Histoire amoureuse des Gaules; suivie des Romans historico-satiriques du XVIIe siècle, Tome II
Part 25
_Vêtu d'une étroite culotte, Son père[265], faiseur de calotte, En vendit, dit-on, à Lyon, Quasi pour près d'un million. Ainsi se voyant en avance, Il se mêla de la finance, Et tout le reste de ses ans Fut un de ces gros partisans. Il avoit dedans sa famille Une belle et charmante fille, Belle, à ce qu'on en a écrit, Mais on ne dit rien de l'esprit, Lorsque Madame la Princesse[266] La prit pour être la maîtresse Du feu bonhomme d'Assigny[267], Qui crut trouver la pie au nid. Avant ce fameux mariage Qu'on fit à la fleur de son âge, Toutes ses premières amours, Qui n'eurent pas longtemps leurs cours, Furent avec laquais et pages Et maints semblables personnages Du fameux hôtel de Condé, Et non avec son accordé. Avant qu'il fût jour chez Madame, Chacun sait que cette bonne âme Avoit joué, je ne mens pas, Dedans le plus haut galetas, Plus de deux heures à la boule, Avec des balles que l'on roule, Et plus elles sont près du but Elle confesse avoir perdu. Sitôt qu'elle fut épousée, Son mari, d'une âme rusée, L'envoie auprès de sa maman Et la retient là près d'un an. C'est au fond de la Normandie Que ce mari la congédie; Si c'eût été plus en deçà, On eût su ce qui s'y passa. J'ai su d'un auteur très sincère Qu'elle battit sa belle-mère, Qui, l'aimant toujours tendrement, Souffrit cela patiemment. Après deux ou trois ans d'épreuve, Par bonheur elle devint veuve. On dit qu'elle en jeta des pleurs, Qu'elle feignit quelques douleurs; Mais, sans parler à la volée, Elle en fut bientôt consolée. Depuis elle vint à Paris, Heureux séjour pour les Cloris, Où, quoique sous un sombre voile, Elle brilla comme une étoile. Les sieurs de Malta[268] et Jeannin[269], Friands du sexe féminin, Ne l'avoient à peine aperçue, Que leur âme en parut émue, Et chacun s'en crut le vainqueur. Tous deux lui touchèrent le cœur, Pour tous deux elle eut l'âme atteinte, Et ce ne fut pas sans contrainte Qu'elle répondit à leurs vœux, Les voulant conserver tous deux. Pas un n'eut l'âme trop saisie Des mouvements de jalousie. Elle les ménagea si bien Qu'ils ne se dirent jamais rien. Jeannin la menoit en campagne Dans une maison de cocagne Que l'on appelle l'Amireau, Non pas séjour de houbereau, Mais une maison de délices, Où Brancas offrit ses services À cette jeune déité, Qui n'eut point d'inhumanité Pour un galant si plein de charmes: Elle rendit bientôt les armes. Après un mal assez amer, Brancas revient pour prendre l'air Dedans cette maison fameuse, Mais maison pour lui bien heureuse, Puisqu'en cet illustre séjour Il prit et donna de l'amour; Souvent lui conta des fleurettes, Et, dans ces douces amusettes, Il lui récitoit quelques vers, Qu'il pilloit des auteurs divers. Un jour qu'il causoit avec elle, Afin de lui prouver son zèle Et tous les violents transports Qu'il ressentoit peut-être alors, Il lui fit voir une élégie, Mais forte et pleine d'énergie, Qu'elle prit pour un madrigal, Qui lui porta le coup fatal, Dont elle ne se put défendre; Elle acheva lors de se prendre. Le reste, ne se conte plus, J'en serois moi-même confus. Le voir, l'aimer, devenir grosse, Je ne vous dis point chose fausse, Se firent dès le même jour Qu'il lui témoigna de l'amour. Il n'est pourtant rien de plus vrai Qu'on n'y mit pas plus de délai, Et que dans la même journée La chose se vit terminée. Sitôt que monsieur de Brancas S'aperçut de ce vilain cas, Par un motif de conscience, Ou