Fleurs sauvages: Poésies

Part 2

Chapter 22,844 wordsPublic domain

Lorsque ce fier marin d'héroïque mémoire, Samuel de Champlain, s'embarquait pour les mers, Et venait sur nos bords commencer notre histoire, Ne songeant qu'aux succès, ignorant les revers, Dans ce port de Honfleur qui marqua l'heure sainte D'un départ périlleux aux horizons nouveaux, Une femme, une enfant, exhalait dans sa plainte Le regret de ses jours les plus doux, les plus beaux. Et maintes fois depuis, dans ces grands ports de France, L'épouse de Champlain déversa sa douleur, En soupirant longtemps de sa désespérance A donner libre essor aux ailes de son cœur! Et lorsqu'enfin vaincu par la vive prière, Le cher explorateur se rendit aux raisons D'une âme généreuse, ardente auxiliaire, La France, d'une perle, enrichissait ses dons!

Madame de Champlain, à son vœu fut fidèle, Et l'enfance sauvage, apprivoisée au bien, A travers la forêt, par des chants appris d'elle Rendit hommage à Dieu sur le sol canadien. Le Canada sourit à la Vertu féconde Qui venait sous son ciel prier à son berceau, Modeler dans ses plis l'âme du Nouveau Monde Lui promettre la vie au-delà du tombeau. Les fils des preux français, fiers de leurs origines, Au seul nom de Champlain tressaillent de plaisir, Filles du St-Laurent, fêtons nos héroïnes, A sa Compagne, offrons la fleur du Souvenir!

La Tête et le Cœur

Deux puissants souverains, depuis longtemps hostiles, Résolurent un duel. L'émoi fut général, Car les deux rois rivaux ayant prestige égal, Rêvaient la palme d'or pour leurs causes subtiles.

Moi, dit la Tête fière, à mon appoint j'aurai Tous les traits lumineux des savants et des sages, Tous les actes d'éclat qui marquèrent les âges D'un sillon glorieux et par eux, je vaincrai!

Et le Cœur aimant dit: Pour mon support, j'aurai Des mères tout le zèle et les soupirs des vierges, Le sang pur des martyrs et tombant sous les verges Une Chair adorable et par eux, je vaincrai!

Les monarques luttaient, lorsqu'entre eux deux tomba Une femme éperdue et poussant dans sa chute Un long cri douloureux paralysant la lutte, Un cri doux et profond... et le Cœur l'emporta.

_Envoi_

Pour vous, mon noble ami, qui trouvez l'équilibre Si facile à garder de la _tête_ et du _cœur_, Sachez que chez la femme, il est à son honneur Le triomphe du Roi qui si puissamment vibre!

La mort du Poète

_A la mémoire de Louis Fréchette._

Si les cœurs qui t'aimaient t'ont fait un lit de roses, Et consolé ton âme avec leurs dons de foi, Leur tendresse à ta gloire a prodigué ces choses D'espoirs et de regrets, dans un élan d'émoi.

La Nation en deuil voit sur tes lèvres closes Expirer les doux chants de son poète-roi! La Nature en amie, avant que tu reposes Quand tu brisas ton aile, a sangloté sur toi.[2]

Tes accents se sont tus, mais ta sublime lyre Aura son noble écho dans nos cœurs en délire Aux heures de triomphe, aux jours d'adversité.

Du grand sommeil tu dors! mais ton esprit demeure Bien vivant dans ton œuvre, et ne crains pas qu'il meure; Ton nom brille au soleil de l'Immortalité!

[2] _On se rappelle que M. Fréchette a été trouvé sous une averse, foudroyé par le mal dont il est mort._

Les Ombres

1er Novembre.

_Dédiée à ma mère._

Ombres! que nous voyons errer dans la demeure Où jadis vous goûtiez le doux bonheur d'aimer, Revenez, revenez, en ces jours où l'on pleure, Ecouter nos propos à _l'ombre du foyer_.

