Histoire amoureuse des Gaules; suivie des Romans historico-satiriques du XVIIe siècle, Tome III

Part 35

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[398] Ce fait, rapporté par Dangeau, est confirmé par Saint-Simon.--Dangeau: «Jeudi 30 nov. 1684... Après le petit coucher, le Roi appela M. de Turenne et lui fit une forte réprimande sur ce qu'il le servoit peu respectueusement.»--Saint-Simon: «M. de Turenne, fils aîné de M. de Bouillon et grand chambellan en survivance, profita mal de cette correction et se fit enfin exiler. Un matin, en donnant la chemise au Roi, il ne se donna pas la peine d'ôter des gants à frange, de laquelle il donna par le nez au Roi fort rudement, qui le trouva aussi mauvais qu'il est possible de le croire.»--_Journal de Dangeau_, t. I, p. 75.

[399] Son père étoit le duc de Bouillon; Turenne étoit l'oncle de celui-ci, grand-oncle par conséquent du jeune prince.

[400] Henri de Lorraine, comte de Briosne, fils de Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, et de Catherine de Neufville, fille du maréchal de Villeroi, né le 15 nov. 1661, grand écuyer en survivance depuis le 25 fév. 1677.

[401] Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, gouverneur de la province d'Anjou et des châteaux d'Angers et des Ponts-de-Cé, étoit né en 1641. De son mariage avec mademoiselle de Villeroy il eut neuf enfants, une fille, entre autres, mariée au duc de Cadaval, Portugais, et une autre mariée au duc de Valentinois.

[402] Charles François Frédéric de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, né le 28 février 1662, étoit fils de François Henri de Montmorency et de Madeleine Claire de Clermont-Luxembourg. Le prince de Tingry épousa le 28 août 1686 Marie Thérèse d'Albert, fille aînée du duc de Chevreuse. Il mourut jeune, et son plus jeune frère, connu jusque-là sous le nom de chevalier de Luxembourg, et né en 1675, prit le titre de prince de Tingry, bien que son aîné eut laissé un fils.

[403] On voit à chaque instant de ces sortes de parties de plaisir improvisées. Tantôt des jeunes gens apprennent qu'un bal se donne quelque part, et ils entrent en passant, sans frais de toilette; tantôt, surtout en temps de carnaval, on se masque, on se déguise, et l'on va, par bandes, sans y être invités, dans toutes les maisons où l'on sait qu'il y a bal.

[404] M. le Grand, c'est le grand écuyer; on disoit de même M. le Premier pour le premier écuyer de la petite écurie.

[405] Ici, dans certaines éditions, est intercalé un long passage que nous avons donné nous-même, d'après les textes les plus anciens, dans notre second volume, p. 421-454.

[406] Ici commence, dans l'édition de 1754, un nouveau pamphlet, sous le titre de: _Amours de monseigneur le Dauphin avec la comtesse du Roure_.--Nous en avons donné un autre texte (p. 185).

[407] Dans le noël cité plus haut.--Cf. ci-dessus le pamphlet des _Amours du Dauphin_.

[408] L'édition de 1754 intercale ici un passage qui fait le début de notre texte.

[409] La phrase qui précède ne se trouve que dans cette édition.

[410] Ici recommence, dans l'édition de 1754, le texte des _Amours du Dauphin_, différent de celui que nous avons donné ci-dessus.

[411] Sur ces premiers amours du Dauphin, voyez les souvenirs de madame de Caylus, édit. Michaud (Paris, Didier), p. 496;--_Journal de Dangeau_, texte et notes, pp. 327, 336, 428, 437, etc., etc.

[412] Entre les divers passages de Dangeau, commenté par Saint-Simon, que nous venons de citer, celui-ci nous a paru d'un intérêt particulier pour le pamphlet que nous annotons: «Monseigneur étoit amoureux de madame de Polignac, et cela avoit hâté son mariage. Elle étoit mademoiselle de Rambures, fille de madame la Dauphine, robine plaisante, bien de l'esprit et point du tout bonne. Cela dura toujours avec Monseigneur, jusqu'à ce qu'il découvrît que le marquis de Créqui, qui étoit dans cette intrigue, étoit pour le moins aussi bien traité que lui; c'est ce qui fit l'éclat. Ils furent chassés, et madame de Polignac n'est pas revenue à la Cour depuis, seulement à la fin de sa vie, des moments, se montrer une fois ou deux l'année. Elle n'en fut pas moins galante, sans que son mari le trouvât mauvais. Elle joua tant qu'elle se ruina, et s'en alla en Auvergne, où elle mourut assez étrangement, ce dit-on, et fort lasse de vivre.» (_Comment. de_ Saint-Simon sur le Journal de Dangeau. T. I, p. 428.)