bien poussé par la finance, Sur quoi l'on ne pouvoit gloser, Il fit dessein de l'épouser. Bien que la dame se vît grosse, Elle ne vouloit point de noce, Pourtant elle y consentit: car Voyant que le duc de Villars Étoit prêt de faire naufrage, Elle approuva ce mariage: Ce qu'elle n'eût fait qu'à regret, Sans quelque espoir du tabouret[270]. Six mois après l'affaire faite, Elle mit au monde Branquette[271], Ce jeune miracle d'amour Qui brille à présent dans la cour, Devant qui même la plus belle N'oseroit lever la prunelle, Et qui pourroit conter à soi Le cœur même de notre Roi[272]. Ses beaux cheveux de couleur blonde Et son teint le plus beau du monde Réjouirent fort son papa, Parce que Jeannin et Malta, Dont il étoit en défiance, N'avoient aucune ressemblance À ce beau teint, à ces cheveux Dignes de mille et mille vœux. Monsieur de Laon[273], qui dans l'Église Fait une figure de mise, Et qui, comme l'on peut juger, Sait bien plus que son pain manger, Ou, pour parler sans menterie, Un grand laquais nommé La Brie[274], Furent père, à ce que l'on dit, D'une fille du même lit[275]. Mais sans choquer la révérence, On croit avec plus d'apparence, Qu'elle vint de ce grand prélat, Qui fit cela sans nul éclat; Et ce qui fait qu'aucun n'en doute, C'est que malgré la sœur Écoute, Et la mortification Que l'on souffre en religion, Elle ne perd jamais l'envie De finir tristement sa vie, Et de donner dans ce saint lieu De grandes louanges à Dieu: Ce qui fait voir, quoi que l'on fasse, Que ce dessein lui vient de race, Quoique d'autres légèrement En jugent peut-être autrement. Pour encor mieux faire la fausse, Chacun dit qu'elle en devint grosse En l'absence de son mari, Qui depuis en fut bien marri, Et qui contre son ordinaire En parut un peu en colère; Mais étant un fort bon parent[276], Il en usa modérément, Et ne s'en prit rien qu'à La Brie, Qu'il chassa, dit-on, de furie, Ce qui fit beaucoup plus d'éclat Que s'il s'en fût pris au prélat. Mais notre adorable comtesse, Pour autoriser sa grossesse, Lui soutint, jurant de sa part, Que déjà devant son départ Sa fille avoit été conçue, Qu'elle s'en étoit aperçue. Le temps pourtant s'accordoit mal; Mais dans un endroit si fatal On n'examina pas la chose; On lui fit croire que la glose De ce doute fâcheux qu'il prit Étoit une absence d'esprit, Et dans ses grandes rêveries[277], Il se forgeoit ces niaiseries. Lors le mari le crut assez: Vous le croirez si vous voulez. À ces deux-là, qui la quittèrent, Deux autres fameux succédèrent: Chavigny, autrement de Pont[278], Et d'Elbeuf[279], homme assez profond Dans la science de la chasse, Qui remplissoit fort bien sa place, Lorsqu'il appliquoit ses efforts Après quelque grand bruit d'alors. Il lui contoit pour l'ordinaire Tous les faits de son chien Cerbère, S'il s'étoit jeté tout à coup Sur quelque cerf ou quelque loup, Si le chevreuil ou bien le lièvre Avoit eu ce jour-là la fièvre, En se voyant dessus ses fins À la merci de ses mâtins. L'autre, qui paraissoit plus sage, Étoit aussi d'un autre usage. C'étoit un homme libéral, Qui donnoit tout, ou bien, ou mal; Même l'on dit, entre autre chose (Que personne de vous ne glose), Qu'avant que de lui dire adieu, Il lui meubla son prié-Dieu[280], Mais des plus beaux bijoux du monde, De tout ce que la terre et l'onde Fournissent de plus précieux, Et de plus éclatant aux yeux. Combien cet amant plein de zèle A-t-il souffert de maux pour elle! Il a blanchi dessous le faix, Outre sa dépense et ses