Ombres! que nous voyons flotter dans les ténèbres, Les soirs où tout se tait, quand le vent seul gémit, Revenez, revenez, et dans vos chants funèbres, Dites-nous vos secrets, à _l'ombre de la nuit_.

Ombres! que nous voyons planer sur nos misères, Nos ennuis, nos chagrins, nos regrets, nos douleurs, Revenez, revenez, nos pleurs sont des prières, Car l'oubli ne croît point à _l'ombre de nos cœurs_.

Ombres! que nous voyons s'agiter et se plaindre A travers les cyprès, je reconnais vos voix! Revenez, revenez, qu'auriez-vous donc à craindre Chers hôtes de la tombe à _l'ombre de la Croix_?

Ombres! que nous aimons, vous revenez sur terre Réclamer de nos cœurs un tribut immortel, Montez, montez, dès lors, vers le Dieu de Lumière Vivre une éternité à _l'ombre du beau Ciel_!

Compensation

Lorsque le Créateur, de son geste sublime, Eût tiré du néant la Nature et son Roi Il dit "Faisons la Reine" et que nul sombre abîme Ne les sépare point; c'est ma vivante loi.

Dès lors, Il verse aux _Uns_, puis Il prodigue aux _Unes_ Les charmes et les dons qui les feront s'aimer D'un amour mutuel; mais Il rendit communes Leurs peines avant tout, les priant de s'aider.

Il façonna les cœurs, inventa la parole, Sourit à leur penchant et comprit leur amour, Puis voulut consacrer par un double symbole Leurs meilleurs sentiments, nés dès le premier jour.

Et pour mieux compenser la Force et la Faiblesse, Pour se moquer du _Diable_ et de sa lâcheté, Fit aux futurs vaincus un don plein de tendresse Aux femmes la Douceur, aux hommes la Bonté!

Les Lettres

Peut-on jamais savoir ce que vaut une lettre, Comment apprécier ses mystérieux plis? Tous les mignons péchés qu'elles ont fait commettre Quand s'exalte parfois la folle du logis.

On peut bien en parler, puisque c'est chose sûre, Pour deux lettres d'affaire, il en est dix d'amour Que la poste promène en sa tournée obscure, Billets écrits la nuit, billets livrés le jour.

Les grands esprits virils font fi des douces choses, "Time is money" d'abord... Que leur calcul est froid! Les chiffres épineux, valent-ils bien les roses Qu'on sème au vent léger, sans trop savoir pourquoi?

On dit si bien qu'on aime, on croit pouvoir l'écrire, Si l'âme des affaires est vraiment le secret, Tous les secrets de l'âme, ah! pourquoi donc les dire? Mais le cœur est si fou qu'on le voudrait muet.

Le délicieux refrain de la Vieille Romance Est écrit sur nos fronts, est écrit dans nos yeux, Son décalque en principe est de divine essence, Buriné dans nos cœurs par l'Artiste des Cieux!

Les Ruines

(à _Madame Chas W. Duckett_)

_Souvenir d'une excursion à Rigaud._

Nous longions un chemin, non loin de la montagne, En savourant à deux l'air pur de la campagne, Nous avions cru tout voir du village charmant Et nous nous en allions, sans regret, en causant; Nous discutions nos goûts sur nos fleurs favorites, Tu cueillais les muguets et moi les marguerites, Nous parlions du passé, de nos chers souvenirs, De notre enfance heureuse et de ses doux plaisirs; Et notre intimité faisait cause commune De mes soucis présents, de ta bonne fortune, Nous devisions aussi sur le grand mot "_Bonheur_" Qui sert à définir les mystères du cœur. Nous pressâmes le pas--la chaleur était grande-- Des ruines! m'écriai-je, et nulle autre demande Ne t'allât supplier; nos goûts s'étaient compris, Nous gravîmes la côte, et les agneaux surpris Fuyaient le vert sentier pour bondir dans la plaine, Nous pardonnant ainsi d'envahir leur domaine. De l'antique château, les vieux murs sont debout, Un air de vétusté se répand sur le tout, Et l'encens du silence émanant de ces pierres Se mêle aux bruits confus qui semblent des prières. Les marronniers en fleurs ont gardé le cachet Des amoureux propos échangés en secret, Et ces rameaux noués sont toujours les symboles Des tendres cœurs épris se liant sans paroles. Tout nous parle sans voix! Seul le babil des nids, En cet endroit désert confond son gazouillis Aux ondes du ruisseau qui, près de là, murmure Un air dans l'hymne doux de la grande nature. Et notre esprit songeur peuple de souvenirs Ce lieu tout saturé des plus riants plaisirs.

