Histoire amoureuse des Gaules; suivie des Romans historico-satiriques du XVIIe siècle, Tome III

Part 34

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Le petit pain étoit alors vendu un sou ou deux sous: le prix ne varioit pas, mais le poids varioit selon le prix du blé. Quand le blé valoit vingt livres le septier, le pain façon de Gonesse de deux sous pesoit neuf onces, ou, d'un sou, quatre onces et demie; le pain de chapitre d'un sou pesoit quatre onces et demie; le pain mollet, le pain à la reine, le pain à la sigovie, le pain à la mode et le pain cornu ne pesoient que trois onces et demie.

[321] Les ordonnances et édits sur les duels étoient toujours observés avec une grande rigueur. Pour les empêcher même, Louis XIV avoit eu la pensée, au dire de Guy Patin, de retirer l'épée aux gentilshommes et de leur faire porter au cou une médaille comme marque de leur qualité.

[322] Marie Bautru, fille de Nicolas Bautru, comte de Nogent et de Marie Coulon, étoit soeur du comte de Nogent, qui avoit épousé la soeur de Lauzun. Elle épousa, à la date du 5 avril 1656, René de Rambures, qu'elle perdit le 11 mai 1671. Elle-même mourut en mars 1683.

[323] Voy. ci-dessus, _passim_.

[324] Madame d'Aumont étoit en effet cousine de Fervaques, par sa mère, Charlotte de Prie, qui avoit épousé Noël de Bullion, seigneur de Bonnelles, par contrat du 24 février 1639. Charlotte de Prie, madame de Bonnelles, étoit soeur de Louise de Prie, maréchale de la Mothe-Houdancourt.

[325] Voy. ci-dessus, p. 302.

[326] Voy. ci-dessus, p. 302.

[327] Les opéras en vogue à cette époque étoient: _Alceste_, de 1674; _Thésée_, de 1675; puis vint _Atys_ en 1676.

[328] La duchesse de Créqui étoit Armande de Saint-Gelais-Lusignan de Lansac; son père étoit oncle de la maréchale de La Mothe. La duchesse de Créqui étoit donc cousine-germaine de la maréchale de La Mothe, tante, à la mode de Bretagne, de la duchesse d'Aumont. (Cf. ci-dessus, note 303.)

[329] Nous ne saurions préciser l'âge de madame de Rambures; mais, mariée en 1656, mère seulement en 1661 d'un fils, aîné de la famille, qui mourut en 1679, elle ne pouvoit guère avoir moins de trente-six à trente-sept ans à l'époque qui nous occupe.

[330] Voy. t. 2, p. 88.

[331] Sur la première femme du duc de Caderousse, voy. ci-dessus, p. 371.

[332] De son premier mariage le duc de Caderousse eut un seul fils, Jacques-Louis d'Ancezune de Cadart de Tournon, duc de Caderousse, qui épousa, avant 1700, Madeleine, fille du marquis d'Oraison.

[333] La _bassette_ étoit un jeu de cartes, un jeu de hasard, comme le _hoc_ ou _hocca_ et le lansquenet. L'abus de ces jeux devint tel que de nombreux arrêts du Parlement, plusieurs édits du Roi et ordonnances de police essayèrent de le combattre.

En 1661, le Parlement porte deux arrêts contre le jeu du hocca; en 1663, contre les académies de jeux en général; en 1666, le Roi lance un édit dans le même but; en 1680, la bassette, introduite en 1674 ou 1675 par l'ambassadeur de Venise Justiniani, est mise en cause pour la première fois devant le Parlement. L'arrêt, daté du 16 septembre, porte: «Comme, outre tous ces jeux de hazard cy-devant défendus, on en a introduit un depuis quelque temps, appelé la bassette, où l'on assure que ceux qui le tiennent ont une certitude entière de gagner avec le temps, et que les pertes faites audit jeu par plusieurs enfants de famille les ont engagez emprunter de l'argent à tel denier que lesdits particuliers accusez d'usure ont voulu exiger d'eux, ledit procureur général estime estre obligé d'avoir recours à l'autorité de la cour pour faire renouveler les défenses générales prononcées contre tous les jeux de hazard, et encore plus grandes contre ceux qui donneront à jouer chez eux audit jeu de la bassette, et contre ceux qui y joueront.»

