Florence historique, monumentale, artistique

Chapter 17

Chapter 173,061 wordsPublic domain

+L'ÉGLISE SANTA APOLLONIA+ sert maintenant de magasin d'habillements militaires. Dans +l'ancien réfectoire+ du couvent de bénédictins dont elle dépendait est conservée une magnifique fresque, _la Cène_ d'ANDREA DEL CASTAGNO, chef-d'oeuvre d'exécution, d'émotion et de réalisme. Chacun des disciples est un portrait admirable, chacun d'eux participe à l'action, selon le caractère et la nature que lui a attribués la légende. Ainsi l'incrédulité de Thomas, l'adoration de Jean, l'étonnement défiant de Pierre, le cynisme sinistre de Judas sont marqués admirablement. Cette belle oeuvre, d'une conservation remarquable, a été exécutée en 1425.

Au-dessus de la porte d'entrée du Cenacolo, Castagno a encore peint dans une lunette une magnifique _Pietà_, un Christ mort soutenu dans son tombeau par deux anges.

Via Faenza au n° 57, dans l'ancien COUVENT DE SAINT-ONUPHRE, une grande _Cène_ de l'école du PÉRUGIN est faussement attribuée à Raphaël.

RIVE DROITE (OUEST)

+DE SS. APOSTOLI A OGNISSANTI+

+SS. APOSTOLI, SANTA TRINITA, VIA TORNABUONI, PALAIS SAN JACOPO IN RIPOLI, SANTA MARIA NOVELLA, SAINT-FRANÇOIS VANCHETTONI, OGNISSANTI+.

+SS. APOSTOLI+, vieille basilique reconstruite au XVe siècle, dont la fondation, d'après une inscription placée près du portail, remonterait à Charlemagne.

+A l'intérieur+, au fond du bas-côté de gauche, se trouve un beau _ciborium_ en terre vernissée d'ANDREA DELLA ROBBIA. A côté, tombeau d'_Oddeo Altoviti_ en forme de sarcophage richement sculpté, bel ouvrage de BENEDETTO DA ROVEZZANO.

+Le Palais Rucellai+ (20, Via Vigna Nuova) fut un des premiers ouvrages du grand architecte florentin LEONE BATTISTA ALBERTI qui le construisit en 1460, et y appliqua pour la première fois l'ordre rustique et les pilastres.

L'ancienne +loggia+ du palais qui lui faisait face a ses arcades aujourd'hui murées.

+LA PLACE SAINTE-TRINITÉ+ s'étend près du pont Santa Trinita. A l'angle de la place et du Lung Arno se trouve +le Palais Spini+ dont la masse carrée a le caractère sévère de la forteresse (XIVe siècle). A côté, le palais +Salimbeni+ (Hôtel du Nord) fut construit en 1520 par Baccio d'Agnolo.

+L'ÉGLISE SAINTE-TRINITÉ+, construite en 1250 par NICOLAS PISANO, fut remaniée en 1570 par BUONTALENTI. Elle comporte trois nefs à arcs ogivaux soutenus par le pilier carré romain qu'employa Pisano dès le XIIIe siècle. Sur le transept s'ouvrent le choeur et quatre chapelles.

En entrant par la porte latérale (sur la via Parione) garnie d'«Avelli», la première chapelle du transept est la +chapelle Sassetti+, décorée en 1485 par DOMINIQUE GHIRLANDAJO de six fresques consacrées à _Saint François d'Assise_, commandées par François Sassetti. Dans la partie supérieure du mur du fond, le pape Honorius approuve la règle de l'ordre; dans la partie inférieure, saint François ressuscite un enfant de la maison Spini. Cette scène, très intéressante par sa composition, se passe sur la place Santa Trinita, devant l'église et le palais Spini; au bas sont les donateurs, François Sassetti et sa femme Nera Corsi. Au haut de la fresque du mur de droite, saint François devant le Sultan; au-dessous, les funérailles de saint François, belle composition inspirée de la fresque identique du Giotto à Santa Croce.

