French Conversation and Composition
Chapter 7
"Charles, s'écria une femme, en poussant du coude son benêt de mari, juste au moment où il _allait_ s'_endormir_, je _suis_ sûre d'_avoir_ entendu du bruit en bas; ce sont des voleurs. _Lève_-toi tout de suite, et _vois_ ce que c'est. Mais à propos, mon ami, si ce sont des voleurs, que vas-tu faire?--Que vais-je faire? répéta le mari avec un grand calme, tout en se préparant à descendre; mais, naturellement, je ferai ce qu'ils _voudront_! Je n'ai jamais _pu_ faire ce que je veux dans cette maison, et c'est un peu tard, il me semble, pour _commencer_ à _présent_."
Qu'est-ce que la femme a cru entendre?--Son mari entendait-il aussi quelque chose?--La femme qu'a-t-elle prié son mari de faire?--Charles s'est-il exécuté de bonne grâce?--Qu'est-ce qu'il se proposait de faire, une fois descendu?--Croyait-il au dicton: "Mieux vaut tard que jamais"?
Expliquez les irrégularités des mots soulignés.
99. IL EN COÛTE D'ÊTRE BAVARD
Un jeune homme d'un naturel bavard voulait s'instruire à l'école d'Isocrate, orateur athénien du IVe siècle av. J.-C. Le philosophe voulait bien le recevoir, mais comme il connaissait son faible, il le prévint qu'il devait payer le double de ce que les autres payaient: "Car, lui dit-il, je dois vous apprendre deux sciences, celle de parler, et celle de vous taire." On reconnaît que de ces deux sciences, la dernière est parfois la plus difficile à apprendre.
100. LE CRÉANCIER DE NAPOLÉON
Une grande revue des troupes de Lyon eut lieu en 1815, immédiatement après le débarquement de Napoleon, à son retour de l'île d'Elbe. Un commandant, qui voulait abaisser l'empereur aux yeux de ses anciens soldats, leur faisaient remarquer qu'ils étaient bien vêtus et bien nourris; que leur paye était visible sur leurs personnes: "Oui, certainement, répliqua un grenadier auquel il s'adressait.--Eh bien! Continuait l'officier avec un air de confiance, ce n'était pas ainsi sous Napoléon. Votre paye était en arrière; il était souvent votre débiteur.--Qu'est-ce que cela fait, dit vivement le grenadier, si nous voulions lui faire crédit?"
Donnez, en français, des définitions des noms qui se trouvent dans cette anecdote.
101. FABLE
Un certain Parmenon imitait parfaitement le grognement du porc. Ses camarades, jaloux de la réputation qu'il s'était acquise par son talent, tâchaient de l'imiter, mais les spectateurs, prévenus, disaient toujours: "Cela est bien; mais qu'est-ce en comparaison du porc de Parmenon?"
Un de ses rivaux prit un jour sous sa robe un jeune porc qu'il fit grogner. Les spectateurs, après avoir entendu ce cri naturel, dirent encore: "Qu'est-ce que cela auprès du porc de Parmenon?"
Alors il lâcha son porc au milieu de l'assemblée, et les convainquit par là que c'était la prévention, et non la vérité, qui dictait leur jugement.
Donnez votre idée de la morale de cette histoire.
102. LES DEUX LAPINS
A travers les buissons, poursuivi par des chiens, je ne dirai pas courait, mais volait un lapin. De son terrier sortit un de ses camarades, qui lui dit: "Halte! ami, qu'y a-t-il?--Qu'y a-t-il? répondit l'autre, je n'en ai plus de souffle: deux brigands de lévriers sont là sur ma piste!--Oui, répliqua le premier, je les vois là-bas; mais ce ne sont pas des lévriers.--Qu'est-ce que c'est alors?--Des bassets.--Des bassets?--Mais oui.--Quelle plaisanterie! je te dis que ce sont des lévriers et très bien des lévriers; je les ai assez vus!--Ce sont des bassets, va; tu n'y entends rien.--Des lévriers, te dis-je.--Allons donc, des bassets!" Là-dessus arrivent les chiens, qui happent nos lapins pris au dépourvu. Que ceux qui, pour des détails peu importants, négligent l'affaire essentielle, se souviennent de cet exemple.--YRIARTE.
Écrivez, en 200 mots, l'histoire des deux lapins.
GRAMMAR REVIEW.-LESSON XVII
Demonstrative pronouns.
