor, spes mihi maxima per te caput attollendi jam pene attritum. An quicquam diffiderem de te, rerum domina, si me recognoscis tuam? Quisquamne tuorum famosam cladem illatam mihi putare debebit ad se minime pertinere utque rerum infima abhorrere? Et quamvis nunc dejecta, tamen habuit me orbis terrarum optimam sui partem: penes me Prophetarum oracula, Patriarcharum insignia; hinc clara mundi lumina prodierunt Apostoli; hinc Christi fidem repetit orbis terrarum, apud me redemptorem suum invenit. Etenim quamvis ubique sit divinitate, tamen hic humanitate natus, passus, sepultus, hinc ad coelos elatus. Sed cum Propheta dixerit: «Erit sepulchrum ejus gloriosum», paganis loca cuncta subvertentibus, tentat Diabolus reddere inglorium. Enitere ergo, miles Christi, esto signifer et compugnator, et quod armis nequis, consilii et opum auxilio subveni. Quid est quod das, aut cui das? Nempe ex multo modicum, et ei qui omne quod habes gratis dedit, nec tamen gratis recipit; et hic eum multiplicat et in futuro rémunerat; per me benedicit tibi, ut largiendo crescas; et peccata relaxat, ut secum regnando vivas.»--«Les Pisans partirent sur cette lettre, et massacrèrent, dit-on, un nombre prodigieux d'infidèles en Afrique.» (Scr. fr. X, 426.)
_Ce Gerbert n'était pas moins qu'un magicien..._
Guill. Malmsbur., I. II, ap. Scr. fr. X, 243: «Non absurdum, si lilteris mandemus quæ per omnium ora volitant.....Divinationibus et incantationibus more gentis familiari studentes ad Saracenos Gerbertus perveniens, desiderio satisfecit..... Ibi quid cantus et volatus avium portendit, didicil; ibi excire tenues ex inferno figuras.... Per incantationes Diabolo accersito, perpetuum paciscitur hominium.»--Fr. Andreæ chronic, ibid. 289: «A quibusdam etiam nigromancia arguitur..... a Diabolo enim percussus dicitur obiisse.»--Chronic. reg. Francorum, ibid., 301..... «Gerbertum monachum philosophum, quin potius nigromanticum.»
48--page 117--_Les traditions romanesques du moyen âge_, etc...
Dans le panégyrique allemand d'Hannon, archevêque de Cologne, César, exécutant les ordres du Sénat, envahit la Germanie, bat les Souabes, les Bavarois, les Saxons, anciens soldats d'Alexandre. Il rencontre enfin les Francs, descendus comme lui des Troyens, les gagne, les ramène en Italie, chasse de Rome Caton et Pompée, et fonde la monarchie barbare. (Schilter, t. I.)
49--page 118--_Une reine qui a un pied d'oie..._
P. Damiani epist., t. II, ap. Scr. fr. X, 492: «Ex qua suscepit filium, anserinum per omnia collum et caput habentem. Quos etiam, virum scilicet et uxorem, omnes fere Galliarum episcopi communi simul excommunicavere sententia. Cujus sacerdotalis edicti tantus omnem undique populum terror invasit, ut ab ejus universi societate recederent, etc.»--Voy. la Dissertation de Bullet sur la reine _Pédauque_ (pied-d'oie).
50--page 120--_Constance, fille du comte de Toulouse_, etc...
Fragment historique, ap. Scr. fr. X, 211.--Will. Godellus, ibid. 262. «Cognomento, ob suæ pulchritudinis immensitatem, Candidam.» (Rad. Glaber, 1. III, c II.)--Guillaume Taille-Fer l'avait eue d'Arsinde, fille de Geoffroi Grise-Gonelle, comte d'Anjou, et soeur de Foulques.
_Hugues de Beauvais fut tué impunément sous les yeux du roi Robert..._
Rad. Glaber, l. III, c. II: «Missi a Fulcone.... Hugonem ante regem trucidaverunt. Ipse vero rex, licet aliquanto tempore tali facto tristis effectus, postea tamen, ut decebat, concors reginæ fuit.»
51--page 131--_Ces prêtres imposent des pénitences avec la masse d'armes_, etc...
Voy. un chant suisse inséré dans le _Des Knaben Wunderhorn_.--V. aussi _Actes du concile de Vernon_, en 845, article 8. (Baluze, II, 17.)--Dithmar. chron., l. II, 34: «Un évêque de Ratisbonne accompagna les princes de Bavière dans une guerre contre les Hongrois. Il y perdit une oreille et fut laissé parmi les morts. Un Hongrois voulut l'achever. «Tunc ipse confortatus in Domino post longum mutui agonis luctamen victor hostem prostravit; et inter multas itineris asperitates incolumis notos pervenit ad fines. Inde gaudium gregi suo exoritur, et omni Christum cognoscenti. Excipitur ab omnibus miles bonus in clero, et servatur optimus pastor in populo, et fuit ejusdem mutilatio non ad dedecus sed ad honorem magis.»--Gieseler, Kirchengeschichte, t. II, p. 197.
