Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris au XIIIe et au XIVe siècle

Part 3

Chapter 33,176 wordsPublic domain

_Recouvreeurs_, couvreurs. 21 31

_Recouvreeurs_ (_Vallets_). 1 »

_Relieurs_, Voy. _lieurs_. » »

_Retondeeurs_, ouvriers qui tondaient les 9 2 draps qui avaient subi déjà une première tonte.

_Retordent fil_ (_qui_). » 1

_Saintiers_, fondeurs de cloches. Voy. » 1 _Compte de la refonte d’une cloche de Notre-Dame de Paris en 1396_, tirage à part, p. 9.

_Sarges_ (_qui fet les_). 1 »

_Sargiers._ » 2

_Sarrasinoises_ (_qui fait œuvres_). » 1

_Savonniers_, fabricants de savons. 8 5

_Scieurs d’es_, scieurs de long. Cf. » 2 _siéeurs_.

_Séelleeurs_, graveurs de sceaux. 8 7

_Séelleeurs_ (_Vallets_). 2 »

_Selières._ » 2

_Seliers._ 51 63

_Seliers_ (_Vallets_). 7 1

_Serruriers[45]._ 27 36

_Siéeurs_, Cf. _scieurs_. 7 »

_Soie_ (_femmes qui carient_). » 2

_Soie_ (_qui dévident_). » 1

_Soie_ (_femmes qui font tissus de_). » 1

_Soie_ (_ouvrières de_). » 38

_Soie_ (_ouvriers de_). » 4

_Sonnettes_ (_hommes qui font_). » 1

_Soufletiers_, fabricants de soufflets. 2 3

_Sueurs_, cordonniers. 25 27

_Tabletières._ » 1

_Tabletiers._ Ils faisaient des tables, des 21 19 étuis, etc., en bois, en ivoire, en corne. Voy. leur statut dans le _Livre des mét._

_Taçonneeurs_, savetiers. 1 »

_Taières_, _toières_. 7 »

_Taiers._ Ils faisaient probablement les » 3 taies d’oreillers.

_Tailleresses._ 1 »

_Tailleurs._ 124 160

_Tailleurs_ (_Vallets_). 7 »

_Tailleurs de dras._ 1 »

_Tailleurs d’or._ 1 »

_Tailleurs de pierre._ 12 31

_Tailleurs de robes._ 15 27

_Talemelières._ » 5

_Talemeliers._ 62 131

_Talemeliers_ (_Vallets_). 5 2

_Taneeurs._ 2 30

_Taneeurs_ (_Vallets_). » 2

_Tapicières._ » 1

_Tapiciers[46]._ 24 29

_Teinturières._ » 2

_Teinturiers._ 15 33

_Teinturiers_ (_Vallets_). » 2

_Teinturiers de robes._ 2 »

_Teinturiers de soie._ » 3

_Telières._ » 6

_Teliers_, tisserands de toiles. Voy. Du 11 1 Cange, vº _telarius_.

_Tiretainiers._ 4 »

_Tisserandes de toiles._ » 2

_Tisserands_, _tisserandes_[47]. 82 360

_Tisserands_ (_Vallets_). » 2

_Tisserands de lange_, tisserands drapiers. » 1

_Tisserands de linge_, tisserands de toile. 4 7

_Tisserands de soie._ » 1

_Tissus_ (_qui fait_, _feseresse de_). 2 »

_Toiles_ (_qui bat les_). 1 »

_Toilliers._ Ce mot doit être compris comme 3 » teliers.

_Tondeurs._ 20 36

_Tonnelières._ » 2

_Tonneliers._ 70 89

_Tonneliers_ (_Vallets_). 2 »

_Tourneurs._ 12 15

_Treffiliers._ 8 9

_Treffiliers d’argent._ » 1

_Tripières._ » 3

_Tripiers._ 3 3

_Trompeeurs_, faiseurs de trompes et non pas 3 4 joueurs de trompes, comme le dit Géraud. Voy. _Ord. relat. aux mét._, p. 360-361.

_Trumeliers_, fabricants de l’armure qui 1 » couvrait les jambes et qu’on appelait _trumelières_.

