Florence historique, monumentale, artistique
Chapter 23
+Benoît Varchi+ (1502-1565).--Célèbre historien qui prit en 1527 une part active à l'expulsion des Médicis et dut s'expatrier quand ils revinrent. Cosme Ier le rappela à la suite de l'admiration suscitée par son _Histoire de Florence_ en quinze volumes écrite de 1527 à 1538. On a de Varchi, en outre, des traductions italiennes _De la Consolation_ de Boëce, et du _Traité des Bienfaits_, de Sénèque.
+Jean Villani+ (1275-1348).--Célèbre historien mort de la peste en 1348, fit partie des prieurs de 1316 à 1321 et fut ensuite nommé directeur des monnaies et surveillant général des fortifications. On a de lui l'_Histoire florentine_, première partie d'une histoire universelle allant jusqu'en 1338 où il rapporte tous les événements et toutes les annales du monde à Florence, sa patrie.
+Mathieu Villani+.--Frère de Jean et continuateur de son _Histoire de Florence jusqu'à l'année 1363_.
+Philippe Villani+.--A ajouté les événements de 1363 et de 1364. En outre, il composa des _Vies des Hommes illustres de Florence_, ouvrage anecdotique fait à l'instar de Plutarque.
+Antoine de Ser Niccolò Pierozzi (saint Antonin)+.--Archevêque de Florence dès 1446, homme de grande renommée, le pape Pie II avait dû lui faire violence pour le tirer de son couvent de Fiesole et de la plus stricte observance dominicaine. Il eut la rare chance d'être prophète en son pays et sa mort fut une apothéose, si bien que sa canonisation la suivit presque aussitôt.
+ARCHITECTES, SCULPTEURS, PEINTRES+
+Alberti+ (Leone-Battista) (1405-1472).--Théologien, littérateur, architecte, sculpteur et mathématicien, fut surnommé le Vitruve moderne. Sa passion pour les arts lui fit négliger ses fonctions sacerdotales. Il réforma toute l'architecture autant par les édifices qu'il construisit que par ses écrits qui firent loi en architecture, en sculpture et peinture. Ses principaux ouvrages sont _De Re ædificatoria_, _Momus_ ou _De Principe_, enfin _Opera ethica_. Sa vie a été écrite par Pozzelli en 1739.
+Albertinelli+ (Mariotto) (1474-1515).--Peintre et condisciple de Fra Bartolommeo chez Cosimo Rosselli. Florence possède peu d'oeuvres de ce maître, une _Visitation_ au Musée des Offices et une _Vierge adorant l'Enfant_ au Musée Pitti.
+Allori+, dit _le Bronzino_ (1502-1572).--Peintre de portraits surtout.
+Allori+ (Alexandre) (1535-1607).--Reçut les premières leçons de son oncle le Bronzino. Il fournit les cartons des tapisseries exécutées sous le grand-duc François. Ses chefs-d'oeuvre sont _le Sacrifice d'Abraham_ aux Offices, et _la Femme adultère_, dans l'église San Spirito.
+Allori+ (Christophe) (1577-1619).--Élève de Cigoli et l'un des meilleurs coloristes de l'école de la décadence, sa _Judith_ des Offices passe pour sa meilleure oeuvre.
+Ammanati+ (Bart) (1511-1592).--Architecte, élève de Sansovino. Son talent, exagération de celui de Michel-Ange, le porte à une débauche de sculpture. On lui doit la _Fontaine_ de la place du Grand-Duc.
+Angelico+ (Fra Giovanni da Fiesole) (1387-1455).--Jeune, riche, doué de talents extraordinaires, il aurait pu mener dans le monde une brillante existence: il aima mieux chercher le recueillement et le silence parmi les moines dominicains. Ses ouvrages sont pleins d'un charme inexprimable et un artiste ne rendit jamais par la peinture d'aussi profondes émotions. Il ne peignait et ne consentait à peindre que des sujets religieux et il refusa toujours les honneurs sacerdotaux et l'archevêché de Florence qu'on voulait lui imposer.
Le Musée des Offices, l'Académie et surtout le Couvent de Saint-Marc qu'il décora entièrement, possèdent des oeuvres de premier ordre dues à ce peintre exquis par excellence.
