Histoire de France 1484-1515 (Volume 9/19)

Part 25

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Pour le duc de Gueldre, il n'y a pas en vérité de plus grande histoire que celle de ce petit prince, l'Annibal acharné qui, cinquante ans durant, tint en échec et les Pays-Bas, et l'Autriche, et l'Empire. Cela serait inexplicable si, comme nous l'avons dit, il n'avait été le point de ralliement des fugitifs et des bannis, de tout ce qu'il y avait de plus vaillant en Allemagne. La maison de Bourgogne, sous Charles le Téméraire, celle d'Autriche sous Maximilien, avait deux fois donné en Gueldre le scandaleux spectacle d'un juge prononçant entre les deux partis pour s'adjuger à lui-même l'objet contesté. L'empereur n'en eut que la honte. Il échoua toujours, même avec le secours des Saxons et des Bavarois. Loin de céder, le duc attaquait, pillait tour à tour le Brabant, la Hollande. La gouvernante des Pays-Bas, Marguerite, était si peu protégée par son père, que, pour faire tête à ce diable incarné, elle invoquait le pape, les rois d'Angleterre, d'Aragon.

La protection déclarée ou secrète que le Roi avait donnée au duc de Gueldre dans la Basse-Allemagne, il devait l'étendre au haut Rhin, soutenir la résistance des chevaliers et petits nobles contre les seigneurs.

La révolution éclatait en haut et en bas à la fois dans une incroyable grandeur. En bas, les paysans; en haut, les nobles, les savants, les juristes. Une question que plusieurs jugeaient d'abord petite, la question des juifs, la défense de leurs livres, que les moines voulaient brûler, avait formé le centre inattendu, l'anneau central où se nouait la grande chaîne des intérêts et des partis.

Question nullement petite en réalité, mais grave et révolutionnaire contre le Moyen âge: la défense de l'humanité, une protection généreuse, étendue à ceux même qu'on torturait depuis mille ans comme _meurtriers de Dieu_; la revanche de la justice sur les persécuteurs, les juges enfin jugés, et les princes et les prêtres tous passés au crible sévère de la loyauté germanique.

Cette grande et profonde question, comme toutes celles du temps, vint se présenter à l'arbitrage du vainqueur, justement après la bataille. Les dominicains d'Allemagne, poursuivant près du pape les défenseurs des juifs[29] (Reuchlin, Hutten), vinrent chercher l'appui de François Ier. À qui serait-il favorable? cela dépendait d'une question plus générale encore, celle de savoir s'il serait l'ami ou l'ennemi du pape.

[Note 29: Je regrette d'être obligé d'ajourner au prochain volume ce que j'avais à dire sur ce grand sujet. Le beau livre de M. Frank, celui de M. José Amador de los Rios, et autres, ont jeté un jour tout nouveau sur la littérature juive.--Une remarque bien essentielle de M. Beugnot est celle-ci: «Les Juifs ne connurent pas l'usure aux Xe et XIe siècles, c'est-à-dire aux époques où on leur permit l'industrie.»--De nos jours, tant de juifs illustres (Meyerbeer, Néander, Graus, Heine, Boerne, Mlle Rachel, etc.) les ont bien réhabilités.]

Ce garçon de vingt ans était bien neutre au fond dans tous ces grands débats. Entre la révolution et le pape, il avait choisi... quoi? une boulangère de Lodi. De même que les Suisses vaincus se noyèrent dans le vin de Beaune et se laissèrent brûler, le vainqueur s'établit, dit-on, chez cette _fornarina_; à son dam; il tomba malade, comme il l'avait été déjà, avant son avénement.

Telle fut la palme de César, comme l'appelait sa mère, la couronne de ce roi du monde, l'espoir des opprimés, la poétique idole du faible coeur de Marguerite.

