Florence historique, monumentale, artistique
Chapter 9
N° 1298.--LUCA SIGNORELLI. _L'Annonciation, la Nativité et l'Adoration des Mages_. Précieuse prédelle où les très petites figures sont traitées tout à la fois avec un fini remarquable et la largeur de style des «Fulminati» d'Orvieto ou des «soldats de Totila» du Mont-Cassin.
LA TRIBUNE
La décoration de la Tribune, haute pièce ronde surmontée d'une coupole, fut confiée par les Médicis, en 1581, à Pocetti; elle est ce qu'a pu donner de moins mauvais le style barocco, et les incrustations de nacre qui en forment l'ornementation ne manquent ni d'élégance ni de goût.
Au pourtour de cette salle sont placées de célèbres statues antiques.
N° 342.--_La Vénus_, dite de Médicis, ouvrage du sculpteur athénien KLEOMENES, fils d'Apollodoros, est environ du IIe siècle avant notre ère.
Entre toutes les représentations d'Aphrodite, la Vénus de Médicis est évidemment le meilleur spécimen de celles où les artistes tentèrent de montrer la déesse sous des traits jeunes et purs, peu en rapport, semble-t-il, avec l'idée évoquée par la déesse de l'amour, dans la plénitude d'une force physique exclusive de toute gracilité mièvre ou efféminée. Elle fut découverte en 1680, près de Tivoli, dans les premières fouilles de cette villa dont l'empereur Adrien avait fait un incomparable musée et d'où furent exhumés en même temps les deux chefs-d'oeuvre, ses voisins à la Tribune: les Lutteurs et le Rémouleur. Les trois statues, achetées par le cardinal Ferdinand de Médicis, furent apportées à Florence dès 1681, sous le règne de Cosme III.
La Vénus, retrouvée sans bras, a été restaurée dans le mauvais style du XVIIe siècle, par des praticiens médiocres; il est donc difficile de la concevoir dans sa splendeur passée alors que la chevelure était dorée, que les oreilles étaient garnies de pendants précieux et que les yeux étaient peints.
N° 343.--_Les Lutteurs_. Des nombreux groupes de lutte, sujet si cher à l'antiquité, celui de la Tribune semble un des meilleurs.
Il a, par malheur, subi tous les remaniements possibles. Retrouvé sans têtes, on lui donna celles de deux Niobides, mais ce choix fut fait par quelqu'un de si versé dans l'art sculptural qu'elles s'adaptent de façon à faire croire qu'elles sont les têtes originales. A dire vrai, les torses seuls sont intacts, mais ils suffisent, tels quels, pour rendre ce groupe captivant par la prodigieuse sensation de mouvement et de vie qui s'en dégage.
N° 344.--_Le Satyre dansant_, oeuvre grecque de la plus belle époque. La tête, les bras et les cymbales ont été refaits par Michel-Ange. Le reste du corps est un chef-d'oeuvre de mouvement, tant le satyre apporte de vie et de passion à sa danse; le pied droit est appuyé sur le «scabillum», instrument en forme de soufflet, dont se tiraient des sons perçants.
N°345.--_L'Apollino_. La beauté de cette statue antique est singulièrement diminuée par l'enduit de stuc dont on dut la recouvrir pour la consolider.
N° 346.--_L'Arrotino_ (_le Rémouleur_). Un des marbres les plus célèbres de l'école de Pergame, c'est-à-dire de la dernière période de l'art grec. Cette statue, dont la parenté avec _le Gladiateur mourant_ du Capitole est évidente, représente un homme âgé, accroupi devant une pierre sur laquelle il aiguise son couteau, la tête relevée et le regard interrogateur.
La critique considère maintenant l'Arrotino comme un Scythe, esclave d'Apollon, et son action comme la préparation à l'écorchement de Marsyas. Le polissage donné au marbre lors de sa découverte en 1675, l'a fait longtemps prendre pour une oeuvre moderne de la Renaissance.
Les plus belles peintures des Offices sont réunies dans cette salle.
N° 1131.--RAPHAEL_. Portrait du pape Jules II_ Les portraits peints par Raphaël sont d'un tout autre ordre que ceux de maîtres tels que le Titien ou Van Dyck, qui étaient spécialement des peintres de portraits. Raphaël ne fit le portrait qu'incidemment et toujours sous l'influence de sa manière du moment. Celui de Jules II est de l'époque romaine et d'une tonalité très sombre, fortement impressionnée comme coloris par les Vénitiens.