De chaque côté de la chapelle, enfermés dans une niche cintrée, encadrée de délicats bas-reliefs inspirés de l'antique, se trouvent les tombeaux de _Francesco Sassetti_ et de _Nera Corsi_, ouvrages remarquables de JULES DE SANGALLO. Les sarcophages en marbre noir sont simplement ornés de bucranes.

+LA VIA TORNABUONI+ prolonge la place Santa Trinita et contient le plus beau palais de Florence, le +PALAIS STROZZI+. Commencé en 1489 sur les plans de BENEDETTO DA MAJANO pour le célèbre Philippe Strozzi, l'adversaire acharné des Médicis, il ne fut achevé qu'en 1553. Le plus beau des palais florentins à bossages, ses trois façades sont d'ordre rustique uniforme, une simple plinthe servant d'appui aux étages percés de belles fenêtres géminées.

La caractéristique du palais Strozzi est dans les superbes lanternes cylindriques en fer forgé placées à ses angles. Décorées des Croissants, armes des Strozzi, elles sont hérissées de pointes recourbées qui en forment le couronnement.

Des porte-flambeaux et des anneaux en fer forgé décorent la façade.

+LE PALAIS STROZZINO+, de même style, mais moins vaste, est situé derrière le palais Strozzi, sur une petite place.

+PALAIS CORSINI+. _Galerie_.

N° 167.--BOTTICELLI. _La Vierge, l'Enfant et deux Anges_.

Tableau de la jeunesse du maître, peint encore sous l'influence directe de Fra Filippo Lippi, mais avec une profondeur de coloris tout autre.

N° 162.--FILIPPINO LIPPI. Médaillon, _la Vierge et l'Enfant entourés d'anges_, un des premiers ouvrages de Filippino et une des rares oeuvres peintes sous l'influence directe de son père.

N° 5.--MEMLING. Très beau portrait d'homme, de la première manière de Memling, sous l'inspiration de Roger Van der Weyden.

SIGNORELLI. Ravissant et délicat tableau de _la Vierge avec l'Enfant, entourés de Saint Jérôme et de Saint Bernard_.

+PALAIS ANTINORI+, belle et sévère façade de Jules de Sangallo.

+PALAZZO STROZZI+, joli petit bas-relief de Luca. La place Sainte-Marie Nouvelle est décorée de deux petits obélisques de marbre de 1608 reposant sur des tortues de bronze. Ils servaient de but pour les courses au quadrige instituées par Cosme Ier, en 1563.

+LA LOGGIA SAINT-PAUL+, placée en face de l'église sur un des côtés de la place, a été construite par BRUNELLESCHI en 1451. C'est un long portique dont les écoinçons furent ornés par la suite de _médaillons_ vernissés, mauvais ouvrage des continuateurs des DELLA ROBBIA.

A l'extrémité du portique, la lunette d'une porte est occupée par une des plus belles oeuvres d'ANDREA DELLA ROBBIA, _la Rencontre de Saint Dominique et de Saint François_, composition d'une intensité et d'une profondeur de sentiment remarquables.

+SAINTE-MARIE NOUVELLE+. Pendant que l'ordre de Saint François se restreignait dans la pauvreté et la simplicité primitives imposées par son fondateur, l'ordre de Saint-Dominique, suivant l'esprit du sien, se répandait sur toute l'Italie et empiétait dans des proportions si considérables, que Florence, dès le XVe siècle, se trouva obligée de se défendre contre lui. Chassés et proscrits, après un court exil les dominicains revinrent plus puissants que jamais et possédèrent bientôt six couvents tant à Florence qu'à Fiesole, dont celui de Sainte-Marie Nouvelle fut un des premiers.

