Étude sur les maladies éteintes et les maladies nouvelles pour servir à l'histoire des évolutions séculaires de la pathologie

Part 9

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Tout bien pesé, nous sommes obligés de fixer à l’an 428 avant notre ère l’introduction de la peste d’Athènes dans le domaine de la pathologie, et c’est elle qui, jusqu’à preuve contraire, ouvre la marche des grandes épidémies dont la race humaine est condamnée à subir le tribut intermittent. On ne peut certifier, il est vrai, que ce fût son début. Mais, dans l’hypothèse de quelque apparition antérieure, il faudrait au moins reconnaître qu’elle devait dater de bien loin, puisqu’elle n’avait laissé aucune trace dans les chroniques contemporaines. Nous avons vu que les médecins furent complétement déroutés en présence de ce sinistre inconnu, et qu’ils rejetèrent la défaite de l’art sur cette ignorance forcée. Thucydide lui-même ne se décida à déposer un moment le burin de l’histoire et à parler la langue de la médecine, que pour prévenir la surprise des populations que le redoutable fléau menaçait dans l’avenir.

La maladie que je viens d’étudier était donc une entité morbide _nouvelle_, et j’espère avoir prouvé qu’elle ne peut être identifiée avec aucune de celles qui ont pris rang dans la nosologie actuelle. L’heure venue, elle abandonne la scène, et cède sa place à d’autres qui semblent avoir reçu mission de continuer son œuvre sous une autre forme.

«La peste d’Athènes, a dit M. Littré, est une des affections anciennes aujourd’hui éteintes[121].» Telle est aussi ma dernière conclusion.

Plusieurs siècles vont s’écouler sans que nous entendions parler d’un de ces fléaux destructeurs, dont l’expansion n’a d’autre limite que celle de la terre habitée. Pendant ce long intervalle, la peste d’Athènes s’est-elle obstinément éclipsée? Il est probable que parmi les épidémies signalées par les historiens, sous la seule désignation de _pestes_, plusieurs ne sont que des retours de la mémorable maladie. Mais le défaut complet d’indications ne nous permet que cette conjecture analogique, et nous en sommes toujours à déplorer que l’exemple de Thucydide n’ait point eu d’imitateurs.

Le regret bien naturel que suggère la privation de tant de précieux éléments d’étude, est trop rarement tempéré par la découverte inattendue de quelques récits moins écourtés, qu’on peut consentir à commenter sans s’exposer à se débattre dans le vide. De ce nombre est la relation de l’épidémie qui attaqua l’armée carthaginoise, sous les murs de Syracuse, l’an 395 avant Jésus-Christ. Diodore de Sicile, à qui nous la devons, a bien compris que la mention d’un pareil événement ne pouvait servir les besoins de la science qu’en lui faisant connaître au moins les principaux caractères de la maladie. Le tableau qu’il a tracé a même paru, à certains médecins, assez complet pour qu’ils en aient déduit hardiment la signification nosologique.

J’avoue, pour ma part, qu’il me reste encore bien des doutes. Mais il n’en est pas moins utile de poser les termes du problème, dans l’espoir que des recherches nouvelles pourront l’éclaircir[122].

L’armée carthaginoise, campée devant Syracuse, venait de détruire le faubourg et de piller les temples de Cérès et de Proserpine lorsqu’elle fut atteinte d’une épidémie meurtrière. Diodore énumère avec sagacité les influences étiologiques dont le concours, d’après lui, aurait produit ce désastre. A la vengeance des déesses irritées qu’il n’oublie pas de faire intervenir, selon les idées du temps, il ajoute l’ardeur insolite de la saison, et l’agglomération de plusieurs milliers d’hommes dans un lieu bas et marécageux. «_Locus ille palustris et concavus existit._» C’est même à l’insalubrité naturelle de cet emplacement qu’il attribue la maladie qui avait décimé quelques années auparavant les troupes athéniennes, pendant l’attaque infructueuse de la ville.

L’épidémie commença par les Africains dont les cadavres amoncelés gisaient sur le sol, et répandaient dans l’air ambiant des exhalaisons fétides. La mortalité fit des progrès rapides, et comme la maladie se communiquait à ceux qui soignaient les malades, personne n’eut plus le courage de les approcher. Pour surcroît de malheur, tous les efforts humains échouaient contre la violence et la rapidité presque foudroyante de ce mal.