[413] François Joseph, marquis de Créqui, étoit fils du maréchal de Créqui et de Catherine de Rougé, laquelle étoit fille de ce Du Plessis Bellière dont la femme, Suzanne de Bruc, fut si compromise dans l'affaire de Fouquet; né en 1662, le marquis de Créqui fut tué au combat de Luzzara, en Italie, le 13 août 1702. Il ne laissa que des filles, qui moururent sans avoir été mariées.

[414] Le marquis de Créqui épousa, à la date du 4 février 1683, Anne Charlotte d'Aumont, fille du duc d'Aumont et de sa première femme.--Voy. ci-dessus.

[415] Epier, surveiller secrètement. Furetière donne comme exemple du mot _éclairer_ dans ce sens: «Les princes sont plus esclairez que les autres hommes.»

[416] L'hôtel de Longueville, voisin de l'hôtel de Rambouillet et de l'enclos des Quinze-Vingts, étoit situé dans la rue Saint-Thomas du Louvre. Il avoit porté successivement, d'après ses propriétaires, les noms d'hôtel de la Vieuville, de Luynes, de Chevreuse, et enfin d'Epernon. Bâti par Metezeau, décoré par Mignard, l'hôtel de Longueville finit par devenir, en 1749, un magasin de tabacs.

[417] L'hôtel de Créqui étoit dans la rue des Poulies. Il fut bâti pour Charles de Créqui, l'année où celui-ci fut fait maréchal de France, en 1622.

[418] François de Créqui, maréchal de France, arrière-petit-fils du premier maréchal de Créqui, nommé dans la note précédente. François, maréchal de Créqui, mourut le 4 fév. 1687.

[419] On lit à ce sujet dans le Journal de Dangeau, sous la date du mercredi 22 mai 1686: «Je sus que M. l'archevesque de Reims avoit fait sortir de chez lui le marquis et la marquise de Créqui, sa nièce, qu'il y avoit fait loger avec tous leurs domestiques et leurs chevaux, qu'il nourrissoit. La marquise s'est retirée chez le maréchal de Créqui, qui l'a très bien reçue, et qui l'emmènera à Nancy.» (T. I, p. 338.)

[420] Voy. la note précédente.--Dangeau, à la date du 1er mars 1686, parle ainsi de ces mariages: «Madame de Polignac, qui avoit un décret de prise de corps contre elle depuis long temps, avoit cru pouvoir demeurer à Paris en sûreté et qu'on ne songeoit plus à ces affaires-là. Elle y est donc venue, et a fait proposer des mariages pour son fils; d'un côté elle a fait parler au comte de Grammont pour sa fille aînée, et de l'autre aux parents de mademoiselle de Rambures. Il y a eu des pourparlers sur tout cela, qui ont fait savoir au Roi que madame de Polignac étoit dans Paris, et on lui a envoyé ordre d'en sortir et de se retirer chez elle.»--On voit que notre pamphlet, qui parle de la répugnance qu'avoit la marquise de Polignac à marier son fils avec mademoiselle de Rambures, est dans l'erreur, puisque madame de Polignac fit elle-même toutes les démarches nécessaires au mariage.

[421] Charlotte Bautru, fille de Nicolas Bautru, comte de Nogent, et de Marie Coulon, fille d'un conseiller au Parlement. Mariée d'abord au marquis de Rannes, et devenue veuve, elle épousa Jean Baptiste Armand de Rohan, prince de Montauban, deuxième fils de Charles de Rohan, duc de Montbazon, comte de Rochefort et de Montauban, et de Jeanne Armande de Schomberg.

[422] Nicolas d'Argouges, marquis de Rannes, colonel-général des dragons et lieutenant général des armées du Roi.

[423] Scandalisée, c'est-à-dire donnée en scandale, déchirée, perdue de réputation.

[424] Charles de Rohan, prince de Guéméné, duc de Montbazon, dit le prince de Montauban, étoit fils aîné de Charles de Rohan, duc de Montbazon, et de Jeanne Armande de Schomberg. Son fils, archevêque-duc de Reims, eut l'honneur de sacrer le Roi Louis XV.

[425] Le duc de Montbazon, père du prince de Guéméné et du prince de Montauban, dont nous avons parlé dans les notes précédentes, étoit fils de Louis de Rohan VII, prince de Guéméné, grand veneur de France, mort le 19 fév. 1667, et de sa cousine germaine, Anne de Rohan, princesse de Guéméné. Le duc de Montbazon mourut fou et enfermé, à Liége. (Saint-Simon, _Comment. sur Dangeau_, t. I, p. 136.)