52--page 132--_Il ne manquait à ces vaillants prêtres_, etc...
Nicol. a Clemangis, de præsul., simon., p. 165: «Denique laïci usque adeo persuasum habent nullos cælibes esse, ut in plerisque parochiis non aliter velint presbyterum tolerare, nisi concubinam habeat, quo vel sic suis sit consultum uxoribus, quæ nec sic quidem usquequaqué sunt extra periculum.--Voy. aussi Muratori, VI, 335. On avait déclaré que les enfants nés d'an prêtre et d'une femme libre seraient serfs de l'Église; ils ne pouvaient être admis dans le clergé, ni hériter selon la loi civile, ni être entendus comme témoins. (Schroeckh, Kirchengeschichte, p. 22, ap. Voigt, Hildebrand, als Papst Gregorius der siebente, und sein Zeitalter, 1815.)
Rex immortalis! quam longo tempore talis Mundit risus erunt, quos presbyteri genuerunt?
Carmen pro nothis, ap. Scr. fr. XI, 444.
Page 132 et note 2--_Les prêtres mariés au moyen âge..._
D. Lobineau, 110. D. Morice, Preuves, I, 463, 542.--Il en était de même en Normandie, d'après les biographes des bienheureux Bernard de Tiron et Harduin, abbé du Bec. «Per totam Normanniam hoc erat ut presbyteri publice uxores ducerent, filios ac filias procrearent, quibus hereditatis jure ecclesias relinquerent et filias suas nuptui traductas, si alia deesset possessio, ecclesiam dabant in dotem.»
53--page 133--_Les cloîtres se peuplaient de fils de serfs..._
Le clergé de Laon reprocha un jour à son évêque d'avoir dit au roi: «Clericos non esse reverendos, quia pene omnes ex regia forent servitute progeniti.» (Guibertus Novigentinus, de _Vita sua_, l. III, c. VIII.)--Voy. plus haut comment l'Église se recrutait sous Charlemagne et Louis-le-Débonnaire. L'archevêque de Reims, Ebbon, était fils d'un serf.--Voy. un passage de Thégan, _App. 162_, au 1er volume.
54--p. 137--_L'adultère et la simonie du roi de France..._
Gregor. VII. epist. ad episc: «Francorum Rex vester qui non rex, sed tyrannus dicendus est, omnem ætatem suam flagitiis et facinoribus polluit... Quod si vos audire noluerit, per universam Franciam omne divinum officium publice celebrari interdicite.»--Bruno, de Bello Sax., p. 121, ibid.: «Quod si in his sacris canonibus noluisset rex obediens existere... se eum velut putre membrum anathematis gladio ab unitate S. Matris Ecclesiæ minabatur abscindere.»
55--page 137--_Sur la terre il y a le pape, et l'empereur qui est le reflet du pape_, etc...
Gregorii VII epist. ad reg. Angl., ibid. 6: «Sicut ad mundi pulchritudinem oculis carneis diversis temporibus reprasentandam, Solem et Lunam omnibus aliis eminentiora disposuit (Deus) luminaria, sic...»--V. aussi Innoc. III, l. I, epist. 401.--Bonifacii VIII epist., ibid. 197: «Fecit Deus duo luminaria magna, scilicet Solem, id est, ecclesiasticam potestatem, et Lunam, hoc est, temporalem et imperialem. Et sicut Luna nullum lumen habet nisi quod recipit a Sole, sic...»--La glose des Décrétales fait le calcul suivant: «Cum terra sit septies major luna, sol autem octies major terra, restat ergo ut pontiflcatus dignitas quadragies septies sit major regali dignitate.»--Laurentius va plus loin: «... Papam esse millies septingenties quater imperatore el regibus sublimiorem.» (Gieseler, II.)
56--page 141--_Les Normands parlaient français dès la troisième génération_, etc...
Guill. Gemetic, l. III, c. VIII: «Quem (Richard I) confestim pater Baiocas mittens... ut ibi lingua eruditus danica suis exterisque hominibus sciret aperte dare responsa.»--Voy. Depping, _Hist. des expéditions normandes_, t. II; Estrup, _Remarques faites dans un voyage en Normandie_, Copenhague, 1821; et _Antiquités des Ango-Normands_.--On trouve aux environs de Bayeux _Saon_ et _Saonet_. Plusieurs familles portent le nom de _Saisne_, _Sesne_. Un capitulaire de Charles-le-Chauve (Scr. fr. VII, 616) désigne le canton de Bayeux par le mot d'_Otlingua Saxonia_.--Le nom de Caen est saxon aussi: _Cathim_, maison du conseil. (_Mém. de l'Acad. des Inscript._, t. XXXI, p. 242.)--Beaucoup de Normands m'ont assuré que dans leur province on ne rencontrait guère le blond prononcé et le roux que dans le pays de Bayeux et de Vire.