+Aretino+ (Spinello) (1318-1410).--Élève de Giotto, et principalement peintre militaire; il montre la fougue la plus impétueuse dans ses interprétations religieuses elles-mêmes. Ses tableaux du Musée des Offices et les fresques de l'_Église San Miniato_ donnent un des meilleurs exemples du talent de Spinello.
+Banco+ (Nanni di) (1400-1421), qu'on présume élève de Donatello, mais qui semble bien plutôt lui avoir servi de maître. Ses statues d'Or San Michele, celle de _Saint Luc_ au Dôme sont d'excellents ouvrages, autant comme composition que comme exécution.
+Baldovinetti+ (Alesso) (1427-1499).--Élève d'Uccello et de Castagno, fut chargé d'une des fresques de la cour de l'église Santa Annunziata et d'une partie de la décoration de la chapelle du cardinal de Portugal à San Miniato. L'Académie contient en outre plusieurs oeuvres de Baldovinetti.
+Bandinelli+ (Bartolommeo) (1487-1559).--Sculpteur, fut placé dans l'école de Rustici où il connut Léonard de Vinci. Ayant échoué dans la peinture, il étudia les ouvrages de Donatello et de Verrocchio. Il se crut l'égal de Michel-Ange et lui voua une haine éternelle, aussi les disciples du maître ont-ils cherché à rabaisser son adversaire, en qui ils ne voient que fausse grandeur, exagération de style, enflure de mauvais goût. On peut juger du bien ou mal fondé de ces critiques dans les diverses oeuvres de Bandinelli: le _Saint Pierre_ de la cathédrale, l'_Orphée_ du palais Pitti et surtout le groupe d'Hercule et Cacus, érigé sur la place du Palais-Vieux.
+Botticelli+ (Sandro) (1446-1510).--Élève de Lippi, d'Andrea Castagno et de Pollajuolo, un des plus grands génies de son temps. Peintre et graveur, ses tableaux, où un caractère passionné se joint à des conceptions fantastiques, ont une profonde originalité; l'un des premiers, il introduisit dans l'art moderne l'allégorie et les mythes antiques. Ses oeuvres à Florence sont de premier ordre et multiples, tant aux Offices qu'à l'Académie et à Pitti.
+Brunelleschi+ (1379-1446).--Architecte célèbre. Fils d'un notaire, le goût des lettres et surtout du dessin lui révéla sa vocation. Il se signala comme sculpteur; mais bientôt il se tourna vers la géométrie et devint un des plus grands architectes de son siècle. On lui doit la coupole de Sainte-Marie des Fleurs, tour de force pour cette époque, l'église Saint-Laurent, l'église de San Spirito et encore l'immense palais Pitti.
+Buontalenti+ (Bernardo) (1536-1608).--Peintre, sculpteur et architecte, étudia dans les ateliers de Bronzino et de Vasari. On lui doit la construction d'une partie de la galerie des Offices et le plan des fortifications de Livourne et de Pistoie. Habile à appliquer la mécanique aux arts, il dirigea les représentations théâtrales, introduisit les décors mobiles et les machines pour les changements à vue.
+Castagno+ (Andrea) (1390-1457).--Assassina le Vénitien Dominique pour rester en possession de ses procédés secrets pour la peinture à l'huile. Ses fresques et ses autres tableaux sont à la Cathédrale, à Santa Apollonia, à l'Académie et aux Offices.
+Cellini+ (Benvenuto) (1500-1572).--Sculpteur, graveur, orfèvre, littérateur même, il eut un caractère bizarre, querelleur et fantasque. En 1527, au siège de Rome, il tua, dit-il, le connétable de Bourbon et pointa aussi la pièce qui frappa le prince d'Orange. Jeté en prison à Rome au château Saint-Ange, sur le soupçon d'avoir volé les joyaux de la tiare pontificale, son évasion le rendit peut-être plus célèbre que son talent. Sculpteur assez médiocre, son _Persée_, placé sous la loggia dei Lanzi, peut être considéré comme son chef-d'oeuvre. Comme orfèvre, Cellini est incomparable et l'on peut dire qu'il a le génie de cette matière; tant au Musée du Bargello qu'au Musée des Offices se trouvent des merveilles qui lui sont dues.