[426] Voy. la note précédente.

[427] _Var._, édit. 1754: «Avant que de parler du bonheur qu'il eut d'avoir sa femme.»

[428] Voy. les notes 424 et 425, à la page précédente.

[429] Louis, chevalier de Rohan, frère du duc de Montbazon le fou, avoit été reçu en 1656 grand veneur, en survivance de son père; celui-ci étant mort en 1667, le chevalier de Rohan exerça sa charge jusqu'en 1670, qu'il s'en démit en faveur de Maximilien de Belleforière, marquis de Soyecourt. On connoît sa trahison: il fut décapité le 27 nov. 1674.

[430] Journal de Dangeau: «Mercredi, 14 mars 1685: Madame la princesse de Guéméné mourut à Rochefort; elle laisse 200,000 liv. de rentes en fonds de terre; elle est morte à 80 ans passés.» Saint-Simon ajoute: «Cette princesse est la belle-soeur de la célèbre madame de Chevreuse... Elle avoit beaucoup d'esprit, de beauté et d'agrément, dont tout usage lui étoit bon (à son mari) pourvu qu'il y trouvât profit, considération et grandeur.» (_Journal de Dangeau_, t. I, p. 135-136.)

[431] Cette campagne, qui est de 1667, coïncide avec la date de la mort du prince de Guéméné, le grand veneur, dont le duc de Montbazon se montra si mécontent de n'avoir pas la survivance.

[432] «Vendredi 13 déc. 1686: «On croit que le marquis de Créqui ira voyager, et que la Cour a conseillé à son père de lui faire prendre ce parti-là. On dit aussi que madame de Polignac ne paraîtra pas sitôt à la Cour. Monseigneur lui a fait dire par.... qu'il ne vouloit plus avoir de commerce avec elle.» (_Journal de Dangeau_, I, 428.).

[433] Voy. la note précédente, et ajoutez ce qui suit: «Le Roi dit au duc d'Aumont que son gendre, le marquis de Créqui, avoit envie de lui déplaire, puisqu'il demeuroit toujours ici, quoiqu'il lui eût fait conseiller par sa famille de s'absenter. Ainsi, apparemment, il partira demain.» (_Journal de Dangeau_, t. I, p. 437.)--Les _Mémoires_ du Marquis de Sourches ajoutent quelques détails: «Le Roi fit voir à Monseigneur les lettres qu'on avoit trouvées dans la cassette, dans lesquelles le marquis de Créqui et cette dame (madame de Polignac) ne le traitoient pas avec tout le respect qu'ils devoient, ce qui ayant achevé d'aliéner son esprit contre cette dame, il consentit sans peine que le Roi exilât le marquis hors du royaume..... Le maréchal de Créqui fit tous ses efforts pour obtenir le pardon de son fils, mais le Roi demeura ferme dans sa résolution, et toute la grâce qu'il lui accorda fut de trouver bon que le marquis vînt prendre congé de lui publiquement, comme pour s'en aller voyager en Italie.» (Mémoires, t. II, pp. 229-233.)

[434] L'édition de 1754 continue ce pamphlet, sous le titre de: _Amours de Monseigneur le Dauphin avec la comtesse Du Roure_, et son texte, presque entièrement différent de celui que nous avons donné, tantôt supprime, tantôt y ajoute de longs passages.

FIN DU TROISIÈME VOLUME.

[Bandeau]

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS CE VOLUME.

Pages.

Préface. v

Le Passe-Temps royal ou les Amours de Mlle de Fontanges. 3

Suite de la France galante ou Les derniers déréglements de la Cour.

Avertissement du Libraire au Lecteur. 61

Suite de la France galante ou Les derniers déréglements de la Cour 65

Le Divorce royal ou Guerre civile dans la famille du grand Alcandre. 157

Les Amours de Monseigneur le Dauphin avec la comtesse du Roure. 185

Les vieilles Amoureuses.

Avis du Libraire au Lecteur. 207

Les vieilles Amoureuses. 209

Histoire de la maréchale de La Ferté. 279

La France devenue italienne avec les autres désordres de la Cour. 345

FIN DE LA TABLE.

[Cul-de-lampe]

Corrections:

Note 8: p. 454 modifié en: t. 2, p. 454 Note 116: déjà vu lu note en: déjà vu en note Note 160: 4 janvier 1655 en: 4 janvier 1695 Note 255: t. 2, p. 228 en: p. 288 Note 328: note 28 en: note 303 (conjecture) Note 393: Voy. t. 1, p. 429 en: Voy. t. 2, p. 429 Note 406: t. 2, p. 185 en: p. 185 Page 429: résolut la quitter en: résolut de quitter