Florence historique, monumentale, artistique

Chapter 13

Chapter 133,183 wordsPublic domain

Au milieu du cloître s'élève la statue de Dieu le Père, une des moins mauvaises de Baccio Bandinelli. Sur le côté qui fait face à l'entrée se trouve la +chapelle des Pazzi+, rendus célèbres par la conspiration contre les Médicis. Elle a été construite en 1420 par BRUNELLESCHI et est un des plus élégants, des plus purs spécimens de l'architecture classique. Elle est précédée d'un vestibule dont la voûte en berceau repose sur six colonnes à chapiteaux corinthiens, au milieu desquelles s'ouvre une grande arcade coupant une ravissante _frise_ composée de petits médaillons contenant des têtes de chérubins sculptées par DONATELLO.

Toutes ces petites têtes, plus charmantes les unes que les autres, sont variées à l'infini et ont chacune leur expression.

La voûte du vestibule, à la hauteur de la grande arcade médiane, est une coupole à cassettes émaillées de diverses couleurs. Une seconde frise avec des têtes de chérubins règne également sous le portique et s'étend sur le mur de la chapelle; les médaillons en terre cuite qui la composent sont dus à DESIDERIO DA SETTIGNANO.

+L'intérieur+ de la chapelle, en forme de croix grecque, est orné de pilastres corinthiens en granit; malgré sa petitesse, l'harmonie de ses proportions en fait une oeuvre parfaite. Elle est surmontée d'une coupole dont les pendentifs sont ornés de quatre médaillons en terre émaillée polychrome des DELLA ROBBIA, représentant les quatre Évangélistes accompagnés de leurs attributs. Enfin, sa partie supérieure est décorée de douze superbes médaillons de LUCA DELLA ROBBIA, représentant les douze Apôtres assis.

+L'ancien réfectoire+ se trouve sur le côté droit du cloître; le mur du fond a conservé les fresques qui décoraient entièrement la salle. Dans le bas est un très curieux et très beau _Cenacolo_ de TADDEO GADDI, où le Christ et les Apôtres sont simplement figurés assis derrière la table, sans qu'aucun détail d'architecture ou aucune fantaisie imaginative atténue la grandeur de la scène. Judas, très laid, isolé en avant, est seul à ne pas avoir la tête entourée du nimbe doré en relief dont sont encadrées celles de Jésus et des autres Apôtres.

Au-dessus de cette belle composition est une grande fresque de FRANCESCO DE VOLTERRA (fin du XIVe siècle) dont le sujet, des plus intéressants, montre le _Christ en croix entouré du groupe des Saintes Femmes_; saint François à genoux devant la croix l'embrasse. La croix forme la souche de l'arbre généalogique des Franciscains, entre les rameaux duquel sont représentés tous les membres célèbres de l'ordre. Sur les côtés sont quatre scènes de la _Légende de saint François d'Assise_. Enfin à gauche du réfectoire s'ouvre une petite salle où une fresque de Giovanni représente _la Multiplication des pains_, miracle opéré par saint François.

SANTA CROCE

RÉFECTOIRE L'Arbre généalogique de Saint François et de l'ordre des Franciscains

FRANCESCO DA VOLTERRA __________________________________________________________________________ | | | | | | | | | | | | | | | | St FRANÇOIS | | | St FRANÇOIS | | | | | | | RECEVANT | | | TENTÉ | | | | | | | LES | | | PAR | | | | | | | STIGMATES | | | LE DIABLE | | | | | | | | | | | |__________________| | |_________________| | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | St FRANÇOIS | | | LA | | | | | | | | SAINTES | RELIGIEUX | MADELEINE | | ET | | | | | | FEMMES | | | | | | | | | St BENOIT | | | | | | | | | | | | | | | SAINT FRANÇOIS | | | | | | | | | | |__________________|___________________________________|_________________| | | | | | LA CÈNE DE TADDEO GADDI | | | |________________________________________________________________________|

+Le second cloître+, construit par BRUNELLESCHI, s'étend à droite du premier et appartient aujourd'hui à la caserne établie dans l'ancien couvent des Franciscains.