Dans cette toile qui appartenait à la famille de la Rovere, on regrette de ne retrouver ni la vivacité, ni le feu du regard qu'on serait en droit d'attendre du violent, passionné et fougueux pontife.
N° 129.--RAPHAEL_. La Vierge du Chardonneret_. Ce tableau, dans la première manière de Raphaël, fut exécuté en 1548, à Florence, pour la famille Nasi. D'une grâce charmante, mais banale, d'une perfection absolue, mais froide, sans aucun appel à un sentiment plus profond, il vous laisse indifférent.
N° 1127.--RAPHAEL_. Saint Jean dans le désert_, une des nombreuses copies de ce sujet traité par le maître et dont l'original a disparu.
N° 1123.--SEBASTIEN DEL PIOMBO. Portrait d'une jeune Vénitienne, tableau nommé _la Fornarina_ et longtemps attribué à Raphaël. Fra Sebastiano peignit cette toile, véritable chef-d'oeuvre, en 1512, à Rome, où l'avait appelé Agostino Chigi pour travailler à la décoration de la Farnésine. Si, dans cet ouvrage remarquable, il est encore sous l'influence de Palma le Vieux pour le dessin, il a bien davantage la coloration lumineuse et dorée de son maître le Giorgione.
N° 1120.--RAPHAEL_. Portrait d'une Inconnue_ qu'on croit pourtant de la famille Doni. Ce portrait a été peint en 1505, au moment où Raphaël, à peine arrivé à Florence, était encore sous l'influence directe du Pérugin. C'est une très belle toile, d'une grande simplicité d'allure et d'une couleur superbe.
N° 1117.--TIZIANO VECELLI (LE TITIEN) (1477-1576). _La Vénus au petit chien_. Ce portrait de la duchesse d'Urbin la représente sous les traits d'une Vénus nue couchée sur un lit où se pelotonne son petit chien. Cette toile, d'une prodigieuse intensité de couleur, est superbe de modelé et de vie palpitante où débordent la joie et la volupté.
N° 1139.--MICHEL-ANGE BUONARROTI. _Sainte Famille_. Ce tableau en forme de médaillon est un des seuls de cet ordre et de cette dimension peints par le maître. Il y a uniquement recherché la difficulté, et la position de la Vierge assise à terre, élevant vers saint Joseph debout derrière elle l'Enfant qu'elle tient à bras tendus, donne un désagréable effet de raccourci où il n'a été apparemment visé qu'au tour de force. Le fond du tableau est occupé par des figures de jeunes hommes nus, que rien ne relie au sujet, placés là par Michel-Ange uniquement à l'instar de Signorelli, sans aucun des prétextes ni aucune des excuses de cet illustre devancier. En effet, à l'époque de Signorelli, l'art était limité par des bornes si étroites qu'il s'agissait avant tout de l'élargir, et, en plaçant avec une hardiesse presque téméraire des figures nues à l'arrière-plan d'un sujet sacré, Signorelli visait un but précis, celui d'émanciper l'artiste jusque-là asservi à des formules et de consacrer le principe de la liberté absolue dans le domaine des interprétations.
N° 1141.--ALBERT DÜRER (1461-1528). _Adoration des Mages_. Ce tableau, chef-d'oeuvre de l'école allemande, atteint à la perfection. Le grand Dürer le peignit en 1504, après son voyage en Italie et au moment où il était à l'apogée de son beau et sincère talent. La foule des personnages qu'il a représentés dans des attitudes aussi nobles que variées, la somptuosité des vêtements, la diversité des physionomies, font de cette oeuvre une peinture aussi intéressante qu'attachante. Dürer s'est livré à son goût pour la minutie dans sa recherche des détails: fleurs, insectes, papillons et scarabées traités avec le fini précieux de la miniature.
N° 1118.--CORRÈGE (1494-1534). _Le Repos en Égypte avec saint Bernard_. Ce tableau est un des premiers où le Corrège, se laissant aller à ses goûts personnels, fit d'un sujet religieux un tableau de genre. Malgré bien des imperfections et des incorrections encore, il a déjà son coloris lumineux et profond, ainsi que la beauté de son modelé.
N° 1111.--MANTEGNA (1431-1506). Triptyque admirable où sont peintes, _l'Adoration des Rois_ et, sur les côtés, _la Circoncision et la Résurrection_.
