Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris au XIIIe et au XIVe siècle
Part 45
Premierement quiconques voudra estre pourpointier à Paris estre le pourra, mès qu’il sache faire le mestier, en telle maniere que au commencement il paiera douze soulz parisis, c’est à savoir huit soulz au Roy et quatre soulz aus gardes d’ycelui mestier.
_Item_ que nulz ne sera maistres dudit mestier se il n’a esté aprantis en la ville de Paris pour temps deu, c’est à savoir sis ans touz accomplis, se il n’est vallet cousturier qui sera aprentiz deulx ans tant seulement pour ce que il scet de l’aguille, ou un vallet peletier qui sera quatre ans aprentis tant seulement, ou se il n’a esté maistres dudit mestier en autres bonnes villes.
_Item_ que nuls ne nulle du dit mestier ne pourra ouvrer de viéx et de neuf en son hostel, mès face le quel que il lui plaira sanz l’autre, sus paine de vint soulz parisis d’amende, c’est à savoir quinze soulz au Roy et cinc soulz aus gardes dudit mestier, et sus paine de perdre l’euvre, sauf ce que se une personne le vouloit faire pour son user et de ses estoffes, faire le pourroit.
_Item_ nuls varlèz du dit mestier ne pourra tenir aprentis.
_Item_ que nuls maistres du dit mestier ne pourra avoir que deulz aprentis ne ne les pourra prendre à mains de temps ne à plus petit terme que les sis ans dessus diz, excepté les vallèz cousturiers et peletiers que il pourront prandre pour le temps dessus esclarci, c’est à savoir le cousturier deulz ans et le peletier quatre et non à mains, mès à plus se il leur plest.
_Item_ que nuls ne soit si hardis de mettre viéx coton entre bougueren et toille neuve au dessouz de deulz livres sus paine de sept soulz parisis, c’est à savoir cinc soulz au Roy et deulz soulz aus gardes d’ycelui mestier.
_Item_ que nuls ne face doublet neuf où il y ait escroes ne autres choses fors tout coton, et, se il y a bourre de soye ne escroes de toille ne autres estoffes, qu’il soient fait enfermes et contrendroit et qui autrement le fera, il sera tenuz pour faus et paiera l’amende au Roy.
_Item_ que nuls ne taille doublet ne cote fort gamboisiée se il n’a acheté le mestier du Roy.
_Item_ que nuls ne face viéx doublet de vielle toille qui soit lisiée ne apesté de nul afaitement fors tout autel que elle vient de la buée et qui autrement le fera, l’euvre sera fausse.
_Item_ quiconques fera doublet d’ycelle toille qui vendra de la buée, que il ne le face à moins de libre et demye de viex coton et que il n’i mette que coton net du dessouz de trois libres et, se il poise plus de trois libres, que il y ait contrevers et contrendroit.
_Item_ que nuls ne face doublet de bourre plus lonc de demy aune et de demy quartier et qui autrement le fera, l’euvre sera arse et l’amendera au Roy.
_Item_ que en touz les guarnemenz qui seront fais d’orez en avant, chascun du dit mestier y mette i essamplaire au colet de la façon et des estoffes qui seront dedens, par quoi les bonnes gens n’i puissent estre deceus.
_Item_ que nuls ne vende denrées au Dymenche, fors une personne du dit mestier seulement, qui le fera chascun à son tour, sus paine de dis soulz parisis d’amende, c’est à savoir sept soulz au Roy et trois soulz aux gardes du dit mestier.
_Item_ que nuls ne soit si hardis de mettre en euvre l’aprentis d’autrui, se il n’a fait[1210] son terme ou se n’est par le congié de son maistre.
_Item_ que ou dit mestier et pour ycelui garder seront chascun an establiz deulz personnes du dit mestier par nous ou par noz successeurs prevos de Paris pour ycelui mestier garder et pour raporter toutes les mesprentures que il pourront savoir et trouver ou dit mestier, et les quiéx pour ce faire auront leur part es amendes en la maniere que dessus est dit et que ci-dessous sera esclarci.
_Item_ quiconques mesprendra contre les poins ou aucuns des poins dessus esclarcis es quiex amendes ne sont esclarcies, il paiera dis soulz d’amende, c’est à savoir sept soulz au Roy et trois soulz aus dits gardes.