L'église fut commencée en 1278 par deux dominicains, FRA SISTO et FRA RISTORO, sur l'emplacement d'une église primitive dédiée à la Vierge; elle prit de là le surnom de «Nouvelle». On est frappé encore ici de la préoccupation de construire grand, qui semble avoir été le but unique des architectes italiens des XIIIe et XIVe siècles et dont le résultat, toujours identique, est une froideur et une sécheresse désagréables dans leur nudité presque protestante. Appuyé à l'édifice, subsiste le campanile carré de l'église primitive. Il est, par extraordinaire, du plus pur style roman et ses deux derniers étages, ajourés de part en part, ne sont formés que d'arcatures soutenues sur de sveltes colonnettes; il en acquiert une légèreté aérienne. Il reste encore de l'ancienne construction les six élégants «Avelli» de la façade; ces sortes de niches ogivales servaient chacune de tombes collectives aux plus nobles familles florentines dont elles portaient les armoiries.

LEONE BATTISTA ALBERTI acheva en 1460 toute la décoration extérieure de Sainte-Marie Nouvelle. Il exécuta en premier lieu le revêtement en marbre blanc et noir de la façade, et comme il s'en tint au style gothique déjà employé, ce style, sous la main du plus grand architecte de la Renaissance, gagna une singulière élégance. Leone Battista coupa sa façade en trois ordres: les portes latérales accompagnées des Avelli anciens et d'arcatures aveugles lui formèrent le premier, tandis qu'il composait le second, fortement en retrait, d'une simple et large frise supportant comme troisième ordre le beau pignon terminal. Au milieu de la façade, il inscrivit la haute porte principale, qu'il fit monter presque jusqu'au pignon et qui, flanquée de ses quatre massives colonnes corinthiennes, produit un effet grandiose dans sa simplicité. Sur le côté gauche de l'église en retour d'équerre, d'autres Avelli s'étendaient contre le mur du couvent; mais comme ils ne suffisaient plus par suite de la mode de se faire enterrer à Sainte-Marie Nouvelle, Alberti dut construire, à droite de l'église et formant retour sur la rue Belle-Donne, une sorte de Campo Santo formé d'un mur bas à bandes de marbre alternées où il disposa des Avelli intérieurs et extérieurs construits sur le modèle des anciens et aménagés de la même façon.

Passage du petit Cloître

_Chapelle Gondi_

_Chapelle Gaddi_

_Choeur_

_Chapelle Philippe Strozzi_

_Petit Cloître_

_Chapelle Strozzi_

_Transsept gauche_

_Transsept droit_

_Chapelle Rucellai_

_Chapelle des Espagnols_

_Sacristie_

_Nef_

_Campo Santo_

_Côté du grand Cloître_

_Cloître Vert_

_Avelli_

_Avelli_

_Passage du Cloître_

_Place Santa Maria Novella_

_Cour_

Entrée de l'Ancien Couvent.

+A l'intérieur+, l'église produit une médiocre impression, et le manque de proportion entre la largeur et la hauteur est d'un mauvais effet architectural.

Sur le mur d'entrée se trouve une précieuse fresque de MASACCIO, malheureusement abîmée et très mal éclairée. Sous une belle et sévère architecture s'enfonce une magnifique perspective simulée par une voûte à caissons de pierre, à l'extrémité de laquelle se tient debout Dieu le Père, la tête touchant au plafond. Cette admirable figure, d'une ampleur et d'une majesté saisissantes, est certainement une des plus belles de la Renaissance. La tête sévère regarde sans voir, les yeux perdus dans l'immensité. Placée en terre au-dessous de lui est la croix dont il soutient les bras avec ses mains et sur laquelle est attaché le Christ dont la tête penchée porte l'expression d'une douleur profonde. Au pied de la croix se tiennent debout la Vierge et saint Jean. Masaccio, rompant avec la tradition, au lieu de représenter la Vierge toujours jeune, l'a résolument peinte sous les traits d'une vieille femme dont le corps usé et fatigué a perdu toute sveltesse et dont le visage ravagé a subi toutes les douleurs, sans pour cela perdre l'expression d'une sérénité presque auguste. En face d'elle, saint Jean fait contraste, tant sa poignante douleur est bien humaine et opposée à la sérénité des êtres divins qui l'entourent et que rien ne saurait atteindre.

