Florence historique, monumentale, artistique
Chapter 11
Buste en bas-relief et en pierre grise de _Saint Jean-Baptiste enfant_. La figure de saint Jean est une de celles qui tentèrent le plus l'imagination de Donatello; il représenta le saint en ronde bosse, en bas-relief, en buste, en pied, dans toutes les situations, à tous les âges, tant il s'était épris de passion pour l'ascète austère et le précurseur enthousiaste avec lequel les caractères osés de son art et de sa propre nature lui donnaient tant de points de contact.
Autre statue en marbre de _Saint Jean-Baptiste_ en pied et debout. Donatello a représenté ici l'ascète décharné, aux traits sévères et inspirés; le prophète dévoré par le feu de l'enthousiasme ou illuminé par la vision intérieure.
+PREMIER ÉTAGE DU BARGELLO+ _Via del Proconsolo_. __________________________________________________________ | | | | | | | SALLE DES DONATELLO | TOUR. | | | | | SALLE I. | | | | SALLE II. | | SCULPTURES | | | | | |____________________________________________|_____________| | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | SALLE | | LOGGIA | COUR | | | | | | | | | III. | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | |__________|_________________________________| | | | | | | SALLE | | | | | |_____________| | VI | | | | | | | | Bronzes | | Chapelle | |__________|_________________________________| | | | | | | | | | Esca- | |Sacris-| SALLE IV. | | | lier | |tie | | | SALLE |_______|_________________|_______|_____________| | | ^ | VII | / | | / | Bronzes | Via Ghibellina | | | | ^ |__________| \ \ \ Via della Vigna Vecchia
_David_. Cette statue en marbre et en pied semble être la première étude que Donatello ait faite pour son Saint Georges, le chef-d'oeuvre d'Or San Michele (1408). La pose et les draperies sont les mêmes, seulement avec des proportions moins parfaites et une expression incomplète.
A côté des Donatello, quelques sculptures marquantes se trouvent encore réunies dans cette première salle.
La plus célèbre est _l'Adonis mourant_ de Michel-Ange. Cette oeuvre paraît avoir été exécutée vers 1502, comme un délassement du labeur qu'imposait au maître son colossal David. Aussi peut-on presque dire que l'Adonis garde quelques traces de cette simultanéité et que les proportions y semblent un peu outrepasser le sujet. La tête est fort belle, et la chevelure, par son arrangement, se rattache au type adopté plus tard par Michel-Ange et dont la statue de Julien de Nemours fut la réalisation la plus haute. Cette composition doit pourtant être considérée comme secondaire dans l'oeuvre du maître.
MICHEL-ANGE. _Groupe_ nommé _la Victoire_. Vainqueur agenouillé sur un vaincu et ramenant son manteau dérangé par la lutte. Ce groupe n'est pas des meilleurs.
+Salle II+ (dans la tour).
Meubles anciens et cristaux
+Salle III+.
Cette salle précède la chapelle et elle était nommée la salle des Condamnés, parce qu'ils y attendaient l'heure de leur dernière prière.
Elle renferme la collection des anciens vases de la pharmacie du couvent de San Marco, en faïence de Faënza, XVIe siècle.
+Salle IV+ (chapelle).
Elle est décorée de fresques célèbres du GIOTTO respectées par l'incendie de 1337, mais malheureusement très détériorées par des badigeonnages successifs et par le partage, sous les Médicis, de la chapelle en trois étages de prisons.
Les huit divisions du mur de droite sont consacrées à sainte Madeleine et à sainte Marie l'Égyptienne. Le fond est occupé par le Paradis avec les portraits de Dante, de Corso Donati et de Brunetto Latini. Au-dessous de cette fresque deux petits panneaux sont attribués à GHIRLANDAJO. Ils sont datés de 1490 et représentent la _Vierge_ et _Saint Gérôme_. Des stalles en marqueterie et le lutrin sont de bons ouvrages du XVe siècle.
Dans une vitrine, petit bas-relief en pierre de Sonthofen, par ALBERT DÜRER. Avec une finesse excessive, il représente _Adam et Ève_ au pied de l'arbre de la connaissance où est enroulé le serpent.
Autre vitrine. _La Cène_, retable en argent doré, par JEAN DE BOLOGNE.
Huit baisers de paix en argent niellé et en émaux, dont trois sont d'admirables oeuvres d'art.
I. La plus remarquable pièce des nielles, _le Couronnement de la Vierge_, fut exécuté en 1452, par MASO FINIGUERRA, pour le Baptistère Saint-Jean.