EXAMPLES
Voici mes livres et ceux de Jean. Here are my books and John's. Voici mes plumes et celles que vous Here are my pens and those that avez achetées. you bought. J'ai deux montres. Aimez-vous I have two watches. Do you like celle-ci ou celle-là? this one or that one? Lamartine et Balzac. Celui-ci est Lamartine and Balzac. The un grand romancier; celui-là un former is a great poet, the grand poète. latter a great novelist. C'est mon ami.--Ce sont He (it) is my friend.--It is eux.--C'est moi.--C'est un they.--It is I.--He is a poète.--C'est difficile, etc. poet.-It is difficult, etc. Ceci est le mien, cela est le This (indefinite) is mine, that is vôtre. yours.
A. 1. Do you see my dogs? These are greyhounds, those are dachshunde. 2. They[1] are good dogs. 3. I hear a[2] noise; it[1] is burglars. 4. It was a burglar, but it[3] seemed to me a little late to go down. 5. I want to learn that one[4] of the sciences which is most difficult. 6. These soldiers are better fed than those of Napoleon. 7. That makes no difference.[5] 8. That's all right but look at this! 9. It[3] would be difficult to imitate the grunt of a pig. 10. No, on the contrary, it[1] would be easy. 11. That[1] is what he said. 12. Was[6] it you who neglected this affair? 13. It was[6] we who did it. 14. I saw an officer and a grenadier; the former was better dressed than the latter. 15. Those who wish to be educated in this school must pay double what those pay who are educated elsewhere. 16. The hardest thing[4] is[7] to learn to[8] keep still. 17. What I ought to do is[7] to learn all that[9] I can. 18. Let[4] my soldiers be[10] well dressed and well fed.
[Footnotes 1: _what pronoun?_ 2: du. 3: il. 4: _omit._ 5: rien. 6: _present tense._ 7: c'est. 8: à. 9: ce que. 10: _why subjunctive?_]
B. Word Study. In the following anecdote substitute equivalents for expressions in italics:
103. SENTENCE CONTRE LES MOUCHES
Un employé de l'octroi d'une petite ville d'Allemagne vit un jour arriver un paysan français qui portait plusieurs pots de miel. Pour _vexer_ notre compatriote, le _fonctionnaire_ découvrit tous les pots l'un après l'autre, sous prétexte de voir s'ils ne contenaient aucun _objet_ de contrebande. Le miel étant ainsi découvert attira une _nuée_ de mouches qui le gâtèrent _tellement_ qu'il fut impossible au paysan de le vendre. Il porta plainte devant le bourgmestre, et demanda qu'on lui rendît au moins ce qu'il avait _payé_ pour le droit d'entrée. Le bourgmestre _examina_ l'affaire, puis il déclara que l'employé ne méritait aucun reproche, et que les mouches, _auteurs_ de tout le mal, devaient seules être punies: il permit _donc_ au _paysan_ de les tuer sans _pitié_ partout où il les _rencontrerait_. Le _rusé_ paysan _pria_ le bourgmestre de lui donner sa _décision_ par écrit, et dès qu'il eut l'écrit entre les mains, une mouche vint lui _fournir_ l'occasion de faire repentir le juge de sa mauvaise plaisanterie. Elle s'était posée sur la joue du bourgmestre, et le paysan _s'empressant_ aussitôt d'exécuter la sentence, appliqua sur la mouche, si bien _placée_ à sa portée, un soufflet plus que suffisant pour _l'écraser_. Le _bourgmestre_ chancela sous le coup et _se mit en fureur_ contre le paysan; mais celui-ci se contenta de lui montrer le papier qu'il avait _signé_ et se retira _fort tranquillement_.
104. L'IDÉE FIXE
Un vieux monsieur habitant la banlieue de Paris avait pris un billet de saison pour la ville, bon jusqu'à une certaine date. Étant tombé malade quelques jours après, il ne put faire usage de son passe qu'un jour ou deux avant l'expiration de la date. Il essaya, mais en vain, de le faire proroger. Pour se venger, il se mit à voyager continuellement de chez lui à la ville et de la ville chez lui, et finit par changer de train à chaque station.
Quelqu'un ayant remarqué ses étranges mouvements, lui demanda quelles affaires si importantes et si pressantes il pouvait bien avoir. "La Compagnie m'en donnera pour mon argent jusqu'au dernier sou, quand je devrais en mourir," répondit le bonhomme.