Ces précieuses peintures, oeuvres de la jeunesse de Mantegna, exécutées en 1454, décoraient la chapelle des ducs de Gonzague à Mantoue; le volet de droite, consacré à la Circoncision, est d'une beauté antique: c'est du grand art dans toute sa noble et sévère pureté et rien n'a jamais été fait de comparable comme élévation et comme forme.
ÉCOLE ITALIENNE MAITRES DIVERS.
+Salle IV+.
Tableaux divers: _Albane, Allori, Bassano, Canaletto, Corrège_.
N° 1025.--ANDRÉ MANTEGNA. _La Vierge aux Rochers_. Cette petite perle, traitée comme de la miniature, fut peinte à Rome en 1489. La Vierge, assise sur un extraordinaire rocher de schiste hérissé de ses lamelles, est somptueusement vêtue: sur une jambe presque repliée, elle tient à califourchon l'Enfant pris dans un merveilleux raccourci, et sa tête austère et grave rappelle les belles figures des Van Eyck. Le long du rocher serpente en contre-bas une route suivie par des troupeaux et des personnages minuscules. La beauté du paysage est l'admirable complément de ce petit chef-d'oeuvre.
ÉCOLE HOLLANDAISE
+Salle V+.
N° 695.--LUCAS DE LEYDE (?) (1494-1533). Petit portrait en buste de _Ferdinand, infant d'Espagne_.
Le profil, tourné à gauche et un peu sec, se détache sur un fond bleu clair. Le prince porte des cheveux longs et à son grand chapeau est fixé un insigne en pierreries.
Les Gaspard Netscher sont prodigués dans cette salle peu intéressante.
ÉCOLES ALLEMANDE ET FLAMANDE
(1re salle)
+Salle VI+.
N° 795.--ROGER VAN DER WEYDEN (1400-1468). _Jésus au Sépulcre_. Au-dessus du rocher où est creusé le sépulcre, on aperçoit les trois croix du Calvaire et la ville de Jérusalem. En avant du tombeau, saint Jean et la Vierge soutiennent les deux bras du Christ devant lequel est agenouillée la Madeleine, tandis que Nicodème et Joseph d'Arimathie supportent le corps raidi par la mort.
La coloration, le dessin et la pensée dont est animé ce tableau, sont admirables, et les costumes, traités avec le plus grand soin, sont remplis d'intérêt.
N° 784.--HANS HOLBEIN, LE JEUNE. _Portrait de Zwingli_. Le réformateur est un homme puissant, dont la large figure respire la bonhomie. Il porte la moustache et une longue barbiche blanche; l'oeil est fin et intelligent.
Nos 777 et 768.--ALBERT DÜRER. _Portrait de son père en buste_. Cette oeuvre admirable, d'une grande simplicité, appartient à la manière de Dürer avant l'influence italienne et forme un intéressant contraste avec les deux précédents.
N° 765.--HANS HOLBEIN, LE JEUNE. _Richard Southwell_. Il est en noir sur fond vert, coiffé d'une barrette noire; la tête a une certaine sécheresse.
N° 850.--HANS HOLBEIN (cadre contenant plusieurs petites têtes).
N° IX.--_Médaillon de Hans Holbein_. Charmante petite tête d'homme, de face; il porte toute sa barbe et est coiffé de la barrette noire.
N° 847.--LUCAS CRANACH (1472-1553). _Luther et Mélanchthon_.
N° 845.--_Jean_ et _Frédéric_, électeurs de Saxe. Quatre petits portraits sur fond turquoise.
ÉCOLES ALLEMANDE ET FLAMANDE
(2e salle)
+Salle VII+.
SCHOUFFLEIN DE NUREMBERG (1492-1539). Plusieurs scènes de la vie de _Saint Pierre_ et de _Saint Paul_.
N° 703.--JEAN MEMLING. _La Madone sur un trône_. Ce délicat petit tableau, d'une finesse exquise, si on le compare aux oeuvres des primitifs florentins, donne peut-être la supériorité aux maîtres flamands pour le rendu et la minutie du détail. C'est de la peinture à la fois aussi large et aussi poussée que possible.
La Vierge, assise sur un trône derrière lequel est tendue une étoffe de brocart, est entièrement vêtue de rouge, y compris son voile, et le bas de sa robe tombe sur un superbe tapis d'Orient placé devant elle. De ses deux mains elle porte l'Enfant Jésus, qui tient de la main gauche une cerise et tend la droite pour recevoir une pomme présentée par un ange agenouillé. Cet ange, vêtu d'une dalmatique passée sur sa robe blanche, porte de l'autre main son violon et son archet, tandis qu'un second ange agenouillé joue de la harpe.