_Tuiliers_, fabricants de tuiles. 22 9

_Vanetiers._ 1 »

_Vaniers._ Ces deux mots sont synonymes. 4 »

_Veilliers_, fabricants de vrilles. Ils 3 2 appartenaient à la corporation des févres.

_Veluet_ (_qui fait le_), ouvrier en velours. 1 »

_Verriers_, _voirriers_, verriers. 17 14

_Viroliers_, faiseurs de viroles. Cf. 3 5 _garnisseeurs_.

_Voirrières._ » 1

Disons maintenant dans quelles branches d’industrie Paris se distinguait et s’était fait une réputation. La draperie parisienne, sans atteindre le même développement que celle de Flandre, avait pris une assez grande extension. La capitale était une des villes «_drapantes_» qui composaient la hanse de Londres[48]. L’étoffe de laine qu’on y fabriquait sous le nom de _biffe_ jouissait d’une grande renommée[49]. Le _Dit du Lendit rimé_ parle des draps parisiens[50] qui sont également mentionnés dans les tarifs des marchandises vendues aux foires de Champagne[51]. De tous les gens de métiers inscrits dans le rôle de 1313, les drapiers sont certainement les plus imposés, et par conséquent les plus riches. Il en est dont la cote s’élève à 24 livres, à 30 liv., à 127 liv., à 135 liv., et c’est un drapier qui supporte la plus forte contribution du rôle, qui est de 150 livres[52].

La mercerie était aussi très-florissante à Paris et y attirait un grand concours de marchands de tous les pays[53]. Le commerce des merciers comprenait des objets très-divers, dont la fabrication exigeait déjà ce goût et ce savoir-faire qui recommandent aujourd’hui les produits parisiens à l’étranger[54].

Enfin la bijouterie parisienne était très-estimée, à en juger par des vers du roman d’Hervis qui la mettent sur le même rang que les draps de Flandre[55].

L’activité industrielle et commerciale se déployait surtout sur la rive droite de la Seine qu’on appelait le quartier _d’outre Grand-Pont_. Les artisans de même profession étaient fréquemment groupés dans le même quartier; mais il ne faut pas considérer cet usage comme étant d’une constance absolue, car les artisans et les consommateurs avaient un intérêt commun à ce que chaque industrie n’eût pas un centre unique, les premiers pour ne pas se faire une concurrence préjudiciable, les seconds pour trouver à leur portée les produits dont ils avaient besoin. Aussi, quand on parcourt les registres des tailles de 1292, de 1300 et de 1313, ne s’étonne-t-on pas de la diversité des métiers qui s’exerçaient, pour ainsi dire, côte à côte. Cependant le nom seul de certaines rues, qui s’est conservé jusqu’à nos jours, prouverait qu’elles étaient, à l’origine du moins, le siége d’une industrie spéciale. Le nom de la Mortellerie est expliqué par le passage suivant: «... en la rue de la Mortèlerie, devers Saine, où l’on fait les mortiers[56]...» La population de la Tannerie se composait en majorité de tanneurs[57]. Les selliers, les lormiers et les peintres étaient domiciliés en grand nombre dans la partie de la _Grant Rue_ ou rue Saint-Denis, qui s’étendait depuis l’hôpital Sainte-Catherine jusqu’à la porte de Paris, et qui était appelée la _Sellerie_[58]. La rue Erembourg de Brie portait aussi le nom de rue des Enlumineurs, qu’elle devait à la profession de ses habitants composés presque exclusivement d’enlumineurs, de parcheminiers et de libraires[59]. C’était dans les rues Trousse-Vache et Quincampoix que les marchands de tous les pays venaient s’approvisionner de mercerie[60]. Les tisserands étaient établis dans le quartier du Temple, rue des Rosiers, des Ecouffes, des Blancs-Manteaux, du Bourg-Thibout, des Singes ou Perriau d’Etampes, de la Courtille-Barbette et Vieille-du-Temple[61]. Jean de Garlande nous apprend que les _archers_, c’est-à-dire les fabricants d’arcs, d’arbalètes, de traits et de flèches, avaient élu domicile à la Porte Saint-Ladre[62]. On comptait un grand nombre de fripiers dans la paroisse des Saints-Innocents[63]. Les _attachiers_ demeuraient sur la paroisse Saint-Merry, car, durant le carême, ils cessaient de travailler quand complies sonnaient à cette église[64].