En dehors de l'arcade et complètement séparés sont agenouillés les beaux portraits du donateur et de la donatrice, d'une vie et d'un relief saisissants.

Le fond droit du transept est fermé par la +Chapelle Ruccellai+ à laquelle on accède par un double escalier. Au fond de la chapelle est la fameuse _Vierge_ de CIMABUE, figure colossale peinte sur bois. Il est malaisé, en voyant aujourd'hui l'hiératisme raide et maladroit de cette peinture, de s'imaginer la révolution profonde qu'en 1280 causa son apparition. C'est d'elle que peuvent réellement dater les premières tentatives de l'art pour s'émanciper des formules byzantines si négatives de toute originalité.

Il ne faut pas oublier non plus que l'élève et le successeur immédiat de Cimabue fut Giotto, c'est-à-dire le génie dans lequel tout l'art italien devait être contenu en germe. Quand un maître a su, comme Cimabue, former une pareille individualité, l'on ne pourrait trop exalter en lui la beauté du caractère et l'intégrité des sentiments. L'estime de ses concitoyens pour lui était telle que la Vierge de Santa Maria y fut transportée processionnellement, «la République se plaisant par de si grands honneurs à rendre hommage aux vertus du peintre et du citoyen».

A droite dans la chapelle, le _tombeau de la Beata Villana del Cerchi_ fut exécuté par ROSSELLINO en 1451.

La Sainte, gardée par deux anges, repose sous un baldaquin, les mains croisées et les pieds nus.

A droite du choeur est la +Chapelle Philippe Strozzi+. Derrière l'autel se trouve son tombeau exécuté en 1459 par BENEDETTO DA MAJANO dont il avait été le plus zélé protecteur. Dans la forme grêle du sarcophage de marbre noir et dans les anges qui l'entourent se sent déjà le déclin de la sculpture à la fin du XVe siècle.

En 1502, FILIPPINO LIPPI, à son retour de Rome, fut appelé par les Strozzi à peindre la décoration de leur chapelle. Il était à ce moment sous l'influence directe de Raphaël et sa manière procédait directement de lui avec toutefois une exagération de style frisant le mauvais goût. Aussi la composition des fresques de la chapelle Strozzi est-elle défectueuse; l'architecture désordonnée et tourmentée laisse fort à désirer, enfin l'effet seul est cherché sans aucune préoccupation du sentiment.

La fresque de droite représente les _Miracles de Saint Jean l'Évangéliste_, scène bizarre où se confondent les costumes les plus disparates de tous les peuples connus. Celle de gauche est consacrée à un _Miracle de Saint Philippe_ ressuscitant une morte.

Le vitrail de la fenêtre fut également composé par Filippino Lippi.

+Le choeur+ est décoré des admirables _fresques_ de DOMINIQUE GHIRLANDAJO peintes en 1490 sur la commande de Jean Tornabuoni.

Ce qui frappe surtout en elles, c'est la grâce noble et tranquille des personnages, c'est la vie ordinaire des Florentins d'alors; ce qui les rend si intéressantes, c'est la civilisation, c'est le costume d'une époque dont elles sont les plus précieux documents.