+Cimabue+ (Jean-Gualtieri) (1240-1311).--D'une noble famille guelfe. Au lieu de suivre la carrière des armes, il s'adonna aux arts avec passion. Il améliora l'ancien style, donna de l'expression aux figures, assouplit les lignes et fondit plus harmonieusement les couleurs. Son chef-d'oeuvre, _la Vierge et Jésus_ de Sainte-Marie Nouvelle, y fut porté en triomphe et processionnellement, tant les contemporains estimaient l'oeuvre et le caractère de l'homme. L'âme de Cimabue était si élevée qu'ayant pressenti le génie de Giotto, il se consacra uniquement à cet élève destiné à le surpasser si rapidement.
+Credi+ (Lorenzo di) (1459-1537).--II fut d'abord orfèvre, puis étudia la peinture à l'école de Verrocchio où il eut pour condisciple Léonard de Vinci. Il excella à peindre les madones, les vierges, et ses figures d'ange sont délicieuses de charme.
+Dolci+ (Carlo) (1616-1686).--Les sujets de Carlo Dolci sont tirés presque tous de l'Histoire sainte. Il a des qualités de sincérité, de douceur et de coloris très réelles; il ne tombe que trop souvent dans le maniérisme et le faux sentimentalisme; pourtant ses portraits sont souvent de premier ordre.
+Donatello+ (1386-1446).--Peut revendiquer l'honneur d'avoir créé la sculpture moderne. Il eut pour qualités la parfaite ordonnance, la correction de la forme, la justesse de l'attitude et du mouvement, la force et la vérité de l'expression, l'habileté de l'exécution. Sa connaissance des effets des passions sur l'âme et sur le corps le conduisirent au réalisme et au naturalisme et il oublia trop souvent dans la servilité de l'imitation que la beauté est une des conditions vitales de l'art. Ses principaux ouvrages se trouvent à Florence; ce sont: les statues de _Saint Pierre_, _Saint Maur_ et _Saint Georges_, à Or San Michele; celle du _Zuccone_ au Campanile et de la _Judith_ sous la loggia dei Lanzi. Au Bargello et enfin dans tous les musées et dans toutes les églises de la ville.
+Finiguerra+ (Tomaso) (1452).--Élève de Ghiberti, il travailla avec lui aux portes du Baptistère. Il inventa, vers 1452, l'art d'obtenir des estampes sur papier à l'aide de planches de cuivre gravées en creux. Finiguerra se distingua dans les nielles; les pièces qu'on possède de lui sont de toute beauté et il est considéré comme le maître de ce genre. Celles du Bargello sont des chefs-d'oeuvre.
+Franciabigio+ (Marc-Antoine) (1482-1524).--Il fut excellent peintre de fresques et aida Andrea del Sarto pour la décoration du vestibule de Santa Annunziata.
+Gaddi+ (Taddeo) (1300-1352).--Peintre et architecte, fut élève de Giotto. Il sut donner de l'expression à ses figures et il étudia l'effet visible des mouvements de l'âme. Il a achevé le Campanile et donné les dessins du Ponte Vecchio.
+Ghiberti+ (Lorenzo) (1378-1455).--Célèbre sculpteur qui l'emporta sur ses concurrents pour la commande des fameuses portes du Baptistère. Il travailla comme architecte à aider Brunelleschi à sa fameuse coupole. Ses multiples oeuvres ornent le Dôme, le Bargello et le Baptistère.
+Ghirlandajo+ (Dominique Corradi, _dit_ il) (1451-1495).--Le maître de Michel-Ange. Le père de Ghirlandajo, qui était orfèvre, avait inventé une sorte d'ornement que portaient les jeunes filles et qu'on appelait des guirlandes; de là lui vint son surnom. Dans la boutique où il ciselait des métaux, Ghirlandajo acquit une telle habileté comme dessinateur qu'il lui suffisait de voir une fois passer une personne pour en esquisser un portrait des plus ressemblants. Il fut l'un des premiers peintres florentins à introduire la vie et le costume contemporains dans les sujets sacrés. Une de ses oeuvres les plus importantes est l'ensemble des fresques de Sainte-Marie Nouvelle.
+Ghirlandajo+ (Ridolfo) (1483-1561).--Élève de son père et inférieur à lui. Un de ses meilleurs tableaux est _la Vie de saint Zenobius_ au Musée des Offices.
+Giottino+ (1307).--Un des principaux élèves de Giotto, qui, comme son maître, se consacra aux interprétations religieuses.
