Florence historique, monumentale, artistique

Chapter 20

Chapter 202,952 wordsPublic domain

______________________________________________________________________ | | | IL CARMINE--SACRISTIE | | | | +SPINELLO ARETINO ou LOR. DI BICCI+ | | | | _Mur de gauche_ | | | | | | | | BANQUET NUPTIAL | ENTRETIEN | | | | DE SAINTE CÉCILE | DES | | | | ET DE VALENTINIEN | DEUX ÉPOUX | | ______________________________________________________________ | | | | | | | | | Ste CÉCILE ET | ILS | | | | | | | | | | | VALENTINIEN | INSTRUISENT | | | | | | | BAPTÊME | | | | REÇOIVENT D'UN | TIBURCE | | | | | | | DE | | | | ANGE DES | DANS LA FOI | | | | | | | TIBURCE | | | | COURONNES | CHRÉTIENNE | | | | | | | | | | | DE FLEURS | | | | | |___________________|____________________|___________________| | | | | | | | | | | | | | | | | | | SAINTE CÉCILE FAISANT DES | | | | | | 400 PERSONNES | | | | AUMÔNES EST ARRÊTÉE | | | | | | | | | | | SONT BAPTISÉES | | | | | | | | | SAINTE CÉCILE PRÊCHE LA FOI | | | | | | | | | | | | | |___|________________________________________|___________________|___|

______________________________________________________________________ | | | IL CARMINE--SACRISTIE | | | | +SPINELLO ARETINO ou LOR. DI BICCI+ | | | | _Mur de droite_ | | | | | | | | UN VIEILLARD | BAPTÊME | | | | INSTRUIT VALÉRIEN | DE | | | | DANS LA FOI CHRÉTIENNE | VALÉRIEN | | ______________________________________________________________ | | | | | | | | | | | | | | | | | VALÉRIEN ET | BAPTÊME | Ste CÉCILE | | | | | TIBURCE | | | | | | | CONVERTISSENT| DE MAXIME | ENCOURAGE | ILS ONT | | | | MAXIME | | | | | | | QUI LES | ET DE SA | LES DEUX | LA TÊTE | | | | CONDUISAIT | | | | | | | AU | FAMILLE | FRÈRES | TRANCHÉE | | | | SUPPLICE | | | | | | | | | AU MARTYRE | | | | | | | | | | | |______________|______________|_______________|______________| | | | | | | | | | | | | | | | MARTYRE DE | | LA MAISON DE | | | | | | | | | | SAINTE CÉCILE. | ENTERREMENT | SAINTE CÉCILE | | | | | | | | | | SON SANG EST | DE | EST | | | | | | | | | | RECUEILLI PAR | SAINTE CÉCILE | TRANSFORMÉE | | | | | | | | | | LES CHRÉTIENS | | EN CHAPELLE | | | | | | | | |___|___________________|____________________|___________________|___|

Dans la +sacristie+, où l'on entre par le bras droit du transept, à côté de la chapelle Brancacci, on remarque sur les embrasures de la fenêtre deux fresques découvertes en 1858 et relatives à l'histoire de _sainte Cécile_. Elles sont de SPINELLO ARETINO et ont encore la naïveté et la raideur giottesques.

Dans le +cloître+, à droite de l'église, on a retrouvé en 1851 des restes de fresques qu'on a crues être la fameuse procession de la dédicace de l'église peinte par MASACCIO et où, selon Vasari, «les portraits étaient si frappants qu'on y reconnaissait même jusqu'au portier du couvent». Les parties retrouvées tiennent en effet de Masaccio; mais il est bien difficile de croire que ce puisse être l'oeuvre primitive, l'église ayant été détruite par l'incendie de 1771 et, par conséquent, le mur où elle se trouvait. Une autre _fresque_ représente _la Vierge avec l'Enfant Jésus et les Évangélistes_; elle est attribuée à GIOVANNI DA MILANO.

Dans le +réfectoire+, sur le cloître, une _Cène_ d'ALESSANDRO ALLORI.

+ENVIRONS DE FLORENCE+

NORD-EST

+PORTE SAN GALLO+

+--ÉGLISE SAINT-DOMINIQUE DE FIESOLE, BADIA DE FIESOLE, SAN ANSANO+.

+II.--FIESOLE+.

+III.--FIESOLE, VINCIGLIATA, ÉGLISE SAN SALVI+.

I

SAINT-DOMINIQUE DE FIESOLE, LA BADIA DE FIESOLE, SAN ANSANO.