frais. Quelle auroit donc été sa peine, S'il eût aimé quelque inhumaine! Sans rendre ces deux mécontents, Elle avoit dès ce même temps L'abbé Nardy, amant de Galle[281], Dont l'âme n'est point libérale, Qui la voyoit comme voisin Depuis le soir jusqu'au matin. Dedans ce temps-là même encore, Malta, qui l'aime et qui l'adore, Revint, mais plus secrètement Montrer qu'il étoit son amant, Qu'il n'en pouvoit plus aimer d'autres; Et parmi tant de bons apôtres, Sans savoir d'où cela venoit, Hélas, mon Dieu! l'on s'aperçoit, Lâcherai-je cette parole? Que la dame avoit la vérole. On consulta dessus ce fait Un homme en ce métier parfait, Qui la voulut prendre en sa charge: C'est le sage monsieur Le Large, Homme qui n'a point de pareil En tout ce que voit le soleil. Sans songer d'où le mal procède, On résout d'y donner remède; L'on convient pour cela de prix. Le jour même, dit-on, fut pris Mais la guérison fut remise Malgré quelque potion prise, À cause que dans cet instant L'argent n'étoit pas bien comptant. Comme elle avoit un cœur de roche, Pour éviter quelque reproche Qu'on lui faisoit en son quartier, Même gens de galant métier, Pour tromper tant de sentinelles, Elle prend celui des Tournelles, Et sans avoir d'autre raison, Elle abandonne sa maison; Puis prend la rue de Vienne, Quartier plus propre à la fredaine, Et déjà beaucoup plus fameux Pour tous les larcins amoureux. Bien que personne ne la suive, Elle ne se croit pas oisive: Messieurs Paget[252] et Monerot[283] Y furent bientôt pris au mot. Dès aussitôt qu'ils l'eurent vue, Et l'un et l'autre d'eux se tue De lui faire mille présents. Elle, pour les rendre contents, De peur que l'un des deux s'offense, Avoit beaucoup de complaisance; Elle prenoit à toute main, Croyoit qu'il eût été vilain De refuser avec audace Des présents faits de bonne grâce. Ils avoient dans leur passion Tous deux de l'émulation: Si l'un envoyoit une table D'une fabrique inimitable, L'autre renvoyoit dès le soir Un parfaitement beau miroir; Si l'un d'eux chômoit une fête, L'autre se mettoit dans la tête Depuis le soir jusqu'au matin De la régaler d'un festin. Mais les fortunes bien prospères Sont celles qui ne durent guères: Bientôt une adroite beauté Eut tout ce mystère gâté, Et par une intrigue nouvelle Lui ravit ses amans fidèles. C'est d'Olonne[284] qui fit ce coup Environ entre chien et loup. Jamais rien ne fut plus sensible Que ce larcin irrémissible; Mais dans l'espoir de se venger Elle n'y voulut pas songer: Sans bruit elle se laissa faire. Le sieur Fleuri[285], vilain compère (Ceci soit dit sans l'offenser), Et plus laid qu'on ne peut penser, Le diable (Dieu me le pardonne), Armé des armes qu'on lui donne, Non, n'est pas si laid que celui Qui charmoit alors son ennui. Sa mine étoit plus dégoûtante Que les courroies d'une tente; Son teint d'un vieil mort et huileux Éclatoit d'un lustre terreux; Ses cheveux, sa barbe maussade, Son haleine pire que cade[286], Et le tout d'un monstre infernal, S'il n'avoit été libéral, L'auroient certes, comme je pense, Fait haïr de toute la France. Il faisoit donc quelques présents, Mais qui pourtant n'étoient pas grands: Des essences et des pommades, Des citrons doux pour les malades, Des raisins doux de Languedoc Pour le carême, c'étoit hoc, Et quelque autre chose semblable, Non pas d'un prix inimitable; Mais pour être parfait amant, Suffit de donner seulement. Bien que Fleuri logeât chez elle, Elle ne lui fut pas fidèle. Comme un cent ne suffisoit pas, D'Épagni[287] eut