Vous réveillez la mort, âmes douces des choses! Au soleil de la vie, en des apothéoses, Les âmes des aïeux viennent se ranimer, Les cœurs vibrent encor du doux bonheur d'aimer! Et notre rêve ému, sous l'effet de ces charmes, Croit voir tous leurs regrets se noyer dans leurs larmes!

C'était déjà le soir--Nous songeons au départ, Tout le déclin du jour se dessine avec art A l'horizon vermeil. Par toute la colline, Tout être fait mystère et doucement s'incline.....

. . . . . . . . . . . . . . . . . .

Je t'offre ce camée où j'ai mis de mon cœur, Ne vas pas t'attrister de sa morne couleur Car son relief est fait sur fond de sympathie Et je ne l'ai sculpté qu'à ta demande amie.

Chante!

Si le doute en ton âme a jeté son poison, S'il distille en ton cœur sa fièvre consumante, Combats en ton esprit l'étreinte du frisson, Et bois à forte dose un lait d'espoir et chante!

Si le doute en ton âme est devenu volcan, Si de ton cœur jaillit une lave brûlante, Arrache ton esprit au soufre suffocant, Etouffe ton chagrin sous cette cendre et chante!

Si le doute en ton âme est un affreux cancer, Qui va prendre en ton cœur sa racine souffrante, Défends à ton esprit d'éterniser... l'enfer, Assourdis ta douleur, trompe ton mal, et chante!

Le Prêtre

_A mon frère l'abbé H. Valois._

J'ai le profond respect du grand mot _Sacerdoce_, Je m'incline à ces mots: "Le Verbe s'est fait chair". Ils contiennent la paix, la lumière et la force, Sont le symbole pur d'un Credo ferme et clair.

Le Prêtre! on le vénère; en toi je le contemple, Lorsque devenu Christ, tu parais à l'autel, Mais je prie et j'ai peur pour le héros du temple, Il doit être _divin_ pour nous ouvrir le Ciel.

Que tu sois l'_âme ardente_ au noble sacrifice, Puisque l'âme d'un prêtre en lui prend sa valeur, C'est être moins indigne en buvant au Calice Et d'un sang généreux, tu rempliras ton cœur.

Que tu sois l'_esprit juste_, éclairant de sa flamme Les esprits recherchant la route du devoir; Sois le soldat du Bien; tu sais le prix d'une âme, Fais que ta voix l'arrache au Mal, au Désespoir.

Que tu sois le _cœur bon_ qui soulage et console, Que de secrets jetés en ce profond tombeau! Il est si bon d'entendre une sainte parole Qui pardonne et relève en un geste si beau!

Sois béni dans ton œuvre, et qu'elle soit féconde, Le Christ a dit: "C'est Moi qui suis la _Vérité_," La _Voie_, aussi la _Vie_, et Nautoniers du Monde, Vous avez la clef d'or de notre Eternité!

Les Midinettes

Midi! c'est l'Angelus qui sonne, Les abeilles ont sursauté, Saisissant le temps qu'on leur donne, Un cher moment de liberté!

Les voyez-vous s'envoler toutes, Le pas agile et gracieux, Enfiler dans les grandes routes, Le nez au vent et l'air joyeux?

Les midinettes sont gentilles, La ruche n'est pas sans attrait, Sont de laborieuses filles, Celles dont je fais le portrait.