Voici les symptômes qu’il présentait.

Au début, catarrhe, bientôt suivi de tuméfaction du cou; après quoi la fièvre s’allumait peu à peu, et les malades accusaient des douleurs dans le dos et un sentiment de pesanteur dans les jambes. Puis survenaient la dysenterie et une éruption de pustules (φλυκταιναι) sur toute la surface du corps.

Ces symptômes étaient les plus communs. Quelques individus pris d’un transport furieux avec oubli de toutes choses, couraient çà et là dans le camp et se ruaient sur tous ceux qu’ils rencontraient. Les malades expiraient le cinquième ou le sixième jour au plus tard, en proie à des souffrances atroces. Aussi tout le monde enviait-il le sort de ceux qui étaient morts en combattant.

Cette description nous montre une fièvre éruptive bien caractérisée, et quelques médecins y ont reconnu la variole. J’ai déjà prévenu que je n’en admets pas l’existence à cette époque, et je prie encore une fois mon lecteur de ne pas prendre de décision avant d’avoir entendu mon exposé de motifs. Je crois pouvoir dire, dès à présent, qu’au milieu des analogies qu’on fait valoir, on découvre, en y regardant de près, bien des différences essentielles.

Le catarrhe et le gonflement du cou, précédant l’invasion de la fièvre, n’appartiennent pas à la variole. Les deux éruptions comparées n’ont de commun que leur dissémination sur toute l’étendue de la peau. On serait sans doute trop exigeant si on demandait à Diodore des détails précis sur les phases diverses de la période éruptive jusqu’à la dessiccation. Mais il serait indispensable de bien définir les _phlyctènes_ dont il parle. Littéralement ce mot ne peut être accepté comme synonyme de pustule. Peut-être désigne-t-il des bulles pareilles à celles du pemphygus. Est-il permis d’affirmer qu’il s’agit d’une variole avant d’être bien renseigné sur tous ces points?

Remarquons encore que celle-ci, dans ses invasions les plus malignes, n’emporte les malades que dans la période suppurante, le onzième jour et souvent plus tard[123]. Nous avons vu que Diodore fixe au cinquième et tout au plus au sixième jour la terminaison funeste de la maladie qu’il décrit. L’opinion que je combats doit, si je ne me trompe, se trouver un peu gênée par tous ces contrastes.

L’épidémie des Carthaginois était une fièvre éruptive comme celle d’Athènes. Mais son exanthème n’est évidemment pas le même que celui qui a été si nettement décrit par Thucydide. La violence de la maladie, la rapidité de sa marche, sa résistance au traitement, le délire, etc., sont des traits qui s’appliquent à toutes les épidémies malignes, mais qui n’excluent pas leurs caractères individuels et distinctifs.

Dans la pensée de Diodore, la maladie résultait de la double action des miasmes putrides et des effluves paludéens. Il est certain qu’une pareille combinaison, coïncidant avec l’agglomération des troupes, aurait expliqué l’apparition d’une grave maladie participant, à la fois, du typhus et de l’affection intermittente: sorte de composé morbide binaire dont les exemples ne sont pas rares dans les fastes de l’épidémiologie[124]. Le tableau des symptômes dément cette prévision. Sans doute on compte, parmi les prodromes du typhus, des indices marqués d’état catarrhal, comme dans la maladie dont je m’occupe et dans beaucoup d’autres. Mais la forme et le caractère de l’éruption sont bien différents dans les deux cas. Quand le typhus est très-grave, il s’accompagne généralement de parotides. Mais elles n’apparaissent qu’avec l’exanthème tacheté ou même plus tard; tandis que le gonflement du cou, signalé par Diodore, en supposant qu’il provînt d’un engorgement glandulaire, se montrait dès le début, avant la fièvre. La _stupeur_ qui est, au dire d’Hildenbrand et de tous les praticiens, le symptôme «le plus essentiel, le plus frappant et le plus constant du typhus dans toutes ses périodes[125],» n’est pas même indiquée dans la maladie que je lui compare. La durée de celle-ci ne dépassait pas cinq à six jours. Le typhus se prolonge, au contraire, pendant deux semaines au moins, et c’est alors que certains actes critiques amènent la guérison ou la mort[126].