le même cas, Du même temps, à la même heure, Homme encore laid, ou je meure, Qui, sans le bon monsieur Fleuri, Qui sur lui l'auroit enchéri, Il auroit été, si je n'erre, Le plus laid homme de la terre, Commençant à s'émanciper, Lui montroit l'art de bien piper, À quelque jeu que ce pût être Sans que l'on pût le reconnoître. C'est où bien des gens ont recours Et qui lui fut d'un grand secours. Avant qu'elle eût cette science, Elle perdit, mais d'importance. Mais vous allez tous admirer Comme elle s'en sut bien payer. Au carnaval, temps de remarque, Notre jeune et vaillant monarque, Pour chasser mille ennuis fâcheux, Dansoit un ballet somptueux: Brancas, cette jeune merveille, Qui a le pas fin et l'oreille, Dans ce ballet, non par hasard, Représentoit, dit-on, un art[288], Oui, c'étoit la Géométrie: Son habit couleur de prairie, Et qui valoit son pesant d'or, M'en fait ressouvenir encor. En attendant, comme je pense, Que son tour vint d'entrer en danse, Hélas! monsieur de Relabbé La fit bien venir à jubé; Sans vous conter des hyperboles Lui gagna dix-huit cents pistoles. Après un semblable malheur, On ne dansa pas de bon cœur. La somme n'étant pas payée, Elle en fut moins mortifiée, Car, comme cet homme de cour Alla la voir un autre jour, Il se paya d'une monnoie Qu'il reçut même avecque joie, Et qu'on entend à demi-mot À moins que de passer pour sot. Je tiens, pour moi, qu'on peut le croire, Puisque lui-même en fait l'histoire. Dans ce temps-là monsieur Jeannin La revit, sans qu'aucun venin D'une immortelle jalousie Lui vint troubler la fantaisie; Elle le reçut de bon œil, Et l'eût aimé jusqu'au cercueil, Sans qu'une méchante personne Le lui ravit: ce fut d'Olonne Qui luit prit encor celui-ci Et bien d'autres qu'on sait aussi. Monsieur de Beaufort[289], ce grand homme, Que l'on connoît dès qu'on le nomme, Depuis les plus petits enfans Jusqu'à ceux qui n'ont point de dents, La consola de cette perte; Tous les jours elle étoit alerte Pour épier où ce héros Lui pourroit parler en repos. J'aurois de quoi vous faire rire, Si je voulois ici vous dire Mille et mille discours sans fin, Et les rendez-vous du jardin Du fameux hôtel de Vendôme[290], Où, bien souvent, comme un fantôme J'ai connu ce maître paillard L'attendre tout seul à l'écart. Mais, hélas! la beauté qu'il aime Le publie trop elle-même Pour vous le réciter ainsi. Peut-être savez-vous aussi Les discours que de leur fenêtre Ils se faisoient sans trop paroître, Parce que monsieur de Brancas Dessus ce point ne railloit pas, De quoi pourtant chacun s'étonne, Le voyant si bonne personne. Monsieur le maréchal d'Estrez[291], Qui, je crois, comme vous savez, N'a pas l'âme trop libérale, Etoit encor de sa cabale. Jugez un peu s'il l'aimoit bien, Puisqu'il lui fit présent d'un chien, Mais d'un joli chien de Boulogne, Petit et de camuse trogne. Mais comme son affection Augmentoit sa prétention, Il lui fit un don plus solide: C'étoit un petit coffre vide, Mais ajusté fort joliment, Et qui, dit-on, étoit d'argent. Après, contrefaisant la prude, Elle mit toute son étude À corrompre monsieur Fouquet[292]; Déjà de plus d'un affiquet Elle orne sa divine tresse, Elle le flatte et le caresse; Mais lui, toujours comme un glaçon, Ne mordoit point à l'hameçon. Jamais on ne le sut surprendre. Il avoit une amitié tendre Pour son bonhomme de mari Dont on ne l'a jamais guéri. Tout ce que l'amour nous suggère Près de lui ne servoit de guère; Malgré tous ses divins appas Cet amant ne