Avec de si grandes qualités, le défaut qu'on pourrait justement leur reprocher serait de manquer de grandeur dans l'expression des idées, d'embourgeoiser presque les sujets sacrés qu'elles relatent. Pour Ghirlandajo, la Naissance de la Vierge est simplement la naissance d'un enfant noble du XVe siècle, avec le cortège des visites de félicitation et le défilé des amis; comme dans la Naissance de saint Jean-Baptiste, il peint la nourrice donnée aux petits Florentins d'alors et la collation prise par la mère après l'événement. Si cette façon d'interpréter l'histoire de la Vierge ou du Précurseur répond mal à la grandeur des faits, il faut pourtant bien reconnaître que personne à l'égal de Ghirlandajo n'eût été capable, avec un tel point de départ, d'arriver d'une telle manière à ses fins.

Dans l'admirable poussée de la peinture au XVe siècle, il est impossible que certains ordres d'idées et de sentiments, certains modes d'interprétation, même à égalité de talent, ne répondent pas mieux que d'autres à l'esthétisme individuel de tel ou tel artiste. En matière d'art, l'éclectisme est la loi de la critique; il consiste à reconnaître la beauté de l'oeuvre en elle-même et sous quelque forme qu'elle se présente, car, là où la recherche de la perfection a été égale, il n'est que juste de l'apprécier dans ses manifestations les plus divergentes. Il faut aussi admirer sans réserve les belles et graves figures des contemporains de Ghirlandajo animées d'une vie et d'un mouvement singuliers.

Les fresques sont disposées, de chaque côté du choeur, sur trois rangées de deux sujets chacune; elles sont terminées par une lunette et séparées les unes des autres par des motifs architecturaux. Celles de la partie supérieure ont malheureusement trop souffert pour qu'il soif facile de les distinguer.

FRESQUES DE GHIRLANDAJO ___________________________________________________________________________ | | | _Mur de gauche_ _Mur de droite_ | | | | HISTOIRE DE LA VIERGE HISTOIRE DE St JEAN-BAPTISTE | | | | ____________________________ ____________________________ | | | | | | | | | +ASSOMPTION+ | CHOEUR | +FESTIN D'HÉRODE+ | | | ___|__________________________|__ ___|__________________________|___ | | | | | | | | | | | 5 | 6 | | 6 | 5 | | | | | | | | | | | | ADORATION | MASSACRE | | BAPTÊME DE |PRÉDICATION | | | | | | | |DE St JEAN | | | | DES MAGES | DES INNOCENTS | | JÉSUS-CHRIST |DANS LE DÉSERT | | | |________________|_______________| |________________|_______________| | | | | | | | | | | | 3 | 4 | | 4 | 3 | | | | | | | | | | | | PRÉSENTATION | MARIAGE | | ZACHARIE ÉCRIT | NAISSANCE | | | | | | | | DE St JEAN- | | | | AU TEMPLE | DE LA VIERGE | | LE NOM DE JEAN | BAPTISTE | | | |________________|_______________| |________________|_______________| | | | | | | | | | | | 1 | 2 | | 2 | 1 | | | | | | | | | | | | JOAQUIM EXPULSÉ| NAISSANCE | | | ZACHARIE | | | | | | | LA VISITATION | | | | | DU TEMPLE | DE LA VIERGE | | | AU TEMPLE | | |_|________________|_______________|___|________________|_______________|_|

MUR DE DROITE.--HISTOIRE DE LA VlERGE.

I.--_Joachim chassé du temple_.

Dans cette superbe composition, les deux groupes de droite et de gauche sont particulièrement intéressants par les personnages célèbres qu'ils représentent. A gauche, le vieillard sans barbe est Baldovinetti, qui enseigna la peinture et la mosaïque à Ghirlandajo; celui qui, la tête nue, a la main sur la hanche et porte un petit pourpoint bleu et un manteau rouge, est Ghirlandajo lui-même; le personnage aux grosses lèvres et à la chevelure noire est Mainardi, son élève; enfin celui vu de dos est le frère du peintre, David Ghirlandajo.

II.--_La Naissance de la Vierge_.

Une des plus belles fresques de la série.

