Histoire de France 1364-1415 (Volume 5/19)
Part 25
L'esprit humain se mourait d'ennui. C'était là son mal. Cet ennui était une cause indirecte, il est vrai, mais réelle de la corruption de l'Église. Les prêtres excédés de scolastique, de formes vides, de mots où il n'y a rien pour l'âme, ils la donnaient au corps, cette âme dont ils ne savaient que faire. L'Église périssait par deux causes en apparence contraires, et dont pourtant l'une expliquait l'autre: subtilité, stérilité dans les idées, matérialité grossière dans les moeurs.
Tout le monde parlait de réforme. Il fallait, disait-on, réformer le pape, réformer l'Église; il fallait que l'Église, siégeant en concile, ressaisit ses justes droits. Mais transporter la réforme du pape au concile, ce n'était guère avancer. De tels maux sont au fond des âmes: «In culpa est animus.[TD-106]» Un changement de forme dans le gouvernement ecclésiastique, une réforme négative ne pouvait changer les choses; il eût fallu l'introduction d'un élément positif, un nouveau principe vital, une étincelle, une idée.
[TD-106: «L'âme est dans le péché.»]
Le concile de Pise crut tout faire, en condamnant par contumace les deux papes qui refusaient de céder, en les déclarant déchus, en faisant pape un frère mineur, un ancien professeur de l'Université de Paris. Ce professeur, qui était Mineur avant tout, se brouilla bien vite avec l'Université. Au lieu de deux papes, on en eut trois; ce fut tout.
Ceux qui aiment les satires liront avec amusement le piquant réquisitoire du concile contre les deux papes réfractaires[441]. Cette grande assemblée du monde chrétien comptait vingt-deux cardinaux, quatre patriarches, environ deux cents évêques, trois cents abbés, les quatre généraux des ordres Mendiants, les députés de deux cents chapitres, de treize universités[442], trois cents docteurs, et les ambassadeurs des rois; elle siégeait dans la vénérable église byzantine de Pise, à deux pas du Campo-Santo. Elle n'en écouta pas moins avec complaisance le facétieux récit des ruses et des subterfuges par lesquels les deux papes éludaient depuis tant d'années la cession qu'on leur demandait. Ces ennemis acharnés s'entendaient au fond à merveille. Tous deux, à leur exaltation, avaient juré de céder. Mais ils ne pouvaient, disaient-ils, céder qu'ensemble, qu'au même moment: il fallait une entrevue. Poussés l'un vers l'autre par leurs cardinaux, ils trouvaient chaque jour de nouvelles difficultés. Les routes de terre n'étaient pas sûres; il leur fallait des saufs-conduits des princes. Les saufs-conduits arrivaient-ils? ils ne s'y fiaient pas. Il leur fallait une escorte, des soldats à eux. D'ailleurs, ils n'avaient pas d'argent pour se mettre en route; ils en empruntaient à leurs cardinaux. Puis, ils voulaient aller par mer: il leur fallait des vaisseaux. Les vaisseaux prêts, c'était autre chose. On parvint un moment à les approcher un peu l'un de l'autre. Mais il n'y eut pas moyen de leur faire faire le dernier pas. L'un voulait que l'entrevue eût lieu dans un port, au rivage même; l'autre avait horreur de la mer. C'étaient comme deux animaux d'élément différent, qui ne peuvent se rencontrer[443].
[Note 441: Concilium Pisanum[TD-107], ap. Concil. éd. Labbe et Cossart, 1671; t. XI, pars II, p. 2172 et seq.]
[TD-107: Le concile de Pise.]
[Note 442: Les Universités de Bologne, d'Angers, d'Orléans, de Toulouse même, avaient fini par se réunir contre les papes à celle de Paris.]
[Note 443: «Habentes facies diversas..., sed caudas habent ad invicem colligatas, ut de vanitate conveniant.[TD-108]» Ibidem, p. 2183.--«... Volebat unum pedem tenere in aqua et alium in terra.[TD-109]» Ibidem, p. 2,184.]
[TD-108: «Les visages opposés, ils ont en revanche leurs queues soudées l'une à l'autre, si bien qu'ils peuvent s'entendre dans leurs vantardises.»]
[TD-109: «...Il voulait garder un pied dans l'eau et un autre sur terre.»]