Maso, né à Florence en 1425, excellait dans l'art des nielles; c'est en travaillant à ce genre de gravure, qu'il imagina d'en tirer à l'aide de la presse des épreuves sur papier, invention qui fait de lui le créateur d'un art nouveau, celui de la gravure.
II. Autre paix niellée d'un beau caractère, _le Crucifiement_, pièce exécutée également pour le Baptistère, par MATTEO DEI.
III. _La Déposition de Croix_, ouvrage de toute beauté, d'ANTONIO POLLAJUOLO, en émail sur paillons.
+Salle V+.
1° Ivoires. 2° Ouvrages en ambre des XVIIe et XVIIIe siècles.
A.--Deux admirables triptyques d'ivoire des XIIIe et XIVe siècles, par ANDREA ORCAGNA.
B.--Deux superbes selles en ivoire du XIVe siècle: l'une, un travail allemand avec figures de princes, de chevaliers, de dames en bas-relief sur fond noir; l'autre, italienne, avec la devise «Amor aspetta tempo», ornée de scènes de chasse, d'armoiries et d'ornements fantastiques.
3° Coupes du XVIe siècle en cristal taillé et gravé. Certaines de ces pièces sont d'une rare beauté.
+Salle VI+ (Bronzes).
GHIBERTI. _Reliquaire de sainte Jacinthe_. Il a la forme d'un petit sarcophage antique dont la face principale est simplement ornée de deux anges d'un mouvement gracieux qui soutiennent une couronne. Ghiberti montre une fois de plus dans cette oeuvre combien il gagne à la simplicité (1428).
BRUNELLESCHI et GHIBERTI. Deux médaillons dorés polylobés représentant le _Sacrifice d'Abraham_. Ces médaillons sont les fameuses pièces du concours pour les portes du Baptistère à la suite duquel Brunelleschi retira sa candidature (1403).
Dans le relief de Brunelleschi se trouve déjà fortement accusée la tendance au naturalisme qui se développa chez Donatello. Le mouvement d'Abraham est sauvage, l'ange arrête son bras d'un geste peu admissible, le bélier et l'âne sont autant de recherches réalistes. A gauche, Brunelleschi a placé le tireur d'épines, «le Spinaro», dont l'antique venait d'être découvert. La composition manque d'unité, de simplicité et de grandeur.
Ghiberti au contraire sut tirer parti du sujet avec un art incomparable et placer ses personnages en observant strictement la loi de la valeur des plans. La figure d'Isaac retourné vers son père pour le questionner est de premier ordre.
LORENZO VECCHIETTA de Sienne (1412-1480). Statue couchée de _Mariano Soccino_ provenant de son tombeau et certainement modelée sur le cadavre.
VERROCCHIO. _Le David_ (1476). Cette statue fut exécutée sur l'ordre de Laurent le Magnifique désireux de voir, dans un sujet analogue, le Verrocchio surpasser Donatello. Il devient donc très intéressant de comparer deux oeuvres si dissemblables. Tandis que Donatello faisait de son David un héros idéal, sorte de Persée moderne, Verrocchio faisait du sien un adolescent, presque un enfant, dont les formes encore frêles et anguleuses semblent plutôt délicates. Ce qui est de premier ordre est la tête adorable dont le sourire énigmatique et mystérieux est déjà celui du Vinci, les cheveux courts et bouclés encadrent le visage où à la joie du triomphe s'allie une certaine timidité.
Dans la vitrine.
ANTONIO DEL POLLAJUOLO. Petit groupe d'_Hercule étouffant Cacus_, d'une sauvage énergie et d'une superbe allure.
+Salle VII+ (Bronzes).--BENVENUTO CELLINI. Buste colossal de _Cosme Ier_.
BENVENUTO CELLINI. Deux modèles pour son _Persée_. Ils présentent des différences notables; l'un est en bronze, l'autre en cire: ce dernier, très supérieur, même à l'exécution définitive, par la simplicité des attitudes et des formes.
DONATELLO. Petite frise en relief représentant une _Bacchanale d'Enfants_ qui traînent le vieux Silène ivre dans un char. Ce petit chef-d'oeuvre, exécuté pour Cosme de Médicis, est ce qui a pu exister depuis l'antiquité de plus parfait en ce genre.
