Florence historique, monumentale, artistique
Chapter 19
____________________ +GALERIE PALATINE+ | | | SALLE | | DEI PUTTI | |__________________| | | | SALLE | JARDINS BOBOLI | DE FLORE | |__________________| | | | SALLE DE | | LA JUSTICE | __________________________________|__________________|__________ | | | | | | | | O | |SALLE |SALLE |SALLE| | SALLE | SALLE | | | | | DE | | SALLE | | |S---+-->N | |DELLA |L'EDU-| DU | | DE | DU | | | | |CATION| | D'ULYSSE | | | E |GRAND |STUFA |DE |BAIN | | PROMÉTHÉE | PROCETTI | | | |JUPITER | | | | |VESTI-|______|______|_____|__________|____________|____________|___________ | | | | | | | | |BULE | | | | | | | | | | | | | | | |DE | SALLE | SALLE | SALLE | SALLE | SALLE | SALLE | | | | | | | | | |L'ES- | DE | DE | DE | DE | | DE | | | | | | | | | |CALIER| L'ILIADE| SATURNE | JUPITER | MARS | D'APOLLON| VÉNUS | | | | | | | | | | | | | | | | | |______|_________|_____________|___________|_______|__________|____________| ^ | ENTRÉE
N° 151.--RAPHAEL. _La Vierge à la Chaise_. Ce tableau, peint en 1515 au moment où Raphaël travaillait à la chambre d'Héliodore au Vatican, est le type le plus complet des Vierges romaines où l'artiste supprima toute divinité de la figure de la Vierge pour la remplacer par ce qu'il considérait comme le suprême de la beauté féminine, quelquefois provocante, mais jamais virginale. Ici la Vierge n'est que le portrait d'une belle Romaine en costume populaire et la composition de ce médaillon célèbre, absolument banale, n'a pour elle que son beau coloris.
N° 190.--SUSTERMANS. _Portrait du fils de Frédéric II, roi de Danemark_. Ce peintre flamand, qui vécut à Florence, a laissé d'excellents portraits tenant un juste milieu entre Vélasquez et Van Dyck. Ce joli portrait est d'une belle facture.
N° 113.--MICHEL-ANGE. _Les Parques_. Ce tableau paraît plutôt une attribution; toutefois, s'il a été dessiné par Michel-Ange, il n'a certainement pas été peint par lui, son coloris n'offrant aucune trace de la vigueur parfois tragique, propre au pinceau de Michel-Ange.
Les Parques sont représentées sous les traits de trois vieilles femmes d'un beau caractère, drapées de nuances trop claires.
SALLE DE MARS
N° 94.--RAPHAEL. _Madone dell'Impannata_. Composée par Raphaël, exécutée par ses élèves sans qu'on sache absolument la part qui leur revient. Deux femmes apportent à la Vierge l'Enfant qui prend vivement la robe de sa mère, et se retourne vers elles en riant.
N° 92.--TITIEN. Superbe portrait de jeune homme.
N° 86.--RUBENS. _Les Conséquences de la Guerre_. Belle et grande composition très mouvementée. Un guerrier entraîne une femme nue que les Amours cherchent à retenir.
N° 85.--RUBENS. _Les quatre Philosophes_. Portraits de Rubens, de son frère et des philosophes Lipse et Grotius assis à une table derrière le buste de Sénèque.
N° 82.--VAN DYCK. _Le cardinal Bentivoglio_, portrait assis en pied, d'une élégance et d'une distinction remarquables, comme d'un coloris superbe.
SALLE D'APOLLON
N°67.--TITIEN. _La Madeleine_. Ce portrait de femme drapée dans son admirable chevelure d'or, fut peint pour le duc d'Urbin, et l'on voit que le sujet de la pécheresse n'a été ici qu'absolument subsidiaire.
N° 64.--FRA BARTOLOMMEO. _La Déposition_. Dans cette oeuvre admirable, la beauté du sentiment se réunit à celle de l'exécution pour former un ensemble de premier ordre. Rien n'est plus beau que l'abandon du corps du Christ et l'angoisse profonde de la Vierge lui donnant un dernier baiser.
L'émotion ressort de la simplicité pathétique des personnages, et non de leur arrangement factice et voulu; c'est là ce qui différencie profondément l'ouvrage de Fra Bartolommeo des équivalences dues par exemple au pinceau d'un Pérugin.