On pourrait objecter que le génie intermittent se mêlant, sous sa forme la plus grave, à l’état typhique, en a accéléré la marche et l’issue fatale. Mais ce ne serait ici qu’une vue théorique suggérée par l’action présumée des émanations paludéennes. Il va sans dire que cette question d’analyse clinique dépassait la compétence de l’historien qui n’avait pas qualité pour la poser.

Prenant donc le récit de Diodore dans sa teneur textuelle, je m’arrête à cette idée que si l’action des influences ambiantes a pu seconder, dans une certaine mesure, l’explosion et le développement de l’épidémie, il faut en rechercher la véritable origine dans une étiologie plus obscure. La _spontanéité_ des fièvres éruptives est un fait d’expérience que le paradoxe pourrait seul contester. La maladie des Carthaginois a suivi la loi commune.

Celle dont les Athéniens avaient été antérieurement frappés, n’était pas la même, car Diodore n’aurait pas manqué de nous le dire. Il se contente de la désigner sous le nom vague d’_affreuse mortalité_ (_fœda strage_), et il la rapporte formellement à l’action des marais favorisée par les conditions topographiques. Si cette interprétation est juste, ce qui n’a rien d’improbable, nous devons assigner une autre nature à la fièvre exanthématique que l’historien a jugée digne d’une description spéciale.

Cette maladie réunit quelques-uns des attributs des grands fléaux populaires: la léthalité invincible, qui déjoue tous les efforts de la médecine; la contagiosité qui la propage. Mais les circonstances mêmes au milieu desquelles elle se montre, excluent toute idée d’expansion illimitée, et on peut suppléer au silence de l’auteur en assurant qu’elle a dû naître et s’éteindre sur place. Elle mérite donc, dans le langage régulier de la science, la dénomination de _petite épidémie_.

Si nous la rapprochons des autres maladies analogues, groupées dans notre cadre nosologique, nous ne pouvons l’identifier avec aucune d’elles. Se présente-t-elle dans la relation de Diodore, avec sa physionomie habituelle? Est-elle modifiée par les complications accidentelles provenant de l’influence du milieu? Nous connaissons le caractère formidable de malignité que les fièvres éruptives de nos jours empruntent à leur association avec le typhus de l’encombrement ou l’affection paludéenne. Les fastes des armées en campagne renferment un grand nombre d’observations de ce genre. S’agirait-il d’une maladie vulgaire très-connue des anciens pathologistes, et que le génie épidémique aurait transformée momentanément en fléau inexorable? L’auteur a laissé sans réponse ces questions et bien d’autres qu’il aurait pu éclairer. _Tradidit disputationibus eorum._ Il serait imprudent de pousser plus loin ce commentaire.

Je n’ai qu’un mot à dire, et pour cause, d’une terrible épidémie qui vint s’abattre sur Rome l’an 819 de sa fondation, sous le règne de Néron (66 de J.-C.). Suétone se contente de la signaler en passant, et nous apprend qu’elle emporta, dans le cours de l’automne, _trente mille_ Romains[127]. L’énormité de ce chiffre est le seul motif de la mention que j’en fais. C’est surtout en présence de pareilles catastrophes qu’on en veut aux historiens de leur inexplicable laconisme. Tacite insiste aussi sur la férocité inouïe de cette maladie; mais il s’abstient de tout renseignement médical. Personne n’était épargné; les maisons, les rues étaient encombrées de cadavres; et pendant tout ce temps le ciel resta toujours serein (_Nulla cœli intemperies quæ occurreret oculis_)[128]. Contraste souvent remarqué pendant le règne des épidémies, et qui ne laisse pas que de surprendre ceux qui prétendent les rapporter à l’étiologie externe! C’est dans ce passage, malheureusement si concis, que le grand historien flétrit par un de ces mots sanglants, dont il a le secret, la mémoire détestée de Néron: «Au milieu du deuil de toutes les classes de la population, la mort des chevaliers et des sénateurs paraissait moins regrettable, parce qu’elle les dérobait aux fureurs du tyran!»