Dans une riche chambre florentine, sainte Anne, femme déjà âgée, est couchée tout habillée sur son lit placé sur une estrade. Derrière elle une servante verse de l'eau dans un bassin. Relevée sur un coude, elle contemple la petite Marie dans les bras d'une belle dame assise au milieu de la composition, tandis que de nobles visiteuses s'avancent sur la gauche, vêtues de leurs somptueux habits de fête.

Ces femmes sont la fleur de la société florentine; on sent qu'elles ont tenu à honneur de figurer dans cette oeuvre et de venir poser devant le maître. Chacune a son individualité propre, et ces beaux traits florentins si vifs, si intelligents, si presque modernes d'expression.

III.--_Présentation au Temple_.

IV.--_Mariage de la Vierge_.

V.--_Adoration des Mages_.

VI.--_Massacre des Innocents_.

VII.--(Lunette) _Mort de la Vierge_.

Composition en partie détruite.

MUR DE GAUCHE.--HISTOIRE DE SAINT JEAN-BAPTISTE.

I.--_Apparition de l'Ange à Zacharie_. Cette composition remarquable est enrichie de beaucoup de portraits admirables, entre autres ceux de tous les donateurs des fresques, les Tornabuoni jeunes ou vieux placés en arrière de Zacharie. Au bas, Ghirlandajo a peint à mi-corps les quatre plus savants hommes de l'époque: le premier revêtu d'un habit de chanoine, est Marsile Ficin; le second, avec un ruban noir au cou, est Cristoforo Landino; le troisième est le Grec Demetrius Chalcondyle, et enfin le quatrième, qui lève un peu la main, est Ange Politien. En arrière d'eux, un groupe de trois hommes causent et représentent, dit-on, les plus fameux marchands de Florence, André de Médicis, Jean Ridolfi et Sassetti.

II.--_La Visitation_. A droite et à gauche de la Vierge et de sainte Élisabeth qui se rencontrent, l'assistance est formée par des groupes de Florentines de toute beauté. Elles sont coiffées et parées à la mode du temps; l'une d'elles, en robe jaune, à la suite de sainte Élisabeth vue de profil, est le portrait d'une des plus célèbres beautés d'alors, Ginevra di Benci.

III.--_Naissance de Saint Jean-Baptiste_. La disposition est analogue à celle de la _Naissance de la Vierge_. Derrière le lit de sainte Élisabeth, une servante lui présente une collation, tandis qu'au milieu de la fresque est assise la nourrice allaitant l'enfant et qu'à sa droite s'avance le groupe des amies, suivi d'une servante portant sur sa tête une corbeille où sont des pastèques et des raisins. Cette ample figure aux vêtements flottants semble, par sa beauté antique, échappée à quelque rêve païen.

IV.--_Zacharie écrit le nom de Jean qu'il destine à son fils, sur une tablette que lui présente une femme a genoux_.

V.--_La prédication de Saint Jean-Baptiste_.

VI.--_Baptême de Jésus-Christ_.

VII.--(Dans la lunette) _Festin d'Hérodiade_. Ces trois dernières fresques, presque entièrement effacées.

De chaque côté, au-dessus de la fenêtre garnie de vitraux noirs et brumeux, exécutés en 1492 sur les cartons du maître par ALESSANDRO FIORENTINO, la décoration à fresques se continue, mais en mauvaise préservation. Sur les deux côtés étroits de la fenêtre s'étagent des figures séparées dont les deux premières sont les portraits des donateurs de l'oeuvre, Jean Tornabuoni et sa femme. Au-dessus de la fenêtre un grand _Couronnement de la Vierge_ peut difficilement passer pour être de la main de Ghirlandajo.

La boiserie qui forme le dossier des _stalles_ est un chef-d'oeuvre de mosaïque sur bois. Faite à la fin du XVe siècle par BACCIO D'AGNOLO, on y voit les plus fines et les plus délicates arabesques; les stalles elles-mêmes sont gâtées par une malheureuse restauration de Vasari.