Le premier plan est séparé du fond par une arcade enrichie de motifs sculpturaux traités avec une étonnante perfection et à travers lesquels s'aperçoit un beau paysage flamand tout différent des fonds peints par les maîtres italiens.
ÉCOLE FRANÇAISE
+Salle VIII+.
N° 674.--LARGILLIÈRE. _Portrait de Jean-Baptiste Rousseau_.
La tête de face, d'une belle couleur, est coiffée d'un bonnet de velours bleu à la Rembrandt. Son costume se compose d'une robe du même velours bleu drapée avec art; elle est doublée de satin orange, brodée et garnie de dentelle.
N° 671.--ANTOINE WATTEAU. _Le Joueur de flûte_. Des cavaliers et des dames écoutent dans un jardin un joueur de flûte.
N° 667.--FRANÇOIS CLOUET (1500-1572). Petit portrait équestre du roi de France, _François Ier_, monté sur un cheval blanc harnaché d'entrelacs de velours cramoisi. Peut-être le chef-d'oeuvre de Clouet.
Le roi est armé de toutes pièces, seulement le casque est remplacé par la petite toque noire à plume blanche; les détails infinis de l'armure noire niellée d'or sont traités d'une façon merveilleuse.
LES GEMMES
+Salle IX+.
La petite salle des gemmes est un cabinet de forme elliptique entouré de six armoires vitrées, où sont contenus les ouvrages en pierre dure, cristal de roche, lapis et autres gemmes, au nombre de quatre cents, qui constituaient la précieuse collection des Médicis.
_Armoire II_.--Cassette en cristal de roche, peut-être le plus précieux morceau de la collection. L'histoire de Jésus-Christ y est représentée en vingt-quatre compartiments gravés en creux. Cet objet fut commandé à VICENTINO BELLI par le pape Clément VII et fut donné par lui à François Ier, lors du mariage d'Henri II et de Catherine de Médicis. VICENTINO forcé, comme les della Robbia, par la matière à laquelle il s'était consacré, à une extrême tenue de style et à une simplicité sévère, déploie un art véritable dans ses ouvrages. Dans la même armoire, un autre exemple du goût de Vicentino est l'admirable coupe en cristal dont le couvercle en or émaillé, attribué à Benvenuto Cellini, porte les chiffres entrelacés d'Henri II et de Diane de Poitiers pour laquelle la pièce fut commandée.
_Armoire V_.--Coupe en pierre dure attribuée à Jean de Bologne et dont le couvercle est surmonté d'Hercule terrassant l'Hydre de Lerne.
_Armoire VI_.--Coupe en cristal de roche, par Benvenuto Cellini.
+Corridor méridional donnant sur l'Arno+.
N° 137.--_Autel antique_ de la belle époque grecque. Il représente Iphigénie conduite au sacrifice.
N° 138.--_Le Spinero_, le tireur d'épines, réplique antique en marbre du beau bronze du Capitole.
N° 141.--_Base triangulaire_ représentant trois belles figures de femmes en bas-relief, ouvrage grec du plus beau style.
MICHEL-ANGE. _Bacchus avec un satyre derrière lui_. Ce bel ouvrage de jeunesse fut exécuté pendant que le maître était encore tellement imbu de l'antiquité que tout l'art pour lui se réduisait à la reproduire exactement. C'est ce qui explique l'attribution d'antique donnée longtemps à cet ouvrage remarquable et d'un caractère unique dans l'oeuvre du maître.
Dans le corridor occidental.
Nos 155 et 156.--_Deux statues de Marsyas_ plus grandes que nature restaurées, l'une par Donatello, l'autre par Verrocchio.
Salles donnant sur le corridor occidental.
ÉCOLE VÉNITIENNE (1re salle)
+Salle XXIII+.
ECOLE VÉNITIENNE. Le cardinal Léopold de Médicis acheta en 1654 la collection de Paul de Sera, riche marchand florentin établi à Venise. C'est de cette galerie que proviennent presque tous les tableaux de l'école Vénitienne du musée des Offices. Au milieu d'un ensemble plutôt secondaire, quelques toiles sont de premier ordre.