On comprend que je n’ai pas la prétention de hasarder une opinion quelconque sur la nature d’une maladie dont on ne nous fait connaître que le nécrologe. En la recueillant dans mes lectures, je n’ai eu qu’une pensée: c’est qu’elle précède de moins d’un siècle une grande épidémie formant, après plus de six cents ans, un nouvel anneau de la chaîne qui commence à la peste décrite par Thucydide. En entreprenant cette étude, je suis encore réduit à répéter que ma tâche aurait été moins lourde, si les écrivains médicaux, mieux pénétrés des intérêts futurs de la science, avaient dispensé, d’une main moins avare, les matériaux qu’elle avait le droit d’en attendre.

NOTES:

[53] Les documents recueillis plus tard par l’histoire ne sont que des extraits presque textuels de Thucydide. Diodore de Sicile, qui écrivait du temps de César et d’Auguste, rappelle les chiffres approximatifs de la mortalité générale; mais il ne dit pas un mot des symptômes. (Voy. _Biblioth. hist._, lib. XII, p. 110. Hanoviæ, MDCIIII.)

[54] Θουκυδιδου περι του πελοπουνησιακος πολεμου βιβλια ῆ--Thucydidis _de bello peloponesiaco_, libri VIII, p. 130-135. _Excudebat Henricus Stephanus_, MDLXXXVIII.

[55] Cette circonstance, si souvent vérifiée depuis pendant le cours des maladies populaires, avait assez frappé Thucydide pour qu’il y revienne dans un autre passage.

[56] Φλυκταίναις μικραις καὶ ελχεσιν.

[57] On ne saurait trop admirer la sagacité de Thucydide lorsque on le voit attribuer à l’ulcération (ελκωσεως) de l’intestin les évacuations colliquatives qui emportaient les malades. Il devançait ainsi de vingt-trois siècles la découverte d’un fait anatomo-pathologique qui devait être si abusivement généralisé par l’école de Broussais.

[58] Le jeu de mots qu’on prêtait à l’oracle n’existe qu’en langue grecque. λοίμος signifie _peste_, et λίμος, qui n’en diffère que par une lettre, veut dire _famine_. Il est probable que la prononciation en faisait le même mot.

[59] Thucydide, _ouvr. cit._, p. 232.

[60] «_Quum igitur ignem per totam Athenarum urbem incendi jussisset, non simplicem accensionis materiam, verum serta floresque suavissimos alimentum ipsius esse consuluit, unguentaque pinguissima et odorifera ipsis perfundi jussisset, ut aerem purum hoc modo redditum homines in mali subsidium respirarent._» (Galeni _ad Pisonem de Theriaca liber_. Ed. Kuhn, t. XIV, p. 281.)

[61] Actuarii Joannis _meth. med._, lib. v, p. 202. Venetiis, MDLIIII. La formule de ce prétendu antidote, échantillon ridicule de la polypharmacie ancienne, porte ce titre: _Antidotum Hippocratis ad morbum pestilentialem quo usus corona Athenis est donatus_.

Galien ne dit pas un mot de ce remède. D’après lui, la prescription d’Hippocrate se serait bornée à la désinfection de l’air. _Pestem illam... non aliter curaverit quam aeris mutatione alterationeque._ (Ibid.)

[62] Voy. la prétendue _lettre_ d’Hippocrate. (_Œuvres complètes_, trad. Littré, t. IX, p. 317.)

[63] Cette discussion est parfaitement exposée par M. Littré dans sa traduction d’Hippocrate (t. I, p. 39). Il y revient encore à propos de nouveaux documents (t. VII, p. XXIV). Les pièces falsifiées dont il s’agit sont réunies sous ce titre: _Lettres, décrets et harangues_ (t. IX, p. 312).

Il y a quelques années qu’un philologue éminent, M. Pétersen, a repris la question. M. Littré, après avoir examiné de près ses interprétations, n’en persiste pas moins à traiter de fabuleux le récit contenu dans _le Discours_, «quand même il y aurait un fait réel, c’est-à-dire, une maladie épidémique autre que la grande peste et qui parcourut la Grèce.» (T. VII, p. XLI.) Voici comment il résume son opinion: «La peste dont il est question dans le _Discours_ n’est pas la _grande peste_ de Thucydide. Les dates indiquées empêchent de l’admettre, ainsi que les circonstances de l’invasion. Mais comme cette _peste_ n’a pas d’autre garantie que le Discours, qui est lui-même un sujet de doute, on ne sait si elle est un fait réel ou due soit à l’imagination d’un rhéteur, soit à quelque confusion.» (_Ibid._, p. XLIII.)