JEAN DE BOLOGNE. _Le Mercure_. Cette statue, faite en 1598 pour une fontaine de la Villa Médicis, à Rome, est certainement la maîtresse oeuvre de Jean de Bologne, celle où, dans une période de décadence, il s'est le plus rapproché de l'antiquité. Mercure s'envole d'un mouvement léger, au souffle d'Éole dont la tête lui sert de base.
DEUXIÈME ÉTAGE
+Salle I+.--Elle est décorée de huit _portraits_ à la fresque peints par ANDREA DEL CASTAGNO en 1430, pour la Villa Carducci à Legnaia, et représentant en pied et plus grands que nature des poètes, des héros et des sibylles.
1° _Dominus Philippus Descolaris Relator Victorie Theucrus_. Filippe Scolari del Pipo Spano, chef du comitat de Temeswar, vainqueur des Turcs. Il est en armure et tient son yatagan des deux mains.
2° _Dominus Farinata de Ubertis, sue patrie liberator_ (Farinata degli Uberti), de profil, en armure, avec surcot et bonnet rouge; il s'appuie sur son épée.
3° _Magnus Tetrarcha d'Acciarolis neapleani regni dispensator_ (Niccolò Acciajuoli, grand sénéchal de Naples, fondateur de la chartreuse d'Ema). Une robe bleuâtre à longues manches de fourrure recouvre son armure; il tient le bâton de commandement.
4° _Sibylle de Cumes_ en tunique rouge à reflets bleuâtres sur une jupe verte. Elle tient un livre et lit, le doigt au ciel.
5° _Esther Regina, gentis suæ liberatrix_. Demi-figure formant dessus de porte, robe et voile blancs bordés d'or, manteau vert, couronne en tête, dans une attitude pleine de noblesse.
6° _Thomirta se de filio et patriam liberavit suam_ (Tomyris).
C'est une guerrière en robe jaune, les bras recouverts d'une armure, fièrement campée; elle s'appuie sur sa lance, qu'elle tient la pointe en terre.
7° _Dantes de Alligieris, Florentinus_ (Dante Alighieri), en robe rouge.
8° _Dominus Franceschus Petrarcha_. Pétrarque est en manteau rouge fendu pour le passage des bras, la tête couverte d'un capuchon doublé de vert.
9° _Dominus Johannes Boccacum_ (Boccace) en manteau bleuâtre et capuchon rouge.
Cette oeuvre magistrale est malheureusement très mal placée; les personnages sont hors de proportion avec la salle, ce qui est nuisible pour le bon effet de l'ensemble.
DEUXIÈME ÉTAGE DU BARGELLO
_Via del Proconsolo_. __________________________________________________________ | | | | | | | | SALLE III. | | | | | FAIT PARTIE DE LA SALLE I. | | | | Tapisseries | | SCULPTURES | | | | | |____________________________________________|_____________| | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | SALLE | | | | IV. | | SALLE | | | | II. | | Tapisse- | | | | ries, | COUR | | | Sceaux | | | | et | | Faïences et | | Monnaies | | | | | |Della Robbia.| | | | | | | | | | | | | | | | | |__________|_________________________________| | | | | | | SALLE | | | | | SALLE I. |_____________| | V | | | | | Fresques, médailles, etc. | | | Marbres | | Fait | |__________|_________________________________| | | | | partie de | | | | | | | | la chapelle | | SALLE | | | | | |_____________| ^ | VI | / | | / | Marbres | / | | Via Ghibellina | | ^ |__________| \ \ \ Via della Vigna Vecchia
+Salle II+.--_Bas-reliefs_ en terre cuite émaillée par les DELLA ROBBIA. Les plus anciens, bleus sur fond blanc, sont d'Andrea; il faut remarquer deux _Vierges_, dont l'une a un joli socle en grès du style de Donatello. Les moins anciens sont de Giovanni et polychromes: _Annonciation_, _Adoration de l'Enfant_ (1521), _Pietà_, _Jésus et Madeleine_, _saint Dominique_ et cinq _Saintes_.
Trois vitrines contiennent des faïences.
1°.--_Urbino_. Vases, coupes et plats: décor raphaélesque.
2°.--_Urbino_, avec sujets. _Deruta_ et _Gubbio_, très fins.
3°.--_Faenza, Florence et divers_. Belle collection avec quelques pièces hors ligne. Buste en terre cuite donné comme étant le _portrait de Charles VIII, roi de France_ et l'oeuvre d'ANTONIO DEL POLLAJUOLO.
Coupe en verre de Venise bleu, avec décoration peinte représentant le _Triomphe de la Justice_ suivie des autres _Vertus_ (XVe siècle).