l'écouta pas. Alors on voit qu'elle s'écrie: «Voilà ma science finie Sans que tu me sois converti, Et j'en aurai le démenti! Dussé-je mourir dans la peine, Je veux que ton âme inhumaine, Plus fière que dame à certon[293], Chante dessus un autre ton.» Alors, le prenant de furie Dans cette grande galerie Que nous prenons à Saint-Mandé[294], L'œil en feu comme un possédé, Malgré ce qu'il put entreprendre, Elle le force de se rendre. Et l'on dit, malgré qu'il en eût, Qu'elle en fit ce qu'elle voulut; Et lorsqu'il eut quitté sa patte, Après l'avoir nommée ingrate Et fait quelques discours confus, Il jura de ne tomber plus. Son serment ne fut pas frivole, Car depuis il lui tint parole. Alors que ce surintendant[295] Fut frappé de cet accident Qui, par une chute commune, Entraîna plus d'une fortune, Dieu sait quels furent ses regrets! Cela m'importe fort peu; mais, À ce que l'on me persuade, Elle fut tout à fait malade, Et même, à ne vous mentir point, Elle en perdit son embonpoint. Depuis, lorsque ses amis virent Que les choses se ralentirent, Recouvrant un peu de santé, On vit renaître sa beauté. À peine chacun la découvre Qu'elle alla loger dans le Louvre, Et sans savoir quasi pourquoi On la voit bien auprès du Roi. D'autres n'en disent pas de même, Disant que c'est elle qui l'aime, Et qu'elle s'efforce en tous lieux De se trouver devant ses yeux; Que d'une manière obligeante, Près de lui fait toujours l'amante, Et que, redoublant ses appas, Fait très souvent le premier pas. La raison sur quoi l'on se fonde, C'est que le plus grand Roi du monde, Qui d'un regard peut tout charmer, Et qui n'a, pour se faire aimer, Qu'à jeter l'œil sur la plus belle, Qui ne connoît point de cruelle, Ne voudroit pas faire un tel choix. Lors l'on entendit une voix, Qui dit d'un ton digne de marque, Nous parlant de ce grand monarque: «Hélas! pourquoi s'en étonner, Puisqu'on le veut abandonner Aux caresses d'une importune Qui n'étoit plus bonne fortune, Et qui désormais au cercueil Ne peut entrer qu'avec un œil[296]?» Une raison si convainquante Fit que l'on eut bien de la pente À croire que ce Roi fameux Pourroit bien répondre à ses vœux, Quoique l'on soutienne en cachette Que le tout n'est que pour Branquette, Dont je donne certificat, Étant un mets plus délicat, Plus savoureux et plus d'élite Pour un prince de ce mérite. Cependant monsieur de Brancas Ferme l'œil à tout ce tracas, Et d'une âme toute pieuse, Pour mener une vie heureuse Et libre de tous les chagrins, Vers le ciel élevant ses mains, Offre à Dieu tout ce que peut faire Et la jeune fille et la mère, Et sans en concevoir de fiel Reçoit tout comme don du ciel, Soit qu'il eût à souffrir des princes, Ou des gouverneurs des provinces, Des prélats, des abbés, des rois, Des partisans et des bourgeois._
_Voilà mon histoire finie; Jugez si dans ma litanie Ce jeune miracle d'amour Ne pourra pas entrer un jour. Vous qui connaissez cette belle, Contez-lui comme une nouvelle Tout ce que mon histoire en dit, Puisque je mourrois de dépit Si, sans choquer sa modestie, Elle n'en étoit avertie, Espérant avoir le bonheur De lui montrer un jour l'auteur._
[Note 265: Mathieu Garnier. Sa succession, dit le _Catalogue des partisans_, a été «un des principaux piliers de la maltôte de son temps, tant par création de nouveaux offices que par attribution de droits et taxes sur les anciens.» Cf. _Courrier de la Fronde_, Bibl. elzev., t. 1, p. 167.]
[Note 266: Marguerite de Montmorency, femme du prince de Condé.]