Les nons des bonnes gens du dit mestier qui furent presens en jugement par devant nous et qui les choses dessus dites accorderent comme dessus est dit sont tiéx [suivent les noms].....
En tesmoing des quelles choses dessus dites nous avons mis en ces lettres le seel de la prevosté de Paris l’an de grace mil trois cents vint et trois, le lundi vint jours ou mois de Juing.
(Bibl. nat. fonds franç. 24069, fº 65 rº.)
XLVI
Ordonnance de l’abbaye de Sainte-Geneviève sur les tiretainiers de Saint-Médard.
Fin du XIIIe ou commencement du XIVe siècle.
Nous volons et ordenons que toutes les foiz que aucun tiretanier venra en lad. ville pour ouvrer du mestier de tiretaines et de sarges, il doit prendre congié de nous avant que il puisse asseoir son mestier.................. Que toutes les tiretaines et les sarges que l’en fait et..... fera en la dicte terre doivent avoir III quartiers en ros ou plus et, se einsint estoit que il ne feussent de droit lé ou d. ros, cil qui les feroient en seroient en amende de V s.--Que nus ne puisse faire en ladicte terre ne vendre tiretaines de bourre mellée avecques laine ne de poil de vache.....--Que nul marcheant estrange, se il n’estoit nostre hoste, ne puisse vendre tiretaines ne sarges que il aporte dehors en la dicte terre, se ce n’estoit en trespassant I jour ou II au plus et par le congié de nos jurés..... et se il le faisoit, il seroit en nostre amende de XL s., les II pars à nous et à nostre maire et la tierce à nos juréz et au serjent qui seroit avec euz.--Que nus ne puisse faire tiretaines ne vendre en la dicte terre de noir d’escorce que il n’i ait la moitié d’autre couleur avecques et que il n’i ait que IIII duites de noir au plus en I tenant et seur paine de X s. à paier en la maniere desusd.--Pour ce que l’en ne voise en nostre terre contre les establissemenz desusd., nous volons que nostre maire et nos juréz voisent par les mesons toutes foiz que il leur samblera bon, pour garder..... que il n’i ait mesprison ou male façon ou d. mestier.
(Livre de justice de Sainte-Geneviève, fº 12.)
XLVII
Devis d’un travail de broderie commandé à Jean de Clarcy, brodeur du roi par Isabelle de Bavière, pour la tenture d’une chapelle et les vêtements du chapelain.
11 février 1410 (n. s.).
Coppie de la devise et du marchié fait pour une chappelle broderie sur veloux asur que la Royne a ordonné faire. Il a esté advisé que, pour une chappelle entiere de veloux azur pour la Royne il fault les parties qui s’ensuivent lesquelles doyvent estre faictes par la maniere cy après declairée. Et premierement deux tables d’autel qui seront chascune de II aulnes et demie de long et de III quartiers et demi de lé largement et aura en chascune XL quarrés où il aura en chascun quarré une ystoire de la Passion brodée bien et richement de nues, estoiles d’or et royes de soleil.
2º Un ciel qui aura II aulnes et demie de long et II aulnes de lé et sera semé de nues à estoiles et royes de souleil d’or et aux IIII quignez IIII evangelistes et ou milieu un jugement de N. S., les pentes doubles brodées pardedens de nues, royes de souleil comme dessus et pardehors coppannées des armes de la Royne et d’un apostre ou un autre saint.
3º Une chasuble et cinq chappes où il aura sur chascune riches orfroiz de brodeure d’istoires de la Passion et de maçonnerie et de coppons des armes de la Royne faiz de brodeure bien et richement d’un quartier de lé chascune tout le champ semé de nues, estoiles et royes de souleil comme dessus.
4º Un tunique et dalmatique qui auront orfroiz sur le tour des manches et des coléz de demi quartier de lé ou environ d’appostres et des armes de la Royne faiz de brodeure bien et richement et frangé de franges et tout le champ semé de nues à royes de souleil et estoiles faictes d’or bien et richement.
5º Une couverture de chayere pour le prelat qui aura II aulnes I quartier de long et une aulne III quartiers de lé.