Il s'était montré bon soldat, mais ne comprenait rien à la victoire. Il en était encore à la tactique d'Azincourt, et croyait que la gendarmerie avait tout fait. Selon lui, c'est la lance qui brisa la forêt des piques; ce sont les preux, c'est Roland, c'est Renaud, le roi, le connétable. Il s'amusa le soir à faire des chevaliers. On croit lire l'Arioste. L'_Orlando_ paraît à propos, oeuvre de légère ironie, sourire de l'Italie sur l'ineptie de ses vainqueurs.

Cette royale figure, qui semblait tout comprendre et hâblait à merveille, était en réalité un splendide automate entre la main de sa mère, l'intrigante, violente et rusée Savoyarde, et d'un homme d'affaires, Duprat, fin, vil et bas, qu'il prit pour chancelier.

La mère aimait passionnément son fils, et pourtant s'en jouait. Elle disait hardiment au légat: «Adressez-vous à moi, et nous irons notre chemin. Si le roi gronde, il faut le laisser dire.»

Duprat voulait le chapeau. Soit orgueil, soit prudence de voleur et recette contre le gibet, les ministres tâchaient d'être cardinaux. On ne pend pas un cardinal. Nous avons vu l'histoire de Briçonnet, d'Amboise. Nous verrons celle de Birague, l'homme de la Saint-Barthélemy, tellement impatient d'être cardinal, qu'il fut tout à coup veuf. Duprat, qui l'était, avait eu l'attention de se faire tondre. Il venait en solliciteur, en courtisan du pape. Le roi était livré d'avance par sa mère et par son ministre.

Sa mère avait une pauvre ambition, celle de s'allier aux Médicis. Elle venait de donner une de ses soeurs au frère du pape, Julien. Et elle poussait son fils à donner une princesse du sang royal au neveu du pape, Laurent; à unir les lis de France aux pilules, qui sont les armes de la maison de Médicis, sortie, dit-on, d'une boutique d'apothicaire. Ce neveu était si malade de la maladie du temps, qu'à peine marié, il en mourut, et la mariée aussi, nous laissant toutefois une fille, fatal présent! Catherine de Médicis.

De tout cela, qu'arriva-t-il?

Que le jeune homme insouciant suivit, les yeux fermés, la politique du cardinal d'Amboise, refit les Borgia dans les Médicis, immola l'Italie.

Que, loin d'encourager la révolution allemande qui commençait, il laissa son confesseur, Guillaume Petit, écrire contre elle au pape et protéger les moines.

Enfin (comme on verra plus tard), dans les fêtes papales de Bologne _la grasse_, dans les caresses d'Italiennes et les mangeries de Gargantua, Duprat lui fit signer le Concordat, le partage avec le pape. Il prit part, pouvant avoir tout. Sa grande position et unique, du seul fort, quand tous étaient faibles, du seul en qui l'on espérât, le protectorat de l'Italie, et bientôt de l'Empire, le trésor ecclésiastique et le trésor des coeurs, bien autrement précieux, il laissa tout aller, vendit tout, nouvel Esaü, pour un plat de lentilles.

CHAPITRE XVII

CARACTÈRE DE CE PREMIER ÂGE DE LA RENAISSANCE

1515

Trente-quatre ans se sont écoulés depuis la mort de Louis XI, vingt environ depuis l'expédition de Charles VIII et la révélation de l'Italie. Ces vingt années peuvent s'appeler le premier âge de la Renaissance, âge indécis encore et d'un caractère incertain.

Elle est déjà lancée, immense, irrévocable; son génie remplit tout, mais ses grands résultats n'ont pas encore leur action.

Des deux faits dominants, la découverte de l'Amérique (1492) et celle du système du monde (1507), le premier n'est point apprécié dans sa portée immense, et le second est inconnu.

Où est la Renaissance? Dans la littérature, si l'on veut entendre par là l'exhumation de l'antiquité.

Mais peu d'oeuvres nouvelles. Le grand succès du temps est celui d'une compilation latine, les _Adages_ d'Érasme. Machiavel et l'Arioste sont médiocrement goûtés. Les mémoires de Commines n'ont pas paru encore.