+Giotto+ (1276-1336).--Il fut d'abord simple gardeur de moutons. Cimabue l'ayant aperçu un jour dessinant une brebis sur une pierre plate avec un caillou pointu, l'emmena, lui apprit la peinture et fit du Giotto le rénovateur de l'art et le plus grand génie de la peinture, transformée par son influence. Peintre de fresques, il couvrit les églises de Florence et de l'Italie de toute la symbolique du moyen âge. Peintre de portrait, il nous a laissé les images de Brunetto Latini et de son élève le Dante, de Corso Donati et de tous les grands personnages de l'époque.
Frappés de son caractère et de ses talents, ses contemporains eurent pour lui une admiration illimitée.
Giotto prit part à la construction de la Cathédrale, édifia le Campanile, et fut aussi l'un des principaux architectes des fortifications de Florence.
+Gozzoli+ (Benozzo) (1420-1497).--Élève de Fra Angelico, il sut réunir l'observation de la nature au sentiment poétique profond. Son dessin est faible; mais pour l'expression, la vie et la fraîcheur, on ne l'a peut-être pas surpassé. Il avait dans l'esprit quelque chose de jeune, de brillant et d'heureux, et ses fresques de la chapelle Médicis au palais Riccardi sont de véritables chefs-d'oeuvre.
+Lippi+ (Fra Filippo) (1410-1469).--Était novice au monastère del Carmine pendant que Masaccio le décorait des fresques admirables de la chapelle Brancacci. Sa passion pour la peinture intéressa à un tel point Masaccio que celui-ci lui apprit le dessin. Lippi révéla bientôt l'adresse la plus étonnante et l'imagination la plus vive. Les têtes de ses personnages sont presque toutes des portraits, l'expression et la vérité y dominent. Lippi mena une des existences les plus mouvementées du XVe siècle où l'on en compte tant qui furent invraisemblablement romanesques. Après avoir enlevé d'un couvent une novice dont il avait un fils, il mourut empoisonné par la famille de la jeune personne qu'il refusait obstinément d'épouser.
+Lippi+ (Filippino) (1460-1505).--Élève de Botticelli et de son père, est loin de les égaler comme talent. Il acheva les fresques de la chapelle Brancacci del Carmine interrompues par la mort de Masaccio. Son chef-d'oeuvre est l'_Apparition de la Vierge à saint Bernard_, de la Badia.
+Majano+ (Benedetto) (1442-1497).--On doit à ce charmant sculpteur les plus belles chaires de l'Italie. Son chef-d'oeuvre est celle de Santa Croce, d'autres oeuvres sont au Bargello et sont de premier ordre.
Masaccio (Tommaso Guidi di Sar Giovanni) (1401-1428).--Admirable esprit et âme d'une rare élévation, était un de ces hommes que leur vocation absorbe au point de les rendre insensibles à tout le reste. Gauche, distrait et rêveur, il fut sans cesse préoccupé de son art et réalisa des prodiges. Il eut la splendeur du coloris, la suavité du clair-obscur, enfin tout était rassemblé dans les oeuvres de Masaccio pour les rendre inimitables.
Son maître Masolino de Panicale étant mort pendant qu'il exécutait les fresques de la chapelle Brancacci, Masaccio hérita de la commande. La peinture lui permit de déployer tant d'imagination, de sentiment et d'adresse que tous les grands artistes de l'Italie, y compris Michel-Ange et Raphaël, puisèrent chez lui les plus utiles enseignements.
Le pauvre artiste mourut à vingt-six ans, empoisonné, dit-on, par les jaloux; il fut un des plus grands peintres et des plus novateurs de l'art italien.
+Masolino+ (Tommaso di Cristofano Fini) (1383-1440).--Maître et précurseur de Masaccio et auquel ont été quelquefois attribuées à tort des créations de son éminent élève. Pourtant, à bien examiner les ouvrages certains de Masolino et entre autres la fresque d'El Carmine, qui peut assurément lui être attribuée, il est difficile de confondre les deux maîtres, tant leur manière de faire les sépare et les diversifie et tant il semble que des générations aient pu s'écouler entre le maître et l'élève au point de vue de la conception aussi bien que de l'exécution.
+Michel-Ange+ (Buonarroti) (1475-1564).--Le plus grand architecte, peintre et sculpteur des temps modernes, génie universel, il atteignit la sublimité. Né d'une noble famille de podestats, au château de Caprese, près d'Arezzo, il montra dès l'enfance une vocation si prononcée pour les arts que son illustre parenté fut, en dépit de son opposition, contrainte de se rendre au voeu de cette nature exceptionnelle.