D'année en année les mêmes mesures sont renouvelées. Enfin, le 5 janvier 1685, «_Sa Majesté, estant en son conseil_, a défendu et défend très expressément à tous ses sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, de plus continuer à jouer audit jeu de la bassette, soit ès assemblées publiques, _dans leurs maisons en particulier_, et sous quelque nom et prétexte que ce soit, à peine de trois mille livres d'amende, au payement de laquelle Sa Majesté veut que les contrevenants soient contraints par toutes voies, mesme par saisie et exécution de leurs biens, meubles, chevaux et carrosses.»

On changea le nom du jeu. Le _hocca_ s'appela _pharaon_ ou _barbacolle_; la _bassette_ devint le _pour et contre_. Sous ces nouveaux noms les poursuites vinrent encore chercher les joueurs.

En 1679, le _Journal des Savants_ produisit une théorie de probabilité pour le jeu de la bassette: on y voit clairement combien de chances étoient réservées à la friponnerie.

Disons maintenant comment se jouoit le jeu de la bassette: nous expliquerons ainsi différents mots qu'on lira plus loin. «Celui qui taille, lit-on dans le Dictionnaire de Trévoux, se nomme _banquier_ ou _tailleur_. Il a en main cinquante-deux cartes; ceux qui jouent contre lui ont chacun treize cartes d'une couleur: on les appelle le livre. Après que le tailleur a battu ses cartes, les joueurs découvrent devant eux telles cartes de leur livre qu'ils veulent, sur lesquelles ils couchent de l'argent à discrétion; ensuite le tailleur tourne son jeu de cartes, en sorte qu'il voit la première qui étoit dessous. Après cela, il tire ses cartes deux à deux jusqu'à la fin du jeu: la première de chaque couple ou main est toujours pour lui, et la seconde ordinairement pour le joueur; de sorte que, si la première est, par exemple, un roi, le banquier gagne tout ce qui a été couché sur les rois; mais si la seconde est un roi, le banquier donne aux joueurs autant qu'ils ont couché sur les rois.»

L'alpiou (de l'italien _al più_) étoit, dit M. Fr. Michel, dans son _Dict. d'argot_, la marque que l'on faisoit à sa carte pour indiquer qu'on doubloit son jeu après avoir gagné.

On connoît le petit livret publié à cette époque sous le titre de: _Les désordres de la bassette_.

[334] Le chevalier Louis de Cabre, qui fut chambellan du duc d'Orléans, régent, étoit fils de Louis de Cabre et de Marie d'Antoine. Il mourut sans alliance. Il appartenoit à une famille consulaire de Marseille dont les différentes branches furent maintenues dans leur noblesse par les commissaires vérificateurs en 1667.

[335] On lit dans le _Livre commode des adresses_, par le sieur de Pradel, astrologue lyonnois, 1691, in-8, p. 26: «Les garnitures de perles et de pierres fines sont commercées par les sieurs Alvarez et Maçon, rue Thibault-aux-Dez.»

[336] La fille aînée de madame de Rambures, Marie-Renée de Rambures, soeur du marquis de Rambures qui fut tué en 1679, en Alsace, par accident, étoit alors un parti considérable; elle n'avoit pas d'autre frère, et, de ses deux soeurs, l'une fut religieuse, l'autre épousa, en 1686, le marquis de Polignac.--Marie-Renée de Rambures fut en effet la seconde femme du duc de Caderousse.

[337] Les robes des femmes avoient habituellement des _manches d'ange_, et ces manches ne passoient guère le coude. Les ecclésiastiques et les personnes en deuil portoient des bouts de manches, sortes de manchettes qui se cousoient au bout des manches du pourpoint. Pour les femmes mêmes, la manche longue devint ainsi une marque de piété ou de deuil.

[338] La mère du marquis de Biran étoit Charlotte-Marie de Daillon, fille de Timoléon de Daillon, comte du Lude. Elle mourut à vingt et un ans, le 15 décembre 1657. (Voy. ci-dessus, t. 2, p. 425.)

[339] Les chiens de Boulogne, comme les chiens d'Artois, les bichons, les barbets, les chiens de Barbarie, étoient des chiens de chambre ou de manchon. Le _chien de Boulogne_ venoit d'Italie, de Bologne, que l'on prononçoit Boulogne, comme Tolose se prononçoit Toulouse; Rome, Roume; homme, houme, etc. A Bologne, dit-on, on les empêchoit de croître en les frottant, pendant les jours qui suivoient leur naissance, à toutes les jointures du corps, avec de l'esprit de vin. La vogue des chiens de Bologne avoit succédé à la mode des doguins, qui avoient, de même, le nez camus.