N° 61.--RAPHAEL. Portrait d'_Angiolo Doni_. La première oeuvre faite à Florence et le plus beau des portraits peints par Raphaël sous l'influence de Pérugin, qu'on pourra rapprocher comme inspiration de celui de l'Espagnol Lopez Pereigo indiqué comme le propre portrait du Pérugin au musée des Offices, sous le n° 287.
Doni est représenté en buste vêtu de noir; ses mains, appuyées sur une balustrade, sont d'une rare perfection. La tête, d'une expression profonde et intelligente, se détache sur un beau fond de paysage.
N° 59.--RAPHAEL. Portrait de _Madeleine Strozzi Doni_, femme du précédent. D'un aspect peu distingué, sa figure niaise et placide est sans expression, les formes sont massives et lourdes.
N° 58.--ANDREA DEL SARTO. _Déposition_ (1524). Cette peinture, si loin comme sentiment de la _Déposition_ de Bartolommeo, est un tour de force comme richesse de coloris.
N° 54.--TITIEN. Portrait de _Pierre Arétin_. La tête est intelligente et fine, il est vêtu d'une ample robe cramoisie.
N° 63.--RAPHAEL. Portraits de _Léon X_ et des cardinaux _Rossi_ et _de Médicis_. Le pape est assis devant une table; les deux cardinaux, dont on ne voit que les bustes, sont debout derrière lui.
Raphaël a fait de ces portraits non seulement une admirable étude des rouges de toutes les gammes, les plus riches et les plus variées, mais encore une étonnante caractéristique de leur individualité. Rien n'est intéressant comme de comparer le Jules II de la Tribune des Offices avec le Léon X du musée Pitti; autant chez l'un tout est ascétique, profond, violent même avec la tension de toutes les forces et de toutes les énergies vers un but déterminé, autant chez l'autre tout est matériel, tourné vers les grandeurs, le luxe et la somptuosité. Presque Athénien dans ses goûts, passionné d'art et de littérature, Raphaël a su marquer ce caractère du pape en plaçant devant lui une cloche finement ciselée et un livre précieux qu'il s'apprête à regarder à la loupe.
SALLE DE VÉNUS
N° 18.--TITIEN. _La Belle_. L'habillement de la Belle, bleu, violet, or et blanc, cadre avec la tête, dont la mystérieuse expression captive et fascine. Ce portrait de femme, peint en 1535, rappelle les traits de la duchesse Éléonore d'Urbin et peut être considéré comme un des plus parfaits sortis du pinceau du maître, tant par son modelé en pleine lumière que par sa coloration transparente et chaude tout à la fois.
N° 3.--TINTORET. _Vénus, Vulcain et l'Amour_, tableau très inspiré par le Titien, d'une exécution charmante et plus soignée que ne le sont généralement les oeuvres du Tintoret.
SALLE DE PROMÉTHÉE
N° 372.--ANDREA DEL CASTAGNO. Très beau portrait d'homme coiffé à la bourguignonne.
N° 373.--PIERRE POLLAJUOLO. _Saint Sébastien_.
N° 353.--BOTTICELLI. _La belle Simonetta_. Ce portrait fameux de la maîtresse de Julien de Médicis la montre sous les traits d'une femme laide et d'une prodigieuse raideur. Pourtant ce profil anguleux, découpé en silhouette violente sur un fond gris, ne manque pas de caractère, quoi qu'il soit peu présumable qu'il ait été peint par Botticelli.
N° 347.--FILIPPINO LIPPI. _Sainte Famille_ (Médaillon). La Vierge adore l'Enfant pendant que de petits anges effeuillent sur lui des roses.
N° 343.--FRA FILIPPO LIPPI. _La Vierge, l'Enfant, Saint Joachim_ et _Sainte Anne_, avec au fond _la Nativité de la Vierge_.
Les APPARTEMENTS DU PALAIS PITTI communiquent avec la galerie par la salle à manger.
Ils sont tendus de soieries du XVIIe siècle et, comme tous les appartements de palais, sont de médiocre intérêt.
Dans la chapelle, un superbe cadre en mosaïque florentine du XVIIe siècle contient une _Vierge_ de CARLO DOLCE, tapisseries de Florence, cabinets en pierres dures et en mosaïques, etc., etc.