Ces agglomérations, dont nous pourrions donner d’autres exemples, s’expliquent par plusieurs causes. D’abord, les membres d’une association, unis par des occupations et des intérêts communs, ont une tendance naturelle à se grouper. Indépendamment de cette cause générale, plusieurs corps de métiers étaient attirés dans certains quartiers par les exigences de leurs industries, d’autres ne pouvaient s’en écarter pour des raisons d’hygiène ou de police. Certaines industries, telles que la teinturerie, ne pouvaient s’exercer que dans le voisinage d’un cours d’eau[65]. Au mois de février 1305 (n. s.), Philippe le Bel rétablit les changeurs sur le Grand-Pont, qu’ils occupaient déjà avant sa destruction, et défendit de faire le change ailleurs[66]. Il est aisé de découvrir le motif de cette interdiction: le commerce de l’argent, se prêtant à des fraudes nombreuses, nécessitait une surveillance active que la réunion des changeurs dans un lieu aussi fréquenté que le Grand-Pont, rendait beaucoup plus facile[67]. C’est sans doute pour la même raison que le prévôt de Paris assigna aux billonneurs une place nouvellement créée vis-à-vis de l’Écorcherie, au bout de la Grande-Boucherie. Plusieurs obtinrent de rester dans la rue au Feurre, en représentant qu’elle était située au centre de Paris, près de la rue Saint-Denis, la plus commerçante de la ville, et dans le voisinage des Halles. Les billonneurs domiciliés sur le Grand et le Petit-Pont furent compris dans cette exception, les autres durent se conformer à la mesure prise par le prévôt[68]. En 1395, le procureur du roi au Châtelet voulait obliger les mégissiers qui corroyaient leurs cuirs dans la Seine depuis le Grand-Pont jusqu’à l’hôtel du duc de Bourbon, à transporter plus en aval leur industrie, parce qu’elle corrompait l’eau nécessaire aux riverains et aux habitants du Louvre et dudit hôtel[69].

L’intérêt de la salubrité publique avait fait placer les boucheries hors de la ville[70], parce qu’à cette époque on avait l’habitude d’y abattre et d’y équarrir les bestiaux. La Grande-Boucherie ne fit partie de Paris que depuis l’agrandissement de la capitale par Philippe-Auguste. Elle était située au nord du Grand-Châtelet[71], et désignée aussi sous les noms de boucherie Saint-Jacques, du Grand-Châtelet et de la porte de Paris. Elle se composait de trente et un étaux et d’une maison commune nommée le _four_ du métier, parce que le maître et les jurés y tenaient leurs audiences[72].

Les étaux des bouchers de Sainte-Geneviève se trouvaient dans la rue du même nom. Ils y jetaient le sang et les ordures de leurs animaux et avaient fait pratiquer à cette fin un conduit qui allait jusqu’au milieu de la voie. Un arrêt du Parlement, du 7 septembre 1366, les obligea à abattre, vider et apprêter les bestiaux hors Paris, au bord d’une eau courante[73].