N° 767.--FRA SEBASTIANO DEL PIOMBO (attribué au Moretto). _La Mort d'Adonis_. Les belles formes et la noble attitude de Vénus accompagnée de nymphes désolées, rappellent la pure et grave manière de Palma. Le paysage du fond, franchement vénitien, est fort beau.
Nos 599 et 605.--TITIEN. _Portraits du duc François-Marie d'Urbin_ en armure, sur un fond rouge, et de sa femme la _duchesse d'Urbin_ assise dans un fauteuil et déjà âgée. Ces portraits, peut-être la plus remarquable oeuvre de l'époque, furent peints en 1537; ils sont admirables de caractère, tout en étant d'un fini d'exécution précieux. On retrouve dans celui de la duchesse le même petit chien pelotonné que dans la Vénus couchée de la Tribune.
N° 626.--TITIEN. _La Flore_. Dans cette superbe toile on ne saura jamais la part réelle qu'a la nature ou qui revient à la fantaisie imaginative du maître. C'est une jeune et admirable Vénitienne blonde, vêtue d'une chemise légère, sur laquelle elle ramène une draperie rose, tandis que sa main tendue tient des fleurs. Rien ne peut rendre la largeur et la maëstria avec lesquelles le Titien a peint ce chef-d'oeuvre.
N° 648.--TITIEN. _Portrait de Catherine Cornaro_, reine de Chypre. Elle est représentée avec la roue de sa patronne, sainte Catherine d'Alexandrie. Ce portrait est plus intéressant par le costume que par la facture.
ÉCOLE VÉNITIENNE (2e salle)
+Salle XXIV+.
N° 629.--MORONE. _Portrait d'un savant_, remarquable peinture.
N° 631.--JEAN BELLIN (attribué à Basaiti). _La Vierge au lac_. Sur un rocher qui domine la rive d'un lac solitaire, la Vierge est adorée par saint Joseph, saint Paul, saint Sébastien et plusieurs autres saints. Le délicieux paysage du fond contribue à la beauté grave et mélancolique de ce délicat petit chef-d'oeuvre.
Nos 601 et 638.--TINTORET. Deux très beaux portraits de l'_amiral Venier_ et de _Jacob Sansovino_, sculpteur et architecte, peint dans sa vieillesse un compas à la main.
Au fond des salles de la peinture vénitienne s'ouvre le cabinet des médailles.
Retournant sur ses pas au corridor oriental, on prend un couloir conduisant à la salle dite de «Lorenzo Monaco» où ont été réunis quelques ouvrages remarquables des «Quatrocentisti». Ils sont mieux éclairés que dans les autres salles du musée.
SALLE DE LORENZO MONACO
N° 1309.--LORENZO MONACO. _Le Couronnement de la Vierge_, peint en 1413 et provenant de la Badia de Cerretan. C'est un grand retable sur fond or à trois compartiments, intéressant surtout par son style gothique absolu.
N°1310.--GENTILE DA FABRIANO(1425). _Sainte Madeleine, Saint Nicolas de Bari, Saint Jean_ et _Saint Georges_ dans quatre compartiments sur fond or; ces figures sont elles-mêmes richement rehaussées d'or.
N° 17.--BEATO ANGELICO. _Grand retable_ à volets sur fond or. Peint en 1443 pour la corporation des marchands de tissus de lin. Au milieu est la figure colossale de la Vierge assise et sur les volets extérieurs et intérieurs sont les quatre Évangélistes. Dans ce tableau on peut se rendre un compte exact de l'impossibilité où se trouvait Angelico d'excéder certaines proportions hormis dans la fresque. Pour une oeuvre de cette dimension, l'absence de science anatomique, le manque d'animation et de vie des personnages sont des défauts frappants, qui deviennent trop sensibles.
La véritable voie d'Angelico, celle où il est unique, est l'interprétation des joies et des béatitudes célestes par des figures hiératiques et mystiques de petites proportions; aussi les douze anges qui encadrent la Vierge et jouent de différents instruments sont-ils de beaucoup la meilleure partie de l'oeuvre, et plusieurs d'entre eux peuvent compter parmi les plus idéales compositions du maître.
N°1297.--DOMENICO GHIRLANDAJO. _Vierge et Enfant_.--La Vierge est assise sur un trône entouré d'une balustrade derrière laquelle se pressent quatre chérubins avec des lys; sur son genou gauche L'Enfant porte la sphère et bénit. A ses côtés se tiennent saint Michel et L'archange Gabriel, au premier plan sont agenouillés deux saints évêques de chaque côté d'un vase de fleurs. La tonalité un peu grise de cette jolie composition la ferait plutôt attribuer à Ridolfo Ghirlandajo.