A l'entresol, L'UFFIZIO DEGLI ARGENTI, une petite salle où est conservé le trésor des Médicis, maintenant propriété de la ville. On y remarque quatre coupes et une gourde ornées d'émaux sur paillons attribuées à Benvenuto Cellini, _Christ_ de Jean de Bologne provenant de la chapelle du palais, torchères en bronze doré de Bologne.
LES JARDINS BOBOLI s'étendent derrière le palais Pitti et s'élèvent en terrasse sur la colline au pied de laquelle il est construit.
Ces jardins, d'où l'on jouit de vues magnifiques sur Florence, furent dessinés en 1550 par Tribolo, sur l'ordre de Cosme Ier, et achevés par BUONTALENTI.
A l'entrée, une grotte contient quatre statues inachevées de MICHEL-ANGE, faisant partie de la série des «esclaves» destinés au tombeau de Jules II.
En passant par une belle allée ornée de statues, on arrive à un charmant bassin dont le centre est décoré d'une statue colossale de l'_Océan_ par JEAN DE BOLOGNE.
+ÉGLISE SAINTE-FÉLICITÉ+. L'église n'est intéressante que par son portique et la quantité d'oeuvres primitives qu'elle contient.
Dans la +sacristie+, GIOTTO, _Christ_; TADDEO GADDI, tableau à cinq divisions, _Vierge trônant entre des Saints_.
Dans une +chapelle+ contiguë, NICOLÒ DA PIETRO, _Christ entouré de la Madeleine et des Saintes Femmes_.
+Deuxième sacristie+. _Annonciation_ en deux parties, fresques contemporaines d'Orcagna.
Sur la place devant l'église, colonne élevée en commémoration de la défaite des Siennois à Marciano (1554).
+PALAIS DE BIANCA CAPELLO+ (26, via Maggio), la célèbre femme du grand-duc François Ier(1526). La façade est décorée d'arabesques en grisailles peintes à fresques alternées avec les armes des Médicis.
L'ÉGLISE SAN SPIRITO fut construite en 1487 d'après des plans laissés par BRUNELLESCHI.
+L'intérieur+, de style classique, a de remarquables proportions.
Dans la +cinquième chapelle+ se trouve un chef-d'oeuvre de FILIPPINO LIPPI, l'un de ses premiers ouvrages, appelé _la Vierge des Tanaï de Nerli_.
La Vierge, assise sous un portique, tient l'enfant couché sur ses genoux. Devant eux est agenouillé le petit saint Jean, tandis qu'à leurs côtés saint Nicolas et sainte Catherine, patrons des Tanaï, leur présentent le donateur et la donatrice agenouillés devant eux, admirables et vivants portraits. L'intérêt de ce très beau tableau est encore accru par la jolie vue de Florence avec la vieille porte San Spirito, qu'on aperçoit au fond.
Derrière le choeur, au deuxième autel, _Vierge_ entourée de saints, de l'école de GIOTTO. Troisième autel: LORENZO DI CREDI, _Vierge et Saints_.
+Transept gauche+. PIERO DI COSIMO, _Vierge et Saints_.
+La sacristie+ ouverte sur le transept a été bâtie de 1489 à 1497 par ANTONIO POLLAJUOLO. Ce petit octogone, terminé par une coupole, est d'une beauté de forme et d'une pureté de lignes parfaites. Les admirables chapiteaux des pilastres sont de premier ordre, les deux placés des deux côtés de la base destinée à l'autel sont décorés de quatre superbes figures d'hommes nus traînant des guirlandes. D'une exceptionnelle qualité, l'art et le goût particuliers de Pollajuolo pour l'anatomie s'y révèlent tout entiers.
+Le vestibule+ de la sacristie est de SANSOVINO; il est décoré d'une belle voûte en berceau reposant sur des colonnes richement sculptées. Ce vestibule donne accès aux cloîtres dont le second sert de cour à une caserne.
+ÉGLISE SANTA MARIA DEL CARMINE+. Cette église dépendante du couvent des Carmes adjacent fut construite en 1422, et, en 1771, après un terrible incendie, reconstruite dans le style le plus détestable. La seule partie sauvée fut heureusement le transept droit, dont le fond est occupé par la +chapelle+ BRANCACCI fondée en 1419 par Antoine +Brancacci+ et où sont les célèbres fresques de MASACCIO (1423-1428) terminées après sa mort par FILIPPINO LIPPI.