Benoît XIII, l'Aragonais, finit par jeter le masque, et dit qu'il croirait pécher mortellement, s'il acceptait la voie de _cession_[444]. Et peut-être était-il sincère. _Céder_, c'était reconnaître comme supérieure l'autorité qui imposait la cession, c'était subordonner la papauté au concile, changer le gouvernement de l'Église de monarchie en république. Était-ce bien au milieu d'un ébranlement universel du monde qu'il pouvait toucher à l'unité qui, si longtemps, avait fait la force du grand édifice spirituel, la clef de la voûte? Au moment où la critique touchait à la légende législative de la papauté, lorsque Valla élevait les premiers doutes sur l'authenticité des décrétales[445], pouvait-on demander au pape d'aider à son abaissement, de se tuer de ses propres mains?
[Note 444: Lorsqu'on lui apprit que la France avait déclaré sa _soustraction d'obédience_, il dit avec beaucoup de dignité: «Qu'importe? Saint Pierre n'avait pas ce royaume dans son obédience.»]
[Note 445: Non-Seulement Valla, mais Gerson, dans son épître De modis uniendi ac reformandi Ecclesiam, p. 166. Sur Valla, lire un article excellent de la Biographie universelle (par M. Viguier), t. XLVII, p. 345-353.--«Des papes ont permis à Ballerini de critiquer, à Rome même, les fausses décrétales. Pourquoi ne les ont-ils pas révoquées? Pour la même raison que les rois de France n'ont pas révoqué les fables politiques relatives aux douze pairs de Charlemagne, ni les Empereurs celles qui se rattachent à l'origine des cours Weimiques, etc.» Telle est la réponse de l'ingénieux M. Walter, Walter, Lehrbuch des Kirchenrechts, Bonn, 1829, p. 161.]
Il faut le dire. Ce n'était pas une question de forme, mais bien de fond et de vie. Monarchie ou république, l'Église eût été également malade. Le concile avait-il en lui la vie morale qui manquait au pape? les réformateurs valaient-ils mieux que le réformé? le chef était gâté, mais les membres étaient-ils sains? Non, il y avait, dans les uns et dans les autres, beaucoup de corruption; tout ce qui constituait le pouvoir spirituel tendait à se matérialiser, à n'être plus _spirituel_. Et cela venait principalement, nous l'avons dit, de l'absence des idées, du vide immense qui se trouvait dans les esprits.
C'en était fait de la scolastique. Raimond Lulle l'avait fermée par sa machine à penser; puis Ockam en refusant la réalité aux universaux, en replaçant la question au point où l'avait laissée Abailard.
Raimond Lulle pleura aux pieds de son _Arbor_[446], qui finissait la scolastique. Pétrarque pleura la poésie. Les grands mystiques d'alors avaient de même le sentiment de la fin. Le XIVe siècle voit passer ces derniers génies; chacun d'eux se tait, s'en va, éteignant sa lumière: il se fait d'épaisses ténèbres.
[Note 446: Voir la curieuse préface. Raymundi Lullii Majoricensis, illuminati patris, Arbor scientiæ. Lugduni, 1636, in-4{o} p. 2 et 3.]
Il ne faut pas s'étonner si l'esprit humain s'effraye et s'attriste. L'Église ne le console pas. Cette grande épouse du moyen âge avait promis de ne pas vieillir, d'être toujours belle et féconde, de _renouveler_[447] toujours, de sorte qu'elle occupât sans cesse l'inquiète pensée de l'homme, l'inépuisable activité de son coeur. Cependant elle avait passé de la jeune vitalité populaire aux abstractions de l'école, à saint Thomas[448]. Dans sa tendance vers l'abstrait et le pur, la religion spiritualiste refusait peu à peu tout autre aliment que la logique. Noble régime, mais sobre, et qui finit par se composer de négations. Aussi elle allait maigrissant; maigreur au XIVe siècle, consomption au XVe, effrayante figure de dépérissement et de phthisie, comme vous la voyez, à la face creuse, aux mains transparentes du Christ maudissant d'Orcagna.
[Note 447: Ce verbe, employé comme neutre, avait bien plus de grâce. Je crois qu'on y reviendra. V. Charles d'Orléans (p. 48): «Tous jours sa beauté _renouvelle_.» Et Eustache Deschamps (p. 99): «De jour en jour votre beauté _renouvelle_.»]