[64] A. Krauss, _Disquisitio historico-medica de naturâ morbi Atheniensium à Thucydide descripti_. Stuttgard, 1831, p. 38.

[65] Littré, _Des grandes Épidémies_. (_Revue des Deux Mondes_, 1836, 4e _série_, t. V.)

[66] «_Existente igitur anno austrino, humido et leni hyeme quidem salubriter agebant._» (Hippocratis, _opera omnia, Foësio authore_. Francofurti, MDXCVI.--_De morbis vulgaribus_, lib. III, sect. III.--_Status pestilens._)

[67] Lucretii _de rerum naturâ_, lib. VI, vers. 1117-1135.

[68] Diodori Siculi, _op. cit._, lib. XII.

[69] Pausanias, _lib._ X, _cap._ 37.

[70] On raconte que Charles-Quint partageait la croyance populaire à l’empoisonnement des eaux. Il avait soin, quand il marchait en tête de l’armée, de porter une corne de licorne qui lui servait de gobelet pour puiser aux sources qu’il trouvait sur sa route. Cette corne passait alors pour posséder la vertu de neutraliser les agents vénéneux, qu’on supposait dissous dans le liquide de la boisson. (Guyon, _Hist. chronol. des épid. du nord de l’Afrique_, p. 99. Alger, 1848.)

[71] Hildenbrand, _du typhus contagieux_, trad. de l’allemand, par Gasc. Paris, 1811.

[72] Hildenbrand a vu la gangrène du nez suivre le typhus. Il a observé, en 1806, à Cracovie, pendant le règne d’une épidémie, des gangrènes presque sèches des mains et des pieds dont la peau se détachait sous forme de gants et de bas. (_Ibid._, p. 163.)

[73] Hildenbrand, _ouvr. cit._, p. 163-165.

[74] Plutarchi, _Vitæ parallelæ_.--_Pericles_, tom. I, p. 386. Londini, 1729.

[75] «_Per id tempus videtur corripuisse pestis Periclem non perinde ut cæteros, acris et acuta, sed quæ lento morbo diuturnoque, et sæpius alternante corpus ejus sensim conficeret et vim obtunderet mentis._» (Plutarchi, _Vitæ parallelæ_, t. I, p. 381.)

[76] Barthélemy, _Voyage du jeune Anacharsis_. MDCCLXVIII, t. I, p. 319.

[77] Æliani _Varia Hist._, lib. XIII, cap. XXVII, 1731.

[78] Augustus Schoencke, _de Peste Periclis ætate Athenienses affligente_. Lipsiæ, MDCCCXXI, p. 36.

[79] Plutarchi, _Parallela_, t. III, Périclès.

[80] _Biblioth. histor._, t. II, lib. XII, p. 101. Hanoviæ, MDCIIII.

[81] Caroli Mertens, _Observ. med. de febribus putridis_, etc. Vindobonæ, 1778, p. 179. Je note par anticipation que Mertens, qui s’y connaît, distingue la peste d’Athènes de celle qu’il avait sous les yeux; ce qui ne veut pas dire que je partage sa conjecture sur son étiologie initiale.

[82] Dalmas, _Dict. de méd._ en 30 vol. Paris, 1844, art. _Typhus_.

[83] Thucydide, _ouvr. cit._, p. 86.

[84] _Cadavera intacta à canibus et vulturibus tabes absumebat, satisque constabat nec illo nec priore anno in tanta strage boum hominumque vulturium usquam visum._ (Titi Livii _Decades_. Parisiis, MDXLIII, p. 314, _Decadis quintæ_ lib. I.)

[85] Schnurrer, _Chronic. d’Epid._, II, p. 69.

[86] Giovanni Boccaccio, _Il Decamerone_. Londra, 1757, t. I, p. 5. _Giornata prima._

[87] «_Is (pestis) tantopere illos adflixit, ut peditum ultra IV. M. equites CCCC, tum et cætera multitudinem et liberorum capitum et servitutem servientium plus quam X.M. amitterent._» (Diodori Siculi, _op. cit._, lib. XII, p. 110.)

[88] Barthélemy, _Voy. du jeune Anacharsis_, etc. T. II, p. 119. Paris, MDCCLXXXVIII.

[89] «Dans presque toute la Grèce, le nombre des esclaves surpasse infiniment celui des citoyens..... On en compte environ quatre cent mille dans l’Attique.» (Barthélemy, _ibid._, p. 109-110.)