Cette anecdote rappelle celle du bonhomme qui, pour se venger de la société des chemins de fer, prit un billet aller et retour, en se jurant tout bas de ne pas revenir, tout simplement pour faire enrager "ces fourbes-là."
105. L'OFFICIER POLI
Un officier ayant eu, dans une bataille, l'occasion de saluer, un boulet de canon passa par-dessus sa tête et tua un soldat derrière lui. "On ne perd rien à être poli," dit-il.
Racontez l'expérience de l'officier.--Pensez-vous qu'on ait souvent l'occasion de saluer pendant une bataille?--De quoi l'officier se félicitait-il ?
106. POLITESSE DE PIRON
Un plagiaire, qui admirait le génie de Piron, était sur le point de publier une tragédie. Mais il voulut avant la lire à Piron et en obtenir son jugement. Pilon n'a pas manqué de reconnaître les emprunts que le plagiaire lui avait faits, et à chaque vers pillé, il ôtait son chapeau et s'inclinait; il eut si souvent l'occasion de l'ôter, que l'auteur, surpris, lui demanda ce que cela voulait dire. "Oh! répliqua Pilon, c'est que j'ai coutume de saluer mes connaissances, quand je les rencontre."
Faites ce récit de mémoire.
107. MOLIÈRE ET LES FEMMES
On sait jusqu'à quel point Molière se méfiait des femmes, et comment il s'est amusé de leurs ruses pour tromper leurs maris. Une de ses connaissances lui demandait une fois pourquoi, dans certains pays, le roi pouvait prendre les rênes du gouvernement à quatorze ans, tandis qu'il ne pouvait se marier qu'à dix-huit. "C'est, répondit-il, qu'une femme est plus difficile à gouverner qu'un royaume."
Molière avait-il une haute opinion des femmes?--De quelle situation s'est-il souvent servi dans ses comédies?--Quel dilemme est-ce qu'on lui fit un jour?--Comment l'a-t-il résolu?
Quels livres de Moliere avez-vous lus? Nommez ceux que vous connaissez. Que savez-vous de la vie de Molière?
108. À DEMAIN LES AFFAIRES SÉRIEUSES
Archias, tyran de Thèbes, s'était fait exécrer en ordonnant la mort ou l'exil des principaux citoyens. En 378 av. J.-C. un complot se trama contre lui.
Au milieu du banquet où les conjurés devaient l'assassiner, il reçut une dépêche qu'on l'invitait à lire sans retard: "À demain les affaires sérieuses!" s'écria-t-il, en glissant le billet sous son coussin, sans cesser de manger. Or, le billet, c'était un avis détaillé du complot. Quelques instants plus tard, les conjurés, ayant à leur tête Pélopidas, pénétraient dans la salle du festin et le massacraient. C'est là l'origine de cette phrase si souvent citée en littérature: "À demain les affaires sérieuses," et qui fait penser à cette autre: "Ne remets jamais à demain ce que tu peux faire aujourd'hui."
Tâchez de trouver une histoire qui aura la même morale que celle-ci.
109. À QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON
Certaine autorité médicale défend de lire au lit; mais avec toute sa science ce docteur semble ignorer qu'il y a des livres admirablement écrits pour guérir de l'insomnie.
Pourquoi ne faut-il pas lire au lit?--Le médecin dont il s'agit paraît-il laisser de côté un certain aspect de la question?--Quel avantage y aurait-il à lire au lit de certains livres?--Avez-vous jamais entendu parler d'un "conte à dormir debout"?
110. UN BON COMMENCEMENT
C'était le premier étape d'un voyage de noces. On descendait à la gare. "Quand nous entrerons dans l'hôtel, dit l'épouse inquiète et rougissante, il faudra nous arranger pour ne pas avoir l'air de nouveaux mariés.--Sans doute, ma chère amie, dit son mari, ... et, tiens! tu peux commencer par porter ma canne et mon pardessus. Rien de plus naturel."
Quel voyage faisait-on dans cette anecdote?--À quai fallait-il prendre garde?--Où est-ce que les nouveaux mariés sont descendus?--Quel moyen l'époux a-t-il inventé pour détourner les soupçons des curieux?--Quelle arrière-pensée avait-il?