6º La couverture du letrin II aulnes de long et III quartiers de lé et sera frengée aux deux bouz, toutes ces deux couvertures brodées et semées de nues à estoilles et royes de souleil.
7º La couverture du livre aura une aulne de long brodée de nues comme dessus.
8º II estoles, III fanons, III paremens d’aube et d’amîtz, un estuy à corporaulx brodé tout de nues, estoiles et royes de souleil comme dessus.
9º Un parement de nappe d’autel qui sera fait d’ymages et des armes de la Royne copponnées, par dessoubz frangé de franges.
10º Et seront tous les ymages desd. ystoires par les lisieres brodéz de perles de semence par le colet et autour des manches et autour des dyadesmes où il aura plus grosses perles telles qu’il plaira à la Royne et qu’elle vouldra faire delivrer, etc.
Et pour faire les besongnes dessus d. de brodeure bien et richement au dit d’ouvriers, il a esté par le commandement de la Royne fait marchié par mons. de Roussay, son grant maistre d’ostel et Hemon Raguier, son tresorier à Jehan de Clarcy, brodeur et varlet de chambre du Roy pour le pris..... de IIII{m} escuz qui valent IIII{m}V{c} fr., par telle condicion que, s’il estoit trouvé par le dit d’ouvriers et gens en ce congnoissans, quant la dicte besongne sera faicte, que il y ait perte pour led. de Clarcy, il lui sera amendé au dit des dessus d. et doit avoir presentement sur son d. marchié V{c} fr. et de mois en mois jusques à fin de paye III{c} fr. et doit rendre lad. besongne faicte dedens Pasques prouchain venant en un an ou cas que on ne lui fera faulte en sesd. paiemens. Ce present marchié fait le XIe jour de fevrier l’an mil CCCC et neuf.
(Arch. nat. KK 48, fº 75.)
XLVIII
Arrêt du parlement condamnant Laurent Malaquin, orfévre, à rembourser à Jean Perez, écuyer castillan, un à-compte payé sur le prix de vaisselle en argent doré, laquelle n’avait pas été fabriquée conformément aux conventions des parties.
14 janvier 1402 (n. s.).
Constitutis in nostra parlamenti curia Johanne _Peres de Hee_, utifero de regno Castelle, actore ex una paarte et Laurencio _Malaquin_, aurifabro Parisius commorante, defensore ex altera, pro parte d. actoris propositum extitit quod ipse de faciendo certam vaissellam argenti deauratam certis modo et forma declaratis... in litteris contractus super hoc sub sigillo Castelleti nostri Par. confectis cum d. defensore certo precio..... convenerat, de qua summa idem defensor 600 libras tur. receperat... et eandem vaissellam reddere... debebat factam... infra XXII{am} diem mensis novembris ultimo lapsi sub pena XL{ta} solidorum tur. pro qualibet die qua defectus esset post dictum terminum lapsum nobis et parti mediatim applicandorum, et quia dictus defensor predictam vaissellam juxta tenorem dicti contractus non fecerat, dictus actor ipsum adjornari fecerat coram preposito Parisiensi a quo certa pro parte dicti defensoris appellacio interjecta et per nostram Parlamenti curiam postmodum adnullata fuerat ac certi commissarii dati... qui dictam vaissellam per magistros et bachalarios ministerii aurifabrie et alios in opere expertos visitari fecerant et per eorum rapportum repererant quod dicta vaissella non erat bene facta neque modo et forma in litteris contractus pred. contentis, prout apparere poterat per litteras dicti rapportus ad quas se referebat, quare petebat ipsum defensorem ad sibi reddendum et deliberandum predictam vaissellam factam juxta tenorem dicti contractus ac in penis, dampnis interesse et expensis condempnari, supradicto defensore ex adverso proponente quod ipse predictam vaissellam bene... fecerat secundum precium quod inde habere debebat, nam de qualibet marcha operata ad octo francos duntaxat convenerant et nullus reperiretur operarius qui eam faceret pro XIIII francis et in qualibet marcha semi francum amiserat, in litterisque contractus scriptum erat optime rubeum deauratum et postea bene rubeum deauratum et ad sui exoneracionem sufficiebat... quod dicta vaissella esset competenter rubea deaurata atque poinçonnata et foliata et, si quis defectus erat, omnia emendare offerebat....... curia nostra dictum defensorem ad reddendum... eidem actori summam pecunie quam pro dicta vaissella facienda ab eo receperat ac in ejus dampnis interesse et expensis... condempnavit... eundem defensorem a penis relevando et ex causa ordinavitque..... quod dicta vaissella in manu nostra remanebit usque ad plenam... omnium premissorum satisfactionem.