[90] Barthélemy, _ibid._, p. 113.

[91] _Ibid._, p. 117.

[92] Si j’ai exposé trop minutieusement peut-être, cette statistique, c’est que j’ai découvert plusieurs inexactitudes typographiques dans le passage où M. Littré s’occupe de cette question. (Hippocrate, trad. Littré, t. I, p. 429.) La population d’Athènes y est élevée à 400,000 âmes, chiffre qui n’a été donné nulle part à ma connaissance. La mortalité y est portée à la somme inouïe de 80,000, etc. Je ne signale ces erreurs que pour éviter, à mon propre calcul, le reproche qu’il semblerait mériter par comparaison, et j’ai pris la précaution d’exprimer toujours mes nombres en toutes lettres. Gibrat, auteur d’une _Géographie ancienne_ qui mérite encore d’être consultée, a donné le relevé de la population d’Athènes du temps de Démétrius de Phalère, un siècle environ après Périclès. «On y comptait, dit-il, 71,000 habitants dont 21,000 citoyens, 10,000 étrangers et 40,000 serviteurs ou esclaves.» (T. I, p. 132, Paris, MDCCXC.)

[93] Lucrèce, _lib._ VI, vers. 1205-6.

[94] Lucrèce, _De la nature des choses_, poëme traduit en prose. Paris, 1845, p. 457.

[95] de Pongerville, _ouvr. cit._, _note_ 39.

[96] Krauss. _Disquisitio historico-medica_, etc., p. 25.--«_Est autem verisimile medicos, abscindendo artus imprimis pudenda, prohibere quin prorepens ad intima vitam ipsam extingueret malum tentavisse. Ergo Lucretius ita interpretans non reprehendus est._»

[97] Cit. par Krauss, _Disquisitio historico-medica_, etc., p. 25.

[98] Je me dispenserai de discuter l’opinion de Réad, qui attribue la peste d’Athènes à une intoxication par l’ergot de seigle. Cette hypothèse ne supporte pas l’examen; et quoique l’auteur avoue qu’il n’y tient nullement, il eût été plus sage de la passer sous silence. (Voy. Réad, _Traité du seigle ergoté_, 2e édit. Metz, MDCCLXXIV, p. 52-53.)

[99] Il paraît que Jean-Pierre Frank, qui professait la thérapeutique spéciale à Vienne, émit, en passant, le soupçon que Thucydide avait peut-être désigné la scarlatine. Jean Malfatti, un de ses auditeurs, s’empara de cette idée, et la publia plus tard comme fait incontestable. (_Encyclop. des sc. médicales, pathologie_, de J. Frank, t. II, p. 99.)

[100] Julius Rosenbaum, _Extraits et discussion de l’Histoire de la Syphilis dans l’antiquité_, traduits par Jos. Santlus. Bruxelles, 1847, p. 263.

[101] Le travail où M. Krause expose et défend cette opinion porte ce titre: _Ueber das alter der Menschenpocken_, etc., _Recherches sur l’âge de la variole et de quelques autres exanthèmes_, Hanovre, 1825. M. Littré en a donné un résumé dans l’argument du 2e livre _des Épidémies_, t. V, p. 62 et suiv.

On en trouvera aussi une brève analyse dans le _Bulletin Férussac des sciences méd._, t. IV, p. 240.

[102] Consulter sur ce point l’écrit déjà cité, _Disquisitio historico-medica_, etc.

L’auteur, M. Auguste Krauss, qu’il ne faut pas confondre avec M. Théodore Krause, que je viens de nommer, n’adopte pas, sur la question de diagnostic différentiel que j’examine, l’opinion de son compatriote.

[103] Prus, _Rapport à l’Acad. roy. de Méd. sur la Peste et les Quarantaines. Pièces et documents_, p. 238. Paris, 1846.

[104] Prus, _Rapport_, _pièces_, etc., p. 236.

[105] Prus, _Rapport, pièces et documents_, etc., p. 236.

[106] Titus Livius, _op. cit._, lib. V.

[107] Prus, _Rapport, pièces et documents_, cit., p. 237.

[108] Ozanam, _Hist. méd., des malad. épid._, 1835, t. IV, p. 5, chap. _de la Peste_.