Dom Bouillart attribue à Gérard de Moret, abbé de Saint-Germain des Prés, la création de la boucherie du bourg de ce nom[74]. Cependant, Jaillot assure que des actes du XIIe siècle font mention des bouchers de Saint-Germain[75]. Quoi qu’il en soit, par une charte du mois d’avril 1274-75, l’abbé Gérard loua à perpétuité aux bouchers y dénommés et à leurs héritiers seize étaux, situés dans la rue conduisant à la poterne des Frères mineurs, et appelée depuis rue de la Boucherie[76]. Le loyer de ces seize étaux s’élevait à 20 livres tournois, payables aux quatre termes d’usage à Paris, et était dû solidairement par chaque boucher. Le nombre ne pouvait en être augmenté ni diminué sans l’autorisation de l’abbé. Ceux qui devenaient vacants par la mort ou l’absence du locataire, ne pouvaient être loués qu’à des personnes originaires du bourg, et pour une somme qui ne devait pas dépasser 20 sous parisis. La vacance ou même la destruction de l’un d’eux n’opérait pas de réduction dans le loyer dont le taux restait fixé à 20 livres. Le défaut de payement amenait la saisie des biens meubles de tous les bouchers ou de l’un d’eux (_communiter vel divisim_), jusqu’à l’acquittement intégral de la dette. L’abbaye avait aussi la faculté de confisquer leurs viandes en cas de non-payement ou de violation d’une clause du bail. Dans la suite, les bouchers qui occupaient alors les étaux, convertirent spontanément les livres tournois en livres parisis et augmentèrent par là le loyer d’un quart. La charte rédigée à cette occasion, le mercredi 29 mars 1374 (n. s.), constate deux autres modifications apportées au bail. Le boucher sur lequel la saisie avait été opérée pour le tout eut désormais, contre ses codébiteurs solidaires, un recours dont la première charte ne parle pas, et l’étranger qui épousait une femme native du bourg, fut admis à s’y établir boucher pendant la durée du mariage. Indépendamment de ces seize étaux, la même rue en contenait trois autres qui ne sont pas compris dans le bail. L’abbé Richard, de qui émane la charte, prévoyant le cas où ce nombre augmenterait, se réserva, ainsi qu’à ses successeurs, le droit de les louer à des bouchers connaissant bien leur état et nés à Saint-Germain[77].

La fondation d’une nouvelle boucherie rencontrait l’opposition des bouchers du Châtelet, qui y voyaient une atteinte à leur monopole. Ils eurent un procès devant le Parlement avec les Templiers, au sujet d’une boucherie que ceux-ci faisaient construire dans une terre, sise aux faubourgs de Paris. Les adversaires des Templiers prétendaient être en possession d’instituer leurs fils bouchers avec la faculté d’exercer cette industrie pour toute la ville, sous la condition de l’autorisation royale[78]. Personne, disaient-ils, fût-ce un seigneur justicier, ne pouvait créer des bouchers, ni construire une boucherie à Paris ou dans les faubourgs, à l’exception de ceux qui en avaient depuis un temps immémorial. Philippe III, avec leur assentiment, accorda aux Templiers la permission d’avoir hors des murs deux étaux, dont la longueur ne devait pas dépasser douze pieds, et d’y établir deux bouchers, qu’ils ne seraient pas obligés de prendre parmi les fils de maîtres[79]. Il était permis à ces bouchers de faire écorcher et préparer les bestiaux par leurs garçons, mais ils étaient tenus de les dépecer et de les vendre en personne. Le roi les affranchit de tous les droits auxquels la corporation était sujette, en déclarant qu’il n’entendait pas porter atteinte par cette concession aux usages et priviléges de ladite corporation[80]. Cette transaction, datée du mois de juillet 1282, nous fait connaître l’origine de la boucherie du Temple.

Le 2 novembre 1358, le dauphin Charles autorisa le prieuré de Saint-Éloi à établir six étaux à bouchers dans sa terre située près de la porte Baudoyer et au delà de la porte Saint-Antoine. Le prieur obtint cette faveur en faisant valoir la commodité qu’elle procurerait aux habitants du quartier Saint-Paul, dont toutes les boucheries se trouvaient fort éloignées, et l’exemple de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés et du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, qui avaient des boucheries dans les faubourgs[81].

L’évêque de Paris possédait un étal situé entre la grande et la petite porte de l’Hôtel-Dieu. Cette position causant beaucoup d’incommodité aux malades et aux personnes de la maison, l’évêque et l’hospice s’accordèrent pour qu’il fût transporté plus loin, dans la rue Neuve-Notre-Dame, à condition qu’il resterait sous la juridiction du prélat, et que le boucher qui l’occuperait conserverait ses priviléges. Philippe de Valois consentit à l’un et à l’autre, au mois de décembre 1345[82].

Mentionnons enfin la boucherie du bourg de Saint-Marcel et celle du Petit-Pont, qui était sous la juridiction de Saint-Germain-des-Prés[83].