[340] C'est ce marquis de Biran, devenu duc de Roquelaure, qui est le héros du _Momus françois_, recueil de contes et de mots d'un goût plus ou moins équivoque, publié en 1718, in-12.

[341] On se rappelle les reproches faits à Louis XIV par madame de Montespan. Louis XIII, dit Tallemant, pensant faire le bon compagnon, disoit: «Je tiens de mon père, moi; je sens le gousset.» Et quant à Henri IV, madame de Verneuil ne craignit pas de lui dire un jour que bien lui prenoit d'être roi; que sans cela on ne le pourroit souffrir, et qu'il puoit comme charogne. A ce compte-là, le baron de Fæneste étoit noble comme le Roi.

[342] Le juste-au-corps étoit une partie de l'habillement, sorte de veste qui tomboit jusqu'aux genoux, serrant le corps et montrant la taille. Le juste-au-corps, autrefois uniquement réservé aux gens de guerre, étoit alors à la mode dans toutes les classes, et on le portoit en drap, en velours, etc.

[343] Voy. ci-dessus, t. 3, p. 240.

[344] Le duc d'Enghien, fils du grand Condé, connu sous le nom de M. le prince Henri-Jules, étoit né le 29 juillet 1643.

[345] Le prince Henri-Jules épousa, le 11 décembre 1663, Anne de Bavière, fille d'Edouard de Bavière, prince palatin du Rhin, et d'Anne de Gonzague, laquelle étoit soeur de la reine de Pologne et fut adoptée par le Roi son beau-frère.

[346] Voy., sur le grand Condé, une note importante de M. Boiteau dans cet ouvrage, t. 1, p. 198.

[347] La comédie de _l'Inconnu_, par Thomas Corneille, est de l'année 1675. Le titre porte qu'elle est «mêlée d'ornements et de musique». Dans son Avis au lecteur, l'auteur dit: «Dans le sujet de _l'Inconnu_ vous ne trouverez point ces grandes intrigues qui ont accoutumé de faire le noeud des comédies de cette nature, parce que _les ornements qu'on m'a prêtés_, demandant beaucoup de temps, n'ont pu souffrir que j'aie poussé ce sujet dans toute son étendue.»--D'après l'indication fournie par le pamphlet que nous annotons, le marquis de la pièce, toujours occupé à faire de galantes surprises à la comtesse, ne seroit autre que le duc d'Enghien.

[348] Le maréchal de Grancey.

[349] Philippe de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIV, né le 22 septembre 1640. Il étoit veuf alors de madame Henriette, dont il a été tant parlé dans le second volume de cet ouvrage. (Voy. ci-dessus, p. 239, et lisez duc d'Orléans, et non duc d'Anjou.)

[350] Elisabeth de Grancey, dame d'atours de Marie-Louise d'Orléans, reine d'Espagne. Elle mourut en 1711 (26 novembre), à l'âge de cinquante-huit ans, sans avoir été mariée. Toute la famille de Grancey avoit une grande influence chez le duc d'Orléans, et l'illusion que se faisoit le maréchal avoit bien son excuse. Ainsi Hardouin de Grancey, docteur de Sorbonne, abbé de Rebec, de Beaugency, de Reuilly et de Saint-Benoît sur Loire, fut premier aumônier de Monsieur; et la comtesse de Maré fut, après la mort de sa mère, gouvernante de Mademoiselle, depuis duchesse de Lorraine, et des princesses filles du duc d'Orléans.

[351] Les charges étoient très multipliées chez le Roi et chez le duc d'Orléans, et nombre d'officiers y servoient par quartier, c'est-à-dire par trimestre.

[352] Voy. dans ce volume, p. 230 et 234.

[353] C'est-à-dire: à l'enseigne de l'Alliance. Avant l'usage de numéroter les maisons, on les désignoit et on les reconnoissoit par leurs enseignes, enseignes parlantes généralement, formées de sujets allégoriques ou autres, taillés dans la pierre, incrustés dans la façade des maisons, ou peints et formant tableaux.

[354] Le béat, c'est le saint qui n'est pas encore canonisé.

[355] Voy. t. 2, p. 429.