+SAN AMBROGIO+.--A gauche de l'entrée on a découvert un fragment de fresque de l'école de GIOTTO, représentant _le Martyre de Saint Sébastien_. Le Saint est attaché à un pilastre, les pieds reposant sur une console placée à une certaine hauteur, de sorte que les archers qui lui décochent des flèches tirent en l'air, tandis qu'un ange lui apporte la palme du martyre. Sur le côté gauche de la nef est une petite niche sculptée, dont les montants sont couverts d'arabesques; elle contient une charmante statuette de _Saint Sébastien_, oeuvre de LEONARDO DEL TASSO (XVe siècle); les deux anges en grisaille, peints dans la partie supérieure, et la petite Annonciation qui est placée dessous dans un médaillon sont de FILIPPINO LIPPI.

La chapelle à gauche du choeur est décorée d'une fresque de COSIMO ROSSELLI, représentant le _Miracle de l'Enfant Jésus_ apparaissant dans le ciboire pendant la communion. La scène se passe au seuil d'une église, devant un palais, et présente une foule de personnages à costumes florentins du XVe siècle, très habilement groupés (1486).

Au fond de la chapelle, un _tabernacle_ en marbre blanc, de MINO DA FIESOLE, reproduit le même miracle.

RIVE DROITE (EST)----+DE SANTA CROCE A SAN MARCO+

SANTA MADDALENA DE PAZZI; SANTA MARIA NUOVA, MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE ET DES TAPISSERIES, INNOCENTI, SANTA ANNUNZIATA, ACADÉMIE, ÉGLISE ET COUVENT SAN MARCO, LO SCALZO.

_SAINTE MADELEINE DES PAZZI+ (1, Via delle Colonne).--+La salle du Chapitre+ contient une grande fresque du PÉRUGIN, _le Christ en croix_, peinte entre 1492 et 1496, l'ouvrage le plus important que Florence possède de l'artiste, maîtresse oeuvre par la noblesse des figures, la gravité des attitudes, la richesse du coloris et enfin la beauté du paysage. Le Christ sur la Croix avec la Madeleine éplorée, comme écrasée de douleur à ses pieds, occupe le milieu de la fresque. Séparés du groupe principal par des pilastres et des arcatures se trouvent la Vierge et saint Benoît d'un côté et saint Jean avec saint Bernard de l'autre. Le réel défaut de ce parti pris a été de couper l'action où les personnages, isolés et séparés les uns des autres par l'architecture, ne semblent pas reliés à la scène principale dont l'intérêt réside dans le groupe de la Madeleine et du Christ.

+ARCISPEDALE DE SANTA MARIA NUOVA+.--Ce grand hôpital fut fondé au XIVe siècle par Falco Portinari, le père de la Béatrice du Dante. La façade de +l'église San Egidio+ qui en dépend fut au XVIe siècle augmentée d'un portique, oeuvre de Buontalenti, sous lequel deux fresques très restaurées sont intéressantes en ce qu'elles sont ce qu'au XVe siècle on appelait des fresques de _Cérémonie_, c'est-à-dire des compositions destinées à commémorer un événement. L'une, par LORENZO DE BICCI, fut peinte en 1420 et représente la consécration de l'église par le cardinal Correz, en présence du pape Martin V. L'autre, exécutée en 1435 par GHERARDO, rappelle les privilèges accordés à l'hôpital par le pape Martin V, à la requête du cardinal Correz.

La porte de l'église San Egidio est décorée du _Couronnement de la Vierge_ (1420), bas-relief en terre cuite de LORENZO DE BICCI. A l'intérieur, derrière l'autel, a été placé un charmant bas-relief en bronze émaillé d'ANDREA DELLA ROBBIA, _la Vierge et l'Enfant_. Le délicat tabernacle du maître-autel est l'oeuvre commune de ROSSELLINO et de GHIBERTI. Les anges en adoration sont du premier, et le bas-relief en bronze de la porte fait d'autant plus honneur au second qu'il est d'une plus grande simplicité.