(Reg. du Parlement, X{1a} 49, fº 96 vº.)
XLIX
Arrêt du parlement interdisant le plaqué et ordonnant la vente secrète, au profit de l’orfévre, d’un hanap en plaqué.
29 janvier 1396 (n. s.).
Constitutis in nostra Parlamenti curia procuratore nostro generali pro nobis ex una parte et dilecto et fideli consiliario nostro episcopo Parisiensi et Albreto Magni aurifabro, prout eorum quemlibet tangere poterat ex altera, fuit ex parte dicti procuratoris nostri propositum quod..... super artificio sive ministerio aurifabrie, sicut in ceteris, certi erant jurati et visitatores deputati, ad quorum nuper devenerat noticiam quod dictus Albretus quemdam ciphum argenteum rotundum pedem habentem una cum operculo in domo sua fieri fecerat, cui desuper eo visitato per ipsos tam intus quam extra aurum sic artificialiter adjunctum repererant quam tam in coopertorio quam corpore ipsius ciphi cuilibet prima facie conspicienti totaliter aureus apparebat, et ideo falsus, reprobus et deceptibilis tam in corpore quam operculo et contra ipsius ministerii statuta existebat, quia alterius se condicionis et materie quam erat exibebat, nam primo aspectu de auro puro credebatur, cum revera ab intus argenteus existeret, et esse posset occasio in quibuscunque aliis rebus ex argento confectis similiter operandi, quod in maximum cederet et cedere posset rei publice detrimentum et fraudem, perniciosumque exemplum atque ville Parisiensis, quam in bonis et licitis operibus inter ceteras regni nostri civitates precellere, presertim in argenteis et aureis operibus, publica vox et fama locuntur, quare petebat dictus procurator noster vas supradictum tanquam falsum nobis confiscatum et acquisitum et destruendum atque frangendum fore dici et pronunciari dictumque Albretum ab ulteriori dicti artificii seu ministerii aurifabrie Parisisius exercicio privari..... dictus vero Albretus peticioni dicti procuratoris nostri defendendo proponebat quod ipse in dicto aurifabrie ministerio seu artificio peritus erat et expertus artemque predictam sic aurum cum argento consolidandi et adjungendi repererat, in dictoque cipho nulla erat falsitas vel deceptio, nam in superiori parte operculi sive copertorii et in inferiori parte ipsius ciphi apparebat per quemdam clavellum argenteum ibi exeuntem et positum firmaturam auri in eo existentis facientem et tenentem, quod ciphus predictus in interiori sui parte argenteus existebat, quod etiam ex pondere ac ex pluribus aliis circum ligaturis argenteis et ipsius ciphi auribus[1211] deauratis quas, si esset ex auro puro, non licuisset, nisi essent de auro, secundum ipsius ministerii statuta et ordinaciones, circumponere, faciliter cuilibet intuenti poterat apparere, nulle eciam erant ordinaciones vel statuta hujusmodi operis prohibitoria, quin ymo utilis erat ciphus habere nolentibus vasa ex auro puro confecta, prout et nonnulli domini hiis temporibus appetebant..... in quantum vero dictum Albretum concernebat, dicebat, prout supra, dictus procurator noster replicando supradictum ciphum esse falsum et deceptione plenum, cum sit argento inter aurum duplex forratum, quod difficilime et potissime per non expertos in opere poterat percipi, duo vero clavelli in superiori et inferiori parte ipsius exeuntes de facili poterant removeri et alii de auro apponi, et supposito sine prejudicio quod revera dictum opus non esset falsum, attamen propter fraudes que talium occasione fieri possent, non esset permittendum, possent et enim plures alia vasa simili modo fabricare et ea vel pignorando tradere, vel aliorum omnino aureorum loco supponere..... predictus autem Albretus hujusmodi non erat operis adinventor, nam et alias plura facta fuerant, que fieri fuerant propter fraudes et sequelas prohibita. Fuerat eciam alias dictus Albretus opera falsa faciendi suspectus, et jamdudum, ut ad dicti procuratoris nostri pervenerat noticiam, aliud vasculum seu gobeletum de ere pro auro vendiderat, et, ne ejus malicia detegeretur, delictum ipsum, restituta emptori pecunia, occultaverat..... prefata curia nostra per suum arrestum ordinavit et ordinat quod de cetero talia vasa vel alia talis materie non fiant..... quod ciphus supradictus per manum ejusdem curie nostre ad utilitatem dicti Albreti occulte et non publice vendetur[1212].