111. BONTÉ DU ROI D'ARAGON
Alphonse V, roi d'Aragon, rencontra un jour un paysan qui était fort embarrassé, parce que son âne chargé de farine venait de s'enfoncer dans la boue. Le roi descendit aussitôt de cheval pour aller au secours du pauvre homme. Arrivé à l'endroit où était âne, il se mit avec le paysan à le tirer par a tête, afin de le faire sortir du bourbier. À peine eurent-ils réussi à retirer la bête, que les gens de la suite d'Alphonse arrivèrent, et voyant le roi tout couvert de boue, ils s'empressèrent de l'essuyer et de lui procurer d'autres vêtements. Le paysan, fort étonné de voir que c'était le roi qui lui était venu en aide, commença à lui faire des excuses et à lui demander pardon. Mais le roi le rassura avec bonté, et lui dit que les hommes étaient faits pour s'entr'aider.
Où était situé le royaume d'Aragon?--Qui le roi a-t-il rencontré?--Pourquoi le paysan était-il dans l'embarras?--Comment le roi a-t-il aidé le paysan?--À quoi le paysan a-t-il reconnu le roi?--S'est-il reproché d'avoir permis au roi de l'aider?--Qu'est-ce que le roi a dit pour rassurer le paysan?
Écrivez en 100 à 200 mots cette histoire.
112. L'OBÉISSANCE
Le marquis de Pontélima causait avec un des derniers rois de Portugal. La conversation roulait sur l'obéissance des sujets. Le marquis prétendait qu'elle devait avoir des bornes; le roi ne voulant en admettre aucune, lui dit avec emportement: "Si je vous ordonnais de vous jeter à la mer, vous devriez, sans hésiter, y sauter la tête la première." Le marquis, au lieu de répliquer, se retourne brusquement et prend le chemin de la porte. "Où allez-vous? s'écrie roi.--Apprendre à nager, sire."
Avec qui le marquis causait-il?--Sur quel sujet?--Quelle était l'opinion du marquis?--Quelle était celle du roi?--Que dit-il au marquis?--Que fit celui-ci?--Que lui demanda le roi?--Que répondit le marquis?
113. MARCEAU
La figure de Marceau brille parmi tous les soldats de la Révolution, et les traits intéressants abondent dans l'histoire de sa belle carrière. Il s'engagea à seize ans et conquit rapidement ses épaulettes d'officier. Envoyé à Verdun, qu'assiégeaient les Prussiens, il se fit remarquer parmi les officiers qui s'opposèrent le plus énergiquement à la capitulation de la place. Quand on dut enfin se rendre, Marceau reçut la pénible mission de porter au camp ennemi la ratification du traité. Arrivé sous la tente du roi de Prusse, la colère et sa douleur patriotique le firent éclater en sanglots. Le lendemain, comme la garnison évacuait la ville, il ne peut, dit-on, s'empêcher de crier aux vainqueurs: "Au revoir dans les plaines de la Champagne!" On sait qu'en effet il ne tarda pas à prendre sur eux une brillante revanche. Les effets de Marceau et tout son argent avaient été perdus pendant le siège; un représentant du peuple en mission lui demanda: "Que voulez-vous qu'on vous rende?" Marceau, jetant un coup d'oeil sur son sabre ébréché, répondit: "Un sabre nouveau pour venger notre défaite."
--CLAUDE AUGE.
Soyez prêt à donner une définition des mots les plus difficiles de cette histoire.
114. DÉFI ENTRE DEUX PEINTRES
Deux peintres en concurrence de talents, disputèrent un jour à qui l'emporterait sur l'autre. L'un peignit un rideau sur le mur d'un appartement, et ceux qui venaient pour le soulever afin d'examiner le tableau qu'ils s'attendaient à voir dessous, étaient tout émerveillés de ne toucher que la muraille. L'autre peignit une treille où pendait des grappes si bien imitées que les oiseaux venaient les becqueter. Plusieurs connaisseurs, ayant été requis de porter leur jugement sur les deux tableaux, adjugèrent la palme au peintre de la treille. Leur conclusion était basée sur ce qu'il est plus facile de tromper les hommes que les oiseaux.
Racontez l'histoire des deux peintres.
GRAMMAR REVIEW.--LESSON XVIII
Use of prepositions with infinitives.