Elles ont un joli sourire, La mine douce aux bons passants, Qui d'elles n'oseraient médire Ni de leurs petits airs vaillants.

Par désagréable aventure, Si d'aucuns se font trop humains, Fort impassible est leur figure A tous ces honnêtes "trottins."

Petites sœurs, chères abeilles! A vous le soleil du Bon Dieu, Qui met sur vos lèvres vermeilles De quoi vous contenter de peu.

Des chansons pleines d'allégresse, Des propos badins et rieurs, Des rayons pour votre jeunesse, Des amours pour vos tendres cœurs.

Midinettes! vives abeilles! Butinez donc! et sans regret, Donnez le miel de vos corbeilles Sans en attendre le bienfait.

Si la chance vous favorise, Aimez bien ceux qui vous sont bons, Si devant vous, on les méprise, Défendez-les!.... sur tous les tons!

Marguerite

(_Page d'album_)

_A ma petite amie, Marguerite Bélanger._

Fleur de grâce et d'amour, touchante en ton mystère, Petite reine blanche en qui brille un cœur d'or, En ton charme secret repose une prière Où tous les cœurs ardents vont chercher un trésor.

Le trésor d'un amour qui n'a rien d'éphémère, "Il m'aime, un peu, beaucoup" mais je veux plus encor, "Passionnément" Non, c'est mieux que l'on espère "A la folie" alors, ce n'est pas assez fort.

"Au mariage" donc. Soit, mais en la matière, Il faut, petite amie, être toujours d'accord, "Point du tout" n'est hélas qu'une réponse amère Il faut la supprimer, l'autre est vraiment le port!

Le Trait-d'union cordial

_A mes amis anglais._

Au combat de Québec qui nous prit à la France, Wolfe et Montcalm là, s'admiraient, Leur sang fut répandu dans la même espérance, Pour même sol, leurs cœurs battaient.

Le vainqueur, le vaincu, eurent même courage Et montrèrent même valeur, Leur gloire fut la même, et même témoignage Leur découvrit un même cœur!

Les Français, les Anglais, dans même apothéose, Associèrent leurs deux noms, Firent mêmes honneurs pour même noble cause, Pour eux confondirent leurs dons.

Il faut bien convenir qu'une race vaut l'autre Sous le soleil du Canada, Le sang de notre héros valait celui du vôtre, Un même idéal le versa.

Mains saxonnes et mains latines se croisèrent Depuis, dans un geste loyal, Lèvres françaises, lèvres anglaises, marquèrent Le trait-d'union cordial.

La Coquette

On dit que Madame est coquette, Est-ce donc là si grand défaut? "Pas si complexe est ma toilette, Je n'en mets pas plus qu'il en faut."

La camériste qui l'habille Suffit à peine à ses besoins, Elle en suinte la pauvre fille Et s'évertue aux petits soins.

Brigitte, j'en suis à ma robe, Il me faut mon chapeau fleuri, Celui sur lequel se dérobe Un "coq" que l'on dit si joli!

Je veux ma plus riche ceinture, Avec mon collet de satin Couvert d'une fine guipure, Vite! apporte aussi mon écrin.

Choisis ma broche de topaze, Toutes mes bagues à mes doigts! Et fais un joli nœud de gaze Comme tu le fais chaque fois.

Mouille mes cils de liqueur d'ombre, Mets sur ma peau du rouge fin, Mon regard en sera plus sombre, Sur ma lèvre, un peu de carmin.

Tiens mon écharpe de dentelle, Allons! mon collier de corail, Je ne trouve plus mon ombrelle, Qu'as-tu fait de mon éventail?

Il me faut aussi ma sacoche, Mets du parfum, le plus discret, Dans mon mouchoir, là, dans ma poche, Ah! j'oubliais mon bracelet!

Ainsi, suis-je assez élégante? Pourtant, j'aimerais mon manchon, Mais, ce serait mode charmante Le porter en toute saison!