+Salle III+.--Dans la tour. Suite de tapisseries allégoriques des Gobelins représentant les _Cinq parties du monde_, d'après LEONARDO BERNINI (1719).
En revenant sur ses pas, à gauche de la salle I, on passe dans la:
+Salle V+ (marbres).--MINO DA FIESOLE. Buste de _Rinaldo della Luna_ (1461), figure d'un aspect sévère.
ANDREA VERROCCHIO. Curieux haut relief représentant la femme d'un Tornabuoni, _Francesca Pitti_, morte en couches, et la remise de l'enfant au père éploré.
ANDREA VERROCCHIO. Portrait en bas-relief de _Frédéric Montefeltro_, de profil à gauche; portrait en bas-relief de FRANCESCO SFORZA, de profil à droite.
BENEDETTO DA MAJANO. Buste de _Pietro Mellini_, le donateur de la chaire de Santa Croce, tête très énergique, couturée de rides; il est vêtu d'une robe qui couvre ses épaules et où sont figurés des rinceaux de damas.
MINO DA FIESOLE. Bas-relief. Buste de _Jeune femme_ et _Sainte Famille_.
ANTONIO DEL POLLAJUOLO. Buste dit le _Jeune Guerrier_, en terre cuite. Cette oeuvre admirable est marquée du caractère puissant du maître. La tête imberbe, d'une énergie farouche et indomptable, est encadrée de cheveux coupés à la florentine et casquée d'une chimère. La cuirasse forme un buste bombé dont les bras sont absents; Pollajuolo y a représenté en bas-relief ses sujets favoris. D'un côté Hercule terrassant l'hydre de Lerne, et de l'autre Hercule vainqueur du sanglier d'Érymanthe.
Un second buste en terre cuite, connu sous le nom du _Prêtre Florentin_, a été indûment attribué à Antonio del Pollajuolo dont il n'a aucun des caractères; il paraît plutôt être l'oeuvre de BENEDETTO DA MAJANO. C'est un jeune homme coiffé à la florentine, sans barbe, et portant une soutanelle ajustée avec une ligne de petits boutons.
+Salle VI+ (marbres).--VERROCCHIO. _La Vierge et l'Enfant Jésus_. Bas-relief.
VERROCCHIO. _Buste de femme_ serrant un petit bouquet sur sa poitrine. Tête plate peu agréable.
MATTEO CIVITALI. _La Foi_ (bas-relief). Gracieuse figure de jeune femme assise dans une niche. Ses mains sont jointes en adoration devant le calice que lui apportent des chérubins. Une des rares oeuvres de ce maître charmant dont les compositions sont presque toutes à sa ville natale, Lucques.
MINO DA FIESOLE. Buste de _Pierre de Médicis le Goutteux_.
MINO DA FIESOLE. Médaillon. _La Vierge et l'Enfant_.
BENEDETTO DA MAJANO. _Saint Jean_. Le saint, sous les traits d'un adolescent en tunique de peau de mouton, est maigre et décharné.
SANSOVINO. Statue de _Bacchus_, jeune, levant une coupe.
MICHEL-ANGE. _Apollon_ (statue ébauchée). Il est adossé contre un tronc d'arbre, fléchissant la jambe droite placée sur une élévation, et regarde en arrière. Il porte sa main gauche à hauteur de l'épaule droite pour saisir une flèche dans un carquois. Cette oeuvre, quoique à peine tirée du bloc, est admirable et rappelle la beauté des statues antiques.
+Salle IV+ (sceaux et monnaies).--Suite de six tapisseries des Gobelins d'après Oudry. _Chasses de Louis XV_.
VIA DEL PROCONSOLO.
+PALAZZO NONFINITO+ (occupé par le télégraphe). Construit en 1592 par BUONTALENTI. Lourde façade du style Barocco.
Au numéro 10 le +PALAZZO DE RASTI+ (anciennement Quaratesi) a été construit par BRUNELLESCHI dans le style des beaux palais de Florence; il porte les armoiries des Pazzi, ses anciens propriétaires.
+L'ÉGLISE DE LA BADIA+ fondée en l'an 1000 et reconstruite en 1285 par ARNOLFO DI CAMBIO, fut remaniée en 1625 par Ségaloni qui ne conserva de l'édifice précédent que le chevet et le ravissant clocher octogonal de 1330, dont la flèche de pierre forme avec la tour du Bargello un des points de vue les plus caractéristiques de Florence.