[Note 448: Saint Thomas, comme Albert le Grand, fait profession de partir toujours d'un texte, de commenter, rien de plus. Que sera-ce s'il est démontré qu'ils n'ont pas eu de texte sérieux, qu'ils ont marché constamment sur le chemin peu solide, perfide, des traductions les plus infidèles, et cela sans s'apercevoir que tel prétendu passage d'Aristote, par exemple, est antiaristotélique. V. Renaissance, Introduction (1860).]
* * * * *
Telles étaient les misères de cet âge, ses contradictions. Réduit au formalisme vide, il y plaçait ses espérances. Gerson croyait tout guérir en ramenant l'Église aux formes républicaines, au moment même où il se déclarait contre la liberté dans l'État. L'expérience du concile de Pise n'avait rien appris. On allait assembler un autre concile à Constance, y chercher la quadrature du cercle religieux et politique: lier les mains au chef que l'on reconnaît infaillible, le proclamer supérieur, en se réservant de le juger au besoin.
Ce tribunal suprême des questions religieuses devait aussi décider une grande question de droit. Le parti d'Orléans, celui de Gerson, voulait y faire condamner la mémoire de Jean Petit, son apologie du duc de Bourgogne, et proclamer ce principe qu'aucun intérêt, aucune nécessité politique n'est au-dessus de l'humanité. C'eût été une grande chose, si, dans l'obscurcissement des idées, on fût revenu aux sentiments de la nature.
La France semblait tout entière à ces éternels problèmes; on eût dit qu'elle oubliait le temps, la réalité, sa réforme, son ennemi.
Au moment où l'Anglais allait fondre sur elle, étrange préoccupation, un grand politique d'alors pense que si le royaume doit craindre, c'est du côté de l'Allemagne et du duc de Lorraine[449]. Lorsqu'on vint avertir Jean sans Peur que les Anglais, débarqués depuis près de deux mois, étaient sur le point de livrer à l'armée royale une grande et décisive bataille, les messagers le trouvèrent dans ses forêts de Bourgogne[450].
[Note 449: «Licet quis, contemnendum esse, quantum ad bella pertinet, _ducem Lotharingiæ_, nec tantis pollere viribus, ut domui audeat Franciæ bellum inferre, non parvus debet hostis videre quem Deus excitat et propter aliorum adjuvat facinora.[TD-110]» Nic. Clemengis, t. II, p. 257.--On voit de même dans les lettres de Machiavel qu'à la veille d'être conquise par les Espagnols, l'Italie ne craignait que les Vénitiens. Il écrit aux magistrats de Florence: «Vos Seigneuries m'ont toujours dit que la liberté de l'Italie n'avait à craindre que Venise.» Machiavel, lettre de février ou mars 1508.]
[TD-110: «Même si pour eux, en tout ce qui concerne la guerre, le duc de Lorraine peut être négligé et ne détient pas assez d'armes pour oser attaquer notre patrie la France, on ne doit pas sous-estimer un ennemi que Dieu encourage et aide en raison des crimes commis par d'autres.»]
[Note 450: Peut-être y avait-il moins d'insouciance que de connivence. On jugera.]
Sous prétexte de la chasse, il s'était rapproché de Constance, rêvant toujours à Jean Petit et à son vieux crime, inquiet du jugement que le concile allait rendre, et, en attendant, vivant sous la tente au milieu des bois, et prêtant l'oreille aux voix des cerfs qui bramaient la nuit[451].
[Note 451: «Le duc de Bourgogne, qui longtemps n'avoit demouré ni séjourné en son pays de Bourgogne, et qui vouloit bien avoir ses plaisirs et soullas, se advisa que pour mieux avoir son déduit de la chasse des cerfs, et les ouyr bruire par nuit, il se logeroit dedans la forest d'Argilly, qui est grande et lée.» Lefebvre de Saint-Remy.]
FIN DU CINQUIÈME VOLUME.
TABLE DES MATIÈRES
LIVRE VI
CHAPITRE IV Pages.