(_Deux heures de voiture_.)

On sort de la ville par la vieille +porte SAN GALLO+, de 1330, autrefois décorée de fresques disparues de Ghirlandajo, et l'on suit la via Boccaccio sur la rive droite du Mugnone, affluent de l'Arno, d'où l'on découvre bientôt la belle campagne mamelonnée des environs de Florence, sillonnée de villas. On passe devant la +VILLA PALMIERI+ où Boccace écrivit son Décameron, pendant la peste de 1348, et dont il fit le lieu de ses contes, puis on atteint Saint-Dominique, au-dessus duquel se dresse Fiesole sur la haute colline où s'étagent en terrasses ses villas et ses jardins et où se découpent sur le ciel clair les silhouettes grêles des oliviers et des cyprès auxquels le paysage toscan emprunte son charme poétique et profond.

+SAINT-DOMINIQUE DE FIESOLE+, un des premiers établissements dominicains en Toscane, et le couvent où pendant de longues années peignit et vécut l'Angelico. L'église, précédée d'un portique du XVIe siècle aux armes des Médicis, n'a aucun caractère et est de toutes les époques. A l'+intérieur+, derrière le maître-autel, un grand tableau d'ANGELICO est médiocre.

+Deuxième chapelle+ à droite.

LORENZO DI CREDI, _Baptême du Christ_, pâle inspiration du chef-d'oeuvre de son maître, le Verrocchio, à l'Académie.

+Troisième Chapelle+.

ANDREA PERRUCI. Beau _Christ_ sculpté en bois, de grandeur naturelle.

Le chemin qui se détache sur la gauche de Saint-Dominique conduit à la Badia.

+LA BADIA FIESOLANA+ est située sur une colline dominant le cours du Mugnone et possède la plus admirable vue, d'un côté sur Florence et de l'autre sur Fiesole.

La Badia est un des monuments les plus anciens de la Toscane. Dès 406, elle était un château fortifié; elle devint, en 1028, le plus riche et le plus célèbre monastère de Bénédictins de la Toscane et presque de l'Italie. En 1440, à la prière de Cosme l'Ancien, le pape Eugène IV donna le couvent aux chanoines du Latran; c'est de cette époque que date toute sa splendeur. Cosme employa une partie des richesses du couvent à le restaurer magnifiquement sous la direction de BRUNELLESCHI et en fit l'un de ses séjours préférés (1462). Aussi y fondait-il bientôt la célèbre Académie Platonicienne où il réunissait ses familiers et les «clients» de sa maison, les Ange Politien, les Marsile Ficin, les Pic de la Mirandole et tous ceux auxquels la solitude était indispensable pour favoriser le travail de la pensée. Michel-Ange y habita longuement et les graves enseignements dont il était entouré ne contribuèrent pas médiocrement à hâter la maturité de son puissant esprit.

La façade de la Badia n'a conservé qu'une partie de son revêtement du XIVe siècle, en marbre blanc et cipolin, antérieur à celui de San Miniato. On entre, à droite de la façade, dans un vestibule d'où part l'escalier montant au +cloître+ rectangulaire édifié par BRUNELLESCHI, dont le portique est surmonté d'une galerie couverte.

Tout a été traité dans le cloître, comme dans le reste de l'abbaye, avec une simplicité sévère et voulue, mais dans un style ample et pur. Sur un des côtés s'ouvre la petite +chapelle+ privée réservée aux moines. La décoration de la porte, des deux fenêtres sur le cloître et l'encadrement de l'ancien retable en pierre grise sont d'une élégante simplicité.

Le +Réfectoire+, précédé d'une salle où se trouve un lavabo de style classique et d'un goût exquis, possède une ravissante _chaire_ en pierre grise à laquelle on monte par un escalier pratiqué dans le mur et contenu dans une baie ouverte. Les sculptures de premier ordre dont elle est ornée représentent des chérubins, des guirlandes et de délicats fouillis de feuillages.

A la suite du cloître, un portique ouvert, à cinq arcades surmontées d'une loggia, donne sur des jardins d'où la vue sur Florence est de toute beauté.

Dans le +vestibule+ allant du cloître à l'église, un charmant _lavabo_ en marbre blanc, ouvrage de MINO DA FIESOLE, se compose d'une vasque oblongue soutenue par un pied sur lequel courent des dauphins. Ce lavabo est encadré d'un ordre architectonique dont la frise porte les armes des Médicis.