NOTES:

[2] Les Francs avec lesquels Clovis conquit la Gaule jusqu’à la Seine étaient peu nombreux; les terres du domaine public et les terres sans maître leur suffirent et ils ne dépouillèrent pas les Gallo-Romains d’une partie de leurs propriétés, comme le firent les Burgondes et les Visigoths. Voyez Waitz, _Deutsche Verfassungsgeschichte_, II, 54-55.

[3] Guérard, _Prolégomènes du Polyptique d’Irminon_, § 236. Pour donner une idée de la condition du travail avant le XIIe siècle, nous avons dû étendre les renseignements fournis par de trop rares documents à une époque antérieure à celle où ces documents ont été rédigés.

[4] _Ibid._ Voyez aussi l’organisation du personnel attaché au service des évêques de Worms au commencement du XIe siècle. Arnold, _Verfassungsgeschichte der Deutschen Freistædte_, I, 66-69.

[5] «Si mariscalcus qui super duodecim caballos est, occiditur... Si coquus qui juniorem habet occiditur, quadraginta sol. componatur. Si pistor, similiter. Faber aurifex aut spatharius qui publice probati sunt, si occidantur, quadraginta sol. componantur. _Lex Alamannorum_, tit. 79. Si quis servum natione barbarum occiderit lectum ministerialem... Qui aurificem lectum... Qui fabrum argentarium... Qui fabrum ferrarium... Qui carpentarium bonum occiderit...» _Lex Burgundionum_, tit. X. Voyez aussi le capitulaire _de Villis_, cap. 45.

[6] Cap. _de Villis_, cap. 43 et 49 et Guérard, _Prolégomènes du Polyptique d’Irminon_, § 336 et 337.

[7] «Quicunque vero servum suum aurificem, argentarium, ferrarium, fabrum ærarium, sartorem vel sutorem, in publico attributum artificium exercere permiserit, et id quod ad facienda opera a quocunque suscepit, fortasse everterit, dominus ejus aut pro eodem satisfaciat, aut servi ipsius, si maluerit, faciat cessionem.» _Lex Burgund._ tit. XXI, § 2. La responsabilité du maître prouve qu’il profitait en partie de l’argent gagné par l’esclave, mais le mot _permiserit_ suppose que celui-ci était intéressé à travailler pour le public et qu’il gardait une partie du salaire.

[8] Voyez les textes note 5 ci-dessus. Gfrörer tire de ces textes des conséquences bien exagérées. Cette distinction entre les ouvriers ordinaires et les ouvriers d’élite, _approuvés_ suppose, selon lui, qu’il existait des corporations libres devant lesquelles ces derniers avaient fait preuve de capacité. _Zur Geschichte Deutscher Volksrechte im Mittelalter_, II, 143. Nous croyons que la supériorité de ces ouvriers était suffisamment établie par l’empressement avec lequel leurs services étaient recherchés.

[9] «Et si in ecclesia vel infra curtem ducis vel in fabrica vel in molino aliquid furaverit... quia istas quatuor domus casæ publicæ sunt et semper patentes.» _Lex Bajuv._ IX, 2.

[10] «Puer Parisiacus, cujus artis erat vestimenta componere... erat enim ingenuus genere.» Gregor. Tur. _Mir. S. Martini_, II, 58.

[11] Voy. le § 2, tit. XXI de la _Lex Burgund._ cité plus haut.

[12] Voyez Leroy, _Dissertation sur l’origine de l’Hôtel de Ville_ en tête de l’_Hist. de Paris_ de Félibien.

[13] _Tractatus de laudibus Parisius_, chap. 3 et 4 de la IIe partie dans _Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles_, par MM. Le Roux de Lincy et Tisserand.

[14] _Description de Paris au XVe siècle_, par Guillebert de Metz, même ouvrage, p. 198.

[15] Des statuts de 1397 nomment 24 aiguilletiers et 2 aiguilletières. Arch. nat. _Livre rouge vieil du Chât._ Y II, fº 143 vº.

[16] A la fin du XIIIe siècle, 124 faiseuses d’aumônières sarrasinoises, tant maîtresses qu’ouvrières, firent enregistrer leurs statuts au Châtelet. _Ord. relat. aux mét._, à la suite du _Livre des métiers_, p. 382. C’est une preuve entre plusieurs autres que les rôles de tailles ne contiennent pas le dénombrement complet de la population ouvrière de Paris.