[356] Il n'étoit pas rare qu'un créancier fît arrêter le carrosse même d'un grand seigneur. Segrais raconte, entre autres vicissitudes du comte d'Elbène, qu'un créancier étant parvenu à l'attirer jusque dans la rue à la suite d'une visite qu'il lui avoit faite, osa, de son autorité privée, le faire saisir par quatre hommes, jeter dans un carrosse de louage, et conduire, de son chef, dans une prison, où le comte resta trois jours.

[357] Nous écrivons autrement le nom de cette ville, appelée aujourd'hui La Ferté-sous-Jouarre.

[358] L'intendant des troupes étoit chargé de veiller à l'approvisionnement des objets nécessaires à l'armée. Dangeau (_Journal_, t. 1, p. 314, à la date du 22 mars 1686) parle de M. de La Grange, intendant d'Alsace.

[359] M. Jacques Sallé, précédemment auditeur des comptes, fut nommé maître des comptes en 1674. Il servoit, comme M. Ladvocat, non le maître des requêtes, mais le maître des comptes, pendant le semestre d'hiver.

[360] Le duc de Roquelaure mourut le 11 mars 1683. Cf. t. 1, p. 163.

[361] Voy. t. 2, p. 426, 448.

[362] Le duc du Lude étoit, comme Roquelaure, un duc à brevet. Ses lettres de duché-pairie furent commandées le 31 juillet 1675. Il mourut en septembre 1685.

[363] L'Etat de la France pour 1669 indique comme trésorier général des maison et finances de Monsieur, duc d'Orléans, aux gages de 4,800 livres par an, M. Joachim Seiglière, sieur de Boisfranc. Sa fille, Marie-Magdeleine-Louise de Seiglière de Boisfranc, née en 1664, épousa, le 15 juin 1690, Bernard-François Potier, duc de Gèvres, et mourut le 3 avril 1702.--Madame de Caylus, dans ses _Souvenirs_, assure que M. de Roquelaure avoit pensé à l'épouser elle-même. (Edit. _Michaud_, Paris, Didier, p. 494.)

[364] La succession du duc du Lude devoit en effet revenir à Roquelaure, puisque le duc n'avoit eu d'enfants ni de sa première femme, Eléonore de Bouillé, ni de la seconde, Marguerite-Louise de Béthune, veuve du comte de Guiche.

[365] Dans les éclaircissements dont il a fait suivre le second volume de ses _Mémoires sur madame de Sévigné_, M. Walckenaër a donné, sur l'usage qu'on avoit de visiter les jeunes mariés le lendemain de leurs noces, une longue et très curieuse note, à laquelle nous renvoyons le lecteur. (Voy. son ouvrage, t. 2, p. 390-392.)

[366] Charles-Maurice Le Tellier, archevêque et duc de Reims, maître de la chapelle de musique du Roi, intermédiaire de Sa Majesté vis-à-vis des gens de lettres et des artistes depuis la mort de Colbert, étoit frère du marquis de Louvois. Né en 1642, il mourut le 22 février 1710. (Voy., dans cette collection, les notes de M. Ed. Fournier sur un pamphlet, _le Cochon mitré_, qui attaque le galant archevêque.--_Variétés historiques_, t. 6, p. 209.)

[367] On prétend que ce nom de _petits-maîtres_ commença à s'établir en France lorsque le duc de Mazarin, fils du maréchal de La Meilleraie, fut reçu grand-maître de l'artillerie en survivance de son père: on appela petits-maîtres les jeunes seigneurs de son âge. On donna ensuite ce nom aux jeunes gens qui prétendoient briller plus que les autres; et Saint-Evremont nous montre déjà cette qualification tombée dans le discrédit parce qu'on l'appliquoit à la bourgeoisie.

[368] «M. De Termes étoit de la même maison que M. de Montespan et n'avoit de noble que de la naissance et de la valeur. Il étoit pauvre, et si bas qu'il fit l'impossible pour être premier valet de chambre du Roi.» (Saint-Simon, _Comment. sur le Journal de Dangeau_, t. 1, p. 81.)--M. de Montespan ne tenoit à l'illustre maison de Saint-Lary, d'où le duc de Bellegarde et son frère le marquis de Termes, que par les femmes. La soeur du duc de Bellegarde avoit en effet épousé le bisaïeul du marquis de Montespan, dont la femme fut aimée de Louis XIV, et l'aïeul du marquis épousa aussi une Saint-Lary.