+L'église+, d'une pureté et d'une simplicité remarquables, est en forme de croix latine à une seule nef, sur laquelle, de chaque côté, quatre grandes baies cintrées donnent accès à des chapelles. Le transept, plus élevé de quelques marches, conduit au choeur terminé carrément; à la croisée quatre arcatures soutiennent une coupole en rotonde arrondie; enfin, à chaque extrémité du transept, s'ouvrent deux ravissantes portes d'ordre classique aux armes des Médicis. La décoration sobre et harmonieuse du monument est formée par des encadrements qui se détachent sur des pilastres de pierre grise.

Les autels sont également en pierre grise, sauf l'autel principal, bel ouvrage en mosaïque de marbre de la même époque.

Revenu à Saint-Dominique, on commence à gravir les lacets de la colline de Fiesole au milieu de vignes et d'oliviers étagés sur des terrasses. Après avoir laissé à droite la route de Majano, on passe au pied de l'ancien COUVENT DE LA DOCCIA, fondé en 1414 et dont le portique par SANTI DI TITO fut élevé, dit-on, sur les dessins de MICHEL-ANGE. Avant d'arriver à Fiesole, on prend à gauche l'ancienne route de piétons, la via Fiesolana, qui descend rapidement à la petite église de San Ansano.

+L'ÉGLISE DE SAN ANSANO+ fut fondée au Xe siècle. En 1200, elle dépendait de la compagnie de la Trinité de Florence et elle fut ensuite canonicat de la cathédrale de Fiesole, dont elle constituait un bénéfice. Achetée en 1795 par le chanoine Bandini, elle fut convertie par lui en un musée qu'il légua à la commune de Fiesole.

Les quatre tableaux les plus intéressants sont les quatre _Triomphes_ de BOTTICELLI, petits panneaux sur bois, superbes de composition, mais malheureusement mal conservés. 1° (Mur de droite) _Triomphe du Temps_. Saturne, vieux et cassé, est perché au sommet d'un cadran d'horloge où les heures d'or se détachent sur fond noir. Le cadran est soutenu sur un char triomphal par deux génies aux pieds desquels deux chiens couchés, l'un blanc, l'autre noir, symbolisent le jour et la nuit. Le char, couvert d'une housse rouge richement brodée d'or, est traîné par deux cerfs, image de la rapidité du temps.

2° _Triomphe de la Chasteté_. Sur un socle doré placé à l'arrière d'un char, la Chasteté debout, vêtue d'une robe de bure semée de chardons d'or, tient une palme. A ses pieds, Éros est enchaîné par deux femmes, tandis qu'une troisième bande son arc et qu'une quatrième accourt apportant d'autres liens. Au char sont attelées les licornes symboliques de la pureté, conduites par des femmes à peine voilées de tuniques transparentes, que soulève le vent; l'une d'elles marche en avant, avec la bannière de la pureté, une hermine détachée sur un fond rouge.

3° (Mur de gauche) _Triomphe de l'Amour_. Il est représenté par une figure de bronze aux ailes dorées qui s'envole en décochant ses traits, au-dessus d'un bûcher autour duquel un vieillard, un guerrier et une jeune femme sont assis enchaînés.

Aux quatre angles du char triomphal de l'Amour sont placés des génies dorés; son attelage est composé de quatre chevaux blancs autour desquels se pressent de nombreux personnages.

4° _Triomphe de la Religion_. La Foi, l'Espérance et la Charité sont agenouillées sur un char tiré par les bêtes symboliques données comme attribut aux quatre Évangélistes.

Au-dessus du char entouré de figures agenouillées plane le Père Éternel bénissant. Cette composition, très endommagée, est inférieure.

On retrouve dans ces oeuvres de Botticelli, malgré les repeints nombreux, le charme excessif de sa poétique et ravissante nature. Les figures de femmes dans le _Triomphe de la Chasteté_ paraissent les soeurs de celles du Printemps ou de la Calomnie, tant elles ont semblable envolée et grâce légère dans leur élégante silhouette.

A droite de l'entrée, _Enfant Jésus bénissant_, délicieuse petite figure nue de LUCA DELLA ROBBIA.

Du même côté, le bénitier est bordé d'une guirlande de feuilles et de fruits au milieu de laquelle est représenté un buste vu de face.

Il a pour pendant un autre médaillon à peu près du même genre, mais moins parfait d'exécution. Au-dessus du choeur, belle tête de _Saint Jean-Baptiste_ dans un médaillon.