La Renaissance est dans l'art, à coup sûr, par Vinci et par Michel-Ange, deux prophètes, énormément loin en avant de leur âge. Ils en sont la stupeur plus que l'admiration. Le roi du temps est Raphaël. Ce que la France envie le plus à l'Italie, ce sont les ornements, arabesques et _grotesques_, récemment déterrés à Rome. Elle prend un plaisir enfantin à parer, à charger sa vieille architecture de ces capricieuses fleurs.

Tout cela est bien vague encore, et bien flottant d'un jour crépusculaire. Où donc décidément voit-on la Renaissance? à quel caractère certain, profond, la reconnaîtrons-nous?

Rappelons-nous l'Introduction de ce volume. Quel fut l'obstacle infranchissable des XIIIe au XVe siècles? c'est que, le Moyen âge se survivant par un effort artificiel, n'enfantant plus, empêchant d'enfanter, il s'est fait un grand désert d'hommes. Les efforts des héros, des hardis précurseurs, sont restés individuels, isolés, impuissants. Le peuple n'est pas né qui eût pu les soutenir.

Eh bien! dans ces trente dernières années, le grand pas est franchi; ce peuple commence d'apparaître. Si les idées ne sont pas éclaircies, les hommes existent; une nouvelle humanité est née maintenant avec des yeux pour voir, une âme ardente et curieuse.

L'État détruit et l'Église détruite, au temps de Charles VI, on a touché le fond, puis recommencé à monter. De la sécurité donnée par Louis XI, de la prospérité de Louis XII, quelque chose a surgi, de médiocre et de mesquin sans doute, mais de vital enfin. Puis un coup de lumière, un rayon subit de soleil a doré ce monde pâle, quand l'épée de France ouvrit les monts, révéla l'Italie.

Découverte d'un effet immense. La sublime officine des arts et des sciences, tenue longtemps comme en réserve, se manifeste tout à coup, doublement rayonnante d'Italie et d'Antiquité.

Et alors, par l'imprimerie, se constitue le grand duel. D'une part, l'Antiquité grecque et romaine, si haute dans sa sérénité héroïque. D'autre part, l'Antiquité biblique, mystérieuse, pathétique et profonde. De quel côté penchera l'âme humaine? à qui sera la Renaissance? qui renaîtra des anciens dieux?

L'arbitre est la Nature. Et celui-là serait vainqueur, à qui elle donnerait son sourire, son gage de jeunesse éternelle. Plus jeune et plus vieille que tous, mère et nourrice des dieux, comme des hommes, elle les berça aux anciens jours et sourira encore sur leurs tombeaux.

«Suis la Nature.» Ce mot des stoïciens fut l'adieu de l'Antiquité. «Reviens à la Nature,» c'est le salut que nous adresse la Renaissance, son premier mot. Et c'est le dernier mot de la Raison.

Mot que le grand prophète Rabelais traduit ainsi: «Fondez la foi profonde.» Il l'écrit au portique de son temple de la Volonté. Nous l'avons mis aux premières lignes de l'histoire du XVIe siècle.

Trois filles de serfs, ouvriers héroïques, taillent les trois pierres où se fonde la nouvelle Église: Colomb, Copernic et Luther.

L'Italien trouve le monde, et le Polonais en trouve le mouvement, l'harmonie, l'infini du ciel.

L'Allemand reconstitue la famille et y met le sacerdoce. C'est fonder le monde de l'homme.

Effort énorme, unique; jamais il n'y eut plus d'obstacles. Et le succès aussi est difficile, le résultat d'abord obscur, amer.

L'Amérique, plusieurs fois trouvée en vain, mais cette fois manifestée et assurée au monde par l'obstination d'un grand coeur, éclaircit, obscurcit la question morale. À peine découverte, elle est le champ de l'esclavage.

Luther éclaircit, obscurcit la question religieuse, ne rouvrant l'avenir que par un appel au passé.