[17] En 1325, il y en avait 18. Bibl. nat. Ms. fr. 24069, fol. 128.

[18] En 1404 (n. s.), on comptait environ 23 bourreliers (_Reg. des bann._ Y 2, fº 215 vº); nous en relevons 26 dans un accord passé entre eux et les selliers-lormiers le 16 avril 1405. (n. s.) _Ibid._ fº 224.

[19] En 1321 (n. s.) nous constatons l’existence de 14 boursiers et boursières de bourses en lièvre et en chevrotin. La plupart sont d’origine anglaise. Dans le nombre se trouve un mercier, dont le commerce comprenait bien d’autres objets que les bourses. Ms. fr. 24069, fº 44 vº. Remarquons que ces 14 personnes paraissent s’être occupées seulement de la vente des bourses.

[20] Par lettres-patentes du 26 septembre 1369, Charles V accorda le monopole de la fabrication de la bière à Paris à 21 brasseurs. Le roi réserva seulement aux quatre Hôtels-Dieu le droit de brasser de la cervoise pour la consommation des pauvres et des gens de la maison. (_Ord. des rois de Fr._ V, 222.)

[21] A la fin du XIIIe siècle, Paris comptait 80 brodeuses et 13 brodeurs. (_Ord. relat. aux mét._ p. 379.) Dans un règlement de 1303 figurent 25 brodeuses (ordené de tout le commun... especialment de Jehanne, etc.). Arch. nat. KK 1336, fº 113. En 1316, le nombre des ouvriers et ouvrières en broderie s’élevait à 179. Fr. 24069, fº 179. Dans ce dernier chiffre sont probablement compris les simples ouvriers et ouvrières.

[22] Le commerce des chandelles de cire, autrement dit des bougies, était dans la dépendance du chambellan de France. Cet officier avait inféodé à un particulier la maîtrise des 26 chandeliers de cire, qui avaient le monopole de la fabrication des bougies. Le maître et les chandeliers vendaient, moyennant un prix dont le maximum fut fixé par le Parlement à 5 s. tourn. par an, le droit de faire le commerce des chandelles de cire. C’était presque exclusivement des femmes qui se livraient à ce commerce (_Livre du Chât. rouge troisième_, fº 99 et Félibien IV, 525): «Les venderesses de chandelles de cire par la ville de Paris doyvent avoir congé des maistres des XXVI mestiers de cire.» Enquête du Parlem. de la Toussaint 1279. L. Delisle, _Restitution d’un vol. des Olim_, nº 388. En 1320, les pauvres femmes qui colportaient les bougies étaient en procès devant le prévôt de Paris avec le propriétaire des 26 maîtrises de chandeliers et les 26 maîtres chandeliers. (_Registre des bannières_, Y 3, fº 99.) Les bougies étaient faites aussi par les épiciers. _Ordonnance prévôtale sur les épiciers_, 30 juillet 1311. Ms. fr. 24069, fº 84 vº.

[23] Le _Livre des métiers_ nous fait connaître trois autres corporations qui travaillaient pour la coiffure et qui ne paraissent pas avoir été représentées dans les registres de 1292 et de 1300: les chapeliers de fleurs, les chapeliers de paon et les chapelières d’orfroi.

[24] Les maîtres chauciers qui prêtèrent serment d’observer les statuts rédigés au temps d’Ét. Boileau étaient au nombre de 45. Les mêmes statuts font connaître le nom de 33 ouvriers; mais, en ce qui touche les ouvriers, l’énumération des statuts est loin d’être complète. _Livre des mét._ p. 140-141.

[25] En 1327, il y avait à Paris 46 chaudronniers et chaudronnières. Ms. fr. 24069, fº 32 vº.

[26] Plus d’un siècle après la levée de nos deux tailles, en 1418, l’épidémie enlevait à Paris, en deux mois, 1800 cordonniers, tant patrons qu’ouvriers. (_Journal parisien sous les règnes de Charles VI et de Charles VII._)