[369] Louise Marie Foucault, fille du maréchal de ce nom, étoit veuve, depuis le 2 déc. 1672, de Michel II de Castelnau, fils lui-même d'un maréchal de France. La marquise avoit aimé, paroît-il, le duc de Longueville, qui se moquoit d'elle. Quand il mourut, madame de Castelnau apprit vite les vrais sentiments du duc, et, le 8 juillet 1672, madame de Sévigné écrivoit: «La Castelnau est consolée.»

[370] Nombre de gentilshommes en province se mêloient de fabriquer de la monnoie: on a vu que le père de madame de Maintenon avoit été accusé de ce crime. Les Grands jours d'Auvergne, par Fléchier, donnent des renseignements curieux sur ce sujet.

[371] Voy. la note 368 ci-dessus, p. 465.

[372] Louis Robert, président en la Cour des Comptes depuis 1679. Il avoit été d'abord intendant en Flandres.

[373] Les mémoires de la Fare ne parlent pas autrement: «Ce qui donna l'idée de ce crime, _qui étoit alors fort commun en France_, fut l'affaire de madame de Brinvilliers, fille du lieutenant-civil d'Aubray.» Nous ne rappellerons pas les scandaleuses affaires de ce temps, portées à la trop fameuse chambre des poisons, etc.

[374] Nous avons déjà vu ce mot employé plus haut.

[375] Maintenon. (_Note du texte._)

[376] Montespan. (_Id._)

[377] Fille de madame de Montespan et du Roi. (_Ibid._)--Elle épousa le duc de Bourbon.

[378] Petit-fils du prince de Condé. (_Ibid._)

[379] C'étoit le duc du Maine.

[380] Sur les dames en général. (_Ibid._)

[381] D'Olonne, Meklebourg, de Fiesque. (_Ibid._)

[382] Marie Anne de Bourbon, fille de Louis XIV et de mademoiselle de La Vallière, mariée, le 16 janvier 1680, à Louis Armand de Bourbon, prince de Conti. Voy. ci-dessous.

[383] Le prince Henri-Jules, fils du grand Condé. Nous avons déjà rencontré son nom.

[384] Louis Armand de Bourbon, prince de Conti, né le 4 avril 1661, fils d'Armand de Bourbon, prince de Conti, et d'Anne Marie Martinozzi.--Il mourut le 9 nov. 1685.--Voy. la note 382, ci-dessus.

[385] François-Louis de Bourbon, prince de la Roche sur Yon, frère d'Armand de Bourbon, prince de Conti, naquit le 30 avril 1664. Il devint lui-même prince de Conti, en nov. 1685, après la mort de son aîné, et épousa sa cousine, fille du prince Henri-Jules et petite-fille du grand Condé.

Le prince de Conti et le prince de la Roche sur Yon firent en 1685 la campagne de Hongrie. On connoît les emportements du Roi à leur égard.

[386] Le bâton n'étoit pas seulement l'arme des vengeances quand il s'agissoit de châtier un poëte ou quelque bourgeois. Les gentilshommes ne se l'épargnoient pas. Ainsi le cardinal de Sourdis fut bâtonné par le duc d'Epernon, et il eut l'honneur, dit Tallemant, d'être le prélat le plus battu de France. Le comte de Bautru passa aussi par le bois, ce qui fournit un bon mot à sa verve intarissable.--Dans la hiérarchie des offenses dont connoissoit le tribunal des maréchaux de France, la bastonnade venoit entre le démenti et le soufflet.--Le traitement dont fut l'objet le marquis de Termes n'a donc rien d'étonnant. Dangeau, à la date du 17 déc., assez près de Noël, comme on voit, 1686, confirme le rapport de notre texte, et Saint-Simon, dans son commentaire, entre, sur ce fait, dans d'assez longs détails. (_Journal de Dangeau_, I, 81.)

[387] Le _Journal de Dangeau_, et surtout le commentaire de Saint-Simon, font bien connoître le ménage du duc de Ventadour: «Madame de Ventadour étoit fort belle et fort agréable, son mari très laid et très contrefait. Ils étoient très mal ensemble, et les choses étoient allées souvent fort loin... On se soucioit peu du mari, dont la débauche et une absence continuelle de la cour ne lui donnoient pas grande considération.....» (_Journal de Dangeau_, t. 23.)