TOMASO DI SER GIOVANNI DA CASTEL SAN GIOVANNI était, d'après Vasari, élève de Masolino da Panicale, mais son génie, qui le destinait à être le prophète et le précurseur de la Renaissance italienne, ne garde aucune trace de ce premier enseignement. En effet Masaccio, dans cet extraordinaire monument des débuts du XVe siècle, franchit d'un seul élan toutes les bornes assignées à la peinture jusque-là. Hardiment il ose le nu, mais le nu réaliste et vivant, tel qu'il s'offre par exemple dans une figure grelottant de froid, tandis que Pierre lui donne le baptême. Masaccio, non seulement saisit sur le vif le maintien, l'attitude et les mouvements; il trouve encore du premier jet cette dignité d'allure, cette fierté du geste, cette noblesse native de toute la personne qui suscite l'admiration et l'impose.
La différence capitale entre Masaccio et Giotto, dont la sincérité est le trait commun, réside dans la science des groupements et dans la manière de coordonner et de présenter une scène. Il faut remarquer de quelle allure le personnage principal de Masaccio, l'apôtre Pierre, traverse toute l'oeuvre avec une dignité et une grandeur qui ne se démentent jamais. Chez ses successeurs un pareil résultat sera le fruit de la patience et d'un art consommé, mais chez lui il est atteint avec une extraordinaire simplicité de moyens et presque spontanément.
Il revêt ses principaux personnages de la toge romaine dont les grands plis sans cassure les drapent merveilleusement, tandis qu'il donne à ses figures secondaires le costume contemporain, suivant en cela ce principe mis en lumière par Giotto, que la draperie, grâce à la généralisation qu'elle donne, grandit, au lieu que le costume diminue en localisant. Masaccio ne recula jamais devant les difficultés du raccourci ou de la perspective; pour en pénétrer les secrets, il avait l'intuition et la prescience du génie, mais il ne chercha jamais à faire étalage de ce savoir-faire et il ne le déploya que lorsque l'occasion le nécessitait, son haut idéal d'art l'élevant au-dessus des préoccupations de métier. Il est le trait d'union entre Giotto et Raphaël et, grâce à lui, la peinture fit en avant le pas décisif qui devait aboutir à l'admirable efflorescence du XVIe siècle.
I.--MASACCIO. _Adam et Ève chassés du Paradis_. Intéressante étude d'anatomie poussée à un réalisme outré.
II.--FILITPPINO LIPPI. _Saint Paul visitant saint Pierre dans sa prison_.
III.--MASACCIO. _Le tribut à César_. Sur l'ordre du Christ, saint Pierre, à genoux près d'une rivière, prend dans la bouche du poisson la pièce destinée au tribut réclamé par le publicain.
Cette admirable composition est divisée par les plans en trois actions. Jésus, au centre, entouré de ses disciples, est une figure d'une sévérité et d'une beauté surprenantes. D'un geste impératif il ordonne à Pierre d'aller vers la rivière qui coule au fond chercher la pièce du tribut dans la bouche d'un poisson et l'incrédulité de l'apôtre forme un saisissant contraste avec la foi profonde et extasiée de l'apôtre Jean.
Le fond représente Pierre prenant au poisson la pièce du tribut, tandis que sur la droite de la fresque, il la remet au publicain.
Le Christ et ses disciples sont vêtus de la toge, tandis que la belle figure, vue de dos, du publicain porte le costume populaire et semble sortir du mur, tant sont grandes la vérité de l'attitude et la perfection du dessin.
IV.--MASACCIO. Composition en deux parties terminée par Filippino Lippi.
A. (A gauche) _Saint Pierre ressuscitant Eutychus_. L'apôtre debout, vu de dos, d'un geste noble, étend le bras vers le jeune Eutychus. De nombreux personnages groupés entourent l'apôtre et assistent à la scène. Eutychus a été terminé par Filippino sur l'esquisse laissée par Masaccio. C'est une figure nue, aussi admirable d'anatomie juvénile que d'adoration respectueuse envers le saint qui l'a rappelée à la vie.