A. 1. I was on the point of greeting[1] him. 2. I have not had the opportunity to see his play. 3. He cannot fail to be surprised. 4. I asked him if he was in the habit of being so polite. 5. It was necessary to stop[2] reading in bed for the doctor had forbidden him to do it. 6. One loses nothing by being[3] polite. 7. He seems to be unaware that it is hard to learn to speak French. 8. French is easier to read than to speak. 9. It is easier to learn it in France than at home. 10. It is hard to govern kingdoms, but they are easier to govern than women. 11. They invited me to dine at their house, but I am too ill to go. 12. He started reading the paper,[4] without thinking[3] of[5] eating,[3] but he was not long[6] in getting[3] hungry, and he finally[7] breakfasted. 13. I expected to see him in Paris, but he had gone to see his father at Lyons. 14. I have just[8] given him his money. 15. He had come to avenge himself, and he wasn't long in doing it. 16. If he happens[9] to lose his saber, he will have to give himself up. 17. I can't keep[10] from telling you that I have succeeded in avenging[3] myself. 18. Are you hard to fool?[11] 19. She was astonished to see him. 20. How do you expect[12] me[13] to give you back[14] your money?
[Footnotes 1: saluer. 2: cesser. 3: _infinitive_. 4: le journal. 5: à. 6: tarder. 7: finir par. 8: venir de. 9: venir à. 10: m'empêcher de. 11: tromper. 12: voulez-vous. 13: que je. 14: rendre; _why subjunctive?_]
B. Word Study. Define, in French, one or more words of the same family as each of the following:
éclater, savoir, tarder, perdre, venger, marier, défendre, vainqueur, connaisseur, jugement, usage, bonhomme, chapeau, avis, ruse, pénible, patriotique, certain, malade, étrange, poli, médical.
115. MANQUÉ!
Un professeur de clinique interroge un malade atteint d'une maladie de poitrine. "Quel est votre métier?--Musicien, monsieur le docteur." Alors le professeur se tournant vers ses élèves leur dit: "Voici, enfin, messieurs, la démonstration de ce que je vous ai dit si souvent, à savoir, que la fatigue causée à l'appareil respiratoire par l'action de souffler dans un instrument de musique peut causer de graves maladies." Puis, s'adressant de nouveau au malade: "Et de quel instrument jouez-vous?--Du violon, docteur!" Tableau!
Où cet incident a-t-il eu lieu?--De quelle maladie s'agissait-il?--Quelle question le professeur a-t-il posée au malade?--Le professeur a-t-il voulu profiter de la réponse pour faire l'important?--Quel rapport croyait-il voir entre la maladie et le métier du malade?--S'y était-il trompé?--De quel instrument le monsieur jouait-il?
Quand emploie-t-on _jouer à_ et _jouer de?_
116. NAÏVETÉ D'UN VILLAGEOIS
"Monsieur, disait à son maître un domestique nouvellement arrivé de son village, ma mère m'a recommandé de lui envoyer une lettre aussitôt que j'aurais été quelques jours chez vous. Ne pourriez-vous pas m'en donner une dont vous n'auriez que faire, et je la lui enverrais?"
Qu'est-ce que la mère avait recommandé à son fils?--Était-ce la première fois qu'il se séparait d'elle?--Quelle expérience avait-il des lettres?--Comment a-t-il voulu suivre la recommandation de sa mère?
117. CURIOSITÉ SATISFAITE
"Je n'ai jamais pu comprendre, disait un provincial visitant une exposition, comment ces tourniquets fonctionnent. Qu'est-ce qui les met en mouvement?--Une pièce d'un franc," répondit tranquillement le préposé.
Où le provincial se trouvait-il?--Qu'est-ce qui lui tourmentait l'esprit?--Quelle question a-t-il posée au fonctionnaire?--Celui-ci a-t-il voulu se donner la peine de répondre aux questions?--Comment a-t-il coupé court à toute discussion?
118. DANS LE ROYAUME DES AVEUGLES LES BORGNES SONT ROIS
Deux maires de province se promenaient sur les boulevards de Paris.--"Quel est le sens de ces deux mots que je vois sur l'enseigne de ce café: "Soda Water"?--Mon cher ami, vous ne savez done pas lire? C'est anglais, sans doute, mais la traduction est au-dessous: voyez plutôt: "Billard au Premier."
Comment le mot _province_ s'emploie-t-il en français?--Où les deux fonctionnaires se promenaient-ils?--Quelle enseigne a attiré leurs regards?--L'un des provinciaux était-il plus au courant que l'autre?--Comment a-t-il tâché d'interpréter le terme anglais?