Page 142--_Les Allemands se moquaient de leur petite taille..._
Guill. Apulus, l. II, ap. Muratori, V. 259.
Corpora dérident Normannica, quæ breviora Esse videbantur.
_Dans leur guerre contre les Grecs et les Vénitiens, se montrent peu marins..._
Gibbon, XI, 151.
_Rasés comme les prêtres..._
Guill. Malmsbur., ap. Scr. fr. XI, 183.
_Il leur fallait aller gaaignant par l'Europe..._
Gaufred. Malaterra, l. I, c. III: «Est gens astutissima, injuriarum ultrix; spe alias plus lucrandi, patrios agros vilipendens, quæstus et dominationis avida, cujuslibet rei simulatrix: inter largitatem et avaritiam quoddam modium habens.»--Guill. Malmsb., ap. Scr. fr. XI, 185: «Cum fato ponderare perfîdiam, cum nummo mutare sententiam.»--Guill. Apulus, l. II, ap. Muratori, 259.
Audit... quia gens semper Normannica prona Est id avaritiam; plus, qui plus præbet, amatur.
--«Ceux qui ne pouvaient faire fortune dans leur pays, ou qui venaient à encourir la disgrâce de leur duc, partaient aussitôt pour l'Italie.» (Guill. Gemetic, l. VII, XIX, XXX.)--Guill. Apul., l. I, p. 259.
57--page 144--_Les fils de Tancrède de Hauteville..._
Chronic. Malleac, ap. Scr. fr. XI, 644: «Wiscardus... cum generis esset ignoti et pauperculi.»--Richard. Cluniac.: «Robertus Wiscardi, vir pauper, miles tamen.»--Alberic. ap. Leibnitzii Access. histor., p. 124: «Mediocri parentela.»
_Ils s'en allèrent sans argent_, etc...
Gaufred. Malaterra, l. I, c. V: «Per diversa loca militariter lucrum quærentes.»
_Le gouverneur_ (_ou Kata. pan_)...
[Grec: Kata pan], commandant général. C'est ce que Guillaume de Pouille exprime par ce vers:
Quod _Catapan_ Græcî, nos _juxta_ dicimus _omne_.
L. I, p. 254.
_Cette république de condottieri_, etc...
Chacun des douze comtes y avait à part son quartier et sa maison:
Pro numero comitum bis sex statuere plateas, Atque domus comitum totidem fabricantur in urbe.
Id., _ibid._, p. 256.
58--page 147--_Guillaume-le-Bâtard_ (_il s'intitule ainsi lui-même_).
«Ego Guillelmus, cognomento Bastardus...» Voy. une charte citée au douzième volume du _Recueil des Historiens de France_, p. 568.--Ce nom de Bâtard n'était sans doute pas une injure en Normandie. On lit dans Raoul Glaber, l. IV, c. VI (ap. Scr. fr., X, 51): «Bobertus ex concubinâ Willelmum genuerat... cui... universos sui ducaminis principes militaribus adstrinxit sacramentis... Fuit enim usui a primo adventu ipsius gentis in Gallias, ex hujusmodi concubinarum commixtione illorum principes extitisse.»
Page 156--_C'était un gros homme chauve_, etc...
Will. Malmsb., l. III, ap. Scr. fr. XI, 190: «Justæ fuit staturæ, immensæ corpulentiæ: facie fera, fronte capillis nuda, roboris ingentis in lacertis, magnæ dignitatis sedens et stans, quanquam obesitas ventris nimium protensa.»
59--page 148, note 1--_En 1003, Ethelred avait envoyé une expédition contre les Normands..._
«Quand ses hommes revinrent, il leur demanda s'ils amenaient le duc de Normandie: «Nous n'avons point vu le duc, répondirent-ils, mais nous avons combattu pour notre perte, avec la terrible population d'un seul comté. Nous n'y avons pas seulement trouvé de vaillants gens de guerre, mais des femmes belliqueuses, qui cassent la tête avec leurs cruches aux plus robustes ennemis.» À ce récit, le roi, reconnaissant sa folie, rougit, plein de douleur.» (Will. Gemetic, l. V, c. IV, ap. Scr. fr. X, 186.) En 1034, le roi Canut, par crainte de Robert de Normandie, aurait offert de rendre aux fils d'Ethelred moitié de l'Angleterre. (Id., l. V, c. XII; ibid., XI, 37.)
60--page 149--_L'Église saxonne, comme le peuple, semble avoir été grossière et barbare..._