MINO DA FIESOLE obtint, après avoir terminé le monument de Salutati à Fiesole, la commande des deux tombeaux qui décorent la Badia:
1° A droite de l'entrée. _La Vierge assise avec l'Enfant entre deux diacres_; bas-relief à trois divisions où Mino n'est resté que trop fidèle au retable de la chapelle de Salutati.
2° Dans le bras gauche du transept, _tombeau du comte Hugo_, bienfaiteur de l'église (1481).
Dans ces deux monuments, Mino copia, pour ainsi dire, les tombeaux du Marsuppini et de Bruni de Santa Croce, plaçant les sarcophages sous une arcade et les surmontant de l'effigie couchée des défunts.
Dans la chapelle de la famille del Bianco, à gauche de l'entrée, le tableau d'autel: _l'Apparition de la Vierge à saint Bernard_, a été peint en 1480 par FILIPPINO LIPPI, encore à cette époque dans l'atelier de Botticelli. Saint Bernard, en robe blanche drapée à la perfection, est assis devant un rocher lui servant d'ermitage, dans les anfractuosités duquel sont placés ses livres. Le pupitre où il écrit est disposé sur un tronc d'arbre, mais il interrompt son travail et reste plongé dans une profonde adoration au moment où la Vierge lui apparaît et vient poser la main sur son manuscrit. La Vierge est entourée d'un groupe charmant de petits anges tout surpris de se trouver sur la terre et qui, par leur attitude, manifestent leur curiosité. Dans le bas du tableau, le donateur, à mi-corps, vêtu d'une robe noire à revers rouges, joint les mains en prière.
Cette composition, charmante de délicatesse et d'expression, a conservé toute sa vivacité de coloris, et l'ensemble est si parfait qu'on peut vraiment la considérer comme le chef-d'oeuvre de Filippino Lippi.
+Le cloître+ est entouré de deux étages de portiques. Sous le portique supérieur sont conservées des fresques d'ANTONIO SOLARIO LE ZINGARO (1512) d'un joli ton doré. Toutes ces peintures retracent la _Vie de saint Benoît_ et semblent comme la préparation aux fresques si remarquables traitant le même sujet à l'église de San Severino, à Naples.
L'oeuvre de la Badia, fort intéressante, montre des perspectives très bien traitées et des groupements harmonieux. Quelques-unes de ces compositions sont même de premier ordre; il faut citer:
A.--_Saint Benoît enfant prie aux côtés de sa mère_.
B.--_Saint Benoît reçoit l'habit_.
C.--_Apparition d'un ange pour inviter le saint à la vie monacale_.
D.--Portique avec des moines agenouillés et debout.
E.--_Maure sauve Placide qui se noie_.
F.--_Repas des moines_.
G.--_Seigneurs et dames à cheval_.
+CASA BUONARROTI+ (Musée Michel-Ange, 64, Via Ghibellina).--Cette maison où Michel-Ange vécut à Florence fut consacrée au XVIIe siècle par son arrière-neveu le poète, son homonyme, à la gloire de son grand-oncle. Il la fit décorer, en 1620, par les meilleurs artistes de ce temps, de fresques et de peintures sur toile où sont retracés les principaux faits de la vie de Michel-Ange.
La «Casa Buonarroti» est en somme un musée intime et fort inégal, où, à côté de documents écrits, lettres autographes, papiers de famille, dessins d'architecture et croquis de toute sorte, brillent quelques pièces inestimables, comme le bas-relief de «la Guerre des Centaures et des Lapithes», celui de «la Vierge assise avec l'Enfant», l'esquisse du «David», le modèle en terre cuite de la «Vierge de Médicis», et enfin ce merveilleux carton à la sanguine d'une «Vierge avec l'Enfant», morceau de toute beauté, d'une incomparable maîtrise.
+Chambre I+.--_Combat des Centaures et des Lapithes_, une des premières oeuvres de Michel-Ange. Il avait dix-sept ans quand il entreprit ce travail. C'est une composition de style héroïque où tous les personnages sont nus et où règne dans la mêlée une étonnante fougue épique; ce morceau non terminé garde encore les traces du ciseau. La jeunesse du maître se révèle par de certaines inexpériences; il n'a pas introduit de variété dans les formes et toutes les figures ont une saillie si faible qu'elles en sont comme déprimées; pourtant on y reconnaît déjà quelques traits de cet idéal dont la poursuite sera la constante obsession de sa vie.