On le plaça chez Ghirlandajo qu'il aida comme apprenti aux fresques de Sainte-Marie Nouvelle; mais, à l'âge de quinze ans, il le quitta, n'ayant plus rien à apprendre de lui, et étant déjà supérieur à tous les maîtres. Il se mit alors à étudier Masaccio dans ses chefs-d'oeuvre d'El Carmine, puis Laurent le Magnifique le dirigea vers la sculpture et, dès cette époque, Michel-Ange commença la série de ses chefs-d'oeuvre. Aussi bien à Rome qu'à Florence sa production est multiple, et comme sculpteur, non moins que comme peintre, son labeur est titanesque.
L'austérité et l'ascétisme s'emparèrent de lui vers la fin de sa vie, devant les misères du temps et les déchirements de la malheureuse Italie, dont il souffrit cruellement.
C'est de cette époque que datent ses admirables dessins et la collection des sonnets et des stances où s'exhalèrent les amertumes de son âme. Méditatif et toujours sérieux, il n'eut jamais d'autre passion que son art.
Insensible à la richesse qui lui vint sur le tard, méprisant le bien-être, sa vie fut celle du bénédictin, du moine.
+Michelozzo Michelozzi+ (1396-1472).--Il fut élève de Brunelleschi pour l'architecture et de Donatello pour la sculpture. Ses principaux ouvrages d'architecture à Florence sont l'ancien palais Médicis, aujourd'hui palais Riccardi, la Chapelle des Médicis à Santa Croce, et de sculpture, différentes oeuvres au Bargello, et la statue de la _Foi_ dans le Baptistère.
+Montelupo+ (Baccio da) (1469-1553).--Ce sculpteur a principalement été un grand fondeur; ses statues en bronze sont excellentes. Celle de _Saint Jean_ à Or San Michele est une des premières en cette matière et a l'intérêt d'une nouvelle tentative.
+Montelupo+ (Raffaello da), (1505-1570).--Élève de son père et surtout de Michel-Ange dont il déforma et exagéra le style. Il exécuta, d'après les modèles du maître, les statues des _Saints Cosme_ et _Damien_ pour la nouvelle sacristie de Saint-Laurent. Il n'a ni grandeur, ni naïveté.
+Orcagna+ (André) (1329-1384).--Tout à la fois peintre, sculpteur et architecte, le génie d'Orcagna a laissé partout son empreinte. Outre le monument d'Or San Michele, on lui doit l'édification du _Ciborium_ intérieur de cette église, qui est un monument de l'art en général et de l'art florentin en particulier; c'est également à lui que sont dues, à la chapelle Strozzi de Sainte-Marie Nouvelle, les belles fresques illustrant en quelque sorte le _Paradis_ du Dante.
+Pollajuolo+ (Antoine) (1429-1498).--Jusqu'à sa trentième année, Pollajuolo fut uniquement orfèvre sous la direction de son père, qui possédait une des boutiques les mieux achalandées de Florence. On pense que ce fut Baldovinetti qui le dirigea vers la peinture où, par son habitude de la plastique, il devait occuper une place spéciale et prépondérante. Ses oeuvres, remarquables par la somptuosité du vêtement et par la beauté sculpturale des attitudes, sont au Musée des Offices: les _Saints Jacob_, _Vincent et Eustache_, l'admirable petit chef-d'oeuvre des _Travaux d'Hercule_ et enfin les belles figures des Vertus dont celle de la _Prudence_ est de premier ordre.
+Pollajuolo+ (Pierre) (1441-1489).--Frère d'Antoine et, dit-on, élève de Castagno, fut uniquement peintre. La caractéristique des oeuvres de Piero est la trop grande sveltesse de ses figures souvent insuffisamment dessinées, la vulgarité de leur type et la complication de leur attitude.