CHARLES V. 1364-1380. EXPULSION DES ANGLAIS 1
1364. Charles V, le Sage 1
L'Anglais, le Navarrais, les Compagnies 2
Bertrand Duguesclin 3
Bataille de Cocherel 6
1365. Bataille d'Auray; mort de Charles de Blois 7
Ordonnances de Charles V 10
Guerre de don Enrique de Transtamare contre son frère don Pèdre le Cruel 11
1366. Duguesclin à la tête des Compagnies 13
Le pape rançonné à Avignon 14
Don Pèdre quitte l'Espagne; est rétabli par les Anglais 15
1367. Bataille de Najara; Duguesclin prisonnier 16
Les Compagnies, mal payées, se jettent sur la France 18
Duguesclin recouvre la liberté 19
1368. Le midi mécontent des Anglais 20
1369. Défections 21
Le prince de Galles cité devant la cour des Pairs 22
Charles recouvre son influence 23
Duguesclin replace don Enrique sur le trône de Castille; don Pèdre vaincu à la bataille de Monteil 23
Charles V confisque l'Aquitaine 24
1370. Les Anglais traversent la France; mort de Jean Chandos 26
Charles V se concilie le roi de Navarre et le roi d'Écosse 27
Le prince de Galles prend Limoges d'assaut 29
Duguesclin connétable 30
Le duc de Bretagne prend parti pour les Anglais; il est chassé par les Bretons 31
1370-1373. Le roi de Castille envoie une flotte à Charles V. Prise de La Rochelle 32
Les Anglais battus partout 32
Le duc de Lancastre traverse de nouveau la France. 33
1374. Les Gascons se livrent à la France 34
1376. L'Angleterre veut la paix; _le bon parlement_ 35
Mort du prince de Galles 36
1377. Mort d'Édouard; Alice Perrers 36
Charles V marie son frère le duc de Bourgogne, à l'héritière de Flandre 37
1378. Le roi de Navarre traite avec les Anglais, Charles V le prévient 38
La France relevée dans l'opinion de l'Europe 39
Monuments de Charles V. Bastille. Hôtel Saint-Paul 40
Vie privée de Charles V 42
Astrologues 43
Sagesse de Charles V; sa prévoyance 43
Mauvais état des finances du roi; puissance des Juifs 45
Richesse, juridiction du clergé 46
Régales, annates, réserves 49
Corruption de l'Église 50
Grand schisme. Urbain VI, Clément VII 53
Charles V ne peut faire reconnaître son pape dans la chrétienté 54
1379. Révoltes du Languedoc 56
Révoltes de la Flandre 57
Révoltes de la Bretagne 59
1380. Mort de Duguesclin 61
Mort de Charles V 62
Son gouvernement 63
Caractère prosaïque du XIVe siècle 66
Froissart. Jehan _le bon berger_, etc. 67
Situation difficile et contradictoire où se trouve la chrétienté. Folie de Charles VI et de la plupart des princes de cette époque 69
LIVRE VII
CHAPITRE PREMIER
JEUNESSE DE CHARLES VI. 1380-1383 73
Caractère général de l'époque: oubli, confusion d'idées, vestige; costumes bizarres, etc. 73
État de l'Europe 83
Force et faiblesse de la France. Les oncles de Charles VI 84
1380-1381. Régence, sacre; impôts, révolte 85
Procès du prévôt Aubriot 87
1382. Nouvelle révolte, maillotins 88
Expédition du roi d'Anjou en Italie 90
Expédition du duc de Bourgogne et du roi en Flandre 92
Soulèvements de Languedoc, d'Angleterre, d'Italie 92
Soulèvement de Flandre 94
(27 nov.). Bataille de Roosebeke 98
1383. Punition de Paris, suppression du prévôt des marchands, etc. 101
CHAPITRE II
SUITE. 1384-1391 105
1384. (18 déc). Le duc de Bourgogne devient comte de Flandre 107
1386. Il décide les expéditions d'Angleterre 108
1388. -- -- de Gueldre 111
1389. Les ducs de Berri et de Bourgogne renvoyés. Gouvernement des _Marmousets_, Clisson, La Rivière; etc. 114
1389-1392. Prodigalités du jeune roi, fêtes, voyage du midi 115
Corruption du temps; scepticisme et superstition; alchimie 122
Paris: Saint-Jacques-la-Boucherie, Flamel; Saint-Jean-en-Grève, Gerson 123
CHAPITRE III
FOLIE DE CHARLES VI. 1392-1400 129
1392. (13 juin). Assassinat de Clisson 130
(5 août). Expédition de Bretagne; folie du roi 133
Tentatives pour rétablir la paix de l'Église 141
1396. Trêve avec l'Angleterre; Richard II, gendre de Charles VI 142