Sur la porte de la sacristie, _la Visitation_, haut relief polychrome d'ANDREA DELLA ROBBIA.

Sur la porte opposée, un admirable _Saint Jean-Baptiste à genoux devant le Christ_, émail blanc sur fond de couleur.

Le devant de l'autel est formé d'une terre cuite dorée, en haut relief, l'_Adoration des Pasteurs_, attribuée à MICHEL-ANGE.

Dans le passage de la sacristie se trouve une petite chapelle dont l'autel est surmonté d'un magnifique médaillon de LUCA DELLA ROBBIA, _la Vierge à genoux_, les mains jointes, en adoration devant l'Enfant avec deux anges volant à ses côtés.

Les oeuvres des DELLA ROBBIA sont en si grand nombre à San Ansano, qu'elles constituent un véritable musée de cet art charmant où s'allient le plus souvent la perfection de la forme, le charme de la couleur et la poésie raffinée du sentiment. Là, mieux que partout ailleurs, grâce à la quantité et à la qualité des ouvrages exposés aux regards, on peut étudier la tradition et l'histoire des terres cuites émaillées. Et cela est particulièrement vrai pour Luca, tant cette église est riche en pièces qui peuvent compter parmi les meilleures du vieux maître, et dans lesquelles se concilient ses admirables qualités de profonde sincérité réaliste et de grâce émue et touchante.

II

FIESOLE.

+FIESOLE+, l'ancienne Fæsulæ des Romains, est une vieille cité étrusque, dont les murs sont en partie conservés. De la vaste place qui couronne la colline où est bâtie Fiesole, la vue sur Florence et sa belle campagne est admirable.

+LA CATHÉDRALE+ est le type le plus ancien et le plus parfait de l'architecture toscane, inspirée des basiliques du XIe siècle. Elle fut construite en l'année 1228, et a trois nefs séparées par des colonnes inégalement placées, dont la plupart ont des chapiteaux antiques simplement posés sur leur fût. A la hauteur de l'avant-dernière travée, se dresse l'autel destiné aux fidèles, car, au moyen âge, le choeur était un endroit consacré où les laïcs n'avaient pas le droit de pénétrer. Devant cet autel, des escaliers descendent à la +crypte+ ouverte par cinq baies. Elle est formée de trois courtes nefs séparées par quatre légères colonnes à chapiteaux étrusques et a pour clôture une admirable _grille_ de 1300 à médaillons quadrilobés.

Dans la crypte, au fond de son abside, se trouve une statue en terre cuite vernissée de _San Romolo_ par les DELLA ROBBIA. La curieuse fresque qui la décore représente Fiesole au XIIIème siècle. Au-dessus de cette abside s'élève le +choeur+ auquel on accède par des degrés placés de chaque côté. Le maître-autel est surmonté d'un triptyque où sont peints sur fond d'or la Vierge et quatre Saints de l'école de GIOTTO.

A gauche du choeur, se dresse le _tabernacle_ en marbre blanc d'ANDRÉ FERRUCCI; c'est un excellent ouvrage de la fin du XVe siècle, divisé en trois niches: celle du milieu contenant un colossal ciboire; celles des côtés, _l'Annonciation_ en deux parties. Également dans le choeur, l'on voit le tombeau de l'évêque Jacopo Bavaro, fondateur de l'église.

La première chapelle à droite du choeur est la +chapelle Salutati+.

Sur le mur s'élève le _tombeau de l'Évêque Lionardo Salutati_, exécuté de son vivant par MINO DA FIESOLE (1466). C'est un des premiers ouvrages de Mino, et assurément son chef-d'oeuvre, car l'artiste n'a jamais retrouvé par ailleurs les qualités de grâce fraîche et jeune alliées au fini de l'exécution. Le monument est composé d'un magnifique sarcophage de marbre blanc, de forme antique, reposant sur des consoles entre lesquelles est placé le buste de l'évêque, admirable de vie, de vérité, de bonté, de finesse et d'intelligence. En face du tombeau, contre le mur, le retable de marbre blanc fut commandé également à Mino par l'évêque Salutati.

Cette oeuvre fait déjà pressentir, par sa facture plus compliquée, le défaut de simplicité et le maniérisme qui sera plus tard généralement affecté par Mino da Fiesole.

Le retable est divisé en trois parties: la partie centrale est occupée par la _Vierge_ en relief, adorant l'Enfant traité en ronde bosse, entre saint Rémi guérissant un boiteux, et saint Léonard en mendiant, figures en bas-relief.