(Reg. du Parlement, X{1a} 43, fº 99 vº.)
L
Statuts des émailleurs.
Septembre 1309.
Quiconques veult estre esmailleur d’orfaverie à Paris estre le puet franchement en fesant le mestier en la maniere qui s’ensuit.
Premierement que nulz ne puisse ouvrer de mauvais esmail ne de voirre de plonc en or ne en argent, car il est de mauvaise condicion, car l’en en ouverroit bien sus argent où il auroit bien la moitié de mauvais aloy et ce ne porroit on faire de bon esmail, car le bon esmail ne se porroit souffrir à mettre, fors que sus bon or et sus bon argent, le voirre de plonc n’est pas dignes à ouvrer, ains est faux et dignes à condampner hors du mestier, car il se maingne de toutes sueurs et de toutez yaues et si n’a pas en un marc de telle œvre fausse une once d’argent, et par ycelle façon de tieux esmaux faux les faisoit l’en samblables à esmaux d’or, et les mettoient les merciers en chapiaux avec fines pelles dont ceus qui les achetoient estoient deçeus.
_Item_ que nulz ouvriers dudit mestier ne autres ne puisse mettre en or ne en argent voirre pains ne cristauz pains ne saffrés, pour ce que ceus en sont deceus qui les achettent, se on ne les fait faire par certaines convenences ou marchié faire en œvre d’eglise ou en œvre des royaulz.
_Item_ que nulz ouvriers du dit mestier ne puisse esmaillier chose qui soit férue en taz qui soit cruese dessouz, pour ce que, quant l’en achete une çainture, l’en cuide qu’il y ait un marc d’argent, et il n’en y a pas la moitié.
_Item_ que nulz ne puisse clouer ne river pieces à bates ne à deus fons, se l’en ne les fait si que l’en les queuse[1213] par les costéz, car quant elles sont clouées, elles samblent estre massées[1214] et c’est decevance à ceus qui les achetent.
_Item_ que nulz ne puisse esmailler pieces ferues en taz qui viengnent tailliés du taz qui passent le grant d’un artisien et que celle dite piece soit plaine et plannée par dessouz, par ce que l’en fesoit grans pieces pour çaintures ferues en taz qui estoient si flebes d’argent que l’esmail n’i poent demourer longuement entiers sus telle fausse taille, et si n’i a pas le tiers d’argent qu’il samble et de telle fausse œvre touz ceus qui les achetent en sont deceus.
_Item_ que nulz ne puisse ouvrer de nuis ou dit mestier en avant de cuevre feu ne faire ouvrer ne relever de nuis jusques à plain jour que l’en puisse veoir à ouvrer de la lueur du jour, se ce n’est es œvres des royaulz, pour ce que l’œuvrages des faussez œuvres ne voudroit rien, car l’en le feroit de nuis.
_Item_ que nulz maistres qui tiegne le mestier ne puisse prendre ne avoir que un aprantiz ne à mains de dis anz, et quant ycelui aprentiz aura fait la moitié de son terme des dis anz, que le maistre en puist prendre un autre aprentiz seulement à tel terme que dit est.
_Item_ se aucuns aprentiz se rachete par argent envers son maistre avant qu’il eust tout fet son terme par aucune ochoison, quelle que elle fust, que li aprentiz ne puist prendre ne avoir aprentiz devant que les dis années de son dit terme soient acomplies, et qu’il ne puisse tenir ledit mestier en son hostel jusques à tant qu’il aura esté esprouvé souffisament et qu’il aura fait serement de tenir et garder toutes les ordenances du mestier.