Croisade contre les Turcs, défaite de Nicopolis 143
1398. Richard II renversé par Henri de Lancastre 148
1399.-1400. Rechutes de Charles VI; cabale, sorcellerie 153
Cartes à jouer, mystères 158
LIVRE VIII
CHAPITRE PREMIER
LE DUC D'ORLÉANS, LE DUC DE BOURGOGNE.--MEURTRE DU DUC D'ORLÉANS. 1400-1407 163
1400-1401. Louis d'Orléans, frère de Charles VI; esprit de la Renaissance 164
Jean sans Peur, fils du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi 169
Politique de la maison de Bourgogne 171
L'intérêt flamand lie cette maison à l'Angleterre 172
Elle aide à l'élévation de Lancastre 175
Le duc d'Orléans achète le Luxembourg 178
Lutte du duc de Bourgogne et du duc d'Orléans 178
1402. Le duc de Bourgogne réclame en faveur du peuple contre les impôts 179
Gouvernement impopulaire du duc d'Orléans; il se déclare pour le pape d'Avignon; ses tentatives contre l'Angleterre 181
1404. Mort du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, Jean sans Peur 184
Jean sans Peur encourage le peuple à refuser l'impôt 188
1405. Louis d'Orléans et Jean sans Peur; deux armées autour de Paris 194
1406. Fausse paix; guerre contre les Anglais sans résultat 199
Irritation de Paris et de l'Université contre le duc d'Orléans 201
1407. (23 nov.). Jean sans Peur le fait assassiner 214
CHAPITRE II
LUTTE DES DEUX PARTIS.--CABOCHIENS.--ESSAIS DE RÉFORME DANS L'ÉTAT ET DANS L'ÉGLISE. 1408-1414 216
1407. Fuite de Jean sans Peur 230
(10 déc). La veuve de Louis d'Orléans demande justice 231
1408. Retour de Jean sans Peur et son apologie, par Jean Petit, docteur de l'Université 234
Triomphe de l'Université sur la juridiction royale 242
Elle prononce l'exclusion des deux papes 244
(23 sept.). Victoire de Jean sans Peur et de Jean sans Pitié sur les Liégeois 247
1409 (9 mars). Jean sans Peur exige que les fils de Louis d'Orléans lui promettent amitié; paix de Chartres. 252
Le négociateur de cette paix, Montaigu, est mis à mort 254
Jean sans Peur essaye de réformer l'État 257
1410 (1er nov.). Les ducs d'Orléans et de Berri viennent en armes jusqu'à Bicêtre; ils sont obligés de traiter: paix de Bicêtre 260
La France du sud-ouest envahit la France du nord 264
Armagnac, beau-père du duc d'Orléans 269
1411 (1er sept.). Jean sans Peur appelle les Anglais contre les Armagnacs et assiége Bourges 273
1412 (18 mai). Le parti d'Orléans et Armagnac appelle les Anglais 275
(14 juill.). Jean sans Peur obligé de traiter; paix de Bourges 276
Impuissance des deux partis 277
CHAPITRE III
ESSAIS DE RÉFORME DANS L'ÉTAT ET DANS L'ÉGLISE.--CABOCHIENS DE PARIS; GRANDE ORDONNANCE.--CONCILE DE PISE. 1409-1414 280
1413 (janv.). Le duc de Bourgogne assemble les États inutilement 280
Le Parlement se récuse 282
L'Université entreprend la réforme de l'État 287
(28 avril). La Bastille est assiégée par le peuple 291
Puissance des bouchers 292
Ils veulent réformer d'abord la famille royale, le dauphin 294
Ils se font livrer les courtisans du dauphin 296
Tyrannie des écorcheurs 301
(22 mai). Nouvel enlèvement des seigneurs et courtisans 304
(25 mai). Promulgation de la grande _ordonnance de réforme_ 306
Quels en ont été les auteurs? 309
(mai-juillet). Gouvernement violent des cabochiens, emprunt forcé, etc. 315
(21 juill.). Réaction 317
(5 sept.). L'ordonnance annulée 320
1414. (10 févr.). Le duc de Bourgogne déclaré rebelle 321
(4 sept.). Siége, traité d'Arras; la réaction convaincue d'impuissance à son tour 322
1415. (5 janv.). Sermon de Gerson contre le gouvernement populaire 322
Affaires ecclésiastiques; livre de Clémengis sur la Corruption de l'Église 324
1409. Inutilité du concile de Pise 330
Pauvreté intellectuelle de l'époque 333
PARIS.--IMPRIMERIE MODERNE (Barthier, dr) rue J.-J. Rousseau, 61.
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