Madame ne tient plus en place, Elle est sûre de son effet, Jetant un coup d'œil sur la glace, Sourit au fidèle reflet.

C'est une idole en sa chapelle Et digne de tous les encens Et pour qu'on la trouve plus belle Elle y consacre tout son temps.

Et c'est ainsi que la coquette Parvient chaque jour tristement A cet âge où l'on _se regrette_ Et qu'elle atteint en soupirant.[3]

[3] _L'auteur demande pardon pour cette boutade, à toutes celles qui se reconnaîtront dans ce portrait._

Caresses

_A mes nièces et neveux._

Dans cette œuvre où j'ai mis le meilleur de moi-même, Comment ne pas parler de vous, petits que j'aime.

Par tous ceux qui jamais n'ont appris à bercer, Chers anges, bruns et blonds, laissez-vous caresser!

Donnez-nous à baiser vos pures lèvres roses Où va s'évanouir la tristesse des choses.

Dans vos grands yeux sereins, laissez plonger nos yeux, Afin qu'on y retrouve une trace des cieux.

Laissez nos doigts errer dans vos boucles soyeuses Pendant qu'on vous contemple, âmes délicieuses!

Riez, chantez, sautez, ô mes tendres mignons, Tandis que brille encor, la candeur sur vos fronts.

Trop tôt, nous apparaît le passé de la vie Jouissez de votre aurore et sans qu'on vous l'envie.

Chéris! soyez heureux du bonheur qu'on vous donne, Si plus tard vous n'aviez que celui qui pardonne!

Et quand les jours mauvais vous auront vu pleurer, Que vos Mamans soient là pour toujours consoler.

Aviation

(_Impromptu_)

Mon Ame, à ton tour, prends tes ailes Et monte au pays des oiseaux, Crois aux vérités éternelles, Tes élans en seront plus beaux.

Que la foi guide ta nacelle, Crois pouvoir atteindre les cieux, Espère en Dieu, noble Immortelle, Et tu n'en voleras que mieux.

O mon Ame! aime, ah! surtout aime! Ce que Dieu fit de grand, de beau, Aime en Lui l'Idéal suprême, Vole au but! monte encor plus haut!

Profession de foi

_A Monsieur le Professeur R. du Roure._

Je veux être moi-même, et je suis canadienne! Je suis fière du sang de l'aïeul maternel, Vieux soldat à l'ardeur napoléonienne Et du nom des _Valois_, c'est un legs paternel.

Ces choses vous diront mon orgueil de la France De ses mots rayonnant "d'azur et de cristal" Mais au fond de mon cœur, j'aime de préférence Mon pays vert ou blanc, j'y suis née... est-ce un mal?

Si de Châteaubriand, l'âme sonore et tendre En vous trouve un écho, notre beau Canada Vous saurez l'admirer, mieux encor, le défendre! Vous comprendrez mon cœur, je me nomme

ATALA.

ATALA _un nom purement canadien_.

TABLE DES MATIÈRES

Pages

Offrande 7

Réveil 9

Migration d'oiseaux 10

Un rêve 12

L'Envol de Gabrielle 13

Rayons, papillons et fleurs 14

Nos petits Souvenirs 15

A Botrel 16

Le don des larmes 18

Calendrier 19

Noces d'or 20

Départ d'ange 21

Idéales sympathies 22

Lis de Pâques 25

Paysage de velours 27

Sur l'eau 29

A deux 31

Les "Voix étranges" 34

La Voix des pins 35

Le parfum de grand prix 37

Sonnet 38

A la Reine du Printemps 39

Madame de Champlain 40

La Tête et le Cœur 41

La Mort du poète 42

Les Ombres 43

Compensation 44

Les lettres 45

Les ruines 47

Chante! 49

Le Prêtre 50

Les Midinettes 52

Marguerite 54

Le trait-d'union cordial 55

La Coquette 57

Caresses 60

Aviation 61

Profession de foi 62