Copernic sera un scandale, la plus rude contradiction qui ait troublé la Renaissance. Au moment où l'observation est uniquement recommandée, dans un âge qui, las des vains raisonnements, ne veut plus croire que ce qu'il voit, celui-ci vient démentir le témoignage des yeux. Tête dure! L'expérience des sens n'est rien pour lui si elle n'est raisonnable. Elle est son marchepied et rien de plus, pour s'élever plus haut. Les observateurs se moquent de lui[30]. S'il a raison contre eux, le témoignage des sens ayant perdu sa force, les témoignages historiques, bien plus faibles, branlent et chancellent. Où est la certitude? Qui croirons-nous? La Raison seule.

[Note 30: Entre autres le médecin Fernel qui, en 1527, dans sa _Cosmotheoria_, y fait déjà allusion.]

Seule elle règne, seule elle est immuable. Tout autre immuable est fini.

Le mouvement du monde, l'infinie profondeur du ciel apparaîtront vers le milieu du siècle, au moment où Vesale ouvre les profondeurs de l'homme, où Servet aperçoit la circulation de la vie. Qui désormais niera le mouvement a beau faire, il le porte en lui.

Victoires définitives, mais combien contestées! que dis-je? exploitées des vaincus!

Le pape partage gravement l'Amérique qui l'a démenti, trace du doigt une ligne sur le monde, donne à l'un l'Orient, à l'autre l'Occident. Qui donne? apparemment c'est celui qui possède.

Le second démenti, le système du monde, qui lui brise son ciel immobile; le pape daigne aussi en agréer l'hommage. Le monde agenouillé le voit grandi de ses défaites.

Oh! la Renaissance est obscure! l'humanité va lentement, par secousses, et souvent se renfonce dans la paresse, l'inertie du passé. Emportée par l'universel mouvement, elle travaille, fatigue, halète et sue.

Cette fatigue est dans les premiers monuments de la Renaissance. Ils travaillent infiniment, énormément, à se parer. Charmants dans le détail, ils éblouissent, n'ayant point d'unité; tranchons le mot, n'ayant point d'âme encore. Observez le moment où, le gothique fleuri ayant fait son dernier effort dans les pendentifs, de Saint-Pierre de Caen et de Westminster, il en reste les fleurs, les feuillages, pour enrouler les arabesques italiennes[31]. Ce charmant mariage qu'on admire à Gaillon et autres monuments du temps de Louis XII ne se fait pas sans quelque effort et quelque maladresse.

[Note 31: Lire une page éloquente et charmante de M. Henri Martin, _Histoire de France_, t. VIII, p. 477-478, _seconde édition_.]

Telle est la Renaissance. Elle se cherche à tâtons, elle ne se sait pas, ne se tient pas encore. Elle marche à la nature, s'y assimile lentement. La nymphe en Daphné devint arbre. Et ici, de l'arbre gothique, la nymphe sort, au contraire, plante et femme, animale, humaine, tout ensemble; elle est l'efflorescence confuse, pénible, de la vie. C'est l'enfant de Léda qui brise sa coquille, et dont l'incertain mouvement, l'oeil oblique, peu humain encore, accuse la bizarre origine. Léda en tient aussi; son cygne s'humanise; elle, par le regard et l'étrange sourire, elle est cygne et s'animalise. Telle est la profonde peinture de Vinci qui vit le premier la grande pensée moderne: l'universelle parenté de la Nature[32].

[Note 32: Je parle de la Léda qu'on a gravée, et de celle qui était à La Haye, dans la collection du roi de Hollande, malheureusement vendue et dispersée.--La Léda est le sujet propre de la Renaissance. Vinci, Michel-Ange et Corrége y ont lutté, élevant ce sujet à la sublime idée de l'absorption de la nature. Un imbécile, le ministre Dunoyer, détruisit la Léda de Michel-Ange, qui était en France, comme objet licencieux.--Il y a une grande décadence déjà dans la Léda du Poussin; elle est digne et reine, mais le tout est plus froid que le marbre du bassin où la scène se passe.--Michel-Ange est, comme partout, merveilleusement noble et digne.--Vinci a vu le fond même de la question scientifique. C'est le prédécesseur direct de Lamarque, Geoffroy Saint-Hilaire, Oken, etc. Voir Libri, Quinet, Alfred Dumesnil.]