[Note 267: Ce n'est pas d'Assigny ou Acigné qu'il faut lire: M. d'Acigné étoit de la maison de Brissac; c'est d'Isigny. François de Brecey, seigneur d'Isigny en Normandie, fut en effet le premier mari de Suzanne Garnier. Celle-ci n'eut pas à se louer de lui.]
[Note 268: Ce n'est pas Maltha, mais Matha qu'il faut lire. Charles de Bourdeilles, comte de Mastas ou de Matta, en Saintonge, ami de l'abbé chevalier comte de Grammont. Voy. les notes de M. Moreau, dans sa savante édition des _Courriers de la Fronde_, Bibl. elzev., t. 2, p. 250, 251, 294.]
[Note 269: Petit-fils, par sa mère, du président Jeannin de Castille. La femme de Chalais, à qui Richelieu fit trancher la tête, étoit sa sœur.]
[Note 270: L'espoir qu'elle avoit de voir son mari devenir duc, par la mort de son frère, fut trompé, et elle n'obtint pas les honneurs dus aux duchesses, dont le plus particulier étoit d'avoir un tabouret chez la reine.]
[Note 271: Branquette, c'est-à-dire mademoiselle de Brancas, épousa, le 2 février 1667, le prince d'Harcourt, et mourut en 1673.]
[Note 272: Un couplet satirique du temps disoit en effet:
Brancas vend sa fille au roy Et sa femme au gros Louvoy.
Voy. le _Dict des Préc._, t. 2, au mot _Brancas_.]
[Note 273: César d'Estrées, évêque-duc de Laon, pair de France en 1653. Il étoit né le 5 février 1628. En 1657 il fut reçu à l'Académie françoise, et il mourut, en 1714, doyen de cette compagnie.]
[Note 274: Le même nom du laquais se retrouve dans un vaudeville que nous avons cité dans notre édition du _Dictionnaire des Précieuses_, t. 2, au mot _Brancas_.]
[Note 275: La seconde fille, avouée du moins, de madame de Brancas, épousa, le 5 février 1680, son cousin Louis de Brancas, duc de Villars; elle n'entra donc point en religion.]
[Note 276: La mère du comte de Brancas étoit Julienne Hippolyte d'Estrées, fille d'Antoine, marquis de Cœuvres, et tante de César d'Estrées, évêque de Laon.]
[Note 277: Nous avons déjà dit que le comte de Brancas sembloit être l'original du portrait que La Bruyère a tracé du distrait, sous le nom de Ménalque.]
[Note 278: Armand-Léon Le Bouthillier, comte de Chavigny, seigneur de Pons, maître des requêtes, étoit fils de Léon Le Bouthillier de Chavigny et d'Anne Phelippeaux. Il épousa, en 1658, Élisabeth Bossuet, et mourut en 1684.]
[Note 279: Charles de Lorraine, troisième du nom, duc d'Elbeuf, gouverneur de Picardie, né en 1620, mort en 1652.]
[Note 280: Nous écrivons _prié-Dieu_ et non _prie-Dieu_ pour conserver la mesure du vers, et surtout parce que la deuxième forme n'étoit pas encore admise. Richelet ne donne que la première; Furetière admet les deux, et le Dictionnaire de Trévoux, qui les conserve, n'emploie pas la seconde dans ses exemples.]
[Note 281: Je proposerois de lire: «amant de balle», c'est-à-dire «de pacotille», comme dans le vers de Molière:
Allez, rimeur de balle, opprobre du métier. ]
[Note 282: Maître des requêtes, puis intendant des finances. Voy. t. 1, p. 16, et _Dictionnaire des Précieuses_, t. 2, p. 318.]
[Note 283: Partisan fameux, comme Paget.]
[Note 284: Sur d'Olonne, voy. t. 1, p. 6, et sur sa femme, t. 1, p. 1-153.]
[Note 285: Peut-être est-ce ce marquis de Fleuri, grand personnage de Savoie, qui vint en France vers cette époque, et avec qui _Mademoiselle_ se lia à Fontainebleau. Voy. ses _Mémoires_, édit. Maëstricht, t. 4.]