+GALERIE DE PEINTURE DE L'HOPITAL+ (25 et 29, place Santa Maria Nuova).

N° 104.--ANDREA DEL CASTAGNO. _Crucifiement_. Lunette provenant du cloître de l'hôpital. Le Christ est entre la Vierge, saint Jean et deux bénédictins agenouillés. Les figures de la Vierge et de saint Jean, animées par la plus grande des douleurs, sont de premier ordre.

(Au n°29, sur le pilier du premier étage.)

+A+.--Bas-relief en terre cuite rehaussée de peintures, _la Vierge, l'Enfant, Saint Jean et deux Anges_ de l'école de Donatello.

+F+.--Admirable haut relief en terre cuite du VERROCCHIO. La Vierge, en buste, tient l'enfant debout sur un coussin. Verrocchio a certainement modelé d'après nature ce groupe d'une beauté et d'une vérité accomplies.

+Salle I+.--Nos 48, 49, 50.--HUGO VAN DER GOES. _L'Adoration des Mages_, triptyque peint à Bruges, vers 1400, pour Francesco Portinari, agent des Médicis dans cette ville. C'est l'ouvrage le plus important et le chef-d'oeuvre de ce maître excellent. Si le sujet principal, l'Adoration des Mages, est d'un ensemble plutôt défectueux avec des plans mal observés et des figures sans élégance ni charme, les détails sont en revanche d'une rare perfection et la coloration d'une fraîcheur et d'un éclat incomparables. Les deux volets, de toute beauté, furent pour le portrait l'école où les artistes florentins du XVe siècle vinrent apprendre leur art. Sur le volet de gauche, le donateur, Francesco Portinari, et ses deux jeunes fils sont agenouillés en avant de leurs patrons, saint Antoine abbé et saint Mathieu. Sur le volet de droite, sa femme agenouillée lui fait face; coiffée du hennin et vêtue du riche costume flamand, elle est accompagnée de sa fille, jeune enfant d'une dizaine d'années; leurs visages, ainsi que ceux de sainte Marguerite et de sainte Madeleine debout derrière elles, respirent la sérénité et portent l'expression idéale des figures des Memling et des Van der Weyden.

+N°23+.--BOTTICELLI. _Vierge et l'Enfant, Saint Jean-Baptiste et anges_.

Cette oeuvre de sa jeunesse a longtemps été attribuée à Fra Filippo Lippi, tant il y est encore influencé par la manière de son maître. La Vierge se penche vers l'Enfant couché sur ses genoux qui lui tend les bras, tandis que deux anges délicieux les contemplent. La tête, entourée de légers voiles d'une disposition compliquée, est ravissante de grâce.

N° 71.--FRA BARTOLOMMEO. _Le Jugement dernier_. Cette grande fresque, peinte de 1498 à 1499, est malheureusement mal conservée. Elle n'en constitue pas moins, telle qu'elle est, un ouvrage d'une haute portée artistique, première oeuvre où l'art italien ait uni au sentiment profond des primitifs, la noblesse et la beauté des formes, telles que les concevait la Renaissance.

Par la belle ordonnance du demi-cercle où sont rangés les Saints, par la rigoureuse observation de la perspective, par la profondeur de l'inspiration, cette composition est si remarquable que Raphaël l'a placée, presque intégralement, dans la partie supérieure de la Dispute du Saint-Sacrement, peinte, en 1508, pour les chambres du Vatican.

+L'ANCIENNE ÉGLISE SANTA MARIA DEGLI ANGIOLI+ (Via degli Angioli) sert de bibliothèque à l'hôpital. Dans un de ses cloîtres est conservée une belle fresque d'ANDREA DEL CASTAGNO, le _Christ en Croix entre la Vierge, saint Jean, la Madeleine_ au pied de la croix et deux bénédictins agenouillés de chaque côté, composition d'un sentiment et d'une facture admirables.

+MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE, PALAIS DE LA CROCETTA+. +Le premier étage+ renferme le Musée égyptien et deux des plus riches collections qu'ait l'Italie en antiquités étrusques et en numismatique italienne du moyen âge et de la Renaissance.

Le MUSÉE ÉTRUSQUE se compose des objets découverts dans des fouilles faites à Chiusi, Orvieto, Grossetto et dans les nombreuses nécropoles mises au jour autour de ces villes.

+La Salle II+ contient dans des vitrines toute la série des vases étrusques depuis l'époque la plus reculée jusqu'à l'apogée de cet art (VIe siècle avant J.-C.).

Ces vases contenaient les offrandes aux morts ou servaient d'urnes cinéraires; ils sont, en grande partie, décorés des emblèmes relatifs à leur emploi, soit de colombes ou de coqs chargés d'écarter des cendres les mauvais esprits, soit de panthères ou de cavaliers symbolisant, les uns les animaux dévorants, les autres le transport des âmes. Les poteries de ce temps, presque toutes en terre noire, ont des formes admirables.

+La Salle IV+ renferme une très belle collection de petits bronzes étrusques d'un grand intérêt: groupes, candélabres, armures avec traces de dorure, miroirs, etc., etc.

+La Salle V+ possède quelques pièces hors ligne.

+A+.--Statue de Minerve de grandeur naturelle, superbement drapée. La tête a un grand caractère, les orbites vides des yeux étaient remplis par des pierres précieuses (Arezzo).

+B+.--Statue d'orateur; portrait de Metellus, fils de Vesia, citoyen de Chiusi (IIe siècle avant J.-C.). Cette pièce célèbre a été découverte près du lac Trasimène (1570).

+C+.--Chimère affectant la forme d'un lion; sa queue, faite d'un serpent, vient mordre une tête de bouc greffée sur le dos de l'animal. Cette tête fantastique, remarquable comme mouvement et comme étude approfondie de la forme, appartient à la plus belle période de l'art grec (IVe siècle avant J.-C.) (Arezzo)

+D+.--_Situla_, petit vase suspendu, de la plus belle époque étrusque, il fut trouvé à Bolsène en 1871. Primitivement doré, orné de bas-reliefs de la plus extrême finesse, il représente Vulcain ramené à l'Olympe par Bacchus et Ariane.

Une vitrine isolée renferme des merveilles.

N° 1.--_Tête de jeune homme_ (IIe siècle avant J.-C.).

N° 2.--Statuette de _Bacchus avec un génie ailé sur les épaules_ (IVe siècle avant J.-C.).

N° 3.--_Statuette de Jupiter_ (copie grecque du IIe siècle avant J.-C., d'après Phidias).

N° 4.--Statuette de _Castor conduisant un cheval_ (art étrusque d'après l'art grec, IVe siècle avant J.-C.).

N° 5.--_Minerve Medica_.

N° 6.--_Athéné_, statuette très archaïque.

N° 9.--Statuette d'_Hercule_ (IIIe siècle avant J.-C.).

+Salle IV+.--Au milieu de la salle, le fameux _Vase François_, ainsi nommé de son premier propriétaire, est orné de peintures divisées en bandes sur lesquelles sont représentées les chasses de Méléagre, Thésée et le Minotaure, le combat des Lapithes et des Centaures, les funérailles de Patrocle, les noces de Pélée et de Thétis, la procession des dieux quittant l'Olympe pour y assister, Bacchus et Vulcain, un combat des Pygmées contre les Grues, et enfin, sur les anses, la lutte autour du corps d'Achille. Cette belle oeuvre grecque est du VIe siècle avant J.-C.

+Salle VIII+.--_Sarcophage_ en terre cuite de _Larthia Seranthia_. La défunte, le torse redressé sur son lit funèbre, le bras gauche relevé sur un coussin, tient un miroir et procède à sa toilette. Ce splendide monument de la plastique chiusienne a conservé de nombreuses traces de peinture (IIe siècle avant J.-C.).

+Salle IX+.--I. _Sarcophage en albâtre_, non décoré de sculptures, mais peint à tempera, de scènes représentant les combats des Lapithes et des Centaures (art étrusque, Ve siècle av. J.-C).