Mais ces côtés hardis, trop précoces de la Renaissance, l'étonnent et l'effraient. Elle est tentée de reculer. À l'entrée d'un monde infini de formes, d'idées, de passions, qu'elle avait si peu soupçonnées, elle a l'hésitation du voyageur à la lisière des forêts vierges d'Amérique, de ce prodigieux enlacement d'arbres et de lianes, de mille et mille plantes bizarres, habitées et bruyantes d'animaux imprévus... Retournera-t-elle au désert, à ses mille ans d'aridité?

Non, va, marche, sois confiante, entre sans t'effrayer. Qu'un seul mot te rassure: _Un monde d'humanité commence, de sympathie universelle._ L'homme est enfin le frère du monde. Ce qu'on a dit d'un précurseur de l'art: «Il y mit la _bonté_,» on le dira du temps nouveau: il mit en nous _plus de bonté_[33]...

[Note 33: Ce mot admirable est de Vasari, parlant de Giotto: «Il renouvela l'art, parce qu'il mit plus de bonté dans les têtes.»--Le portrait du gros jeune Holbein, à Bâle, témoigne de la bonté charmante de ce grand artiste.]

C'est là le vrai sens de la Renaissance: tendresse, bonté pour la nature.

Le parti des libres penseurs, c'est le parti _humain_ et sympathique.

Notre grand docteur Rabelais eut tellement horreur du sang, qu'il n'ordonnait pas même de saignée. Les médecins Agrippa et Wyer plaidèrent pour les sorciers. Un pauvre prote d'imprimerie, Châtillon, seul, défendit Servet, et posa pour tout l'avenir la grande loi de tolérance. Vinci achetait des oiseaux pour les mettre hors de cage et jouir du spectacle des ravissements de la liberté. La Marguerite des Marguerites, recueillant dans son sein ceux qui n'ont point de nid, fonda à Paris le premier asile pour le orphelins délaissés.

FIN DU NEUVIÈME VOLUME.

TABLE DES MATIÈRES

PRÉFACE 1

INTRODUCTION 5

§ Ier

SENS ET PORTÉE DE LA RENAISSANCE 5

Elle est essentiellement créatrice, organisatrice 6

§ II

L'ÈRE DE LA RENAISSANCE. 7

Le Moyen âge finit plusieurs fois avant de finir 9

Il perdit au XIIIe siècle la faculté d'engendrer 11

Le XVIe siècle fut très-peu et très-mal préparé 13

§ III

L'ORGANISATION DE L'ORDRE ET L'ÉNERVATION DE L'INDIVIDU, DU XIIe AU XVe SIÈCLE. 14

Mysticisme religieux et politique 15

M. Guizot et M. Augustin Thierry 17

§ IV

NOBLES ORIGINES DU MOYEN ÂGE.--ABAISSEMENT AU XIIIe SIÈCLE. 18

Au IXe siècle, les nécessités de la défense favorisèrent la liberté 19

La _Chanson_ de Roland 21

Chute littéraire du XIIIe siècle 23

§ V

DES ABDICATIONS SUCCESSIVES DE L'INDÉPENDANCE HUMAINE. 25

État bâtard et équivoque du serf 26

Tristes gaietés du Moyen âge 27

La commune se donne au roi 29

Les gens du roi, la bourgeoisie 30

Ni Marcel ni Louis XI ne trouvèrent d'hommes pour les soutenir 32

§ VI

DE LA CRÉATION DU PEUPLE DES SOTS. 33

Le sot est une création moderne, née surtout de la suffisance scolastique et du culte des mots! 34