[388] La démoralisation même des classes élevées étoit alors arrivée à un point que les pamphlets ne sont pas seuls à signaler. Le jeu, dont la mode, ou plutôt la fureur, avoit été apportée d'Italie, étoit une des principales causes de cette corruption incroyable. On,--je dis les gens qui sembloient devoir être le moins susceptibles de succomber à la tentation,--on ne se faisoit aucun scrupule d'aider un peu ou de corriger la fortune. L'abus ne cessa pas entre Mazarin et la marquise de Parolignac, un des personnages de _Candide_.

[389] Le jeu de la bête ou de l'homme étoit un jeu où le perdant payoit, non sa mise, mais celle de tous les joueurs.

[390] Nous rappelons que la demoiselle étoit la bourgeoise mariée ou la fille noble.--Une des premières règles du tribunal des maréchaux de France étoit celle-ci: «Il ne suffit pas que l'une des parties soit justiciable du tribunal pour le rendre compétent: elles doivent l'être toutes les deux.» Or, le tribunal ne jugeoit que les nobles. «Les femmes ou les veuves des gentilshommes, des militaires ou des nobles, ont toujours eu le droit de recourir à la justice de MM. les maréchaux de France pour obtenir des réparations.» (De Beaufort, _Recueil concernant le tribunal de Nosseigneurs les maréchaux de France_. Paris, 1785, 2 vol. in-8, t. I, p. 72 et p. 73.).

[391] Les maréchaux de France étoient compétents dans les affaires relatives aux «billets ou promesses stipulées d'honneur, lorsque les deux parties sont gentilshommes, militaires ou nobles.» (_Ibid._ p. 80.) Ce débat étoit d'autant plus fâcheux pour le duc de Ventadour qu'il y avoit eu déjà une affaire entre le duc d'Aumont et lui devant le tribunal des maréchaux.

[392] Voy. ci-dessus, p. 440, note 356.

[393] Voy. t. 2, p. 429.

[394] Le duc d'Aumont, sa femme, son fils et l'archevêque de Reims se trouvent face à face dans ce curieux passage de Dangeau: «M. de Villequier obtint de M. le duc d'Aumont, son père, la permission de le voir, et on le présenta ensuite à la duchesse d'Aumont, sa belle-mère. Il avoit été raccommodé quelques jours auparavant avec son oncle l'archevêque de Reims, et ce fut lui qui le présenta à M. et madame d'Aumont.»--En rapportant et rapprochant toutes ces circonstances, Dangeau donne une singulière portée à ces lignes qui paroissent d'abord si inoffensives.

[395] Le prince de Turenne, dont madame de Sévigné disoit: «Comment vous fait ce nom?» et: «C'est pour dégrader ce nom que je ne dis pas monsieur de Turenne tout court.» (Lett. du 21 déc. 1689 et du 8 janv. 1690.)--Le prince de Turenne étoit fils du duc de Bouillon et de Marie Anne Mancini. Marié, le 21 fév. 1691, avec Anne Geneviève de Lévis-Ventadour, fille du duc de Ventadour et de sa femme, trop connue par ce pamphlet, le prince de Turenne mourut, le 5 août 1692, des suites d'une blessure reçue à Steinkerque.--Voy. ci-dessus, p. 194.

[396] Godefroy-Maurice de La Tour, duc de Bouillon, neveu du grand Turenne.

[397] De tous les grands officiers de la maison du Roi, le grand chambellan est celui qui approchoit le plus de S. M.--Dans les lits de justice, le grand chambellan avoit sa place aux pieds du Roi, sur un carreau de velours violet, semé de fleurs de lys d'or; aux audiences des ambassadeurs, il avoit sa place derrière le fauteuil du Roi, entre le premier gentilhomme de la chambre et le maître de la garde-robe; le jour du sacre, il recevoit des mains de l'abbé de Saint-Denis les bottines du Roi et les lui chaussoit; il lui vêtoit la dalmatique bleue et le manteau royal. «Quand le roy s'habille, il luy donne sa chemise, et ne cède cet honneur qu'aux enfants de France et au premier prince du sang. Lorsque le Roy déjeune ou qu'il mange dans sa chambre, c'est à luy ou aux premiers gentilshommes de la chambre à qui il appartient de le servir et luy donner la serviette. Le garçon de la chambre ou le porte-chaise porte aussi au sermon un siége de la chambre du Roi pour le grand chambellan.» (_Etat de la France._)