II. _Sarcophage en albâtre_ ayant conservé les traces de sa décoration polychrome. Sur le couvercle en ronde bosse, le mari, le torse nu, appuie la main sur l'épaule de sa femme assise à ses pieds qui relève son voile pour le regarder; elle porte un collier d'or et ses cheveux ont conservé leur peinture rouge (Ve siècle avant J.-C.).

III. _Sarcophage de pierre_ également en ronde bosse. Aux pieds du défunt, une Parque accroupie lui montre le rouleau de sa vie terminée.

IV. _Statue cinéraire_ en terre cuite de la Mater Matuta des Chiusiens. Elle est assise dans un fauteuil, tenant dans ses bras un enfant couché. La tête mobile sert de couvercle à l'urne contenue dans l'intérieur du corps (Ve siècle avant J.-C.).

DEUXIÈME ÉTAGE. +GALERIE DES TAPISSERIES (ARAZZI)+.--La plupart des tapisseries proviennent de la fabrique de Florence fondée par le grand-duc Cosme Ier sous la direction de Nicolas Karcher et de Jean van Boost de Bruxelles. Après leur mort, l'atelier fut tenu par des Italiens et devint une véritable école, si bien que ce fut Pierre Lefèvre, français d'origine et directeur vers 1630, qui, appelé avec un brevet par Louis XIV en 1648, créa aux Tuileries un atelier où seraient appliqués les procédés italiens et développés les procédés français des manufactures érigées sous Henri IV, tandis que la manufacture de Florence, dès 1744, cessait d'exister.

+Salle I+.--Brocarts des XVème, XVIe et XVIIe siècles.

+Salle II+.--Devant l'autel de Sainte-Marie Nouvelle, _le Couronnement de la Vierge_, superbe broderie du XVe siècle.

+Salles III, IV, V+.--Broderies et étoffes.

+Salle VI+.--Tapisseries de Florence aux armes des Médicis (XVIIe et XVIIIe siècles). _Les quatre Éléments_ d'après Moro.

+Salle VII+.--Tapisseries flamandes du XVIe siècle.

+Salle VIII+.--Tapisseries de Florence (XVIe siècle).

+Salle IX+.--Suite des mêmes tapisseries. _Ensevelissement du Christ_ (Florence, XVIe siècle).

Nos 118 et 119.--_Ecce Homo_ et _Déposition_ (Florence, XVIe siècle).

+Salle XII+.--_Histoire d'Esther_. Trois tapis séries des Gobelins d'après Audran, XVIIIe siècle, splendides pièces de cette suite connue.

+Salle XIII+.--Suite de l'_Histoire d'Esther_. Les costumes turcs, remarquables, sont interprétés avec la fantaisie du XVIIIe siècle.

+Salle XIV+.--Trois tapisseries flamandes du XVIe siècle tissées d'or.

N° 74.--Série de tapisseries du XVIe siècle représentant des fêtes données à l'occasion du mariage d'Henri II et de Catherine de Médicis.

+Salle XV+.--Nos 67, 68, 69.--Suite de la même série.

+Salle XVI+.--Six bandes de tapisseries allemandes du XVIe siècle, _Histoire de David et de Bethsabée_.

N° 66.--_Baptême du Christ_ (Flandres, XVe siècle).

+Salle Galerie XVII+.--Nos 67, 68.--_Enlèvement de Proserpine_ et _Chute de Phaéton_, d'après les cartons de Bernin (Florence, XVIIIe siècle).

Nos 53, 54, 55, 56.--Admirable série de tapisseries des Flandres du XVIe siècle. Cette collection, la plus belle du musée, se compose de quatre pièces de grandes dimensions tissées d'or. Les sujets en sont: _la Création de l'homme_, _la Création de la femme_, _la Tentation_, _Adam et Ève chassés du Paradis_. Le paysage, la composition et le coloris de ces tapisseries sont de toute beauté.

N° 51.--_Triomphe de déesse_, d'après Coypel (Gobelins, XVIIIe siècle).