119. NUL BIEN SANS PEINES
Un charretier, qui passait devant un homme au pilori, demanda ce que disait l'écriteau attaché au-dessus de sa tête. "Il dit, lui répliqua quelqu'un, que ce criminel est un faussaire.--Et qu'est-ce que c'est qu'un faussaire?--C'est un homme qui contrefait la signature d'un autre.--Eh bien! mon pauvre diable, s'écria-t-il en s'approchant du coupable, voilà ce que c'est que d'avoir appris à écrire."
Comment se servait-on autrefois du pilori?--Par où le charretier passait-il?--Qu'est-ce qu'il a vu au-dessus de la tête du coupable?--Savait-il lire?--S'est-il donné de la peine pour se renseigner sur la faute qu'avait commise cet homme?--Qu'est-ce qu'on lui a dit?--Connaissait-il le terme "faussaire"?--Quelle moralité a-t-il tirée de la circonstance?--De quai a-t-il dû se féliciter?
120. À QUOI SERT LA VACCINE?
Un homme très niais disait qu'il n'avait pas de confiance dans la vaccine. "À quoi sert-elle donc, dit-il: je connais un enfant beau comme le jour que ses parents avaient fait vacciner. Eh bien! il est mort deux jours après.--Comment! dit quelqu'un, deux jours après? De quoi donc?--Qui, il est tombé du haut d'un arbre et s'est tué raide. À quoi bon vacciner les enfants après cela?"
De quoi cet homme se méfiait-il?--Quelle circonstance citait-il pour prouver qu'il avait raison?
Faires ce récit de mémoire.
121. MOYEN DE DISSIMULER LA DESTINATION D'UNE LETTRE
Un valet reçoit de son maître l'ordre de prendre les lettres qu'il trouvera sur son bureau, et de les jeter à la poste. Il se trouva qu'il y en avait trois, dont une n'avait pas d'adresse. Le valet les jette toutes trois à la poste. Ensuite le maître s'aperçoit de la sottise. "Quoi! vous avez jeté à la poste une lettre qui n'avait pas d'adresse?--Mais, je croyais, monsieur, répond le valet, que vous ne vouliez pas qu'on sût[1] à qui vous l'adressiez."
[Footnote 1: Why subjunctive?]
122. DEUX À DEUX
Un Français entra dans une salle de jeu où des Anglais jouaient à l'écarté. Comme il comprenait fort peu l'anglais, il dit en français à l'un des joueurs: "Comment va la partie?" Celui-ci répondit en anglais: "We are two to two." Le Français ne savait que penser d'une telle réponse. Allant ensuite à une autre table, où les joueurs avaient aussi deux points chacun, il répéta sa question, et on lui répondit: "We are two to two, too.--Toutoutou et toutoutoutou!" s'écria le Français qui crut qu'on se moquait de lui. Et il s'en alla furieux.
123. L'APPÉTIT VIENT EN MANGEANT
"À quoi sont destinés ces éléphants, ces armes, cet attirail de guerre et ces vaisseaux tout prêts à mettre à la voile?" demandait au roi Pyrrhus un sage confident, conseiller très prudent d'un monarque qui ne le fut guère. "Je pars, lui répondit le prince, pour Rome, où je suis appelé.--Qu'allez-vous y faire?--Assiéger la ville.--Le projet est admirable et digne seulement d'Alexandre ou de vous. Mais une fois Rome prise, seigneur, où irons-nous?--La conquête du reste des Latins est chose aisée.--Sans doute, on peut les vaincre. Et ensuite qui voulez-vous attaquer?--Les ports de la Sicile sont tout proches, et bientôt nos vaisseaux mouilleront devant Syracuse.--Et après?--Maîtres de cette ville, nous partons aussitôt pour Carthage, et nous nous en emparerons. La route est libre; qui est-ce qui peut nous arrêter?--Seigneur, je vous comprends: nous allons tout dompter. Nous allons traverser les déserts de Libye, asservir en passant l'Égypte et l'Arabie, passer le Gange, soumettre des pays inconnus, faire trembler les Scythes sur les bords du Tanaïs, et ranger sous nos lois toute une moitié du monde. Mais enfin, quand nous serons de retour, vous ne saurez plus que faire?--Oh! alors, mon cher Cinéas, victorieux et satisfaits, nous pourrons rire tout à notre aise et prendre du bon temps.--Eh! seigneur, dès aujourd'hui, sans sortir de votre royaume, qui nous empêche de rire du matin au soir?"