B. (A droite) _Saint Pierre adoré comme chef de l'Église_. Une scène de toute beauté le représente assis sous un auvent, dans toute sa majesté de chef de l'Église. Il a les mains jointes et les yeux levés au ciel; devant lui sont prosternés deux laïcs et un religieux.
Les deux scènes de la composition n'ont aucun rapport entre elles, mais elles se relient insensiblement par la manière dont l'artiste a disposé les personnages intermédiaires.
+IL CARMINE+
+FRESQUES DE LA CHAPELLE BRANCACCI+ ______________________________________________________________________ | | | | | PILIER | _Mur de gauche_ | | | | | _Retour du mur | | I | | sur la | | | MASACCIO | fenêtre_ | | ADAM ET ÈVE | | | | | III | | | CHASSÉS | | | | | LE TRIBUT A CÉSAR | V | | DU PARADIS | | | |_________________|________________________________|_________________| | | | | | II | IV | VI | | | | | | SAINT PAUL | | | | | | | | VISITANT | LA RÉSURRECTION D'EUTYCHUS | - | | | | | | SAINT PIERRE | | | | | | | | DANS SA PRISON | | | |_________________|________________________________|_________________| |____________________________________________________________________| | | | | | PILIER | _Mur de droite_ | | | | | _Retour sur | | | | le mur de la | | | MASOLINO | fenêtre_ | | MASACCIO | | | | | III | MASACCIO | | | | | | I | RÉSURRECTION DE TABITHE | V | | | | | |_________________|________________________________|_________________| | | | | | | | | | | | | | FILIPPINO | FILIPPINO LIPPI | MASACCIO | | | | | | LIPPI | | | | | IV | | | | | | | II | CRUCIFIEMENT DE SAINT PIERRE | VI | | | | | |_________________|________________________________|_________________|
V.--MASACCIO. _Saint Pierre prêchant_.
VI.--MASACCIO. _Saint Pierre et saint Paul guérissant les malades par leurs ombres_.
Miracle s'accomplissant dans une rue du moyen âge descendue par les apôtres et où leur ombre projetée contre le mur guérit trois infirmes dont le plus jeune, allongé à terre, est une figure d'un naturalisme saisissant.
VII.--MASACCIO. _Saint Pierre baptisant_.
Les hommes nus qui attendent leur tour au bord du fleuve sont surprenants d'anatomie; la figure grelottante de froid est célèbre.
VIII.--MASACCIO. _Saint Pierre et saint Paul distribuent des aumônes_.
IX.--MASOLINO DA PANICALE. _Saint Pierre et saint Paul guérissant un boiteux et ressuscitant Tabithe_.
Cette double scène se passe sur une vaste place au fond de laquelle s'élèvent des maisons appartenant à l'architecture du XIVe siècle et bordées de portiques. A droite se trouve le boiteux et à gauche Tabithe revenant à la vie entourée de tous les siens. Deux petits personnages, en costumes du commencement du XVe siècle, coiffés d'espèces de turbans et vêtus de courts manteaux à larges manches, s'avancent au milieu de la place causant entre eux, et donnent bien à cette fresque le caractère de Masolino auquel elle est attribuée; le dessin moins large et l'attitude moins naturelle que dans les oeuvres de Masaccio, la différencient complètement.
X.--FILIPPINO LIPPI. Composition en deux parties, grise et manquant de caractère. (A droite) _Saint Pierre et saint Paul comparaissant devant le proconsul romain_. (A gauche) _Crucifiement de saint Pierre_.
Ces fresques ont déjà quelque chose de cette recherche qui aboutira pour Filippino Lippi à celles de Santa Maria Novella. Les trois hommes en rouge qui assistent au supplice sont certainement la meilleure partie de la fresque.
XI.--MASACCIO. _Adam et Ève après le péché_, deux superbes figures nues; le corps de la femme est particulièrement intéressant.
XII.--FILIPPINO LIPPI. _Délivrance de saint Pierre_, la meilleure de ses fresques.
L'Ange vêtu de blanc, les mains croisées, précède saint Pierre sur le seuil de la prison et l'invite à en sortir. Le saint, tourné vers lui de profil, a l'air de lui demander avec le naturel le mieux rendu s'il doit vraiment le faire. A droite de la porte, le soldat qui garde la prison s'est endormi; ses jambes fléchissent sous le poids du sommeil et il tomberait s'il n'était appuyé contre le mur et soutenu par sa lance.