Nos 42, 50.--_Histoire de Phaéton_, d'après Allori (Florence, XVIIe siècle).

+Salle XIII+.--_Fête champêtre_.

+Salle XIV+.--Cinq scènes de la _Passion_ (Florence, XVIIe siècle).

+Salle XX+.--Trois scènes de la même série, d'après Allori.

+Salle XXI+.--_Les Douze Mois de l'année_, d'après Bacchiacco (Florence, XVIe siècle).

+Salle XXII+.--Sept tapisseries avec grotesques sur fond jaune, d'après Bacchiacco (Florence, XVIe siècle).

+LA PLACE DE L'ANNUNZIATA+ est bordée à droite par l'hospice des Enfants-Trouvés, les _Innocenti_, à gauche par la confrérie des Servi di Maria, bâtiments identiques, entre lesquels s'ouvre, au fond de la place, l'église de l'Annunziata. A l'angle de la Via dei Servi, le palais Manelli, de 1565, est une construction en brique de Buontalenti. Au milieu de la place, la statue équestre du grand-duc Ferdinand Ierest la dernière oeuvre de Jean de Bologne, coulée en 1608 avec le bronze des canons enlevés aux Turcs.

De chaque côté, deux fontaines de Ph. Rocca, placées en 1629, sont ornées de monstres marins.

+L'HOSPICE DES ENFANTS-TROUVÉS+ fut construit en 1421 par FRANCESCO DELLA LUNA, d'après les plans laissés par son maître Brunelleschi; il avait été commandé par la corporation des tisseurs de soie. Le rez-de-chaussée est bordé d'un beau portique précédé de marches qui, du côté de la place, offre entre ses arcatures des médaillons en terre vernissée blanche sur fond bleu, exécutés en 1460 par ANDREA DELLA ROBBIA. Ces médaillons, au nombre de quatorze, représentent chacun un enfant emmailloté, chef-d'oeuvre de grâce et de délicatesse. Dans ces figures variées à l'infini, la manière d'Andrea diffère déjà profondément du style simple et sévère de Luca et se rapprocherait bien plutôt, par une recherche de douceur et de charme excessive, de celui des Ghiberti ou des Benedetto da Majano. La lunette de la porte de la Chapelle, où l'on entre par la cour, est occupée par une Annonciation, magnifique bas-relief émaillé d'Andrea della Robbia.

Au-dessus de l'autel de la chapelle +Santa Maria degli Innocenti+, le GHIRLANDAJO a peint, en 1488, une belle adoration des Mages fortement influencée, semble-t-il, par le Van der Goes de l'hôpital Santa Maria Nuova. Cette page réunit à un haut degré les qualités du Ghirlandajo; non seulement il s'y révèle dessinateur émérite et savant coloriste, mais bien encore dans les moindres détails il pousse la conscience à l'excès et reste irréprochable comme exécution.

En face des Enfants-Trouvés le bâtiment des +SERVI DI MARIA+ fut également construit, sur les plans laissés par Brunelleschi, par ANTONIO DA SANGALLO.

+L'ÉGLISE SANTA ANNUNZIATA+ date de 1250, mais depuis elle fut agrandie et constamment modifiée. Sous le mauvais péristyle qui la précède, élevé en 1650 par CACCINI, s'ouvrent trois portes. Celle de gauche donne accès au cloître de l'ancien couvent des Servites, celle de droite à la chapelle des Pucci, et enfin celle du milieu au parvis décoré de fresques qui précède l'église. Ces fresques, abritées maintenant contre les intempéries par une galerie vitrée, furent en grande partie exécutées par Andrea del Sarto et sont un des plus beaux monuments du grand art italien.

+A+.--_Saint Philippe donnant son habit à un malade_.

+B+.--_Joueurs frappés de la foudre pour s'être moqués de saint Philippe_.

+C+.--_Guérison d'un possédé_.

+D+.--_La mort de saint Philippe_.

+E+.--_Un enfant guéri par le contact du manteau de saint Philippe_.