La pluralité des plans montre déjà dans cet ouvrage de Mino son amour pour la complication des lignes et pour la surcharge des procédés, défauts destinés à exercer plus tard une si fâcheuse influence sur son style.

Le +Campanile+ de 1213 est une tour carrée d'aspect élancé, terminée par des mâchicoulis et par des créneaux.

+LE THÉÂTRE ANTIQUE+ était situé sur l'autre versant de la colline de Fiesole au nord. Une partie de l'hémicycle avec seize rangs de gradins a été exhumée dans des fouilles récentes. La vue qu'on découvre de ces ruines sur Fiesole et sur sa campagne est de toute beauté.

Sur la place de l'église s'élèvent, d'un côté le palais épiscopal et le séminaire, et de l'autre le palais Pretorio du XIIIe siècle, qui porte les armoiries des podestats et contient le musée où sont conservés quelques objets provenant des fouilles faites à Fiesole.

L'ÉGLISE SANTA MARIA PRIMERANA s'élève à côté du palais Pretorio.

A droite du choeur est un magnifique retable, l'un des premiers ouvrages de LUCA DELLA ROBBIA, le Christ en croix avec deux anges recueillant son sang dans des calices. Autour de lui sont groupés, dans des attitudes désolées, la Vierge, saint Jean et la Madeleine.

III

DE FIESOLE PAR VINCIGLIATA A SAN SALVI

(_Environ cinq heures de voiture_.)

De Florence, après avoir gagné Fiesole qu'on traverse, on contourne le mont Cectioli au sud-est de Fiesole et l'on suit une arête au travers d'un bois clairsemé de pins et de cyprès d'où l'on domine des deux côtés, à une grande hauteur, un paysage montagneux de toute beauté. La route de Vincigliata, bordée de hauts cyprès, se détache bientôt et l'on plonge sur tout le bassin de Florence que l'on découvre à ses pieds avec la ceinture des Apennins purement découpés sur l'horizon. On laisse à droite le CASTEL DI POGGIO, petit château avec des restes de fortifications dans une magnifique situation, en face du monte Cectioli, puis la route descend par de longs lacets, avec la vue toujours étendue sur le paysage unique qu'on admire depuis Fiesole, vers le château de Vincigliata qu'on aperçoit au-dessous de soi.

+LE CHÂTEAU DE VINCIGLIATA+ (permission à Florence) appartient à un Anglais, M. Temple Leader, qui le releva de ses ruines de 1855 à 1867, et reconstitua ainsi le type à peu près unique d'un château fort italien du XIVe siècle. Le château proprement dit est une masse carrée dominée par une tour carrée, le tout formidablement hérissé de mâchicoulis et de créneaux et entouré d'une enceinte défendue par deux tours, dont l'une forme l'entrée, tandis que s'étendent en face les bâtiments d'habitation reliés à l'entrée par une sorte de galerie formant cloître.

De ces appartements, situés en contre-bas du grand préau dont est entourée la tour centrale, on monte à celui-ci par un escalier intérieur qui débouche sous le portique d'une de ses faces (les deux autres étant occupées par des bâtiments).

Toute cette cour est garnie d'écussons et de sculptures comme la cour du Bargello, et, comme celle-ci, elle a un escalier extérieur montant à l'étage supérieur.

Quant aux bâtiments d'habitation, les appartements sont intelligemment restaurés dans le goût de l'époque. A la chapelle et à la salle de justice succède la salle d'armes décorée de fresques provenant de l'ancien hôpital de Santa Maria della Scala, _la Vie de saint Bernard_ attribuée à SPINELLO ARETINO.

De Vincigliata la route gagne la vallée par de nombreux lacets, et après avoir franchi le Torrent de la Mensola, elle atteint +SAN MARTINO DE LA MENSOLA+ dont l'église possède un retable attribué à FRA ANGELICO; puis on rejoint par une pente rapide la route de Settignano à San Salvi.

+SAN SALVI+ est un ancien couvent de la règle de Vallombreuse, mentionné dès 1084, mais dont il ne subsiste que peu de restes.

Dans le +réfectoire+ s'est heureusement conservée une oeuvre des plus importantes, peinte par ANDREA DEL SARTO, de 1526 à 1527, dans les toutes dernières années de sa vie. Cette composition est peut-être la seule _Cène_ qui puisse, de loin il est vrai, être rapprochée de la fresque de Léonard comme grandeur de composition et comme noblesse de mise en scène.