N° 1286.--SANDRO BOTTICELLI. _Adoration des Mages_ (1466). Ce tableau, peint par Botticelli encore très jeune pour Cosme l'Ancien, se ressent des influences de ses maîtres et tel personnage semble échappé du pinceau de Pollajuolo, tandis que tel autre, comme la Vierge par exemple, est empreint du sentiment gracieux de Lippi. Toutefois, combien, par la science de la composition, par le groupement des personnages, Botticelli leur est-il déjà supérieur!
Devant un rocher, au milieu de ruines fantaisistes, la Vierge mince et élancée reçoit les Rois Mages agenouillés sur des plans différents et qui sont les portraits de Cosme, de son fils Jean et de son petit-fils Julien. Cosme, vêtu à la Pollajuolo d'une robe noire couverte de broderies d'or, est le plus rapproché de la Vierge.
Au premier plan, vu de dos, Jean, en manteau rouge à revers d'hermine, le chapeau posé à terre, est accompagné de son fils Julien vêtu de blanc.
Les autres personnages dont le groupement mouvementé concourt à l'action, sont également des portraits et quelques-uns même sont des portraits de premier ordre. Il faut citer particulièrement la splendide, austère et grave figure d'un homme jeune vêtu de noir avec des chausses vertes, puis celle d'un adolescent en manteau bleu clair dont le profil exprime l'adoration et l'extase, tandis qu'un autre portant la tunique florentine rouge à manches bleu de ciel, les mains croisées sur son épée fichée en terre devant lui, regarde d'un oeil dédaigneux ce qui l'entoure; aussi, son voisin a-t-il l'air de le ramener à la réalité en lui montrant la scène.
On peut considérer cette oeuvre comme une des plus précieuses qu'aient laissées les «Quattrocentisti» et une des plus complètement belles de l'art florentin.
N° 59.--SANDRO BOTTICELLI. _La Naissance de Vénus_. Autre oeuvre de jeunesse, peinte simultanément avec l'allégorie du Printemps, sur l'ordre de Pierre de Médicis, pour la décoration de sa villa de Castello. C'est le premier sujet mythologique où s'essaya le maître; aussi est-il d'une jeunesse, d'une poésie et d'un charme inexprimables. Rien ne peut rendre la grâce de cette figure de Vénus quasiment vêtue de sa chevelure d'or, debout sur la conque à reflets dorés qu'elle va quitter pour descendre au rivage de Cythère. Son beau corps est légèrement penché en avant, sur son instable nacelle que poussent les zéphyrs, et le Printemps, figuré sous les traits charmants d'une jeune femme, sort d'un bois de lauriers à reflets dorés pour recevoir la déesse dans les plis d'un manteau semé de fleurs et gonflé par le vent. Moins énigmatique que celui de l'Académie, le Printemps est vêtu d'une flottante robe blanche, parsemée de bleuets, retenue autour de la taille par une ceinture formée de branches de roses. Ses admirables cheveux dorés flottent en arrière et toute son élégante silhouette se découpe sur le manteau de la déesse. Certaines naïvetés de facture, telles que les vagues de la mer, donnent encore une saveur particulière à cette charmante composition où les personnages sont d'une taille plus importante que ne le sont les figures habituelles de Botticelli.
N° 1309.--DOMENICO VENEZIANO. _La Vierge_ trônant sous des arcades et entourée de quatre saints.
Cette peinture un peu blafarde est la seule sûrement attribuée à ce peintre, maître de Piero della Francesca.
SALLES DES PORTRAITS DES PEINTRES PEINTS PAR EUX-MÊMES
+Salle XIX+.
MAITRES ANCIENS.
N° 233.--_Rubens_ sans chapeau (1610).
N° 228.--_Rubens_ avec chapeau (1620).
N° 354.--_Giovanni Bellini_. Beau portrait d'homme faussement donné comme le sien, buste dont le visage rose est encadré de longs cheveux roux coupés à la florentine.
N° 549.--_Mme Vigée-Lebrun_.
N° 290.--Michel-Ange (mauvaise oeuvre du XVIIIe siècle).
N° 292.--_Léonard de Vinci_. Portrait exécuté probablement par Schidone. Belle tête jeune et énergique où de longs cheveux blonds se confondent avec la barbe soyeuse et épaisse, d'un ton doré.