Petit cercle légal où tourna le raisonnement 35

Les demi-mystiques et l'art de délirer avec méthode 37

Les scolastiques acceptent un Aristote arabe 39

Leur enseignement hybride 40

La machine à penser 41

La gymnastique du néant 42

§ VII

PROSCRIPTION DE LA NATURE. 44

Civilisation des Arabes 47

Le Moyen âge néglige Dieu le Père 49

Le Père est nul dans la famille idéale du Moyen âge 50

Anéantissement des sciences 52

Les moines ont-ils conservé les manuscrits? 52

Salerne et Montpellier 54

Roger Bacon emprisonné 55

La proscription de la science crée la fausse science, les diseurs de riens 58

§ VIII

PROPHÉTIE DE LA RENAISSANCE.--ÉVANGILE ÉTERNEL. 59

L'abbaye du Paraclet ou du Saint-Esprit 60

Les Vaudois, l'Évangile éternel 61

Joachim de Flore 62

L'âge du libre esprit, de science et d'enfance 63

§ IX

L'ÉVANGILE HÉROÏQUE.--JEAN ET JEANNE.--EFFORTS IMPUISSANTS. 64

Impuissance de Dante, de Pétrarque et de nos légistes 65

La langue et la patrie 67

Jean Huss. Jeanne d'Arc 69

Divorce permanent des deux Frances 70

§ X

BRUNELLESCHI.--LA DÉROUTE DU GOTHIQUE. 71

Solidité des monuments romains, fragilité du gothique 76

Brunelleschi à Rome 80

1420.--Congrès des architectes à Florence 81

Érection de Santa-Maria-del-Fiore 84

§ XI

ÉLANS ET RECHUTES.--VINCI.--L'IMPRIMERIE.--LA BIBLE. 85

Faible influence de Brunelleschi, de Léonard de Vinci 86

Le Bacchus, le Saint-Jean et la Joconde 88

L'imprimerie fut d'abord peu utile 90

La Bible embarrassa par la diversité infinie de ses doctrines et de ses types 91

§ XII

LA FARCE DE PATELIN.--LA BOURGEOISIE.--L'ENNUI. 92

Patelin et le petit Jehan de Saintré 93

Bassesse du noble, laideur du bourgeois 95

Au XVe siècle la plaisanterie est usée 96

Le _serpent_ 98

Culte de Diane et du Diable 99

§ XIII

LA SORCELLERIE. 100

La vieille 101

Terreur qu'inspire la sorcière 102

Marteau des sorcières 104

L'auteur du _Marteau_, Sprenger 105

Vaudoiserie d'Arras en 1460 108

Révolutions allemandes vers la fin du siècle 109

Intrépidité dogmatique de Sprenger 110

Arguments de la sorcière 112

Sensibilité de l'inquisiteur 114

Le Diable gagne du terrain 117

Terreur et fureur 118

La machine à prier 119

§ XIV

RÉSUME DE L'INTRODUCTION. 119

LIVRE PREMIER

CHAPITRE PREMIER

LA FRANCE, RÉUNIE SOUS CHARLES VIII, ENVAHIT L'ITALIE. 123

Les États généraux de 1484 furent une réaction féodale 130

_Guerre folle_ et administration d'Anne de Beaujeu, la Bretagne réunie 132

1494. Invasion de l'Italie par les Français 134

Celle des Espagnols était bien plus à craindre 136

L'inquisition, l'expulsion des Juifs 137

CHAPITRE II

DÉCOUVERTE DE L'ITALIE. 141

Mort morale de l'Italie 144

Charles VIII affranchit Pise, irrite Florence 154

CHAPITRE III

LA DÉCOUVERTE DE ROME.--FORNOUE. 1495. 160

Caractère d'Alexandre VI et de ses prédécesseurs 161

Son génie financier 163

Les ministres du roi sauvent le pape 167

Le roi à Naples. Retour et victoire 170

CHAPITRE IV

RÉSULTATS GÉNÉRAUX.--LA FRANCE SE CARACTÉRISE.--L'ARMÉE FRANÇAISE ADOPTE ET DÉFEND PISE, MALGRÉ LE ROI. 175

CHAPITRE V

VIE ET MORT DE SAVONAROLE. 1494-1498 188

Son imprudente générosité 190

Tous les partis s'unissent contre lui 193

Sa mort et celle de Charles VIII. 1498 206

CHAPITRE VI