+Porta+ (Baccio della) (1445-1533).--Le génie de ce très grand maître se développa sous les auspices de Rosselli et de Léonard de Vinci. Entraîné par l'éloquence de Savonarole, il s'attacha à lui et prit l'habit dominicain en 1500, au couvent de San Marco, sous le nom de _Fra Bartolommeo_, qu'on lui donne ordinairement. Après avoir, à la suite de la mort de Savonarole, renoncé à la peinture, il reprit ses pinceaux en 1504. De cette époque date la série de ses chefs-d'oeuvre. Sa grandeur rude, son énergique sublimité, l'élévation sévère qui le caractérise furent dès lors tempérées par sa science du dessin et la beauté pratique de son exécution; il gagna en charme et en souplesse. Son habit lui interdisant jusqu'à un certain point le modèle vivant, il inventa, pour poser ses draperies, le mannequin à ressorts. Parmi ses oeuvres admirables, il faut citer le _Saint Marc_, _le Christ au tombeau_, _le Christ ressuscité_, _la Sainte Famille_ du palais Pitti et enfin la splendide fresque de l'hôpital Santa Maria Nuova, _le Jugement dernier_.
+Robbia+ (Luca della) (1400-1482).--Un des plus purs génies qui aient honoré les arts. Sculpteur du plus rare talent, il inventa les bas-reliefs en terre cuite émaillée, et, loin de se laisser entraîner par une matière qui se serait prêtée à toutes les complications de la plastique, il ne l'employa jamais qu'avec la discrétion la plus remarquable, tandis que son goût pur et raffiné le faisait s'en tenir presque à la monochromie, c'est-à-dire au relief émaillé blanc sur fond bleu. Luca a enrichi Florence d'innombrables merveilles; il faut toutefois citer en première ligne, au Musée du Dôme, les hauts reliefs en marbre, _Enfants chanteurs et musiciens_, puis les _portes en bronze_ de la sacristie de la cathédrale et enfin les hauts-reliefs en terre émaillée qui les surmontent: _l'Ascension_ et _la Résurrection_.
+Robbia+ (Andrea della) (1435-1498).--Neveu de Luca, fut initié de bonne heure par Luca à tous les secrets de la terre émaillée. Grand artiste, il a toutefois une interprétation plus gracile et plus mièvre que celle de son illustre maître et parent. Ses ouvrages empruntent déjà à la polychromie des effets que le vieux Luca atteignait, sans les avoir cherchés, par la seule pureté de son art. Les médaillons d'_Enfants emmaillotes_ au portique des Innocents sont pourtant de premier ordre et dignes du maître.
+Robbia+ (Jean della) (1460-1530).--Fils et élève d'Andrea, se consacra uniquement au bas-relief émaillé où il employa de véritables feux d'artifice de polychromie, profusion à laquelle le portait non seulement son goût personnel, mais encore la décadence du sentiment artistique chez ses contemporains.
+Rosselli+ (Cosimo) (1438-1507).--Curieux et bizarre esprit, exerça sur la formation des meilleurs artistes de son époque une influence que ne nous expliquent nullement les productions qui subsistent encore de lui: sa _Procession_, oeuvre très noircie de l'église Saint-Ambroise, et ses fantasques dessins.
+Rossellino+ (Bernardo di Matteo Gamberelli, _dit_ le) (1409-1464).--Architecte et sculpteur tout ensemble, comme l'étaient presque tous les grands artistes du temps, il laissa des oeuvres sincères et délicates; son chef-d'oeuvre est le tombeau magnifique du secrétaire d'État Leonardo Bruni à Santa-Croce.
+Rosso+ (1496-1541).--Il fut successivement à l'école de Michel-Ange, du Parmesan et d'Andrea del Sarto. Peintre consciencieux, d'une époque de pleine décadence déjà, il jouit d'une grande renommée, et, appelé à la cour de François Ier, il fut le rival souvent heureux du Primatice.
Le Rosso s'empoisonna par suite du désespoir où l'avait plongé la mise à la torture de son ami Pellegrino, reconnu plus tard innocent. On cite, parmi ses compositions, _l'Assomption de la Vierge_ dans le cloître de l'église Santa Annunziata et _la Vierge accompagnée de plusieurs saints_ au palais Pitti.
+Rustici+ (Jean-François) (1474?-1554).--Il est présumé élève du Verrocchio et se consacra surtout à la fonte en bronze de ses statues. Le meilleur groupe de _la Prédication de Saint Jean_, placé au-dessus de la porte du Baptistère, est une bonne oeuvre d'une belle patine de bronze.
+Sangallo+ (Jules Giamberti, _dit_) (1443-1517).--Célèbre architecte, tira son surnom de la porte San Gallo qu'il édifia. Une grande partie des palais de Florence furent construits par lui et la Villa Médicéenne de Poggio a Cajano est parmi ses oeuvres les plus marquantes.