_Item_ li maistre qui auront eu l’argent de leurs aprentiz pour leur rachat ne puissent prendre point de autre aprentiz devant que les cinc années dudit terme soient acomplies de son aprentiz, excepté seulement un aprentiz qu’il porra prendre à la moitié dudit terme, si comme dit est par devant.
_Item_ que les maistres qui maintenant sont, c’est à savoir en l’an MCCC et nuef ou mois de septembre [et] ont deus aprentiz ou trois, n’en puisse plus nul prendre devant que le darrenier aprentiz n’ait mais à faire que la moitié de son service.
_Item_ que nulz ouvriers, soit maistres ou autres qui vœille ouvrer dudit mestier à Paris, qui soit de dehors ou viengne d’estrange païs pour ouvrer à Paris, ne puisse ouvrer en son hostel pour tenir ledit mestier jusques à tant qu’il aura esté esprouvé souffisamment, et qu’il aura fait le serement envers ceus du mestier à qui il appartendra à faire que bien et loialement feroit le mestier et tendroit les ordenances dessus dites.
_Item_ que nulz des maistres du mestier dessus dit ne baille ouvrage à faire à autrui aprentiz qui soit en autrui service en feste, ne en diemanche, ne à jour ouvrable, car c’est une maniere de fortraire l’aprentiz.
Et quiconques mesprendra ou dit mestier ou sera trouvéz mesprendant en aucuns des articles des choses dessus dites, il paiera trente soulz par. d’amende, et si perdera la fausse œvre, des quiex trente soulz d’amende li roys en aura vint soulz et les maistres qui garderont ledit mestier en aront dis soulz pour leur paine par la main du prevost de Paris, les quix maitres qui garderont le dit mestier y seront mis et ostéz par le prevost de Paris toute foiz qu’il li plera.
Lesquelles choses dessus dites, si comme elles sont divisées dessus, Adam de Saint-Denis, Lucas l’esmailleur, etc......... touz esmailleurs d’orfaverie de la ville de Paris, de leur bone volenté, voudrent, loerent et acorderent et les promistrent par leurs seremens avoir fermes et estables...... sauf à nostre seigneur le Roy et au prevost de Paris de muer et corriger es choses devant dites toutes fois qu’il leur plaira.
(Bibl. nat. fonds fr. 24069, fº 76 vº.)
LI
Conclusions présentées au parlement par les orfévres contre les fermiers de l’impôt sur la mercerie, pour faire déclarer exempts de l’impôt un certain nombre d’articles qui font partie à la fois du commerce des orfévres et de celui des merciers.
XIVe siècle.
Ce sont les choses que les orfevres de Paris dient contre les fermiers de l’imposition des merciers disans que à l’imposition des orfevres appartient à paier des choses qui s’ensuivent IIII d. pour livre et non pas ausd. fermiers de l’imposition desd. merciers.
1. _Item_ à ce que il demandent l’imposicion de toutes manieres de patenostres, respondent les d. orfevres que de celles d’or et d’argent ne doivent point avoir d’imposition, car c’est orfavrerie et toute orfavrerie appartient à l’imposition des d. orfevres de toutes manieres de genz qui les vendent en la ville de Paris et es forbours.
2. _Item_ à ce qu’il demandent or et argent fillé de Lucques, de Paris et d’ailleurs et de tout or et argent en feuille et or soudé, combien qu’il l’appellent orpel et argent pel, respondent les orfevres que c’est orfavrerie, car il passe par le martel et par la forge et ne le font pas les merciers, mès le font les orfevres et, puis que c’est orfavrerie, aus d. orfevres appartient et non à euls...
3. _Item_ à ce que il demandent imposition de toutes gibecieres et de toutes bourses, respondent les d. orfevres que là où il auroit or, argent et pelles et perrerie que c’est orfavrerie...
4. _Item_ à ce que il demandent l’imposicion de touz aguilliers de soie, d’or et d’argent, respondent les d. orfevres que se la couverture de l’aguillier estoit d’or ou d’argent ou garni de perrerie, que c’est orfavrerie et les font les orfevres et non pas les merciers......